Mercredi 17 décembre 2014

Les lapins surnuméraires

Jeannot et Jeannette habitaient dans un grand potager où la vie quotidienne était bien organisée grâce à la présence attentive de jardiniers diplômés. Ceux-ci prodiguaient des conseils en matière d’alimentation et d’hygiène de vie afin d’aider les lapins placés sous leur gouvernance à mériter d’aller un jour gambader dans le grand parc d’Eden.

Chaque semaine, ils organisaient une petite réunion pour rappeler les principes à respecter par tous les lapins. Jeannette trouvait cela bien gentil car elle souhaitait par-dessus tout connaître ce fameux jardin et son Propriétaire.

Au bout de quelques années, certaines coutumes commencèrent à lui paraître bizarres : notamment, l’obligation de ne manger que des carottes…cuites.

« A quoi servent nos dents, demanda-t-elle, si ce n’est à ronger et grignoter des crudités ? »

« C’est pour mieux éviter les ruses du renard », lui répondit-on. « Celui-ci cherche à dévorer les lapins qui n’en font qu’à leur tête. En consommant exclusivement nos propres carottes bien cuites, les lapins n’ont plus aucun souci à se faire. »

Une autre de leurs recommandations consistait à fixer le soleil deux heures par jour, quoi qu’il arrive. Parfois, les lapereaux gémissaient de faim ou voulaient attirer l’attention de leurs parents sur leurs jeux mais ces derniers étaient trop occupés à faire les exercices dictés par les jardiniers.

Jeannot remplissait fidèlement les obligations auxquelles chaque lapin du potager s’était engagé. Quand il restait un peu de temps avant de s’écrouler dans son terrier pour dormir, il cherchait un trèfle à quatre feuilles pour l’offrir à Jeannette, pensant qu’elle apprécierait.

J’oublie d’expliquer que chaque lapin avait un jardinier attitré à qui il se faisait un devoir de raconter régulièrement ses peines et ses joies en retour de quoi, il recevait une nouvelle ration de carottes cuites, de quoi tenir deux semaines.

Un sujet sur lequel les jardiniers ne plaisantaient jamais était la propreté. C’est bien simple, il s’agissait de se laver avant même de s’être sali ! Il fallait se rendre chez un jardinier homologué pour vérifier que le pelage brillait de partout. Cette coutume en rendait quelques-uns bien scrupuleux.

En discutant avec d’autres lapines habitant à l’extérieur du grand potager, Jeannette s’aperçut qu’il existait d’autres manières d’aller vers le jardin d’Eden correspondant mieux à sa nature d’herbivore.

Elle en parla à Jeannot mais celui-ci n’en démordait pas : les jardiniers avaient une vision plus haute de la situation qu’eux, pauvres quadrupèdes ! « Justement, lui répondit-elle, ils raisonnent comme si nous étions de la même race, voilà l’erreur ! Et puis, à force de négliger notre dentition, nous finirons par la perdre ! »

Ces réflexions plongeaient Jeannot dans la stupeur. Il partait à la recherche d’un nouveau trèfle à quatre feuilles pour calmer sa lapine et la convaincre de sa bonne volonté.

Il finit par s’ouvrir de ses difficultés à comprendre sa lapine lors d’un entretien avec son jardinier. Mais celui-ci se débina car il n’était pas concerné par la gestion des relations sociales entre lapins qui vivaient dans le même terrier.

A tout hasard, il conseilla de lui offrir un mini râteau ou une mini bêche.

Ce fût à ces paroles que les yeux du cœur de Jeannot s’ouvrirent tout grand : « Ce jardinier a réussi à me faire prendre des vessies pour des lanternes et à me faire chercher midi à quatorze heures »   Il rentra en courant et dit à sa Jeannette : « Je te promets que dorénavant, nous croquerons les carottes crues que nous aurons glanées, nous inventerons nos propres galipettes et nous vivrons une belle complicité ! »

« Merci, merci, comme je suis heureuse ! » répondit-elle.

Dès le lendemain, ils firent leurs bagages ensemble et partirent à la recherche d’un terrier accueillant, sans jardiniers organisateurs.

Vos réactions

  • Françoise 18 novembre 2015 10:07

    Dans un couple, j’ai pu remarquer que rares sont les deux engagés comme membres à l’Opus Dei. Car l’organisation s’intéresse davantage aux hommes qu’aux femmes, sauf pour les surnuméraires les plus hauts placés dans la hiérarchie opusienne.

    Ce qui est essentiel, c’est de capter l’homme dans la mesure où ce dernier dispose déjà d’un revenu mais aussi d’héritages potentiels importants (un fils unique de famille aisée est préférable à une grande fratrie, hormis si l’on peut capter une bonne partie de cette fratrie). Mais aussi dans la mesure où il appartient à une profession jugée intéressante pour l’OD : profession médicale, profession juridique, profession journalistique, haut fonctionnaire, banquier, chef d’entreprise, etc. Le recrutement premier se fait sur cet aspect purement matériel.

    Car l’adhésion à l’Opus Dei passe d’abord et avant tout par la cession de tous ses biens à l’Œuvre ou plutôt aux satellites de l’Œuvre (Alliance Vita, la Fondation Lejeune par exemple pour la France). Un opusien surnuméraire n’a de valeur que s’il abandonne ses biens à l’organisation via un testament avec au moins un legs à titre universel. Ce qui permet, face à des familles peu informées, de pouvoir remonter sur la succession et spolier un grand nombre de gens financièrement. Donc d’augmenter significativement ses fonds et de s’assurer des appuis politiques et religieux importants. C’est le nerf de la guerre religieuse opusienne. Autre nerf de la guerre une fois cela posé, le carnet d’adresses. Un outil très utile à l’Opus Dei dans la mesure où il lui donne accès à toutes les connaissances utiles de l’adepte pour les faire rallier à sa cause. Si déjà l’adepte avait des liens intéressants, l’OD n’aura de cesse de demander à l’adepte ces contacts afin de vampiriser ces connaissances.

    Ensuite, sur la pratique quotidienne, l’homme dans le couple opusien est considéré et valorisé comme le chef suprême qui doit marquer son autorité tant vis à vis de la femme que des enfants. L’OD va valoriser l’autoritarisme, voire parfois la violence masculine puisqu’elle permet d’inféoder toute la famille sous sa coupe par l’entremise de l’adepte opusien masculin. Nul besoin donc de conditionner toute la famille, conditionner l’homme suffit puisque ce sera lui qui sera chargé du conditionnement familial. Subtil mais néanmoins régulièrement pratiqué. Souvent à l’insu de la femme et des enfants. Dans la mesure où la famille est très croyante et pratiquante, très observante déjà, il n’y a pas vraiment d’interrogation sur les orientations, les fréquentations, le comportement du chef de famille. Si peu que la femme soit soumise et très observante, les enfants suivent sans vraiment se poser de questions.

    Outre cette incitation et cette valorisation de l’autoritarisme et de la violence masculine, il y a la constante obligation de rendre des comptes à des membres opusiens chaque semaine. Et pour obtenir ces comptes-rendus plus facilement, l’OD donne des missions à remplir, des objectifs à atteindre. Ce qui met l’adepte dans une constante ébullition, qui l’épuise nerveusement, physiquement, psychologiquement tout en lui faisant croire qu’il est un maillon très important, vital dans l’établissement du règne de Dieu sur terre et pleinement dans la caste catholique qui « sauvera le monde ». Parce que c’est cela qui émoustille et motive les membres surnuméraires comme les numéraires. Faire partie d’une élite morale, religieuse et sociale qui sauvera le monde. C’est sur l’orgueil, la vanité, un certain snobisme que peuvent s’opérer l’intrusion et le contrôle de l’Opus Dei sur ses membres.

    Enfin, il faut une faille identitaire, d’énormes souffrances non dites, un sentiment d’abandon, d’isolement et d’exclusion qui pouvaient légitimer certaines idées politiques proches des idéologies fascistes opusiennes, pour que la greffe opusienne prenne et contrôle de façon absolue l’individu. Je pense que ce n’est que trop rarement dit. Alors que ça fait partie de la dynamique d’emprise.

    Grâce au repérage de cette faille identitaire et d’une certaine sensibilité à des idéologies fachos, l’Opus Dei va pouvoir manipuler l’adepte à sa guise au nom de Dieu et de la guérison des blessures de l’adepte. Et elle va pousser l’adepte dans ses retranchements, mais aussi dans des actes intrusifs, violents, manipulateurs, oppressifs qu’il n’aurait jamais commis avant cette adhésion.

    L’OD n’est pas la seule organisation religieuse à agir de cette façon. Toutes les mouvances intégristes, mais aussi toutes les sectes agissent de la même manière. Mais dans le cas des surnuméraires, s’ajoute la garantie de faire partie d’une élite dans tous les sens du terme et donc d’être dans un régime d’exception permanent. Ce qui justifie l’absence de limites d’action (tous les moyens sont bons), la mise sous tutelle des individus et l’emprise psychologique, morale, affective de l’OD sur ses membres.

