Jeudi 20 décembre 2012 — Dernier ajout dimanche 27 janvier 2013

Comment Maciel a réussi, grâce à l’argent, à se construire des réseaux d’influence au Vatican ?

Le défunt père Maciel a été jadis le plus grand collecteur de fonds de l’Eglise Catholique, ainsi qu’une figure charismatique connue pour ses talents de recruteur, à une époque de pénurie vocationnelle. Mais derrière cette imposante façade, Maciel était un pédophile notoire et le père indigne de plusieurs enfants obtenus avec différentes femmes.

Par Jason Berry, pour le National Catholic Reporter (NCR).

La triste saga du fondateur de la Légion du Christ, une congrégation opaque et sectaire, qui fait actuellement l’objet d’une enquête du Vatican, débouche sur une histoire encore plus sombre, à savoir comment un homme, par sa trahison et ses mensonges, a réussi à aveugler les plus grandes figures de la Curie Romaine, et comment, grâce à l’argent et à ses apparentes réussites, Maciel a su obtenir la protection et le soutien du Vatican. Pendant des années, ni les responsables des différentes congrégations vaticanes, ni même le Pape, n’ont su voir les signaux d’alarmes avertissant que quelque chose était en train de pourrir dans cette communauté, dont les membres appelaient leur chef « Nuestro Padre » (Notre Père), et le considéraient comme un saint vivant.

Le charismatique mexicain, qui avait fondé la Légion du Christ en 1941, envoyait régulièrement des quantités importantes d’argent aux représentants de la Curie Romaine, avec des desseins très calculés, selon de nombreuses sources interrogées par le National Catholic Reporter : Maciel se construisait ainsi un réseau d’amitié pour sa congrégation, et de défense pour lui-même, au cas où sa vie secrète ahurissante venait un jour à être connue.

Or, tout avait bien été établi dès la première visite apostolique : Maciel était morphinomane, et avait abusé sexuellement d’une vingtaine, au moins, de séminaristes de la Légion, entre les années 40 et 60. Mgr Joseph McGann, évêque de Rockvill Centre, dans l’état de New York, avait envoyé à plusieurs reprises (en 1976, 1978 et 1989) au Vatican une lettre écrite par un ancien prêtre de la congrégation, portant des allégations très détaillées sur la nature de ces abus, et cela, à travers les voies officielles. En vain. Maciel a commencé à avoir des enfants dans les années quatre-vingt, trois d’entre eux avec deux femmes mexicaines. A cela s’ajoute, d’après le journal El Mundo de Madrid, une troisième famille de trois enfants en Suisse. Dissimulant ses nombreuses liaisons, Maciel s’est construit une fortune colossale en soutirant de l’argent à de riches bienfaiteurs et en gagnant les bonnes grâces des représentants de l’Eglise à Rome.

« Tout ce que je peux dire à propos du père Maciel, c’est que c’était un escroc fini », affirme le père Stephen Fichter, sociologue et ancien membre de la Légion. « Il aurait utilisé n’importe quel moyen pour parvenir à ses fins, y compris celui de mentir au Pape, ou à tous les cardinaux de la curie romaine. »

Lorsque Maciel est mort, le 30 janvier 2008, les dirigeants de la Légion ont annoncé que le fondateur de 87 ans était monté au ciel. Alors que Dieu seul connait le destin de Maciel, la déclaration de la Légion apparaît avec le recul comme le dernier acte de tromperie de celui dont l’hérédité continue de semer le chaos depuis sa tombe. En février 2009, les Légionnaires ont révélé que Maciel avait une fille. Et le mois dernier, les Légionnaires ont exprimé maladroitement quelques vagues regrets à l’égard des victimes du père Maciel, en oubliant de les citer nominalement… quatre après que le Pape Benoît XVI ait demandé au père Maciel de se retirer de tout ministère publique et de vivre une vie de prière et de pénitence, pour avoir abusé de jeunes séminaristes.

Maciel a conduit ses disciples sur un sentier de perdition. Ironie brutale du destin pour Benoît XVI, qui est le seul a avoir engagé une enquête, malgré les pressions du principal défenseur de Maciel, le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’État du Vatican de 1990 à 2006. Maciel a laissé un empire ecclésial estimé par le journal italien L’Espresso à 25 milliards d’euros, avec un budget annuel de 650 millions d’euros selon le Wall Street Journal. La congrégation comptait 700 prêtres et 1300 séminaristes en 2008.

Il n’y a pas, au cours de l’histoire, de scandale dans l’Eglise aussi complexe que celui-ci. Une gigantesque opération financière est dans les mains d’une congrégation religieuse que beaucoup considèrent comme une secte, et dont les dirigeants sont soupçonnés d’avoir dissimuler la vie dissolue de leur fondateur. Alors que le Vatican est en pleine négociation avec la Légion - et avec l’épineuse question juridique de savoir si le Saint-Siège peut intervenir sur le cours de leurs transactions financières - trois des enfants de Maciel, avec leur mère mexicaine, exigent une indemnisation, affirmant avoir été mis à l’écart par la Légion à la mort de Maciel.

