Dimanche 14 décembre 2014 — Dernier ajout mardi 16 décembre 2014

Le Livre Noir des Travailleuses Missionnaires de l’Immaculée (1re partie)

Comment, au XXIe siècle, au sein même de l’Eglise Catholique, des pratiques confinant à l’esclavagisme peuvent-elles encore exister ? Le dossier réalisé par l’AVREF sur les Travailleuses Missionnaires de l’Immaculée Conception soulève un certain nombre de questions… Usque ad nauseam.
Dossier réalisé par l’AVREF.

Eau Vive et Espérances Taries

Le Livre Noir des Travailleuses Missionnaires de l’Immaculée

(Famille Missionnaire Donum Dei)

par un Collectif de Travailleuses des restaurants Eau Vive

avec le soutien de l’AVREF [1]

« Si nous sommes sans colère quand nous voyons les autres bafoués, exploités, humiliés, il est clair que nous ne les aimons pas. » Abbé Pierre. Emmaüs ou venger l’homme, Centurion, 1979

PREMIÈRE PARTIEINFORMATIONS GÉNÉRALES

HISTORIQUE DES RESTAURANTS « EAU VIVE »

Marcel ROUSSEL-GALLE est né le 8 juin 1910 aux Fins dans le Haut-Doubs.

Il est ordonné prêtre à Besançon le 22 décembre1934. « De 1940 à 1947 son cœur pastoral sans cesse à l’écoute de l’Esprit Saint, reçoit plusieurs intuitions auxquelles il cherchera à répondre. » nous disent ses biographes.

En avril 1947 il est à Paris, aumônier de JOC, et prend des initiatives. Mais le Cardinal Suhard n’acceptera pas qu’il entre à la mission de Paris : il lui demandera plutôt de se consacrer entièrement à la formation de sa famille spirituelle. Ainsi donc « son propre appel va se réaliser à travers la mission qui prend forme au sein des usines, des bars de prostitution, des lycées, des hôpitaux, des prisons, par l’engagement total de jeunes travailleuses. »

Il lance également à cette époque la revue « le sillon missionnaire ».

Après des tâtonnements, le 11 Février 1950, le Père Roussel regroupe celles qui se sentent appelées à partager ses intuitions ; il leur donne le nom de “Travailleuses Missionnaires de l’Immaculée”.

Le père Roussel-Galle ne disposait alors que d’une petite maison au milieu des usines de la région parisienne. Les TM (travailleuses missionnaires) sont alors professeurs, médecins, infirmières, travailleurs sociaux.

Il est important de noter qu’au départ, il n’est pas du tout question de faire de la restauration collective, mais de s’engager dans le monde du travail selon le modèle initié à l’époque par la Mission de France et la personnalité de Madeleine Delbreil.

Suite à l’appel du pape en 1957 (encyclique Fidei Donum), l’ouverture internationale est lancée. Une possibilité est offerte au Burkina-Faso qui s’appelle encore Haute-Volta. C’est le premier départ en 1958. Une enseignante de français, Solange Gaillard et un médecin, Renée Reboud, puis plus tard Christiane Ragot, une aspirante travailleuse missionnaire vont devenir la première équipe. Mais Christiane meurt six semaines après son arrivée. Toutefois, en 1963, 12 travailleuses africaines ont rejoint la communauté. Ce recrutement, en grande partie source des problèmes actuels, n’a jamais cessé jusqu’à ce jour.

Puis c’est le Laos et le Vietnam. Marie Rose Bouverot part à Saigon le 24 mai 1963. La guerre et ses conséquences sont partout. Il y a fort à faire. Le recrutement vietnamien est alors également institué. D’autres implantations interviendront dans le monde : Océanie, Philippines, Amérique latine,…

En 1960 la création des EAU VIVE marque un tournant important puisque l’activité de cette chaîne internationale de restaurants va supplanter toutes les autres initiatives. L’implantation sur plusieurs continents et dans différents pays est opérée et réussie.

L’obtention auprès des évêques de mandats de gestion dans des centres de pèlerinage réputés (Lisieux, Ars, Notre Dame de la Garde, Donrémy, Lourdes) assure au mouvement une confortable autonomie financière et lui offre un gage d’honorabilité dont il va se servir pour séduire et recruter les adolescentes et jeunes filles originaires de pays émergents.

