Mercredi 2 juillet 2014

Interview du père Pablo Pérez Guajardo

Le père Pablo Pérez, un prêtre récemment expulsé de la Légion du Christ pour avoir dénoncé ouvertement les mensonges de ses supérieurs, était l’invité d’une émission de télévision sur la chaîne mexicaine Canal 10 (en espagnol). Vous pouvez également lire ci-dessous l’historique de cette douloureuse affaire.

Au nom de la charité…

L’histoire qui suit mérite d’être lue jusqu’au bout, parce qu’on y voit les caractéristiques habituelles des dérives de la Légion : Elle raconte la révolte incroyable du père Pablo, qui se fait expulser de la congrégation après y avoir passé 38 ans.

La goutte qui a fait déborder le vase ? Une émission de télévision, diffusée en septembre 2011 sur une chaine mexicaine, prouvant que les supérieurs de la Légion étaient au courant de la double vie de Maciel… et qu’ils avaient malgré tout entretenu le mensonge (Travaillant comme curé dans le territoire de mission de Quintana Roo… le père Pablo était déjà un peu « détaché » du système totalitaire de la Légion, ce qui explique qu’il ait pu voir ce reportage. Ce qui serait impensable, bien sûr, dans les centres habituels de la Légion.)

Quelques jours après la diffusion de ce reportage, le père Pablo a décidé de sortir de son silence. Une décision courageuse, qui lui vaudra d’être rapidement banni de la congrégation. Les techniques d’exclusion n’ont pas évolué depuis l’ère Maciel : au nom de la « charité » toute critique est formellement interdite.

Les documents qui suivent recèlent d’éléments précieux, qui montrent comment la Légion continue d’utiliser cette soi-disante « charité » comme prétexte pour protéger des criminels, étouffer des scandales et justifier l’expulsion de ceux qui auraient éventuellement des problèmes de consciences.

Le résultat est assez saisissant : on y voit notamment la perversité d’un évêque qui envoie de violentes invectives au pauvre prêtre, au milieu de pieuses formules.

On comprend assez bien, à travers ce témoignage (qui corrobore tant d’autres témoignages) que :

  • La Légion est pourrie jusqu’à la racine, et il n’est pas possible d’espérer une réforme sérieuse.
  • La règle du silence et l’interdiction de critiquer… sont des armes redoutables pour former une véritable structure d’impunité.
  • Dès qu’un prophète se lève dans la Légion… et ben, il est systématiquement foutu à la porte.
ACTE 1
Quand il découvre que les supérieurs de la Légion du Christ étaient au courant de la double vie du père Maciel et que ces derniers ont entretenu le mensonge après sa mort, le père Pablo Pérez décide d’écrire au père Alvaro Corcuera.

Au P. Álvaro Corcuera, L.C. Directeur Général des Légionaires du Christ

Cancún, le 29 septembre 2011
En la fête de Saint Michel Archange

Cher père Alvaro Corcuera,

Je m’adresse à vous en tant que digne successeur du père Marcial Marciel. En même temps que je m’incline devant votre autorité, laquelle est soutenue par le Pape Benoit XVI, il me faut bien reconnaitre que plusieurs de vos agissements ont été inspirés par le père du mensonge. Lundi dernier, le 26 septembre 2011, sur Milenio TV à 21h30, nous avons pu vous voir, ainsi que le Vicaire Général et d’autres supérieurs de la Congrégation en train de vénérer le cadavre de notre fondateur pédophile.

Nous avons également découvert que vous avez recouvert de vêtements sacerdotaux le corps sans vie d’un pédéraste, drogué, ivrogne, coureur de jupons et faux dévot, canonisé par l’Église comme « délinquant sans scrupule ni authentique sentiment religieux ». (impie = qui se moque de Dieu)

Non seulement, Maciel s’est moqué de Dieu, de l’Église et de nous-mêmes, mais vous aussi, ainsi qu’un certain nombre de supérieurs majeurs, vous vous êtes moqués de l’autorité du Pape, quand vous avez accompagné notre fondateur pédophile dans ses voyages, en compagnie de sa maîtresse et de sa fille sacrilège, alors que selon la sentence qui avait été prononcée le 19 mai 2006, il était censé se retirer de tout ministère publique et mener une vie de prière et de pénitence.

Sous le même toit de la somptueuse demeure dans laquelle est mort notre fondateur pédéraste, vous avez vécu nuit et jour, avec le Vicaire Général de l’époque et une brochette de supérieurs, aux côtés de la concubine et de la fille sacrilège, ainsi que de quelques consacrées et consacrés. Sous le même toit, vous avez célébré le Saint Sacrifice de l’Autel et vous avez toléré la relation sacrilège que notre fondateur pédéraste entretenait avec sa maîtresse.

Comment ne pas se souvenir de l’été 2006, quand vous avez accompagné en vacances notre fondateur pédéraste avec toute la communauté de Rome, dans la péninsule de Sorrento, sachant que depuis le 19 mai de la même année était en vigueur la sentence condamnant le père Maciel à se retirer pour une vie de prière et de pénitence ?

A la fin de cette période de vacances (au cours desquelles notre fondateur pédéraste a passé la moitié de son temps avec les religieux et l’autre moitié, avec sa femme sacrilège, et dont on a même gardé trace sur des photographies) il s’est rendu à Rome, en espérant obtenir du Pape l’autorisation d’assister à la canonisation de son oncle, Mgr Rafael Guizar y Valencia, programmé le dimanche 15 Octobre 2006. Autorisation qui ne lui a pas été accordée, parce que « de méchants ecclésiastiques avaient placé une nouvelle couronne d’épines sur la tête de notre fondateur ». Ce dernier a donc été contraint, humblement, de suivre la cérémonie à la télévision, en compagnie de quelques supérieurs.

