Jeudi 9 novembre 2017

Marthe Robin, pierre d’achoppement ?

Depuis quelques jours, une discussion houleuse a lieu entre les internautes qui suivent ce site. La discussion est apparue à la suite de l’article annonçant les mesures prises à l’égard du père Peyrous. Des bugs informatiques ont perturbé la discussion. Je me permets donc de reproduire dans un nouvel article l’ensemble des commentaires, dans un ordre chronologique.

1er novembre, par ?

ça alors, je n’en reviens pas … C’est aussi lui qui a écrit le livre « des saints au XXe siècle » qui donne, entre autres, une version très idéale, très transformée, de la fondation de Bethléem.

Ce prêtre dit devoir sa vocation à Marthe Robin. Frère Ephraïm et quelques autres en disaient autant … C’est infernal, à la fin.

1er novembre, par Frère Alèthos

Voici une petite recension… https://www.martherobin.com/son-heritage/les-communautes-liees-avec-marthe-robin/ Par pudeur, ils ont enlevé frère Ephraïm

2 novembre, par Françoise

Personnellement, je ne suis pas étonnée. Le cas Marthe Robin m’a toujours laissée très dubitative…relevant plus pour moi de la manipulation, et regroupant finalement autour d’elle pas mal d’autres manipulateurs avides de pouvoir. Dont les œuvres communautaires finissent par être confondues publiquement, forcément. Il n’y a pas de communauté, groupe de la Nouvelle Evangélisation qui n’est pas touché par des scandales, crimes, manipulations, dérives. Ce n’est surtout pas un hasard.

2 novembre, par Louise

Bonjour, j’ajouterais à votre liste le père MM. Zanotti Sorkine qui est allé voir Marthe Robin qui lui aurait dit « allez à Paris cher enfant ».. http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20170413.OBS7988/mon-cure-chez-les-crooners.html Depuis son parcours a été très chaotique surtout avec le père MDP qui lui avait conseillé de rester dans le show bizz pour sauver des âmes….( livre « Homme et prêtre ») Dans le livre de Marie -Laure Janssens ( p.186) on apprend que le père MMZS conseillait par téléphone soeur Marthe au moment de la scission des soeurs de Saint Jean…Il devait avoir un rôle important de conseiller dans la communauté…

2 novembre, par Louise

Merci Françoise , tout à fait d’accord avec vous sur les conseils donnés par Marthe Robin….discernement ne relevant pas de l’Esprit Saint ! Pour terminer avec le cas MMZS il vient de prendre la tête d’une communauté à Paris « Les Auxiliaires laïcs consacrés » sur la butte Montmartre avec l’autorisation de Mgr Pontier… A suivre….. http://www.le-site-de.com/auxiliaires-du-coeur-de-jesus-paris_258821.html

2 novembre, par Michel

Pour vous Françoise Marthe Robin aurait été plus une manipulatrice !n’attirant par conséquence que des manipulateurs avides de pouvoir, argent, plaisirs … ? Pour moi les communautés dont la naissance a été encouragée par Marthe sont devenues déviantes pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la grâce de conseil de Marthe ! Pour moi la naïveté de Marthe rejoint la naïveté de Dieu qui nous fait confiance la grâce est offerte gratuitement malgré les risques énormes de chutes diverses et de manipulations voir pire ! Ces communautés nouvelles paraissent plus déviantes que celles d’autrefois car avant on cachait et on lavait naturellement son linge sale en famille ! Perso j’ai reçu beaucoup de Marthe et je garde entière confiance en Dieu comme en elle.

3 novembre, par Françoise

Ce dont vous m’informez est en réalité très logique, Louise. L’épiscopat français sous la houlette de Barbarin, lié à divers groupes dérivants et intégristes à tendance sectaire, Opus Dei en tête, ne peut qu’entraîner l’épiscopat dans ce genre de démarche, plaçant différents individus dérivants à des hauts postes pour achever la vampirisation de paroisses et diocèses et continuer d’installer une idéologie d’avant Vatican 2. Si Mgr Pontier ne paraît pas idéologiquement proche de ces manœuvres et placements, a-t-il réellement le pouvoir clérical et hiérarchique pour s’y opposer et ne pas céder à la pression barbarinesque et vaticane ? Je crains que non. Surtout quand les individus sont soutenus par des lobbies communautaires et religieux très en vue médiatiquement et religieusement. Quand j’observe les rassemblements lourdais de l’épiscopat, j’ai l’impression à chaque fois, d’un rassemblement de clercs en parade, sans aucun pouvoir, juste celui d’obéir à Barbarin, le doigt sur la couture de la soutane, d’avoir un devoir de réserve et de soutenir sans condition les intérêts matériels de l’institution quoi qu’il arrive.

Comment voulez-vous que dans de telles conditions, puissent s’exprimer une contestation et une révolte face aux crimes et abus commis ? C’est structurellement de l’ordre de l’utopie. Si malaise il y a chez certains, il passe très vite. Car seule compte la perpétuation du système monarchique absolu et d’impunité criminelle totale. Et pour cela, tout est bon. Y compris des alliances avec d’autres manipulateurs et communautés criminelles. Di Falco n’a jamais été destitué, pour le moment Anatrella non plus. Sorkine ne le sera pas plus. Car chacun perpétue l’impunité, le système à sa façon. Et c’est là tout ce qui compte aux yeux de l’institution. Les victimes passent en pertes et profits. La manipulation des esprits et des individus, passe pour une vérité de foi, une illumination divine.

3 novembre, par Isabelle

Et voilà ! Tous les corbeaux ou les pies jacassantes se ruent déjà sur la « proie ». Comme cela est prévisible et terriblement pathétique. :(

Nulle envie de polémiquer sur la responsabilité (partiellement avouée par le Père Peyrous et dont nous n’avons aucun détail d’ailleurs), ni sur ceux et celles qui accablent les nouvelles Communautés et leurs prêtres, cela fait partie de ce que l’on appelle le jugement à charge ! Un lynchage médiatique fera toujours se frotter les mains de ceux qui mènent la danse de l’acharnement contre une Eglise défaillante, certes, mais toujours vivante ne l’oublions jamais.

Y a-t’il eu procès civil, pénal ou ecclésiastique et verdict rendu ? Que nenni. On est dans une permanente chasse aux sorcières au sein de l’Eglise. La présomption d’innocence ? Que nenni aussi. La parole d’un Evêque prévaut ainsi que celle de médias plus que controversés tels LA CROIX et qui font Foi de « Parole d’Evangile » (sic !). Je préfère rester prudente connaissant un peu ’L’envers du décor’ en Eglise ! ^^

Cela n’enlève rien aux accusations qui pèsent sur le père Peyrous ni à leur véracité mais avouons que venant de Mgr Ricard, archevêque de Bordeaux et « grand ami » de la Franc-maçonnerie - qui participa d’ailleurs à une tenue blanche fermée -, cela peut prêter à un recul, voir à la méfiance. Ceci étant, le Père Peyrous a été sur la tangente depuis pas mal d’années question théologie et progressisme avec son apologie des valeurs Franc-maçonniques telles que les droits de l’hommes et leurs dramatiques conséquences pour l’église. Cela n’a rien à voir avec les charges actuelles qui pèsent sur lui mais la portée est beaucoup plus grave à mon sens. (Cf. Vidéo ci-jointe à partir de la minute 31:00 pour les intéressées). http://www.ktotv.com/video/00138291/marthe-robin-une-vie-si-fragile-mais-si-feconde

Le péché contre la chair est à remettre à la « justice civile, pénale ou ecclésiastique », selon le degré d’implication au sein de l’Eglise et non à la vindicte populaire. Le péché contre l’Esprit par contre est à remettre entre celle de Dieu.

Qui sommes-nous pour juger et condamner un prêtre sans preuves tangibles ?

3 novembre, par Ulrike

Est-ce que la communauté de Jerusalem fait une « miraculeuse » exception parmi toutes les communautèes nouvelles ? pas des scandales, derives sectaires, …

3 novembre, par Agape

Merci Michel pour votre témoignage, Effectivement, Marthe avait un don de discernement notament à propos des vocations de chacun. Cela n’enlève pas la liberté de la personne à suivre ou non le Christ jusqu’au bout… Jésus Christ avait choisi Judas comme apôtre, mais ce dernier avait la liberté de le trahir. Donc, les fautes de ceux qu’elle a rencontrés et conseillés ne remettent pas en question la véracité de son témoignage. Concernant le père Bernard PEYROUS, je suis assez sidérée de cette nouvelle et de la manière dont elle nous est transmise. Le communiqué dit que ce dernier reconnait les faits…..J’aimerais savoir ce qu’il a reconnu exactement. Me rendant souvent à Paray le Monial, j’ai eu à de nombreuses reprises l’occasion de le rencontrer. Plusieurs de mes amies ont bénéficié de son accompagnement……Donc je suis un peu sous le choc et je ne sais que penser.

3 novembre, par Françoise

Bonjour Michel

Oui, je pense que pour une bonne part, Marthe a participé à une immense escroquerie pseudo mystique, orchestrée par l’entourage religieux autour d’elle et dont elle était l’actrice principale, en échange d’une prise en charge totale médicale, sociale sur des décennies, dépense et entretien qu’il aurait été impossible à sa famille d’agriculteurs d’assumer financièrement.

Ceci étant, vous avez tout à fait le droit de voir les choses autrement pour votre cas personnel uniquement. Mais pensez un peu aux millions de victimes en lien avec cette femme à la fois utilisée par une partie du clergé, manipulée et manipulant elle-même…

Difficile quant à moi, d’y voir quoi que ce soit de saint et de sain.

Les autres ordres religieux ont connu certaines dérives mais elles ont été davantage cachées parce que le niveau d’information était bien plus faible auprès des populations et que les populations étaient très peu éduquées jusque dans les années 60. Il était donc facile en menaçant un peu les victimes de leur imposer silence. Regardez pourtant depuis 20 ans comment des hommes et des femmes de près de 80, 90 ans parfois, se révoltent et révèlent les abus des colonies pénitentiaires cathos, dénoncent les viols, les vols de bébés en couvent prison, les humiliations, les meurtres, la maltraitance, le travail forcé, l’exploitation, l’utilisation comme cobayes pour des industries pharmaceutiques qui payaient ces institutions pénitentiaires religieuses…Ces personnes âgées victimes, souvent croyantes, ont attendu de pouvoir être sûres d’être entendues, et reconnues dans leurs souffrances au plan public, pénal aussi, pour dénoncer la violence cléricale de certains ordres religieux traditionnels mais aussi de l’institution cléricale dans son ensemble.

On peut donc dire que c’est le niveau d’éducation des individus, le niveau d’information, le changement sociétal qui a permis que même des ordres anciens soient enfin contestés pour leurs crimes et révélés pour les atrocités commises. La loi du silence tenait plus à l’ignorance, à l’intimidation et au poids politique et social qu’avait l’Eglise durant très longtemps et qui lui assurait cette impunité perpétuelle, lui permettant aussi d’opérer un déni profond, qu’à une réelle exemplarité morale.

Ces abus criminels ont toujours été décrits par de nombreux écrivains, philosophes depuis des siècles, personnalités qui en avaient été témoins, quelquefois victimes ou bien dont certains proches avaient été victimes. Ces crimes ne datent donc pas d’hier et ne sont pas l’exclusivité des communautés catho intégristes récentes. C’est évident. Et je suis bien d’accord avec vous sur ce chapitre.

Mais dire cela n’enlève pas pour autant l’insupportable et le nombre de crimes commis par ces communautés de la Nouvelle Evangélisation, le nombre exponentiel de victimes et l’ampleur que prend la catastrophe spirituelle. Avec le soutien plein et entier de nos épiscopats et du Vatican, complices, promoteurs et protecteurs de ces groupes criminels, présentés en plus comme la crème de la crème du catholicisme.

On croit rêver…quand il s’agit en réalité d’un cauchemar bien réel. Et dont il faut sortir en appelant un chat un chat et non plus, en cherchant des excuses ou des circonstances atténuantes aux uns et aux autres.

4 novembre, par Isabelle

« Oui, je pense que pour une bonne part, Marthe a participé à une immense escroquerie pseudo mystique, orchestrée par l’entourage religieux autour d’elle et dont elle était l’actrice principale, en échange d’une prise en charge totale médicale, sociale sur des décennies, dépense et entretien qu’il aurait été impossible à sa famille d’agriculteurs d’assumer financièrement. » Signé Françoise.

Tellement peu étonnée à mon tour par vos propos. Je ne vais pas argumenter car cela ne servira à rien je le crains. Par contre, je vais prier pour vous Françoise car Marthe Robin est l’une, -sinon la plus grande mystique - de notre 21e siècle - Bien évidemment, elle est controversée et attaquée mais peu importe. Je suis allée à deux reprise prier dans sa petite cellule et cela vaut tous les discours du monde. J’invite tous ceux qui ont envie de faire « l’expérience de la Foi » à venir à Châteauneuf-de Galaure, ne serait-ce qu’une seule fois.

En communion de prière avec tous sur ce site.

https://www.martherobin.com/sa-vie/une-grande-mystique-francaise/

4 novembre, par Agape

« Oui, je pense que pour une bonne part, Marthe a participé à une immense escroquerie pseudo mystique, orchestrée par l’entourage religieux autour d’elle et dont elle était l’actrice principale, en échange d’une prise en charge totale médicale, sociale sur des décennies, dépense et entretien qu’il aurait été impossible à sa famille d’agriculteurs d’assumer financièrement. »

Votre conviction personnelle vous suffit pour tenir de tels propos infamants. Marthe Robin était une femme gravement malade qui a voulu faire de sa vie telle quelle était , celle d’une handicapée clouée dans son lit, un tremplin pour se donner à l’amour de Dieu. Par là , à tous ceux qui vivent un lourd handicap, elle donne le témoignage qu’aucune vie n’est inutile et qu’elle peut rayonner quand elle choisit de « croire en l’amour »…. Ce que vous appelez une escroquerie est un martyr d’Espérance. Ce que vous appelez « pseudo-mystique » chez Marthe, c’est son entrée dans le Mystère de Dieu, en se donnant à Lui telle qu’elle était. C’est tout simplement la vie chrétienne. Mais vos yeux et vos oreilles sont trop bouchés par votre idéologie pour le comprendre.

4 novembre, par Isabelle

« Oui, je pense que pour une bonne part, Marthe a participé à une immense escroquerie pseudo mystique, orchestrée par l’entourage religieux autour d’elle et dont elle était l’actrice principale, en échange d’une prise en charge totale médicale, sociale sur des décennies, dépense et entretien qu’il aurait été impossible à sa famille d’agriculteurs d’assumer financièrement. » Signé Françoise.

Je suis peu étonnée par votre post Françoise mais, reprenant vos propos mots pour mots, « il ne m’est pas difficile quant à moi, d’y voir quoi que ce soit de saint et de sain ». Vos écrits sont à la fois pervertis et tendancieux concernant l’une des plus grandes mystiques de notre 21e siècle. « Cette femme a, à la fois utilisée par une partie du clergé, manipulée et manipulant elle-même », écrivez-vous sans sourciller et afin d’étayer vos écrits. Pour ceux qui ont étudié Marthe, ses écrits, ses souffrances physiques et mystiques et ses milliers de rencontres et témoignages qui corroborent la véracité de sa vie mystique, vos propos ne méritent aucune réponse à mon sens si non la prière et uniquement la prière.

Puissiez-vous faire une vraie rencontre avec Marthe et avec le Christ miséricordieux. Je prierai pour vous, particulièrement via l’intercession de Marthe Robin et de la Vierge Marie.

