Mardi 25 février 2014 — Dernier ajout mercredi 26 mars 2014

Rahab et Jéricho, symboles de l’Eglise et du monde

Nous publions aujourd’hui une homélie d’Origène, qui nous invite à contempler le mystère de l’Eglise, symbolisée par Jéricho et Rahab : D’un côté, elle est engloutie par le péché de ses membres, de l’autre, elle est sauvée par le sang du Christ.

Homélie d’Origène sur le livre de Josué (5,13)

Rahab et Jéricho, symboles de l’Église et du monde.

On assiège Jéricho, et il faut la prendre d’assaut. Quels vont être les moyens d’attaque ? On ne tire pas l’épée, on ne dresse pas la machine de guerre, on ne brandit pas les javelots contre elle. Seules sont utilisées les trompettes des prêtres, et elles font s’écrouler les murs de Jéricho.

Dans l’Écriture, nous rencontrons souvent Jéricho comme la figure de ce monde. Par exemple, lorsque l’Évangile nous dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho et il tomba sur des bandits, cet homme est évidemment la figure d’Adam, chassé du paradis et exilé dans ce monde. Quant aux aveugles de Jéricho, que Jésus vint trouver pour leur rendre la vue, ils représentaient les hommes de ce monde, accablés par la cécité de l’ignorance, et pour qui le Fils de Dieu est venu.

Or, cette ville de Jéricho, c’est-à-dire notre monde, doit s’effondrer. Car, depuis longtemps, les livres saints ont annoncé la fin du monde. Or, comment donc finira-t-il ? De quelle manière ? Par le son des trompettes, dit l’Écriture. De quelles trompettes ? Demandons à saint Paul de nous dévoiler ce secret ;écoutez ses propres paroles : Elle sonnera, la trompette, et ceux qui sont morts dans le Christ ressusciteront, impérissables. Et encore : Sur l’ordre de Dieu, à la voix de l’archange, au son de 1a trompette, le Seigneur descendra du ciel. C’est alors qu’au son de la trompette notre Seigneur Jésus (Josué) triomphera de Jéricho, et sa victoire sera si accablante que seule la courtisane avec toute sa maison sera sauvée. Il viendra donc, Jésus, notre Seigneur, et il viendra au son des trompettes.

Dans ce récit Rahab symbolise avec sa famille ceux qui seront sauvés. Que le Seigneur la sauve, elle seule qui accueillit ses éclaireurs, c’est-à-dire qui a reçut ses Apôtres avec foi et soumission, et les installa dans le haut de sa maison qu’il joigne et unisse cette courtisane à la maison d’lsraël. Mais cessons de rappeler ses anciennes fautes et de lui en tenir rigueur. Elle a été courtisane autrefois, maintenant elle a été unie au Christ comme une vierge chaste à son unique époux. Ecoutez comment l’Apôtre parle d’elle : Je vous ai fait rencontrer le seul Epoux et vous êtes l’épouse chaste que j’ai unie au Christ . Il en venait, celui-là même qui disait : Nous étions autrefois tous insensés, errants, égarés, esclaves de toutes sortes de convoitises et de jouissances.

Faut-il de plus longs commentaires pour vous expliquer comment la courtisane n’est plus une courtisane ? Écoutez encore saint Paul : Vous avez été tout cela, mais tous vous avez été lavés, et vous avez été sanctifiés au nom de Jésus Christ notre Seigneur et dans l’Esprit de votre Dieu.

Pour qu’elle échappât, en effet, à la ruine de Jéricho, elle reçut des éclaireurs le signe très puissant du salut, le fil d’écarlate. Car c’est par le sang du Christ que l’Église universelle est sauvée, en Jésus Christ notre Seigneur, à qui appartiennent la gloire et la puissance pour les siècles des siècles. Amen.

G. BIFFI, Casta meretrix. Saggio sull’ecclesiologia di sant’Ambrogio, Casale Monferrato, Piemme, 1996.