Outre les questions complexes sur l’éventuel démantèlement ou la re-fondation de la Légion, le Pape est sous la coup des affaires d’abus sexuels en Irlande et des cas plus anciens qui ont eu lieu en Allemagne et dans le Wisconsin, cas où le Pape est accusé, par le New York Times, de n’avoir pas su punir les prêtres pédophiles.

Le scandale de la Légion se démarque pour une autre raison : il soulève de profondes questions éthiques sur la façon par laquelle l’argent circule au Vatican.

Dans une enquête menée par le National Catholic Reporter (NCR) depuis le mois de juillet dernier, comprenant plusieurs dizaines d’interviews à Rome, à Mexico et dans différentes villes des États-Unis, il est ressorti une chose : C’est l’histoire rocambolesque d’un homme qui a réussi à courtiser les plus hauts responsables du Vatican, y compris ceux-là mêmes qui auraient dû mener des enquêtes sur lui, en leur offrant des quantités faramineuses d’argent et de cadeaux.

Maciel a construit son œuvre en cultivant des riches bienfaiteurs, et plus spécialement des veuves, et cela, dès les années 40 au Mexique. Malgré les lourdes accusations de pédophilie qui pesaient sur lui, Maciel a su attirer un grand nombre de séminaristes, à une époque de déclin des vocations. En 1994, le Pape Jean Paul II a dit qu’il était « un guide efficace pour la jeunesse » et a continué à faire son éloge, alors même que l’enquête menée par Gerald Renner, pour le Hartford Courant, en 1997, avait exposé la toxicomanie de Maciel, ainsi que ses abus sexuels sur des séminaristes. En 1998, huit anciens légionnaires ont déposé une plainte canonique, afin de poursuivre Maciel en justice, devant les tribunaux du cardinal Joseph Ratzinger. Pendant les six années qui ont suivi, Maciel a bénéficié du soutien indéfectible de trois personnages clés : le cardinal Angelo Sodano, secrétaire d’Etat du Vatican ; le cardinal Eduardo Martinez Somalo, préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostoliques ; et Mgr Stanislaw Dziwisz, secrétaire personnel du Pape Jean-Paul II. Pendant toutes ces années, Sodano a fait pression sur Ratzinger, afin qu’il ne poursuive pas Maciel, comme NCR l’avait déjà indiqué auparavant. Ratzinger aurait dit à un évêque mexicain que le cas Maciel était un sujet « délicat », et lui aurait demandé son conseil, pour savoir s’il était « prudent » d’engager un procès contre le fondateur des Légionnaires.

En 2004, Jean Paul II – qui n’avait pas connaissance des accusations canoniques contre le père Maciel – a honoré ce dernier lors d’une cérémonie au Vatican, en confiant à la Légion l’administration du Centre Notre-Dame de Jérusalem. La semaine suivante, le cardinal Ratzinger prenait sur lui la décision d’autoriser une enquête à l’encontre de Maciel.

Le soutien du Pape donnait à Maciel la crédibilité dont il avait besoin pour se mouvoir librement dans des milieux extrêmement aisés. Au cours d’un événement de bienfaisance, à New York en 2004, un cameraman a ainsi filmé le père Maciel, faisant courir ses doigts sur le revers de la veste du milliardaire mexicain Carlos Slim, l’un des plus grands bienfaiteurs de la Légion. Outre les dons, les écoles légionnaires au Mexique, dont les coûts de scolarité sont très élevés et les salaires très bas, a permis de subventionner les opérations à Rome, affirment des personnes au courant de la gestion des finances de la congrégation.

Parmi les bienfaiteurs de la Légion, on trouve, entre autres : Erik Major, fondateur de Blackwater ; Steve McEveety, producteur de cinéma (dont le film de Mel Gibson, La Passion du Christ) ; Thomas Monaghan, fondateur de Dominos Pizza et de l’Université Ave Maria en Floride. Parmi ceux qui ont également soutenu le réseau (par des articles, des discours ou des évènements pour récolter des fonds), on trouve : l’ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, frère de l’ancien président ; l’ancien sénateur de Pennsylvanie, Rick Santorum ; le chanteur d’opéra espagnol Placido Domingo, qui a donné des concerts de bienfaisance pour la Légion ; Mary Ann Glendon, professeur de droit à Harvard et ancienne ambassadrice des Etats-Unis auprès du Vatican, qui a participé à l’organisation de l’achat de l’Université de Sacramento et qui, en 2002, a écrit une lettre pour le site Web des Légionnaires, dans laquelle elle prenait en dérision les accusations contre Maciel, louant ensuite ce dernier pour « sa sainteté rayonnante » ; le défunt père Richard John Neuhaus, éditeur de First Things, qui a même écrit qu’il avait « la certitude morale », que les accusations portées contre Maciel étaient « fausses et malveillantes ».

L’écrivain catholique conservateur, George Weigel, a également approuvé la Légion en 2002, en écrivant sur son site Web : « Si le père Maciel et son charisme de fondateur doivent être jugés par les fruits de cette œuvre, il apparaît clairement que ces fruits sont très impressionnants. » Weigel a depuis appelé le Vatican à enquêter sur la congrégation.