La gestion à Rome d’un restaurant de grand luxe situé dans le palais Lante construit en 1513 par le pape Léon X Médicis contribue à donner à la chaîne une image de marque « haut de gamme », fort éloignée de l’esprit initial de pauvreté qui avait séduit le cardinal SUHARD.

En 1969, le Père Roussel installe la direction de la Famille Missionnaire Donum Dei à Rome, tout près de la Basilique sainte Marie Majeure. Il cherche ainsi à s’émanciper de son évêque dans le Doubs et se place au lieu qui convient pour obtenir une reconnaissance de droit pontifical. En fait l’objectif initial s’est sensiblement modifié. Avec le concept de « famille missionnaire » le père Roussel-Galle veut ratisser plus large en intégrant des laïcs, des familles. Il s’inspire du fonctionnement de l’Opus Dei qui, par son lobbying, obtiendra le statut de prélature personnelle du Pape. Il développe sur ce modèle le charisme de « la sanctification dans la vie familiale ». Des tensions se font jour dans ses rangs et une vague de départs a lieu vers les années 1970. Le cardinal Ugo POLETTI, alors vicaire général de Rome, c’est-à-dire administrateur du diocèse pour le compte du Pape, suit de près tous ces bouleversements.

Une scission se produit entre celles qui se dénomment « travailleuses missionnaires » (aujourd’hui présentes en Belgique) et entendent garder l’esprit de la fondation originelle, et celles qui se dénomment « travailleuses missionnaires de l’Immaculée » essentiellement concentrées dans les services de cuisine et restauration [2], mais aussi les familles des « mamans missionnaires » regroupées dans la « Légion suppliante et réparatrice ».

Le père Roussel meurt le 22 février 1984 à Rome.

Finalement la « famille missionnaire Donum Dei », livrée à elle-même, après divers errements, obtient un rattachement au tiers ordre séculier carmélitain le 22 février 1987 et est reconnue comme association internationale laïque par le prieur général de l’Ordre du Carmel.

Elle est toujours dirigée à ce jour par un groupe réduit de personnes qui ont été, à l’origine, proches du père Roussel. Elles reproduisent soigneusement un certain mode de fonctionnement rôdé lors de la mise en place des restaurants [3]. La fidélité à la parole et aux écrits du fondateur que l’on enseigne aux jeunes « en formation » est, pour elles, le garant de la pérennité du système mis en place. La biographie du Père fondateur est une hagiographie permanente enseignée chaque matin aux « jeunes en formation [4] ».

Une ancienne responsable générale, Marie-Clémentine PARE écrivait : « La création des Eau Vive est une ingénieuse initiative de l’Esprit Saint avec le concours de la Vierge Marie pour rejoindre les hommes et les femmes de notre temps au rythme de la vie moderne. »

La vie moderne rattrape en effet le mouvement, même si tout est fait pour en couper et en isoler de jeunes femmes déracinées recrutées à la fleur de l’âge. Des démissions, des « fuites » se produisent en permanence. Les responsables ne peuvent pas totalement interdire l’usage d’Internet et des portables et leur autorité absolue est remise en cause. Elles ne peuvent pas non plus empêcher les solidarités de se nouer et de fonctionner, notamment entre les travailleuses burkinabées rebelles à un système de travail forcé qu’elles ont subi, et dont elles sont sorties. Elles se sont coordonnées et lancent aujourd’hui un appel pour plus de dignité et de justice. C’est le sens des témoignages que vous lirez dans ce document.

LE PROCESSUS D’ EMPRISE SUR LES TRAVAILLEUSES DANS LES RESTAURANTS « EAU VIVE »

Le recrutement se fait de façon quasi-exclusive dans certains pays émergents : Burkina Faso, Iles Wallis, Viêt-Nam, Pérou, Philippines,… Les jeunes filles recrutées sont issues de familles modestes. Le plus souvent elles n’ont pas pu terminer leurs études secondaires, ni même les entreprendre. Certaines ont commencé à s’insérer sur place dans la Communauté avant leur majorité légale. Elles sont motivées par un appel à la vie religieuse assorti d’une promesse de formation en Europe. Elles s’engagent donc dans un processus de formation et d’appel à la vie consacrée qui leur paraît irréversible, aussi bien pour elles-mêmes que pour leurs familles.

