Mercredi 27 mars 2013 — Dernier ajout jeudi 27 mars 2014

Opus Dei : la guerre contre la vérité

Suite au reportage « Opus Dei : l’enfer d’un « ex » au tribunal », publié dans le n°204 de Golias Hebdo, le journal a poursuivi son enquête sur la « Sainte Mafia ». Comprendre les subtilités et les rouages de cette affaire Tissier est primordial car l’Opus Dei est en guerre contre la vérité. Organisation puissante financièrement, elle l’est aussi dans son influence et dans sa communication. L’envers du décor n’est pourtant pas très ragoutant et des centaines d’anciens membres, en provenance de nombreux pays, parlent désormais librement de l’endoctrinement dont ils disent avoir été victimes.

Enquête réalisée par Jean-Baptiste Malet

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Affaire Tissier : la bonne conscience de Mgr André Vingt-Trois

L’actuel cardinal et archevêque de Paris, André Vingt-Trois, est l’auteur d’une lettre inédite que Golias Magazine publie dans ce numéro.

Durant son long calvaire, Janine Tissier n’a pas ménagé ses efforts pour obtenir des nouvelles de sa fille. « Je l’avais perdu et j’écrivais à tout le monde dans l’espoir de débloquer quelque chose » explique-t-elle en effeuillant une incroyable quantité de lettres rédigées dans les années 90. Deux d’entre-elles, en date de l’automne 1994, sont signés d’un certain « André Vingt-Trois, Évêque Auxiliaire de Paris », désormais cardinal, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France.

« André Vingt Trois était à l’époque le bras droit de Lustiger. Je leur ai écrit plusieurs fois et ils m’ont répondu que tout allait bien, que c’était merveilleux, bref, que ma fille se portait bien… Elle faisait quarante kilos ! » explique, amère, Janine Tissier. « J’ai même été convoquée par Monseigneur Vingt-Trois », ajoute sa fille, Catherine Tissier. Effectivement, suite à l’un des courriers adressés à Mgr Lustiger, c’est Mgr Vingt-Trois qui lui répond. « (Mgr Lustiger) m’a chargé d’étudier le cas que vous lui signalez. Je vais rencontrer votre fille dans les semaines qui viennent » écrit-il dans un premier courrier en date du 20 septembre 1994.

Du côté de l’Opus Dei, un courrier arrive donc dans la boîte aux lettres des directrices régionales de l’œuvre. « Comme je travaillais pour l’Opus Dei sur Neuilly à l’époque, ce n’était pas dur de me trouver, relate Catherine Tissier. On m’a demandé de venir tel jour, telle heure en m’expliquant que j’avais rendez-vous avec Mgr Vingt-Trois ». La suite du récit n’est pas glorieuse pour le prélat.

« C’était dans un tout petit bureau, se souvient Catherine Tissier. Il m’a simplement lu le courrier de ma mère, puis il m’a regardé de la tête aux pieds. Il m’a dit : « Je constate que vous allez bien, que tout va très bien, je vais répondre à vos parents que tout va très bien et qu’il n’y a pas de soucis ». Voilà. Il n’y a pas eu de dialogue. Il n’y a pas eu de questionnement, vraiment, il ne m’a pas posé aucune question. Rien du tout. Moi, je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Cela a été très bref, il m’a congédié rapidement et je suis aussi vite sorti que ce que j’étais rentrée. » La rencontre n’a pas duré cinq minutes. « Je suis ensuite retournée à Neuilly pour faire le compte rendu de la réunion aux directrices régionales, se rappelle Catherine Tissier. Je suppose qu’elles devaient ensuite relater tout ça au prélat de l’Opus Dei. La directrice de conscience, c’était après, à l’intérieur du centre. »

Suite à cette éphémère entrevue, la réponse épistolaire d’André Vingt-Trois (reproduite ci- contre) est à couper le souffle : « J’ai reçu votre fille qui est venue me voir très librement, écrit-il à Janine Tissier. Permettez-moi de vous dire que j’ai été impressionné par sa maturité et l’affection qu’elle vous porte, à son père et à vous-même. Après cela, qu’une femme de son âge, ayant sa personnalité, dispose librement de sa vie ne me paraît pas très exceptionnel, même s’il y a toujours un risque pour les parents de vivre un sentiment d’abandon. Je crois que vous n’avez pas raison de vous inquiéter car votre fille ne subit aucune contrainte. »