Ni les faits les plus irréfutables, ni les documents émanant du Saint Siège ne vous ont convaincu, vous et les supérieurs majeurs, que la vérité nous rend libres.

Vos lèvres ont baisé le cadavre d’un faux prophète, un Antéchrist que vous et les supérieurs majeurs, vous nous avez présenté comme un Autre Christ.

Père Alvaro, vous avez tenu dans vos mains les mains mortes d’un violeur d’enfants, qui autrefois recevait nos vœux de chasteté. Vous avez exigé nos prières pour notre fondateur pédophile, qui est mort sans demander pardon.

En ce qui me concerne, si je reste dans la Légion, c’est parce que le Pape désire que la Légion continue jusqu’à ce que toute la vérité soit faite.

Cette Légion ne se réformera pas avec des changements de structures et de Constitutions. Sans effusion de sang , il n’y a pas de rédemption. Nous n’avons pas besoin d’un vœu de silence, mais d’accepter le martyr, oui ! Qu’on en finisse de la recherche effrénée d’efficacité apostolique : la Légion doit être pauvre comme le Christ, et comme le Christ, elle doit s’approcher des pauvres. Pauvreté motivée n’est pas pauvreté. Tout le monde sait bien ce que c’est que d’être pauvre, et personne ne désire être pauvre, sauf celui qui a été touché par la folie de la croix.

La Légion, sans pauvreté et sans martyr, ne guérira jamais, et restera sous l’emprise du père du mensonge.

Notre fondateur pédophile nous à toujours appris à fuir le danger. Lorsque Cuauhtémoc Cardenas était donné vainqueur des élections, le père Maciel a fait sortir tous les légionnaires du Mexique, affirmant alors : « Nous n’avons pas la vocation au martyr ».

Le Christ a répandu son sang. Quand un mercenaire voit venir un loup, il s’enfuit. Nous devons être de Bon Pasteur, et non pas des pédés trouillards comme notre fondateur pédophile, dont toute la vie tournait autour de l’argent. Un travers qu’il a hélas transmis à la vie actuelle des légionnaires et que l’expression de « Millionnaires du Christ » résume assez bien.

Père Alvaro, vos lèvres qui ont baisé le cadavre du pédéraste nous appellent à l’humilité. Oui, c’est vrai, nous, les légionnaires, nous sommes des exemples d’humilité ; nous ne supportons pas ceux qui manquent de charité ; nous sommes l’espérance de l’Église ; le modèle parfait de la vie religieuse selon le Concile Vatican II. Et tout cela, nous le devons à notre fondateur pédophile, dépositaire d’un charisme unique. Ce qui, à nos yeux, nous suffit pour penser que Dieu l’a reçu dans sa gloire, aux côtés de Mère Térésa, Saint François d’Assise et du chœur de tous les fondateurs.

Soyons pauvres ! Dépouillons-nous du mensonge ! Marchons dans la vérité ! Abhorrons Marcial Maciel ! Renonçons à Satan, à ses œuvres et à ses séductions ! Soyons des coopérateurs de la vérité, quoi qu’il nous en coûte ! Marie était une femme tellement pauvre, qu’elle n’aurais jamais pu participer à une réunion du Regnum Christi.

Serviteur dans le Christ prêtre,

Pablo Pérez

ACTE 2
Quelques mois plus tard, le père Pablo Pérez se fait virer de la prélature et de la Légion…
Cancun, Quintana Roo, le 9 août 2012

Très estimé dans le Christ, père Rodolfo,

Recevez mes plus cordiales salutations légionnaires que je vous envoie depuis le magnifique territoire de Cancun. Que le Seigneur Jésus comble votre âme de la paix et de la joie que lui seul sait donner.

A travers cette correspondance et conformément au n°682 du Code de Droit Canonique, je désire vous faire part de ma décision de refuser au père légionnaire Pablo Pérez Guajardo le poste de vicaire dans la paroisse de Notre Dame de Guadalupe.

Comme vous le savez bien, notre Etat de Quintana Roo est composé essentiellement d’immigrants qui proviennent de toute la République et de différentes parties du monde. Étant donné la complexité de la situation sociale et religieuse dans laquelle évoluent nos communautés ecclésiales, il est impératif et urgent que nous puissions maintenir l’harmonie, la paix et la communion ecclésiale pour le bon développement de notre service pastoral. Or, j’ai déjà été amené à deux reprises à réprimander sérieusement le père Pablo Pérez, qui blesse la communion de l’Église par ses déclarations intempestives. Pour cette raison, je considère que le moment est venu de prendre la ferme décision de ne plus accepter le père Pablo Pérez Guajardo dans la prélature de Cancun-Chetumal.

Je me recommande à vos prières et je vous offre les miennes, afin que le Seigneur continue de vous fortifier et de vous illuminer dans l’accomplissement de la mission qui vous est confiée. Très affectueusement dans le Christ,

Pedro Pablo Elizondo Cardenas, L.C. Évêque prélat de Cancun-Chetumal

ACTE 3
Le père Pablo Pérez demande à rencontrer son évêque, mais se heurte à un mur.