Pour la communauté qui cherche à moindres frais de la main d’œuvre pour sa chaîne de restaurants l’intérêt de ce processus de recrutement est le suivant :

  • La distinction entre la vie religieuse dans une congrégation traditionnelle et le laïcat consacré est trop subtil pour que la jeune fille et sa famille puissent faire la différence. Le flou est donc entretenu et le mode de vie annoncé paraît accessible dès lors qu’il s’agit d’une vie donnée à Dieu. Elles ne réalisent pas et leurs familles non plus qu’elles vont commencer par être cloîtrées et traitées de façon infantile bien qu’elles soient des laïques travailleuses. Elles n’ont pas la moindre idée de ce qu’elles vont subir en raison du triple engagement de pauvreté, de chasteté et d’obéissance que l’on va exiger d’elles.
  • L’emprise et la pression exercée sont facilitées par le système mis en place. En effet la jeune fille qui vient en Europe qu’elle découvre pour la première fois en arrivant à Donrémy est complètement coupée de son pays et de sa culture d’origine, dépossédée de tout bien, privée de ressources et de contacts extérieurs. Ses communications extérieures sont contrôlées ; titulaire de visas ou de cartes de séjour temporaires dans un pays dont elle ignore tout, elle ne peut pas s’échapper. Le retour au pays pour dire qu’elle renonce à sa « vocation » ne serait pas compris et serait ressenti comme une honte par sa famille. La fuite dans le pays où elle suit son parcours dit « de formation » serait très hasardeuse : cela signifierait pour elle la précarité, le fait de devenir apatride, d’être sans papiers, sans travail et sans formation.
  • La promotion des restaurants se trouve facilitée par ce recrutement ultramarin ainsi que la politique d’image de la chaîne EAU VIVE car les travailleuses missionnaires sont invitées à chanter, à porter le costume de leur pays d’origine ce qui donne aux restaurants une note exotique qui plaît aux clients, permet de prendre des clichés de groupe bigarrés, multiraciaux, attractifs et vendeurs sous la statue de Jeanne d’Arc à Donrémy ou sous celle de la petite soeur Thérèse à Lisieux.

Dans la pratique le parcours dit « de formation » se déroule comme il est présenté à l’article 42 du Directoire [5] de 2009, dont le contenu est bien plus strict et rigoureux que celui qui est en usage dans la plupart des congrégations, bien que les travailleuses missionnaires ne soient pas canoniquement des religieuses, mais des laïques. Il comporte deux temps :

1. L’aspirât dans le pays d’origine : temps dit de pré-formation. En fait la Communauté s’assure que l’aspirante est majeure pour disposer d’un passeport et puisse quitter le pays sans avoir à demander une autorisation de sortie. L’aspirante est déjà employée comme travailleuse dans son propre pays.

2. le parcours dit « de formation » : il dure six ans, ce qui est un exploit pour des filles appelées à travailler en cuisine ou service de table dans un restaurant ! Mais ce temps long est le moyen d’établir sur elles une emprise forte et de s’assurer de leur soumission.

Les six années sont ainsi réparties :

  • 3 années dites d’École d’oraison : un an à Donrémy à l’arrivée, puis deux ans à Lisieux au foyer d’accueil des pèlerinages géré en théorie sous contrôle de l’évêché local.
  • 2 années d’études religieuses supérieures (sic) au Studium de la Grâce-Dieu, c’est-à-dire à Besançon dans la région d’origine du fondateur, le père Marcel Roussel-Galle.
  • 1 année de formation à la vie professionnelle : 1 an à Rome au restaurant EAU VIVE qui occupe, dans le centre de la ville, une partie du rez-de-chaussée et du premier étage, du Palais Lante [6] construit en 1513 par le Pape Léon X Médicis. Il est choquant que des travailleuses démunies de tout servent des clients aisés dans un tel cadre de luxe. A quelque chose malheur est bon : la communauté est obligée de faire dispenser à quelques unes une formation à la hauteur de cet établissement de luxe par l’école parisienne spécialisée « le cordon bleu », ainsi qu’une formation HACCP à l’hygiène et à la sécurité dans la chaîne alimentaire. Pour faire bonne figure dans le milieu romain elle doit également assurer à certaines des bases de formation religieuse.