Aujourd’hui, Catherine Tissier est formelle : « Monseigneur Vingt-Trois, en se disant « Voilà, je l’ai reçu », s’est donné bonne conscience à l’époque. » Une « bonne conscience » qui sonne désormais comme une cruelle indifférence aux souffrances de Janine Tissier et de sa fille, victimes des tentacules de l’Opus Dei. « Durant toutes ces années, la revue Golias de 1992 sur l’Opus Dei était mon livre de chevet » affirme aujourd’hui Janine Tissier, qui n’a pourtant jamais contacté notre adresse de Villeurbanne. Pourquoi ? « Le spécialiste des sectes, le père Trousselard, qui nous a beaucoup aidé dans notre combat contre l’Opus Dei, nous a expliqué que c’était un titre de gauche et que cela pourrait ne pas nous aider ». Certes, il est vrai que contacter Golias n’aurait pas beaucoup aidé… à maintenir le silence sur cette affaire. Reste à savoir si, de ce silence, l’institution en ressort grandie ou entâchée.

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Face au désarroi de Janine Tissier, la morgue d’Augustin Roméro, responsable de l’Opus Dei (Paris)

Extrait d’une lettre d’Augustin Roméro, adressée à Janine Tissier, en date du12/11/90 : « J’ai demandé à la direction de Dosnon quelques précisions sur la personnalité de Catherine : on me dit qu’elle est très estimée des professeurs et très appréciée de toutes les élèves, qui trouvent en elle un réel appui, même si elle est encore jeune. Sa personnalité très affermie, fruit – entre autre – de la bonne éducation reçue. Elle est très réfléchie et sérieuse ; elle ne décide rien à l’improviste et, lorsqu’elle fait un choix, elle s’y tient. Je comprends ce que vous pouvez ressentir à la pensée qu’elle ne sera pas tout le temps auprès de vous. Mais, outre que ce serait bien le cas si, par exemple, elle se mariait, comment voudriez-vous faire aujourd’hui pour retenir ces jeunes qui – pour de multiples raisons : professionnelles, psychologiques, matérielles, etc – réclament de plus en plus d’autonomie vis à vis de leurs parents ? Catherine n’est pas un cas ; tous les jeunes sont comme cela ! »

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Au plus haut des… Cilices !

De l’archaïsme barbare des mortifications

Régulièrement évoqués dans le traitement médiatique de l’Opus Dei pour leur aspect sensationnel, représentés dans la fiction romanesque Da Vinci Code de Dan Brown, les mortifications sont effectivement pratiqués par les membres de la Sainte Mafia. Pour ce décryptage affranchi d’une logique strictement émotionnelle, Golias Magazine est parti à la rencontre de Marie-Bérangère J. et Catherine Tissier, anciennes membres de l’Opus Dei.

Si certains catholiques considèrent que l’usage des mortifications corporelles rapprochent de la souffrance du Christ, il revient aux lecteurs de Golias de porter la lourde croix « réflexive » de ces archaïsmes moyenâgeux rimant bien souvent avec la barbarie la plus crue. « Dans l’Opus Dei, le mot mortification est tout le temps employé, explique l’ancienne membre opusienne Marie- Bérengère J. Dans la pratique, cela commence de manière basique, avec des choses simples, comme ne pas s’appuyer au dossier de la chaise, ne pas tenir la rampe dans les escaliers, manger moins de ce que tu aimes, plus de ce que tu n’aimes pas. C’est sortir de table en ayant encore faim. Puis viennent les choses plus importantes : c’est le cilice, les disciplines, les douches froides, dormir par terre, ou sur une planche, dans le but se sanctifier, à l’image des grands saints. »

Le cilice, après avoir été, selon les siècles, en crin ou en étoffe rude, est devenu – grâce à l’âge de fer – un petit collier de métal à pointe qui rentre dans la peau de la cuisse pour la blesser. Quant aux disciplines, il s’agit de fouets de cordes. Utilisés officiellement comme « moyen de pénitence », les mortifications sont prescrites dans les sectes par de nombreux gourous car elles sont un excellent moyen de culture, chez l’adepte, de la haine de soi pouvant générer des schizophrénies, mais surtout, construisent un cercle vicieux d’endoctrinement et d’accoutumance à la douleur que la lecture du désormais classique « La mécanique des sectes », écrit par le Dr Jean-Marie Abgrall, révèle sporadiquement selon les chapitres.