    J’ai compris tout cela après la mort de mon père, dont j’ai découvert l’adhésion opusienne par voie testamentaire et en découvrant des documents d’envoi en mission, certains objectifs fixés par l’OD pour lui. J’ai mieux compris la raison de sa violence, de ses excès religieux, le pourquoi de certaines destinations de vacances, toutes liées à des objectifs et des missions opusiennes, le pourquoi de certaines fréquentations sociales, le pourquoi du legs à titre universel à la Fondation Lejeune. Le pourquoi aussi de sa mort par empoisonnement, à la suite d’une petite enquête qu’il menait pour comprendre le pourquoi du suicide subi d’un de ses confrères, lui aussi membre de l’Opus Dei. Enquête qui, avec ce qu’il venait de découvrir, l’incitait à quitter l’OD et l’avait incité à faire un second testament excluant l’OD. J’ai mieux compris le pourquoi du vol du second testament par des hommes de paille…Mieux compris la raison du faux document de divorce produit pour empêcher ma mère d’obtenir la pension de réversion. Mieux compris la raison du harcèlement téléphonique et des surveillances de ma mère, ma soeur et moi…Mieux compris les motivations peu reluisantes de cette organisation intégriste qui m’apparaissait comme assez nébuleuse auparavant. Mieux compris le recours systématique à la menace judiciaire… Compris aussi pourquoi de nombreuses très grandes entreprises françaises, de grandes banques, assurances, comptent des opusiens dans leur pôles de direction, pourquoi l’OD dispose de réseaux depuis très longtemps pour protéger des criminels et des dictateurs. Compris les liens entre l’Opus Dei et la Cagoule française. Compris pourquoi le Vatican a permis l’évasion de nombreux nazis en Amérique du Sud via les réseaux opusiens.

    Et compris aussi à quel point depuis des décennies, le Vatican soutient cette organisation intégriste et sectaire qui a une main mise énorme sur l’institution religieuse catholique. Tant au plan financier qu’au plan politique et idéologique.

    Je pense que les anciens adeptes ont compris tout cela, mais que ce n’est pas forcément évident d’agir, sachant que l’OD a des ramifications au plus haut niveau de nos états et de notre institution vaticane.

    Il faudrait un organisme international pour parvenir à agir de façon efficace au plan judiciaire vis à vis de l’Opus Dei.

    En attendant, nous ne pouvons que témoigner de nos observations des actions de cette organisation. Et faire un peu de mise en garde auprès des familles qui pourraient être tentées de rejoindre l’OD.

    • Les lapins surnuméraires 18 novembre 2015 18:45, par Isabelle

      Votre témoignage fait froid dans le dos. La gravité des faits dépasse le cadre de ce site et mérite d’être traité au pénal. J’espère que votre famille aura les moyens et le courage de le faire… Toujours est-il que l’institution et les membres qui la composent, ne sont pas à juger en bloc. La structure est telle (cadre très serré) qu’on peut faire des liens de cause à effet entre la spiritualité, les enseignements et la praxis de nombreux membres mais pas de tous ! C’est ce qui rend l’évaluation d’une communauté si difficile. Personnellement, j’ai forgé mon opinion « sur pièces », en mettant en regard des textes produits par la prélature elle-même, principalement sur l’articulation entre la vocation matrimoniale et la « vocation » de surnuméraire. Très éloquent. Le happy end de la fable des Petits lapins surnuméraires reste une tâche sur…humaine car, comme vous le faites si bien remarquer, chacun a ses blessures ou fragilités dans lesquelles se greffe la sollicitude, disons,…appuyée des directeurs de conscience.

      • Les lapins surnuméraires 18 novembre 2015 23:56, par Françoise

        Bonsoir Isabelle

        J’ai mené cinq ans de bataille juridique et judiciaire contre l’OD, enfin, plutôt contre son satellite français principal, la Fondation Lejeune (une officine super pratique pour que l’OD ne paie pas de droits de succession, car la fondation est reconnue d’utilité publique depuis la fin des années 90 : le bingo pour l’OD).

        Ma soeur et ma mère ont eu peur d’affronter directement l’organisation intégriste, donc m’ont laissé gérer la succession paternelle et toutes les batailles seule. J’ai pris un avocat très rapidement (j’étais un petit peu informée de qui se cachait derrière la Fondation Lejeune) et j’ai bien fait car pendant cinq ans, chaque semaine, l’OD tentait de nouvelles stratégies pour mettre à mal la succession, prendre le contrôle total financier.

        J’ai été aidée par la politologue Fiammetta Venner qui m’a donné de très bons conseils et m’a donné accès à pas mal d’informations sur l’Opus Dei, ses ramifications, ses réseaux, ses façons d’agir. Sans son aide informative, même avec mon avocat et mon enquête personnelle sur l’organisation, enquête que je poursuis via une veille informatique régulière, je ne sais pas si les choses auraient aussi bien tourné au final.

        Malgré cette petite victoire, hélas, les médecins qui ont constaté l’empoisonnement paternel en milieu hospitalier n’ont pas voulu témoigner, sachant pourtant très bien qui avait agi et pourquoi. Les policiers qui avaient déjà traité l’affaire du faux suicide du confrère de mon père n’ont pas voulu pousser l’enquête par peur à l’époque de représailles (nous étions dans l’ère Sarkozy et l’OD avait pas mal de monde au ministère de l’Intérieur). Mais maman a pu obtenir sa pension de réversion (nous avons dénoncé l’avocat et moi la fabrication et l’usage de faux document par l’OD), ma soeur et moi avons pu obtenir l’héritage au moins pour partie. Hélas, l’OD a eu sa part et même un peu plus par le biais d’un vol par des hommes de paille dans la maison familiale. Ce qui les intéressait était avant tout le second testament, dont nous n’avons eu connaissance que tardivement via un document papier que nous avons retrouvé caché dans un vieux livre de comptes. Mais comme les opusiens voulaient aussi avoir plus d’argent pour l’organisation et le train de vie de leurs hauts-fonctionnaires, ils firent d’une pierre deux coups.

        J’avais le choix soit de lancer un procès qui aurait pu durer 20 ans et me mettre sur la paille pour possiblement échouer à faire reconnaître le meurtre de notre paternel, le vol, faute de témoins voulant parler. Soit accepter le premier testament mais faire en sorte que l’organisation opusienne ait le moins d’argent possible.

        C’est cette dernière solution que j’ai choisie, faute de témoins volontaires pour parler et dénoncer l’OD. Malgré les tentatives de l’OD d’acheter et menacer notaire et avocat, malgré les menaces et intimidations sur moi et ma famille, les stratégies opusiennes pour tenter une OPA sur les biens, la succession a pu se régler dans sa quasi totalité au bout de cinq ans. Cinq ans difficiles, éprouvants mais très riches en découvertes, informations diverses sur les mouvances intégristes au sein du catholicisme romain, les collusions, les complicités.

        J’aurais aimé que les témoins du meurtre aient plus de courage mais comme dans l’affaire Boulin et d’autres affaires « résolues non résolues » selon les termes des policiers qui m’ont reçue, le silence fait encore la loi. Un jour forcément, tout cela remontera à la surface. Beaucoup de gens savent ce qui s’est passé au plan local. Ma soeur et moi les premières. Et nous n’oublierons jamais.

        Ce qui est terrible, c’est que le coup de grâce fut donné à notre père un 19 mars à 19H. Vous savez à quel point cette date est importante pour l’OD. Elle n’a pas été choisie au hasard sur le calendrier. Et quelque temps auparavant, pour acculer notre père, lui faire peur, ils l’avaient convoqué au tribunal de Versailles, lieu de prédilection de l’OD pour intimider ses opposants ou ses adeptes surnuméraires récalcitrants.

        Tout ça pour dire que l’adhésion à l’OD n’est pas qu’une histoire façon Pierre Lapin de Beatrix Potter, mais peut mener de vie à trépas, surtout quand l’adepte surnuméraire commence à s’interroger un peu trop et poser trop de questions. Surtout s’il a suffisamment de biens, d’argent pour motiver l’organisation intégriste et sectaire à garder la main-mise sur lui.

        Et quand vous savez que l’organisation dépend directement du pape depuis JP2, quand vous savez l’emprise et la protection dont elle dispose au Vatican, y aurait de quoi mettre au TPI notre institution catholique romaine en même temps que l’organisation opusienne.

        Mais est-ce que les associations internationales de victimes comme Opus Libros peuvent agir jusque là ? Je ne le pense pas.

        J’essaie à mon tout petit niveau, sur Golias principalement, d’informer et surtout d’alerter les catholiques sur la réalité obscure de l’OD et mettre en garde les gens vis à vis de fondations, d’associations catholiques françaises qui sont de véritables satellites de l’OD mais dont l’opinion publique ignore la parenté opusienne ainsi que les objectifs de recrutement mais aussi de profits idéologiques et financiers.

        Je ne souhaite pas qu’il advienne à d’autres, ce que ma famille et moi avons vécu. Personne ne mérite cela. Et j’ai conscience que si je me tais, d’autres familles subiront ce que nous avons vécu. Ce qui me paraît insupportable.

        Dieu merci, vous n’avez pas connu ces horreurs lorsque vous avez quitté l’OD. Mais une fois qu’un membre d’une même famille est tombé dans les griffes opusiennes, j’ai pu remarquer qu’il fallait toujours rester sur ses gardes, vigilant, exactement comme vis à vis d’une secte. Car ce que l’organisation intégriste n’a pu obtenir de vous, elle tentera de l’obtenir par d’autres moyens via des proches, des connaissances. C’est ce que ma soeur et moi avons compris rapport à l’affaire qui nous a touchées de près. Une fois que l’OD a mis le grappin sur une famille dont elle espère tirer profit maximum, elle lâche difficilement le morceau.

