Mercredi 26 août 2015

Paul Lennon interpelle les dirigeants de l’Eglise sur la Légion du Christ

Instrument de Dieu… ou de Satan ?
Je viens de participer au Congrès annuel de l’association Survivor Network of those Abused by Priests (Réseau des personnes ayant survécu à des abus sexuels perpétrés par des prêtres) qui avait lieu à Alexandria, en Virginie (USA). J’ai eu l’occasion de parler du père Maciel, de la Légion du Christ et du mouvement Regnum Christi avec un bon ami, très compétent sur ce sujet. Ces échanges m’ont amené à réaffirmer un certain nombre de convictions. J’ai ensuite ressenti le besoin de passer tout cela par écrit.

Après avoir passé trente ans à accompagner des victimes de la Légion du Christ et du Regnum Christi, je vois toujours aussi clairement les dégâts causés, à travers ses différentes œuvres, par le père Maciel. En effet, il ne s’agit pas seulement d’abus sexuels, mais de différentes sortes d’abus : manque de soins, maladies psychologiques, perversion des consciences, dépressions, suicides, perte de confiance envers l’Eglise, perte de la foi en Dieu, escroqueries financières des adeptes, de leurs familles et d’adultes en situation de vulnérabilité, mises en quarantaine, calomnies, ostracisme, menaces et poursuites judiciaires contre ceux qui refusent de se soumettre…

Les Papes et le Vatican, après avoir mené une enquête sur le père Maciel et sur la Légion, ont fait le choix de sauver la congrégation religieuse. Le pape François, quant à lui, a béni les conclusions de ses prédécesseurs.

Ils ont affirmé le postulat suivant « Mauvais fondateur ; bonne congrégation », et nous ont demandé de croire que Dieu avait utilisé un fondateur déséquilibré pour réaliser Son Œuvre : la congrégation religieuse des légionnaires du Christ et le mouvement laïque Regnum Christi.

Ce faisant, le Vatican a ignoré et/ou tordu le cou à des siècles de foi chrétienne et de Tradition qui ont toujours lié la valeur et l’authenticité d’une congrégation religieuse au charisme, à la sainteté et à l’inspiration de son fondateur.

On nous demande de croire que Dieu a accompli un nouveau miracle en permettant qu’un mauvais arbre produise de bons fruits…

… mais peut-être est-ce seulement que le business créé par le grand homme d’affaire qu’était le père Maciel - la compagnie Legion of Christ Inc. - continue à produire en masse des prêtres, recrute habilement des catholiques pleins de bonnes intentions et rapporte des millions de dollars à l’Eglise, une institution qui croule sous les accusations de corruption et d’abus et qui perd petit à petit l’allégeance de ses membres les plus sagaces et clairvoyants ?

Et si Marcial Maciel, ce jeune garçon mexicain jadis lui-aussi victime d’agressions verbales, psychologiques, physiques et sexuelles, n’ayant jamais cherché ou reçu de l’aide pour ses propres blessures psychologiques, était devenu un prédateur sexuel et un manipulateur aux grands airs, capable de créer une légende autour de sa personne en faisant croire à ses proches qu’il avait été choisi par Dieu pour sauver l’Eglise Catholique, la Chrétienté et le monde entier en fondant une nouvelle et meilleur congrégation religieuse ?

Et si Maciel, qui manquait totalement de conscience et de contrôle de soi, n’avait fait que suivre ses instincts sexuels, son besoin de contrôler les autres et son ambition personnelle ? Et si Maciel, le psychopathe, le pervers narcissique, qui a passé sa vie à user et à abuser sans cesse des autres, s’était lui-même bercé d’illusion en imaginant avoir fondé une congrégation religieuse, et non une secte pour satisfaire ses propres désirs ?

Et si c’était le père du mensonge, et non le Saint-Esprit, qui avait pris possession de cette âme en souffrance, afin de créer une secte aussi géniale que diabolique au sein même de l’Eglise Catholique, en la dotant du même esprit retors que Maciel ? Une congrégation qui utiliserait le mensonge, la tromperie, les faux-semblants, les feux d’artifice spirituels, la manipulation et l’auto-glorification… et qui continuerait, encore et encore, à blesser, à nuire et à induire en erreur de jeunes gens généreux, idéalistes et naïfs sur des questions aussi importantes que la sexualité, l’amour propre, la maturité, la dignité humaine ? Et si cette congrégation menait, en définitive, les âmes dans la mauvaise direction ?

Et si Maciel avait réussi à tromper et à escroquer les autorités de l’Église en les conduisant à approuver sa congrégation frauduleuse ?

Et si les autorités de l’Église avaient refusé de reconnaître leurs torts et de corriger leur erreur ?

Je mets au défi les dirigeants de l’Église catholique – si souvent aveuglés par les lumières qui brillent - d’ouvrir enfin les yeux et de voir les terribles dérives sectaires qui se sont développées en son sein.

Très Saint-Père, et vous autres, dirigeants de l’Eglise, pour l’amour de Dieu : réveillez-vous !

