Communiqué de presse de la Famille monastique de Bethléem

Jeudi 28 janvier 2021 — Dernier ajout vendredi 29 janvier 2021

Les soeurs de la Famille monastique de Bethléem mettent en place une cellule d’écoute et font le point sur leur chemin de conversion

Monastère Notre Dame du Saint Désert, le 5 janvier 2021

COMMUNIQUE DE PRESSE

Les soeurs de la Famille monastique de Bethléem mettent en place une cellule d’écoute et font le point sur leur chemin de conversion

Depuis 2017, les moniales de Bethléem poursuivent un chemin de conversion selon les orientations données par le Dicastère de la Vie consacrée à la suite de la Visite apostolique initiée en 2015. Le Conseil Permanent des moniales, composé de la nouvelle prieure générale, de 6 soeurs conseillères nommées par Rome et des assistants apostoliques, le père Jean Quris (diocèse d’Angers) et mère Geneviève (OSB) qui avaient conduit la visite dans les monastères de France et d’Israël, est déterminé à avancer dans ce travail de vérité et de réforme.

Ce chemin est passé par une prise de conscience progressive et douloureuse des conséquences qu’a eue sur certaines soeurs une conception de l’autorité idéalisée, ou fondée sur une mauvaise compréhension de l’obéissance monastique, entrainant des abus d’autorité ou de conscience et une dépendance affective.

Soeur Emmanuel, l’actuelle prieure générale, et les soeurs du Conseil Permanent, ont écouté des soeurs qui sont sorties. Elles tiennent, au nom de la communauté des moniales, à dire combien elles ont pris conscience des blessures et des traumatismes que de tels dysfonctionnements ont provoqués chez ces soeurs, dans leur estime d’elle-même, leur libre-arbitre, et leur relation de confiance à l’Église, nécessitant une reconstruction lente et difficile. Elles leur en demandent infiniment pardon.

Pour améliorer l’accueil et l’écoute de ces personnes qui ont été blessées et prendre en compte leurs plaintes selon les exigences de la vérité et de la justice, le Conseil permanent des moniales met en place une cellule d’écoute indépendante. Elle est composée de deux psychologues experts sur ces sujets, d’un père abbé émérite bénédictin, d’une moniale bénédictine, d’un ancien magistrat et d’un avocat également formé en droit canon. Cette cellule d’écoute est chargée de recevoir les témoignages, de recommander au Conseil Permanent les suites à donner afin de rendre justice aux victimes et d’émettre des préconisations pour la poursuite du travail de réforme.

La cellule d’écoute est joignable : cellule.ecoute.FMB chez gmail.com

A la suite des conclusions de la visite apostolique, un chemin de conversion a été engagé et des avancées ont déjà été opérées ces dernières années. Le service de l’autorité mûrit progressivement grâce à l’exercice de la collégialité, aussi bien pour la prieure générale que pour les prieures locales. Les Chapitres locaux et les Conseils retrouvent leur rôle de consultation et de décisions, notamment pour les étapes d’admissions et les engagements des soeurs par la profession.

Depuis 2017, des sessions de prieures et de vicaires ont eu lieu avec l’aide d’intervenants extérieurs (théologiens, psychologues, moines), avec l’éclairage des derniers textes du Magistère et de la CORREF et le partage de témoignages des personnes blessées. Ces rencontres ont permis des évolutions, en particulier dans une meilleure circulation de la parole et de l’information au sein et entre les monastères, dans le discernement attentif et l’accompagnement des vocations, dans la possibilité de faire appel à un accompagnateur externe. Ces sessions ont été par ailleurs autant d’occasions d’avancer dans une réflexion sur la juste façon d’exercer l’autorité et de vivre l’obéissance, au service de la croissance de la personne dans le Christ.

La dernière rencontre des prieures de novembre 2020, avec l’aide des assistants apostoliques et d’Anne Lannegrace, psychologue et psychanalyste, a marqué une étape importante dans les prises de conscience des prieures sur la manière d’exercer le service de l’autorité. A la fin de cette session, les prieures ont exprimé leur adhésion à la publication de ce communiqué, à la constitution de la cellule d’écoute, manifestant leur détermination à aller au bout de ce chemin de conversion qui prendra effet dans les prochaines constitutions.

Les monastères sont impliqués dans ce cheminement depuis 2017, tout d’abord en ayant reçu les points relevés par le Dicastère à l’issue de la visite, puis au travers du travail de révision des constitutions de la Famille de Bethléem demandée par la Congrégation des Religieux.