Au cours de cette formation initiale en Europe (art. 42 du Directoire §3) les jeunes futures TM de l’Immaculée sont invitées à faire leur donation au Christ à travers les Fiançailles mystiques et la Profession temporelle dans le Tiers Ordre Carmélitain séculier.

Art. 42 §5 (il n’y a pas de §4) : Au terme de leur sixième année, les « Fiancées » TM de l’Immaculée sont envoyées en mission dans des groupes locaux où elles continuent leur formation (sic).

De façon assez étrange le Directoire ne précise pas les critères d’accès aux Épousailles qui suivent les fiançailles. Peut-être ces informations figuraient-elles au § 4 [7] qui fait défaut.

Quoi qu’il en soit il faut être TM « épouse » pour être autorisée à participer aux élections de responsables et il faut avoir été TM épouse pendant au moins trois ans pour pouvoir être éligible au poste de responsable de groupe, ce qui signifie 10 années au moins passées dans ce mouvement, ce laps de temps garantissant une parfaite conformité au modèle imposé.

Ce long parcours d’intégration pourrait paraître judicieusement progressif à un lecteur non averti. Toutefois il convient de comprendre son caractère irréversible dès la fin de l’aspirât au moment où la jeune fille quitte sa famille et son pays pour rejoindre l’Europe sur la base des promesses qui lui ont été faites. Pour des raisons géographiques, sociologiques, financières renforcées par le système coercitif qui l’attend à son arrivée dans le vieux continent, tout retour en arrière est désormais chose impossible à réaliser.

Il convient également de comprendre qu’il s’agit d’un schéma théorique et que, dans la réalité, la vie quotidienne, dès que possible, c’est le travail en cuisine ou le service de table.

Le travail et rien d’autre. Le travail, toujours le travail…

EXTRAITS DES STATUTS DE LA FAMILLE MISSIONNAIRE DONUM DEI (FMDD)

LE DE LA RESPONSABLE DU GROUPE LOCAL

Article 101 des statuts §1. La responsable du groupe local doit avoir au moins trois ans d’épousailles et les qualités de grande sœur spirituelle :
  • respect de ses sœurs, affection surnaturelle
  • souci de leur manière d’exercer l’apostolat
  • souci de leur instruction et formation permanente ;
  • souci de leur santé physique, de l’équilibre de leur nourriture ; […]

« Ainsi elle est la première servante de la Servante du Seigneur, et cette première servante est au service de toutes ses sœurs » (Père Marcel Roussel Galle).

- Notre question : Comment contrôle-t-on que la responsable du groupe remplit ce rôle ? Quelles sont les dispositions prises quand ce n’est pas le cas ?

INTÉGRATION D’UNE JEUNE FILLE

Article 104 §1. Dès qu’une jeune fille entre dans la branche TM d’un groupe local, les parents pourront apporter une contribution en tenant compte des dispositions de l’Église locale et des disponibilités des familles, pour participer à la formation de leur fille. Cette contribution est décidée au niveau du groupe local en accord avec la Responsable Générale et son Conseil.

- Notre question : La gestion des restaurants est-elle déficitaire pour qu’il faille demander de l’argent à des familles dans des pays où le niveau de vie est le plus souvent modeste et où les conditions de vie sont fréquemment précaires ?

Suite du §1 : Dès que la candidate TM arrive en Europe pour continuer sa formation, elle est prise totalement en charge par le groupe local qui l’accueille et qui lui assure tout le nécessaire pour sa subsistance, sa santé et son épanouissement, dans l’esprit de la FMDD.

- Nos questions : Qu’appelle-t-on « tout le nécessaire » ? Est-il possible de préciser ce qui est fait pour la subsistance ? Qu’en est-il de sa protection sociale ? Quel est son statut au regard des lois sociales du pays d’accueil ? Pour la santé y a-t-il au moins une visite médicale annuelle ? Pour l’épanouissement personnel qu’est-il fait du côté culturel et également activités récréatives sachant que c’est un sujet important dans la famille carmélite ? De quelles ressources personnelles dispose-t-elle ? Quelles sont ses possibilités d’accès aux moyens d’information et de communication ?

