Les excuses des Légionnaires manquent de sincérité et de justice : José Barba.

Lundi 5 avril 2010 — Dernier ajout dimanche 24 novembre 2019

La Légion du Christ a reconnu « qu’il lui a fallu beaucoup de temps pour assimiler les faits condamnables de la vie de son fondateur », Marcial Maciel, et a demandé pardon aux victimes et à ces personnes qui avaient dénoncés Maciel et vers qui, elle reconnaît « n’avoir pas pu ou su aller à la rencontre ».

José Barba, professeur à l’Institut Technologique de Mexico (ITAM) considère « que les dirigeants légionnaires sont restés dans la ligne rhétorique habituelle, qui consiste à dire le minimum pour éviter de faire du tord à l’institution ». Il dit que, selon lui, une institution religieuse ou philosophique doit s’appuyer sur des principes intangibles, au delà de toutes circonstances particulières. Or, force est de constater que dans le cas présent, les dirigeants légionnaires ont agit en contradiction avec leurs propres principes.

Le communiqué, ajoute-t-il, a été fait pour demander pardon aux personnes qui ont été blessées, scandalisées ou affectées par les actions répréhensibles de Marcial Maciel, et cependant, « les dirigeants légionnaires éludent le fait que la Visite Apostolique n’a pas pour but d’enquêter sur ce dernier, mais bien sur la Légion du Christ, ou en tout cas, sur les métastases spirituelles et psychologiques que Maciel a causé dans l’esprit des membres de la congrégation. Mais eux, n’arrivent pas à se considérer autrement que comme des gens non-contaminés et irréprochables.

Il souligne que le mal ne s’arrête pas avec la mort de Maciel, étant donné que la Visite Apostolique qui se déroule dans le monde entier a bien pour finalité d’enquêter sur la Légion du Christ, et affirme qu’il ne faut pas oublier que les dirigeants de la Légion du Christ avaient effectivement cette préoccupation, il y a un an, quand ils ont distribués au sein de la congrégation un argumentaire-catéchisme, sous forme de questions-réponses, pour permettre aux gens de savoir que répondre.

José Barba reconnaît que les excuses des Légionnaires ne le satisfont pas, même si ces dernières contiennent effectivement un fond de repentance, et un début d’acte de justice, parce que des excuses sincères doivent être accompagnées d’actes en vue de la réparation du mal commis.

A propos de comment il a vécu ces dernières années, à partir du moment où il a osé rendre publique ce qui s’était passé, le professeur avoue ne pas vouloir réduire cela à sa propre histoire, car il n’a pas été le seul ; beaucoup d’autres ont parlé de façon privée.

« Nous avons été blessés dans notre intégrité corporelle et spirituelle quand nous étions adolescents, mais ensuite, nous avons été de nouveau blessés traitreusement, et d’une certaine façon encore plus forte, parce qu’il y a eu des conspirations contre nous pour tout étouffer, venant notamment des supérieurs d’autrefois. » note-t-il.

Ce dernier point fait référence à Cristoforo Fernandez, Procurateur Général de la Légion du Christ, qui a été l’un des amants de Marcial Maciel ; Juan Manuel Dueñas Rojas, qui a été directeur à Rome ; Javier Orozco Camarena ; Javier García ; Jesús Martínez Penilla, Ángel de la Torre, Enrique Esquivel, Ramiro Fernández, et d’autres encore, qui sont déjà morts.

Quand on lui demande quelle serait, à son avis, la juste sanction, l’ancien légionnaire mentionne la nécessité de constituer une équipe de haut niveau, travaillant non seulement au niveau national, mais également au niveau international, afin d’intervenir de façon parallèle à la visite apostolique, afin de rendre compte à la société, au delà de l’Eglise.