        Prenez soin de vous ! J’espère que depuis, vous vous êtes remise de cet embrigadement ainsi que votre conjoint. Quand on a vécu une expérience de ce type, ce ne doit pas être évident, ni au plan personnel, ni au plan religieux. Heureusement, ma soeur et moi étions suffisamment distantes vis à vis des activités religieuses paternelles et nous n’étions nullement inféodées à l’OD, conscientes au contraire de la dangerosité de cette mouvance fondamentaliste. Et nous avions auparavant une pratique religieuse et une foi non liées à l’institution cléricale et vaticane. Ce qui nous a sans doute sauvées.

        Mais d’autres à qui il arrive la même chose, perdent souvent la foi en même temps que l’envie de pratiquer. Ce qui est logique compte tenu du lavage de cerveau continuel et des manipulations mentales qui sont pratiquées au sein de l’OD mais aussi des manœuvres de l’organisation vis à vis des personnes qui s’opposent à elle.

  • Isabelle 23 décembre 2014 22:34

    Je veux bien quitter la métaphore pour aller droit au but.

    Les fidèles de la Prélature promettent de vivre les vertus de toutes leurs forces et pour cela acceptent la tutelle permanente de l’Institution. Celle-ci va se manifester à travers les moyens de formation collectifs et individuels en dépit ou en déni du conjoint auquel il est pourtant uni par un sacrement.

    La mission propre à chaque couple qui est de chercher à faire grandir l’amour dans l’unité est ainsi amputée d’une de ses dimensions les plus intimes : la vie spirituelle.

    Yves Semen qui a écrit plusieurs ouvrages visant à mettre les enseignements de Jean-Paul II à la portée d’un plus grand nombre parle à cet égard « d’adultère spirituel ».

    Croyant bien faire, les fidèles « concoctent » leur chemin de sainteté à longueur de vie avec une personne étrangère au couple. Consulter un prêtre, un psy, un médecin pour faire face à des doutes, des maladies, à titre de conseil est bénéfique. Mais en faire un art de vivre est…pathologique.

  • Pierre 23 décembre 2014 22:09

    Isabelle, une expérience est éminemment personnelle et implique autant le sujet que les circonstances qui l’affecte. La métaphore, quant à elle, étend à tous cette expérience. Pierre

  • Pierre 19 décembre 2014 13:28

    Vous semblez vouloir défendre et la liberté et la vérité. J’espère que vous voudrez alors publier mon témoignage.

    Depuis plus de 19 ans dans l’Opus, je peux que témoigner du caractère caricatural de cette métaphore.

    Je ne mets pas en doute les quelques expériences personnelles relatées sur votre site et je déplore leurs souffrances et blessures de leurs auteur(e)s. Je puis comprendre que ces personnes veuillent s’en libérer comme aussi les éviter à des tiers, la persistance .

    Quant à moi, je partage avec de très nombreux(ses) ami(e)s le bonheur de connaître une autre réalité, toujours différente et le plus souvent à l’opposé exact de ces descriptions. En justice, voilà qui doit aussi être dit.

    Mais cela ne suffit pas ; je suis encouragé à prier pour la guérison de ces personnes comme à solliciter leur prière. Puisse Noël apporter à tous compréhension, pardon, réconciliation et paix.

    • Les lapins surnuméraires 19 décembre 2014 18:15, par Isabelle

      Ah, je vois que appréciez toujours les carottes cuites après tant d’années ! Merci pour vos prières. Mais : expliquez-moi : comment pouvez-vous dans le même message parler de caricature et reconnaître les souffrances subies ?

  • alexandre 17 décembre 2014 16:18

    On évoque ici l’Opus Dei j’imagine ? il faudrait peut-être donné quelques explications pour celles ou ceux qui ne connaissent pas…

    • Les lapins surnuméraires 17 décembre 2014 21:48, par Isabelle

      Vous avez raison, il s’agit bien d’une description, sur un mode naïf, de la réalité vécue par d’innombrables couples appartenant à la Prélature de l’Opus Dei. Toutefois, des couples engagés dans d’autres Communautés…envahissantes, peuvent s’y retrouver également.

      • Les lapins surnuméraires 18 décembre 2014 20:25, par Michel

        En tout cas, texte très bien écrit et à la fois vrai, simple et profond.

        • J’aime beaucoup la métaphore des petits lapins ! Ayant moi-même eu 10 enfants, alternés entre grossesse et allaitement, en 25 ans, je trouve ça bien vu !

          J’ai demandé l’admission dans l’Opus Dei à 19 ans, suite à un chagrin d’amour, grisée par la promesse d’affection stable que je trouvais au sein de l’Œuvre, et par l’idéal très valorisant de la vocation de surnuméraire, stimulée par un papa chéri avec qui j’avais une relation fusionnelle et qui faisait lui-même partie de l’Œuvre.

          Je me suis précipitée dans les bras du premier surnuméraire qui me faisait la cour et visiblement ça plaisait à mon père,..je suis passée d’une relation fusionnelle à une autre, incapable de vivre l’amour autrement. Jusque là, c’est la faute à pas de chance, apparemment du moins. La difficulté c’est la jeunesse, et c’est la génération d’au-dessus qui n’a pas appris à travailler sur elle et qui gobe tout ce qu’on lui dit sans réfléchir, alors j’ai reproduit pendant longtemps, et j’ai été un bon petit lapin docile et obéissant, jusqu’à épuisement, mon époux étant totalement indifférent à la situation. Du moment que je cochais les cases il était content, au besoin pour l’obtenir il était dictatorial et despotique. Chemin faisant, ma nature assez libre et fantaisiste reprenant le dessus car je préfère les carottes crues, je suis allée en chercher ailleurs toute seule puisque lui ne voulait pas en entendre parler. Je ne peux pas dire encore si l’0euvre l’influençait ou pas, je pense qu’il n’avait pas besoin de ça pour refuser l’introspection et l’ouverture. Cependant je pense que l’Œuvre ne l’a pas aidé à faire de prises de conscience, car pendant que moi j’appelais au secour et que j’employais pour ça tous les moyens que j’avais : seriner à chaque entretien la numéraire qui me suivait et cafter au prêtre les beuveries qui se passaient à la maison, les violences, le viol conjugal, l’esclavagisme misogyne, l’immaturité paternelle, la violence contre les enfants qui lui tenaient tête, lui continuait sa petite vie sans jamais être inquiété de rien, et je n’avais jamais aucune suite de la part du prêtre. Je me heurtais à un mur étanche, celui de la séparation absolue entre les deux sections, masculine et féminine, celui de l’impuissance de ceux qui se rendent très bien compte qu’il y a quand-même un problème mais qui n’ont aucun pouvoir d’action pour faire bouger les choses.

          J’ai fini par partir. Je suis partie sans mes enfants car je n’avais ni maison ni salaire et j’étais entrain de crever. Je vivais dans une chambre de bonne prêtée et j’allais tous les jours voir mes enfants à la maison pour leur dire que je ne les avais pas abandonnés.

          Je n’ai pas renouvelé mon engagement dans l’Opus Dei car j’ai vraiment senti que le fait que j’avais prononcé un engagement indissoluble comptait plus que ma survie, les numéraires vivent effectivement « au pays des petits lapin » où rien de mal ne peut jamais arriver. La culpabilisation était tellement forte, que chaque fois que je revenais de mon entretien ou du confessionnal, mon mari regagnait du terrain… et tout recommençait comme toujours sans que rien ne change d’une virgule. Il fallait « être obéissant jusqu’à la mort et à la mort sur une Croix », quant à la sanctification du conjoint je ne sais pas… Et j’ai senti que véritablement ça les arrangeait que je ne renouvelle pas, c’est même une numéraire qui me l’a suggéré, me disant « que ce serait trop pour moi », probablement par charité d’ailleurs, mais aussi parce qu’elle ne pouvait pas lutter, c’est dangereux de sortir de sa zone de confort et de remettre l’autorité de l’Œuvre en question.

          Depuis, je n’ai plus de nouvelles de personne. Les seules personnes qui ont gardé un lien sont celles qui pourraient témoigner du même genre de choses que moi et qui ont quitté l’Œuvre.

          L’Œuvre est à la base une très belle chose inspirée par Dieu, comme la plupart des institutions de l’Eglise. Mais l’esprit de l’Œuvre n’est pas appliqué, ce qui entraîne le mal être de beaucoup de gens. Dire qu’il y a du pouvoir, de la corruption, moi je ne peux pas dire, ça ne m’appartient pas. Ça n’est pas comme ça que je l’ai vécue. Mais une censure, il y en a une, qui protège l’idéalisme et ceux qui sont enfermés dedans. L’idéalisme est très fort, l’Œuvre est comme une communauté nouvelle, son authenticité menacée.

          Le fondateur disait qu’il fallait être « sauvagement sincère », je pense que je le suis tout comme j’ai été « sauvagement fidèle » à mes dépens et je renierais ma conscience si je me permettais de présenter mon texte autrement que ce que je viens de faire.

          Sophie Canetan

          • Bonjour Sophie !

