Les fraternités monastiques de Jérusalem mises sous tutelle par Rome

Dimanche 8 mai 2022

La leçon à tirer, c’est qu’une communauté religieuse ne peut se réformer sans un regard indépendant, sans une aide extérieure, de même que l’Eglise tout entière à la faveur des travaux de la Commission Sauvé.

Rappel des faits. Dans le récit de son parcours douloureux Quand l’Eglise détruit (Editions L’Harmattan), Anne Mardon met notamment en cause la figure du fondateur des Fraternités monastiques de Jérusalem (FMJ), le frère Pierre-Marie Delfieux.

Les FMJ créent en interne en décembre 2019 une cellule d’écoute qui suscite peu d’écho.

La Vie, sous la plume de Sophie Lebrun, publie en décembre 2020 une enquête circonstanciée corroborant l’existence de sérieuses dérives au sein des FMJ, dans ses deux branches, masculine et féminine.

A la demande des FMJ, l’archevêché de Paris met en place une nouvelle cellule d’écoute, mais indépendante cette fois, formée de personnalités extérieures sur le modèle de la CIASE.

Parallèlement, à la demande de l’archevêché de Paris, l’organe chargé à Rome de veiller au fonctionnement des communautés religieuses, (la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique, CIVCSVA), ordonne un audit sous la forme d’une « visite apostolique ».

Le 15 décembre 2021, les FMJ rendent public le bilan de la Cellule d’écoute indépendante en l’accompagnant d’un communiqué :

De leur côté, les visiteurs apostoliques achèvent leur enquête et envoient leur rapport à Rome à la Congrégation pour la vie religieuse (CIVCSVA).

Le 31 décembre, le prieur de la branche masculine et les membres de son conseil adressent une lettre ouverte à ceux des frères qui ont quitté les FMJ.

Entretemps, Anne Mardon a publié un deuxième livre Silences dans l’Eglise, par action et par omission (Editions L’Harmattan, avec une préface du sociologue Jean-Louis Schlegel) et a témoigné devant la Commission Sauvé.

Depuis, deux autres anciennes des Fraternités de Jérusalem, ont à leur tour publié un livre.

Une Italienne, Erika Martino L’ Amore è più forte della morte : La mia storia di vocazione (également en traduction française sous le titre L’amour est plus fort que la mort : histoire de ma vocation.)

Une Française, Anne-Charlotte de Maistre, Liturgies sous Prozac, aux éditions Salvator.

Tous ces textes parlent d’eux-mêmes. Ils montrent que la mise en cause du frère Pierre-Marie Delfieux, fondateur des FMJ était, hélas, pleinement justifiée.

Cela sera difficile à admettre par des personnes qui s’étaient très attachées aux FMJ, voire à leur fondateur : on ne connaît pas de l’extérieur la réalité de la vie d’une communauté religieuse. Du livre d’A.-M. de Maistre ressort que même la liturgie, emblème de Saint-Gervais, participe de la dérive des FMJ.

La leçon à tirer, c’est qu’une communauté religieuse ne peut se réformer sans un regard indépendant, sans une aide extérieure, de même que l’Eglise tout entière à la faveur des travaux de la Commission Sauvé. Saluons les membres des FMJ qui ont le courage de le reconnaître.

C’est tout un processus qui commence. Bien des points sont encore à éclaircir, notamment le cas des Petites Laures (auxquelles appartenait précisément Anne Mardon), pure invention de Pierre-Marie Delfieux transposant de manière totalement artificielle une institution attestée dans la tradition orthodoxe dans un tout autre contexte. Il s’agit de quelques femmes participant activement aux offices à Saint-Gervais tout en vivant en ermites à proximité. A l’époque, la plupart n’avaient aucun statut canonique déterminé et ne relevaient en fait que de Pierre-Marie Delfieux.

Finalement, la Congrégation à la vie religieuse (CIVCSVA), tirant les conséquences de l’audit qu’elle avait ordonnée, nomme les deux enquêteurs en qualité d’assistants apostoliques des Fraternités monastiques de Jérusalem avec la charge de les aider dans un processus de discernement et de réforme. Cette nouvelle est publiée sur le site des FMJ le 5 mai 2022.

