Dimanche 26 novembre 2017

L’association des Travailleuses missionnaires mise en examen pour travail illégal

L’association catholique est accusée d’avoir employé des centaines de femmes étrangères - venues d’Afrique ou d’Asie - dans ses restaurants en France en dehors de tout cadre légal. Huit plaintes ont, pour l’heure, été déposées.

L’association catholique des Travailleuses missionnaires a été mise en examen à Épinal, dans les Vosges, pour avoir employé dans des restaurants des centaines d’étrangères en dehors de tout cadre légal, a indiqué ce mercredi le parquet, confirmant une information du quotidien La Provence . L’inculpation, qui remonte au 9 novembre, porte sur l’« emploi d’étrangers démunis d’une autorisation de travail » et le « recours à personnes exerçant un travail dissimulé », a indiqué dans un communiqué le procureur de la République à Épinal, Étienne Manteaux.

Les Travailleuses missionnaires de l’Immaculée (TMI), dans le collimateur depuis plusieurs années de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), sont des « vierges chrétiennes » affectées à des restaurants de sanctuaires. Elles appartiennent à la Famille missionnaire Donum Dei (FMDD), association reconnue par le Saint-Siège et rattachée à l’ordre des grands carmes. Une enquête préliminaire avait été ouverte en octobre 2015 par le parquet d’Épinal après un signalement de l’inspection du travail visant un établissement à Domrémy-la-Pucelle, dans les Vosges.

Suite de l’article sur le site du Figaro.fr

Voir en ligne : http://www.lefigaro.fr/actualite-fr…

Vos réactions

  • EX TM 3 décembre 2017 16:50

    Ceux qui qualifiaient les ex TM de calomniateurs, de menteurs que ceux là reviennent encore prendre la défense des TM. Tôt ou tard la vérité finit toujours par triompher. Cette fois-ci ces bonnes femmes vont payer très cher tout le mal qu´elles ont eu à faire pendant des années aux âmes généreuses qui leur ont fait confiance.

    • Il semble que tous ces restaurants aux prix proche de la moyenne pratiquée en France avec une main d’œuvre quasi gratuite ont du faire des bénéfices importants ? Qu’on t’ils fait de cette manne financière ? Juste cette question légitime pour un chrétien !

      • Bonjour Michel

        Pour répondre à votre question, il faudrait peut-être aller enquêter du côté de l’IOR , de certains fonds de pension également.

        Plus directement, vous pouvez vous rendre compte que le travail non rétribué des jeunes filles a permis au père Roussel-Galle d’acheter des biens immobiliers pour établir d’autres sites similaires, y compris à Rome. C’est un investissement dans la pierre qui a été privilégié, comme le faisaient autrefois les anciens couvents prisons avec l’argent que leur rapportaient les jeunes pensionnaires (travail quotidien et gratuit des pensionnaires, 12H par jour pour les plus de 12 ans, vente des bébés des pensionnaires enceintes, mais aussi, aide publique de l’état, mais aussi perception d’une dotation privée d’industriels utilisant le travail gratuit des pensionnaires, mais aussi pour certains établissements, dotation de laboratoires pharmaceutiques pour test direct de nouveaux médicaments ou de vaccins sur les pensionnaires).

        Il y a aussi sans doute aux TM comme du temps des couvents prisons, une dotation financière de l’association faite aux diocèses où sont implantés ces restaurants. Dotation financière qui étouffe durablement toute forme de contestation, d’interrogation et assurait certainement aussi jusqu’à présent, la médiatisation de l’entreprise au sein du catholicisme institutionnel et des réseaux catholiques (presses, communautés religieuses, diocèses).

        Le premier restaurant établi à Toulon, a dû arroser le diocèse régulièrement. Mais pour en avoir confirmation, il faudrait aller demander l’examen des comptes du diocèse. Et je doute fortement que Mgr Rey veuille ouvrir les archives et les comptes de l’époque…

        Ce qui est terrible, c’est comment l’abbé Roussel Galle a été encensé par l’institution (notamment par l’archevêque André Lacrampe) et raccordé à l’abbé Georges Guérin, fondateur de la JOC.

        http://www.mondio16.com/fichiers/actes.pdf

        Par contre, là où le panégyrique fait par Lacrampe est très intéressant à lire, c’est qu’il renseigne bien sur l’évolution de l’œuvre des TM et la mutation internationale qui s’opère, à partir des années 60-70, en pleine période de décolonisation et donc, en pleine période de grande misère dans pas mal d’anciennes missions françaises asiatiques et africaines.