J. Paul Lennon, psychologue et légionnaire du Christ de 1961 à 1984

Voir en ligne : http://regainnetwork.org/2015/08/03…

Vos réactions

  • Lia 29 août 2015 18:45

    … Ils ont affirmé le postulat suivant « Mauvais fondateur ; bonne congrégation », …

    Peut-être l’Eglise a-t-elle pris en considération le grand nombre de prêtres engagés de bonne foi dans ce mouvement. Peut-être s’agit-il pour la plupart d’hommes honnêtes, aimant réellement Jésus et l’Evangile ? Fallait-il les disperser ? Fallait-il fermer toutes les maisons ? Qu’allaient devenir toutes ces personnes ?

    • C’est effectivement la raison qui a guidé les autorités de l’Eglise.

      Le problème, c’est que cette raison n’est pas bonne. Ou plus exactement est très insuffisante, car elle se limite souvent à l’apparence extérieure de choses.

      Toutes les sectes sont remplies de « bonnes personnes » : des personnes de bonne volonté, qui ont une quête spirituelle, des idéaux, une volonté de construire le Règne de Dieu…

      Mais qu’une communauté sectaire compte dans ses membres des personnes de bonne volonté ne rend pas la communauté bonne. C’est l’inverse qui est vrai : J’ai connu des jeunes personnes exceptionnelles que la communauté a gravement pervertis. Qui devenant un requin sans scrupule et un escroc, qui sombrant dans la dépression,…

      J’ai connu des personnes qui ont mis plus de dix ans après leur sortie pour se reconstruire, retrouver une vie normale, retrouver le goût de vivre… tant la culpabilité insinuée au goutte à goutte pendant leurs années au sein de la communauté les avait accablés.

      J’ai aussi connu des personnes que la privation affective absolue et le halo de culpabilité et de silence entourant les problèmes de sexualité… avait conduit à produire des comportements clivés…

      Pour compléter ma réponse à votre remarque, j’ajouterais que le problème, c’est aussi le manque de rigueur dans les enquêtes, le manque de perspicacité ou d’objectivité de certains prélats… qui se contentent de regarder l’aspect extérieur, superficiel, sans creuser.

      Si vous étudiez l’histoire de la Légion du Christ, c’est assez frappant : l’Eglise a eu des dizaines de fois l’occasion d’arrêter les crimes et les abus sexuels du père Maciel, mais hélas, à chaque fois qu’un problème apparaissait, les enquêteurs se faisaient embobiner par les légionnaires… « oh ils ont l’air si gentils ! » « oh, ils ont l’air si heureux ! ».

      Ainsi, toute la liste de preuves et de témoignages accablant qui s’accumulaient contre le père Maciel étaient stoppées par un argument imparable : « Ils ont l’air si heureux »…

      Il faut avoir un peu d’expérience sur les phénomènes sectaires pour savoir que la psychologie humaine est capable de mécanismes d’auto-suggestion redoutables, y compris au point de simuler des états de bonheur induit. Ce n’est pas parce qu’une personne « semble très heureuse et généreuse, et prétend qu’elle est entièrement libre »… qu’elle l’est réellement. Il faut être capable de déchiffrer les mécanismes relevant de la manipulation psychologique qui induisent des faux discours et des comportements auto-suggérés.

      Certes, on ne peut pas affirmer qu’une personne ment quand elle prétend qu’elle est libre et heureuse : pour cela, il faudrait lire dans son esprit et dans son cœur, ce qui n’appartient qu’à Dieu.

      Mais ce qu’on peut dire, au moins, c’est qu’un certain nombre d’anciens membres de communautés sectaires, qui dénoncent les abus dont ils ont été victimes et avouent avoir vécu un véritable enfer pendant 5 ou 10 ans, étaient autrefois capables de défendre leur communauté avec enthousiasme et conviction.

      Cela pose ainsi un véritable doute sur l’authenticité des témoignages béats de membres actuels des communautés controversées : il est tout à fait possible que ces témoignages soient suggérés par des mécanismes de contrainte psychologique.

      Cela prend des années pour sortir de l’emprise de la congrégation, accepter de se remettre en cause, et arriver à faire relecture de son expérience… certains, d’ailleurs, n’y arrivent jamais.

      Alors ensuite, reste une question : mais que faire avec les membres de cette communauté ?

      Et bien, qu’ils soient 5 ou 3000, le problème est le même : le plus important, c’est de ne pas poser les conclusions d’une enquête avant d’avoir envisager toutes les réponses et tous les possibles. IL faut avant tout considérer le BIEN des personnes qui sont dans la communauté, mais aussi des anciens membres (les grands oubliés des enquêtes, hélas…)

      Conscient du manque total de liberté dans lequel ont évolué les membres d’une communauté sectaire, peut-être que la seule réponse correcte et morale était de renvoyer ces personnes dans le monde, en les accompagnant (financièrement et psychologiquement) pour reconstruire leur vie ?… Peut-être, d’ailleurs, que ce faisant, cela aurait permis à beaucoup de retrouver un véritable cheminement spirituel ?

      Dans tous les cas, il y avait un problème de justice.