            Vous êtes donc sortie des griffes de Mr Todd le renard ? Bravo ! Mais à quel prix ! Votre témoignage est terrible par rapport à l’investissement consenti de départ. Vous devez souffrir terriblement de la séparation d’avec vos enfants. Et eux également. Avez-vous espoir de les retrouver ? Comment vous en êtes-vous sortie au plan formation, emploi, logement, personnel, psy ? Avez-vous pu faire une thérapie suite à ce que vous avez subi ? Avez-vous pu faire un second testament pour contester celui fait à l’OD quand vous y êtes rentrée ?

            Je retrouve dans votre récit la violence paternelle, son enfermement idéologique, son refus d’introspection et de remise en question. A croire que l’OD rassemble uniquement ce type d’hommes. Ce qui m’étonne, c’est comment vous avez pu croire que le prêtre opusien aurait dénoncé la violence conjugale et l’aurait faite cesser ? Que vous ayiez porté plainte auprès de policiers, m’aurait paru plus logique.

            Ma mère, eu égard à la violence conjugale avait quand même posé 15 mains courantes auprès des gendarmes avant de partir. Et cela lui a bien servi pour la séparation de corps. Bon, faut dire aussi qu’il avait tenté de l’étrangler et qu’elle s’en est tirée de justesse…donc entre les marques de strangulations et les mains courantes à la gendarmerie, y avait pas photo !

            J’espère que depuis, vous avez remonté la pente et êtes sortie tout comme ma soeur, ma mère et moi, de toute cette violence et de cette souffrance liée à la violence.

            Personnellement, mais peut-être du fait de n’avoir jamais appartenu à l’OD, je ne vois nullement l’Œuvre comme inspirée par Dieu. Mais seulement par un homme qui voulait reconquérir pouvoir et argent perdu par son propre père, mais aussi créer une sorte d’armée à sa solde, issue des classes dominantes espagnoles et internationales, afin de conquérir tous les pouvoirs ( religieux, politiques, économiques, bancaires, médias, juridiques) et de maintenir ainsi en esclavage les classes populaires.

            L’ultra libéralisme a servi et dépassé les appétits de pouvoir du sieur Escriva. Malgré la volonté de fédérer sous la bannière opusienne énormément de pouvoirs différents, toutes les instances de pouvoir ne sont pas attirées par l’OD. C’est là tout le drame de l’OD. D’où le besoin qu’elle a depuis quelques années, de se fédérer avec d’autres communautés fondamentalistes catholiques romaines (Civitas, FSSPX, mais aussi Renouveau Charismatique) pour tenter de capter de nouvelles familles riches, aisées, d’élargir son emprise à la fois économique, politique, média, etc.

            Je me permets de vous passer un petit lien qui vous rappellera au niveau du contenu beaucoup d’idéologies servies par l’OD aux femmes qu’elles soient numéraires ou surnuméraires. Et là, peut-être réaliserez vous l’imposture majeure et l’escroquerie idéologique promue par l’OD et à l’arrière plan par une bonne partie du clergé catholique espagnol dans les années 30-40 :

            http://books.openedition.org/pupo/2890?lang=fr

            Merci de votre témoignage et je vous souhaite le meilleur pour le présent et l’avenir.

            Cordialement

            Françoise

          • Chère Sophie,

            Votre calvaire me touche beaucoup. Comment ces dames de l’OD qui vous connaissent bien n’ont-elles rien entrepris pour vous sauver d’une situation si douloureuse ? Pourquoi personne ne réfléchit-il à la pression effroyable qui s’abat sur les valeureux membres qui tâchent d’accomplir le sacro-saint plan de vie, parfois en dépit de leur santé (mentale et physique) ?

            Peut-être bien que des buts nobles ont enclenché la construction de l’OD mais dès l’origine, un verrouillage a été mis en place afin de garder la fondation intacte. Ce qui est la meilleure manière de laisser l’Esprit-Saint à la porte… Comme vous, je me demande si certaines personnes particulièrement coincées seraient différentes si elles vivaient loin de leur tuteur (directeurs de l’OD). Difficile à dire !

            On peut compter sur la spiritualité de la prélature pour maintenir chez ses membres une docilité de premier communiant, la vie entière.

            Et on ne m’ôtera pas du crâne que ce genre de téléguidage individuel (et étanche) de chaque époux nuit au dialogue et à la communion qui doit exister entre eux. Bravo pour votre courage ! Vos enfants l’auront bien perçu !

            Isabelle

            • Les lapins surnuméraires -@Isabelle 22 février 2016 15:05

              Bonjour Isabelle

              Ne pensez-vous pas que c’est ce fameux plan de vie qui est l’instrument à la fois de l’objectivation mais aussi de la dépossession d’intégrité physique, psychologique, affective des membres de l’OD ? Comme une forme d’esclavage consenti et savamment mis en avant par la hiérarchie opusienne pour ne pas être accusée de manipulation et d’instrumentalisation des personnes… C’est la question que je me pose. Sans cet outil « plan de vie » qui joue essentiellement sur l’élitisme et l’amour-propre, l’OD pourrait-elle disposer d’autant d’emprise et de docilité de ses membres ? Au départ, j’ai l’impression que ce plan de vie est un outil d’objectivation de l’OD en vue de recruter, sélectionner, hiérarchiser (surnuméraire, numéraire, numéraire auxiliaire) et d’appâter des futurs adeptes ; puis il devient un outil d’auto-objectivation pour les adeptes une fois convaincus qu’ils ont un plan de vie tel que proposé et défini par l’OD (sous entendu plan de vie de Dieu sur les adeptes). Les adeptes renoncent ainsi à se plaindre de mauvais traitements, de négation de leur fatigue, de leur absence de liberté qu’elle soit physique, psychologique, religieuse, intellectuelle, affective, privée (l’obligation de raconter tout sur eux chaque semaine). Ils renoncent à exercer leur qualité de sujet pour devenir un objet entre les mains opusiennes. Les sectes fonctionnent exactement sur le même registre de plan divin individuel et collectif. On pourrait parler d’outil de coercition (en l’occurrence de prison mentale) à des fins d’élévation spirituelle, à des fins de sainteté. C’est particulièrement pervers mais ça marche sur énormément de gens. Mais qu’entend l’OD en terme de sainteté si ce n’est la servilité la plus extrême, jusqu’à mettre en danger sa santé et son équilibre ?

              Curieusement, concernant les hauts surnuméraires et numéraires, il n’y a pas cette pression constante exercée sur eux. Est-ce uniquement lié à une question de hiérarchie dans la pyramide opusienne ? Ou alors ces personnes rendent des services jugés suffisants pour être préservés de l’oppression faite à la plupart des opusiens ?

              Cordialement

              Françoise

              • Les lapins surnuméraires -@Isabelle 26 mars 2016 15:52, par Sophie Cannetan

                Chère Françoise, et chère Isabelle Je réponds à la fois au message que Françoise a publié en réponse au mien et à celui qu’elle a envoyé à Isabelle au sujet du plan de vie, comme une conversation à trois.

                Tout d’abord je rétablis une vérité par rapport à une confusion que j’ai introduite dans mon texte : quand je parle d’indissolubilité de mon engagement, il s’agit bel et bien du sacrement du mariage et non de celui fait dans l’Opus Dei. Pour moi le mariage même s’il est un sacrement ne peut pas être un goulag ou une autorisation de faire crever l’un des époux ou carrément la famille, que ceci soit clair.

                Quant à mon engagement dans l’Opus Dei, je tiens à préciser que je n’ai fait aucun testament à l’Opus Dei et qu’il n’en a jamais été question. Je faisais un petit versement mensuel avec une totale liberté et sans aucune pression. Les autres membres que je sache et étant donné que je les connais presque tous, sont libres d’être radin ou généreux.

                En ce qui concerne pouvoir, manipulation et plan de vie, l’ayant vécu de l’intérieur, je peux aussi donner quelques précisions. En France il y a environ 2000 membres que j’ai dû croiser au moins une fois dans ma vie. Des familles riches, il y en a, c’est essentiel pour donner une impulsion de départ et comme dans toute association, on ne peut pas se passer de bourses bien remplies, c’est un principe de réalité. Mais il ne faut pas oublier que quand l’Opus Dei a démarré en France, ils étaient 4 et elles sont arrivées un peu après, elles aussi étaient 4 et et les uns et les autres n’avaient pas un rond, donc pour le pouvoir, j’ai des doutes.

                Des familles très pauvres je doute qu’il y en ait, mais en même temps nous ne vivons pas exactement dans un pays pauvre. Mais il y a des familles qui tirent le diable par la queue et elles sont beaucoup plus nombreuses et personne ne les taxe, ça je le sais.

                Aux Philippines, il n’y a que des familles pauvres sauf rares exceptions.

                En ce qui concerne l’idéologie espagnole des années 30 40, il ne faut pas oublier que l’Espagne a été occupée pendant 800 ans pas les musulmans, ce qui peut expliquer quand même la mentalité rigoriste vis à vis des femmes (qui n’est absolument pas réservée à l’Opus Dei d’ailleurs ! Nous sommes dans l’ Espagne de Garcia Lorca). Je vous invite à lire les 3 tomes de Vasquez de Prada sur l’Opus Dei qui raconte toute l’histoire de l’Opus Dei depuis ses origines, et aussi « l’itinéraire juridique de l’Opus Dei » de Amadeo Fuenmayor, qui sont des sources sûres. Je ne crois pas un instant que Monseigneur Escriva ait été mouillé dans une quelconque entreprise de corruption politique ou autre du Vatican ou d’autre chose, ça , ça me parait tout à fait surréaliste. J’ai vu trop de belles choses pour écouter ce genre de commérages encore bien plus fanatiques que les errances dont nous parlons ici.