De : Pablo Perez Message du : jeudi 23 de août 2012 A : Elizondo Cárdenas Pedro Pablo LC
Objet : SALUTATION CORDIALE

Que ton Règne vienne

Mgr Pedro Pablo, j’espère que lorsque vous reviendrez à Cancun, nous pourrons avoir une conversation ensemble au sujet de la lettre que vous avez envoyé au père Rodolfo Mayagoitia, afin que que nous arrivions à surmonter certains malentendus, et qu’en corrigeant les erreurs, nous puissions améliorer le service du peuple de Dieu.

Serviteur dans le Christ prêtre, Pablo Perez Guajardo LC

* * *

De : Elizondo Cárdenas Pedro Pablo LC
Message du : mardi 28 août 2012
A : Pablo Perez
Objet : RE : SALUTATION CORDIALE

Que ton Règne vienne !

Très estimé dans le Christ, père Pablo,

Recevez une salutation cordiale depuis Chapala où nous sommes en train d’achever nos exercices spirituels avec grande ferveur et ouverture à l’Esprit Saint. Au sujet de la lettre que j’ai envoyé au père Rodolfo Mayagoitia, je dois vous informer que j’ai parlé à plusieurs reprises de votre situation aux supérieurs de votre congrégation religieuse et sacerdotale.

En suivant les prescriptions du Droit, j’ai pris cette décision qu’ils ont aussi ratifié. J’ai également eu l’occasion de parler avec votre curé et doyen, afin que la passation de pouvoir ait lieu le 8 septembre, où le jour qui vous conviendra le mieux.

Votre remplaçant a déjà été nommé officiellement en la personne du père Gregory Woodword, LC. Mille mercis pour votre grand témoignage sacerdotal. Très affectueusement dans le Christ. Pedro Pablo, L.C. N.B. En cas de désobéissance, je serai contraint d’appliquer les sanctions établies dans le Code de Droit Canonique.

ACTE 4
Une fois sa charge pastorale remise à son successeur, le père Pablo Pérez, qui vient de se faire expulser de la Légion et du diocèse de Cancun Chetumal, règle ses comptes. On découvre dans cette lettre la face cachée de la zone missionnaire de Cancun.Quand il évoque la façon dont la Légion continue d’étouffer les scandales d’abus sexuels (désobéissant gravement à toutes les normes stipulées par l’Eglise dans ce genre de situation), on retrouve les manières de faire habituelles employées par les Légionnaires. Comme si ces pratiques étaient inscrites dans l’ADN de la Légion du Christ : On accuse ceux qui portent des accusations de colporter des calomnies ; On achète le silence des victimes ; On renvoie discrètement le violeur chez lui.

OBJET : Lettre à Mgr Pedro Pablo Elizondo Cárdenas, évêque de Quintana Roo (et légionnaire du Christ).

Que ton Règne Vienne !
México, le 24 septembre 2012

Monseigneur,

comme vous l’avez signalé au directeur territorial des Légionnaires du Christ, le samedi 8 septembre dernier, j’ai transmis ma charge pastorale au prêtre irlandais Bernard Quinn (légionnaire du Christ). Vers 18h, j’ai célébré une dernière messe dans l’église Santa Palapa de San José qui se trouve dans la colonie populaire de La Guadalupana de Playa del Carmen. Un peu plus tard, vers 20h, j’ai également célébré une dernière messe pour la communauté de Villas del sol.

Puisque vous n’avez pas daigné me rencontrer, je me permets de vous faire parvenir par écrit quelques réflexions qui pourraient, d’une façon ou d’une autre, vous aider dans votre service pastoral.

C’est vous qui avez donné l’ordre

Et votre ordre a été accompli. Par amour de la vérité, permettez-moi de souligner que la décision a été prise par vous, comme le prouve la lettre que vous avez adressée au directeur territorial des Légionnaires du Christ au Mexique, le Père Rodolfo Mayagoitia.

Après quoi, vous m’avez envoyé un email pour m’indiquer que mon successeur serait le prêtre australien Grégory Woodword (Légionnaire du Christ)

De la part des supérieurs de la Légion du Christ, je n’ai reçu aucune indication d’abandonner mon poste à Playa del Carmen ni de quitter l’Etat de Quintana Roo.

L’affaire est close

En ce qui me concerne, l’affaire est close. Je pars heureux de tout ce que j’ai semé à pleines mains, laissant sur le point le plus élevé de Playa del Carmen la croix que nous avons dressé en haut du clocher de la zone la plus pauvre de cette ville commerçante, qui refuse encore de se laisser gouverner par quelques personnages influents.

L’Église c’est le peuple, et non les temples, les terrains, ou encore les grands évènements qui font bien sur les photos. Je vous fais parvenir quelques commentaires, au cas où ces derniers vous intéresseraient pour vous aider à améliorer votre service à l’Église de Quintana Roo.

Loi fondamentale

La loi fondamentale qui régit la prélature de Cancun-Chetumal, c’est « chacun pour sa peau ». Durant les cinq dernières années, vous ne vous êtes jamais préoccupé pour ma personne, et encore moins pour l’avancement du travail que nous accomplissons auprès des populations défavorisées. Durant les cinq dernières années, jamais le moindre supérieur légionnaire n’est venu célébrer dans l’une ou l’autre de mes communautés prolétaires.

Lors de notre dernière retraite à l’Université Anahuac, j’ai sollicité un entretien avec vous, mais vous ne m’avez pas reçu. Tout au long de ce processus visant à m’exclure de Quintana Roo, vous ne m’avez jamais appelé, et jusqu’à ce jour, je n’ai pas encore entendu de votre bouche la raison de cette décision. Vous n’avez jamais daigné me regarder en face, préférant envoyer un courrier au père Mayagoitia, qui a ensuite glissé une copie de ce courrier sous la porte de ma chambre, le 15 août dernier. La seule correspondance « personnelle » que j’ai reçu de vous se limite à l’email que vous avez envoyé le 28 août, dans lequel vous m’annonciez que la date de mon départ était fixée au 8 septembre.