« Très vite, ma directrice m’a donné cilice et disciplines, reprend Marie-Bérengère J. Cela me semblait naturel, la mortification, une fois entrée dans l’Opus. Les choses se font très progressivement, mais elles se font. Tout est fait maison. On reçoit très vite un petit sachet avec cilices et disciplines. C’est un « atelier » qui les fabrique, comme il y a un atelier pour faire les hosties. Le cilice, il y a un côté plat et un côté avec les pointes de fer biseautés. Il faut le placer le plus haut possible sur la cuisse. Il doit tenir. La première fois, c’est l’horreur. On boite, on n’arrive pas à s’asseoir. Après, on le sent moins. Mais on le sent toujours quand on s’assoit. Quand on le serre, après, debout, quand le muscle gonfle selon les positions, il s’enfonce plus. L’idée, c’est que plus l’on serre, plus l’on montre sa générosité avec le Seigneur. » Des propos que confirme Catherine Tissier qui a appris, durant ses nombreuses années passées au sein de l’Opus Dei, a fabriquer les cilices. Combien en a-t-elle fabriqué ? « J’en faisais autant qu’il y avait d’entrée, réplique-t-elle. Les auxiliaires les plus âgées m’ont appris à les fabriquer. Au début, quand on fait l’admission, on n’apprend pas à faire ça. Mais c’est quelque chose qui se transmet. Les disciplines, je n’en faisais pas, parce que je n’avais pas assez de force pour serrer les cordes. Mais les cilices -ouf !… j’en ai fait un paquet. »

Si le port du cilice est fixé à deux heures, quotidiennement, l’auto-flagelation à la discipline est, elle, hebdomadaire. « Mais on peut le faire plus souvent, précise Marie Bérengère J. Pendant l’entretien avec ma directrice de conscience, selon les contextes, il m’est arrivé que l’on me dise « tu pourrais doubler la dose ». C’était suggéré gentiment. » Officiellement, la généralisation des pratiques des mortifications corporelles via cilices et disciplines n’est pas reconnue par l’Opus Dei qui crie là à la calomnie, et affirme que ces usages ne sont réservés qu’à une « faible minorité volontaire ». En réalité, tous les anciens membres attestent de l’usage extrêmement répandu de ces pratiques. Une hypocrisie que ne supportait d’ailleurs pas Marie-Bérengère : « On nous disait de porter le cilice, mais si jamais on nous questionnait à la piscine sur les traces rouges que l’on avait sur nos cuisses, il fallait mentir et inventer des mensonges. »

Catherine Tissier se souvient également d’une anecdote évocatrice : « Comme par hasard, raconte Catherine Tissier, lorsque les membres de l’Opus Dei m’ont ramené mes affaires, alors que je venais de quitter l’Opus Dei et que je vivais à nouveau chez mes parents, ils ont tout ramené… sauf le cilice, qui était pourtant avec le reste de mes affaires. »

Autre témoignage inédit, Catherine Tissier relate un entretien tenu avec la médecin du travail : « La médecin qui m’a fait mon arrêt de travail, elle m’a dit qu’elle s’était aperçue, à plusieurs reprises, que d’autres personnes de l’Opus avaient des rougeurs dans le dos. Quand j’y suis retourné, moi, après mon arrêt de travail, elle m’a fait une trace avec son ongle dans le dos pour voir si je marquais vite. Parce que ce sont les trucs que l’on devait dire « Oh oui, j’ai la peau qui marque vite ». Elle m’a dit, et elle me l’a redit quand j’y suis allé pour me faire licencier, qu’elle s’était très bien rendu compte qu’il y avait des gens du centre qui avaient des traces sur le dos et les épaules, et tous aux mêmes endroits. Mais quand on allait voir le médecin du travail, on avait justement consigne d’arrêter cilices et disciplines huit jours avant, pour éviter que les marques soient trop fraîches. »

Mais si la violence physique s’incarne dans ces pratiques, Marie-Bérengère J. avance également que la violence, au sein de l’Opus Dei, est aussi extrêmement forte dans les rapports sociaux entre membres. « Quand on voit la mortification corporelle d’un regard extérieur, cela paraît barbare et sans raison. Le risque, d’après moi, c’est surtout un risque d’orgueil énorme contrairement à ce que l’on croit. Se mortifier fait naître une forme d’orgueil : « Moi, j’utilise le cilice et la discipline. Je ne suis pas n’importe qui : je suis comme les grands saints. » Et ça, ça peut vite venir, ce sentiment de supériorité, se sentir « l’élite de l’Église ». « Nous, on sait faire. Nous, la messe est mieux qu’ailleurs, etc… » En réalité quand on est dans l’Opus Dei, les mortifications, c’est secondaire. Ce n’est pas important. Le plus dur ce n’est pas ça. Le plus dur, c’est ce que l’on encaisse des autres, le rabaissement, les corrections fraternelles qui t’humilie dans le groupe. La violence sociale, les carences affectives, sont beaucoup plus durs que la violence physique. »

