Mercredi 3 octobre 2018

Dérives sectaires dans la culture ? Questions autour de l’Office Culturel de Cluny

Très bien implanté localement et reconnu par les collectivités pour ses activités culturelles, l’Office Culturel de Cluny est accusé de dérives sectaires par d’anciens membres, et de non-respect du droit du travail, tandis que son fondateur est accusé d’agressions sexuelles.

Une galaxie d’associations installées dans des lieux culturels depuis des décennies un peu partout en France propose spectacles, expositions, formations artistiques pour adultes et pour enfants sans jamais se réclamer de leur maison-mère : l’Office Culturel de Cluny (OCC). Enquête sur un système opaque.

Une communauté religieuse…

En 1964, le comédien Olivier Fenoy crée une troupe de théâtre à Paris. Il l’appelle Office Culturel de Cluny en hommage à un café du quartier latin appelé Le Petit Cluny. Mais le nom évoque aussi l’abbaye bénédictine du même nom.

Cette référence religieuse n’est pas anodine puisque dès le départ, l’idée d’Olivier Fenoy, proche des milieux catholiques traditionalistes de l’époque, est de monter un organisme de création et de diffusion culturelle d’inspiration chrétienne. “L’Office culturel de Cluny peut s’inscrire dans ce que l’on appelait les communautés nouvelles, qui se sont développées à partir des années 60, en réaction à mai 68, explique l’historien Olivier Landron, professeur à l’Université Catholique d’Angers, auteur d’une thèse sur les Communautés Nouvelles. Certains évêques, ont alors pensé que par l’intermédiaire de l’OCC, l’Église catholique pouvait ‘évangéliser’ le monde des artistes.”

… qui connaît un essor rapide

En quelques années, l’Office Culturel de Cluny accumule les succès. Son fondateur Olivier Fenoy est décoré de l’ordre du Mérite, et devient conseiller au ministère du Temps libre (Tourisme, Jeunesse et Sports).

Surtout, l’OCC parvient à “recruter” une centaine de jeunes chrétiens enthousiastes, souvent de jeunes bacheliers, qui rejoignent l’organisation car ils y voient la possibilité de faire le lien entre leur foi et l’art.

Grâce à ses nouveaux jeunes membres, l’OCC diversifie alors ses activités. Autour de la troupe du Théâtre de l’Arc en Ciel, d’autres structures vont voir le jour et s’installer dans une dizaine de propriétés en France puis au Québec, au Chili, aux États-Unis, mais également en Algérie, en Belgique, au Burkina Faso, en Espagne ou en Hongrie.

Podcast et suite de l’article ici

Voir en ligne : https://www.franceinter.fr/emission…

Vos réactions

  • agapé 18 octobre 2018 14:57

    Ce sont toujours un peu les mêmes qui sont sur la sellette sur ce site et dans les médias. Je ne dis pas cela pour défendre cette association de CLUNY que je ne connais pas. Mais pourquoi ne parle t’on jamais de la maltraitance que subissent les petites soeurs de Marie et du Rédempteur du fait de l’évêque de Laval et maintenant celui de Toulouse ? Leur crime :s’être opposées à un projet de leur évêque par rapport à la gestion des maisons de retraite dont elles s’occupent. C’est le summum du cléricalisme. Mais qui s’en émeut à part un petit groupe de sympathisants dont je fais partie ?

    • Elles sont où les cathos féministes, il est où le parti de la jupe ? Il est vrai que les petites sœurs de Marie et du Rédempteur, qu’on opprime pour des questions de gros sous, sont trop « classiques » et portent la guimpe. Donc les préjugés et les à priori font que les pourfendeurs d’injustice dans l’Eglise là se taisent alors qu’ils auraient soulevé des montagnes si des femmes partageant la m^me sensibilité religieuse qu’eux avait souffert le quart de ce qu’elles pâtissent. Le pouvoir clérical sait se servir de toutes ces divisions idéologiques pour se maintenir alors que sa vocation et de servir les plus faibles.