A propos des prêtres

Monseigneur, vous devriez vous occuper de vos prêtres : écoutez-les et prenez en soin. Vous donnez l’impression d’être un personnage qui se contente de faire de la figuration dans les photos.Vous-même, vous n’avez jamais rien fait pour Quintana Roo. Tout ce qu’il y a, c’est l’œuvre des prêtres.

Certes, le prêtre est un médiateur entre Dieu et les hommes, mais ce n’est pas un être supérieur à ses frères qui incarnerait la volonté de Dieu. Le prêtre agit comme le serviteur qui prend soin de la table où sont assis le Père et ses enfants. Le prêtre, c’est celui qui aide à restaurer la relation filiale.

Le sacerdoce est une dette immense avec des taux d’intérêt très élevés, que l’on contracte librement et qu’on rembourse en distribuant gratuitement des prestations au peuple de Dieu. Faire payer, commercialiser ou faire des bénéfices avec l’Evangile et les sacrements, c’est du vol. En servant gratuitement, nous restituons une infîme partie de cette dette infinie, qui continue de grandir avec le temps.

Évêque grâce à Maciel

Vous êtes arrivé dans ces régions qui gardent encore le souvenir du père Marcial Maciel, pédophile et fondateur des Légionnaires du Christ, pour succéder à l’évêque Jorge Bernal, également Légionnaire du Christ.

Vous avez toujours fait partie des préférés du père Maciel. C’est à lui que vous devez d’avoir constamment été supérieur dans la congrégation. C’est à lui que vous devez d’être devenu évêque. Même votre prénom Pedro Pablo, c’est le père Maciel qui vous l’a donné, pour remplacer celui que vous avez reçu au baptême : Rosalio.

C’est grâce à Maciel que vous êtes devenu évêque, et au cours de ces dernières années vous n’avez pas pu bâtir la cathédrale de Cancún, ni même un évêché… et vous avez continué à vivre dans le centre des Légionnaires du Christ. Non sans une certaine imagination, vous parlez aujourd’hui de construire la basilique de Santa María del Mar à Malecón Cancún.

Avec raison, un prêtre a décrit votre activité pastorale comme celle de quelqu’un qui peint un mur, puis qui change rapidement de pinceau, puis de peinture, puis de mur et enfin de peintre. A cela, il faut ajouter vos fréquentes et longues absences de votre résidence pastorale de Quintana Roo.

La cause du peuple

Votre manque de contact personnel avec les gens d’en bas, ajouté à la méthodologie légionnaire, vous empêche de percevoir le rapport naturel qu’il y a entre l’Évangile et la cause du peuple.

C’est sans doute la raison pour laquelle vous et vos proches, vous taxez si facilement le travail au service des plus pauvres « d’activisme politique » ou de « théologie de la libération ».

La seule chose que les légionnaires savent faire dans ce domaine, c’est de l’assistanat : une méthode qui ne fait qu’infantiliser les personnes au lieu de les responsabiliser, afin qu’ils apprennent à résoudre leurs problèmes par eux-mêmes.

Nous avons aussi l’exemple des Méga-Mission de la semaine sainte, qui ne sont rien de plus qu’un nouveau type de tourisme religieux ou de safari pieux, et qui, comme toujours, sont très rentables pour la congrégation. Si nous nous en tenons aux chiffres annoncés, sachant que l’inscription coûte mille pesos et qu’environ dix mille jeunes y participent, cela fait dix millions de pesos (environ 600’000€).

Si l’inscription à la mission est aussi chère, c’est soi-disant parce qu’elle comporte les frais d’assurance. Pourtant la Légion possède déjà une bonne assurance qui couvre à la fois ses écoles, ses universités et les missions.

Dans tous les cas, ce genre d’action ne permet pas d’apporter l’aide sociale pour résoudre certaines nécessités urgentes, comme la carence de transports publiques, d’antennes-relais pour les téléphones portables, de personnel soignant permanent. Ces actions n’aident pas non plus les gens défavorisés dans leurs démarches administratives (renouvellement des cartes d’électeur, obtention des actes de naissance, etc). Toutes ces choses seraient-elles à vos yeux « des déclarations intempestives qui blessent la communion de l’Église » ?

Lorsqu’il évoque la question des pasteurs de l’Église, dans sa Règle pastorale, Grégoire le Grand cite la phrase du prophète Isaïë (56, 10) : « ce sont des chiens muets, incapables d’aboyer ». Il souligne l’obligation du pasteur de « s’opposer aux puissants de ce monde, avec liberté de parole, pour défendre le troupeau ». Et effectivement, le Christ n’était pas l’ami de Pilate, et ne fréquentait pas le palais d’Hérode. Les puissants font taire les pasteurs en leur offrant des cadeaux et de l’argent, parce qu’ils savent bien qu’un chien qui a un os, n’aboie ni ne mord.