Les corrections fraternelles ? Marie-Bérangère s’explique : « Dans l’Évangile, le Christ dit : « Si tu as un problème avec ton frère, que ça ne va pas, va lui dire. Si ça ne marche pas, va avec deux autres frères, etc… » mais c’est pour des choses graves. À l’Opus Dei on dit « Il faut faire des corrections fraternels pour aider à se sanctifier. » Il faut en recevoir et en donner. Celui qui n’en fait pas, on le considère comme faisant preuve de mauvais esprit. C’est qu’il ne veut pas que son frère se sanctifie. Pour une correction fraternelle, on passe son temps à observer les autres en se disant « Pourvu que je trouve un truc ». Parce que si on ne trouve rien, on se fait tuer pendant l’entretien. Donc… on cherche, on cherche ! Et quand on trouve, on va voir la directrice en lui disant « Il s’est passé cela chez l’autre ». Donc la directrice dit « Tu peux aller faire la correction fraternelle » ou alors, elle demande à quelqu’un d’autre d’aller faire la correction fraternelle. La correction fraternelle, la première que j’ai du faire, c’était quand la directrice m’a dit : « -As-tu repéré que Malaury mettait ses pieds sur le prie-dieu à la chapelle ? ». « -Non, je n’ai pas repéré. » « -Et bien si, elle le fait et c’est un manquement à la pauvreté, cela va user le prie-dieu. » Donc il fallait que j’aille lui dire. Je suis mal à l’aise, j’ai 17 ans, mais je dois la coincer dans une pièce et aller lui dire. Je lui fais la remarque, elle me remercie, et le temps se passe ainsi. On passe son temps à se surveiller les uns les autres, pour des choses qui n’ont aucun intérêt. Une des dernières corrections fraternelles que j’ai reçu, c’est quand je suis arrivé à la messe sans cravate. C’était un crime ! Cela prouvait que je n’avais pas d’amour pour le Seigneur ! Untel pendant la méditation ne regardait pas le tabernacle mais regardait ailleurs ? Cela prouve qu’il n’avait pas son cœur dirigé vers le Seigneur. Untel plie mal les serviettes ? Cela prouve qu’il ne mets pas son énergie à sanctifier son travail. Tu as choisi le meilleur fauteuil hier soir ? Cela prouve ton manque d’esprit de mortification. »

En réalité, les deux violences s’articulent l’une à l’autre. Car à la culpabilité générée par la violence sociale impliquant l’adepte de l’Opus Dei, répond un exercice de la haine de soi dans les mortifications visant à se « purifier » en se déculpabilisant par la barbarie « rédemptrice ». Cette haine de soi pouvant effectivement générer une sensation de contrôle et de puissance qui reste toute relative. Mais l’usage de cilices et de disciplines ne se limite pas à l’Opus Dei. Sur internet, nombreux sont les forums et les sites internet proposant à la vente ces objets de tortures. Pire, des groupes facebook de ceux qui « aiment porter le cilice » se sont déjà formés. Ils rassemblent des croyants de toutes nationalités, qu’ils soient laïcs ou prêtres, membres de l’Opus Dei ou de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X. Car les mortifications corporelles ne sont pas consignés chez les lefebvristes, comme l’atteste des discutions entre membres. Et pour quelques dizaines d’euros, les accessoires les plus répugnants se vendent ainsi sur la toile sans que la moindre autorité ecclésiastique ne s’en émeuve. Pendant combien de temps encore ?

Face à la barbarie des archaïsmes et intégrismes, il nous reste à nous demander où se situe l’ordre moral… Assurément pas chez ces apologistes de la barbarie qui devraient peut-être songer à se triturer la tête, plutôt que la chair.

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Mgr Le Gall (Toulouse) à confesse avec l’Opus ?

En juillet 2008, pour la première fois en France, un archevêque nomme à la tête d’une paroisse un prêtre de l’Opus Dei. Ce prêtre, Franck Touzet, est installé par Mgr Le Gall comme curé de Notre Dame de la Dalbade en plein cœur de Toulouse. Cette installation solennelle, sous le regard de nombreux journalistes, a lieu avec la police aux portes de l’église pour canaliser les manifestants. Mais, dès septembre 2009, suite au réaménagement des paroisses du centre ville et à la formation d’une Unité Pastorale, il n’y a plus eu de curé à la Dalbade. Toutefois il restait le Père Touzet. Lui proposer la fonction de vicaire après l’avoir nommé curé un an auparavant aurait été faire injure à l’Opus, c’est pourquoi, à ce moment là, il a été promus recteur de la Dalbade !