Je vous invite à vous rendre à Châteauneuf-de-Galaure où j’ai été prier à deux reprises dans sa petite chambre sombre mais Ô combien lumineuse. Je suis sûre qu’elle vous y attend. Aurez-vous le courage d’y aller ? Je prierai pour vous à cette intention. Isabelle

http://www.foyer-chateauneuf.com/ https://www.martherobin.com/sa-vie/une-grande-mystique-francaise/

4 novembre, par Françoise

Les droits humains fondamentaux ne sont pas une création maçonnique, mais une lente quête humaine non achevée à ce jour, d’individus de toutes conditions, de tous genres, âges, pour sortir de l’arbitraire, de situations abusives, criminelles, discriminatoires et totalitaires.

Ce qui m’amuse dans votre message, Isabelle, c’est que vous considérez que les droits humains fondamentaux sont une catastrophe pour l’Eglise. Vous reconnaissez donc implicitement que l’institution cléricale romaine est bâtie et fondée non sur le respect des individus mais sur la domination et l’exploitation des individus. Donc à rebours de tout respect humain.

Bizarre fonctionnement pour une institution qui se réclame de Jésus et du message évangélique…

Ce n’est pas l’appartenance à la franc-maçonnerie qui autorise les crimes sexuels. Vous avez des tas de criminels sexuels qui n’appartiennent pas à la franc-maçonnerie mais qui sont obsédés par un désir de domination absolue des individus. Et ce désir passe chez certains par le crime sexuel, qui est pour eux la forme ultime de domination, celle aussi qui les fait le plus jouir mentalement et leur donnera le plus de bouffées de toute-puissance et une bonne montée d’adrénaline à laquelle les plus retors deviennent accros, comme à une drogue et de fait, pour retrouver ces sensations fortes, pareil à un vertige, multiplient les victimes.

Au sein de l’institution cléricale catholique romaine, vous avez tout un tas d’hommes qui sont fascinés par le pouvoir, la domination et qui ont trouvé commode d’y ajouter la domination sexuelle par le viol, l’abus, les attouchements, le harcèlement. Pensant qu’ils sont intouchables de par leur appartenance à une certaine coterie et hiérarchie, sachant que ce crime est en quelque sorte structurel quand il s’agit de pédophilie, ils sont tout surpris de se retrouver dénoncés par leurs victimes, même longtemps après.

Ces hommes de Dieu criminels ont sans doute minoré le changement sociétal qui s’est opéré ces dernières décennies, où les victimes de crimes sexuels sont progressivement sorties du silence, et se sont constituées en associations, ont commencé à se porter partie civile contre leurs tortionnaires, ont porté plainte, demandé des comptes à la justice.

Dans le nombre, de plus en plus de victimes femmes. Mais aussi depuis quelques années, de plus en plus de victimes hommes, de handicapés, abusés, violés par le clergé durant leur enfance, leur prime jeunesse. Ce mouvement sociétal de révélation et de refus du crime sexuel se voit aussi dans la société non catholique, et même des francs maçons se font épingler : voir l’affaire DSK du Carlton. L’impunité des cercles de pouvoir a tendance sérieusement à se réduire à peau de chagrin au fur et à mesure du temps et des luttes individuelles et collectives de victimes, de leur prise de parole publique également et des procès engagés. L’avènement des droits internationaux de l’enfant en 1989 a permis aussi ce changement, même si ces droits sont régulièrement bafoués. Au moins législativement, théoriquement, l’enfant dispose d’une reconnaissance non en tant qu’objet ou affabulateur mais comme sujet à part entière. Dans les affaires de crimes sexuels (inceste, pédophilie), de nombreuses associations ont travaillé pour expliquer que jamais l’enfant n’est consentant sexuellement face à un adulte. Qu’il faut que la honte change de camp, que les criminels soient traduits en justice et paient pour leurs crimes. En France, deux enfants par classe scolaire (de la maternelle au lycée) sont violés, abusés chaque année, soit dans le cadre familial, soit par des proches ou parfois par des personnes ayant autorité (profs, éducateurs ou carrément religieux). Ce n’est pas possible de continuer ainsi. Comme il n’est plus possible que la prescription soit maintenue sur ce type de crime qui a des répercutions dans toute la vie des victimes et à différents niveaux : santé physique, relations sociales, amoureuses, parentalité, équilibre psychique, affectif. J’en parle en connaissance de cause.

4 novembre, par Françoise

Pourriez-vous me dire en quoi mes propos sont pervertis et tendancieux, Isabelle ? Comprendre qu’une telle maladie a été une douleur si atroce, si enfermante qu’elle nécessita un refuge dans le religieux et que le monde religieux a instrumentalisé cette souffrance et l’a en quelque sorte monnayée auprès de la famille par des soins, un financement et par toute une stratégie destinée à organiser une contre-offensive religieuse contre Vatican 2, mais que cette entreprise n’a vraiment montré sa couleur et son origine idéologique que tardivement, au moment des premiers témoignages de victimes des communautés liées à cet évènement, c’est comprendre au contraire ce que l’immense douleur, le handicap peut générer. Et comment l’humain tente de s’en sortir et comment la maladie, le handicap peuvent être instrumentalisés par un entourage religieux qui souhaite une revanche idéologique qu’il n’a pu obtenir depuis l’époque Maurras…L’occasion fait le larron, dit-on…Et dans ce cas précis, c’est tout à fait ça.

Je n’ai pas besoin d’aller à Châteauneuf pour comprendre la situation. Pour avoir vécu très jeune une maladie très handicapante dont je suis sortie par la suite parce que les traitements à mon époque, ont été plus performants, je sais jusqu’où le désespoir, la douleur, l’infirmité peut mener. Et comment, dans des circonstances particulières, un entourage ultra religieux peut tenter d’en tirer profit.

On retrouve les mêmes stratégies avec Bernadette à Lourdes, déjà bien malade de la tuberculose, peu instruite scolairement et gavée de religion, et dans une très grande pauvreté dont elle souhaiterait sortir pour en sortir sa famille. Marthe comme Bernadette ont été dépassées par des stratégies religieuses qui ont instrumentalisé leur personne et leur souffrance, leur situation désespérée. On a le cas en Italie de Mama Rosa avec l’épisode San Damiano, on a aussi le cas très controversé de Padre Pio.

A leur époque, ces personnes n’ont pas eu l’occasion de pouvoir se prémunir de l’instrumentalisation. Parce que l’époque ne s’y prêtait pas, leur situation personnelle et le niveau d’éducation et d’information général non plus. Aujourd’hui, nous avons les moyens de nous rendre compte de tout ça. Nous avons les outils informatifs et historiques, sociologiques, analytiques, le recul aussi, l’éducation suffisante pour nous rendre compte de tout ça. C’est un plus énorme par rapport au passé.

Mais après, il faut vouloir comprendre les tenants et les aboutissants. C’est évident que si l’on reste dans une vision psycho-magique religieuse, qu’on ne veut pas voir ce qui s’est joué et qui a amené sur le devant de la scène catho romaine des communautés religieuses déviantes, manipulatrices et criminelles, issues des idéologies de la contre-révolution catho maurrassienne, portées par une bonne partie du clergé mais aussi par des groupes sociaux cathos de milieu aisé à très riche, on ne comprend absolument pas ce qui s’est passé ni se qui continue de se jouer aujourd’hui via ces communautés dérivantes, futures dirigeantes du Vatican, en perte de vitesse cléricale.

Si on ne veut pas aller voir tout ça, on en reste à la version cléricale de l’évènement, à une version très affective aussi.

Vous avez choisi de ne voir que la version officielle. J’ai une autre approche, plus froide. Parce que j’ai fait un travail de prise de conscience sur l’instrumentalisation de la pauvreté, de la maladie et du handicap, ce très jeune, à un âge où ce genre de préoccupation n’existe pas. Et pour avoir vu l’instrumentalisation religieuse dans ma propre famille via mon père surnuméraire, les manipulations, les systèmes de dépendance, enquêté sur les origines de ces dérives religieuses et leurs motivations idéologiques, politiques originelles, je ne peux absolument pas me placer sur le même registre que vous.

J’aime beaucoup Marie, mais elle n’a rien à voir avec ça. Je pense même qu’elle doit être assez désolée d’avoir été autant instrumentalisée elle aussi au fil des siècles et du temps par le clergé, seulement pour des questions de pouvoir, de domination masculine.

Il y a quelque chose que je trouve profondément pathétique et aussi terrifiant dans ces stratégies religieuses masculines. J’espère sincèrement qu’un jour on sortira de tout ça. Tout ça a fait trop de mal à tellement de personnes…

4 novembre, par Françoise

Le souci, Agapé, c’est que je ne m’appuie sur aucune idéologie, simplement sur du vécu personnel. Je suis passée très jeune par une maladie très invalidante, très dure physiquement et moralement, je suis restée un bon moment en fauteuil roulant, suis souvent allée aux urgences à un âge où j’aurais dû péter le feu et faire des tas de trucs formidables avec copains et copines, et j’ai vu comment cela peut pousser au désespoir et à se réfugier dans la religion pour survivre psychologiquement à ça. Je le vois encore chez un proche, atteint d’une maladie dégénérative et qui s’est complètement réfugié dans le religieux pour survivre. Donc je comprends les mécanismes de l’intérieur et je n’hésite pas à les mettre en lumière et à les partager. Parce que ça me paraît important pour l’édification de tous.

Etre passé par de grandes souffrances physiques, mentales, morales permet ensuite quand on a fait tout un travail de réflexion et dépassement autour, de pouvoir décrypter ce qui se joue dans ces circonstances.

Ensuite, le fait de connaître bien le milieu catholique observant et notamment le milieu catho aisé et ses objectifs de contre-révolution catho depuis Maurras et comment ces tentatives se sont incarnées via différents mouvements religieux, me permet de comprendre les stratégies qui ont présidé à la mort de Vatican 2, mort donnée par JP2 qui, d’une façon particulièrement perverse, a présenté à l’ensemble des catholiques ces mouvements dérivants comme le ferment direct de Vatican 2, alors que tous ces groupes étaient issus des idéologies et des stratégies de contre-révolution catholique, profondément opposés depuis toujours à Vatican 2. Et c’est bien ça l’horreur. Car les jeunes de ma génération qui ont cru à cela et qui ont plongé direct dans ces groupes, s’y sont investis dans un enthousiasme incroyable et s’y sont brisés affectivement, religieusement, psychologiquement et physiquement, ont été particulièrement abusés à la fois par ces mouvements et à la fois par le pape de l’époque. Et n’ont parfois toujours pas conscience jusqu’où c’est allé. Et d’où cela vient.

Marthe n’est martyr de rien. Elle a eu une vie terrible de souffrance, comme d’autres femmes malades et handicapées. Elle a survécu et pu être en partie soignée et prise en charge par l’institution cléricale. Au moins matériellement, elle ne fut pas à charge pour sa famille. Mais elle a été aussi le jeu malgré elle, l’instrument d’une stratégie odieuse religieuse, qui se trouve être depuis quelques années, du fait du témoignage des victimes de ces groupes, dévoilée au grand jour.

Et ça c’est triste. Triste d’avoir été instrumentalisée ainsi. Qu’elle ait instrumentalisé un peu aussi les autres dans ce contexte est très compréhensible. Une fois la machine enclenchée, comment l’arrêter ? Comment exister dans ces atroces douleurs, dans ces violentes crises, une fois être devenu le point de mire religieux et n’être reconnue que par ce biais ? C’est toute l’ambiguïté de la situation.

Je suis triste pour Marthe. Pour tout ce qui l’a enchaînée par delà la maladie, la façon dont tout le monde l’a utilisée. J’ai énormément de compassion pour cette femme qui a cherché comme elle a pu, une porte de sortie, un moyen d’exister. Et dont des religieux et des laïcs qui ont bien compris le parti qu’ils pouvaient en tirer, ont fait via sa personne. C’est ça que je trouve le plus choquant, personnellement.

Le pire étant que tout ce qu’elle a suscité, les individus qui se réclament d’elle, révèlent plus les années passent, de sombres à très sombres visages et multiples crimes. Et ont fait des millions de victimes.

Tout cela est d’un triste achevé. Tout cela est navrant, mais finalement assez prévisible. On part d’une instrumentalisation du handicap, de la maladie, de la souffrance terrible d’une personne via la religion et cela génère, autorise les manipulateurs religieux à démultiplier le nombre de victimes via de nouvelles instrumentalisations religieuses.

C’est là où l’on voit que la violence initiale si elle n’est pas dénoncée, génère d’autres violences encore plus graves, encore plus terribles et sans limites.

4 novembre, par Agape

Vous avez été trés malade, vous connaissez le « milieu catholique » et cela vous donne le savoir pour dire que l’histoire de Marthe Robin est celle d’une immense escroquerie………….

Si je comprends bien, de part votre expérience vous SAVEZ ! Et cela vous donne le droit d’accuser sans preuve !

4 novembre, par Françoise

Bonsoir Agapé,

Oui, de par mon expérience de vie (dont j’aurais préféré me passer mais que j’ai dû vivre hélas), j’ai un certain nombre de clés pour comprendre des situations lourdes, extrêmes.

Concernant Marthe Robin, sa maladie, son contexte personnel et familial, son entourage religieux, favorisaient une instrumentalisation religieuse à une époque où c’était encore largement possible sur un grand nombre de personnes et d’autant plus vivant une situation personnelle difficile, parce que l’Eglise au plan institutionnel et clérical possédait encore une grande emprise sur les individus. Si c’était aujourd’hui en France, ce serait plus compliqué. Parce que le niveau d’information, d’éducation, les prises de conscience des individus sont différents. Nous ne vivons plus dans la même société qu’à l’époque de la jeunesse de Marthe, quand elle est tombée gravement malade. Même en milieu rural.

La maladie de Marthe était si perturbante à tous niveaux, si handicapante, qu’il était fort naturel qu’avec une éducation et un sentiment religieux profond, elle se réfugie dans ce religieux pour tenter de survivre psychologiquement à ce qui lui tombait dessus, comme un véritable cataclysme.

C’est ce qui en a découlé, ce qu’en a fait son entourage religieux qui l’a tout à la fois aidée mais aussi piégée dans un rôle mystique, genre oracle de Delphes. C’était à la fois un moyen d’exister pour elle mais aussi un moyen pour les religieux autour d’elle, d’influer et de susciter des communautés opposées à Vatican 2 idéologiquement, pour y piéger et y rééduquer une jeunesse catholique qui s’éloignait grandement de la pratique religieuse ou du moins, n’y était plus aussi soumise que ses aînés.

Concernant les preuves, de Muizon a montré qu’en réalité, Marthe s’alimentait un peu (les analyses faites à sa mort le démontraient par la présence de quasi selles dans ses intestins), se déplaçait, souvent de nuit (découverte des chaussons usés). Thurston démontre lui, que les personnes mystiques stigmatisées présentent les mêmes caractères pathologiques que les personnes souffrant d’hystérie…Tout cela fait de la légende religieuse autour de Marthe, en reprenant des analyse scientifiques, qu’il y a des probabilités importantes de mensonge de finesse (comme disait Pagnol) quant à la réalité mystique et notamment l’inédie présentée par les religieux concernant Marthe. L’hystérie liée à l’encéphalite pouvait aussi lui donner des hallucinations mystiques telles qu’en voient nombre de malades psychotiques durant des phases de crises. Idem pour les stigmates.