      Il y a des milliers d’anciens légionnaires, et certains ont littéralement foutu leur vie en l’air à cause de la Légion. Ils se retrouvent à 40 ou 50 ans à la rue, sans argent, sans couverture sociale… tout cela parce qu’ils sont entrés à 10 ans dans la congrégation à cause des mensonges et des fausses promesses d’un recruteur vocationnel zélé.

      Si rendre justice à ces personnes obligeait l’Eglise à dissoudre la congrégation et à revendre tous ses actifs… et bien il fallait le faire.

      Le problème, c’est qu’elle s’est retrouvée devant un choix : soit on écoute les victimes et on accepte de rendre justice aux victimes qui ont été affectées par la Légion… soit on cherche à « sauver la Légion », comme on le fait depuis 70 ans.

      L’Eglise a fait le choix le continuer à vouloir sauver la Légion. Hélas.

      • Merci pour cette réponse dont la portée dépasse, à beaucoup d’égards, le seul cas de la Légion. Je soulignerais en particulier, avec les développements qui accompagnent ces citations :

        « … qu’une communauté sectaire compte dans ses membres des personnes de bonne volonté ne rend pas la communauté bonne. C’est l’inverse qui est vrai … »

        « … la psychologie humaine est capable de mécanismes d’auto-suggestion redoutables, y compris au point de simuler des états de bonheur induit. »

        … Il y aurait tant à dire sur des situations très actuelles …

        Pour ce qui est de l’histoire de la Légion, elle est effrayante (cf. wikipédia), et les délais pour arriver à régler le problèmes sont consternants : derrière ces délais, il y a la vie de personnes …

        Une question qui m’est venue à l’Esprit est celle du charisme de la Légion : on peine à croire que le Père Maciel ait pu être porteur d’un quelconque charisme. Sur quel fondement repose donc cet institut ? Pour moi, c’est incompréhensible, un énorme malaise. Je pense, peut-être naïvement, que cette maison ne peut que s’effondrer d’elle-même, et que c’est juste une question de temps. Sinon, je ne comprends pas …

        Pour ce qui est de la justice qui n’a pas été rendue aux victimes, j’ai tendance à croire que les autorités de l’Eglise ont pensé pouvoir faire les deux : sauver la Légion (on verra s’il y arrive …), et rendre justice aux victimes. Les gens d’Eglise sont souvent de belles personnes, mais j’ai aussi souvent expérimenté combien leur vie très protégée les conduit à sous-estimer les difficultés matérielles, sociales, humaines que vous évoquez.

        Toutes ces victimes se sont-elles manifestées ? Ont-elles fait état de leurs difficultés ? Ont-elles réclamé de l’aide, un dédommagement ? Se sont-elles regroupées de quelque façon pour s’entr’aider et donner plus de poids à leur présence ?

        Et je me dis encore ceci : si, pour un cas aussi grave que celui de la Légion, on a fait preuve de tant de lenteurs et d’hésitations bien dommageables aux personnes, pour finir par une souplesse plutôt discutable, qu’en sera-t-il pour des situations objectivement bien moins scandaleuses ? (ou beaucoup plus subtiles ?).

        Et je me demande aussi si, à force de vouloir éviter les scandales, on ne finit pas par les multiplier …

        • En Eglise j’ai fait partie d’un groupe qui, presque ’naturellement’ et imperceptiblement, a dérivé vers des comportements sectaires et j’en ai été exclue avec beaucoup de violence. Je suis en train de lire « Moi, légionnaire du Christ… » (une aventure humaine passionnante) et j’y retrouve une partie de mon chemin, simplement parce que… tout cela est humain. Ces institutions dictatoriales sont nécessaires à certaines personnes, elles les recherchent, parfois seulement pour s’étayer pendant un temps de fragilité, et quand elles ne les trouvent pas, elles ne s’en passent pas : elles les créent. On voit bien pourquoi le p. Maciel, totalement déstructuré, implosé, effondré sur lui-même, avait besoin de créer un ORDRE (le mot n’est pas anodin) dans une tentative pour se sauver d’abord lui-même. A l’inverse je vois aussi dans un contexte complètement différent, au travail, que quand de telles personnes n’y arrivent pas (le nombre supérieur de gens moins névrosés faisant obstacle), elles sont malheureuses. A mon sens, il ne sert à rien lutter contre, comme vous faites (autre exemple, Golias), cela renforce d’ailleurs leur sentiment d’identité construite, qui est ce qu’elles recherchent : mais il faut les empêcher de nuire, être là pour réparer les blessures qu’elles causent, et surtout, surtout, proposer d’autres chemins afin que les gens un peu plus équilibrés continuent de leur faire obstacle : or c’est sur ce terrain-là que l’Eglise a perdu pour le moment. Les névrosés dans l’Eglise (que nous pouvons tous être un jour ou l’autre à un moment d’épreuve) ont de plus en plus un boulevard désert devant eux.

          • Maciel n’a pas créé la Légion du Christ pour se sauver de quoi que ce soit.