A partir du 1er octobre 2020, KTO a progressivement cessé de retransmettre les offices des heures de Saint-Gervais. Les FMJ les ont alors diffusés par leurs propres moyens sur Youtube.

Le 1er mai 2022, elles ont dû y renoncer.

Note de synthèse rédigée par Yves Hamant le 7 mai 2022.

Vos réactions

  • Anne-Gaëlle 31 octobre 2022 15:33

    Je pense que les Fraternités de Jérusalem ne pourront pas continuer sans une réforme menée en profondeur, sur des années et des années. Le dossier est loin d’être clos et un nouveau témoignage vient de sortir, écrit par une ancienne soeur de la branche apostolique. https://www.editions-harmattan.fr/livre-sois_pieuse_et_tais_toi_de_l_emprise_a_la_liberte_temoignage_sabine_tainturier-9782140288517-74776.html

    Je souhaite beaucoup de courage à toutes ces personnes ressorties si blessées, et de la force dans leur témoignage.

  • Souvenirs des F.M.J de Blois - 1989/1995 26 octobre 2022 09:08, par Michel

    Je ne suis qu’un laïc, extérieur aux F.M.J, que j’ai croisées « par hasard » en octobre 1989, en passant devant l’église Saint Nicolas, de Blois, à l’heure des laudes : la porte était ouverte, je suis entré. La nef était sombre. Tout au fond, dans la chapelle absidiale, derrière le chœur, « ça » chantait. Sensible à la musique, ce chant, psalmodié à 4 voix, m’a rapidement amené, quelques jours plus tard, à aller voir, c’est à dire, écouter de plus près. Avant d’y revenir, assidûment, et d’y participer.

    C’est cette liturgie qui m’a séduit et m’a amené à demander le baptême, en 1992, reçu à la Pentecôte 1995. Pour des raisons personnelles d’un cursus de vie difficile, j’avais suspendu quelques temps ma démarche de préparation baptismale et je n’avais pu le recevoir à Pâques (ainsi que la confirmation) Quelques semaines après cet évènement, je disparaissais du monde en me retranchant volontairement dans une clinique, pour me préparer à y mourir. Maladie incurable, mortelle à 100%, à l’époque. Ce ne fut pas le cas.

    Lorsque je revenais à moi, presque deux plus tard, les F.M.J n’officiaient plus à Blois, suite à la maladie du prieur, frère Pierre Cuperly, successeur du père Louis (Magdala) ; ne restaient que quelques sœurs. J’ai dû quitter Blois, d’abord pour Reims, où je croisais les clarisses du Tinqueux. Avant de rejoindre très vite Tours, où je me rapprochais de ma parroisse « de banlieue », des dominicains du couvent de Tours et, dans une moindre mesure, des bénédictines du Sacré-Cœur de la Basilique Saint-Martin.

    Je revis une dernière fois, en octobre 2005, et avec quelle émotion, frère Pierre Cuperly, à Magdala, quelques mois avant sa mort. Quelques années plus tôt, un mien correspondant du C.H.R.U de Tours, vers qui mon parrain m’avait orienté m’avait écrit une dernière fois, dont ceci : « votre manière de vous battre vous a sauvé » Dans cette « manière » dois-je y inclure, au premier chef et rang de proximité, les F.M.J et leur liturgie, qui m’ont interpellé et mené jusqu’au baptême et à la foi, qui reste solide et indestructible, apres toutes ses années. Elle a mûri, s’est consolidé, à dû se réorienter, géographiquement et spirituellement.

    On peut reprocher (?) à cette liturgie son…emprise ? son efficacité ! J’ai découvert, à Tours, qu’elle émanait du compositeur dominicain André Gouzes, lui aussi accusé depyis de choses innomables. Je l’avais croisé à Tours, et repété sous sa direction une composition commandée pour les fêtes de la Sainte Face. Tout comme le père P-M Delfieux quant à lui un très court instant, à Magdala, dans un couloir, en 1995.