RESPECT DES VACANCES

Article 106. Chaque responsable local doit veiller à ce que chaque membre de son groupe ait au cours de l’année un mois de vacances y incluant une retraite annuelle.

- Notre question : Comment ces vacances sont-elles prises ?

PROCÉDURE DE RENVOI

Article 108, alinéa 8,

§1. Avec le renvoi définitif cessent, par le fait même, toutes les obligations et les droits dérivant de l’appartenance à la FMND.

- Question : Cela veut-il dire que toutes les obligations de la FMND envers la personne renvoyée cessent également ? Notamment les obligations de la FMND en tant qu’employeur de la travailleuse missionnaire ?

§2. Celles qui, légitimement quittent la FMDD ou sont légitimement renvoyées ne peuvent rien exiger de la FMDD pour les activités accomplies.

- Question : Même question que pour le §1. La FMND remplit-elle ses obligations sociales en cas de départ ?

§3. Toutefois la FMDD veillera à ce qu’elle reçoive, en toute équité et charité évangéliques, ce qui est nécessaire pour subvenir à ses besoins pendant un certain temps. L’aide est réglée entre la TM et la FMDD et mise par écrit au moment du départ.

- Question : Pourquoi ce §3 n’est-il pas appliqué ?

EXTRAITS du DIRECTOIRE DES TRAVAILLEUSES MISSIONNAIRES DE L’IMMACULÉE (décembre 2009)

VIERGES DANS LE LAÏCAT

Article 3
Cette virginité, pour être fidèle et authentique, doit se nourrir des sacrements, de la prière, en particulier d’une vie d’oraison, et être soutenue par une certaine manière de vivre dont voici quelques lignes concrètes : […]

c) Elles doivent éviter les abus de citron, de piment, de café, de thé noir, de coca-cola. […]

e)… Elles sont prudentes face aux moyens modernes de communication : TV, téléphone, Internet, etc. qui peuvent les distraire de leur objectif d’offrande et les retirer de l’intimité avec l’Epoux.

[…] Elles ne portent pas de costume particulier, mais s’habillent d’une manière simple, élégante et sportive. Dans la mesure du possible, elles portent leurs costumes nationaux. Elles ne portent pas de pantalons jeans et ne portent pas d’habits trop serrés, trop courts, trop fendus, ou transparents, etc.. Elles portent des sous-vêtements blancs. Elles ne portent pas de chaussures à hauts talons de plus de 5 centimètres.

[…] Leur coiffure ne doit pas attirer l’attention des gens. Si les TM de l’Immaculée sont trop préoccupées ou occupées de leurs cheveux, elles seront portées à se rechercher, et en conséquence, perdront la simplicité du cœur.

Elles veillent à avoir huit heures quotidiennes de sommeil (On reviendra sur ce dernier point relatif au sommeil à la lecture des témoignages sur les conditions de travail).

Chapitre III, LES TM DE l’IMMACULÉE SONT UNE FAMILLE DANS LAQUELLE L’ESPRIT D’OBÉISSANCE EST LA PREMIÈRE VERTU

Article 14.
Elles sont une Famille où l’on vit volontairement l’obéissance (On reviendra sur cette affirmation du caractère volontaire de l’obéissance à la lecture des témoignages)

« Prier c’est bien, obéir c’est mieux » (Marcel Roussel-Galle, Lettre aux TM) « Une TM doit avoir la volonté d’obéir » (Idem) […]

Article 15.
En conséquence, les TM de l’Immaculée s’efforcent de dire toujours OUI à l’Immaculée en lui obéissant à travers :

  • le Règlement de la FMDD tel qu’il est établi dans les Statuts et le Directoire […]
  • l’horaire de chaque jour qui précise les exercices de piété, les heures de travail, les heures de détente, les heures du lever et du coucher, les heures de formation continue. Cet horaire doit tendre de plus en plus à répartir de façon équilibrée (pour voir comment cet équilibre est respecté, lire les témoignages insérés dans ce dossier), habituellement, huit heures de culture spirituelle et humaine, huit heures de travail professionnel, huit heures de sommeil. […]