Ensuite, si l’on observe l’ensemble des personnalités qui ont gravité autour d’elle puis lancé ensuite des communautés sous l’influence de Marthe (en tout cas selon leurs dires), on peut observer que toutes partagent des caractères manipulateurs et sont liés à des familles pour certaines , très engagées par le passé dans des idéologies liées à l’Action Française, à l’OAS, à la contre-révolution catho maurassienne. Et l’on voit que toutes les communautés vont d’ailleurs inviter régulièrement des personnalités liées à ces idéologies puis promouvoir un catholicisme réactionnaire d’avant Vatican 2. Et c’est d’ailleurs pour cela que ces communautés seront mises en avant par JP2. Il était pour lui très important de favoriser et s’appuyer sur des personnalités opposées à Vatican 2. Même s’il a rompu avec la FSSPX, ce n’était pas idéologiquement que le problème se posait. Il se posait seulement en terme de pouvoir. Mgr Lefebvre se serait plié à l’autorité de JP2, il aurait été soutenu et encensé comme le reste des communautés de la Nouvelle Evangélisation.

Ce qui n’a pas empêché pour autant la FSSPX d’avoir exactement les mêmes dérives que les communautés de la Nouvelle Evangélisation. Mais la liberté de parole y fut un peu plus lente, eu égard à des milieux traditionnalistes, extrêmement réactionnaires et quasi autarciques. Cependant, les victimes qui ont témoigné depuis une bonne dizaine d’années, montrent bien les mêmes dérives, les mêmes abus, les mêmes idéologies aussi. C’est cela qui est frappant. Et pour revenir à Marthe,on sait que MD Philippe, grand ami de Mgr Lefebvre, a longtemps fait le lien entre le Vatican et la FSSPX. Et développait les mêmes idées de fond, la même opposition idéologique et religieuse à Vatican 2 que Marcel Lefebvre (de par une structure familiale qui luttait déjà au sein du mouvement de contre-révolution catho), même s’il a choisi de rester dans le conciliaire, du moins de s’en accommoder en ayant créé une communauté réactionnaire à l’intérieur. Exactement comme l’ont fait les gourous de l’Emmanuel, des Béatitudes et d’autres communautés.

Donc, quand on regarde l’historique des communautés, l’histoire et les idéologies religieuses réactionnaires des différents gourous et gourelles dont aujourd’hui différents hommes et femmes dénoncent les abus, les violences, les crimes, leur caractère manipulateur, on ne peut que comprendre que l’histoire Marthe Robin se terminerait mal. Et ferait des tas de victimes par delà déjà sa victime de départ, Marthe elle-même.

La manipulation démarre avec son instrumentalisation par des religieux anti Vatican 2 et se poursuit par son entremise auprès des futurs gourous des communautés dérivantes et aboutit aux victimes de ces groupes. Comme un effet domino.

Où est Dieu dans de telles dérives et de tels crimes ? On se le demande vraiment.

4 novembre, par Agape

’Concernant les preuves, de Muizon a montré qu’en réalité, Marthe s’alimentait un peu (les analyses faites à sa mort le démontraient par la présence de quasi selles dans ses intestins), se déplaçait, souvent de nuit (découverte des chaussons usés). Thurston démontre lui, que les personnes mystiques stigmatisées présentent les mêmes caractères pathologiques que les personnes souffrant d’hystérie…T" Preuve de quoi ? La seule chose que vous retenez de Marthe, ce sont les phénomènes surnaturels……Je remarque que les personnes qui l’ont vraiment connue évoquent surtout une femme joyeuse, une femme de prière attentive à tous. Les foyers de Charité sontt son œuvre principale. Les preuves dont vous parlez n’en sont pas : le fait qu’elle ait porté des chaussons usés à sa mort ne veut pas dire qu’elle se déplaçait pour marcher la nuit( c’était peut être des chaussons de sa jeunesse ou ceux de quelqu’un de son entourage). Et l’hystérie c’est la grande tarte à la crème, que Muizon n’avait vraiment pas inventée….. Et puis pourquoi aurait elle fait semblant d’etre paralysée et de ne pas s’alimenter ? Une hystérique ne fait pas semblant, Elle est bloquée par un phénomène inconscient mais elle ne simule pas.. Et puis d’autre part , vous êtes dans la contradiction : Vous dites qu’elle s’est livrée à une manipulation afin d’être prise en charge pour son handicap et en m^me temps qu’elle faisait semblant d’être handicapée….. Quant à l’oracle de Delphes, Marthe n’était pas une voyante et elle renvoyait ceux qui attendaient d’elle des prédictions de l’avenir. Et de toute manière, les phénomènes surnaturels sont seconds, m^me s’ils n’avaient pas existé le message de Marthe aurait eu une grande fécondité et comme je vous l’ai déjà dit, sa vie mystique était d’abord et avant tout une vie d’union au Christ, une vie chrétienne tout simplement. Au lieu d’élucubrer , vous devriez plutôt parler avec les gens tous simples qui l’ont rencontrée . Vous verrez qu’elle n’avait rien d’une yoggi. Mais il faudrait pour cela accepter de vous confronter à la réalité.

4 novembre, par Xavier Léger

Françoise, je ne partage pas votre analyse. Marthe Robin a été suivie par une flopée de scientifiques, qui ont bien montré que les phénomènes vécus par Marthe dépassait le champ de la science.

En outre, votre grille de lecture me semble trop polarisante (pro-Vatican 2 vs anti-Vatican 2), peut-être aussi un peu trop idéologique. Je connais un bon nombre de prêtres, absolument pas hostiles au concile, qui étaient très proches de Marthe et des Foyers de Charité… (Certains d’entre eux, d’ailleurs, sont des fervents défenseurs de la cause que nous défendons à travers ce site.)

Le fait que certains fondateurs pervers aient été encouragés par Marthe Robin pose en effet question. Mais :

1) Est-ce qu’on est vraiment sûr que Marthe les a vraiment encouragé ? Après tout, on n’a que leurs propres témoignages…

2) Et même si Marthe les a encouragé, est-ce que cela signifie que ses encouragements étaient paroles d’Evangile ? On attendait de la petite Marthe qu’elle parle directement au nom de Dieu, comme si elle avait une ligne direct avec le Bon Dieu… mais je ne suis pas sûr que c’était le cas. C’était une femme qui vivait une aventure mystique unique, mais qui, pour répondre à ses interlocuteurs, raisonnait comme vous et moi.

5 novembre, par Françoise

Bonsoir Xavier

Pour moi et ça n’engage que moi, une partie du clergé français a tenté de récréer une Thérèse Neumann française en se basant sur les mêmes critères ou presque. Ma grille de lecture est en lien avec du vécu extrême mais aussi des enquêtes sur les idéologies portées par les gourous des communautés dérivantes liées à Marthe Robin. Vous avez effectivement raison de dire que celles et ceux qui se réclament d’elle, le disent sans qu’il soit possible au moins pour un certain nombre de le prouver. Cependant, on peut constater dans le creuset idéologique des années 60 où se polarisent un grand nombre d’opposants à Vatican 2 autour de Marthe Robin mais aussi dans des entreprises comme la Cité Catholique, Ichtus, l’OAS, l’implantation en France de différents groupes intégristes comme l’OD, la Légion du Christ qui sont dans une vision proche de la contre-révolution catholique de Maurras mais aussi proches de l’extrême droite au plan politique et anti Vatican 2 (y voyant une entreprise diabolique), on peut s’interroger sur l’instrumentalisation qui fut faite autour de Marthe Robin et sur sa personne dans une optique mystique destinée à justifier l’opposition religieuse et à construire une alternative réactionnaire. Alternative réactionnaire qui fut adoubée par JP2 et ses successeurs.

Car si vous reprenez les prophéties, l’utilisation de son image, l’exaltation du mysticisme manifesté par Marthe dans les différentes communautés dérivantes (j’ai des souvenirs très précis à ce sujet d’une cassette audio Diakonia produite par les Béatitudes en collaboration avec l’Emmanuel), on voit que c’est surtout le clergé qui va faire monter la sauce comme on dit, autour de cette femme très malade et handicapée une grande partie de sa vie. Si tout le clergé présent autour d’elle ne fut pas dérivant ni anti Vatican 2, les principaux gourous des groupes charismatiques français et réac type St Jean,, Béthléem, étaient liés à une opposition à Vatican 2 via des familles militantes de la contre-révolution catho des années 1900. Pas toujours assumée, mais néanmoins réelle. Et vous retrouvez cette même similitude idéologique réactionnaire religieuse, dans les mouvances dérivantes cathos étrangères. On peut citer les Focolari, l’Opus Dei, le Chemin Néocatéchuménal aussi.

Tous ces mouvements partagent une même idéologie religieuse réactionnaire liée à un rejet d’une séparation entre l’Eglise et l’Etat, d’une nostalgie de la monarchie, d’une tradition catholique empesée et corsetée qu’on va retrouver dans la contre révolution catholique maurrassienne et qui fera des petits à l’Action Française puis au fil des années dans différentes structures religieuses, militaires aussi. Et qu’on va retrouver très présente et très active dans une bonne partie des milieux bourgeois et nobles cathos en France et à l’étranger.

Tant qu’on ne fait pas l’étude sociologique, historique et les liens dans le temps, on ne comprend pas pourquoi on se retrouve brutalement avec des mouvances catholiques dérivantes et violentes et criminelles, semblant débarquées de nulle part. En réalité, ces groupes proviennent d’un milieu très particulier au plan social, religieux, idéologique. Et qui voulait sa revanche face à une société où le poids religieux régressait et où la domination religieuse et morale était supplantée par une morale laïque beaucoup moins étriquée et stigmatisante. Ces milieux ultra cathos ne supportaient pas que le Vatican d’une certaine façon, les lâche avec Vatican 2. Ils avaient l’impression d’y perdre privilèges, pouvoir, emprise. Et c’était inacceptable à leurs yeux. Donc pour reprendre la main, il fallait des outils, des moyens, des justifications.

Marthe joua à son insu en grande partie pour ces tristes sires, le rôle de totem, de justification idéologique ; elle fut un des outils du catholicisme le plus réactionnaire. Comme le fut Bernadette pour justifier le dogme de l’Immaculée Conception. On est dans le même principe stratégique. C’est toujours comme cela qu’a fonctionné le catholicisme identitaire pour se réimposer religieusement, socialement, politiquement aussi. Le mode opératoire ne change guère. Il a ses codes, ses procédures.

Je pense sincèrement que Marthe fut largement dépassée par l’ampleur de l’instrumentalisation faite par le clergé qui l’entourait. Et où se côtoyaient le pire et le meilleur. Elle a surnagé comme elle a pu, compte tenu de son état. Mais sa légende a surtout été créée par celles et ceux qui y avaient un intérêt. C’est ce que je trouve alertant.

Après, ce n’est qu’une analyse personnelle. Mais au regard de ce que j’ai découvert, appris et de ce que j’ai pu observer, analyser, vivre, je vois un certaine cohérence entre l’histoire du catholicisme réactionnaire depuis les années 1900 avec la contre-révolution catholique et les dérives des communautés nouvelles. Il y a une filiation évidente et une stratégie qui se révèle et dans les idéologies de ces groupes et dans leurs pratiques et dans les idées portées par les familles des gourous, idées jamais remises en cause ni en question et au contraire exaltées au sein de leurs communautés respectives.

5 novembre, par Françoise

La pathologie de l’hystérie est complexe, Agapé. Elle comporte une part de simulations, mais aussi de réelles pathologies très graves qui se manifestent par cycles, par crises. Il y a donc des phases où l’on est paralysé, d’autres où on ne l’est plus, d’autres où l’on se met à saigner, à perdre la vue, à la retrouver, à avoir des abcès, des gangrènes, brutalement guéries on ne sait comment, puis qui réapparaissent. Donc les chaussons usés servaient lors des périodes dites de rémission. Mais dont Marthe ne pouvait parler évidemment. Comme elle ne pouvait pas parler de phases où elle pouvait manger un peu, ce qui aurait tué dans l’œuf le principe d’inédie, lié lui aussi à l’hystérie.

Vous avez des simulations aussi dans certaines psychoses comme la maniaco-dépression, avec des crises plus ou moins aigües et espacées. Ce n’est pas quelque chose de pleinement conscient. Ca fait simplement partie de la pathologie.

Posez la question à des psychiatres. Ils vous l’expliqueront encore mieux que moi et de façon plus détaillée et scientifique. C’est leur job.

Vous avez une autre femme du même profil pathologique, Thérèse Neumann, marquée par les mêmes symptômes, les mêmes comportements. Elle aussi relevant de l’hystérie avec des pathologies terribles tout au long de sa vie et des stigmates. Et de l’inédie également et des hallucinations, des visions mystiques. Inédie vérifiée partiellement durant 15 jours par des médecins. Mais qui ont conclu à une inédie et des stigmates non miraculeux, liés à la pathologie hystérique. Tout cela fonctionne ensemble. Il y eut aussi autour de Neumann, une instrumentalisation religieuse cléricale.

Une pathologie telle que l’hystérie ne veut pas dire pour autant que la personnalité est dépressive, bonnet de nuit ou chaotique dans son expression. Surtout quand à la base, la personne malade a bon caractère, qu’elle dispose d’une certaine vaillance, d’un entourage aimant et qu’elle a un ancrage sécurisant. Marthe disposait de tout ça. Et parce qu’elle avait un ancrage sécurisant familial et religieux, pourquoi n’aurait-elle pas eu de continuité joyeuse comme elle l’était avant la maladie ? Le fond de la personnalité n’est pas modifié par la maladie.

Quand une personne est très malade, avec des douleurs épouvantables, continuelles, des moments où elle est si mal qu’elle a très peur de mourir, il est logique qu’elle se raccroche à des choses qui la positivent, qui donnent sens à la souffrance endurée, aident à la sublimer en quelque sorte. Le religieux fait partie de ces garde-fous pour ne pas être complètement submergé. C’est un mécanisme de défense bien compréhensible dès lors qu’on a une culture religieuse familiale forte. Et qui peut être très aidant. Et nul doute que ce refuge dans le religieux aida considérablement Marthe, l’a soutenu toute sa vie. Elle a donné ainsi sens à sa vie et c’est très chouette. Mais le problème, c’est que tout ce qui dans la maladie va se colorer religieusement après confidence au clergé (inédie, stigmates, révélations-hallucinations) va la placer dans une situation où son vécu pathologique réel est instrumentalisé religieusement progressivement. Instrumentalisation d’autant plus facile que sa famille vit modestement et ne peut pas se permettre la prise en charge médicale et sanitaire que son état nécessite. Dans un tel contexte, on comprend la facilité de l’entreprise cléricale.

Les foyers de charité sont la vitrine. Une jolie vitrine où rien ne manque, tout semble parfait. C’est comme le papier brillant d’un bonbon. Ca attire, ça pétille, ça fait envie.

Le contexte et la façon dont Marthe, son histoire et ses pathologies furent utilisées par un clergé omniprésent autour d’elle, la légende qu’il a construite autour d’elle, comment ce clergé a géré financièrement, matériellement, médicalement Marthe et sur quelle base, sur quelle entente de départ, sur quelle durée, sur quel mode, n’est pas vraiment raconté. Et c’est logique. Ce serait comme si un prestidigitateur révélait ses trucs.

Ce qui par contre ressort progressivement, avec l’utilisation de Marthe par les principaux gourous des communautés dérivantes, c’est la majorité qui utilise ses prédictions comme des oracles mais aussi comme une justification personnelle divine presque directe. Leur activité de gourou démarre toujours selon leurs dires, par une sorte d’envoi en mission de Marthe. Et comme Marthe est sensée voir Jésus, recevoir des révélations particulières, forcément, c’est Dieu par son entremise à elle, qui les a nommés en quelque sorte pour relever la France, relever l’Eglise, incarner un renouveau spirituel, donc quelque part ils sont les saints des derniers temps annoncés par cette femme, etc, etc. On retrouve ce discours d’instrumentalisation et d’autojustification chez tous les gourous et gourelles des communautés actuelles dérivantes. Je l’ai constaté notamment aux Béatitudes quand j’étais adolescente via les cassettes d’enseignement d’Ephraïm, de Philippe Madre, de Jo Croissant l’épouse d’Ephraïm. J’ai constaté la même chose dans les discours de membres de l’Emmanuel et idem chez MD Philippe.