Au cours d’une rencontre organisée par la Légion, William Bennett, commentateur sur CNN, a dit : « Je suis bien content de connaître et de pouvoir faire confiance aux prêtres de la Légion du Christ… L’essor des Légionnaires est un motif d’espérance dans une époque de ténèbres. » L’ancien correspondant religieux de CNN, Delia Gallagher, s’est exprimé au cours d’un événement de bienfaisance pour la Légion, et William Donohue, président de la Ligue Catholique pour les Droits Civils et Religieux, association basée à New York, a pris la défense de Maciel dans une lettre adressée au Hartford Courant, après l’article de 1997, qui avait exposé l’histoire de pédophilie de Maciel. Deux prêtres légionnaires sont devenus des célébrités dans les médias : Jonathan Morris, sur la chaîne Fox, et le professeur de théologie à l’université de Rome, Tom Williams, sur la chaîne NBC, lors de la couverture du conclave en 2005.

Les conséquences sont arrivées très tard

En avril 2005, Joseph Ratzinger est élu Pape. En 2006, il banni Maciel de tout ministère publique, et l’invite à « une vie de prière et de pénitence ». Maciel quitte Rome dans la disgrâce, bien que les Légionnaires mettent en place une défense pour affirmer son innocence.

Au cours de la dernière semaine de janvier 2008, la fille de Maciel de 21 ans, avec sa mère, quittent l’Espagne pour se rendre au chevet de Maciel, peu de temps avant sa mort, dans un hôpital de Miami. Cela réjouit le moribond, mais horrifia les Légionnaires qui étaient présents. Les deux femmes ne se rendirent pas à ses funérailles au Mexique. Ses autres trois enfants et leur mère ne se rendirent pas non plus à ses funérailles. Ses successeurs à la tête de la congrégation, qu’il avait lui-même choisi, se réunirent à Cotija de la Paz, sa ville natale, pour un enterrement discret dans le caveau familial, bien loin de la tombe qui avait été préparée pour lui, dans la basilique que le père Maciel avait fait construire à Rome dans les années 50, Notre Dame de Guadalupe.

En plus de Fichter, qui est devenu curé de paroisse dans le New Jersey, deux autres anciens légionnaires, qui continuent d’exercer leur sacerdoce, ont révélé en détail les pratiques financières de Maciel, à travers de longues interviews. Ces prêtres, ainsi que deux autres prêtres à Rome, qui sont encore dans la congrégation, ont requis l’anonymat par crainte de représailles.

Cette histoire a également été recomposée grâce à différentes investigations journalistiques, sur les travaux de quelques chercheurs espagnols et mexicains, ainsi que sur des avocats qui ont compilé toutes sortes d’informations sur les stratégies financières de Maciel, et sur sa famille.

Les journalistes du NCR ont fait tout leur possible pour essayer d’obtenir des réponses de la part des trois cardinaux soupçonnés d’avoir reçu des grandes quantité d’argent de Maciel. En plus des nombreux appels vers les résidences des deux cardinaux à Rome, les journalistes se sont démenés pour contacter le cardinal Dziwisz, archevêque de Cracovie, en Pologne. Iowana Hoffman, un journaliste polonais travaillant à New York, a traduit un ensemble de questions pour le cardinal, envoyé par fax à son secrétaire, mais s’est vu répondre que le cardinal « n’avait pas le temps de donner des interviews ».

Sodano, l’ancien secrétaire d’état du Vatican, et maintenant doyen du Collège des Cardinaux, et Martinez Somalo, l’ancien Camerlingue du Pape, n’ont pas répondu aux messages que nous leur avons envoyés. Ici et là, toujours la même réponse : « No intrevista ! » (Pas d’interviews).

Si Sodano, Martinez Somalo et Dziwisz avaient répondu, les cardinaux auraient peut-être éclairci une question, qui reste sans réponse dans ce terrible drame financier : Comment les responsables du Vatican choisissent-ils les rapports qu’il convient de transmettre, et à qui… si on leur offre de grandes quantités d’argent ? Le Vatican n’a pas de constitutions ou de statuts qui rendraient ce genre de transaction illégale. Mais ceux qui ont l’habitude de ce genre de choses disent que c’était le but de Maciel de se protéger du système archaïque de justice du Vatican, en gagnant l’amitié des hommes au pouvoir.

Et pendant presque toute sa vie, ça a marché.

Se faire des amis aux bons endroits

Le bureau du Vatican qui avait le plus de chance de pouvoir mettre en échec la carrière de Maciel avant 2001 – l’année où Ratzinger a convaincu le Pape Jean-Paul II de consolider son autorité dans le traitement des affaires d’abus sexuels – était la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée, qui veille sur l’ensemble des ordres religieux, comme les Dominicains, les Franciscains et les Légionnaires, entre autres.