Cependant au début d’été 2011, les nominations de prêtres, sorte de jeu des chaises musicales à l’envers, puisqu’il y a malheureusement plus de chaises que de joueurs, se finalisent. Le secteur de la cathédrale de Toulouse et donc de la Dalbade est, à nouveau, réorganisé et voit arriver un jeune prêtre de 35 ans sympathisant de l’Opus Dei, le Père Arthur de Leffe, déjà connu de nos lecteurs pour proposer la séparation des filles des garçons du chœur. Il est nommé vicaire au service de cette unité pastorale. Quant au recteur Touzet, il se murmure qu’il va faire ses valises… Son passage dans la ville rose aura donc été bref.

Par ailleurs, deux autres prêtres de la Prélature de l’Opus Dei sont présents depuis de longues années, l’un d’eux serait le conseiller spirituel et le confesseur de Mgr Le Gall. C’est dire à quel point Mgr de Toulouse apprécie ce courant de pensée. Il le reconnaît d’ailleurs lui-même dans un livre de questions réponses qui vient de paraître et où, comme à son habitude,il justifie l’action de l’Opus Dei en Espagne sous Franco. Mais il y a plus inquiétant pour l’Eglise qui est à Toulouse. En effet, dans ce livre de questions réponses, l’archevêque confie avec satisfaction que la moitié des séminaristes de la Haute-Garonne entrés cette année ou l’an dernier ont « été accompagnée par des prêtres de l’Opus Dei » et il ajoute « on juge l’arbre à ses fruits ». L’archevêque de Toulouse manquerait-il de discernement ?

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Affaire Tissier : Docteur Descout, pour vous servir !

Le discret et influent docteur Descout est « membre de l’Opus Dei ». Mais il en est aussi l’un des cadres français. Golias Magazine en détient la preuve.

« Ils disent tous que c’est moi qui ai voulu allé voir Descout, s’agace Catherine Tissier, mais quand on y repense… Je ne connaissais pas la région parisienne, je n’étais jamais sur Paris… Comment aurais-je pu le connaître par moi même ? » Durant son endoctrinement, Catherine Tissier était obligée de consulter un médecin membre de l’Opus Dei, le docteur Descout, qui lui prescrivait de très fortes doses d’antidépresseurs et de neuroleptiques agissant telle une camisole chimique.

Un document émanant du bureau des associations de la préfecture de police de Paris, datant de 1996, révèle une liste de membres de « l’Association de la prélature de l’Opus Dei », association capitale dans l’organisation hexagonale de l’Opus Dei. « Descout, Dominique, médecin généraliste à Meulan » apparaît au beau milieu de cette liste de 30 membres. Mais la preuve formelle de son appartenance à l’Opus Dei se double de son propre aveu dans le procès-verbal de son audition, réalisée durant l’instruction de l’affaire Tissier, que Golias a pu consulter. Le Dr Descout y affirme : « Je suis membre de l’Opus Dei depuis 1971. J’ai été amené à connaître cette institution par un prêtre de l’Opus Dei qui était aumônier au collège Stanislas où je suivais ma scolarité. J’avais 19 ans lorsque j’ai été admis à l’Opus Dei. À ce titre, j’ai suivi une formation spirituelle et je suis considéré comme surnuméraire. »

Le docteur Descout n’est pas le seul cadre de l’Association de la prélature de l’Opus Dei a avoir été recruté durant sa scolarité. C’est aussi le cas d’Eric Le Meur, ingénieur et principal webmaster des sites internet de l’Opus Dei. Il a notamment réalisé les sites internet opusien du collège privé Hautefeuille, de l’école Dosnon, ou bien encore du site de promotion française pour la grosse production cinématographique « There be dragons », un film de propagande à la gloire de Josémaria Escriva, le saint gourou auquel est voué un indéfectible culte de la personnalité. Eric Le Meur, également entendu durant l’instruction, révèle pour sa part avoir découvert l’Opus Dei via un aumônier militaire opusien, du temps où il était élève au lycée militaire des pupilles de l’air, à Grenoble.

Dans un lettre datant de 1990 adressée à Janine Tissier, qui lui implorait de l’aide, Augustin Roméro, à l’époque abbé, mais aujourd’hui devenu évêque et official en Île-de-France (président du tribunal ecclésiastique chargé de juger les litiges dans l’Église), confessait avoir lui même des liens avec le docteur Descout. En effet, « [Catherine Tissier] est suivie, me dit-on, par le docteur Descout, écrivait- t-il. Or, figurez-vous que ce docteur est mon propre médecin et que je ne puis en dire que du bien ». Un avis que ne partage pas Rodolphe Bosselut (voir interview), l’avocat de Catherine Tissier. Jean-Baptiste Malet

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Les cadres de l’association Opus Dei

Nous publions également les noms d’autres cadres de l’Association de la prélature de l’Opus Dei cités dans le document de la préfecture de Police de Paris, ainsi qu’un complément d’information les concernant.