Et ça ne tient en rien du hasard. C’est aussi pour ça que je parle d’instrumentalisation. Marthe y a participé via sa pathologie et les manifestations pathologiques qu’elle a eu. Mais elle était loin de comprendre tous les tenants et aboutissants qui s’opéraient à l’arrière plan de ce qui lui arrivait, de ce que le clergé qui s’occupait d’elle fabriquait, et qui aboutissent aujourd’hui à des situations dérivantes dans des communautés qui ont plus fait pour désespérer et blesser la jeunesse catho depuis près de 40 ans que pour lui faire du bien. Je vous laisse en lecture documentaire, une étude sur la soeur jumelle de Marthe Robin, Thérèse Neumann. Vous comprendrez peut-être un peu mieux la pathologie de Marthe, ses manifestations : http://www.histoiredelafolie.fr/psychiatrie-neurologie/quelques-documents-sur-therese-neumann-la-stigmatisee-de-konnersreuth-par-paul-meignant-1930

5 novembre, par ?

Un clin d’œil à tous ceux et celles qui aiment Marthe Robin pour sa simplicité, son amour infini de Dieu et son humanité. ;-) Le tout raconté avec l’humour et l’accent québécois par le Père André Daigneault qui est responsable du Foyer de Charité Villa Châteauneuf de Sutton (Québec), ce qui ne gâche rien. Savoureux ! Partie 1/ https://www.youtube.com/watch?v=gkYswDaLMyY Partie 2/ https://www.youtube.com/watch?v=DDEznpqlNNc Allez, bon dimanche à tous ! ^^

5 novembre, par Agapé

Vous avez décidé que l’histoire de Marthe est une histoire de manipulation et vous brodez tout votre scénario et théorie de complot clérical( en vous appuyant sur une science psychanalytique), Mais rien ne dit que Marthe ait été hystérique. Vous dites vous m^me que c’est une maladie compliquée, ce qui ne vous empêche pas, sans l’avoir rencontrée, sans l’avoir écoutée, sans être psy vous même de poser un diagnostic d’hysterie. Il se trouve que j’ai moi m^me travaillé en psychiatrie et qu’un psy honnête vous dira qu’on ne peut faire 1 diagnostic qu’en écoutant le sujet parlant, non en se référant seulement à des écrits sur son passé et à la description de ses symptômes.

Mais parce que vous imaginez tout cela, c’est Vrai.

5 novembre, par Françoise

Je n’ai décidé de rien, Agapé. J’ai recensé les différents symptômes, les différentes manifestations neurologiques et les ai regroupés avec d’autres du même type, de la même teneur chez d’autres femmes présentant les mêmes caractéristiques. J’ai également élaboré le profil de départ, les origines familiales et les engagements idéologiques religieux des familles des gourous et gourelles de la Nouvelle Evangélisation qui se réclament de Marthe et se sont donnés, par son intermédiaire, un statut quasi divin, sacré, destiné à les poser en tant que demi-dieux inattaquables au sein de leurs communautés respectives. J’ai aussi observé d’où venaient ces manipulateurs, les objectifs religieux et politiques poursuivis par leurs familles et les leurs dans la continuité de leurs parents. Les faits concordent. Et l’instrumentalisation cléricale aussi. Elle est la même quel que soit le pays. L’affaire Neumann présente les mêmes caractéristiques.

Oui, il faut une observation clinique, vous avez raison pour déterminer la pathologie. Or, Marthe et son entourage l’ont toujours refusée, parce que ça ne changerait pas grand-chose, disait Marthe.

Mais en réalité, comme précédemment, le cas Thérèse Neumann en Allemagne avait été observé cliniquement et que les médecins avaient statué sur une pathologie psy et non sur une dimension mystique réelle, il fallait éviter que le problème se reproduise. Il en allait de la survie et de la réussite de la stratégie cléricale réactionnaire française mais aussi de l’image mystique de Marthe.

On avait eu aussi au début du 19e siècle le cas de Anna Katharina Emmerich, en Allemagne toujours. Là on est en présence d’une instrumentalisation poétique et artistique d’abord, avant qu’elle ne soit utilisée par l’Eglise (Emmerich fut béatifiée, je vous le donne en mille, par qui ? JP2). On est à l’époque d’Emmerich, en pleine période romantique en Allemagne. La dimension gothique, saint sulpicienne, liée à une vision religieuse morbide, où l’utilisation du martyr, de la souffrance, du sang, du fouet, des stigmates est maximale. On la retrouve dans les contes d’Andersen, on la retrouve dans la littérature en général, dans la poésie, dans la peinture aussi, dans la musique également. Il n’y a pas à l’époque d’étude scientifique sur les phénomènes stigmatiques, les visions, l’inédie. Ils peuvent donc être utilisés immédiatement comme manifestations mystiques.

Cependant la controverse existe déjà à cette époque, puisque tout le récit des visions-révélations mystiques d’Emmerich vient non pas d’Emmerich elle-même mais du poète Brentano. Difficile là aussi de démêler le vrai de la création artistique. Par la suite, Emmerich sera surtout considéré comme un récit romantique et poétique. Avant un déterrage et une béatification de la jeune femme par JP2. Si vous faites le tour des béatifications et sanctifications qu’il entame, on voit que tous les acteurs sont liés à une vision catholique réactionnaire et sacrificielle. Ca fait partie de l’image catholique qu’il souhaite faire ressortir, et qui fait partie intégrante de la mythologie et des croyances de l’intégrisme.

La dimension psychomagique, nous le savons tous et toutes, possède un fort pouvoir d’attraction populaire. Magie noire, blanche ou rouge, sorciers et sorcières, apparitions, tables qui tournent, tellurisme, magnétisme, lutin malin, bête du Gévaudan, croque-mitaine. N’importe quel manipulateur, qu’il soit religieux ou pas, le sait. Et voudra s’en servir pour justifier ses propres œuvres. Ca fait partie de la technique de domination mais aussi d’assujettissement. Et ça revient cycliquement dans leurs pratiques. Ephraïm avec sa multiplication des crèmes au chocolat, pour folklorique que ce fut, continua d’utiliser ce registre du merveilleux qui marchait si bien auprès de ses adeptes. Les offices de guérison, les retraites psycho-spirituelles rentrent dans le même cadre psychomagique.

On retrouve dans cette stratégie beaucoup de gourous et gourelles de la Nouvelle Evangélisation qui se sont réclamés de Marthe et sont allés la visiter régulièrement à Châteauneuf, et ont donné une coloration mystique à un problème essentiellement neurologique et psychiatrique. Ils se sont taillés via les manifestations neurologiques pathologiques de Marthe des dimensions sacrées pour justifier leur position personnelle et leur légitimité en tant que responsables communautaires. Devenus des figures incontournables du catholicisme, ils pouvaient dès lors prétendre à un pouvoir absolu et sacré et à un soutien du haut clergé, des postes pour eux et leurs proches très en vue au Vatican et au sein de la hiérarchie cléricale. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Ce qui a piégé combien de milliers de gens ne serait-ce qu’en France, mais aussi des milliers à l’étranger.

Malheureusement, ce genre d’escroquerie finit toujours par être dévoilée. Et c’est ce qui se passe actuellement, non seulement par les témoignages de victimes contre ces dirigeants communautaires manipulateurs, vivants ou morts ainsi que leurs méthodes d’assujettissement. Mais aussi via l’entreprise d’instrumentalisation de départ elle-même. Le principal artisan des tentatives de béatification de Marthe, révèle une nature abusive. Et ça ne fait pas les affaires de l’Emmanuel, qui cherche à se faire faire une prélature sur mesure actuellement via l’OD. Donc vite, un dégagé. Mais ce faisant, ça jette aussi un certain discrédit sur Marthe Robin et le lobby clérical et religieux autour d’elle. Si la controverse a toujours existé la concernant, elle devient plus forte à mesure que ses principaux promoteurs se dévoilent par des œuvres au noir.

On peut dire que massivement depuis les années 80, ce type d’instrumentalisation se fait plus rare au sein du catholicisme français. On l’observe cependant chez les groupes intégristes, notamment chez l’OD et la FSSPX. On a eu récemment l’affaire Vincent Lambert, mais il y eut aussi l’affaire Alexia Gonzalez Barros en Espagne, qui a donné lieu à un film terrible sur l’instrumentalisation religieuse et familiale, paru en 2008 ( au passage, merci, Ana de me l’avoir signalé) : Camino, de Javier Fesser.

Si l’instrumentalisation a parfaitement fonctionné en Espagne, parce qu’il s’agissait d’une enfant issue d’un milieu opusien déjà bien lobotomisé et dans une Espagne encore largement sous emprise idéologique cléricale à l’époque, la tentative d’instrumentalisation récente sur Vincent Lambert pose plus de problème car nous ne sommes plus à la même époque, de plus c’est un adulte et lui, ne partageait aucunement les idéologies de ses parents et s’en était éloigné via son mariage et sa vie personnelle. La tentative de récupération à la fois de la FSSPX et de l’OD via ses parents, illustre très bien les méthodes d’instrumentalisation et cette utilisation religieuse des individus dès lors qu’en situation de fragilité et de faiblesse. Cette instrumentalisation concernant Vincent Lambert fut d’ailleurs parfaitement dénoncée médiatiquement et par l’épouse de Vincent et quelques amis. Il y a 30 ans, ça n’aurait peut-être pas été le cas. Les temps changent. Les prises de conscience de supercheries, d’abus dans notre société se font lentement mais quand elle se font, elles permettent de comprendre les enjeux non pas de façade, mais ceux qui n’étaient pas dits, et qui ont été les principales motivations des artisans de ces instrumentalisations.

On a chez les charismatiques, deux affaires d’apparitions douteuses : l’île Bouchard et Medjugorje, qui alimentent depuis des années tout un commerce chez les Béatitudes, l’Emmanuel et semblent justifier à la fois les communautés mais aussi les dirigeants. La FSSPX a utilisé par le passé et continue d’utiliser Fatima et Garabandal. Ca fait partie de leur marotte. Ca leur permet de faire peur, d’intimider, d’impressionner. Faut les lire sur internet ou les entendre au téléphone, quand ils font du harcèlement téléphonique. Ca vaut son pesant de cacahuètes. J’en parle là aussi parce que j’ai vu et subi ce type de harcèlement avec anathèmes, menaces, ma soeur et ma mère également…Ces individus jouent sur la peur, la superstition (la leur et celle qu’il pense présente chez les autres). C’est une constante qu’on a aussi vu en France chez les groupes ultra cathos de la Manif Pour Tous lors des débats et de la mise en place de la loi pour le mariage homosexuel. La tirade « la colère de Dieu va s’abattre sur la France », fait partie désormais des plus connues et des plus emblématiques du réseau catho intégriste et dérivant. Je travaille personnellement chaque semaine en milieu hospitalier avec comme élèves des psychiatres, des infirmières, des médecins, ce depuis 10 ans. J’ai aussi fait un travail personnel psy durant de longues années. Ces échanges réguliers, ces démarches, mon propre vécu personnel mais aussi les enquêtes menées sur des dérives religieuses et ce qui les sous-tend derrière idéologiquement, tout cela me donne depuis des années à penser les choses de cette façon et des clés de compréhension aussi de tous ces évènements.

Je n’oblige personne à penser de la même façon. Je donne juste l’analyse que j’ai faite de ces évènements, personnages et des liens de cause à effet que j’y vois au plan sociologique, historique, religieux et politique. Je viens d’un milieu catholique où tout ce matériau mystico-merveilleux était considéré comme directement divin et vrai. Il n’y avait aucune contestation, aucune mise en doute de tout ça. J’ai été élevée dans cet état d’esprit, j’ai baigné dedans toute mon enfance et mon adolescence.

Il m’a fallu non seulement un éloignement de ce milieu, mais aussi des épreuves, des étapes de réflexion, de dénis aussi (c’est tellement plus confortable), de confrontation à des choses peu reluisantes dont le meurtre de mon père et le harcèlement subi de la part de l’OD, des recherches sur ces groupes communautaires, pour mesurer l’entourloupe énorme que constituait cette culture du merveilleux lié à une instrumentalisation de la misère, de la maladie, du handicap et qu’on retrouve de façon intense dans les milieux communautaires de la Nouvelle Evangélisation.

Ce que je dis aujourd’hui est le résultat de longues années où j’ai essayé de comprendre de quoi il retournait exactement et sous différents angles d’approche, par delà les apparences.

Plus j’avance dans mes enquêtes, plus je découvre des choses complètement sordides et plus aussi je fais de liens entre ces groupes communautaires déviants et des idéologies nauséabondes politiques et religieuses. Qui aboutissent à des dérives et des crimes de plus en plus graves.

Je n’ai jamais vu ce genre de chose quand j’ai enquêté autour de Joseph Wresinski, autour de soeur Emmanuelle par exemple, ou de l’abbé Pierre.

Parce que tout simplement, il n’y a pas matière à mystique ni merveilleux. Donc moins d’ instrumentalisation.

5 novembre, par Xavier Léger

Françoise,

le problème, à mon humble avis, c’est que vous allez trop vite aux conclusions.

Cela me fait penser au principe du « mille-feuilles argumentatif » dont parle beaucoup le sociologue Gerald Bronner : Tous vos arguments contre la dimension surnaturelle de la vie de Marthe Robin ne permettent pas d’induire une conclusion aussi radicale. Et ce n’est pas un problème de déni (Le déni, d’ailleurs, peut se manifester dans les deux sens).

J’ajoute qu’à mon avis vous avez trop tendance à tout analyser sous un prisme idéologique, et partant un peu manichéen… Comme si toute l’histoire récente de l’Eglise n’était qu’un combat entre les bons (conciliaires) et les méchants (anti-conciliaires et réac). Je crois que c’est plus complexe que cela.

5 novembre, par Agapé

La description très détaillée de vos investigations illustre mes propos : aucun psy digne de ce nom utiliserait un tel procédés pour émettre un diagnostic d’hystérie. Marthe ne s’est jamais soumise à une expertise psy ou à une psychothérapie, ce qui était tout à fait son droit. Elle n’avait rien à prouver et ne méritait pas ce procès en hystérie( autrefois on aurait peut être dit en sorcellerie).

6 novembre, par Françoise

Justement, si elle n’avait rien eu à cacher, Marthe s’y serait soumise. Mais elle était tenue par le clergé qui la gérait, ce pour sa propre survie et son entretien, à ne rien en faire. Parce qu’il y avait déjà eu des précédents qui avaient ruiné les espérances cléricales…Il ne fallait donc pas prendre un tel risque.

6 novembre, par Françoise

Bonsoir Xavier

Je ne sais pas si au bout de 15 ans d’enquête, et la consultation de tas de documents différents, je vais trop vite en conclusions. Le faisceau informatif et les intérêts qui étaient ceux des gourous et gourelles dont nous déplorons, vous, moi et d’autres, les agissements et les comportements déviants, étaient bien trop puissants pour ne pas faire un abus de pouvoir sur une femme malade, dépendante, pauvre, qui prétendait avoir des visions mystiques. Cela avait déjà été fait plusieurs fois par le passé par les mêmes groupes ayant les mêmes idéologies, avec autant d’échecs que de succès. Il fallait donc bien tenter le coup. Et ce coup de poker a marché suffisamment pour justifier, légitimer religieusement et spirituellement les fondateurs de communautés déviantes, non ? Il leur permet aujourd’hui de pouvoir jouer dans la cour des grands du Vatican et même de tenter des OPA au sein de la haute hiérarchie cléricale, de partis politiques, de proposer des camps masculinistes, des séances de guérison psychospirituelles pour encore augmenter leur emprise.