D’après deux anciens légionnaires, qui ont passé plusieurs années à Rome, Maciel a financé la rénovation de la résidence à Rome du cardinal argentin Eduardo Francisco Pironio, préfet de cette congrégation de 1976 à 1983. « C’était un don énorme », explique un prêtre, ajoutant que les travaux dans la résidence étaient très coûteux, et que les échelons supérieurs de la congrégation étaient tous au courant. « On a tordu le bras de Pironio, pour lui faire signer les Constitutions de la Légion. »

Les Constitutions de la Légion comprenaient des voeux privés, très controversés, au nom desquels chaque légionnaire faisait le serment de ne jamais critiquer Maciel, ou les supérieurs, et de dénoncer ceux qui auraient enfreint ce voeu. Les voeux, en somme, conduisaient à faire de l’espionnage une expression de foi, et solidifiait l’obéissance aveugle des Légionnaires envers leur fondateur. Les voeux était une façon, pour Maciel, de se protéger. Mais les cardinaux qui travaillaient au Conseil du Bureau de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée rechignaient à donner leur approbation.

« C’est pourquoi Maciel est allé jusqu’au Pape, par l’intermédiaire de Mgr Dziwisz, » explique le prêtre. « Deux semaines plus tard, Pironio l’avait signé ».

Dziwisz, le plus proche confident de Jean Paul II, avait une chambre dans les quartiers privées du Palais Apostolique. Maciel a mis des années pour gagner le soutien de Dziwisz. Sous les ordres de Maciel, la Légion a envoyé des quantités importantes d’argent à Dziwisz, en sa fonction de gardien des messes privées du Pape, au Palais Apostolique. Assister à la messe, dans la petite chapelle, était un privilège assez rare pour quelque Chef d’Etat, comme le Premier Ministre britannique, Tony Blair et sa famille. « La messe commençait à 7 heure, et il y avait toujours quelques personnes qui y assistaient : les laïcs, des prêtres, voire des groupes d’évêques. » (Voir les mémoires du Cardinal Dziwisz, publié en 2008 : Un vie avec Karol : mes quarante années d’amitié avec l’homme qui devint Pape.)

« Lorsque les invités entraient (ils n’étaient jamais plus de 50), ils découvraient souvent le Pape en prière, avec les yeux fermés, dans un état d’abandon total, presque d’extase, complètement inconscient des personnes qui entraient dans la chapelle. Pour les laïcs, c’était une grande expérience spirituelle. Le Saint Père attachait beaucoup d’importance à la présence de fidèles laïcs. »

L’un des ex-légionnaires de Rome a affirmé à NCR qu’une famille, en 1997, avait donné pas moins de 50,000$ à Dziwisz, pour pouvoir assister à la messe. « Nous avions l’habitude d’arranger ce genre d’affaires », explique-t-il à propos de sa fonction d’intermédiaire. Jean-Paul II avait-il connaissance de ces arrangements financiers ? Seul Dziwisz le sait. Etant donné le style de vie ascétique du Pape, et compte-tenu de sa propension à la charité, il est probable que les fonds auraient été reversés à de bonnes causes. Le livre de Dziwisz ne dit rien au sujet des dons, et ne fait aucune mention de Maciel et de la Légion. Et pourtant, avec le recul, le prêtre qui arrangeait ces transactions pour permettre à des familles mexicaines d’assister à la messe s’étonne de la fréquence avec laquelle les Légionnaires apportaient des fonds à Dziwisz.

« C’était tout le temps comme ça, avec Dziwisz, » affirme un deuxième ancien légionnaire, qui était au courant des transactions.

Le père Alvaro Corcuera, qui allait prendre la succession de Maciel comme directeur général en 2004, ainsi que quelques autres légionnaires « pouvait monter au troisième étage pour voir Dziwisz. Ils étaient bien accueillis. Ils étaient connus dans cette maison. »

Un peu gêné de décrire le contexte de ces dons, le clerc continue : « Vous disiez que ces quelques laïcs étaient de bons et fervents catholiques, et qu’il était bon pour eux de rencontrer le Pape. L’expression utilisée était « opera carita » : nous faisons un don pour vos œuvres de charité. C’est ainsi que cela se passait. En fait, vous ne saviez pas où finirait l’argent. » Et d’ajouter : « C’est une façon élégante de donner un pot de vin. »

Se rappelant de ces évènements, le prêtre explique la raison pour laquelle il a quitté la Légion : « Je me suis réveillé un jour, et me suis demandé : Suis-je en train de donner ma vie pour servir le Seigneur, ou bien un homme qui avait des problèmes ? Je ne voulais pas consacrer ma vie à Maciel. »

Qu’est-ce qu’un pot de vin ?

En terme juridique, en quoi « une élégante façon de donner un pot de vin » ajoute-t-elle quelque chose à la corruption ? C’est au début des années 90 que Maciel a commencé à distribuer de l’argent aux responsables des différentes congrégations de la curie romaine, et les révélations dans la presse sur le cas Maciel ne sont apparues qu’en 1997, et le procès canonique, en 1998.

En outre, ce dons ne peuvent pas être considérés comme des « pots de vin », selon Nicolas Cafardi, un éminent avocat en droit canonique, doyen émérite de la Faculté de Droit de l’Université Duquesne, à Pittsburgh. Cafardi, qui a été conseiller juridique pour de nombreux évêques, répond ainsi aux questions relatives aux donations que peuvent recevoir des prêtres ou des représentants officiels de l’Eglise au Vatican.