Pour accompagner ce travail de refonte des constitutions, le Dicastère a nommé deux conseillers, en particulier pour les questions canoniques, les pères Dumortier (sj) et Toxé (op). Ce travail se fait avec la consultation régulière des professes perpétuelles, permettant réflexions et échanges dans une saine liberté de parole et une prise de conscience des habitudes à corriger. Les textes définitifs seront proposés au vote au prochain Chapitre Général des moniales prévu en 2021 puis seront soumis à l’approbation de Rome. Ils deviendront ainsi les textes de référence des soeurs de Bethléem.

Toutes ces étapes sont vécues en communion avec les frères de la Famille monastique de Bethléem et leur assistant apostolique et en lien étroit avec le Dicastère pour la Vie consacrée (CIVCSVA).

Sr Emmanuel, prieure générale précise « Nous avons conscience que ce travail nécessite du temps, de la patience, de la persévérance. La mise en place de la cellule d’écoute répond à notre profond désir de faire œuvre de justice et de réparation pour les personnes qui ont été blessées au sein de notre Famille et de leur demander pardon. Notre engagement est total dans ce chemin, notre dernier Conseil des prieures en a marqué une étape importante et nous sommes déterminées à aller jusqu’au bout. Malgré toutes nos erreurs et nos fautes, nous sommes témoins de l’Amour de Dieu et de la joie profonde que nous trouvons dans notre vocation monastique à la suite du Christ. Il est de notre responsabilité de purifier ce qui doit encore l’être pour que la vie évangélique selon l’Esprit puisse pleinement s’y déployer. Notre espérance pour l’avenir de notre Famille est fortifiée par les encouragements du Dicastère qui nous a redit la valeur du charisme propre à notre Famille monastique dont les assistants sont également les témoins. »

En novembre, les assistants apostoliques s’étaient adressés aux prieures en ces termes : « Le temps est venu d’une reconnaissance claire des erreurs et fautes du passé, pour que le charisme que vous avez reçu puisse être pleinement vécu. Comme tout charisme, il a quelque chose d’unique et de précieux à apporter à l’Église. Le chemin vécu avec vous depuis plus de cinq ans, nous en a convaincus. »

La branche des soeurs de la Famille Monastique de Bethleem a été fondée en 1950 et compte environ 550 soeurs réparties dans 29 monastères dans 15 pays. Elles vivent une vie monastique offerte dans l’adoration du mystère de la Très Sainte Trinité, avec la Vierge Marie, dans le silence, la solitude, la communion fraternelle, la liturgie et le travail.

Contact presse : contact chez bethleem.org

Voir en ligne : https://www.bethleem.org/annonces/2…

Vos réactions

  • Marjorie 5 mai 2021 06:20

    « Ce chemin est passé par une prise de conscience douloureuse et progressive… » : il n’y a rien d’étonnant à ce que les responsables de la Famille monastique de Bethléem utilisent des phrases aussi mal formulées (cf. le commentaire de Anne Thoraval), car elles ont fait appel à une spécialiste en communication pour écrire leur communiqué de presse. Or on sait bien que les spécialistes en communication ont l’art de produire des textes dont l’ambivalence permet de leur faire dire ce qu’on a envie de leur faire dire, sans se soucier que leur contenu soit conforme à la réalité des faits.

    Le propos des sœurs de Bethléem n’est pas de dire la vérité à travers ce communiqué de presse, mais d’y faire passer le message qu’elles veulent faire passer. Leur but est de « redorer leur image de marque » auprès de l’opinion publique. Elles cherchent à rassurer les gens en leur faisant croire que les accusations de dérives sectaires qui ont été portées contre leur Congrégation appartiennent maintenant au passé, qu’elles regrettent « infiniment » leurs erreurs (il y a juste que Dieu seul est infini !), et qu’elles ont changé de comportement et de pratiques. Les responsables actuelles de Bethléem demandent pardon pour les fautes du passé commises par les anciennes responsables : elles ne peuvent pas faire autrement, puisque ces fautes ont été dévoilées sur la place publique. Mais les responsables actuelles de Bethléem ne demandent pas pardon pour les fautes qu’elles ont continué de commettre depuis la visite apostolique initiée en 2015 et depuis la nomination de sœur Emmanuel et des sœurs de son Conseil. Or il y a encore actuellement beaucoup d’abus de pouvoir et de conscience dans cet Institut religieux, mais cela reste occulté et entouré de déni.

    Pour ce qui est du bilan que les responsables actuelles de la Famille monastique de Bethléem font de l’évolution de leur Congrégation, ce descriptif est mensonger. Elles font passer les directives qu’elles ont reçues de l’Église pour la réalité de ce qu’elles mettent en place, mais ce qu’elles en disent ici est de la fumisterie. Elles ont l’art de mélanger le vrai et le faux pour enfumer l’esprit des gens, si bien que les personnes de l’extérieur n’y voient que du feu : « Tout va très bien, Madame la Marquise… ». En réalité, tout ne va pas aussi bien que les responsables de la Famille monastique de Bethléem voudraient le faire croire.