    Proche géographiquement du sanctuaire marial de Pellevoisin, et très proche depuis 2006, j’y ai rencontré et appris à connaître les soeurs et frères de Saint Jean. J’y ai croisé une fois leur fondateur, écouté en conférence, quelques semaines avant sa mort.

    Les Saint-Jean, encore, dans le cadre des à côtés de mon travail chez les Apprentis dAuteuil, autre prieuré, celui de Saint Quentin, également ébranlé par des « affaires » de mœurs. Cette période me valu de devenir parrain d’un jeune, en 2010.

    Le charisme, l’Église, les communautés religieuses comme anciennes…la liturgie, devraient-elles, ou ne sauraient-elles n’être que résumées à cette succession d’abus, d’erreurs, de tromperies, de mensonges et d’horreurs, à laquelle et auxquels je semble avoir échappé par je ne sais quel…miracle ? Je ne sais. Je ne suis et ne reste toujours qu’un simple laïc, modestement engagé dans trois groupes fraternels séculiers, fidèle en paroisse.

    Avec mes excuses pour la longueur de ce témoignage qui, je l’espère, ne sera pas lu, vécu, perçu comme du « bavardage ». C’est une partie, une longue partie de ma vie que je vous partage, depuis cette « métanoïa » rendue possible il y a bien, bien longtemps, par une rencontre fortuite, un matin, dans une sombre église sur le livre d’or de laquelle j’avais lu cette phrase, alors adolescent et simple touriste de curiosités architecturales « dûment estampillées Monument Historique » ceci : « c’est en visitant cette église [Saint Nicolas de Blois] que j’ai compris que Dieu était mort ». Eh ! N’etait-ce pas la mission que s’était donné, et avait donné aux F.M.J leur fondateur : être moine/moniale au cœur des villes, témoins et évangélisation dans ces nouveaux déserts spirituels ?

    Merci aux F.M. d’avoir…permis ?…provoqué ?…accompagné cette rencontre avec un Dieu vivant, qui se désespère, ou pas, de ce que Ses ouvriers soient parfois si défaillants, tellement humains dans leurs pauvreté, petitesse et perversion, oui.

    • J’aime beaucoup ce message, merci !

    • Souvenirs des F.M.J de Blois - 1989/1995 5 novembre 2022 17:59, par Anne Thoraval

      Votre témoignage, Michel, ne saurait, en réalité, n’engager que vous et pas les Fraternités monastiques de Jérusalem et ne peut en aucun cas démentir leur nuisance, et en premier cette fascination liturgique qui a piégé tant de personnes, tout à fait de bonne foi, bien évidemment. Oserais-je dire qu’on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre ? Les témoignages individuels, positifs et pleins de gratitude à l’endroit des communautés les plus déviantes, attachés à un parcours souvent salvifique, parfois même exceptionnel, peinent hélas à distinguer la cause de l’effet. Car aucun de ces parcours parfaitement respectables, n’ôtera l’épuisement, l’exploitation, l’aliénation de membres de ces communautés, alors contraints à des sourires de façade, les déroutes d’ une existence devenue catastrophique aux plans moral, spirituel et financier. en termes plus précis, de solitude et de précarité, pour ne pas dire de misère.

      • Souvenirs des F.M.J de Blois - 1989/1995 12 novembre 2022 08:38, par Michel

        Réponse à Anne Thoreval

         1° "[Mon] témoignage ne saurait engager que [moi] : eh, oui, Madame ! C’est mon témoignage, celui de mon expérience, pas le vôtre ni celui d’aucun/e autre. Par définition, un témoignage est personnel, individuel, et à ce titre, a toute sa légitimité, ne vous en déplaise.

         2° « il ne peut démentir la nuisance, etc… » Mais, relisez-le calmement, Madame : il n’a d’autre prétention que de témoigner de ce que j’ai vécu, découvert et partager avec elles/eux. Que vous parliez, VOUS, « d’attraper des mouches avec du vinaigre » me semble relever d"une…de VOTRE appréciation dans laquelle je vous prierai de bien vouloir ne pas englober la mienne, en essayant de la décrédibiliser, voir, de la rejeter. Mon expérience et donc mon témoignage sont différents, et/mais tout aussi recevables que respectables. Il ne porte pas sur le même aspect du tout.