      • Les « vilains cathos féministes » de Golias défendent les religieuses malgré une divergence d’approche cultuelle et avaient déjà donné l’alerte sur leur situation il y a un an, précisément sur cette affaire de récupération financière…Etonnant n’est-il pas ?

        http://golias-news.fr/article6766.html

        • Oui Françoise, et je l’ai découvert très récemment cette semaine. Cela m’a réjoui. Mais avouez que la situation de ces 40 religieuses qui ne demandent qu’à servir et prier n’émeuvent guère les médias ni la CORREF d’ailleurs. Ces femmes sont pourtant de vraies frondeuses qui se sont opposées à un projet de scission de l’association gérant leurs maisons de retraite, alors que leur évêque siégeant au CA défendait ce projet. Ce qui leur a valu une visite canonique comme sanction et un rapport à charge….. Ces méthodes sont inadmissibles dans l’Eglise. Pourquoi « l Envers du décor » ne s’en saisit pas ? Peut etre parce que malgré une bonne volonté que je n’ai jamais niée , il est lié lui aussi à des chapelles, dont celles des dominicains. PS Et je n’ai jamais dit que les féministes « catho » sont des « vilaines ». Bien à vous.

          • Bonjour Agapé

            Le jour où la situation d’exploitation, d’injustice, de violences faites contre les femmes quel que soit leur état, inquiétera médias et représentants politiques, les poules auront des dents. Si les femmes subissant ces humiliations, ces violences ne se mobilisent pas, elles n’obtiennent rien. Déjà qu’en se mobilisant, les femmes n’obtiennent souvent pas grand-chose tant le retocage, les contournements législatifs accouchent finalement d’une souris (on le voit hélas ces derniers jours sur les violences sexuelles et crimes sexuels sur mineures requalifiés en délits)… S’il y a bien une chose que toute fille du monde apprend vite durant son enfance, c’est bien qu’elle ne peut compter que sur elle-même pour défendre ses droits, ses libertés, sa survie, sa dignité. Et c’est encore plus vrai au plan religieux, les femmes étant comptées uniquement comme domestiques corvéables à merci. La situation oppressive semble néanmoins de plus en plus agacer, si j’en crois les religieuses du Vatican qui ont dénoncé il y a quelques mois, violences et abus divers subis dans le cadre religieux de la part de clercs.

            La prise de conscience de l’exploitation massive des religieuses par l’institution masculine, est toute récente, sans doute irréversible (et tant mieux), cependant trop tardive. Car les religieuses auraient pu bénéficier bien avant des luttes féministes, de façon inclusive. Là, elles sont un peu contraintes de batailler seules, ce qui est dommage. Maintenant, on peut espérer un ralliement progressif de la plupart des congrégations au féminisme, mais qui prendra du temps. D’une part, parce qu’il y a une réflexion à mener sur la soumission religieuse féminine qui ne pourra pas être évitée et sur l’origine de cette soumission (ce qui veut dire interroger l’inégalité hommes-femmes revendiquée et vantée par l’institution). Et comme le dit très bien la philosophe Manon Garcia, on ne naît pas soumise, on le devient. Là aussi, il y a toute une réflexion à mener sur le sujet et comment les religieuses durant très longtemps ont intégré cette nécessaire soumission en assimilant la domination masculine à une domination divine et sacrée dont ne pouvant être critiquée. Et comment face à leur extinction prochaine, et de plus en plus de situations abusives, criminelles, s’opère peu à peu une petite rébellion et une critique de cette domination cléricale masculine, qui n’est plus vue par les religieuse comme sacrée. Donc critiquable.

            D’autre part, parce que rares sont les congrégations féministes. C’est plutôt le contraire qui a toujours dominé, avec un rejet profond des droits des femmes en général. Il devient donc un peu hasardeux de réclamer un soutien féministe dans la mesure où la plupart des ordres religieux féminins se sont au contraire opposés violemment au féminisme et ont participé aux violences faites aux femmes (couvents prisons, mother and babies homes, bagnes religieux).