                Je sais que vous Françoise vous avez vécu les événements dans votre famille de façon plus violente que moi et je ne remets pas en cause toute la souffrance que vous avez vécue ni les événements glauques que vous nous avez décrits.

                Moi je tiens à souligner que mon témoignage n’a rien à voir avec des horreurs de cette ampleur. J’affirme que l’0pus Dei comme toutes les communautés religieuses qui sont citées sur ce site, n’est pas une secte, il ne faudrait tout de même pas confondre !!!! Dans une secte il y a un gourou, une idéologie qui s’écarte du catholicisme et les gens sont tous dépouillés. Ici ce n’est pas le cas du tout. Ici nous parlons bien d’institutions faite d’hommes comme il y en a énormément dans l’Eglise, signe qu’elle vit et qu’elle croit. Et les hommes sont fragiles. Le Saint Esprit peut en effet être laissé à la porte, mais c’est bien malgré eux et cela demande d’être réfléchi. L’Œuvre est jeune, beaucoup d’écarts de disfonctionnements mêmes très graves ont été décelés par le passé dans l’Eglise, et le Saint Esprit a été réinvité, le Saint Esprit sait très bien à qui il a affaire : des hommes ! Et parfois même des crapules ! Et le Saint Esprit savait ce qu’il faisait en confiant son Eglise à des hommes. Il faut un jour ou l’autre faire un peu de ménage. Un point c’est tout !

                Quand le mariage n’est plus épaulé, quand les individus ne sont pas entendus, moi je dis stop !!! Je suis allée voir ailleurs à cause de ça, c’est grâce à un psy que je m’en suis sortie. Le prêtre auquel j’avais confié mes malheurs n’est pas du tout resté muet, j’en ai la certitude, puisque j’ai droit aux comptes rendus de mon père et apparemment les langues se sont déliées et je ne suis pas la seule dans mon cas. Cependant l’inertie est très responsable.

                Ce qui sent vraiment très mauvais c’est l’étanchéité entre hommes et femmes, ça n’existe pas dans une société équilibrée.

                Le plan de vie comme source de manipulation je n’y crois pas non plus. La manipulation ne réside que dans la maladresse, le « si tu ne fais pas la prière c’est que tu n’aimes pas assez Jésus », une maladresse que les directeurs s’appliquent d’ailleurs à eux-mêmes. J’ai lu un témoignage d’une ex-membre de l’Œuvre sur ce site qui m’a paru assez juste dans le chapitre sur le procès de Catherine Tissier contre l’Ecole Dosnon qui disait à peu près ça, que les numéraires responsables sont elles-mêmes victimes d’emprise et ne se rendent pas compte qu’elles ont une attitude dangereuse.

                Je vous invite donc à prier avec moi pour qu’il y ait des prises de conscience et des réformes faites dans cette noble institution, qui permettront à ses membres de réellement y trouver Dieu de ne plus claquer la porte.

                Avant de vous quitter, je voudrais aussi vous rassurer sur le Prélat de l’Opus Dei qui m’a reçue, et sur tous les prêtres « opusiens »de France, qui sont tous des gens ordinaires et n’ont pas vraiment un profil de mafieu ayant un charisme particulier pour détourner les consciences. Croyez moi ce sont simplement des hommes…

                Sophie Canetan

                • Les lapins surnuméraires @Sophie 27 mars 2016 00:11, par Françoise

                  Bonsoir Sophie

                  Merci pour votre message et votre éclairage. J’avoue avoir ressenti à sa lecture, beaucoup d’étonnement sinon d’effarement. Comment, après ce que vous avez vécu, pouvez-vous, sinon faire l’apologie de l’OD, du moins la défendre à ce point ? Cela m’interroge beaucoup.

                  Entre votre premier message et celui-ci, il y a tellement d’écart, que finalement, on a l’impression que votre histoire n’est pas liée à un problème opusien, mais juste à un problème de couple. Comme si vous vous en vouliez de dénoncer certaines choses et que vous aviez voulu vous rattraper, histoire de ne pas vous couper de l’OD ? En ce cas, est-ce un positionnement lié au fait que vous auriez peur de ne plus revoir vos enfants, donc tentez de ménager la chèvre et le chou ? Ou bien adhérez-vous toujours aux « valeurs » idéologiques, politiques et « religieuses » opusiennes ?

                  Les pratiques « rigoristes » opusiennes n’ont rien à voir avec la présence musulmane en Espagne. Mais ont à voir avec des pratiques violentes de riches espagnols propriétaires terriens qui dès le Moyen Age travaillaient de concert avec différentes congrégations catholiques pour soumettre à leur autorité aussi bien les paysans que soudoyer des notables et soumettre leurs épouses. Concernant ces dernières, les nobles espagnols avaient l’habitude d’envoyer leurs conjointes jugées pas assez dociles, faire des retraites obligatoires dans des monastères masculins où elles étaient fouettées au sang devant leurs maris, avant que les moines ne leur donnent l’absolution corps à corps (viols successifs bien sûr). Les pratiques SM avec donjon, croix de Saint-André, usages de mortification et de souffrances diverses (cilices, etc) viennent de là. Cela, l’OD se garde bien de vous l’apprendre. Il est tellement plus facile d’invoquer « l’invasion musulmane »…

                  La manipulation mentale n’a rien à voir avec une quelconque maladresse. Elle est faite intentionnellement pour servir des intérêts bien matériels sous couvert de spiritualité.

                  Concernant l’OD, le gourou est et a toujours été Escriva et le culte de la personnalité qu’il a instauré de son vivant et qui est conservé encore aujourd’hui en témoigne largement. Que ce soit via l’omniprésence de portraits de sa personne, la lecture obligatoire et quotidienne de Camino, l’invocation quotidienne dans la prière, etc.

                  Concernant les malversations financières, les pressions financières, demandez-vous pourquoi Escriva s’associe dès les années 40 avec la famille Botin, patrons de la banque Santander, banque qui est toujours la principale banque opusienne (même si l’OD diversifie ses activités bancaires depuis quelques années) ?

                  Sur la question des idéologies qu’Escriva défend, pourquoi celles-ci sont toutes liées à l’extrême droite espagnole et pourquoi l’OD a disposé de postes à responsabilité sous Franco ?

                  Et pourquoi l’OD a soutenu Videla et Pinochet en Amérique du Sud, dictateurs qui furent eux aussi d’extrême droite ?

                  Pourquoi l’OD partout où elle est implantée a des ramifications avec l’extrême droite au plan politique et cherche à déstabiliser les démocraties et les droits humains fondamentaux ?

                  Pourquoi est-elle la seule congrégation catholique qui assassine des personnes, y compris ses propres membres et ce depuis les années 30 ?

                  Pourquoi l’OD pratique-t-elle le blanchiment d’argent pour le compte de différentes mafias ?

                  Pourquoi retrouve-t-on encore actuellement à l’IOR, un opusien français alors que le scandale venait précédemment d’un autre opusien ?

                  Pourquoi en France, l’OD menace-t-elle des familles via des évêques et différents tribunaux où elle a des amis ?

                  Pourquoi n’y a-t-il pas de biographies critiques d’Escriva et de l’OD mais uniquement par des membres assermentés par l’OD -les deux espagnols que vous citez-, dont en France, le vaticaniste et écrivain Bernard Lecomte (la revanche de l’Opus Dei) ?

                  Pourquoi actuellement l’OD française s’associe-t-elle avec le neveu de l’ancien patron de l’OAS dans un fond d’investissement, Raise, destiné à recruter des patrons d’entreprises et d’augmenter les adhésions pouvant alimenter le train de vie de certaines grandes familles opusiennes ?

                  Pourquoi l’OD française tient-elle, après EDF-GDF et General Electric, à s’emparer de Bouygues Energie, Total, Veolia, qui sont comme vous le savez sans doute, des entreprises qui assurent une certaine autonomie énergétique à la France ?

                  Pourquoi l’OD française tient-elle la Manif Pour Tous via Alliance Vita, mais aussi et surtout via la Fondation Lejeune (qui est un centre de formation et un centre de traitement financier de l’OD, sans payer de droits de succession puisqu’ayant l’utilité publique depuis 98) ?

                  Pourquoi Thierry Ehrmann, fils d’opusiens franco-allemands, a-t-il du plus que batailler pour protéger sa mère de l’OD et disposer d’un héritage à la mort de son père ?

                  Pourquoi différents assassinats d’opusiens ont lieu le 19 mars, jour où l’OD logiquement admet de nouveaux membres ?

                  Pourquoi l’OD interdit aux numéraires différentes lectures, des films, certaines activités ?

                  Pourquoi l’OD voit les numéraires auxiliaires comme des esclaves corvéables à merci ?

                  Tout cela ne vous pose pas de questions sur la dimension sectaire de l’OD, Sophie ? A moi, si ! Et pas seulement au regard de mon vécu familial.