Vincent Aubin, ancien élève du lycée Stanislas (promotion 1985), de l’Ecole Normale Supérieure (Ulm), agrégé de philosophie. Il a enseigné à l’université de Paris IV-Sorbonne et à l’Institut Catholique de Lille. Écrit pour Le Figaro littéraire et Sciences Humaines.

Marie-Thérèse Bellocq, chargé d’enseignement en Sciences de l’Éducation à l’Institut catholique de Rennes, présidente de l’Association de la prélature personnelle.

Bertrand Boutin, président de l’association pour la Promotion d’Activités Scolaires et Éducatives (Apase), association oeuvrant au sein du collège Hautefeuille.

Jean-Luc Chabot, Professeur émérite de science politique à la Faculté de droit de l’Université Pierre Mendès France (Grenoble II) ; auteur des « Que sais-je ? » aux PUF intitulés « La doctrine sociale de l’Eglise » et « Le nationalisme » ; contributeur au « Centenaire du Bienheureux Josémarià Escriva », Congrès « La grandeur de la vie ordinaire », Vocation et mission du chrétien au milieu du monde (8-11 janvier 2002), publié aux Éditions de l’Université pontificale de la Sainte Croix.

Pascal Crépet, architecte, numéraire et président de l’association gérant le foyer opusien « Castelviel » à Marseille. Architecte pour le diocèse de Marseille, il est le concepteur du futur « foyer de l’Arche ».

François Gondrand, ex-porte-parole de l’Opus Dei et du CNPF, auteur du livre « Au pas de Dieu » dans lequel il relate des entretiens avec Josémaria Escriva. Solange Hétroy, épouse de Philippe Hétroy, directeur du centre opusien pour adolescent « Carthaly », à Lyon.

Béatrice Julliand, fondatrice en 1997 de l’Association pour la promotion de la famille (APPF), actuellement vice-présidente de l’association opusienne.

Frédéric Laupies, agrégé de philosophie, professeur en CPGE à Versailles, consultant permanent pour la partie sciences humaines du Petit Larousse et auteur de plusieurs ouvrages parus aux Presses Universitaires de France.

Yves Laurent, responsable de l’association opusienne : « Des prêtres pour toutes les nations »

Marie-Noëlle Muller, Secrétaire Générale des « amis de Josémaria », a publié un livre aux éditions opusiennes « Le Laurier ».

Hervé Pasqua, recteur de l’Institut catholique de Rennes situé sur campus universitaire de Ker Lann, à Bruz (35). Auteur d’ouvrages de philosophie édités aux Éditions du Cerf.

Frédéric Prat, cadre opusien marseillais travaillant au fonctionnement du centre « Castelviel », directeur de l’association « Lire Ecrire », responsable de « Jeune PLUS » (Jeune Promotion Loisir Université Sport), deux associations opusiennes ciblant les adolescents.

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Interview de l’avocat de Catherine Tissier : Rodolphe Bosselut

Afin de répondre point par point à toutes les accusations mensongères proférés par l’Opus Dei, nous avons rencontré l’avocat de Catherine Tissier, Rodolphe Bosselut. Cela, afin de déconstruire les principaux points d’attaques des prévenus dans ce dossier. Entretien.

Lors des deux journées d’audience, l’un des points d’attaque de la juge fut d’invoquer d’éventuelles différences d’appréciations de la santé mentale de Catherine Tissier. Pouvez-vous nous parler des deux expertises médicales du dossier d’instruction dont les conclusions ne sont pas similaires ?

J’ai une autre logique que celle de la présidente, puisque la dernière expertise en date, c’est précisément celle du docteur Dubec. Elle a été obtenue alors que j’avais considéré, ce qui a été validé par la juge d’instruction, que la première consultation était sujette à caution pour un certain nombre d’inexactitudes et d’interprétations faites par l’expert. Donc je considère qu’elles ne sont pas équivalentes, car si elles avaient été équivalentes, elles ne se seraient pas succédées dans le temps après que j’en ai critiqué une. Et si on n’était pas satisfait de celle du Dr Dubec, il appartenait à ce moment là -n’inversons pas les rôles-, aux avocats des mise en examen de solliciter une contre-expertise, pour dire que la succession d’une expertise à une autre qui ne disent pas la même chose pouvait jeter un éventuel doute. Moi je dis simplement que l’expertise du Dr Dubec, de par le fait qu’elle ait été rendue sur critique de la précédente, remplace la précédente. Ce ne sont pas deux expertises qui cohabitent. C’est simplement une expertise qui vient contredire radicalement ce qui a été dit une première fois.

L’hospitalisation de Catherine Tissier à l’hôpital psychiatrique de St Anne fut également invoquée.