        Alors qu’en France, après le droit de vote en 1944, l’égalité constitutionnelle absolue entre hommes et femmes en 1946, on commence à parler et à développer les droits fondamentaux des femmes, et notamment à partir de 1965, toutes les femmes obtiennent la possibilité d’être indépendantes financièrement (en pouvant ouvrir un compte en banque et exercer une profession sans autorisation du mari et elles obtiennent en plus l’égalité en droits conjugaux et parentaux), ces avancées sociales et constitutionnelles ne concernent ni la majeure partie des pays d’Afrique, ni la majeure partie des pays d’Asie.

        Ces pays où règnent la guerre, la misère et l’absence de droits fondamentaux, mais aussi où les femmes n’ont que peu ou pas accès à l’éducation scolaire (hormis quelques foyers religieux missionnaires), permet donc, avec la promesse de promotion sociale et religieuse, de pouvoir recruter facilement des jeunes filles éduquées dans ces foyers religieux, pour les faire travailler gratuitement en Europe (en échange seulement d’un hébergement et de nourriture et une très très vague prise en charge sanitaire).

        On arrive aujourd’hui à une révolte des filles et des femmes qui comprennent pour partie au moins, l’exploitation et l’instrumentalisation qui ont été faites de leur personne et de leur situation. Et qui ne sont plus prêtes à accepter comme par le passé, l’esclavage.

        Différents articles récents, suite à des ouvrages et statistiques sur le sujet de l’esclavage moderne, rendent compte d’une augmentation de l’esclavage y compris en Europe, de façon alarmante :

        https://www.bastamag.net/Travail-force-et-esclavage-moderne-sont-de-retour-en-Europe

        https://www.lesechos.fr/31/05/2016/lesechos.fr/021981751275_l-esclavage-moderne-touche-46-millions-de-personnes-dans-le-monde.htm#

        http://www.lepoint.fr/societe/les-chiffres-affolants-de-l-esclavage-en-2017--01-08-2017-2147431_23.php

        Et signalent trop peu d’investissement des pouvoirs publics français dans la lutte contre la traite et l’esclavage moderne :

        http://www.cncdh.fr/fr/publications/urgence-extreme-lutter-contre-la-traite-et-toutes-les-formes-desclavage-aujourdhui-en

        Espérons que cette terrible affaire d’esclavage moderne des TM, permettra d’améliorer en France, la lutte contre la traite et l’esclavage moderne.

        Et espérons que l’institution cléricale qui a depuis plus de 50 ans, soutenu largement l’activité, s’interrogera sur la dimension abusive, contraire à l’évangile et à la dignité humaine de ces pratiques.

        Je ne suis personnellement pas du tout sûre, qu’une telle prise de conscience se fera (au plan collectif et hiérarchique). Mais on peut toujours prier pour qu’il y ait au moins chez quelques clercs, religieux, religieuse, une prise de conscience individuelle. Ce fut le cas dans certains pays chez des clercs face au système de travail forcé, abus sexuels et vols et ventes d’enfants des couvents prisons. Nous pouvons donc espérer qu’il en sera de même vis à vis des TM.

        • Travailler en échange du gîte, du couvert et de la vie religieuse en communauté, c’est pour cela que les jeunes filles avaient postulé, pour entrer dans un ordre religieux. Et cela leur a été refusé. Elles voulaient s’engager envers l’Eglise et l’Eglise n’a pas voulu s’engager envers elles. Pourquoi ? Pour des « vices de procédures » dans la constitution de la demande ? Par mépris à cause de leur milieu d’origine pauvre ? Grâce à leur travail, elles n’étaient pas à la charge de l’Eglise pourtant. Etonnant fiasco. Par ailleurs il existe une utopie proche, à la mode, le « woofing » (travailler en échange du gîte et du couvert), réservée au départ aux voyageurs désargentés, mais que certains revendiquent comme mode de vie. (Utopique : la santé éternelle pour ce faire n’existe pas.) Les religieux ne sont pas les seuls à rêver…