    « En novembre, les assistants apostoliques s’étaient adressés aux prieures en ces termes… » : la fin de ce communiqué de presse se présente comme un spot publicitaire adressé aux jeunes femmes qui voudraient rejoindre cette Congrégation. On les rassure en leur disant que le charisme de cette Famille monastique est unique et précieux pour l’Église, et que les assistants apostoliques en sont convaincus.

    Le problème, c’est que les soeurs de la Famille monastique de Bethléem qui sont encore à l’intérieur de cet Institut sont beaucoup moins convaincues de la conversion de leur Institut que ceux et celles qui ont écrit ce communiqué de presse. Un petit signe peut nous en mettre la puce à l’oreille : depuis cinq ans, il y a au moins une soixantaine de sœurs qui ont quitté cette Congrégation, beaucoup d’autres ont demandé des « permissions d’absence » et, parmi celles qui y vivent encore, il y en a un bon nombre qui se demandent si elles vont y rester.

  • Anne Thoraval 24 février 2021 23:24

    "Ce chemin est passé par une prise de conscience progressive et douloureuse des conséquences qu’a eue sur certaines soeurs une conception de l’autorité idéalisée, ou fondée sur une mauvaise compréhension de l’obéissance monastique, entrainant des abus d’autorité ou de conscience et une dépendance affective". J’ai cru mal lire. J’ai relu. C’est tarabiscoté comme tout : la "conception de l’autorité idéalisée" provient-elle des soeurs ou de la fondatrice ? La "mauvaise compréhension de l’obéissance monastique" est-elle inscrite dans la pensée de la fondatrice ou dans la jeunesse des soeurs ? Mais il s’agit de "certaines soeurs", pas de toutes. A cause d’elles, il faut modifier des choses. Traduction : des soeurs immatures et à la spiritualité peu éprouvée ( que font-elles dans la communauté ?) n’ont rien compris à ce qu’on leur disait et ont cru bien faire en en faisant trop, ce qu’on ne leur avait jamais demandé. Ces gourdes, pardon ces soeurs ensuite s’en sont plaintes. Mais grâce à une" prise de conscience progressive et douloureuse", on a bien compris que c’est exactement ce qui s’est passé, que c’est terrible la subjectivité. Eh oui, c’est bien triste, mais qui ne fait pas d’erreur. La cellule d’écoute pleine de compassion et de charité est là pour bien vous le réexpliquer. "En novembre, les assistants apostoliques s’étaient adressés aux prieures en ces termes : « Le temps est venu d’une reconnaissance claire des erreurs et fautes du passé, pour que le charisme que vous avez reçu puisse être pleinement vécu. Comme tout charisme, il a quelque chose d’unique et de précieux à apporter à l’Église. Le chemin vécu avec vous depuis plus de cinq ans, nous en a convaincus. » Une reconnaissance "claire" peut-elle vraiment soutenir la réalité d’un quelqconque charisme ? Et de conclure : "La branche des soeurs de la Famille Monastique de Bethleem a été fondée en 1950 et compte environ 550 soeurs réparties dans 29 monastères dans 15 pays. Elles vivent une vie monastique offerte dans l’adoration du mystère de la Très Sainte Trinité, avec la Vierge Marie, dans le silence, la solitude, la communion fraternelle, la liturgie et le travail." Waouh, que c’est beau. Alors on ne va pas larguer tout ça, hein… Mais les mots ont un sens. Recette d’une cellule de pensée (plutôt) : 1 Lire et relire le témoignage d’Hélène 2 Comparer avec ce "Communiqué de presse" 3 Réaliser qu’on a bien lu ce qu’on a lu ( en buvant un coup pour se remettre) 4 On reconnait l’arbre à ses fruits : ils ont été mauvais, ils sont mauvais, ils seront mauvais.

    • @Anne Exactement ma pensée ! « La branche des soeurs de la Famille Monastique de Bethleem a été fondée en 1950 et compte environ 550 soeurs réparties dans 29 monastères dans 15 pays. » Regarde … dans un video pour mendier en Allemagne la prieure (Sr. Marie-Ange) dit en Sept. 2020 « 500 membres ».

    • Actuellement j´ai vecu dans un nouveau lieu du travail le troisieme jour une telle sorte de harcellement et de mechanceté que Bethléem me semble comme le ciel sur la terre. La pluspart des soeurs au noviciat a eu un charactére trés pur et idealiste et plein de charité. La hierarchie au Bethléem était sans doute psychopathe. J´ai perdu la sagesse de Bethléem de me taire en face de personnes plein des esprits demoniaques.