            Il l’a fait pour disposer, sous couvert de religion, d’un pouvoir absolu sur un bon nombre d’individus jeunes. Il l’a créée pour disposer d’un harem de jeunes garçons dont il pouvait abuser à sa guise et selon son humeur. Et il l’a créé pour disposer d’un moyen d’enrichissement personnel rapide, afin de corrompre le plus de monde possible, pour mener vie luxueuse, triple avec femmes et enfants tout en passant pour un saint homme et prêtre. Il a créé la Légion du Christ pour enfin se payer régulièrement la drogue dont il avait besoin pour tenir à la fois physiquement et psychiquement dans tous ses mensonges, se griser, s’anesthésier l’esprit et la conscience.

            Ce type de comportement abusif et criminel peut concerner bien évidemment tout autant des non religieux, s’inscrire dans le cadre d’une activité professionnelle ou dans le cadre plus privé de la famille. Mais il peut aussi pour les plus avides de pouvoir et de domination, s’exercer dans tous ces domaines de l’existence. Ce fut le cas pour Maciel.

            Si personne ne dit rien, subit, fait comme si ces affreux jojos n’existaient pas, leurs actes criminels se multiplieront, deviendront légitimes socialement aussi bien que religieusement. C’est le même principe que le harcèlement. Moins les victimes parlent, se défendent, dénoncent, plus le harcèlement empire, fait loi.

            Il est donc important de dénoncer ces pratiques comme le fait ce site mais aussi d’autres comme Golias, le CCMM, l’Unadfi, mais aussi important de poursuivre, juger ces individus criminels au plan judiciaire, pénal quand cela est encore possible.

            Il est également nécessaire d’aider les victimes profondément blessées par ces tristes sires et d’alerter l’ensemble de la population humaine sur la dangerosité de certains individus, dont la seule raison de vivre est la domination totalitaire de leurs semblables. C’est ce que fait l’AVREF.

            Comprenez que les individus criminels comme Maciel & Cie n’ont pas d’identité. Ils n’ont pas pu la construire dans leur enfance. Ils s’apparentent en cela à des sociopathes, des psychopathes et des manipulateurs pervers narcissiques. La plupart ont au moins une de ces pathologies, voire en cumulent plusieurs sans pour autant avoir été identifiés comme tels.

            Et c’est parce qu’ils n’ont pas d’identité propre que des individus de ce type ont besoin d’aliéner les autres. En aliénant et détruisant les autres, ils ont l’impression de se construire eux-mêmes au plan identitaire. D’où leur absence de limites. D’où leur constant besoin de domination d’une façon ou d’une autre.

            Ils ont intégré la domination et la destruction des autres comme une valeur personnelle, mais aussi un moyen d’exister pleinement. Se sont des vampires psychologiques, qui utilisent l’énergie, la naïveté, l’enthousiasme, la bonté des autres pour s’en parer tout en en dépouillant leurs victimes allant jusqu’à les supprimer physiquement ou les amener au suicide.

            Les communautés toxiques comme celles qui sont recensées sur ce site, savent parfaitement via leurs gourous fondateurs criminels, se fabriquer une vitrine alléchante, qui, sur des individus immatures psycho affectivement, en souffrance momentanée (deuil, maladie d’un proche, problème professionnel, séparation amoureuse, isolement), en recherche identitaire, en quête d’idéal, de sens, fera forte impression et donnera l’illusion d’être le lieu idéal d’un épanouissement à la fois personnel et spirituel.

            Mais cette illusion paradisiaque n’est brandie par les communautés déviantes que pour mieux détruire les personnes qui s’y laissent prendre. L’objectif est la destruction, la rentabilisation de l’adepte par tous les moyens et de toutes les façons possibles.

            Après ce type d’expérience traumatique, il faut aux victimes beaucoup de temps, d’énergie pour se reconstruire tant physiquement que nerveusement, psychiquement, affectivement. L’emprise psy et affective de ces communautés laisse des blessures, des cicatrices douloureuses durant des années : angoisses quotidiennes, sentiment fort d’abandon, sentiment d’anéantissement, perte d’intérêt, difficulté de concentration, perte d’affectivité (peur des sentiments, peur de s’attacher à quelqu’un par peur d’être à nouveau abusé), perte d’envie de vivre, peur panique de ne pas pouvoir s’en sortir sans une présence constante à ses côtés, parfois perte de la foi tellement les abus subis ont été graves…

            Souvent, les victimes sont contraintes de faire une thérapie psy durant de longs mois, parfois des années et sont obligées de réapprendre totalement à vivre, suite à ces expériences néfastes.

            Si certaines victimes s’en sortent, rebondissent dans leur existence, construisent du positif et tirent des leçons pour aider les autres, d’autres sont tellement détruites qu’elles ne pourront jamais revenir à une vie normale. Et ces victimes qui n’arrivent pas à s’en sortir, feront de fréquents séjours hospitaliers psy, auront besoin d’un traitement médical et d’une prise en charge psy toute leur vie.

            Il est donc important que les responsables et cadres criminels de ces communautés cathos déviantes soient identifiés, dénoncés, jugés et mis hors d’état de nuire. Et il est important que des sites comme celui-ci existent et éduquent les catholiques sur la dangerosité de ces groupes fondamentalistes et déviants.