                  Parce que tout ce que je soulève comme questions, montre un visage opusien institutionnel qui n’a rien ni d’évangélique, ni de spirituel mais au contraire qui est bien tortueux, sectaire, ultra matérialiste, très politique, violent et manipulateur. Cherchez Jésus dans tout ça, vous ne le trouverez pas. Jésus est à des années lumière de telles entreprises. Et l’Esprit Saint, idem.

                  Souvenez-vous que justement se sont des hommes ordinaires épris de pouvoir et d’argent, comme c’est le cas des hommes ordinaires opusiens, qui ont conduit l’humanité au sommet de l’horreur, qui ont créé le plus de violence, d’abus. Se sont toujours eux qui entretiennent colonialisme, esclavage, escroqueries, guerres, marchés de la drogue, de la prostitution, commerce des armes.

                  Nul besoin d’être extraordinaire à ce niveau. Avec de l’argent et du pouvoir qu’il soit économique, politique, il y a matière à faire des dégâts à tous niveaux.

                • Les lapins surnuméraires -@Isabelle 30 mars 2016 19:08, par Isabelle

                  Chère Sophie,

                  J’avoue être aussi surprise que Françoise par le changement de ton de votre dernière intervention. Ayant lu récemment le témoignage d’une ancienne numéraire de l’OD paru chez Albin-Michel (Au cœur de l’Opus Dei), je crains que vous n’ayez subi des pressions ou que vous redoutiez en être l’objet à l’instar de l’auteur de cet ouvrage.

                  Beaucoup d’informations concernant des malversations données par Françoise ne peuvent pas être connues des membres de la base. Moi aussi, j’ai vécu 29 ans dans l’OD, sans soupçonner de trafics louches, au contraire, je me suis attachée à un tas de personnes dévouées, sympathiques et intelligentes. L’idéal proposé par l’OD répondait au début du moins à mes aspirations spirituelles. Pour moi, nul besoin d’aller fouiner dans les comptes en banque pour crier au danger…c’est la praxis ordinaire qui pose problème. Qu’on l’appelle secte ou pas, ce n’est qu’une étiquette. Il suffit de voir comment la totalité de la vie est régentée par le directeur de chaque centre. Celui-ci est l’unique référent pour le temporel et le spirituel (=confusion des fors externes et internes) de chaque membre vivant sous le même toit que lui.

                  La personne mariée confie son évolution spirituelle en totalité à un directeur, en dépit ou en déni du conjoint. Par exemple, si un couple de l’OD décide de faire une retraite ensemble (donc, en dehors de l’OD), c’est toléré mais cela « ne compte pas ». Il devient vite bien difficile d’accorder les violons au sein du couple de surnuméraires puisque deux « éminences grises » tirent les ficelles dans l’ombre…

                  Isabelle

                  • Les lapins surnuméraires 26 avril 2016 23:38, par Jean-François

                    Je lis les commentaires, et cela m’attriste vraiment… Je suis membre surnuméraire de l’Opus Dei et je ne reconnais absolument pas dans ces descriptions la famille spirituelle qui est la mienne. Dans ce qu’écrit Françoise il y a beaucoup de choses complètement erronées voire calomnieuses. Je peux toujours détailler si on me le demande. Avec le temps je suis devenu très proches des autres membres de l’Opus Dei, ce qui ne m’a pas empêché de cultiver de véritables amitiés en dehors de l’Œuvre, y compris en dehors du milieu catholique. Je suis toujours surpris de voir combien les autres fidèles de la Prélature sont heureux, bien dans leur peau… et je le suis moi aussi au passage ! Sans vouloir jeter la pierre à personne (car chacun a son vécu et je n’ai pas le droit de juger), je suis plutôt convaincu que le problème ne vient pas de l’Opus Dei mais plutôt de ceux qui le quittent. En définitive, personne n’est jamais resté et ne restera jamais dans l’Œuvre contre son gré. Et ceux qui veulent y rester, comme moi jusqu’à aujourd’hui, en sont vraiment très heureux.

                    • Les lapins surnuméraires 27 avril 2016 14:42, par Isabelle

                      Cher Monsieur,

                      Votre témoignage enthousiaste ne me surprend guère. Dans l’OD, les membres heureux d’y être, aiment à le proclamer. Moi j’y ai vécu 29 ans comme surnuméraire avec l’impression de faire ménage à…4 avec nos directeurs respectifs. Je ne suis pas partie : ma chère directrice m’a enjoint d’aller m’épanouir ailleurs, du jour au lendemain, sans considération de l’impact que cette mise à la porte pourrait avoir sur mon couple. Mon mari s’est trouvé déchiré entre la loyauté due à l’OD et celle qui découle du sacrement de mariage… Par ailleurs je connais personnellement des membres, numéraires et surnuméraires qui voulaient quitter et qu’on a empêché par tous les moyens de le faire. Une de ces personnes a tenté de mettre fin à ses jours, c’est dire son mal-être. La logique de cette Institution très catholique mais pas toujours évangélique est celle du profit. Comme dans n’importe quelle entreprise, préavis en moins. Vous rapportez des vocations, vous croyez que l’Œuvre est totalement surnaturelle, vous mettez vos talents à son service, vous suivez les indications reçues sur votre vie spirituelle (qui se concrétise bel et bien dans le temporel !), tout va bien. Vous commencez à mettre des bémols…un bilan sera établi à votre sujet. Dès que la balance penchera du mauvais côté…

                      Loin de moi de vouloir doucher votre enthousiasme mais, avez-vous déjà lu un témoignage à charge ou échangé avec un(e) ex-membre ? En famille, pensez-vous qu’il faille bâillonner toute parole sortant de la bouche d’un adolescent un peu rebelle ? Comment devenir adulte dans la foi s’il faut rendre compte à un tiers (entretiens) de nos choix et décisions à longueur de vie ? Mais surtout, nous risquons de passer à côté de notre mission matrimoniale. De bonne foi, je vous l’accorde.

                      Isabelle

                      • Les lapins surnuméraires 28 avril 2016 14:46, par Jean-François

                        Bonjour Isabelle,

                        je vous remercie pour votre réponse. Que puis-je vous dire à mon tour ? C’est sûr que je ne me lasse pas d’affirmer que je suis très heureux d’avoir la foi et d’être de l’Opus Dei, car depuis ce jour, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir enfin trouvé ce que je recherchais depuis longtemps.

                        Il serait indiscret de ma part de vous demander les raisons de votre départ. Pourtant, je suis convaincu que l’Œuvre ne souhaite que notre bien : si quelqu’un n’y est pas à l’aise, ne doit-on pas l’inviter à réfléchir sur l’éventualité de ne pas renouveler son engagement ? De la même façon, si quelqu’un traverse un moment difficile, ne faut-il pas l’aider à tenir bon dans sa vocation ? Je pourrais ajouter qu’on ne laisse pas demander l’admission à des personnes qui seraient trop fragiles pour assumer toutes les exigences de la vocation. Et je pourrais aussi raconter un fait que l’on m’a rapporté récemment : une jeune numéraire à laquelle les directrices du centre d’études ont conseillé de ne pas continuer, car elles avaient compris que c’était sans doute préférable.

                        Je connais quelques personnes qui ont quitté l’Opus Dei mais qui ont toutes gardé de bonnes relations avec nous. En tout cas, ce ne serait pas moi qui leur jetterais la pierre ! Et je serais bien entendu tout à fait disposé à échanger avec un ancien membre qui aurait des reproches à nous adresser.

                        Par ailleurs, je ne reconnais vraiment pas dans votre description l’entretien auquel je suis habitué. Je n’ai jamais vu cela comme un ensemble de comptes à rendre mais plutôt comme une conversation avec un ami qui est aussi un frère et qui est là pour m’écouter et me conseiller. Combien de fois d’ailleurs cela m’a aidé de dire ce que j’avais sur le cœur ! Je pourrais faire la même remarque au sujet des prêtres de l’Œuvre, dont les paroles m’ont souvent encouragé à des moments où les soucis professionnels ou personnels étaient sur le point de me décourager.

                        Naturellement, si l’on a manqué de charité à votre égard, je ne peux pas approuver. Mais cela ne fait que conforter ma conviction (qui se renforce chaque jour quand je me regarde moi-même !) que l’Œuvre est parfaite mais que ses membres ne le sont pas toujours…

                        Bien cordialement,

                        Jean-François

                        • Les lapins surnuméraires 29 avril 2016 12:10, par Isabelle

                          Cher Jean-François,

                          Mon histoire personnelle avec l’OD n’a pas d’importance. J’ai été traitée comme un membre parmi d’autres, jusqu’au jour où ma liberté de pensée a fait peur aux dirigeants. Dans ma région, l’OD peine à se développer, il faut donc éviter de « contaminer » les autres. La directrice est venue me dire à la maison de ne plus me présenter dans les centres, pas même pour des récollections (ce qui était mon souhait pour garder un petit contact avec mes « sœurs ») car elle craignait mon influence sur certaines d’entre-elles, « un petit peu plus fragiles… » ! J’avais pourtant réservé l’expression de mes doutes au cadre de l’entretien ainsi que dans une lettre remise au Conseiller de mon pays.