Selon le droit de l’Eglise (canon 1302), un don financier important à une autorité ecclésiastique « peut être considéré comme une œuvre pieuse », explique Cafardi. D’une façon générale, ces fonds doivent être simplement « déclarés » au cardinal-vicaire pour Rome. Un cadeau onéreux, comme une voiture par exemple, n’a pas à être déclaré.

« C’est ainsi que je comprends la loi. Je ne connais pas d’exceptions. Les cardinaux ont le devoir d’informer leur supérieur, quand il s’agit de dons pour des œuvres pieuses. Si des fonds sont donnés charitablement pour les besoins personnels d’un représentant officiel de l’Eglise, alors, il ne s’agit pas d’une « œuvre pieuse », et ils n’ont donc pas besoin d’être déclarés. »

Parce que les cardinaux n’ont pas accepté de répondre à nos questions, le National Catholic Reporter n’est pas en mesure de déterminer si l’argent qu’ils avaient reçu de la Légion avait fait l’objet d’une déclaration.

« Maciel voulait acheter le pouvoir », affirme le prêtre qui arrangeait les « opera carita » de quelques familles mexicaines avec Dziwisz. Il n’a pas utilisé le mot de corruption, mais d’après les raisons pour lesquelles il a quitté la Légion, il apparaît qu’il y avait un problème moral. « Je suis arrivé à un point de rupture, à l’intérieur d’une culture de mensonges. Les supérieurs savent qu’ils mentent, et ils savent que vous le savez aussi, » dit-il. « Ils mentent au sujet de l’argent : d’où il provient, où il va, comment il est utilisé. »

Lorsque Martinez Somalo, un espagnol, a pris la tête de la Congrégation pour les Religieux, en 1994, Maciel a envoyé le prêtre à la maison de Martinez Somalo. Le jeune prêtre lui apportait une enveloppe épaisse, plein d’argent. « Je n’ai pas cligné de l’œil », se souvient-il, « je me suis rendu à son appartement, lui ai donné l’enveloppe, j’ai dit au revoir… C’était une façon de se faire des amis, de s’assurer de l’aide en cas de besoin, de lubrifier les rouages. »

Martinez Somalo n’a pas répondu aux demandes d’interviews du National Catholic Reporter.

Glenn Favreau, qui a été légionnaire à Rome entre 1990 et 1997, et qui est devenu aujourd’hui avocat à Washington, se souvient : « On parlait beaucoup de Martinez Somalo dans la Légion. On disait de lui qu’il était « notre supérieur », parce qu’il était notre ami, Un amigo de la Légion. » Favreau, qui n’était pas au courant des dons que la Légion faisait à Somalo, ajoute : « Il y avait des cardinaux qui n’étaient pas amigos. On ne les aurait jamais appelé « ennemis », mais tous savaient de qui il s’agissait. Pio Laghi n’aimait pas la Légion. » Le Cardinal Laghi, précédent nonce apostolique du Pape aux Etats-Unis, a ensuite été nommé Préfet de la Congrégation pour l’Education Catholique.

Le bureau de Martinez Somalo a ensuite changé de nom : Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de Vie Apostolique. Mais la description de ses tâches est restée la même. De 1994 à 2004, l’une des tâches du bureau dirigé par le cardinal espagnol consistait à enquêter sur toutes plaintes portées contre des ordres religieux et leur chefs.

Dans les dossiers de cette congrégation, d’après plusieurs anciens légionnaires, se trouvent des lettres qui avaient été envoyées il y a de nombreuses années, accusant Maciel d’avoir abusé de séminaristes. Quand les récits déchirant de neuf anciennes victimes de Maciel ont fait la une du Hartford Courant, en 1997, le cardinal Martinez Somalo n’a rien fait. Comme, du reste, l’ensemble de la curie romaine.

Jean-Paul II a élevé Martinez Somalo à la fonction de Carmerlingue, ou Chambellan, c’est-à-dire celui qui est le responsable officiel du conclave pendant l’élection d’un pape.

Aujourd’hui, le cardinal en charge de la Congrégation qui contrôle les ordres religieux est Franc Rodé. Pendant des années, cet homme n’a pas tari d’éloge à l’égard de Maciel, de la Légion et de sa branche laïque, le Regnum Christi.

Un cardinal, cependant, a repoussé un cadeau financier de la Légion : Joseph Ratzinger. En 1997, il a donné une conférence de théologie aux Légionnaires. Lorsqu’un Légionnaire lui a donné en mains propres une enveloppe, disant que c’était pour ses œuvres de charité, Ratzinger a refusé. « Il était aussi dur que des clous, mais d’une façon très cordiale, » raconte un témoin. Le modus operandi de Maciel

Maciel voyageait sans cesse, utilisant des fonds provenant des centres de la Légion au Mexique, à Rome ou aux Etats-Unis. Certains anciens légionnaires, qui ont eu connaissance de l’administration financière de la congrégation, pensent que Maciel prenait sans cesse de l’argent dans les caisses de la Légion pour entretenir ses familles.