La rivalité entre le camp conciliaire et le camp anticonciliaire est connue. Et elle a une histoire bien précise, que souvent une bonne partie des catholiques ignorent. Cela ne devrait pas leur être caché, de mon point de vue. Parce que le passé éclaire le présent. A l’heure où tous ces groupes n’ont même plus besoin de cacher leurs amitiés extrêmes droitistes et ultra libérales (et il n’y a pas de contradiction entre les deux quoi qu’on puisse en penser), leurs liens avec l’Action Française, l’OAS, Ichtus, des réseaux bancaires, des groupes d’assurances, des multinationales et des fondations douteuses, liens qu’ils avaient déjà par le passé avant même leur création au nom d’une restauration de la puissance originelle de l’Eglise et de la monarchie, au nom d’un combat contre la laïcité française, il me paraîtrait tout à fait grave de ne pas mentionner ces stratégies qui ont présidé à les remettre en selle avant même l’arrivée de JP2. Et qui ont permis de piéger combien de jeunes catholiques et leurs familles, en les persuadant au contraire que ces communautés, que ces pratiques émanaient de Vatican 2. Ca c’est certainement le pire mensonge qui a pu être fait par JP2 et les directions de ces communautés.

Pour le reste, il y eut à la mort de Marthe des examens qui permirent de comprendre que les choses n’étaient sans doute pas si mystiques que le clergé le prétendait. D’où finalement, un intérêt pour cette femme, restreint aux seuls communautés et groupes religieux liés aux intérêts des religieux qui prétendaient s’en réclamer idéologiquement et structurellement. Situation qui devrait poser question aussi.

Je conçois tout à fait qu’il soit difficile d’aller jusqu’à remettre en question et en cause les idéologies premières qui ont porté vers des groupes dérivants. Ce n’est pas naturel. C’est une démarche marginale et très dure, une sorte d’opération de contre-culture. Pour autant, cette démarche est nécessaire il me semble, pour aller au bout de l’analyse et de la compréhension du comment du pourquoi. Et ce n’est pas être manichéen. Seulement conscient(e) des enjeux, des stratégies et des motivations de certains groupes cléricaux et laïcs, en recherche de pouvoir et d’emprise et non en recherche de Dieu.

Je ne vois pas des gentils conciliaires et des affreux anti-conciliaires. Je vois des stratégies de pouvoir et d’abus, l’utilisation d’une dimension mystique, ésotérique, magique via des personnes en situation de faiblesse, de misère et de maladie, tout cela pour se justifier c et regagner du pouvoir. Ce qui n’est pas le cas dans des parcours de vie donnée, de façon authentique, non en se créant un personnage, mais en agissant dans un esprit de service, de justice et de partage.

Cette différence notable montre bien l’artificiel, la tartufferie et la véritable quête politique, idéologique menée par une partie du clergé et ses afficionados. Vous le savez encore mieux que moi, puisque vous l’avez constaté de l’intérieur au sein de la Légion du Christ via la comédie jouée par le père Maciel et qui se poursuit à travers ses successeurs. Ce malgré les visites canoniques et les pseudos réformes. Et si vous allez regarder les idéologies qui portent toujours la Légion du Christ, vous vous rendez compte que ces idéologies rejoignent celles de l’OD, des Béatitudes, de l’Emmanuel, du Chemin Néocatéchuménal, d’Ichtus, de la Cité Catholique de Jean Ousset. Et que les pratiques ont les mêmes dérives, les mêmes objectifs d’aliénation des individus.

Vous voyez bien que c’est le même creuset idéologique, les mêmes liens, les mêmes parentés. C’est facile de s’en rendre compte, il me semble. L’instrumentalisation, l’abus de faiblesse, comme l’abus de pouvoir constituent eux aussi la marque de ces groupes. Là aussi, c’est facile de s’en rendre compte.

A partir de ces constats d’habitudes, de comportements structurels, vous savez au fond du fond de vous-même, la capacité de nuisance illimitée de ces groupes, qui ne reculent devant rien et qui font feu de tout bois. Y compris d’ailleurs en utilisant leurs propres enfants. C’est dire si l’instrumentalisation fait partie intégrante de leur fonctionnement.

Après, on peut toujours raccrocher de la complexité et des contradictions. Ca fait partie de l’humanité, nous sommes bien d’accord. Mais si l’on veut essayer d’établir un profil complet de ces individus, en recoupant toutes les infos dont on peut disposer, on peut dire que la mule du pape est comme qui dirait chargée à bloc.

Très bonne soirée et bonne semaine !

6 novembre, par Isabelle

Bon, Françoise, je vais vous répondre sur deux points uniquement car, comme l’écrit très justement Xavier Léger, vous utilisez (et abusez) du « mille-feuille argumentatif » et je le trouve particulièrement indigeste, je ne vous le cacherai pas. Pardon d’avance à ceux qui liront ce post un peu long. Je n’aime pas les tartines mais là, je dois rectifier deux ou trois choses. Ce sera probablement ma dernière intervention, inutile de donner du « grain à moudre » indéfiniment. :D

Personnellement, je vais être moins diplomate (ou délicate) que Xavier car je considère vos écrits nocifs pour certain(e)s personnes néophytes ou influençables tant ils sont orientés vers un unique but : nier la dimension surnaturelle dans la mystique chrétienne ; remettre en cause l’enseignement deux fois millénaire du Magistère sur les fondements du christianisme et niveler l’Eglise à une institution purement humaine, passablement corrompue, et qui instrumentalise ses saints ou mystiques comme on vendrait un paquet de lessive qui lave plus blanc que blanc. Bref, du bon marketing ! ^^ Ou bien un vieux fond de commerce encore rentable ! :) En prime, cette institution commet « crimes sur crimes » en abusant de la crédulité des non-rationalistes ou de ceux qui n’ont pas la capacité analytique pour éviter de mordre à l’hameçon de thèses psycho-spirituelles aliénantes et déviantes ! Enfin pour faire court, « un attrape-gogos » phénoménal. Effectivement, c’est très manichéen comme thèse à effet conclusif radical. ^^

Argumenter avec vous me semble impossible car c’est un peu comme verser de l’eau dans le tonneau des Danaïdes. Il n’y a aucune nuance ou ouverture possible, aucune altérité dans l’échange. C’est comme un puit sans fond ou bien un dialogue de sourds tant vous êtes dans des affirmations totalement subjectives basées uniquement sur « vos enquêtes », « votre vécu traumatique », « vos analyses des événements » ou encore « votre long travail psy », arguments que vous considérez comme imparables face à la Foi mystico-planante ou à la psychomagie pseudo-divine en mode majeur. Vous détenez votre propre Vérité, point barre !

Niveau psycho-rigidité ou accusations sommaires, voir primaires, vous m’amusez aussi un peu Françoise dans vos procès d’intention sans réels fondements sérieux. Sur les déviances, j’en connais un rayon et sur les abus aussi mais je reste fidèle à Dieu et à son Eglise, même souffrante, même défigurée, même raillée, telle son Maître ! 1/ Première réponse à votre affirmation : « Les droits humains fondamentaux ne sont pas une création maçonnique mais une lente quête humaine non achevée à ce jour ». Faux !

La déclaration des droits de l’homme et du citoyen (DDHC) adoptée le 26 août 1789 est une création purement maçonnique. Voici le témoignage du franc-maçon Bonnet, orateur du Convent du Grand Orient de France en 1904 : « C’est notre Frère trois points de La Fayette qui, le premier, a présenté le ’projet d’une déclaration des droits naturels de l’homme et du citoyen vivant en société’ pour en former le premier chapitre de la Constitution. Le 25 août 1789, la Constituante, dont plus de 3000 membres étaient Maçons, a définitivement adopté, presque mot pour mot, tel qu’il avait été longuement étudié en loge, le texte de l’immortelle déclaration des Droits de l’homme. A cette heure, décisive pour la civilisation, la Franc-Maçonnerie française a été la conscience universelle et, dans les diverses improvisations et initiatives des Constituants, elle n’a cessé d’apporter le résultat réfléchi des lentes élaborations de ses ateliers. » L’affirmation est suffisamment nette et explicite pour rendre superflu tout commentaire.

Source : Léon de Poncins, La Franc-Maçonnerie d’après ses documents secrets, 1928, 5e édition, Diffusion de la Pensée française, Poitiers 1975, p. 99-100

Rappelons que La Fayette était un Franc-maçon du Grand-Orient de France (l’œil au-dessus de la Déclaration des Droits de l’homme), et que « conseiller » du roi Louis XVI, il lui insuffla l’idée de la fuite de Varennes dont la Secte devait ensuite se servir pour accuser le roi de « trahison ».

Il n’y eu pas que la Franc-Maçonnerie pour initier les « Droits de l’Homme » (constamment bafoués dans les grandes largeurs) mais cela serait trop long à développer ici. Lire l’article ci-après qui survole la question mais n’est pas sans intérêt pour ceux que cela intéresse.

https://lebilan2.wordpress.com/2015/05/13/la-grande-imposture-des-droits-de-lhomme/
https://lebilan2.wordpress.com/2015/05/13/la-grande-imposture-des-droits-de-lhomme/

2/ Deuxième réponse suite à votre question au sujet de Marthe Robin : « Pourriez-vous me dire en quoi mes propos sont pervertis et tendancieux Isabelle ? »

Françoise, votre litanie sur l’instrumentalisation de la souffrance de Marthe, soit disant monnayée par le « monde religieux » à des fins calculatrices glauques et au non d’une « stratégie destinée à organiser une contre-offensive religieuse contre Vatican 2 » est tout bonnement risible, voir blasphématoire. Mais bon, vous affichez la couleur et mettez dans la foulée tous les mystiques reconnus ou presque par l’Eglise dans le même panier. Vous nous faites un « prix de gros » dirons-nous ! ;-)

En quoi est-ce une pensée pervertie ? Car elle fait fi : • De tous ceux et celles qui ont connu (ou tout du moins étudié) ces mystiques à la lueur de l’Esprit-Saint • De tous ceux qui ont reçues des grâces intérieures ou physiques grâce à leur intercession et à l’offrande de leurs souffrances. • De tous ceux qui ne s’appuient pas uniquement sur leurs deux ou trois neurones pour percer un mystère : celui de la co-rédemption et de la valeur inestimable d’une souffrance offerte et consentie en union avec le Christ. Bref, de tous ceux qui croient que l’Amour de Dieu dépasse de très très loin nos pauvres intelligences humaines et qu’il aime et choisi souvent des âmes simples et pures pour porter ce trésor avec lui.

Pour passer par la porte de la sagesse, il faut être petit ou se courber car elle est basse. Il est nécessaire d’avoir de l’humilité et une bonne dose de patience avant d’accepter sans comprendre. Je parle ici bien évidemment de Foi et de Foi pure. La Vierge Marie est le plus parfait exemple de cette humilité qui accepte sans tout comprendre. Isabelle

6 novembre, par Bertrand

Chère Françoise,

Je vais régulièrement sur le site l’envers du décor, mais quand je vois une intervention de Françoise je ne lis plus. Je suis lassé de votre partialité constante.

Comme ancien membre d’une communauté nouvelle, je suis le premier à « chasser les pervers » et à dénoncer les disfonctionnements.

Mais chez vous le propos qui se prétend rationnel est en fait une idéologie qui tourne en rond.

Dans un texte de Bernanos, Frère Martin où Dieu « parle » à Martin Luther il dit que « l’Eglise n’a pas besoin de réformateur, mais de saint ». Il ajoute aussi « Dès le commencement, l’Église a été ce qu’elle est encore, ce qu’elle sera jusqu’au dernier jour, le scandale des esprits forts, la déception des esprits faibles, l’épreuve et la consolation des âmes intérieures, qui n’y cherchent que Dieu » Vous me semblez en permanence un esprit fort et un esprit faible qui a perdu la foi. Je respecte votre itinéraire personnel, mais la raison sans la foi est une autre forme d’enfermement que vous prétendez dénoncer.

« Amour et vérité se rencontrent. Justice et paix s’embrassent » dit le psaume 85. A vous lire on sent une justice pleine de colère et une vérité sans amour. Si Dieu est justice et miséricorde, il ne nous appelle pas à être un justicier sans merci.

Comme victime, un discours de dénonciation est compréhensible et légitime. Cependant sans recherche d’équilibre votre propos ne peut que conforter ceux qui sont dans le déni de la reconnaissance des victimes et des systèmes pervers. Les contraires sont du même genre. On dénonce violemment un déni pour s’aveugler sur le sien.

Amicalement

Bertrand

6 novembre, par Lautier

Vous citez le père Zanetti Zorkine dans le même message que le père Peyrous. Où est le lien ? pourquoi serait il destitué ??? merci

6 novembre, par Elisabeth

Merci beaucoup Isabelle pour votre message de ce 6 novembre à 06h56 !!! Vote message « me fait du bien »… inutile d’expliciter je pense ? Merci pour ce bol d’oxygène Elisabeth

7 novembre, par Louise

@ Lautier

le père ZS est cité au sujet de Marthe Robin quand il est allé la voir pour savoir si il devait continuer dans le show- bizz à Paris.. LISEZ l’article !

Depuis, le père MDP lui avait conseillé de rester à Paris , puis il est devenu prêtre à Marseille qu’il a quitté en 2014 pour retrouver les chemins des studios d’enregistrements le temps d’un CD et une émission de TV.

Il n’a aucune paroisse à Paris et il commente l’Evangile sur une télé canadienne « la victoire de l’amour » et aussi à radio Notre Dame tous les matins.

On peut se demander à ce stade que devient sa fonction de prêtre alors que l’Eglise manque cruellement de prêtres !

7 novembre, par Clémence

En parlant d’hystérie, vous êtes extraordinaire Françoise, vous mêlez pèle mêle les francs maçons, JeanPaulII, l’OAS, la FSSPX, Maurras, les nouvelles communautés, des gourous, Vatican2 bien sûr, le père Zanetti Zorkine, Mgr Pontier, Mgr Barbarin, l’Opus Dei, cette pauvre Bernadette qui n’a rien demandé, quelques pédophiles & tout ça fait un bon roman, contactez Dan Brown, à défaut d’être heureuse dans la vie, vous serez forcément riche !!! Qu’est ce qui trouve grâce à vos yeux finalement ? Qui êtes vous pour juger ainsi tout le monde & à tout và ?? Si vous ne trouvez pas joie, réconfort & espérance dans le christianisme, essayez le yoga & le boudhisme mais c’est irrationnel de tout associer.

Vous ne vous en rendez sans doute pas compte, mais même s’il y a des déviances bien condamnables dans le catholicisme romain, au même titre que dans tous les mouvements, & que votre message est louable & « entendable », vos accusations hystériques décridibilisent totalement votre discours !!!

Regardez seulement tout ce qui fait de bien, toutes les bonnes volontés que l’on rencontre dans l’Eglise, y compris dans les nouvelles communautés & vous trouverez sans doute un peu l’apaisement & la réconciliation avec le Christ & avec vous même qui vous fait si cruellement défaut ! Mais je vous en prie arrêtez de tout mélanger & de noyer sous votre flot de dénonciations, expertises & autres procès en sorcellerie toute l’Eglise !