L’un des légionnaires de la communauté de Playa del Carmen m’a dit un jour : « Vous, vous êtes un démagogue ». D’une certaine façon, je reçois cet critique comme un compliment, si je m’en tiens au sens du mot « démagogue » : à savoir, celui qui guide le peuple avec la parole. En politique, cette expression est une insulte, parce qu’elle désigne celui manipule le peuple en lui faisant plein de promesses qu’il ne tiendra pas. Mais cela n’a rien à voir avec le fait d’utiliser librement la parole pour faire bouger les volontés. Moi, c’est vrai, je n’avais rien à leur offrir, alors je ne leur ai fait aucune promesse. La seule chose que je leur ai donné, c’est la vérité de mes paroles pour la cause du troupeau. Si ces paroles sont à vos yeux des « déclarations intempestives qui blessent l’unité de l’Église »… n’est-ce pas parce qu’elles nuisent aux intérêts économiques et matériels de la prélature légionnaire ?

Le principal défaut

Le principal défaut de votre façon de gouverner, c’est l’abus de pouvoir. Un défaut classique que la Légion a hérité de Maciel. Puissiez-vous seulement prendre en compte le Peuple de Dieu ! Il ne suffit pas que vos désirs soient conformes au Droit : ce n’est pas parce qu’une chose est légale qu’elle est légitime ou même correcte. Regardez avec objectivité toutes les larmes qui ont été versées à cause de votre détermination folle à vouloir me chasser de Quintana Roo, tout cela parce que vous n’avez pas voulu dialoguer avec le peuple. C’est important d’être au contact des fidèles, alors ne vous laissez plus guider par des conseillers pour qui la seule chose qui compte, ce sont les questions économiques et les lois du marché.

La fête de la foi doit être célébré avec « un pain sans levain de pureté et de vérité » (1 Cor 5,8). Il faut retirer de la prélature légionnaire le vieux levain, qui enfle et déforme la réalité. Il est urgent d’extirper le levain de Maciel et de ses complices, d’en finir avec les abus de pouvoir, le manque de dialogue et de respect à l’égard du peuple.

Dans la prélature, en fait, il n’y a pas vraiment de conseil presbytéral. Il n’y a pas d’assemblée dans lesquelles les prêtres peuvent exprimer librement leurs préoccupations et leurs points de vue. Tout vient toujours « d’en haut », et tous les commentaires sont systématiquement considérés comme des outrages.

Messes dominicales

Si vous jetez un coup d’œil sur les horaires de messes dominicales à Cancún, vous constaterez par vous-mêmes la différence qu’il y a entre le nombre de messes dans les zones hôtelières et le nombre de messes dans les zones défavorisées.

Regardez aussi combien de mariages « glamours » sont célébrés dans les chapelles privées des hôtels, et combien de communautés pauvres doivent au même moment se contenter d’une simple célébration de la parole, par manque de prêtre. C’est vrai qu’un mariage dans un hôtel, cela représente une entrée de 2’000 pesos pour la prélature, alors forcément… En ce qui me concerne, je n’ai aucun doute sur ce point : l’économie n’est pas le moteur de l’évangélisation. Révisez l’histoire et vous constaterez par vous-même que LA PAUVRETÉ N’A JAMAIS FAIT DE MAL A L’ÉGLISE. En revanche, la soif de richesses, d’influence et de pouvoir a toujours généré des maux immenses.

Messes célébrées dans les hôtels

Gardez bien en tête que la multiplication de mariages et célébrations liturgiques célébrées dans les hôtels rompt avec l’un des principes fondamentaux du christianisme, celui de « non discrimination ». Les liturgies célébrées dans les chapelles privées des hôtels sont réservées exclusivement aux hôtes et leurs invités. Il est d’ailleurs strictement interdit aux employés qui travaillent dans ces hôtels d’assister à ces célébrations. Ce sont des messes privées, à portes fermées, RÉSERVÉES A CEUX QUI ONT PAYES LE SERVICE.

Il y a quelques mois, nous avions programmé votre venue dans la colonie de La Guadalupana de Playa del Carmen, pour donner le sacrement de confirmation. La célébration devait avoir lieu le 14 juillet. Mais, soudainement, vous avez annulé votre venue, et vous m’avez délégué la tâche. Ce qui me surprend, c’est que vous êtes attendu à Saltillo, au mois de novembre, pour célébrer des confirmations… Ainsi, vous n’avez pas assez de temps pour confirmer les fidèles de votre propre prélature légionnaire, mais par contre, vous en avez suffisamment pour aller à l’autre bout du pays pour confirmer un groupe issu de l’élite de la nation mexicaine.

Toute véritable conversion évangélique doit commencer par la tête de la prélature, ou bien, il n’y aura jamais de réforme.

La prélature et la Légion

La prélature de Cancún-Chetumal copie le fonctionnement de la Légion du Christ : à travers ses structures financières et administratives centralisées, son défaut déjà mentionné d’abus de pouvoir et le fait que l’institution prévaut toujours sur les personnes individuelles.

Pour la légion, comme pour la Prélature, il est convenu que certaines personnes doivent être sacrifiées, pourvu que cela permette d’obtenir un bien supérieur pour l’institution. Le pape Paul VI a confié l’État du Quintana Roo aux légionnaires comme terre de mission. Très vite, le Père Maciel avec le plein consentement du premier évêque légionnaire, Mgr Jorge Bernal, a organisé des grandes campagnes publicitaires pour recueillir des fonds pour « les Missions de Quintana Roo ».

Plus de quarante années de collectes aux États-Unis et en Europe ont passé et jamais l’argent n’est arrivé à destination. La preuve en est qu’il n’y a toujours pas d’églises dans la zone maya, l’immense majorité des régions ou des colonies pauvres manquent de dispensaires catholiques, d’écoles paroissiales, d’églises et de services sociaux.