La juge essaie de laisser à penser que la simple hospitalisation à St Anne équivaudrait à une absence de pertinence dans les propos tenus par Mme Tissier. Or, ce que l’on constate, c’est que l’hospitalisation à St Anne, c’est précisément le seul moment dans ces longues quinze années que nous dénonçons, où Catherine a été, si j’ose dire, sevrée, mise hors du groupe et de l’institution. Et que constate-t-on ? Que l’état qu’elle présente à l’entrée s’améliore à sa sortie. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le rapport d’hospitalisation. Donc on voit bien qu’elle présente une situation qui est une situation de grande dépression, parce qu’elle est dans ce conflit de loyauté. On lui a demandé de mentir à ses parents, on lui a fait un bourrage de crâne auquel, en définitive, elle résiste d’une certaine façon, inconsciemment. Elle craque. On l’a mets là-bas. Elle ne les a plus sur le dos toute la journée, elle a arrêté de travailler, et cela va beaucoup mieux. Elle ressort, et elle repart immédiatement après sa sortie avec un très grand nombre de nouvelles consultations chez le docteur Descout.

Le docteur Descout a déclaré être membre de l’Opus Dei. Golias Magazine révèle dans ce numéro qu’il est également le médecin personnel de Mgr Augustin Roméro. Quel est son rôle dans ce dossier ?

Ce merveilleux docteur Descout… On nous indique qu’il est la marque du plus grand paternalisme de l’Opus Dei. L’encadrement opusien n’hésite pas à faire 400 kilomètres pour qu’il suive Catherine Tissier. Mais quand les prévenus vous disent qu’ils ont été les meilleurs employeurs du monde, parce qu’ils ont fait faire 400 km à leur salariée pour l’emmener chez un médecin, on se moque du monde ! Parce que là, c’est bien la preuve que nous ne sommes pas dans une logique d’employeur. Car un employeur, si quelqu’un est malade, il y a un arrêt de travail, et la personne est purement et simplement arrêtée.

Effectivement, ces 400 kilomètres effectués en voiture pour une simple consultation sont pour le moins étrange. Le docteur Descout a-t-il été inquiété par la justice depuis ces révélations ?

Non, je n’ai pas obtenu qu’il soit mis en examen pour non assistance en personne en danger. J’ai essayé devant la chambre d’instruction d’obtenir une infirmation de ce non-lieu et la cours n’a pas souhaité. Moi je considère simplement qu’il aurait fallu qu’il y ait une expertise médicale -expertise que nous avions demandée- prouvant que le traitement qu’il avait imposé à Catherine Tissier était disproportionné, et en fait n’avait d’autre but que de la maintenir là où elle était, dans la situation dans laquelle elle était. Et enfin, et surtout, il y a dans les documents saisis du docteur Descout, dans le dossier médical, des preuves que, contrairement à ce qu’il indique, le mal-être de Catherine n’était pas en lien avec ses parents, mais bien avec sa situation dans les foyers successifs. Il existe même des lettres, qui ont été produites au débat, où l’on voit qu’elle demande à lui parler, seul à seul. C’est étonnant qu’un patient dise à son médecin : « Je veux vous parler seul à seul » ! Cela a un sens. C’est que normalement on le voit seul, son médecin. Là, elle ne le voyait pas seule. Durant la consultation, il y avait toujours quelqu’un de l’Opus Dei. Et elle demandait de façon dérogatoire qu’elle puisse avoir une « consultation normale ». Elle ne l’a pas eu. On voit également à un moment donné que lui même, dans les notes qu’il prend dans le dossier de Catherine, dit qu’elle se plaint de cette vie au foyer. Sauf que quand il est entendu par le juge, il dit : « Non, non, tout allait bien ». Le problème, c’est que l’on a au sein du groupe un mensonge qui est systématisé.

Ce qui est assez surprenant, ce sont les lettres de prélats qui affirment à la mère de Janine Tissier, alors que sa fille est membre de l’Opus Dei, que Catherine Tissier va très bien. Mais au moment de l’audience, le discours opusien est tout autre.

Oui, au moment de l’audience, on vous dit que l’on avait bien pris la mesure qu’elle n’était pas bien et que l’on a tout fait pour qu’elle se sente le mieux possible.

Quel est votre ressenti après ces deux journées d’audiences atypiques ?

Mon ressenti est que la part de fantasme relative à l’Opus Dei n’est pas, en définitive, du côté où l’on pense qu’elle l’est. Je m’explique… On a imaginé que l’on avait instrumentalisé l’Opus Dei pour faire de la publicité sur un dossier. Je constate simplement qu’encore une fois ce dossier, qui est un dossier de pur droit social, parce que c’est comme cela qu’il se présente devant le tribunal, a une compréhension immédiate si l’on intègre la notion de statut de « numéraire auxiliaire ». C’est de cela dont il s’agissait.