Article 18.
Alinéa b) Les TM de l’Immaculée obéissent aux décisions ou demandes de la Responsable Générale et son Conseil, envers laquelle elles développent un regard de foi, de respects et d’attachement, sachant que la Responsable élue tient la place de la Vierge Marie, première et unique Supérieure de la FMDD [8]. La TM de l’Immaculée obéira donc « fidèlement, promptement, simplement, cordialement, à sa Responsable générale, comme à sa Mère, c’est-à-dire avec une affection toute filiale. Elle obéira avec une franchise et avec intelligence, elle verra toujours dans la Responsable Générale la représentante de la Sainte Vierge, leur Mère Parfaite et Immaculée, la première Responsable et éducatrice » (père Marcel Roussel Galle).
[…]

Alinéa f) Elles ne sortent pas sans l’accord de la responsable de qui elles dépendent.

Alinéa h) Elles n’allument pas la télévision, ne se connectent pas à Internet, ne téléphonent pas pour des motifs personnels sans l’accord de leur responsable.

TRAVAILLEUSES

Article 20
§3. Le fruit de leur activité commune ou les salaires personnels seront toujours versés intégralement à la Caisse Générale de la FMDD ou à la Caisse Donum Dei locale qui les redistribue. [9]

« Le travail devrait être bien fait ! Il faut absolument qu’à l’école vous montiez à cette responsabilité. Il vaut mieux que vous n’alliez pas à la Messe en semaine, que vous n’alliez pas à la communion, que vous ne fassiez pas oraison si le plat cuisiné, enfin si le travail de la restauration n’est pas achevé » (Père Marcel Roussel Galle K7-142/A)

[…]

« Toi, la petite TM toute égoïste, est-ce que tu ne te dis pas : Je dors quand je veux, je me lève quand je veux, je m’appartiens. Non. Tu ne devrais plus t’appartenir. Ça, c’est le don de soi, le don de toi ! (…) Quand il faut te réveiller plus tôt le matin, quand il faut te coucher plus tard le soir, quand il faut travailler un peu plus longtemps, est-ce que tu penses que ton corps ne t’appartient pas ? » (K7 85B)

Chapitre V : A L’IMAGE DE LA SAINTE FAMILLE

Article 27.
§ 6. Elles ne rapportent absolument rien de la vie de leurs sœurs ou de leur groupe local à aucune personne extérieure. [10]

Article 29.
De plus, cette vie commune au quotidien a besoin de temps de solitude pour que chaque TM de l’Immaculée assimile en profondeur ce qui est vécu journellement. C’est pourquoi la responsable locale veille à ce que toutes ses sœurs aient régulièrement le temps de solitude dont elles ont besoin. Les TM de l’Immaculée réfèrent toujours à leur responsable locale comment elles prévoient vivre ce temps : reprise spirituelle, prière, adoration, repos, sommeil, lecture, étude, activité culturelle, sport, etc… […]

Article 35.
La période de repos annuelle incluant une semaine de retraite est prise, dans la mesure du possible, en commun, par toutes les TM de l’Immaculée. Celles-ci doivent être créatives pour trouver les façons de se distraire ensemble, toujours dans l’esprit du charisme reçu. Il est important que les TM de l’Immaculée du groupe local passent ensemble ce temps de repos, et qu’il ne soit pas utilisé pour faire des visites personnelles à des membres de sa propre famille ou à des amis, présents, dans le pays de mission.

Article 36.
Les TM de l’Immaculée ne sortent pas la nuit, sauf s’il s’agit de sorties apostoliques vécues en communauté. […]

Article 39.
§3. A partir de leurs fiançailles, les TM de l’Immaculée s’engagent à remettre à la FMDD :

  • Tout ce qu’elles possèdent.
  • Tout ce qu’elles gagnent par leur activité (le fruit de leur travail, leur salaire si elles en ont un, retraite, pension, etc…) Ces gains sont versés à la Caisse Générale de la FMDD ou à la caisse Donum Dei locale suivant les Pays.
  • Tout ce qui leur sera donné en monnaie ou en objets.
  • Tout ce qui, en droit et en équité, leur revient ou leur reviendra de leur famille (argent, biens matériels et biens patrimoniaux) :
    • Les fiancées TM de l’Immaculée gardent la possession de leurs biens patrimoniaux jusqu’à leurs Épousailles, mais l’usufruit en est versé à la FMDD dès les fiançailles.
    • Ces biens patrimoniaux et la possession d’argent venant de leur famille appartiennent à la FMDD dès les Épousailles. […]