Autant Mgr Bernal que vous, vous avez accepté que les supérieurs de la Légion utilisent le nom de la prélature et des missions… et que soit bafoués les intentions des bienfaiteurs. Dans la pratique, on prétextait que l’argent était envoyé à Rome pour la formation des futures missionnaires.

La construction d’églises et d’autres bâtiments n’a jamais été réalisée grâce à la Direction Générale et Territoriale des Légionnaires du Christ. C’est le seul fruit du travail personnel des prêtres du lieu qui se sont vraiment dédiés à la mission d’évangélisation.

Il y a une confusion entretenue entre la Légion du Christ et la prélature de Cancún-Chetumal : et notamment le fait que l’évêque vit dans un centre des Légionnaires du Christ. Quand arrive un problème ou une difficulté, la balle reste toujours en l’air, parce que l’évêque la transmet aux supérieurs de la Légion, qui à leur tour lui renvoient, etc. L’évêque commande parfois en tant qu’ordinaire du lieu, et parfois en tant que membre de la congrégation religieuse.

Les indésirables

Depuis son origine, en 1970, la Prélature des Légionnaires du Christ a été la destination des INDÉSIRABLES de la Légion. Ceux qui ne cadraient pas avec la ligne indiquée par le Père Maciel, comme ces prêtres irlandais qui ont un jour refusé de travailler dans des écoles de riches parce qu’ils étaient rentrés à la Légion dans le but d’être missionnaires en Amérique Latine, mais missionnaires dans le sens habituels du mot et non pas comme missionnaires auprès des riches, des puissants et des nantis. Pour les supérieurs légionnaires, ce qui a été jugé insupportable chez moi, c’est le fait que j’ai commis la très grande faute de me mettre à penser.

Pour la Légion, Quintana Roo est devenu la Sibérie verte dans laquelle disparaissent tous les prêtres qui ont des problèmes d’ordre sexuel. Comme par exemple plusieurs des prêtres qui ont été abusés sexuellement par Maciel et dont les noms apparaissent aujourd’hui dans les livres et dans des lettres, comme celle du Père Juan José Vaca. Ou bien les prêtres qui ont osé diverger de l’opinion de leurs supérieurs. Ou encore tous ceux qui ont un jour découvert que Maciel menait une double ou triple vie.

C’est ainsi que le clergé légionnaire de la prélature, comme vous le savez sans doute, se compose d’une partie de missionnaires laborieux, et d’une partie de profiteurs rusés, qui, à l’exemple de Maciel, font de la foi un commerce. Le résultat, c’est que Quintana Roo, selon les statistiques de l’INEGI - que vous nous avez vous-même données - est la zone du pays où se trouve le moins de catholiques déclarés, à savoir environ 60%. L’irresponsabilité de la Légion, en complicité avec les deux évêques légionnaires, a eu pour conséquence la croissance des sectes. Une situation qui ne trouve pas d’équivalent dans toute la République.

Quand vous m’avez envoyé à Playa del Carmen vous m’avez prévenu que des pasteurs protestants voulaient faire de Playa la première ville non catholique du Mexique. Je me suis consacré à la tâche que vous m’avez indiquée, pour faire face à ce projet. Aujourd’hui, grâce à Dieu et avec une grande satisfaction, je vous remets l’aire pastorale dont j’ai eu la charge et dont la population est très majoritairement catholique et fier de l’être.

Cette communauté en souffrance était jadis une menace pour l’ordre public. Elle avait le triste record du taux de suicide le plus élevé de l’Etat de Quintana Roo. J’ai travaillé avec d’autres personnes très engagées pour développer le catéchisme, la liturgie, les services sociaux, l’éducation, les services de santé et l’entraide, pour le seul amour du Christ et de mon prochain, et non pour un salaire ou quelque bénéfices économiques. Je n’ai pas eu de mercenaires à mes côtés, mais des personnes que je considère comme les nouveaux Cristeros du XXIe siècle.

Des scandales qu’on continue d’étouffer

L’abus d’autorité est l’une des principales racines de la pédophilie. Si à ce défaut inhérent à la prélature légionnaire, nous ajoutons que les deux évêques ont accepté ici tous les parias de la Légion, il ne faut pas s’étonner qu’arrivent des scandales, comme celui qui a eu lieu à l’école Mano Amiga.

Récemment, le père Raoul Leblanc (légionnaire du Christ), aumônier de l’école Mano Amiga de la Ciudad de la Alegría à Cancún, a abusé sexuellement d’une élève. Conformément à la pratique habituelle des supérieurs légionnaires dans ce genre de cas, la famille a reçu une importante somme d’argent ; le père Raoul Leblanc a été renvoyé au Canada, son pays d’origine ; on lui a retiré son sacerdoce, donné du travail et un suivi psychologique. Et ainsi, on a fait obstruction à la justice, en protégeant un délinquant qui devrait être à l’heure actuelle en prison. Ces faits relèvent directement de votre responsabilité, en tant qu’évêque prélat de Cancún-Chetumal. Je me permets simplement de vous faire remarquer que le respect des Droits de l’homme incombe à tout le monde, y compris à vous : il n’y a pas d’article dans le Droit canon qui dispense les évêques d’accomplir la loi et qui les autorise à protéger des criminels.