            L’étiquette communauté catholique n’est pas et n’a jamais été un gage de qualité ni de respect de l’individu. Même si bien des cathos seraient tentés de le croire. Et la reconnaissance vaticane de ces communautés ne prémunit pas les catholiques contre des dérives, des crimes, des abus commis par les cadres comme les fondateurs de ces communautés.

            C’est important d’en informer l’ensemble des catholiques et des non catholiques afin d’éduquer et d’éviter à d’autres familles, d’autres personnes d’être victimes de ces groupes néfastes. C’est ce que font Xavier Léger et son équipe. Un beau travail d’éducation populaire qui mérite encouragement et soutien.

            Il existe des alternatives à ces groupes déviants. Mais si ces groupes déviants ont eu et ont toujours un boulevard pour s’exprimer, cela vient de ce que les papes précédents leur ont déroulé le tapis rouge et ont tout fait pour les promouvoir et prétendre qu’ils sont les seuls groupes valables dans le catholicisme. En même temps que se faisait cette promotion spécifiquement martelée par JP2, ces papes condamnaient la Théologie de la Libération, pas mal de théologiens, menaçaient des religieuses américaines, limitaient les prêtres ouvriers, ringardisaient des communautés religieuses classiques, bloquaient sur le mariage des prêtres, sur un sacerdoce ouvert aux femmes, sur le divorce, sur les sacrements pour les divorcés remariés, tentaient un rapprochement avec les catholiques intégristes schismatiques…

            Quand tout ce que compte de réactionnaire et de fondamentaliste l’institution est exalté et dressé en exemple à suivre, et tout ce qui est progressiste désavoué, tu voire condamné, il devient particulièrement compliqué d’installer des alternatives.

            Pourtant ces alternatives existent : Soeur Emmanuelle au Caire a créé une superbe communauté, l’Abbé Pierre également, Joseph Wresinski idem. Ces trois communautés (particulièrement emblématiques) sont vivantes et très positives. Leurs fondateurs n’ont jamais abusé des personnes qu’ils ont aidées.Ces communautés ne cessent de développer de beaux et bons projets pour l’ensemble de l’humanité. Mais qui en dehors d’une poignée de catholiques sensibilisés à ces démarches s’y intéresse et s’y engage ? Pas grand monde. Pourquoi ? Parce que le projecteur institutionnel, épiscopal est quasi uniquement tourné sur les communautés déviantes depuis JP2. Et toute communauté qui n’appartient pas au système clanique de ces groupes sectaires, est évincé de toute publicité.

            Demandez-vous pourquoi l’abbaye de la Pierre-Qui-Vire, l’abbaye de Citeaux, les Soeurs de la Divine Providence, ATD Quart Monde, ASMAE, la communauté Emmaüs, la communauté de Taizé, la Bergerie de Guy Gilbert par exemple, sont passées sous silence médiatique depuis pas mal d’années…et vous comprendrez alors peut-être un peu mieux les orientations idéologiques tant vaticanes qu’épiscopales depuis une quarantaine d’années.

          • Message posé, plein de finesse et de nuances. Ça fait tellement de bien ; merci beaucoup.

            A mon sens, ce site n’a pas pour but de « lutter contre » justement, comme l’écrivait Marie. Certains se sentent attaqués et du coup engendrent un débat de « lutte ». Certains vont jusqu’à imaginer un complot contre eux. En fait, ici, je crois que c’est surtout un échange d’informations concernant des faits et un partage de vécu de victimes pour aider, doucement, à une prise de conscience, laquelle aidera, on l’espère, à un changement de fond pour empêcher les nuisances.

            Mais oui, donc, « lutter contre » ne sert à rien, mais « œuvrer pour », et ça commence par une prise de conscience, n’est-ce pas ? Et de fait, commencer par accepter qu’il en est ainsi, nos fragilités fond qu’on glisse dans des structures sécurisantes mais à tendances sectaires. Et de fait, il serait tellement bon que l’Église se sente la première concernée pour qu’elle réponde à sa vocation d’aider à ce que nous soyons dans la pleine « liberté des enfants de Dieu ». Certains prêtres sont très clairvoyants, ça fait du bien.

            Sérénité

            • Bonjour Sérénité

              Je crois que le fond du problème de l’adhésion à des mouvances (catholiques, juives, protestantes, islamiques, hindouistes) déviantes et sectaires, ne se situe pas uniquement sur les fragilités personnelles des individus (même si ces fragilités concernent un nombre important de victimes), mais vient aussi d’une éducation religieuse plus facilement dogmatique et soumise au plan communautaire que distancée. Il est plus facile de tomber dans ces communautés dès lors qu’on est déjà familialement dans une ambiance très religieuse et plutôt dogmatique. Dès lors que beaucoup d’activités familiales tournent autour de la religion.

              Et si en plus, se rajoute une promotion religieuse institutionnelle de ces communautés déviantes y compris au sein des établissements scolaires, au sein des paroisses, forcément, des jeunes comme des moins jeunes se laissent séduire. En pensant naïvement y trouver un approfondissement spirituel supplémentaire, une sorte de prolongement actif de leur pratique religieuse. Alors que la réalité effective qui s’y déroule est au contraire une destruction progressive des individus.