                          J’apprécie votre mail empreint de gentillesse et partage aussi votre reconnaissance envers ceux qui m’ont écoutée et aidée. Et, oui, nous sommes tous faillibles, j’en suis consciente ; mais là où nous divergeons totalement, c’est sur l’appréciation portée à l’institution ! J’avoue que l’énergie me manque pour développer ici les arguments qui démontrent - textes produits par la Prélature en main- combien sa spiritualité unidimensionnelle (tous états de vie confondus) est inadaptée pour une saine écologie conjugale… Pour moi, ceci est le plus grave car on induit en erreur, d’une manière des plus séduisantes (les fruits d’Eden étaient beaux à voir et bons à manger..) des milliers de couples désireux de se donner généreusement. A une autre fois peut-être ! Isabelle

                    • Les lapins surnuméraires 27 avril 2016 22:01, par Françoise

                      Jean-François

                      Il est fort logique dans le contexte quotidien que vous vivez, vous ne puissiez pas souscrire à ce que moi et d’autres disons de l’OD. L’emprise sectaire et fondamentaliste a ceci de particulier qu’elle met en sommeil chez les adeptes toute capacité d’analyse critique. Cette capacité critique ne se réveille que lors de chocs ou d’une situation qui dépasse les limites physiques, psychologiques, affectives de l’adepte.

                      Pourquoi, si chacun peut, comme vous le prétendez, quitter librement l’OD quand il le souhaite, mon père surnuméraire et son confrère et ami surnuméraire ont été assassinés un 19 mars, sur ordre de la direction ? Et pourquoi deux autres opusiens du même département ont été eux aussi assassinés un 19 mars à quelques années d’écart ?

                      Pourquoi, si l’OD est une œuvre si bienfaisante, la première chose que le notaire opusien chargé de la succession de mon père a demandé à ma mère, est la clé du coffre familial où notre père avait consigné un nouveau testament annulant celui qu’il avait fait à l’OD ?

                      Pourquoi faute de remise de cette clé de coffre, le dit notaire sur ordre de l’OD, a fait vandaliser la maison sans effraction autre que mise en scène (dixit les enquêteurs judiciaires) vu que ce notaire avait les clés de la maison, ce pour forcer le coffre, récupérer ce testament et le détruire, testament qui aurait empêché l’OD via la Fondation Lejeune de toucher l’héritage familial (héritage conséquent puisque mon père n’avait ni traité la succession de ses parents ni celle de ses grands-parents) ? Pourquoi par la même occasion les vandales n’ont pas volé l’ordi paternel mais effacé entièrement les dossiers traités par lui ?

                      Pourquoi l’OD a-t-elle produit, pour tenter d’augmenter sa part d’héritage en s’emparant de la pension de réversion due à ma mère, un faux document de divorce, en payant une forte somme à la mairie ayant enregistré le mariage de mes parents (opération qui a échoué et que ma famille a dénoncé comme faux et usage de faux par voie juridique) ?

                      Pourquoi l’OD durant toute la succession, n’a cessé d’invoquer ses liens de proximité étroite avec Bercy mais aussi le ministère de l’Intérieur de l’époque pour faire pression tant sur le notaire et l’avocat que ma famille avait choisis, mais aussi pour faire pression sur la police et la gendarmerie locales chargées de l’enquête ?

                      Pourquoi l’OD a-t-elle durant les années où la succession paternelle s’est déroulée, harcelé par différents courriers ma mère, par différents coups de fil menaçants ma soeur (nous avons dû faire 15 mains courantes à la police), et utilisé l’évêché du diocèse où je réside pour faire pression et intimidations répétées sur moi, mon compagnon et ses parents ?

                      Si vraiment l’adhésion opusienne rendait les gens heureux, pourquoi une bonne partie des opusiens utilisent des antidépresseurs prescrits par des médecins de l’Œuvre, pourquoi une bonne partie des surnuméraires hommes deviennent violents avec leur entourage familial et pourquoi certains finissent par être tués par l’organisation quand ils commencent à poser trop de questions ou à comprendre différentes malversations et implications criminelles des hauts numéraires et surnuméraires ?

                      J’aimerais vraiment comprendre… D’avance merci !

                      • Les lapins surnuméraires 28 avril 2016 14:59, par Jean-François

                        Bonjour Françoise,

                        à vrai dire, j’ai beaucoup de mal à donner du crédit à de telles accusations ! J’ai déjà entendu de nombreuses critiques à l’égard de l’Œuvre, mais là vous nous reprochez carrément d’être une organisation criminelle. Alors de deux choses l’une : soit la justice française est à côté de la plaque (et en tant que juriste je peux affirmer que, malgré certaines améliorations possibles, ce n’est pas le cas), soit c’est purement et simplement de la diffamation. Si toutefois ce que vous avancez est vrai, il ne tient qu’à vous à déposer plainte. Je précise que je ne suis pas sous antidépresseurs et que je ne suis pas violent ; et je ne connais aucun numéraire ou surnuméraire qui le serait.

                        Cordialement,

                        Jean-François

                        • Les lapins surnuméraires 28 avril 2016 23:42, par Françoise

                          Il ne s’agit pas de diffamation, Jean-François. J’ai un dossier épais comme comme deux bibles sur cette terrible affaire chez notre avocat, qui lui aussi a vécu pressions et menaces durant les cinq ans de la succession.

                          J’ai porté plainte, ma soeur aussi.

                          Pour le meurtre paternel, c’était plus compliqué car s’il est avéré et a été opéré par empoisonnement, les médecins de l’hôpital qui ont tenté de le sauver, ont refusé de témoigner par crainte de menaces sur leur vie mais aussi par crainte que certains crédits de recherche leur soient coupés. Le médecin chef nous l’a clairement signifié.

                          La même chose s’est produite pour le confrère et ami surnuméraire de mon père quelques années avant. Mais il n’a pas été assassiné de la même façon. Il a été pendu et tout a été orchestré pour maquiller le meurtre en suicide. Se sont la police et la gendarmerie qui me l’ont expliqué au moment de l’enquête judiciaire sur le vandalisme de notre maison familiale, le coffre forcé et enfoncé, l’ordi avec tous les dossiers effacés. Les policiers et les gendarmes ont reçu des pressions pour ne pas poursuivre l’enquête jusqu’à l’OD. Ils me l’ont avoué et ont qualifié l’affaire, d’affaire résolue non résolue.

                          Mon père avait découvert en enquêtant lui-même, qu’il s’agissait d’un meurtre concernant son ami surnuméraire (nous avons retrouvé des documents où il explique cela, documents entre les mains de notre avocat), et il avait sans doute découvert l’identité des meurtriers de son ami et voulait les dénoncer publiquement.

                          C’est pourquoi l’OD a fait en sorte de le faire taire définitivement. Ils avaient tenté une première fois de lui coller un procès au tribunal de Versailles (où ils ont de super copains) pour l’intimider, puis voyant qu’il allait parler malgré tout, ils ont employé les grands moyens.

                          Deux autres meurtres de surnuméraires ont eu lieu par arme à feu sur le même département. Quelques années avant. Toujours un 19 mars. Ca fait beaucoup non ? Je ne vous apprends rien sur la symbolique de cette date pour l’OD. Et après ces meurtres, les mêmes pressions et menaces sur les familles par les mêmes instances opusiennes.

                          Ca fait quand même beaucoup de coïncidences troublantes…

                          Concernant les traitements antidépresseurs, chez les quatre surnuméraires assassinés, il y avait l’ordonnance du même médecin opusien avec exactement les mêmes drogues données. Toutes ont été ordonnées six mois avant leur meurtre. Etonnant n’est-il pas ?

                          Concernant la violence, l’OD a encouragé, valorisé celle de mon père vis à vis de notre mère et vis à vis de ma soeur et moi. J’ai su après sa mort que différents surnuméraires battaient et leurs épouses et leurs enfants. Que c’était quelque chose de finalement très classique. Tant mieux que vous ne soyez pas concerné.

                          L’OD pensait d’ailleurs du fait de cette violence paternelle, que nous refuserions l’héritage et qu’ils auraient les mains libres pour encaisser la totalité des biens paternels en duo avec l’état et quelques petits arrangements. Il n’en fut rien. D’où leur production d’un faux document de divorce pour tenter de s’approprier la pension de réversion de notre mère, d’où leurs différentes intimidations et pressions sur avocat, notaire, agent immobilier, famille…

                          Je ne vous souhaite pas, non plus qu’à personne d’autre de votre entourage, de vivre de pareils évènements pour comprendre ce qu’est réellement l’OD. Personne ne mérite de vivre de telles horreurs.

                          Cependant, je trouve important de témoigner parce que justement, je ne veux pas que d’autres meurtres, d’autres affaires du même genre arrivent à d’autres familles dont un ou plusieurs membres sont engagés à l’OD.

                          Après, libre à vous de me croire ou pas. Mais au moins, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas.

                          Cordialement

                          Françoise

                      • Les lapins surnuméraires 29 avril 2016 19:24, par Isabelle

                        A mon humble avis, les meurtres dont parle Françoise auront été perpétrés par des personnes issues du monde politique, milieu que fréquentaient les surnuméraires en question. La date du 19 mars qui revient comme une malédiction signe plutôt un essai grossier de faire porter le chapeau à la Prélature. Celle-ci, ayant pour habitude de frayer avec les puissants (quand ils peuvent servir sa cause), aura mis ses membres en danger d’être éliminés. Je penche pour une responsabilité indirecte. Isabelle

                        • Les lapins surnuméraires 29 avril 2016 21:37, par Xavier Léger

                          Moi aussi. Les groupes religieux déviants restent malgré tout des communautés religieuses, qui ont une éthique (même si celle-ci est purement formelle).