         3° Je comprends, crois entendre et percevoir que vous ayez peut-être pu avoir été membre (à quel titre ?) des F.M.J, et que vous en ayez une perception forcement très différente. Mais je vous serai grée, encore une fois, de ne pas jeter l’opprobre sur, de rejeter le vécu, le ressenti et l’expérience de celles et ceux qui ne se sont justement pas laissés « aveuglés » par les apparences, et jetées, comme des…« mouches » dans une carafe de…« vinaigre ».

        Ces précautions sont énoncées et présentes dans « mon » témoignage. J’ai gardé ma liberté de penser et d’analyser, PARCE QUE resté en dehors de tout système clos ; idem pour la communauté des frères de Saint Jean, citée, et/ou de celle de l’Emmanuel que j’ai approché avant de m’en détacher très vite.

        Pour finir, Madame, devrais-je souligner et m’excuser, encore, de n’être pas, de n’avoir pas été une « mouche », et de ne pas m’être laissé, moi, piéger par aucune « structure » spirituelle…ni d’avoir jamais eu maille à partir avec certaines autres gravissimes dérives de certains clercs de l’Église Catholique, Apostolique et Romaine envers des personnes, mineures ou jeunes, Institution n’ayant pourtant strictement rien à voir -à priori ; vous voudrez bien m’arrêter et/ou compléter si je me trompe- avec ces communautés (nouvelles ?) contre lesquelles vous semblez avoir quelque(s) ressentiment(s) certain(s)

        Bien à vous, Madame. CORDIA.lement, et en [comm]Union de Prière

        • Souvenirs des F.M.J de Blois - 1989/1995 13 novembre 2022 01:55, par Anne Thoraval

          Non, je n’ai jamais fait partie d’aucune communauté et n’ ai vécu aucun abus. J’ai découvert, d’abord avec perplexité puis stupéfaction, ces affaires, en grande partie grâce à ce site ( et celui de l’Avref). J’ ai été atterrée de ce monde ni plus ni moins totalitaire dissimulé sous des sentiments aussi vagues que sublimes, des beautés liturgiques (on n’atttrape pas des mouches avec du vinaigre) et des silences mortifères. Et j’ai trouvé que tout ça était très grave. Vous dîtes "ne pas m’être laissé, moi, piéger par aucune « structure » spirituelle…". Sur ce site, nombreux sont ceux qui peinent dans une honte terrible de longues années durant. Telle n’est pas votre situation, et mille fois tant mieux. Mais pour leur courage, si édifiant, à le dire, j’ai, moi, un immense respect. Je ne dénigre en aucun cas votre expérience, ni votre témoignage. Je vous disais simplement que les témoignages individuels élogieux, évidemment sincères, peuvent contribuer à rassurer et donc retarder des prises de conscience nécessaires. C’est tout.

          • Souvenirs des F.M.J de Blois - 1989/1995 16 novembre 2022 11:52, par Françoise

            Je partage votre avis, Anne. Dans tout groupe humain dérivant, il y a aussi des bons moments qui seront vécus. S’il faut en faire état aussi, parce que tout n’est pas tout blanc ou tout noir dans ces communautés, lorsque le groupe a basculé dans des comportements abusifs et criminels, les témoignages positifs peuvent freiner des prises de conscience chez des personnes abusées et victimes n’osant pas reconnaître la situation abusive et criminelle vécue, se raccrochant aux bonnes choses mais refusant d’aller voir les mauvaises parce que ça fait trop mal.

            Ce qui me surprend toujours, c’est le cyclique des messages positifs sur certaines communautés dérivantes et sectaires, généralement à des moments cruciaux pour ces communautés (nouveaux scandales et crimes révélés, procès, ou actualité politique, religieuse). Si certains messages sont tout à fait authentiques, d’autres sont le fait d’une stratégie orchestrée par des membres actifs de ces communautés, invités (pour leur salut et leur progression hiérarchique parfois au sein de la communauté) par des cadres dirigeants à se rendre sur certains sites rassemblant des victimes pour mettre en doute les témoignages négatifs, culpabiliser les victimes, valoriser l’expérience communautaire de façon lyrique ainsi que leurs dirigeants (même si sous le coup de procès, en prison ou destitués de par des comportements déviants, criminels). C’est observable sur toutes les communautés dérivantes sectaires cathos.