Article 41.
[…] Les TM de l’Immaculée apprennent à se virginiser, à s’appauvrir. Elles mettent encore en commun :

  • l’apostolat
  • les peines et les joies familiales
  • les talents, les capacités et les compétences

Les TM de l’Immaculée ne possèdent pas de cellule privée mais partagent avec quelques-unes de leurs sœurs une chambrée (chambre, dortoir). […]

Parce que leur vie appartient à Dieu, les TM de l’Immaculée doivent veiller à leur santé. Chaque groupe local a son médecin de famille. Celui-ci est consulté en accord avec la responsable du groupe local qui accompagne ou fait accompagner ses sœurs chez les médecins. Dans un esprit de pauvreté, les TM de l’Immaculée éviteront les soins exagérés : elles doivent savoir qu’elles portent dans leur corps les souffrances du Christ comme le dit Saint Paul : « j’achève dans ma chair ce qui manque à la Passion du Christ, pour son Corps qui est l’Église ».

Les témoignages contenus dans la suite du dossier seront publiés à part.

Pour toute demande d’information complémentaire sur ce dossier vous pouvez composer les numéros suivants : 06 10 07 44 67 / 06 68 12 61 64

[1Aide aux Victimes des dérives dans les mouvements Religieux en Europe et en France

[2Cette orientation prend sa source à la pensée du fondateur : Marcel ROUSSEL, Pourquoi des vierges chrétiennes dans un restaurant ?, Dans le Sillon Missionnaire N° 190, Mars-Avril-Mai-Juin 1977, p.35

[3Par contre les témoignages reçus nous ont appris que l’esprit de mission initial de travailleurs laïcs a été abandonné. Ainsi une TM qui a créé un orphelinat au Burkina Faso a fait l’objet de tracasseries et a préféré démissionner. Une autre qui avait développé au Cameroun un dispositif permettant d’éviter la prostitution de collégiennes mineures a également préféré démissionner et nous a livré son témoignage.

[4A noter que le parcours de formation dure six ans.

[5Ce terme de Directoire désigne une sorte de règlement intérieur plus strict que celui qui est en usage dans la plupart des communautés religieuses, bien que les travailleuses missionnaires ne soient pas canoniquement des religieuses, mais des laïques. L’ensemble du document est infantilisant et plusieurs dispositions sont contraires aux droits élémentaires de la personne humaine.

[6Ce palais est lui-même propriété de la famille noble florentine des Aldobrandini, dont la descendante la princesse Olimpia est l’ épouse de David de Rothschild, fils du baron Guy de Rothschild.

[7Dans un autre document du mouvement le rite des « épousailles » est expliqué : « A la différence de la Religieuse, la TM ne marque pas son appartenance totale à Dieu par des Vœux, mais par l’Offrande d’elle-même à l’Amour Miséricordieux à travers des Épousailles mystiques avec le Christ. C’est un engagement privé : au jour de ses Épousailles, après avoir communié, le Christ présent en elle, la TM se passe elle-même au doigt l’anneau des Épouses du Christ en signe de son appartenance totale à Lui pour toujours. »

[8L’instrumentalisation de la Vierge Marie est un phénomène banal, largement répandu, dans nombre de communautés religieuses déviantes qui évitent ainsi tout débat interne.

[9Il serait intéressant d’enquêter sur cette redistribution.

[10Par conséquent tout témoignage reçu sur ce qui se passe dans la Famille Donum Dei est un péché, une faute contre la Règle de vie. Par conséquent, aussi, une TM peut très bien « recevoir l’ordre de ne pas s’exprimer » (sic). Ce fut le cas à Rome d’une TM originaire de Futuna qui officiait à la Casa Sacerdotal où, avant le dernier conclave, avait résidé le cardinal Bergoglio qui avait échangé avec elle. Le journaliste wallisien, Martin Baumer, comptait bien interviewer sa compatriote avec l’élection du pape François. C’était sans compter sur cette interdiction : c’est une autre TM qui a reçu mission de s’exprimer à sa place le 15/03/2013.