En 1999, le père Fernando Rodriguez Martinez (légionnaire du Christ) vous a informé d’une affaire d’abus sexuels impliquant un jeune prêtre légionnaire, l’un des premiers légionnaires australiens, le père Brendan Hurley. En tant qu’aumônier de l’Institut Oxford de Mexico, il était amené à passer des vacances à Cancún et à fréquenter le Centre de tourisme équestre Rancho Loma Bonita. Chaque fois que le père Brendan Hurley se rendait au centre équestre, il était accompagné par deux enfants pauvres (d’environ 12 ans), qui étaient chaque fois différents.

Après un certain temps, les employés du centre ont finalement osé prevenir la directrice que le petit prêtre était pédéraste, et lui ont raconté en détail ce qu’il faisait aux enfants. Cette affaire a ensuite été rapportée au père Fernando Rodriguez, légionnaire du Christ (qui est aujourd’hui curé de l’église de Carmen, mais qui était à l’époque curé de l’église du Christ Ressuscité, à Cancun). Ce dernier a récriminé sévèrement les dénonciateurs, en leur rappelant le principe légionnaire qui proscrit toutes formes de calomnies, surtout quand il s’agit d’un prêtre.

Je ne sais pas s’il y a eu d’autre cas comme ceux-ci, mais je me permets de vous rappeler que la pédophilie est un délit, et pas seulement un péché. En ce qui me concerne, dès que j’ai eu connaissance de ces affaires, j’ai immédiatement informé mes supérieurs.

Dans une certaine confusion, l’association Caritas de Quintana Roo, la fondation Ciudad de la Alegria et l’école Mano amiga apparaissent sans arrêt pour récolter des fonds ou faire la quête. A première vue, la Ciudad de la Alegria (Ville de la joie) produit une impression positive. Mais une analyse plus attentive permet de constater que la zone dans laquelle se trouve la Ciudad de la Alegria N’EST PAS cette « ville phare du catholicisme » dont on nous avait parlé. En d’autres termes, la Ciudad de la Alegria n’accomplit aucune fonction d’évangélisation, et sert tout juste à donner des reçus fiscaux déductibles d’impôts pour les hôtels et les entreprises (Best Day) de Fernando García Zalvidea.

J’ai travaillé pendant cinq ans dans l’une des zones les plus pauvres de Playa del Carmen, et pendant toute cette période, je n’ai jamais reçu le moindre soutien de la Caritas. Je suis obligé d’admettre que la CARITAS de Quintana Roo NE FAIT RIEN POUR L’EVANGELISATION. Son travail à Playa del Carmen se limite dans le meilleur des cas à un peu de philanthropie, car en règle générale, ses ressources proviennent de commerçants iniques.

Je sais notamment que l’entreprise LALA avait l’habitude de donner à la Caritas des produits sur le point d’être périmés, pour les nécessiteux. J’ai demandé à LALA de confirmer mes observations, parce que le personnel de la Caritas devait négocier chaque produit avec les magasins et s’ils étaient périmés, ils demandaient à LALA de les échanger contre des produits plus frais. Résultat : LALA a arrêté de donner à la Caritas de Playa del Carmen. Or, j’ai appris récemment que la Caritas de Playa del Carmen est dirigée par la nièce du père Fernando Rodriguez.

Dans la Ciudad de la Alegria, les religieuses qui s’occupent des personnes âgées ont été privées d’une partie de leurs subventions, parce que vous avez décidé de réduire leurs salaires au minimum. Les religieuses qui s’occupent des malades du sida ont manifesté en différentes occasions leur désaccord sur les manières de chercher des fonds en exploitant la bonne renommée de l’œuvre dont elles s’occupent.

Quelques recommandations

J’aimerais achever cette lettre avec les mêmes mots avec lesquels j’ai fini mon rapport pour mon successeur, le père Gregory Woodword. Les enfants, les plus pauvres, les malades et les affligés, ceux qui ne peuvent même plus dire merci, sont le trésor de l’Église. J’ai toujours encouragé les mères de famille à faire baptiser leurs nouveaux nés dans les huit jours après leur naissance. J’ai exigé que le catéchisme soit sérieux et exigent, tout en étant adapté aux circonstances propres de chaque lieu. J’ai refusé de brader les sacrements, parce que les choses de Dieu sont sérieuses. Il convient d’utiliser notre raison pour louer le Seigneur avec lucidité, ainsi que pour renforcer nos convictions, si utiles pour affronter les adversités naturelles de la vie avec fermeté et dignité, et être toujours prêts à rendre raison de notre foi, avec un esprit intraitable.

N’ayez pas peur de promouvoir l’harmonie, la propreté et la simplicité, ces caractéristiques qui aident tant la foi. Car la foi est une joie qui engendre de la beauté.

Exhortez les fidèles avec vigueur à lire, au moins une demi-heure par jour. Encouragez-les sans ambages A PENSER PAR EUX-MÊMES. La liberté se trouve dans l’usage de la pensée, laquelle nous rend semblables à Dieu.

Encouragez-les à vaincre leur paresse et à se lancer sans peur dans l’étude des sciences, de la technique, de l’art et de l’histoire, sachant que là où il y a un peu de vérité, il y a le Christ.

Par respect de la dignité des personnes, évitez toutes formes de prosélytisme. L’annonce de la foi doit être comme un livre ouvert qui invite à la lecture, mais sans forcer la main. Donnez sans demander aux gens à quelle religion ils appartiennent. Souvenez-vous de cette sagesse de l’Évangile : « Il vous a été donné gratuitement, donnez à votre tour gratuitement. ». Que l’argent ne soit pas un obstacle qui empêche les gens de solliciter les services du prêtre !