            Une fois ces questions débattues, abordées véritablement sans faux semblants par les congrégations, il faudra voir comment véritablement ces congrégations souhaitent se positionner au plan du féminisme dans un cadre religieux. Qu’il ne s’agisse pas juste de circonstances et d’opportunisme. Mais de réel positionnement avec de réelles réclamations statutaires, décisionnelles au sein de l’institution. Et avant que cela s’incarne dans un véritable changement statutaire et décisionnel des religieuses au plan institutionnel, de l’eau coulera sous les ponts. Personnellement, au regard de la situation de la majeure partie des congrégations féminines, j’ai bien peur que les congrégations meurent sans voir l’ombre d’un changement ni statutaire ni décisionnel au plan institutionnel. Pour le plus grand bonheur des clercs qui n’auront plus à accorder quoi que ce soit aux femmes au plan institutionnel. Les déclarations d’intention à leur sujet ne laissent aucun doute sur la dimension hypocrite de ces préoccupations. Au grand dam de pas mal de religieuses assez jeunes, commençant à prendre conscience du plafond de verre, constaté il y a longtemps au sein de la société civile par l’ensemble des femmes.

            C’est moi qui ai rajouté « vilains » pour la dimension humoristique. Vous voyant partir à fond les gamelles et confondre parti et comité (de la Jupe), je vous ai répondu en forçant le trait. Ca m’a amusée.

            • Bonjour Françoise, Vous savez que je n’ai pas comme vous cette conception d’une Eglise en tant que système d’oppression. L’égalité, le respect de la liberté et du droit des femmes sont des valeurs que nous tenons en grande partie de l"héritage chrétien. Mais le péché est toujours là, et lorsqu’il se manifeste dans l’Eglise sous la forme d’abus de pouvoir il faut le dénoncer. Comment expliquer que lorsqu’on est prieure d’une congregation aussi féministe que celle des dominicaines de la Présentation( dont font partie sœur Anne Lécu et sœur Véronique Margron), on cautionne cette « exécution »des petites sœurs de Marie ? Ainsi sœur Monique Colrat, est nommée commissaire adjointe chargée de remettre ces « frondeuses » au pas. Je suis certaine de sa bonne foi et qu’elle pense sincèrement œuvrer pour le bien de l’Eglise comme toutes mes amies religieuses ignaciennes qui ne voient dans ces religieuses que des traditionalistes ayant besoin d’être dépoussiérées. Elles ne se rendent pas compte qu’elles jouent le jeu d’un cléricalisme qu’elles dénoncent par ailleurs. C’est tout le drame de l’idéologie et des combats de chapelle dans l’Eglise.

              • Les combats de chapelle sont hélas nombreux et ne sont pas l’exclusive de l’institution cléricale romaine. Vous retrouvez ça aussi dans la société civile. Quand Catherine Deneuve et Catherine Millet font une tribune pour déplorer le mouvement Metoo, elles cautionnent en réalité la violence machiste tout en prétendant l’avoir combattue auparavant. Ce qui est une contradiction majeure. Mais qui ne semble même pas les effleurer.

                C’est pourquoi il me semble qu’il est très intéressant de réfléchir aux raisons subjectives et objectives de la soumission des femmes au patriarcat, qu’il soit religieux institutionnel ou civil. Ca me paraît un socle réflexif pour pouvoir sortir de telles logiques, et parvenir à faire converger les femmes toutes ensemble même avec des différences, dans une réelle émancipation.

                Je n’ai pas du tout l’impression que le christianisme religieux institutionnel ait participé à l’émancipation des individus et encore moins des femmes. Pour moi, c’est exactement le contraire. Je n’entends pas la vocation religieuse offerte aux femmes ne désirant pas se marier comme une émancipation, mais comme une autre forme d’enfermement patriarcal et de dépossession puisqu’il s’agit d’une autre forme de sujetion et de soumission communautaire.