              C’est pourquoi dans l’affaire, la responsabilité institutionnelle est très grande et très grave. Puisque l’institution qui nous concerne, c’est à dire le Vatican, a promotionné fortement ces groupes cathos dérivants durant plusieurs décennies, installé des directions d’établissements scolaires privés issues de ces groupes, installé des directions d’associations familiales, d’associations religieuses, et des évêques, des prêtres favorables à ces groupes sur pas mal de diocèses, ignoré les témoignages de milliers de victimes, défendu les abuseurs et criminels juridiquement, financièrement, idéologiquement, les recyclant ailleurs lorsqu’ils posaient problème…

              Et en plus, quand le haut clergé a fait en sorte qu’il n’y ait pas au sein du catholicisme de vision sur l’institution autrement qu’empreinte de respect et convaincue de la sainteté et de la morale absolue vaticane, épiscopale, etc. On est dans le noyautage complet du catholicisme romain par ces groupes déviants et leurs sympathisants.Avec le soutien actif et zélé de l’institution catholique romaine.

              Ce qui constitue un abus total des catholiques à ce stade d’emprise et de vampirisation.Ce qui en dit long aussi sur la volonté institutionnelle cléricale de domination et d’aliénation du Peuple de Dieu. Se rendre compte de ça fait mal. Parce que nous avons tous et toutes été éduqués (au moins une majorité d’entre nous) dans l’idée que l’institution est sainte, forcément bonne, inspirée par l’Esprit Saint donc émancipatrice. Hélas, il n’en est rien. Nous avons pu mesurer dans nos expériences respectives, qu’elle est en réalité toute aussi criminelle, toute aussi dévoyée, abusive que le monde qu’elle critique. Ce qui constitue un choc. Car ça ne cadre pas avec l’éducation religieuse qui nous a été transmise.

              Mais pour dire à quel point l’emprise dogmatique et institutionnelle est puissante, il nous aura fallu ces expériences traumatiques extrêmes qu’elles nous concernent nous ou certains de nos proches, pour qu’enfin, nos yeux s’ouvrent sur la réalité de notre religion institutionnelle, ses crimes, ses déviances, ses abus dont nous pensions avant qu’ils n’étaient qu’inventions, mensonges, blasphèmes et accusations gratuites anticléricales dans un but de destruction religieuse.

              Ce qui montre bien à la base, que le terrain religieux dans lequel nous avons baigné et évolué dans notre enfance, notre adolescence ne favorisait pas chez nous ni chez nos parents une distance critique, ne serait-ce qu’un tant soit peu. Mais au contraire, rendait plus facile ce type d’embrigadement fondamentaliste et sectaire.

              Alors bien sûr, on me répondra que c’est l’apanage de toute religion. Mais je trouve néanmoins que c’est grave. Dès lors, on peut comprendre la facilité de croyants lambdas à basculer dans l’intégrisme, les sectes, quelle que soit la religion. On ne peut plus ignorer le formatage idéologique opéré par les différents clergés, l’absence de pensée critique, qui vont participer à jeter les bases de la radicalisation de certains croyants. Même si ça ne suffit pas à expliquer l’adhésion à des groupes fondamentalistes, c’est évident.

              D’où l’importance de sites, de lieux d’échange critique, dé témoignages de victimes de ces embrigadements intégristes et sectaires, qui sortent un peu l’ensemble des croyants d’une vision religieuse et institutionnelle sacralisée et idéalisée. Si au sein du clergé il y a des gens formidables, il y a aussi pas mal de bonimenteurs et d’abuseurs. Il est important de le dire et de ne pas perdre de vue que le pouvoir absolu, la supériorité morale, intellectuelle, spirituelle que s’est attribué chaque clergé (quelle que soit la religion) sur l’ensemble des croyants, sont davantage utilisés pour aliéner que pour émanciper.

              Si cette prise de conscience ne sauvera pas certains croyants du fondamentalisme, de l’emprise sectaire, ça permet déjà un peu à l’ensemble des croyants de ne plus idéaliser ni sacraliser les religions. De garder les yeux ouverts. Et de fonder une croyance davantage sur Dieu et non plus sur ceux, celles qui prétendent le représenter sur terre. Donc de moins facilement se laisser abuser.

              • Oui, et en même temps j’irais plus loin : l’institution n’est pas seulement responsable d’avoir permis de tels déviances, elle l’a fait parce qu’elle est la première concernée, aveuglée par le pouvoir du cléricalisme et l’argent. On a tellement envie de croire que les Papes ont été complètement bernés par des pervers. Durant tant de décennies et avec tellement de preuves ? C’est les prendre vraiment pour des cons (pardon, je suis un peu en colère là).

                Tant qu’il y aura rapport de pouvoir, on ne s’en sortira pas. Or c’est ça qui est tristement humain. Jésus est venu pour dénoncer ça, il en est mort, et « apparemment » ça n’a rien changé. Ce qui change, c’est à l’intérieur des consciences de personnes, de façon invisible. Il fait son œuvre de lumière dans le cœur de personnes qui l’accueillent de façon invisible, dans la prière. C’est ça qui me fait dire, pour aller encore dans le sens de votre message et encore un pas plus loin peut-être : heureuse épreuve qui m’a valu d’accéder à une telle liberté intérieure.