                          Il est difficile d’imaginer un supérieur religieux demander à un de ses sujets d’aller zigouiller une personne. ça ne marche pas comme ça (Même si, je reconnais que dans le cas de la Légion du Christ, il y a des cas de morts très suspectes).

                          Parfois le groupe est entouré de quelques membres fanatiques et écervelés, ou d’anciens membres restés sous son emprise. Ceux-là peuvent faire les basses besognes… sans en avoir reçu explicitement l’ordre : ils en ressentent simplement le devoir (Ce phénomène est très bien mis en scène dans le film de Paul Thomas Anderson « The Master »).

                          J’ai moi-même connu des types de ce genre, dans l’affaire de la Légion du Christ. Il y a une période où, après avoir reçu quantité de menaces, j’étais terrorisé à l’idée de me promener dans la rue !)

                          C’est notamment grâce à ces gens là que Maciel a réussi à se défendre pendant des années. Je pourrais détailler cela pendant des heures.

                          • Les lapins surnuméraires 30 avril 2016 10:03, par Françoise

                            Bonjour Xavier

                            Ma soeur et moi n’avons pas encore découvert l’identité des auteurs du meurtre paternel. Mais nous avançons petit à petit, au fil de nos enquêtes respectives sur le sujet. Nous découvrons chaque année quelques pièces supplémentaires du puzzle et transmettons nos découvertes à l’avocat.

                            Comme je le disais à Isabelle, il y a trop d’indices montrant l’implication directe de l’OD dans la mort de notre père pour que, tant la police que notre famille, soyons persuadés d’un ordre direct venu de la direction.

                            Ne pas oublier que l’OD s’est fortement inspirée des techniques d’intimidations et de meurtres de l’Eglise espagnole sur les ouvriers et syndicalistes, anarchistes dans les années 20-30. Les hommes de main chargés des meurtres, les pistoleros, étaient directement formés et briefés par des membres importants de l’Eglise espagnole, des archevêques, des évêques et des cardinaux, dont un, très copain avec Balaguer.

                            Concernant la Légion du Christ, c’est le même genre de culture de type vendetta, donc je ne serais pas étonnée des mêmes pratiques.

                            L’utilisation d’hommes de paille pas forcément membres de ces organisations, ne fait aucun doute, pour opérer certaines actions criminelles.

                            Mais concernant l’OD, j’ai l’impression, la police aussi, au regard de l’affaire paternelle et plus largement départementale, et au regard des différents types de pression et menaces subis, qu’il y a aussi des membres particulièrement gratinés qui « œuvrent » sur ordre pour grimper dans la hiérarchie.

                            Je me doute bien qu’avec les révélations que vous avez faites, vous avez subi sensiblement la même chose que ma famille et moi. C’est sûr qu’il y a des moments difficiles mais je persiste à penser que le plus important est de continuer d’alerter pour protéger le plus de jeunes et moins jeunes de ces affreux. Au moins, nos expériences nous ont appris leur dangerosité, leur capacité de nuisances et même si ce n’est pas grand-chose au regard de ce que ces groupes continuent de faire, il faut que nous tenions bon et continuons d’avertir et dénoncer ces horreurs. L’avantage maintenant qu’il existe votre site, celui de l’Avref et celui de la Parole Libérée, c’est que nous pouvons établir des contacts, coordonner et mutualiser témoignages, actions et soutiens. Et c’est une très bonne chose !

                            Je pense que comme moi et d’autres, depuis, vous vous sentez un peu moins isolé qu’au début de votre démarche. Le plus rude dans ces affaires, c’est de toujours anticiper les réactions des groupes déviants et d’avoir conscience que de toute façon, il n’y aura ni soutien clérical, ni soutien médiatique (sauf exception) parce qu’aucun des deux groupes n’a intérêt à ce que ces informations soient divulguées. Une fois posées ces bases, faut tracer et garder à l’idée que l’important est d’empêcher de nouvelles victimes le plus possible.

                        • Les lapins surnuméraires 29 avril 2016 22:47, par Françoise

                          Je ne pense pas qu’il s’agisse d’une responsabilité indirecte, Isabelle, la police ne le pense pas non plus ,étant données les menaces directes de l’OD sur notre avocat, notre famille, sur les flics locaux en charge de l’affaire, mais aussi vues les promotions reçues par deux surnuméraires après le meurtre de mon paternel.

                          Nous avons compris ma soeur et moi que notre père voulait quitter l’OD du fait que les meurtriers de son ami étaient justement des opusiens, délégués par la direction.

                          Il l’avait précisé à des amis non opusiens peu avant son assassinat, leur expliquant ses craintes au vu du harcèlement qu’il subissait depuis des mois et des menaces de procès au tribunal de Versailles pour de fausses raisons (principalement pour lui mettre la pression et lui faire des intimidations supplémentaires), et il leur avait parlé du second testament pour se dégager de celui fait à l’OD à son entrée. Il leur avait dit regretter être entré à l’OD étant donné ce qu’il y avait découvert comme marigot, sans vouloir en dire plus. Il a été tué quelques semaines après cette confidence.

                          Certainement que les quatre surnuméraires assassinés dont lui-même avaient découvert des choses très graves au sein de l’OD, ce à très haut niveau (c’est en tout cas vraisemblable au vu des notes écrites sur les papiers que notre père a laissés dans une cachette et que nous avons trouvés et déposés chez l’avocat) et qu’ils ont été tous les quatre supprimés au fil des années parce qu’ils en savaient trop sur des sujets très sensibles. Je sais qu’il y a eu un vaticaniste impliqué dans l’affaire, mais aussi des politiques et des hauts prélats.

                          La date du 19 mars pour les 4 meurtres constituait un signe fort pour ceux des numéraires ou surnuméraires qui auraient tenté sur le département ou dans les départements voisins de suivre l’exemple des quatre rebelles. Nous pensons même, ainsi que la police, que le choix des différents types de meurtre ne tenait pas non plus du hasard mais correspondait pour l’OD à une motivation particulière.

                          D’ailleurs, dans les menaces que nous avons eues de l’OD, ils mentionnaient régulièrement la date du 19 mars comme une menace de mort potentielle pour notre famille, parce que nous avions compris leurs malversations au moins en partie et nous opposions au sein de la succession à leur emprise de la totalité de l’héritage. Le fait quelques années plus tard d’avoir reçu des menaces identiques des services de l’évêché de mon diocèse, alors que je sais l’évêque particulièrement ami avec l’OD, montre bien qu’il s’agit d’une affaire diligentée par la direction et téléguidée.

                          Le milieu opusien en plus est tellement codifié, tellement englué dans sa mythologie…

                          Un jour, nous savons ma soeur, mon compagnon et moi que toute cette affaire remontera à la surface, un peu comme l’affaire Boulin et que la vérité sortira avec fracas. Et comme pour les actuelles affaires de pédophilie dans l’Eglise, cette vérité confondra l’OD et ses amis.

                          Trop de gens sont impliqués dans ces 4 meurtres et certains ont malgré tout, gardé un peu de conscience morale, donc finiront par parler, ne serait-ce que pour soulager la conscience qui leur reste.

                          J’espère seulement que d’ici-là, l’OD ne commettra pas de nouveaux assassinats.

                          Pour cela que je veux que le plus de monde possible sache tout ça, pour que d’autres familles ne se fassent pas avoir par cette organisation. C’est la seule chose que je peux faire pour les protéger. Même si c’est peu, c’est mon devoir que d’avertir du danger.

                          Cordialement

                          Françoise

                          • Les surnuméraires influents 4 février 2017 10:08, par Françoise

                            Avec l’affaire scandaleuse de François Fillon, nous voyons apparaître un potentiel surnuméraire influent français supplémentaire : le milliardaire français Marc Ladreit de Lacharrière.

                            Détails biographiques :

                            https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Ladreit_de_Lacharri%C3%A8re

                            On retrouve bien sûr les premières amours entrepreneuriales de l’OD, à savoir le groupe Schueller-l’Oréal, le groupe Dassault, mais aussi le groupe presse Valmonde (Valeurs Actuelles et le Spectacle du Monde), outil presse d’extrême droite très présent pour distiller la propagande opusienne dans certaines corporations et inviter à certaines réunions religieuses opusiennes.

                            Le monsieur a donc fourni argent et emplois fictifs pour arroser nombre de politiques français ces vingt dernières années (dont Sarkozy et Chirac), et entouré d’argent également François Fillon et sa famille. On comprend aussi mieux le ralliement de Sens Commun de Jean-Frédéric Poisson à François Fillon.

                            Dernière précision : le monsieur fait partie du Groupe Bilderberg. Ce qui veut donc dire que l’OD a une oreille et un poids dans ce groupe. Tout comme via Clara Lejeune Gaymard, l’organisation a une oreille et un poids à la Commission Trilatérale.

                            Et après, la même organisation nous prétend que non décidément, l’OD ne s’intéresse ni à l’argent ni à la politique ni aux réseaux d’influences internationaux….Ben voyons !