                L’institution a combattu les libertés individuelles, collectives, culpabilisé les femmes, les a réduites à d’éternelles mineures, la plupart du temps les a diabolisées et a toujours le fantasme de briser leurs droits et leurs libertés dans le cadre de dictatures. On le voit suffisamment sur le sujet contraception, avortement, divorce. On l’a vu dans le vol et le trafic d’enfants à grande échelle dans différents pays du globe orchestré par l’institution, dans l’exploitation par le travail forcé de tas de femmes et de filles, dans l’internement réclamé et obtenu la plupart du temps, de toute femme ou fille jugée non conforme au modèle féminin admis par le patriarcat. On pourrait aussi parler de la chasse aux sorcières et de la diabolisation de toute femme âgée ou non mariée ou n’ayant pas d’enfant et non religieuse. On pourrait rappeler la diabolisation des femmes via le personnage de Lilith. Les mesures de purification et d’éloignement recommandées et issues du judaïsme. L’obligation de se couvrir et s’humilier de différentes manières pour être jugées dignes religieusement… Les exemples sont très nombreux en matière d’assujettissement et de violences diverses et variées. Donc effectivement, vous et moi divergeons sur ce chapitre. S’il y a eu et qu’il y a encore des exceptions pour quelques congrégations féminines qui ont développé une démarche féministe au fil du temps, ce n’est pas l’esprit dominant au sein du clergé féminin. C’est peut-être quelque chose qui commence à poindre pour différentes raisons et surtout par crainte d’extinction (comme un réflexe de survie), mais ça reste pour le moment extrêmement marginal. Je suis la première à le déplorer.

                • En matière de christianisme et de sa relation aux femmes, je me fie surtout au Christ. Je vois la manière dont il se comportait avec les femmes, je vois la première des saintes, servie par les anges, une femme nommée Marie. Ce qui a été ainsi semé est ce levain qui fait lever toute la pâte,malgré les pesanteurs humaines et les noirceurs de l’histoire…..Les femmes émancipées sont celles qui bénéficient de l’héritage judéo-chrétien qui a imprégné leur pays.

                  • Marie est émancipée parce qu’elle revendique une sexualité choisie et heureuse, différente de celle conjugale et forcée qu’on lui propose (que ses parents lui imposent à 13 ans avec Joseph bien plus âgé qu’elle). Elle prend le risque de se marginaliser dans une société corsetée à l’extrême et qui condamne à mort toute femme ayant une relation extraconjugale. Pour ça, oui, Marie est émancipée. Puisqu’elle revendique l’amour, l’élan, le désir véritable pour faire un enfant, plutôt que les convenances et la sexualité au sein d’un mariage forcé.

                    Mais en dehors de cet aspect, elle est le pur produit de son éducation. Certes très au-dessus de la moyenne au plan religieux, scolaire grâce aux parents qui bossaient au Temple et l’ont placée. Mais ultra soumise et éternelle mineure au plan législatif, comme ne pouvaient que l’être les femmes de sa condition et de sa religion à cette époque-là.

                    Si elle peut être un exemple féministe sur le plan amoureux (même si du fait de ses origines sociales, elle avait plus de chance de ne pas être lapidée pour adultère qu’une femme de basse condition), au plan statutaire légal, c’est plutôt un contre-exemple. Parce que non seulement elle a subi une situation complètement aliénante de son vivant sans pouvoir s’en extraire, mais en plus par la suite une fois décédée, elle a été et est encore sans doute à l’heure actuelle, une des femmes les plus instrumentalisées au monde. Ca fait beaucoup à gérer pour une seule personne. Même dans l’au-delà. La charge mentale à ce niveau dépasse le supportable.

                    Dieu merci, depuis un siècle, les femmes ont compris, peut-être en partie du fait de l’instrumentalisation patriarcale et religieuse constante de Marie pour les culpabiliser, les violenter, les enfermer dans la soumission, qu’il leur fallait à contrario conquérir une réelle autonomie financière, éducative, psycho-affective, statutaire, professionnelle et qu’il était important de choisir non seulement le ou la partenaire avec qui vivre, aimer, partager, mais quand et comment et avec qui faire un enfant. Ce qui n’était surtout pas à l’ordre du jour à son époque.