Pendant des années, Maciel a utilisé des prêtres de la Légion pour offrir des enveloppes d’argent, et des cadeaux, aux personnages importants de la curie. Pendant les jours précédent la fête de Noël, des séminaristes de la Légion passaient des heures à envelopper des paniers avec des bouteilles de vin très chères, des liqueurs rares et des jambons espagnols, qui valaient plus de 1000$ l’unité. Certains prêtres qui s’occupaient autrefois de ces dons, estiment avec le recul que la stratégie de Maciel ressemblait à une police d’assurance : il fallait, pour se protéger, qu’il positionne la Légion comme une présence essentielle dans la vie du Vatican.

Fichter, ancien membre de la Légion, est aujourd’hui curé de la paroisse du Sacré Cœur, à Haworth, dans le New Jersey. Il est prêtre diocésain depuis une dizaine d’années, dans l’archi-diocèse de Newark. Dans la Légion, il a été coordinateur du bureau d’administration de Rome entre février 1998 et octobre 2000.

« Quand le père Maciel quittait le centre de Rome, j’avais le devoir de lui remettre 10,000$ en liquide : 5,000$ en dollars américains, et l’autre moitié dans la monnaie du pays où il se rendait. », raconte Fichter. « L’un de ses assistants m’informait quand il allait partir, et je devais préparer les fonds pour lui. Je ne me suis jamais inquiété du fait qu’il n’utilisait pas cet argent pour une bonne et noble cause. Cela faisait partie de la routine de mon travail. Il était tellement au dessus de tout reproche, que je me sentais honoré d’accomplir cette tâche. Il ne présentait aucune facture, et je ne me serais jamais risqué à en demander une. »

Fichter a hésité à répondre à l’interview, inquiet de ne pas voir ses propos déformés. « En tant que Légionnaires, nos règles relatives à l’utilisation de l’argent étaient très limitées, » explique-t-il. « S’il m’arrivait de sortir, on me donnait 20$, et si j’avais acheté une pizza, je devais rendre les 15$ à mon supérieur, avec le reçu. Ce qui est triste, là dedans, c’est qu’on était tellement naïfs… Nous faisions tout notre possible pour vivre scrupuleusement notre voeu de pauvreté, et pourtant, nous ne nous demandions pas si Maciel faisait de même. La plupart de mes anciens camarades sont encore dans la Légion, et je souffre en pensant aux temps difficiles qu’ils doivent être en train de passer. Je ne veux pas qu’on interprète mal mes paroles… Maciel a trompé tout le monde. Avec le recul, je regrette d’avoir été, avec tant d’autres, tellement crédule. Heureusement, pour moi, tout cela est maintenant déjà loin. »

Après avoir obtenu un doctorat en sociologie à l’université Rutgers, Fichter a travaillé comme associé de recherche pour le Centre de Recherche Appliquée dans l’Apostolat (CARA), à l’Université de Washington. « Je suis très heureux de mon travail de pasteur, et de chercheur, que je fais pour le bien de l’Eglise. A ce stade de ma vie, après avoir collaboré à l’enquête du Vatican sur la Légion, je prie tous les jours pour ceux qui sont encore légionnaires. Si je peux les aider d’une façon ou d’une autre, je le ferai. »

Justice retardée

Après que les anciens légionnaires victimes aient déposé une plainte canonique en 1998 contre Maciel à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Sodano, le Secrétaire d’Etat (le « premier ministre » du Vatican) a fait pression sur Ratzinger afin qu’il stoppe la procédure. Comme le National Catholic Reporter l’avait signalé en 2001, José Barba, professeur d’université à Mexico et ancien légionnaire, qui a déposé le dossier en 1998 au bureau de Ratzinger, a su ce qui s’était passé et le rôle de Sodano grâce à Martha Wegan, la canoniste chargée de l’affaire, à Rome.

« Sodano est venu avec toute sa famille – ils étaient 200 – lorsqu’il a été nommé cardinal, » se souvient Favreau. « Et nous leur avons servi le repas. Quand il est devenu Secrétaire d’Etat, il y a eu une autre célébration. Il est venu également en d’autres occasions, comme pour la pose de la première pierre du Centre d’Etudes Supérieures, et pour le dîner qui a suivi. »

L’intervention d’un haut fonctionnaire du Vatican dans une affaire de justice illustre la fragile nature du système, et, dans l’affaire Maciel, comment un homme coupable a réussi à échapper à la justice pendant des années.

« Le cardinal Sodano a été le chef des supporters de la Légion, » dit l’un des ex-légionnaires. « Il est venu donner une conférence à Noël, et on lui a donné 10,000$. » Un autre prêtre se souvient d’un don de 5,000$ à Sodano.

Mais, en décembre 2004, alors que la santé de Jean-Paul II se détériorait de jour en jour, Ratzinger a rompu avec Sodano, et a demandé à un avocat en droit canonique de son équipe, Mgr Charles Scicluna, de procéder à une enquête. Deux ans plus tard, devenu Benoît XVI, il a approuvé la sanction posée contre Maciel, qui l’invitait à abandonner tout ministère publique et à mener une vie de « pénitence et de prière ». « Maciel a eu au moins 20 et au plus 100 victimes, » affirmait, il y a quelques temps, un fonctionnaire anonyme du Vatican pour le National Catholic Reporter.

La congrégation a avancé l’âge avancé de Maciel, pour expliquer le renoncement à un procès complet.