            Pour faire la part des choses, il suffit d’aller taper dans un moteur de recherche le nom de la communauté sur le chapitre actualités. Si des affaires criminelles, un procès en cours ou une actualité politique, sociale, financière les concerne et se trouve médiatisée en presse, tv et sites internet dans les semaines précédentes, vous pouvez être sûre que le témoignage positif est téléguidé et stratégique. Ce qui permet de prendre du recul rapidement vis à vis tant du propos que de la façon positive dont est présentée la communauté pourtant clairement mise en cause au plan judiciaire. J’essaie régulièrement de pratiquer cette recherche, ce qui m’aide à comprendre les motivations réelles de certains de ces messages, au-delà des raisons et expériences personnelles mises en avant dans ce type de témoignages.

            C’est une grille d’analyse supplémentaire qui permet de comprendre d’où parle l’auteur-e du message par delà ce qui est exprimé. Lorsqu’il n’y a pas d’actualité médiatique concernant ces communautés, mais des messages positifs, il est plus probable que ce témoignage est authentique et non guidé par des intérêts privés autres. Mais seulement par l’expérience personnelle. Ce qui est un phénomène de plus en plus rare dans la mesure où : une fois la communauté dénoncée publiquement et judiciairement et médiatiquement (il faut les trois domaines activés pour établir l’information comme étant fiable et non une rumeur), les personnes y compris ayant fait des expériences positives à l’intérieur, se manifestent rarement pour les raconter : principalement par peur de cautionner l’inacceptable ou des dirigeants reconnus comme criminels par la justice pénale.

            Quand elles le font, c’est qu’elles ont des intérêts particuliers à défendre pour ces communautés (certains dirigeants) ou une dette liée à une aide fournie par ces communautés à un moment de leur parcours. Ce qui suppose aussi un certain déni des réalités pénales et judiciaires et de la souffrance des victimes. Ceci étant dit, la prise de conscience de tous ces paramètres n’est jamais la même d’un individu à l’autre, victime ou non. Il y a des stades de compréhension, d’acceptation des réalités les plus dérangeantes et criminelles. Au delà des seules communautés dérivantes sectaires. Donc rester serein et penser qu’arrivera bien un jour où, le déni ne sera plus possible, même s’il est encore manifeste chez certains intervenants. Chacun a son heure de maturation et d’acceptation sur ces affaires sensibles.

  • Rosemarie 9 août 2022 09:43

    Courage A mes chères sœurs des fraternités de St Gervais, je vous dis ma reconnaissance pour tous les moments de joie que j’ai eus à vous écouter et regarder sur KTO. J’ai aussi bénéficié des homélies et des différents moments de méditation, qui m’ont encouragée dans ma foi. Bien que protestante, je me sentais proche de votre fraternité par notre foi commune en Jésus. Il le reste à espérer que les points obscurs à ce jour seront mis en lumière pour vous permettre de continuer à vivre votre vie consacrée dans la dignité et le respect de chacun. Que le Christ vous bénisse et vous garde.

  • corinne 27 juin 2022 15:07

    de 1997 à 2003 j’ai bien connu les fraternités à PARIS St GERVAIS et STRASBOURG, j’ai été postulante, ensuite novice puis on m’a dit que je n’étais pas faite pour la vie en communauté , ni pour être ermite alors ils ont pondu un nouveau statut de familière sans signature et sans validation de l’évéché, et encore moins de Rome , je vous passe de décrire tout ce que j’ai pu endurer moralement de ces soeurs et du fondateur Pierre Marie DELFIEUX, moralement, par contre je n’ai jamais rien subi physiquement , je me souviens d’une réflexion d’une prieure : à ma remarque je lui disais que en tant que baptisée nous avions reçu l’esprit saint et donc elle pouvait m’écouter ; réponse de la prieure : l’esprit saint ne vient pas d’en bas mais d’en haut c’est à dire soeur Marie prieure générale. autre remarque qui m’a peiné : alors que j’interrogeais la maîtresse des novices sur la place des pauvres dans la communauté de jérusalem , que faisons nous pour tous ces pauvres qui mendient à notre porte/ Réponse : mais les pauvres , c’est nous. aujourd’hui je me sent libérée, mais j’ai vécu pendant de longues années avec une sorte de culpabilité qui m’a détruite spirituellement. maintenant je n’en veux à personne , j’ai même pardonné, le cœur de Christ est compatissant et miséricordieux , c’est cela la bonne nouvelle.