On gagnerait davantage à louer l’action des nouvelles communautés qui ramènent beaucoup plus de jeunes qu’elles n’en pervertissent. Regardez l’Eglise aujourd’hui, elle mériterait d’être soutenue plutôt que jugée, je ne connais pas votre âge, mais je préfère cette nouvelle église imparfaite mais changeante, jeune & bouillante à l’église de mes parents, triste, sinistre & grisonnante sans espérance ! Mes enfants sont tellement heureux de se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans l’église, venez juste une fois à Paray le Monial & peut-être changerez vous votre discours…

ma grand mère m’a toujours dit que l’aigreur donnait mauvaise mine…

7 novembre, par Agapé

On fait une thérapie pour se soigner pas pour prouver quoique ce soit à quiconque. Elle n’a jamais voulu convaincre personne sur ses manifestations surnaturelles, ce n’est pas à cela qu’elle déployait son énergie. Qu’on le croit hystérique ou non cela n’était pas son problème.

7 novembre, par Ana Azanza

Bonsoir :

j’ai un peu suivi la polémique Marthe Robin j’ai lu et j’ai sa biographie, en effet, il y a des personnes qui reçoivent des dons extra, des mystiques, qui ont le pouvoir de discernement des âmes, qui vivent dans une autre dimension, et c’est souvent de « grands malades » et eternels malades. Cela a toujours existé partout, pas seulement dans l’église catholique. Je crois même du temps de druides et avant… Mais c’est toujours la même histoire : les dons que l’on reçoit, mystiques ou autres, ou pas mystiques du tout, seulement une grande intelligence par exemple, doivent ètre mis au service de l’humanité en général, pas au service exclusif de telle ou telle communauté, et encore moins pas au service d’un pouvoir quelconque. Et c’est là où le bât blesse. C’est tout à fait possible que MR soit une grande mystique, je n’en sais rien, qu’elle ait réçu des dons, c’est possible et je n’ai pas de raisons pour les mettre en question.

Mais ce genre de personnes, de même que le reste de croyants ou pas croyants, qui n’avons pas de tels dons mystiques et que n’avons pas cette intimité avec le divin doivent aussi faire attention, car les gens avides de pouvoir, par exemple l’Opus Dei que je connais mieux, peuvent tenter de s’en servir et je crois qu’ils s’en servent parfois.

Le mysticisme et la souffrance n’épargnent pas au mystique ce travail de discernement vis à vis des personnes qui viennent demander conseil, aide, appui, et peut être c’est cela qui est arrivé dans ce cas.

C’est dingue, mais même si une personne est très sainte elle continue à ètre un ètre humain parmi des êtres humains et elle doit faire face comme nous tous à la tromperie et à la mechanceté et à la manipulation. Peut être elle était très sainte mais elle a manqué d’intelligence ? c’est aussi possible, ou seulement elle a manqué de prudence. Ou elle n’avait pas les moyens d’arrêter les flots des gens qui arrivaient chez elle…Elle ne pouvait pas non plus contrôler ce que les gens faisaient quand ils sortaient de chez elle…

On m’a raconté des histoires un peu de « super-pouvoirs » de Plinio, le fondateur de ce mouvement brésilien controversé dont j’ai oublié le nom. Et j’ai compris d’après ce que l’on m’a raconté qu’il est bien possible que cet homme ait eu aussi des capacités « extra » pour voir ce qu’il y avait chez les âmes d’autrui, mais qu’il en faisait un spectacle. Il faisait le clown, il utilisait ses dons de l’esprit pour se donner en spectacle.

Je mets cet exemple non pour dire que MR faisait le pître, loin de là, mais pour dire que ce n’est pas tout d’avoir tel ou tel don, encore faut il bien l’employer : pour le salut, la santé, le bien ètre de toute personne bien intentionée qui en a besoin, pas au service des ambitieux, des sectaires, de ceux qui veulent ramener l’église à l’époque des croisades.

Le mysticisme et la souffrance ne nous enlève pas le travail de survivre chez des humains, « une sale espèce », même si c’est la mienne… :-)

Et j’ajoute que Françoise fait un travail de recherche « pas payable », du moins pour moi, je suis très reconnaissante avec elle, elle m’a donné pas mal d’informations sur l’histoire du catholicisme que j’ignorais, c’est un puits de savoir sur les histoires cachées de la religion qu’il ne faut pas négliger. Il faut seulement étudier, lire, voir, réflechir et ne pas avoir peur de trouver encore de la poussière et de saleté dans l’église catholique. Bonne soirée à tous Amitiés Ana Azanza

8 novembre, par Nicole

Mon message sera volontairement très court car on finit par ne pas lire jusqu’au bout ceux qui sont trop longs et qui se répètent indéfiniment, exemple ceux de Françoise. Je suis incapable d’écrire de grandes théories sur le sujet. Mais la facilité avec laquelle vous démolissez tout, Françoise, m’impressionne d’une drôle de manière, sans doute pas celle que vous souhaiteriez. J’ose vous avouer que tout ce que vous exprimez vous est dicté tout simplement par Satan. Il n’y a que « le prince du mensonge » pour être aussi bavard et argumenté. Alors, je n’attache - personnellement - pas la moindre importance à ce que vous écrivez. J’ai connu d’une façon très proche, une intime de Marthe Robin. Elle n’est plus là pour la défendre. Mais j’imagine sa douleur si elle avait pu vous lire. De toutes façons, si Marthe est canonisée, vous ne pourrez pas accuser Rome de s’être fait abuser. Beaucoup de précautions sont prises pour qu’il n’y ait pas d’erreur. Alors, attendons en confiance.

8 novembre, par Françoise

Bonsoir Isabelle

Je ne suis pas sûre que laisser comme argument d’autorité des liens sur un auteur antisémite, Léon de Poncins, collabo, formé par Darquier de Pellepoix (antisémite notoire français) soit judicieux pour appuyer votre démonstration. D’autant qu’il fit parti des idéologues de la contre-révolution catholique dans les années 30-40. Et justement, le complot judéo-maçonnique y compris dans les droits fondamentaux humains, fait partie depuis toujours du discours contre-révolutionnaire catholique, disponible encore aujourd’hui sur des blogs monarchistes et contre-révolutionnaires, mais aussi au sein de différents groupes dont l’OD. Donc sans le faire exprès du tout, vous me donnez raison.

Jean Guitton, Marie-Dominique Philippe sont issus également de ces idéologies et du pétainisme concernant Guitton, qui en fut un des principaux idéologues et défenseur. Or se sont ces deux hommes qui ont médiatisé Marthe Robin au-delà du père Finet. Avant les années 80, Marthe n’était connue qu’un cercle catholique très restreint, et restreint sur des idéologies identitaires, ultraconservatrices, contre-révolutionnaires et plutôt très très loin voire opposées à Vatican 2.

Marthe Robin commencera à être connue des catholiques dans leur ensemble à partir du moment où le renouveau charismatique dans les années 80, formé par Guitton et MD Philippe, s’occupera de médiatiser Marthe auprès des jeunes via l’Emmanuel et les Béatitudes principalement.

Et se sont des groupes qui en tant que communautés religieuses réactionnaires, utilisent le dolorisme, le corps souffrant pour dominer les individus, les fasciner aussi par le mysticisme (vrai ou falsifié peu leur importe, l’essentiel étant l’exaltation de la souffrance). Ce procédé fait partie des caractéristiques idéologiques de tout mouvement religieux réactionnaire, intégriste. Vous retrouvez ça dans toutes les religions. Mais ça ne constitue pas le commun de la pratique religieuse catholique, contrairement à ce que vous avancez.

Je sais bien qu’au sein de l’Opus Dei dont vous étiez membre, c’est une valeur incroyablement importante. Justement parce qu’il y a l’idée du martyr, de l’auto flagellation permanente dans un but de culpabilité permanente aussi, de honte, de mépris du corps, d’exaltation de la souffrance. Elément qu’on retrouve en Espagne depuis longtemps dans la secte des flagellants et qui conduit encore la dynamique de certaines processions des Rameaux et de la Passion en Espagne. Mais ce n’est pas le fond de la pratique religieuse catholique, loin de là. Ce le fut fin du Moyen Age et au 19e siècle pour des raisons de domination (par l’Inquisition d’une part, mais aussi d’autre part, par la reconquête des années 1830 et la contre-révolution maurrassienne), mais, heureusement, on ne peut pas réduire la pratique catholique à cela.

L’Eglise en tant qu’institution a régulièrement été agitée par des luttes de pouvoir. Et l’on peut dire que Vatican 2 fut pour un certain nombre de clercs épris de domination, de monarchie absolue et de fascisme, de racisme et d’antisémitisme, une réelle catastrophe. Le groupe animé par Guitton et MD Philippe, à la base des créations des communautés nouvelles, était de ceux-là. Et ils ont aidé à fonder ces communautés dérivantes qui font tant de mal sur des concepts ultra conservateurs et opposés à Vatican 2 tout en s’en réclamant en même temps. Les gens qu’ils ont recrutés, en se servant de Marthe Robin comme outil de fascination mystique, comme oracle de justification de leurs œuvres et de leurs personnes, étaient déjà pour une bonne part dans des idéologies proches des leurs. Et ils ont créé ces communautés dans un but de rééducation de la jeunesse catholique, selon des idéologies identitaires et répressives.

Arrive ce qui devait arriver : dérives autoritaires, crimes divers et variés, personnalités des fondateurs profondément abusives, maltraitances psychologiques, physiques dans ces communautés conçues comme des espaces de no-limites, d’irrespect permanent, de viol de l’intimité et de l’identité personnelle.

Bernard Peyrous impliqué actuellement dans une affaire d’abus sexuel est non seulement le successeur de Finet et Guitton pour tenter de faire canoniser Marthe Robin, mais aussi très engagé dans des luttes politiques d’extrême droite au côté de l’OD, de la FSSPX et d’autres groupes du même style liés à la contre-révolution catholique. On le retrouve donc dans les mêmes idéologies, les mêmes orientations réactionnaires religieuses.

Et si vous faites le tour de l’ensemble des communautés dérivantes, elles sont engagées dans les mêmes démarches. A l’identique des mouvements contre-révolutionnaires catholiques, opposés à Vatican 2. Je ne fais que dévoiler, ce que tout un chacun ici devrait savoir sur ces communautés. Que non seulement elles ont blessé et continuent de blesser des croyants mais sont fondées sur une vision religieuse réactionnaire, antisémite, monarchiste légitimiste pour certains groupes et antidémocratiques. Et cette origine participe aussi des dérives qui s’y sont déroulées et continuent de s’y dérouler.

Et je suis toujours effarée de constater que peu de gens, y compris des victimes, ont le courage d’aller regarder cette réalité en face et je suis effarée de voir qu’ils continuent de ne pas faire le lien entre ces fondements originels communautaires et les souffrances qu’ils ont endurées des années et des années de la part de ces communautés.

On ne peut pas prétendre vouloir saisir pourquoi tant de souffrance si l’on n’essaie pas de comprendre ce qui a motivé les fondateurs à ces traitements violents, abusifs et ce qui idéologiquement les portait depuis leur enfance. Je fais ce travail d’enquête et d’analyse depuis de longues années pour comprendre tout ça. Parce que cela me paraît très important. Sinon on ne traitera pas le problème dans son ensemble et ces communautés pourront continuer leur travail de sape et de destruction. Et c’est cela qui m’inquiète. Qu’ils y aient d’autres victimes de ces groupes malfaisants.

Informer de ce que j’ai découvert à ce sujet me paraît profondément éducatif et fraternel. Pour créer des prises de conscience sur la nature réelle de ce qui les uns ou les autres, idéologiquement, religieusement, nous a fait plonger dans ces groupes mortifères et nous a abîmés.

Ce n’est surtout pas une démarche facile. Parce que ça touche aux fondements idéologiques, à notre éducation familiale, à des valeurs qui nous ont été enseignées très tôt dans notre enfance et dont beaucoup n’ont jamais fait ni le deuil ni n’ont remis en cause ou en question.

Or se sont ces notions, ces valeurs que nous devons interroger, analyser et critiquer. Et ça, pour un grand nombre d’entre nous, c’est très très dur. Je pense que c’est même inacceptable pour certains. Dont vous, Isabelle. Sinon, vous n’auriez pas réagi aussi violemment.

Maintenant, malheureusement, ce que je dis est l’exacte réalité. Je n’invente rien. Vous pouvez vérifier très facilement les liens entre Guitton, MD Philippe, Bernard Peyrous, la plupart des dirigeants communautaires avec des idées ultra conservatrices, antisémites, contre-révolutionnaires, extrême droite. Avec le pétainisme mais aussi Maurras, l’Action Française, l’OAS, Ichtus. Tapez les mots-clés et vous accéderez à l’info.

Je vous laisse la citation de Guitton sur Vatican 2 :

« L’Eglise catholique est morte dès le premier jour du Concile Vatican II. Elle a fait place à l’Eglise oecuménique. Elle ne devrait plus s’appeler catholique mais oecuménique. »

Guitton fut inculpé en août 46 pour intelligence avec l’ennemi et aide à la propagande allemande. Ses « Fondements de la communauté française » sont un véritable programme politique pour le Gouvernement de Vichy, et s’il y eut un pétainiste convaincu en ce pays, entre 1940 et 1943-1944, ce fut bien lui. Il lui en resta toujours ces idées et il eut besoin d’un autre contre-révolutionnaire pour le soutenir lorsqu’il fut hué pour ces idéologies, lors de son accession à la Sorbonne en 1955, Philippe Ariès. Guitton est resté sur ces idéologies et elles ont servi ce qu’il a fait au plan religieux également. Il n’a donc jamais été ni progressiste, ni conciliaire mais réactionnaire et identitaire. Il ne pouvait donc servir Vatican 2 mais seulement la restauration intégriste d’avant Vatican 2. Et voici l’alerte concernant la littérature complotiste et antisémite de Léon de Poncins :

https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/registre-relire-sans-avertissement-l-antisemitisme-a-portee-de-clic/61983

Je ne doute pas qu’à l’OD ce type de littérature plaise, mais elle constitue le fondement idéologique des pires périodes de notre histoire contemporaine qui ont justifié la Shoah, l’oppression la plus atroce des peuples. Ces écrits ne peuvent donc faire argument d’autorité.

8 novembre, par Françoise

Bonsoir Bertrand Je crois que vous vous méprenez profondément. Il ne s’agit pas d’idéologie mais de constat d’observation jusque dans les recoins obscurs des communautés déviantes, dans ce qu’elles portent en elles depuis toujours mais qu’elles ne dévoilent surtout pas au grand jour, sauf depuis quelques années où elles ont l’impression d’avoir « gagné ». Tant au Vatican qu’au sein de notre épiscopat français, de nos médias catholiques. Et dans une certaine mesure, ces communautés ont raison de le croire puisque même les victimes de ces groupes, sont dans l’incapacité d’avoir saisi le fondement originel idéologique qui les a violentés. Personnellement je ne peux pas taire tout cela. Sinon, j’aurais l’impression de laisser à ces groupes l’opportunité de faire de nouvelles victimes qui continueront de ne pas comprendre vraiment pourquoi ce genre d’horreur leur est arrivé. Et cela, je ne le veux pas. Je veux que les personnes qui ont souffert comme vous, comme d’autres, comme moi aussi, puissent saisir que non seulement elles ont profondément souffert dans ces groupes du fait de personnalités perverses, manipulatrices mais que ces groupes dérivants étaient depuis toujours fondés sur la violence, la manipulation et la volonté de destruction, de discrimination, de répression. Et que c’est ce qui continue de les animer. Vous pouvez le voir aisément dans les rassemblements de ces groupes autour du FN à Béziers, à Paray le Monial, dans les camps masculinistes de l’Emmanuel, dans les retraites psycho spirituelles des Béatitudes…

Et ça ne vous fait toujours pas tilt ?