Un personnage influent du Vatican a déclaré au National Catholic Reporter que Sodano a insisté pour adoucir le langage du communiqué du Vatican – pour saluer le travail de la Légion et des 60,000 membres de son mouvement, Regnum Christi – malgré les neuf ans de campagne des sites Web de la Légion pour dénoncer les victimes. La gestion de l’affaire, du côté des légionnaires, est entré dans une nouvelle phase, avec une déclaration comparant le père Maciel au Christ, qui, refusant de se défendre, acceptait sa « nouvelle croix » avec « tranquillité de conscience. »

Maciel a quitté Rome, le scandale apparemment fini. En interne, la Légion a insisté auprès de ses membres sur le fait que Maciel était innocent.

En 2009, un an après la mort de Maciel, la Légion a révélé qu’avec surprise ils avaient découvert qu’il avait une fille. Les nouvelles ont secoué la congrégation et ses membres laïcs. Car, dans une organisation fondée sur le culte de la personnalité, les nombreuses louanges de Jean-Paul II à l’égard du père Maciel auraient plutôt laisser envisager l’inverse. Les dirigeants de la Légion ont eu du mal à convaincre les plus sceptiques.

Deux prêtres de la Légion ont affirmé au NCR en Juillet que l’on continuait à parler aux séminaristes de la vie vertueuse de Maciel. « On continue de leur laver le cerveau, comme si rien n’était arrivé, » expique un légionnaire, assis sur un banc, près du Tibre, à Rome.

Grâce à l’intervention de Sodano, l’ordre s’est cramponné sur une défense fragile, faisant valoir que le Vatican n’avait jamais dit expressément que Maciel avait abusé de qui que se soit.

Dans quelle mesure les dirigeants de la Légion étaient-ils au courant de la double vie de Maciel – la fille et sa mère, à Madrid, et ses trois fils et sa mère au Mexique. - voilà le problème central de l’enquête en cours, mené par le Vatican.

Quelle quantité d’argent Maciel a-t-il utilisé pour faire vivre ses familles ? Quelle quantité d’argent a-t-il détourné à d’autres fins, sous couvert d’œuvres caritatives ?

Ces questions en soulèvent d’autres. Est-ce que des enveloppes contenant des milliers de dollars en liquide données à des cardinaux quand ils disent la messe, donnent des conférences ou participent à des dîners dans maisons religieuses peuvent être considérées comme des « dons » ? La Légion du Christ cherche de l’argent en se présentant comme un organisme de bienfaisance. Comment enregistre-t-elle de telles dépenses ? Quelqu’un au Vatican a-t-il accès aux archives financières de la Légion ?

Lorsque Dziwisz est devenu évêque en 1998, la Légion a couvert les coûts de sa réception dans son centre de Rome. « Dziwisz a aidé la Légion de nombreuses façons, » explique le prêtre qui s’est occupé des factures. « C’est lui qui a convaincu le pape de célébrer le 50e anniversaire de la Légion. »

Dans un livre sur Maciel publié en Espagne, le journaliste Alfonso Torres Robles qualifie l’évènement du 3 janvier 1991 comme étant « l’une des grandes manifestations de force de la Légion… à la basilique Saint Pierre de Rome, Jean-Paul II a ordonné 60 légionnaires, en présence de 7,000 membres du Regnum Christi de différents pays, 15 cardinaux, 52 évêques et de nombreux richissimes bienfaiteurs. »

L’évènement a été filmé, et une séquence était utilisée dans une vidéo de promotion, que la Légion a vendu jusqu’en 2006. Jean-Paul II était une image stratégique dans les mailings de la Légion. La vidéo était montrée à des bienfaiteurs potentiels de la Légion. La Légion a cessé de distribuer cette vidéo.

La Légion est présente dans 23 pays. Elle dirige des dizaines d’écoles préparatoires, des maisons de formation et plusieurs universités.

La stratégie de Maciel, basée sur le trafic d’influence, s’est déroulée sur cinq décennies.

Jason Berry est l’auteur de Lead Us Not into Temptation, et co-auteur, avec Gerald Renner, de Vows of Silence. Original en anglais ici : Money paved way for Maciel’s influence in the Vatican.

Vos réactions

  • antonio macchi 15 janvier 2014 09:59

    Sperò che a mio caso giustizia viene a giusto tempo !