  • Pierre 16 mai 2022 17:52

    Au dire du communiqué émanant du site web des Fraternités de Jérusalem, les quatre axes de « réforme » semblent ne pas toucher aux questions de fond. Surprenant ! Les questionnements concernant la possibilité d’une réelle réforme et d’une protection des personnes dans ces conditions est légitime. Quant à la place des victimes, je reste choqué qu’elle ne soit pas même mentionnée, en 2022, après tout ce que l’Institution ecclésiale dit pourtant avoir compris, en tout cas dans le langage médiatique. Les victimes ne devraient plus être simplement un objet de communication.

    Merci à celles d’entre elles qui font leur part avec courage, là où elles sont, pour que la vérité se fasse et que les personnes humaines soient respectées.

    • Effectivement il est très étonnant que le communiqué des FMJ ne fasse aucune allusion aux nombreux anciens membres ( frères et sœurs ), comme si les « dysfonctionnements « mentionnés n’avaient pas engendré des dégâts sur des vies humaines. Et comme si les réformes prévues pouvaient se faire sans tenir compte des dommages faits sur les personnes.

      • A Pierre et à Ancienne Soeur,

        Dans les Fraternités, la personne ne compte que par ce qu’elle apporte au groupe. S’il y a des problèmes, on considère que c’est elle qui dysfonctionne, pas le groupe. Et lorsqu’elle part, elle ne présente plus aucun intérêt et se trouve immédiatement oubliée puisqu’il y a toujours quelqu’un pour la remplacer. Cela n’a apparemment pas changé depuis 45 ans et il y a fort à parier pour que les membres actuels ne comprennent toujours pas que les principales réformes sont à effectuer par rapport au regard qu’ils portent sur la personne. La liturgie, c’est bien. Se soucier de l’autre, et d’abord du prochain qui leur est le plus proche, voilà qui commencerait à être évangélique.

        • Je suis tout à fait d’accord. Quand les personnes ne sont vues que comme des moyens pour une communauté de continuer à « fonctionner « ; c’est la porte ouverte à tous les abus.

          De plus, dans une communauté religieuse, il est facile de jouer sur la générosité voire l’abnégation de certains membres, plus le vœu d’obéissance, pour faire passer comme tout à fait normal ce qui finit par détruire.

          Puisque le but est par avance dit « saint » ; tous les moyens ou à peu près deviennent légitimes pour atteindre ce but en réalité fantasmé quand on y réfléchit bien. Car qu’est ce au juste que la saintete quand on n’a plus les pieds sur terre et que l’on vit avec les anges ?

          C’est le piège de la spiritualité auquel tout le monde se laisse prendre, et qui explique, en grande partie, emprise, déni, difficultés à prendre conscience de ce qui ne va pas puisque des explications spirituelles viennent immédiatement tout légitimer.

  • Marie-Stella 10 mai 2022 07:07

    Quelques questions suite à la décision romaine :

    • comment changer un système en conservant au pouvoir ceux qui le font actuellement tourner ?
    • ne doit-on pas être inquiet de constater que la réparation morale à l’égard des victimes passées et présentes n’est en rien évoquée ? N’ont-elles été que des objets au service d’une communication de façade (avec la création d’une cellule d’écoute qui n’a donné comme suite qu’un rapport mais aucune action) ?
    • quelle réforme pour la branche apostolique (fraternités apostoliques de Jérusalem situées à Tarbes et en Italie ayant été auditionnées dans le cadre de la visite apostolique) mais n’appartenant pas canoniquement à l’Institut des FMJ ? Elles ont pourtant hérité du caractère systémique des dérives qu’elles perpétuent dans leur branche (Cf. un témoignage paru dans l’enquête de Sophie Lebrun nommée dans l’article de Yves Hamant).
    • quelle attention aux problèmes systémiques d’emprise, de dévoiement du voeu d’obéissance, de dépersonnalisation des membres ? (Seuls 4 points superficiels sont évoqués dans le processus de « réforme » et ces aspects correspondent à des points sur lesquels les FMJ travaillent depuis plusieurs années déjà mais en vain) ?