L’idéologie n’est pas de mon côté. Elle est du côté de vos anciens tortionnaires. Et elle fait du mal à des tas de gens depuis très longtemps. Parce qu’elle a toujours fonctionné de cette façon, en abusant les personnes et les manipulant. Et elle continuera parce qu’elle ne sait faire que cela. Sa raison d’être n’a rien avoir avec Dieu. Mais seulement avec un désir de destruction, mais aussi un désir immense de pouvoir et d’argent.

Dieu n’a rien à voir avec tout ça.

8 novembre, par Françoise

Bonsoir Clémence

J’associe ceux qui idéologiquement sont proches les uns des autres. Et utilisent la religion, la crédulité, le mysticisme pour manipuler les autres.

N’ayant jamais lu Dan Brown, trouvant son parti pris narratif ridicule et de gare, je serais bien en peine de contacter ce monsieur qui ne m’intéresse pas plus que sa prose.

Ce qui m’amuse par contre, c’est qu’à chaque fois que je touche un point sensible, qui pourtant est étayé historiquement et aujourd’hui se révèle de plus en plus politiquement et au plan criminel, forcément, Dan Brown ressort comme un lapin du chapeau d’un magicien. A croire que ce monsieur a laissé un souvenir de lecture impérissable…

Je ne m’appuie pas sur du roman mais sur de l’Histoire, des faits, des généalogies. Et des biographies précises des principaux promoteurs, relais et créateurs finalement des communautés dérivantes ici dénoncées. Il suffit à chacun de se pencher sincèrement et complètement sur leurs histoires personnelles pour tomber sur les mêmes documents que moi. Qui montrent ces liens idéologiques, ces façons de penser un catholicisme réactionnaire, ultra conservateur, limite intégriste et franchement de plus en plus sectaire et violent.

Mais je ne peux rien faire si vous ne voulez pas vous y pencher les uns comme les autres. Et surtout, si vous refusez d’entendre que ce fondement idéologique commun à tous les interlocuteurs et promoteurs de ces groupes participe à la violence que les victimes ont subie dans ces communautés.

Il n’y a pas d’aigreur chez moi. J’ai une vie heureuse de couple et de famille, un métier professoral passionnant. Par contre, j’ai toujours le souci, depuis ce qui est arrivé à mon père (assassiné par l’OD), que d’autres familles ne vivent pas les horreurs que nous avons subies durant des années. Et ne vivent pas la double voire la triple peine que ma soeur et moi avons assumées. Je voudrais pouvoir éviter cela à vous, à d’autres.

Personne ne mérite cela. Mon souci est de protéger en informant quand je peux le faire et en faisant de la prévention. C’est pourquoi j’interviens et informe ici.

Je pourrais tout à fait ne pas le faire et me dire après tout, qu’ils se débrouillent tout seuls. Je sais des choses, j’ai découvert des choses sur ce sujet, mais bon, s’ils veulent continuer de mariner dans ces atrocités et que ces groupes fassent d’autres victimes, c’est leur problème.

Seulement, je ne fonctionne pas comme ça. Pour moi, il est inacceptable que ces groupes fassent autant de mal et ma seule et unique façon de pouvoir contribuer à les arrêter, c’est d’enquêter et d’informer et déjà les victimes directes. Ca me paraît la base de la base.

C’est tout ce que je peux faire pour aider. Et je considère qu’il est de mon devoir moral, de le faire.

Après, j’ai conscience que je peux heurter par mon discours dans la mesure où une bonne partie des victimes n’a pas fait ce type de cheminement, certains n’ont pas complètement rompu le contact et le lien idéologique avec leur ancienne communauté (même si elle les a horriblement fait souffrir ainsi que leurs proches). Mais si je me tais sur mes découvertes, je serai alors complice de ces groupes mortifères pour qu’ils continuent de faire du mal à d’autres personnes. Et ça je ne peux pas l’envisager.

Alors voyez, pas d’aigreur du tout. Juste le souci d’épargner des souffrances et de nouvelles blessures à mes frères et soeurs dont je considère qu’ils ont déjà trop souffert.

C’est ma façon à moi d’être chrétienne, catho et en compassion. Je n’ai pas fondé ma foi sur l’institution cléricale, mais sur Jésus. C’est ce qui me permet de critiquer les dérives institutionnelles cléricales, ses manipulations, sans difficulté. Et il est important de pouvoir évoquer ces manipulations. Tant que cela reste tabou, non mis sur la table, on avancera pas et la violence structurelle de ces communautés dérivantes continuera de faire des victimes.

J’ai conscience que ça fait mal de toucher au fondement idéologique de ces groupes, à leur nature profonde. Surtout quand on vient de ce milieu et de ces idéologies. Mais c’est nécessaire. Pour justement, pouvoir par la suite dissocier réellement ce qui vient de Dieu et ce qui n’en est que contrefaçon et génère de la violence et des abus criminels.

On ne pourra avancer et véritablement sortir de ces violences, s’en prémunir, en faisant l’économie de ce travail critique.

D’où mes alertes informatives, mon travail d’enquête depuis tant d’années pour comprendre le comment du pourquoi. Après, chacun voit midi à sa porte. Et j’ai bien conscience qu’il faudra du temps pour penser et panser tout cela. En attendant il faut curer les écuries d’Augias. Et ne pas avoir peur d’aller voir ce qui se passe dans les coulisses de ces groupes cathos qui font tant de mal…C’est ce que j’essaie de faire.

Vos réactions

  • agapé 19 novembre 2017 07:53

    Bonjour Anna, La sainteté de Marthe ROBIN, ne réside pas dans « les phénomène surnaturels »qu’elle n’a pas choisis d’avoir. Vous dites« elle n’a pas su, elle n’a pas vu ». Dans ce cas là ne lui a t’on pas par moment prêté un pouvoir qu’elle n’avait pas ? Marthe n’a jamais dit qu’elle était une voyante, et elle se mettait très en colère lorsqu’on lui disait cela. Les personnes comme Mme CROISSANT, ont pu :soit dire n’importe quoi, sur ce que leur avait dit Marthe ROBIN, soit s’etre éloignées de leur vocation initiale discernée par Marthe. Le don de discernement n’a rien à voir avec la voyance, le projet des Béatitudes etait peut etre bon au départ, et par la suite leurS fondateurs ont pu s’écarter du chemin…..

  • 18 novembre 2017 21:24

    Bonsoir,

    Je viens de lire les divers avis concernant Marthe Robin. Ayant été victime de la Communauté des Béatitudes, j’espère que vous comprendrez mon point de vue, ainsi que mes doutes et ma rationalité. Je n’ai pas connu Marthe Robin. Il est possible qu’elle ait été une vraie mystique. Cela dit, être stigmatisé(e) ou jeûner tout au long de sa vie n’est pas un pilier de la Foi pour moi. On peut devenir saint sans appartenir à une Église, sans être stigmatisé(e) et sans avoir de manifestations mystiques. Par contre, je pense que Marthe Robin fut instrumentalisée. Je prends le témoignage de Madame Josette Croissant, épouse du gourou Gérard Croissant. J’ai rencontré Madame Josette Croissant lors d’une retraite à Banneux, lorsque j’étais aux Béatitudes. Madame Croissant donc prétendait avoir rencontré, avec son époux, Marthe Robin. Cette dernière aurait dit à ce couple de se convertir au catholicisme ! Que sait-on vraiment de ces paroles ? Y a-t-il des preuves ? Qu’à vraiment dit Marthe Robin à tous ces pseudo-mystiques et pseudo-fondateurs ? Regardez donc quels fruits cela a porté dans ces communautés nouvelles ! Manipulations, confusion doctrinale, menaces de mort (j’en ai eu aux Béatitudes), scandales (pédophilie, abus sexuels), abus spirituels, suicides cachés (c’est le cas pour les Béatitudes), abus de faiblesse, détournement d’argent, comptes en Suisse (c’est le cas pour Gérard Croissant). Comprenez moi ! Comprenez ma réaction ! Comprenez mon indignation ! Pourquoi Marthe Robin n’a-t-elle rien vu chez ses gourous ? Je ne comprends pas. Où est le discernement ? Où est la raison ? Le temps est donc venu de cesser d’avoir une foi naïve et crédule. Il est temps d’avoir une Foi intelligente. De retrouver le bon sens, la raison et surtout le discernement. Car je pense qu’il y eu un manque de discernement de la part de Marthe Robin. Pourquoi n’a-t-elle rien vu ? Marthe Robin est peut-être une mystique. Mais, les catholiques doivent cesser de l’instrumentaliser comme il le font pour d’autres « mystiques ».

  • DEMARLE 16 novembre 2017 20:30

    Bonsoir,

    Je viens de lire que le Fondateur des Frères de St Jean avait rencontré Marthe Robin !

    Quant on pense qu’il a abusé sexuellement de femmes !

  • agapé 16 novembre 2017 13:23

    Je voudrais juste répondre une dernière fois à Françoise, en respectant les consignes justement rappelées par Luciole : Marthe ROBIN, n’était absolument pas doloriste. Elle a simplement offert à Dieu ce qu’elle était, ce qu’elle aurait fait aussi si elle avait été en bonne santé. StMarguerite-Marie était tout le contraire d’une doloriste. A une époque très marquée par le jansénisme ,la dévotion au cœur de Jésus confirme l’intuition prophétique de st François de Sales, l’un des fondateurs des visitandines, ordre où était rentrée st Marguerite Marie, sur la douceur du cœur de Dieu, manifestée par Jésus Christ.. Enfin, si vous en êtes encore à faire l’amalgame entre le drapeau vendéen se battant pour le Roi durant la Révolution Française et la dévotion au cœur de Jésus………C’est que vous en êtes restée à l’idéologie de la terreur révolutionnaire. Théorie, qui a notamment coûté la tête aux carmélites dont Bernanos parle dans « Le dialogue des carmélites ». On avait en effet trouvé dans leur couvent une représentation du cœur de Jésus, assimilé par les sans culotte au drapeau vendéen. Considérant certains dévots du cœur du Christ, je suis étonnée d’apprendre qu’ils étaient royalistes : frère Charles de FOUCAULT, petite sœur Madeleine( fondatrice des petites sœurs de Jésus, et cette sœur Emmanuelle que vous aimez tant ( ce qui d’ailleurs est aussi mon cas). Un intégriste catholique est avant tout une personne qui rejette Vatican II, notamment en ce qui concerne la liberté religieuse et la liturgie instaurée depuis le Concile. Ni plus ni moins. Les considérations que vous développez ne relèvent pas de l’intégrisme.

  • Françoise 10 novembre 2017 12:22

    Bonjour Florence

    L’affaire Weinstein a ouvert la parole des femmes, pas que des actrices sur des situations d’emprise et de violence sexuelle en général. Mais il faut pour ça que ces femmes aient fait un travail de conscientisation de ces violences, de ces abus et que leurs violeurs, abuseurs aient aussi perdu de l’emprise sur elles (soit parce que leur système de domination s’est écroulé -c’est le cas de Weinstein qui n’est plus un magnat à Hollywood-soit parce qu’il y a eu un déclic, une sorte de réflexe de survie des victimes). C’est tout ça qui aboutit à la dénonciation d’abuseurs sexuels.

    Et oui, il faut parfois très longtemps pour pouvoir parler et dévoiler des abus, des violences. Vous avez des victimes qui ont tellement peur de leur tortionnaire qu’elles vont garder le silence pendant très longtemps, certaines toute une vie. Parce que ce qui domine aussi quand arrive une violence sexuelle, c’est la culpabilité. La première question que se pose une victime d’abus sexuels, de viol, c’est : qu’est-ce que j’ai fait pour qu’il ou elle me fasse subir cela ? Et cette culpabilité va hanter au quotidien les victimes et les enfermer durablement dans le silence et la honte. Et ça n’a rien à voir avec la position sociale. La dame abusée sexuellement par Peyrous aurait pu être femme de ménage, ouvrière textile, agricultrice que ça n’aurait rien changé et qu’elle aurait attendu tout autant pour parler.

    L’institution cléricale ne veut surtout pas laver plus blanc que blanc. Au contraire. Si vous avez suivi l’émission de Cash Investigation sur les affaires de dérives et crimes sexuels au sein de notre institution cléricale catholique romaine, c’est même exactement le contraire qui se passe. Parce que ces crimes sont structurels depuis les débuts de l’institution. Et ils s’illustrent d’autant mieux dans des communautés où les pratiques religieuses déjà sont abusives. Et vous l’avez vu dans l’affaire Preynat, on le voit dans l’affaire du Provolo, celle qui implique le Cardinal Pell, celle qui concerne Anatrella, di Falco, qu’il s’agit plus de dire : on traite le problème .

    Mais qu’en réalité, l’institution construit juste un écran de fumée (créations de commissions dont les pouvoirs sont inopérants, déplacement continuel des clercs criminels) pour faire croire qu’elle traite le problème, quand au contraire ce problème criminel se perpétue et se démultiplie.

    Ca en dit au contraire long sur une attitude institutionnelle cléricale qui méprise les victimes, qui peine à considérer ces crimes sexuels comme des crimes et qui protège les criminels depuis des décennies et qui ment en plus à l’ensemble des catholiques sur ce sujet.

    La culture du viol qui imprègne notre société patriarcale et donc aussi notre institution cléricale catholique romaine, nous montre encore récemment comment le législateur en France peine à reconnaître la gravité d’un crime sexuel, même violentant une enfant de 11 ans. Son violeur est jugé non pour un crime passible des Assises mais pour atteinte sexuelle (délit), simplement parce que la fillette ne s’est pas débattue. Vous réalisez la violence de tout ça en tant que femme ? Vous réalisez à quel point parce que nous sommes femmes nous sommes toujours jugées coupables de l’avoir bien cherché si nous sommes violées et abusées sexuellement ? Ca vous paraît normal que la société (laïque comme religieuse) nous renvoie toujours ce message à la figure ?

    Personnellement je trouve cela extrêmement choquant, violent et discriminant. Aucune femme, fille ne sollicite la violence sexuelle. Quand la violence sexuelle lui tombe dessus, elle ne l’a pas cherché. Elle n’en est pas responsable. C’est son tortionnaire qui en est responsable. Pas elle.

    De la même façon, quand un petit garçon, un jeune ado garçon se fait violer par son instit, son prof, le pion de son lycée, le prêtre de sa paroisse, son directeur scout, il ne l’a pas cherché, il n’a pas sollicité cette violence sexuelle. Elle lui a été imposée par son tortionnaire et ce dernier en est pleinement responsable.

    Et ces affreux doivent en répondre devant la justice pénale. Et pas s’en sortir par une pirouette, un déplacement géographique opportun, des complicités, une corruption pour acheter juges et avocats. Il y a des limites à l’horreur.

  • Françoise 10 novembre 2017 11:30

    Bonjour Louise

    Merci pour votre message. Le rapport au corps dans le catholicisme réactionnaire, intégriste pratiqué dans ces communautés dérivantes est fondé sur un principe de rejet et de souffrance. Le corps est nié, instrumentalisé pour que l’individu dans sa totalité (corps et esprit) soit mieux dominé.

    Outre l’apparence vestimentaire (mais qui n’est qu’un élément et ne concerne pas tous les groupes dérivants), on va contraindre les individus au manque de sommeil, au jeûne régulier, à des travaux de force pour certaines communautés (je me souviens qu’aux Béatitudes, beaucoup d’adeptes ont fait de la maçonnerie, des travaux de réfection d’anciens couvents sans aucun savoir technique ni condition physique, ce qui le menait à l’abrutissement physique et encore plus à l’assujettissement), à des défis pour repousser les limites physiques des individus, notamment via des mortifications, des outils de mortifications aussi.