                En apparence, je devrais désespérer que mon abuseur soit considéré comme un martyr innocent et continue sa vie en toute impunité. Mais sa vie repose sur un mensonge. C’est terrible. Pour les victimes à venir, oui, c’est révoltant. Mais ça me force à ne pas me prendre à mon tour pour la sauveuse, encore moins à rester dans l’état victimaire, et encore moins à devenir le bourreau qui a besoin de vengeance, donc à sortir du triangle dramatique (Karpman) et choisir cette liberté intérieure d’être adulte face à Dieu. Accepter ce qui ne peut être changé, changer ce qui peut l’être (ma part de responsabilité) et avoir la sagesse de faire la différence entre les deux (sagesse Toltèque je crois ?).

                Sérénité

              • MERCI, ce que vous écrivez est tellement juste, vrai.. Comme vous le dites c’est dur quand on ouvre les yeux, mais c’est tellement libérateur également… Tellement difficile que, alors même qu’on lit des témoignages si graves certains continuent de s’accrocher au dogmatisme et aux dérives qu’il entraine.. C’est tellement déstabilisant de voir s’effondrer ce en quoi on a toujours cru de bonne foi, les fondations de sa vie ..

                • Oui, complètement d’accords, et en même temps bienheureuse « déstabilité » n’est-ce pas ? Il faut un déséquilibre pour avancer, « crise » signifie évolution en grec etc…La vie (pour ne pas dire Dieu) nous mène par des chemins tellement inattendus (s’éloigner de l’Église pour se rapprocher de Dieu ?), mais toujours avec du sens. Quand nos parents ne sont plus les fondements de notre vie, c’est L’Église qui a pris le pas. Elle nous dit qui être (des saints en prenant modèle sur tel ou tel), quoi penser, quoi faire etc… En obéissant aux prêtres qui sont au-dessus du commun des mortels, jusqu’au Pape qui est infaillible. Même pas de crise d’adolescence possible. Pouvoir, assujettissement, infantilisation, déviance sectaire, quoi.

                  Ils étaient fiers, cette année, d’avoir fait ce pas immense pour le synode sur la famille : aller demander l’avis « jusqu’aux SIMPLES fidèles » (mot d’un évêque). Par contre les décisions (sur la famille) ont bien sûr été prises par le collège de ceux qui sont au-dessus, des prêtres, hommes, célibataires. Alors vous pensez bien, un enfant qui se fait abuser, ou une simple femme, on s’en fiche un peu…On en est encore là. Aujourd’hui. La déviance sectaire concerne l’Institution. Donc elle ne va pas se battre contre les déviances sectaires.

                  Mais Dieu est jaloux de notre liberté. Selon moi, l’Église de Dieu c’est avant tout le cœur de chacun, dans sa liberté la plus profonde, capable de recevoir la Vie même de Dieu. Et c’est cette Vie qui est sainte.

                  Sérénité

                  • Bonjour Sérénité

                    Nous apprenons effectivement beaucoup avec cette déstabilisation. A faire la différence entre la constance amoureuse de Dieu pour chacun de nous et la contrefaçon autoritaire religieuse.

                    Mais nous apprenons aussi à nous rendre compte que l’éducation, quelle soit ou non religieuse, ne prévoit pas d’amener l’humain à une maturité psychologique et affective, à une certaine autonomie relationnelle et personnelle. Ca ne fait pas partie des enseignements prévus dans la plupart des familles ni même à l’école. Puisque l’objectif reste la subordination dans l’emploi et qui déborde par extension dans le champ social, relationnel, amoureux. D’où le passage d’une aliénation-dépendance familiale à une autre, que celle-ci s’incarne sur le plan scolaire, professionnel, amoureux, social, religieux, amical. Et conduit l’humain à reproduire davantage un schéma de pouvoir et de dépendance psychologique et affective sur la génération suivante et ainsi de suite, qu’une voie alternative.

                    C’est quelque chose qui m’interroge beaucoup tant dans mon métier d’enseignante que dans ma vie de jeune maman que dans mes relations aux autres. Je m’aperçois que nous ne cultivons pas du tout l’autonomie psychologique et affective, ne serait-ce qu’au plan familial et scolaire. Nous sommes restés finalement dans un rapport éducatif de domination tant de notre environnement que de nos congénères. Alors comment s’étonner que les religions ne soient pas dans le même schéma ?

                    C’est pourquoi il est nécessaire de remédier à ce manque. Changer notre façon de fonctionner à tous les niveaux, si vraiment nous ne voulons plus rester dans ces systèmes de dépendances successives qui constituent autant d’oppressions, de violences, de destruction intime.

                    Personnellement, peut-être parce que l’affaire qui me concerne date de 11 ans et que depuis de l’eau est passée sous le pont, la réflexion aussi, je n’ai plus de colère dans la mesure où je me rends compte que ce processus de domination des individus concerne tout humain. Pas uniquement les institutions, pas uniquement les religions. J’ai réalisé déjà depuis un moment que cette domination concerne bien sûr tous les lieux d’existence humaine.