    A quand cette « Eglise interrogative et non pas engourdie » ? Quand les « victimes de tous types d’abus trouveront-elles une main qui les protègent et les sauvent de leur douleur »* ?

    * pape François

    • A Marie-Stella,

      Ce sont des questions cruciales. Je n’ai cessé les démarches épuisantes ces dernières années pour en arriver au petit résultat actuel. Depuis 45 ans, il ne se passait strictement rien.

      J’attends vraiment que d’autres qui sont concernés de près prennent le relais ou au moins m’aident dans ce combat pour rendre publiques les dérives de Jérusalem et que TOUS les anciens, des différentes branches, soient entendus.

      • Anne,

        Il est en effet nécessaire de rappeler combien briser l’omerta sur les FMJ fut difficile, étant donné son aura dans l’Eglise et auprès de nombreux laïcs, et la quantité de démarches douloureuses et épuisantes, il a fallu et il faut encore avoir le courage de soutenir pour continuer ce combat pour la vérité et la justice qui est loin d’être terminé.

        Ce sont des montagnes de déni, d’inertie et parfois de mauvaise foi qu’il faut soulever en revenant sans arrêt à la charge.

        Par conséquent, nous devons, je pense, une grande reconnaissance à ceux qui, tout seuls au départ, puis aidés par quelques personnes qui les ont crus, ont eu le mérite de faire le premier pas.

    • Bonjour. Plusieurs frères et sœurs actuels on fait les même remarques. Aves-vous avez fait entendre vos questions aux assistants apostolique ?… peut-être cela nous aidera à avancer un peu plus vite et en profondeur. Merci.

      • A Rafaela,

        Si des frères et soeurs actuels s’interrogent sur l’attitude à adopter vis-à-vis des innombrables ancien(ne)s (ce dont il n’est nullement question dans le dernier communiqué), comme sur les réformes à engager, il me semble que tout est clairement dit dans le bilan de la cellule d’écoute. Les assistants apostoliques en ont pris connaissance et nous ne pouvons qu’espérer qu’ils aideront les membres actuels à voir clair. Maintenant, tout ne peut pas être fait à la place de ces derniers qui doivent à un moment ou à un autre prendre leurs responsabilités. Les soeurs, pour des raisons historiques et de manque de recul par rapport au fondateur assez claires, semblent particulièrement en difficulté pour le faire.

  • Ancienne sœur 9 mai 2022 12:50

    Ça avance…. mais bien lentement.

    En effet, les dysfonctionnements, responsables de tant de dégâts humains, désormais reconnus de façon officielle, existent depuis des décennies.

    Esperons donc maintenant ; - D’abord que toute la vérité soit faite sur la fondation et qu’un historique précis remplace la légende dorée. Ce qui est loin d’être le cas à l’heure actuelle.

    - Que les réformes nécessaires pour éviter d’autres dégâts humains puissent se faire et qu’on ne se contente pas, comme souvent dans ce cas, de replâtrages apparents.

    -Que les sœurs prennent exemple sur les frères qui ont reconnu officiellement leurs torts.

    - Que les anciens membres qui le demandent reçoivent les réparations financières qui leur sont dûes. Rien de bon ne peut se construire sans ces deux conditions préalables ; reconnaissance des dommages subis et, en conséquence, réparation.

    Il serait bon aussi que les laïcs, alors qu’ils ne savent rien savoir du fonctionnement interne de ces communautés, cessent d’être à ce point naïfs et enclins à admirer sans aucun recul personnages charismatiques et communautés religieuses.

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