    L’objectif vis à ce que l’adepte puisse lui-même au fil du temps se contraindre lui-même physiquement jusqu’à sa propre négation. Ce qui bien évidemment peut l’amener au bord du suicide. Et de toute façon la plupart du temps, le mène à la dépression et à des auto-mutilations, des pathologies psy en réaction à cette maltraitance à la fois physique, psychologique, religieuse, et morale.

    Pour alimenter ce rejet du corps, bien sûr qu’il est utile pour ces groupes dérivants et sectaires de s’appuyer sur des personnalités dont les comportements rejettent le corps (inédie, stigmates, mortifications diverses et variées). Et bien sûr, ces groupes reproduisent en utilisant l’abus de faiblesse, la maladie, le handicap de certains adeptes, des situations qu’elles présentent comme saintes, exemplaires et justifiant la maltraitance et le rejet du corps. Et justifiant leurs idéologies et leurs pratiques comme saintes et venant de Dieu.

    Ce qui m’a frappée quand j’ai observé différentes communautés catholiques dérivantes, c’est leur fascination pour des personnalités « mystiques » et les fabrications que ces groupes ont tenté sur des personnes (la plupart du temps des fillettes et des femmes) malades, handicapées. Je citais le cas de cette petite espagnole atteinte d’un cancer que l’OD a instrumentalisée via sa famille pour en faire une sorte de martyre mystique et sainte. L’OD d’ailleurs tente depuis des années de la faire béatifier via son groupe de pression au Vatican.

    Ce type d’action me pose fortement question sur la notion d’instrumentalisation de ces personnes malades, en situation de détresse, de faiblesse, en tant que préalable ou corollaire de l’instrumentalisation psychologique, morale, religieuse future de leurs adeptes, avec toutes les conséquences abusives, criminelles et désastreuses qui s’en suivent et que nous observons aujourd’hui.

    Le yoga, le taï-chi, le tao ne peuvent en aucun cas rentrer dans les pratiques de ces communautés dérivantes. Parce que ces pratiques partent toutes d’une acceptation du corps et d’un travail d’apaisement, d’équilibre et d’harmonie entre corps, esprit, âme et non sur un rejet du corps.

    Et puis cela va à l’encontre d’un principe de contrôle totalitaire du corps.

    C’est pourquoi il était si utile pour Guitton, pour MD Philippe qui ont été les idéologues principaux des groupes de la Nouvelle Evangélisation, de s’appuyer et d’instrumentaliser la maladie de Marthe Robin, d’en faire un exemple mystique pour justifier les violences, les abus demandés par les gourous de ces communautés. Mais aussi pour prétendre que leurs communautés étaient d’inspiration divine (dans une lecture mystique et ultra violente aussi). Une fois obtenue une béatification, il devient beaucoup plus compliqué d’attaquer ces communautés dérivantes en justice que ce soit au plan institutionnel religieux comme au pénal. Et cela ces deux hommes l’avaient bien compris.

    Vous pouvez remarquer aisément que toutes ces communautés s’appuient sur des figures « mystiques » où le corps est rejeté, mortifié, maltraité. Cela ne tient en rien du hasard. Cela permet aux adeptes de ne pas pouvoir rejeter les violences que la communauté leur fait subir, mais de donner à ces souffrances et oppressions, une sainte coloration et pire de les accepter comme des situations normales voire même signes divins. Ce qui est proprement insoutenable et ultra manipulateur.

    Ces groupes jouent à fond sur l’amour propre : si tu souffres, si tu rejettes ton corps, ta fatigue, ta sensation de faim, tes besoins vitaux, tu deviendras comme saint truc, sainte bidule…Face à des personnes profondément croyantes, enthousiastes et qui veulent être saintes, comment ne pas repousser ses limites jusqu’à la rupture, jusqu’à la négation de soi, simplement pour ressembler, s’identifier à ceux et celles présentés par la communauté comme des guides, des saints ?

    C’est pourquoi il est si vital aux communautés de la Nouvelle Evangélisation, Emmanuel en tête, de faire sanctifier Marthe Robin. Car une fois que ce sera fait, ces groupes seront définitivement intouchables religieusement et moralement. Y compris dans leurs pratiques abusives.

    Je m’étonne que beaucoup de catholiques ne s’interrogent pas davantage sur tout ça. Parce que ça me paraît très important pour comprendre les rouages de l’instrumentalisation, le recours au mysticisme (réel ou fabriqué) mais aussi pour comprendre la réelle teneur des abus commis par ces communautés déviantes sur les individus.

    Pour moi, tout s’assemble comme des pièces de puzzle. La construction abusive, la violence, l’oppression psychologique, morale, la destruction des individus passe par là.

    Peut-être aussi parce que notre culture judéo-chrétienne est hantée par la peur du corps, la culpabilité et que tant les idéologies de Lacan que de Freud, majoritaires pour expliquer certains comportements et pathologies, utilisent ce registre de la peur et de la culpabilité.

    Carl Gustav Jung à l’opposé, proposait une acceptation du corps comme de l’esprit ou de l’âme, une acceptation de soi complète, comme préalable à l’équilibre, l’harmonie et donc à une certaine illumination. Vous retrouvez ça dans certaines philosophies orientales qui utilisent le yoga, le taïchi, l’aïkido.

    Mais se sont des éléments qui ne sont pas du tout du goût des groupes catholiques dérivants. Parce que ces philosophies permettent une émancipation individuelle, un mieux être des individus. Or ce qui les intéresse, ce n’est pas du tout ça, c’est au contraire, l’oppression constante jusqu’à la destruction des individus. Et pourtant, ces groupes utilisent Jésus, l’évangile, les saints, les anges, l’Amour de Dieu à toutes les sauces, prétendent que tout ce qui s’oppose à leurs logiques criminelles et abusives vient du diable…

    Mais à les observer dans leurs pratiques, dans les violences qui les caractérisent à tous niveaux, on peut se poser sérieusement la question de leur pertinence religieuse.

    En tout cas personnellement, je me pose franchement la question depuis des années. Leur fondement me paraît complètement dévoyé et sans aucun rapport à Dieu, réduit à proportion d’alibi.

    C’est un fondement profondément manipulateur et contraire à l’évangile que je vois à l’œuvre quand je les observe. D’où les crimes qu’ils commettent et qui sont depuis une bonne dizaine d’années révélés au fil du temps, par les anciens adeptes, comme par des familles en lien avec ces groupes et dont des enfants sont toujours piégés et violentés dans ces communautés.

    Quant à Marthe Robin, je la vois comme la première victime de ces groupes qui ont récupéré les symptômes d’une maladie grave, pour les faire passer comme des signes mystiques pour justifier et sanctifier leurs fonctionnements religieux abusifs et violents.

    Si un temps, ce modus operandi a pu abuser des tas de jeunes et moins jeunes, au regard des actes criminels commis par ces communautés, c’est quelque chose qui devrait interroger profondément.

    J’espère que certains se poseront vraiment ces questions que ce soit au sein de l’ICSA, de l’AVREF, de l’UNADFI et d’autres structures antisectes. Ca me paraît urgent de traiter cet aspect de la problématique sectaire catholique.

    Ce constat ne retire rien à Marthe Robin en terme de gentillesse, de bonté, de foi. Mais par contre, ça montre comment il est facile pour certains groupes malveillants et violents avec des idéologues liés à des conduites et idéologies déjà violentes, discriminatoires et abusives, d’utiliser des personnes en situation de faiblesse, pour en faire des outils de promotion et de justification de leur propre violence.

    Très bonne journée. Et au plaisir d’échanger avec vous.

    Cordialement Françoise

  • Françoise 10 novembre 2017 10:16

    Donc, Isabelle, vous n’êtes pas Isabelle la belge ancienne surnuméraire de l’OD dont le mari est toujours surnuméraire dans cette secte. Ok. Merci pour cette clarification. Pour autant, vous êtes attachée comme les adeptes de l’OD et d’autres groupes cathos dérivants, très profondément à des idéologies antisémites et complotistes. Comment ne voyez-vous pas le lien de filiation entre ces idéologies antisémites et les violences, crimes, abus des gourous et gourelles de ces groupes ? J’avoue que je ne comprends pas comment d’un côté vous pouvez prétendre dénoncer les violences et lutter depuis 20 ans contre des groupes catholiques dérivants et comment de l’autre, vous pouvez continuer à promouvoir des idéologies nauséabondes qui constituent la base idéologique et familiale des gourous de ces groupes. Il y a comme une espèce de contradiction immense…

    Le principe du complot judéo-maçonnique de Léon de Poncins, de Darquier de Pellepoix, a nourri l’antisémitisme et amené la Shoah mais aussi des tas de génocides et d’oppressions contre des humains. Ca ne vous choque pas en tant que croyante ? Moi, si.

    Pour moi, ces idéologies nauséabondes n’ont rien de commun avec Jésus ni avec l’évangile. Or, quand je les vois à l’œuvre à l’intérieur de communautés catholiques dérivantes, criminelles, y compris chez Bernard Peyrous lors de réunions avec le FN, l’OD et la FSSPX à Paray, ça me pose plus que des questions. Ca m’interroge sur les fondations réelles idéologiques et structurelles de ces groupes, sur leurs buts, leurs objectifs réels de violence, d’abus, cachés derrière des vitrines pseudos mystiques. Et du coup, quand je vois Bernard Peyrous être démis de l’Emmanuel (qui n’a pas besoin de ce scandale si la communauté souhaite obtenir sa prélature et prendre un certain pouvoir au plan épiscopal) pour abus sexuel sur une femme, je ne suis pas surprise plus que ça. Parce que quand on est déjà enferré dans des idéologies de violence, de xénophobie, de racisme, d’antisémitisme, les comportements abusifs dans le privé suivent. Parce que tout cela va ensemble. Quand on est pris dans une logique de domination, de manipulation et de violence au plan idéologique, ça déborde dans le comportement personnel privé.

    Je l’ai subi et vécu dans ma propre famille, de la part de mon père opusien qui avait les mêmes genres d’idéologies que vous, alors même que nous avions des parentés juives. Donc je suis malheureusement au fait de ce qui s’opère en terme de violence, d’abus lorsqu’on porte ces idéologies mortifères. Qui n’ont rien à voir avec la foi ni la pratique religieuse. Mais tout à voir avec un fantasme de toute puissance et de domination. Qu’il faut interroger et dénoncer. Car si on ne le fait pas, ces horreurs feront de nouvelles victimes.

    La franc-maçonnerie, on peut lui mettre beaucoup de choses sur le dos au plan emprise, au plan logique de domination et fantasme de toute puissance, mais pas les folies que supposaient Léon de Poncins, Darquier de Pellepoix et leurs héritiers. Et l’on peut s’interroger sur la raison profonde qui poussa ces messieurs à intégrer des cercles similaires comme Ichtus, l’Action Française, la Cité Catholique, le Club de l’Horloge, la Fondation Renaissance ou carrément des loges douteuses comme la P2, à faire partie du Rotary dans exactement les mêmes buts de pouvoir et d’emprise sur les individus, religion catho identitaire en plus. Et pourquoi on retrouve toutes les communautés cathos dérivantes dans ces idéologies, dans ces groupes. Posez-vous ces questions, Isabelle. Posez-vous la question de la pertinence entre ces appartenances,ces idéologies nauséabondes et la vitrine catho mystique que ces groupes présentent pour mystifier jeunes et moins jeunes. Ca me semble urgent.

    Cordialement Françoise

  • isabelle 9 novembre 2017 13:59

    OK Françoise ! Vous avez raison, vous avez raison et vous avez raison ! Euh…. en fait non ! :-)) Concernant les thèses de Léon de Poncin sur l’influence déterminante des sociétés secrètes dans ses essais conspirationnistes, il dénonce des complots maçonniques (les liens entre la franc-maçonnerie et la Révolution française, la Société des Nations, etc.) et effectivement l’influence juive dans les affaires catholiques. Jusqu’à sa mort, il dénoncera les forces occultes et les organisations qui mènent le monde et corrompent le christianisme. Il est dans la continuité de la Revue internationale des sociétés secrètes et des travaux de Mgr jouin.

    Pour approfondir votre connaissance sur le sujet, je vous invite à lire les ouvrages de Monsieur Ploncard d’Assac (Père & Fils) sur la Franc-maçonnerie ou encore le livre réçent de Serge Abad-Gallardo - ancien Haut-fonctionnaire territorial et ancien Franc-maçon - intitulé : « Je servais Lucifer sans le savoir ». Ayant étudié ’le sujet’ depuis plus de vingt ans, je ne vais pas vous donner de la nourriture « solide » sur la franc-maçonnerie ecclésiastique, la pire et la plus nocive, car vous n’êtes visiblement pas prête à la digérer (et c’est là un euphémisme) :)

    Au fait, je ne fais partie ni de l’OD - qui semble être votre obsession -, ni d’aucun mouvement ultra traditionalistes ou conservateurs, contrairement à votre affirmation sommaire et sans fondement, une de plus ! ^^ Le reste de vos écrits de prête pas à une discussion (stérile à mon sens).

    Je vous souhaite une belle fin d’année et une rencontre avec Dieu qui vous retourne le cœur et le guérisse de vos blessures. Petite vidéo pour accompagner ce post, à vous de l’interpréter Françoise… Elle est bienveillante, n’en doutez pas une seconde !

    http://www.dailymotion.com/video/xx5v26
  • Louise 9 novembre 2017 12:33

    Bonjour Françoise,

    j’aime bien votre approche et votre discernement très lucide concernant les communautés et elles ont presque toutes des problèmes quand on sait que ces personnes vivent en cloisonnement ensemble en suivant des règles et des codes bien précis. Forcément la façon de penser se transforme ,celle-ci étant polarisée sur l’esprit et non plus le corps . C’est un des aspects de la vie en communauté presque inhumain et l’on comprend aisément qu’il puisse y avoir des dérives et des abus sexuels . Je pense plus spécialement à l’enseignement pervers du père MDP dans la communauté de Saint Jean « l’amour d’amitié ».

    http://pncds72.free.fr/307_saint_jean/307_8_ecrits_mdphilippe/307_8_1_mariedo_lamour_damitie.pdf

    http://pncds72.free.fr/307_saint_jean/307_22_sangfroid/307_22_sangfroid.pdf

    La place du corps est élucidée caché sous de longs vêtements , il doit être invisible.

    A part le travail physique dans les jardins des cloîtres ou des couvents, il n’y a aucune place pour l’éducation d’une quelconque activité physique , genre Taï chi ou yoga qui ferait le plus grand bien pour l’harmonie du corps dans son long cheminement spirituel et l’éloignerait de possible dépressions ou suicides comme dans le cas de Saint Jean.

    « Mens sana in corpore sano » ou reprenant la citation de Pierre de Coubertin « mens fervida in corpore lacertoso » soit « un esprit ardent dans un corps musclé » ou une autre devise « Citius , Altius, Fortius » « plus vite, plus haut , plus fort », devise olympique que l’on pourrait associer à une vie saine dans les communautés.

    « Les arts martiaux sino-japonais , karaté, judo, aïkido jiu-jitsu comportent tous des références spirituelles : le kun-fu a été inventé dans un monastère chinois de Shaolin. Dans certains couvents catholiques, des religieuses récitent leur chapelet et font zazen ( za= assis, zen = méditation) d’un même cœur, comme si, les religions des antipodes pouvaient se conjuguer » (Odon Vallet spécialiste des religions) C’est un épanouissement à la fois de l’âme et le corps indissociable et indispensable dans le devenir des communautés religieuses.

  • Bertrand 9 novembre 2017 11:16

    A vue de nez 25 pages sur 39 sont la logorrhée de Françoise, ce qui est à l’image du site depuis plusieurs années. Cette sur-présence de Françoise est un peu totalitaire. Comme dans les systèmes sectaires et tyranniques, le gourou monopolise la parole.

    Bertrand