Quoi qu’il arrive, notre Pape bien aimé et nos évêques sont les vicaires du Christ à qui nous devons une obéissance qui n’est ni aveugle, ni muette. Ils peut leur arriver de se tromper, mais ils ont le dernier mot, le poids des conséquences leur revient.

Dans votre prédication, n’oubliez jamais d’invoquer notre Mère Auxiliatrice des chrétiens. Vous toucherez beaucoup d’âme simplement en invoquant le nom de Marie.

Conclusion

En résumé de toutes mes catéchèses et homélies, au moment de dire adieu aux communautés, j’aimerais résumer la cohérence du Christ, parole fait chaire au service des autres, en affirmant : « La liberté se trouve dans la pensée. La démocratie dans l’action. Le silence est la force des tyrans. Unissez-vous ! Exprimez-vous !

Et, comme la dernière fois que nous nous sommes rencontré, je m’agenouille devant vous, en vous demandant votre bénédiction de successeur des Apôtres.

Serviteur dans le Christ-prêtre,

Pablo Pérez Guajardo, LC

ACTE 5
Le père Pablo Pérez, après 38 ans de vie dans la Légion, suite à son expulsion de la prélature de Cancun Chetumal, demande son ex-claustration officielle de la congrégation, et explique de nouveau les raisons de sa décision. On découvre que la Légion utilise les mêmes techniques de dénigrements habituels.

A : Alvaro Corcuera, LC. directeur général de la congrégation des légionnaires du Christ
Cc Cardinal Velasio de Paolis, Délégué apostolique
Cc Rodolfo Mayagoitia, LC., Directeur Territorial

Mexico, le 25 September 2012

Conformément aux n°691 et 193 du Code de Droit Canonique, je demande mon ex-claustration officielle de la Légion du Christ. Après un entretien avec Mgr Raul Vera, évêque de Saltillo, j’ai obtenu son accord pour être accepté dans mon diocèse d’origine.

PARMI LESRIEUSES RAISONS QUI ME POUSSENT A QUITTER LA CONGRÉGATION, SE TROUVENT CELLES-CI :

Je suis déçu par les réformes de la congrégation. Pour le moment, on a tout juste ravalé un peu la façade, mais on n’a pas modifié la façon dont l’autorité est exercée dans la congrégation. Il n’y a toujours pas de dialogue possible. Le bien de l’institution continue de justifier que soient piétinés les Droits de l’Homme les plus fondamentaux.

Un exemple classique de ce manque de respect apparait notamment dans la décision prise par l’évêque, Mgr Pedro Pablo Elizondo Cárdenas, LC, qui, en accord avec les supérieurs de la congrégation, et sans qu’aucun de ces derniers n’aient daigné discuter avec moi, a décidé de m’expulser de la prélature de Cancun-Chetumal (Etat de Quintana Roo, au Mexique). Dans cette affaire, l’évêque et les supérieurs légionnaires impliqués, en plus d’avoir complètement méprisé mon travail apostolique, ont refusé de porter la moindre attention à la volonté des paroissiens. Pire : il est de notoriété publique que Mgr Elizondo a agit en connivence avec le maire de Playa del Carmen, Filiberto Martínez Méndez, qui avait promis de récompenser la prélature si on m’expulsait de Quintana Roo.

Je ne vois aucune correspondance entre la vie du Christ et la vie de la Congrégation des Légionnaires du Christ, qui sont obsédés par le fric, le pouvoir et la gloire, ce que j’ai longuement décrit dans une lettre adressée le 24 septembre 2012 à Mgr Pedro Pablo Elizondo Cárdenas, LC, évêque de Cancun-Chetumal. Je veux déclarer catégoriquement que l’évêque légionnaire Elizondo Cárdenas ainsi que plusieurs autres prêtres légionnaires ont raconté autour d’eux que je serais alcoolique, névrotique, et que j’aurais besoin d’un soutien psychiatrique. Ils sont même allé jusqu’à raconter que je prendrais des drogues, pour être capables de porter mes tâches apostoliques sous le climat épuisant de Playa del Carmen. J’ai en ma possession un certificat médical établi par un psychiatre, Dr Jorge Polanco Benois, qui atteste que je suis sain d’esprit. J’ai également les résultats d’analyse de sang et de dépistages de drogues, que j’ai fait auprès de la Croix Rouge de Playa del Carmen, qui attestent de ma bonne santé.

J’ai rejoins la Congrégation des Légionnaires du Christ au cours de l’été 1974. Après 38 ans, je formule la demande, qu’en quittant la congrégation, ma maison familiale située au 770, rue de Victoria, à Saltillo, dans l’Etat de Coahuila, me soit restituée. J’ose espérer qu’après un si long service de l’Eglise dans la Légion du Christ, les supérieurs de la congrégation prendront à leur charge mes frais d’assurance médicale ainsi que les quelques dépenses d’une personne qui va bientôt avoir 60 ans.

C’est tout pour le moment. Confiant que Dieu écrit droit avec lignes tortueuses, je me place sous la protection de la Sainte Vierge Marie, alors que je commence une nouvelle période de ma vie, au service de mon prochain et de la Sainte Eglise Catholique.

Serviteur dans le Christ Prêtre,

Pablo Pérez Guajardo.

J’ai laissé une copie papier de ce document à la Direction Territoriale de Mexico. Après en avoir signé toutes les pages y avoir laissé mes empreintes de doigt, je l’ai donné en main propre au frère Estanislao. Je n’ai pas de scanner, mais dès que j’en aurai un, je vous enverrai le document signé et tamponné, qui prouve que la copie papier et la version électronique sont identiques.