                    Est-ce que Marie inspire depuis l’au-delà cette émancipation progressive des femmes ? C’est la grande question qu’on peut tous et toutes se poser, sans réponse pour le moment. Mais ces derniers temps, je dois dire que le Magnificat prend une sacrée résonance. Hasard, coïncidence ou providence…en tout cas, c’est émouvant. Une sorte de doigt d’honneur géant à l’ordre établi, mine de rien.

                    • Dieu renverse les puissants de leurs trônes, mais c’est pour y mettre son ordre à Lui, pas le notre,celui de nos idéologies. L’ordre de Dieu est celui qui par sa parole fait sortir les éléments du chaos en les séparant, qui crée l’homme et la femme à son image, qui fait sortir la femme d’un côte d’Adam( la côte renvoyant, chez les juifs, à l’égalité et au partenariat, d’où l’expression côte à côte). Il donne le nom, au dessus de tout nom, à celui qui s’était fait impuissant jusqu’à la mort( et la mort de la Croix). Il fait de son humble servante Marie, la Reine du Ciel. Selon l’ordre de Dieu, ce n’est pas celle qui a nourri le Christ de son lait qui est bienheureuse, mais celle qui écoute la parole de Dieu et qui la garde. Car la maternité de Marie est avant tout contemplative, c’est pour cela qu’elle est virginale.. Car elle s’est totalement livrée à l’Esprit Saint. Autrement dit, en nous donnant Marie pour modèle, l’Eglise n’exalte pas une femme cantonnée aux taches traditionnelles de la maternité mais à la vie contemplative du disciple : Marie étant la première à écouter la parole de Dieu et à la garder dans son cœur. On peut observer la même chose avec Marie( sœur de Lazare), le Christ veut lui laisser la meilleure part : écouter le Christ assise à ses pieds dans la position disciple) au lieu d’aider sa sœur Marthe aux taches du repas. Il aurait pu la renvoyer aux activités ménagères qui incombaient aux femmes de l’époque( et laisser les femmes travailler tandis qu’il aurait pris l’apéro avec Lazare), au lieu de cela Il dit : « Marie a choisi la meilleure part, elle ne lui sera pas retirée ». C’est la Tradition de l’Eglise qui nous a transmis toute cette richesse.

                      • Justement, l’ordre divin n’a strictement rien à voir avec les oppressions faites par les hommes sur les femmes. La notion de chaos n’est pas chaos pour Dieu dans sa réalité à Lui. Et dans la mythologie de la Genèse, Dieu créée homme et femme égaux. La femme n’est pas issue de la côte de l’homme (reprendre l’histoire de Lilith et Adam) mais créée de la même terre que lui. Cette version a été totalement occultée depuis pas mal de temps par le clergé, Eve créée à partir d’une côte d’Adam bien plus connue et évoquée parce que issue du masculin donc entièrement dépendante de lui.

                        Il est logique qu’en tant que vierge consacrée, vous voyez la maternité de Marie seulement sous l’angle contemplatif, cependant, elle l’a bien vécue physiquement, psychologiquement, affectivement et sexuellement aussi. Ce n’est évidemment pas décrit parce qu’écrit par un homme pour qui ces réalités n’ont pas la même amplitude d’incarnation mais, c’est très intense à tous les niveaux. L’institution exalte la soumission de Marie. C’est essentiellement ça qui l’intéresse avec la dimension maternelle. Ce qu’elle a pu vivre en tant qu’individu féminin, les épreuves, les violences, les difficultés de Marie dans son quotidien, ça n’est pas du tout ce qui intéresse l’institution. Et c’est bien dommage. Parce que si véritablement l’institution majoritairement masculine se penchait sur Marie comme sur un être humain à part entière et non sur un fantasme allégorique et éthéré de femme (qui incarnerait tout à la fois leur mère, l’amante idéale et l’éternelle jeunesse), peut-être que l’institution serait un peu plus ouverte, un peu moins enkystée dans des comportements abusifs à l’encontre des femmes, qu’elles soient ou pas religieuses. Jésus n’a pas du tout l’approche domestique des femmes. C’est bien le seul, d’ailleurs. Mais ne me dites pas que l’institution se cale sur Jésus à l’encontre des religieuses, comme des femmes en général. L’institution nous réduit plutôt à des ventres sur pattes, des domestiques, des défouloirs sexuels parfois, mais rarement clercs, hauts-clercs, moines nous voient comme des êtres humains à part entière, dignes d’intérêt et égaux avec eux. C’est moche, mais c’est la réalité.

