Mercredi 17 décembre 2014

Travailleuses Missionnaires : Il y a 30 ans déjà…

Les autorités vaticanes étaient au fait de la situation très préoccupante des Travailleuses Missionnaires, comme le prouvent les deux documents suivants, présentés par l’AVREF dans le terrifiant dossier « Le Livre Noir des Travailleuses et Travailleurs Missionnaires de l’Immaculée ». (Dossier intégral à télécharger sur le site Internet de l’AVREF)

Lettre du 13 février 1984 de Mgr Guy DEROUBAIX, évêque de Saint-Denis-en-France à Mgr MARTINEZ, Secrétairerie d’État au Vatican :

L’évolution de ce groupe (les TM) a été catastrophique pour un certain nombre de jeunes qui s’y sont engagés. […]

Je pense que la situation de ces personnes mérite attention. Certaines ont subi de graves injustices au nom de l’Église, d’autres me semblent encore en danger.

Le Cardinal Poletti, Vicaire Général de Rome, avait vu arriver de Belgique dans son diocèse le groupe des travailleuses missionnaires avec son fondateur, l’abbé Marcel Roussel-Galle. Mis au courant de graves problèmes tant par l’Officialité du diocèse de Liège que par le diocèse de Saint Denis, il avait souhaité et prévu un entretien de clarification avec le fondateur le 24 février 1984. Ce dernier avait désigné pour lui succéder comme responsable générale Mlle Renée Prieur. C’est donc à elle que le cardinal Poletti s’adresse avant la rencontre. Finalement l’entretien n’a jamais eu lieu, l’abbé Roussel-Galle étant décédé dans la nuit qui précédait le rendez-vous prévu.

Rome, le 6 février 1984

Je vous remercie vivement pour la lettre que vous m’avez adressée le 31 janvier 1984. Cette lettre m’offre l’occasion de clarifier certaines équivoques ou quelques malentendus qui, certainement, se sont introduits dans notre travail de recherche commun.

Je dois par conséquent préciser certaines choses :

  1. il est hors de question que l’Association « Donum Dei » soit et puisse demeurer une Association de vierges laïques vivant en communauté ;
  2. il est hors de question que l’Association puisse et ait à étendre son apostolat d’ambiance et qu’elle puisse pour cela s’agréger des mères et des enfants voulant participer à son activité religieuse et sociale ;
  3. il est hors de question que l’Association désire être reconnue par le « Conseil pour les laïcs » ; on ne peut non plus parler d’admission, étant donné que le Conseil pour les laïcs est un Dicastère du Saint-Siège et non une fédération d’associations ;
  4. il est hors de question que le Conseil pour les laïcs veuille donner une quelconque reconnaissance à une Association qui ne soit pas d’abord reconnue par un Évêque diocésain ;
  5. il est hors de question que le Diocèse de Rome soit toujours disposé pour donner une reconnaissance officielle à l’Association « Donum Dei » tant que certaines conditions ne sont pas réunies.

Ceci étant clarifié, je dois dire que le questionnaire que je vous ai soumis n’avait pas pour visée de préparer des Statuts ni un Règlement ; mais il tentait seulement d’aider les T.M. à éclaircir certaines incertitudes qui troublent beaucoup d’entre elles.

En effet, la tempête déchaînée en Belgique et en France par le Conseil des Libertés n’est pas finie, mais seulement suspendue par les soins du Vicariat de Rome, dans l’espoir qu’il puisse apporter de la lumière « à l’intérieur des T.M. ».

De plus, l’inquiétude s’est considérablement étendue « à l’intérieur des T.M. », puisqu’elles affirment qu’il n’existe pas de climat de dialogue ni de formation religieuse suffisante et responsable, comme il serait convenable pour des personnes laïques et adultes.

Beaucoup de lettres que j’ai reçues de T.M. réparties dans les différents pays l’affirment et implorent une aide pour éclaircir les choses.

Dans cette situation, j’étais disposé - dans un climat de rencontre et de dialogue - à aider le Conseil International à faire la lumière sur les perplexités existantes, et à entreprendre la préparation de véritables Statuts. Je n’ai jamais pensé en revanche m’immiscer dans le gouvernement de l’Association.

Puisqu’il semble que mon aide soit interprétée comme une volonté de conduire l’Association vers quelque chose à caractère d’Institut Religieux et, donc, que cela ne soit pas apprécié, je considère plus approprié de ne plus m’occuper de l’Association. Je suis préoccupé par le trouble interne croissant et par les attaques qui encore aujourd’hui se renouvellent de l’extérieur. Mais il ne me reste plus maintenant qu’à prier pour vous.

Je retiens seulement que dans les conditions actuelles, je ne peux même plus protéger, avec l’autorité du Vicariat, vos épaules. Je peux seulement me contraindre au silence.

Je prie la Vierge Immaculée pour qu’elle vous illumine et vous protège.

Dev.mo (très dévotement)
Card. Poletti.