    Sono Antonio Macchi ma nato come De Benedetti Antonio Alfonso Gaetano a Milano il 23 luglio 1938, per motivi oscuri sono stato portato al Befotròfio di viale Picino a Milano,del perchè la storia è lunga,a 18 mesi sono stato adottato da una famiglia Bergamasca di Arzago d’Adda,ma veniamo subito del come sono venuto a conoscenza del seguito (premesso che ho SEMPRE saputo di essere figlio adottivo infatti fino 1966 mi chiamavo De Benedetti Macchi Antonio,ma poi ho preferito chiamarmi SOLO Macchi Antonio,cerco di sintetizzare, la mia mamma adottiva è vissuta con me e la mia famiglia gli ultimi due anni della sua vita,morta avvenuta nel 1989(il mio papà adottivo è morto nel 1963,stesso anno che è morta la mia VERA mamma),avevo la piccola casa dove ero cresciuto libera e facendo parte io della Caritas ho offerto la mia casa ad una Sig ra bisognosa gratuitamente,ed è stato pulendo che ho trovato ben nascosta una scatola di scarpe con dentro dei documenti,sia dell’adozione e delle lettere (in una delle quali mi diceva che mi avrebbe lasciato parte della sua eredità è ovvio che questi documenti sono tutt’ora in mio possesso) datate 1945/6/7/8 con il mittente di una Sig ra Francese,che si dichiarava essere mia zia, sorella della mia VERA mamma tramite una collega che aveva contatti con la Francia per motivi di lavoro,cosi sono riuscito ad avere i contatti con questa persona,la quale a seguito della mia telefonata è rimasta sulle prime dubbiosa MOLTO dubbiosa ma quando gli ho detto delle lettere e delle foto sue e di un mio cuginastro ci siamo accordati per un incontro avendo lei un appartamento a Milano in Viale Abruzzi, al bar Basso,come segno di riconoscimento NULLA dicendomi che se ero il figlio di sua sorella mi avrebbe riconosciuto,cosi’ è successo, e da qua incomincia le parte (per me) più interessante della storia,siamo rimasti assieme per tre ore e in queste tre ore mi ha raccontato chi veramente ero,i miei nonni erano, mio nonno il Marchese D’Argenge Console Francese in Italia,mia nonna Elvira dei Conti Di Carlo degli Abruzzi,dai quali hanno avuto tre figli mia mamma Paola,.Rodolfo e Yolanda lei,la quale) perchè il mio papà era stato ferito in Abissinia e lei è andata per assisterlo,poi purtroppo è morto,al suo ritorno io avevo già una famiglia,i rapporti con mia zia si sono approfonditi io e la mia defunta moglie siamo stati ospiti da lei in STUPENDI appartamenti una decina di volte a Parigi e da qua ho scoperto che era un vero personaggio oltre che MOLTO ricca,era infatti Presidentessa di una Fondazione >Pierre Lafue< fondata da lei dopo la morte di suo marito noto scrittore per un incidente,questa fondazione è per accogliere ragazze di famiglie bene della Francia che frequentano l’università a Parigi ma devono avere dei requisiti( io stesso ho assistito ad una di queste selezioni anche se non capivo il Francese) molto selettive,i nostri rapporti visivi sono durati fino al novembre1999 quando mia moglie si è ammalata da tumore al seno, mia zia mi ha proposto di portarla a Parigi da un suo amico ma noi eravamo in cura al centro tumori di Milano dal Professore Veronesi che saltuariamente la visitava,in nostri contatti telefonici erano alla media di due/tre al mese,purtroppo mia moglie il 18 di agosto del 2004 è venuta a mancare mia zia per motivi di salute non ha potuto partecipare al funerale ma mi ha mandato dei fiori, mi aveva invitato da lei per il Natale del 2004 ma il destino ha voluto che mi venisse l’erpes (fuoco di Sant’Atonio in faccia il 20 dicembre) cosi’ ho dovuto rimandare,ci siamo fatti gli auguri telefonicamente,questa è stata l’ultima volta che ho sentito mia zia,non sono più riuscito a parlare con lei (dopo ho scoperto che altre persone non riuscivano a comunicare con lei) avevo allora deciso di andare a Parigi di persona ma (quando si dice il destino) mi sono ammalato di due (2) tumori maligni alla stomaco e sono stato operato all’ospedale di Treviglio (bg) con varie terapie,ovvio che le mie ricerca su mia zia sono continuate dopo, e ad aprile di quest’anno tramite un cugino ho scoperto che mia zia era morta nel 2011,questo mio cugino mi ha invitato a Milano e mi ha raccontato che la zia era stata plagiata da un prete certo Abbè Pascal THUILLIER che oltre a TUTTI i beni valutati in circa 20/25 MILIONI di euro,si è anche eletto Presidente della associazione,questo mio cugino ma ha dato tutte le coordinate per mettermi in contatto con questo personaggio e-mail, tel, indirizzo di casa,ma dopo un primo contatto si rifiutava di comunicare con me,questo mio cugino avendo fatto parte dela amministrazione della fondazione mi ha dato degli inviti per l’annuale premiazione delle persone meritevoli,allora io con la mia nuova moglie (nel frattempo mi sono risposato con una Sig, ra Croata che lavora alle poste di Orsera) siamo partiti per Parigi,ma dire che è stato un dramma è dire poco è intervenuta la polizia Francese in due circostanze proibendomi di avvicinarci alla sala della premiazione,abbiamo anche filmato che abbiamo messo su FB (Macchi Antonio) abbiamo letto su >internet< che lui nel 2004 è entrato a fare parte della Fondazione e da qua il >SILENZIO<telefonico con mia zia,e ancora su abbiamo letto dei lati oscuri di questo pseudo prete THUILLIER,il quale mi ha anche mandato un e-mail abbastanza minaccioso> premesso tutto questo sono a V/S completa disposizione per ulteriore chiarificazioni,distinti saluti Macchi Antonio (PS) mio recapito tel,e mio indirizzo, tel 00385981313866, via Brostolade 33 52450 Vrsar (HR) e-mail : debenedetti.antonio chez gmail.com