      C´est « normale » partout dans l´eglise, la societé de deformer la verité, de produire de texte completement pervers (comme celle de la part de Bethléem concernant son esprit de repentir).

      Je suis sûr que dedans de Bethléem la corona-Pandemie est bienvenue et identifier a travers le livre de l´apolalypse de St. Jean comme le signe definitif du retour du Christ.

    • Communiqué de presse de la Famille monastique de Bethléem 25 février 2021 20:02, par Marie-Christine

      Eh oui ; c’est très drôle !

      Plus de 5 ans pour en arriver à ces conclusions que tout le monde, sans boule de cristal ou révélations de la Vierge, aurait pu prévoir puisque tout le monde ou a peu près ( sauf les gourdes qui n’avaient pas compris ou qu’on n’avait pas initié à la vie religieuse ou le noyau dur des responsables, plus les sœurs sous emprise, ou encore les laïcs gravitant autour, comme d’habitude, éperdus d’admiration ) connaissait les problèmes depuis très longtemps : ça fait beaucoup… D’autant plus qu’il s’agit toujours des mêmes dérives ou presque dans toutes ces « communautés dites nouvelles ». 

      En réalité , faut entre lire entre les lignes et traduire en langage clair la liste de ces dérives, encore une fois bien connues ; abus d’autorité, de conscience, idolatrie de la fondatrice puis de ses disciples, liens affectifs tordus avec les responsables, confusion du for externe et du for interne, conception extrémiste de l’obéissance etc…etc… : tous faits extremement graves pour la liberté, la santé et l’equilibre des pauvres sœurs embarquées dans cette aventure et qui ont d’ailleurs détruit beaucoup d’entre elles.

      Mais attention ! Il ne s’agit que de certaines sœurs : auteurs ou victimes des abus ? Effectivement, on ne sait pas trop et pas d’un système dont les fondements, voire la spiritualité, ne seraient pas très « catholiques » et pourrait être la vraie cause de ces dérives. Et puis le « charisme « ( ce grand mot aussi vague qu’impressionnant qui explique et excuse tout ! ) est tout à fait sain et saint, et, en plus « précieux pour l’Eglise. », Rien que ça ! Et puis, y a un nombre de sœurs, d’implantations, non négligeable.

      Donc on continue…Et cela dispense de parler des nombreuses victimes abîmées à vie par ce type de communautés et de se soucier de celles qui leur succederont. En fait ; c’est pas drôle du tout …C’est triste à pleurer.

  • Isabelle 15 février 2021 13:03

    Je viens de terminer la lecture du livre :

    « 15 ans dans l’enfer de la famille monastique de Bethléem »

    https://www.editions-harmattan.fr/i...

    Ce livre ayant paru en décembre, et ce communiqué de presse en janvier, il me semble qu’il est un peu une réponse direct à ce livre, qui est très dur à lire ! Cette soeur avait tout pour elle : elle était aimante, travailleuse, artiste, déterminée dans le don de sa vie pour Jésus, et les soeurs l’ont humiliée de façon atroce… quel courage faut-il pour vivre des choses pareilles, car c’est un vrai martyre ! Que le Seigneur bénisse maintenant sa vie, sa famille… Comme dit le père Pierre Vignon dans la Préface, on souffre avec elle, et on souffle avec elle quand elle en est sortie.

    Espérons surtout que les soeurs de Bethléem vont vraiment faire ce qu’il faut pour que tout cela n’arrive plus !

    • Ma maman (91 ans) a infiniment souffert parce que le recrutement de Bethléem est trés manipulatrice. Elle a la diagnose de dementia mais hier elle a constaté que c´est indispensable que l´auteur d´un livre sur les derives de Bethléem a vecu de longues années dedans. C´est pour moi chocant qu´elle fait une telle « discernement » entre les personnes qui presente leur critique publiquement. Mais en realité je ne comprends pas comment on peut faire ses voeux temporaires ou perpetuelles dans cette congregation. Pardon pour cette sorte de « Victim blaming ».

      Le plus visible signe de hybris : La congregation n´a pas O.S.B. ou O.P. ou … Rien de ca ! Au contraire un si long nom de communauté qu´on se demande vraiment si c´est une blague ou non. C´est absolument exceptionnel. Et Rome a due le critiquer aussitôt. Mais Rome a rien fait. Jamais ! La visitation … pour faire rigoler.

  • La Baptisé 6 février 2021 12:22

    Golias a - comme toujours - la meilleur vue sur le scandal eclatté en 2001 (Messages privées de la « Vierge » ? a travers une voyante a Bethléem, Israel).

    https://www.golias-editions.fr/2021/02/04/la-famille-monastique-de-bethleempoursuit-son-chemin-de-redemption/