                    Certains humains choisissent la voie du pouvoir de façon vorace parce qu’ils voient le système de dépendance à tous niveaux comme un moyen de domination et d’affirmation identitaire. Ils croient qu’ils seront dans ce mode d’action, les plus forts et qu’ainsi ils seront plus vivants. Mais cela les conduit à mettre notre terre à feu et à sang et finalement aussi à s’autodétruire.

                    D’autres vivent sous emprise de ces dominations, comme si hors de celles-ci, ils ne pouvaient ni exister, ni respirer. Alors qu’ils le pourraient sans aucun doute. Mais que la facilité, la peur de l’émancipation, le manque de confiance en soi freine et détruit au final.

                    En fait, les uns sont liés aux autres de façon morbide et non constructive. Qu’on se place d’un côté comme de l’autre, qu’est-ce qui ressort si ce n’est de l’aliénation et du malheur pour tous ?

                    Jésus effectivement, a voulu sortir de ce système (il l’a payé de sa vie), nous aider à sortir de ce système, quelques autres aussi, pour montrer également qu’il existe une voie existentielle alternative.

                    Je pense qu’aujourd’hui, à différents endroits de la planète, que nous soyons croyants ou non croyants, nous nous apercevons des limites du système de domination/soumission et nous cherchons plus que jamais à construire des voies alternatives dans tous les domaines de l’existence. C’est un mouvement intérieur/extérieur qui concerne tout un chacun dans chaque pays du monde. Quel que soit le niveau d’instruction, le niveau d’éducation. Simplement parce que chacun de nous saisit que si nous continuons comme cela, dans ce système domination-soumission généralisé, nous allons disparaître très rapidement et tout ce qui nous entoure avec.

                    Cette conscience individuelle et collective qui émerge avec de nouveaux modes de vie (villages d’entraide, coopératives, jardins partagés, entreprises autogérées), d’échanges (troc, sel, vide-greniers, internet, paniers bios, monnaies locales), de rapport au monde (différents de ce qui nous est proposé par le monde industriel, politique, religieux et bancaire), correspond à un nouveau stade d’évolution humaine. Nous l’accompagnons je pense lorsque nous dénonçons, alertons sur ce qui opprime l’humain au plan religieux. D’autres font la même chose vis à vis des abus du monde politique, industriel ou bancaire. Parfois au péril de leur vie. Mais tous nous savons qu’il est vital de mener ces démarches.

                    Et peu à peu, ce sursaut de protestation populaire et citoyenne un peu partout sur la planète amènera du changement, j’en suis persuadée. Mais nous vivrons encore bien des temps difficiles. Et nous y sommes déjà quand nous voyons actuellement l’ensemble des pouvoirs (religions, états, industriels, multinationales, banques) tenter de mettre la population financièrement, matériellement, spirituellement à genoux, par tous les moyens… A mesure que se révèle publiquement l’indignité des partisans de la domination/soumission, ces groupes accentuent l’oppression sur les peuples, pour tenter d’étouffer dans l’œuf le ferment de sa révolte. Regardez ce qui se passe actuellement contre les groupes alternatifs, contre l’indépendance de la presse, contre ce qui fait du lien social et permet au peuple de sortir de l’ignorance et de la résignation. Remarquez à quel point les puissants accélèrent les moyens de contrôle de la population (puces, robots, caméras de surveillance, états d’urgence, renforcement policier, climat entretenu d’angoisse)…Cela montre bien à quel point ils sont attachés à leurs intérêts et ont peur de tout perdre d’ici peu.

                    Au plan religieux, nous observons la même chose toutes religions confondues : un durcissement idéologique, structurel depuis la fin des années 80 et une montée de l’intégrisme qui s’allie au fascisme politique et économique. Je ne sais pas si sur le catholicisme romain, F1 fera différemment des prédécesseurs. Je l’espère sans trop y croire.

                    Il me semble plus génériquement, que nous arrivons aux limites du système de domination qui a toujours prévalu. Que tout le monde le sent mais qu’on ne voit pas encore l’aube se profiler. Mais dont nous pouvons être, si nous le voulons, quelques tisons ardents.

                    Alors il me vient au cœur ce chant de Jo Akepsimas que vous connaissez peut-être et que nous chantons encore le dimanche de temps à autre : Ta nuit sera lumière de midi (inspiré par différents versets d’Isaïe). J’ai l’impression que c’est vraiment un chant qui reste toujours d’actualité. Et qui peut nous aider à garder courage, confiance dans les temps que nous vivons.

                    Très cordialement Françoise

                    • Je suis un converti catholique depuis 1 an et cette discussion m’ebranle bcp. Nous essayons de libérer les femmes et les couples de l’emprise de la contraception hormonale par sympto.org le meilleur dispositif didactique et la seule alternative naturelle efficace. Mais cela ne fait pas de bruit. La connaissance du cycle féminin cela n’intéresserait plus l’église ?