                        La Tradition comme vous dites, elle a plus fait pour faire de Marie un modèle complètement abusif désincarné qui a humilié et culpabilisé et criminalisé des milliards de femmes depuis des siècles qu’émancipé. C’est plutôt un bilan très négatif et empreint de tous les crimes commis au nom de Marie, de Dieu sur des femmes jugées non conformes avec le modèle marial. Donc devant être brûlées, torturées, être violées, devenir domestiques corvéables à merci, devant être privées de nourriture, de ses enfants, d’éducation scolaire, d’accès à la culture, d’accès à une liberté de mouvement, à une dignité basique.

                        Jésus n’aurait jamais appuyé ces atrocités. Et Il doit être complètement effondré de voir combien de femmes ont été violentées, tuées, humiliées soit disant en son nom et celui de sa mère. Ca donne la chair de poule quand on y réfléchit deux minutes, non ?

                        • Rien de plus concret ,que la vie contemplative chrétienne, tous les grands priants sont des personnes totalement ajustées au Réel…. La contemplation chrétienne est tout sauf « éthérée ». Le mystère de l’Incarnation nous renvoie justement à cette vie dans l’Esprit dans tous les détails du quotidien où transparaît déjà l’éternité. Le Christ n’a rien écrit, si l’Eglise ne nous avait pas transmis son Evangile , ni vous ni moi ne pourrions en parler….. Donc, comme dirait une grande sainte de chez nous« Le Christ et l’Eglise, c’est tout un.. »

                          • Tout dépend ce qu’on entend par Eglise, Agapé. Pour moi l’Eglise du Christ est celle des croyants. Pas celle de l’institution qui n’est qu’une construction artificielle et abusive, tournée uniquement dans un but de pouvoir totalitaire, d’aliénation des individus, avec une instrumentalisation complète et de Jésus et de Marie et du message de Jésus. La vie contemplative appartient à chacun, donc à tous. Chacun a la sienne lorsqu’il prie, qu’il rencontre autrui ou qu’il se promène, qu’il jardine et communie avec son environnement. Elle n’est pas l’exclusive des ordres religieux ni des communautés dérivantes sectaires qui en font la promotion. Maintenant elle n’a rien à voir avec la réalité quotidienne. Elle est un espace hors réalité au sens factuel, relationnel, économique, social. Si elle peut nourrir spirituellement l’individu et lui apporter nombre de joies, elle a besoin d’un contrepoids qui ancre dans la réalité, la relation non pas juste en Esprit, mais physique, charnelle, intellectuelle, affective. Vous-même avez réuni ces deux réalités dans votre vie de vierge consacrée. Vous avez donc conscience de l’équilibre de mixer ces deux aspects.

  • Isabelle 7 octobre 2018 23:20

    Une relecture spirituelle s’impose sur ce site passablement à charge contre l’Eglise. ;-)

    Dès que l’on défend l’Eglise, on est ’allumé’ avec des accusations sans aucuns fondements solides. Triste constat. Les victimes sont multiples mais la Vérité demeure quoiqu’il en soit. Sans omettre la reconnaissance des victimes de l’institution, puissiez-vous être fidèles à la volonté de Dieu sans vous octroyer le rôle de ’Justiciers de l’Eglise Catholique’.

    Dieu seul est juge et sa Justice est immuable. Padre Pio a lui-même souffert de l’injustice de l’institution mais l’a transformée en grâces abondantes par son offrande et sa prière.

    Pour visionner, cliquer sur le lien titre en dessous de la vidéo. ^^