Or, curieusement, la présidente du tribunal n’a pas voulu en entendre parler. Et c’est tout le paradoxe : ce fantasme de l’Opus Dei agit à l’inverse comme s’il fallait, à partir du moment où l’on parle de l’Opus Dei, n’imaginer que des complots. Mais moi, je ne dénonce pas un complot ! Je dénonce une situation objectivisée. Numéraire auxiliaire, c’est un statut qui existe, qui est systématique et qui conduit à des abus qui ont été, en l’occurrence, vécus directement par ma cliente. Je ne suis pas dans le fantasme. Mais le simple fait d’évoquer l’Opus Dei, c’est ce que j’appelle le « syndrome Dan Brown », fait de vous un dangereux dingue si vous évoquez l’Opus Dei. C’est un peu l’état d’esprit du magistrat. C’est un peu dommage. Je ne sais pas quelle sera la décision, mais je suis un déçu de la façon partiale avec laquelle le dossier a été appréhendé en instances.

D’autant que l’Opus Dei est présente partout dans cette affaire. Les extraits des nombreux PV cités durant l’audience le prouvent manifestement.

Il y a une transparence totale. Les perquisitions établissent une totale promiscuité entre les structures, c’est évident.

Via, par exemple, ces femmes de ménage africaines travaillant dans des centres dont elles ne connaissent pas le nom de l’association-paravent et qui affirment « travailler pour l’Opus Dei ».

Oui, elles le disent elles-même. Et l’on a réussi le prodige à l’audience, pendant une heure et demi, de faire un rapport sur ce dossier, sans, à un moment, évoquer l’Opus Dei. C’est ce que j’ai appelé le jeu du « ni Opus, ni Dei ». C’est un truc fou ! C’est dingue ! C’est la toile de fond de ce dossier ! Ce n’est pas moi qui l’invente, elle existe.

L’usage des chèques signés en blanc par les numéraires auxiliaire, semble, lui aussi, avoir été passé au second plan lors des audiences.

C’est passé au second plan pour une raison technique. Les chèques ont été versé au dossier et l’on a des piles et des piles de chèques tirés sur le compte de Catherine Tissier dont on se rend compte, sans être expert graphologue, qu’elle n’est pas la rédactrice du libellé ni même du montant en chiffre ou en lettre. Ce qui vient quand même accréditer l’idée selon laquelle elle n’avait pas la disposition de son chéquier et qu’elle ne se bornait qu’à signer en blanc. Pourquoi cela n’a pas été suivi d’effet ? Parce que c’est les chèques qui ont été versés au dossier concernent une partie du dossier qui est « les premières années ». C’est à dire à partir du moment où elle devient majeur, où elle a prêté des vœux, sur trois ou quatre ans. Une période prescrite au regard du dépôt de plainte en 2001. Donc ce n’est pas que l’on en a pas établi la véracité, c’est qu’en tout état de cause on ne pouvait pas s’en saisir parce que l’on était malheureusement dans la période prescrite. Ce qui n’est pas tout à fait la même chose de ce que l’on a bien voulu nous dire de l’autre côté de la barre…

Propos recueillis par Jean-Baptiste Malet

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L’Opus Dei s’attaque au site de ses opposants

Bruno Devos, ancien directeur d’un centre de l’Opus Dei en Pologne, écrit à Golias : Depuis 2002, le site internet opuslibros.org publie les règlements internes de l’Opus Dei. L’examen de ces documents permet de démontrer que le mode de fonctionnement interne de l’organisation est contraire, non seulement aux dispositions inscrites dans les statuts qui ont été approuvés par le Saint Siège, mais aussi au droit canon, en particulier en ce qui concerne la direction spirituelle. En 2008, 165 anciens membres ont d’ailleurs envoyé une dénonciation formelle au Vatican.

Depuis, Benoit XVI a reçu trois fois le prélat de l’Opus Dei en audience privée. Le 2 juin 2007, le 21 janvier 2010 et le 1er février 2011. Les sujets traités durant ces audiences ne sont pas connus, toutefois, on peut soupçonner que le pape demandait au prélat de corriger les abus dénoncés. Le prélat, Javier Echevarria, a réagi de trois manière. Il a d’abord tenté de masquer les problèmes en changeant les formulation inscrites dans les règlements internes de l’Opus Dei. Il a ainsi retiré de la circulation un règlement qu’il avait lui-même rédigé en 2001. Puis, en 2010, il a publié une nouvelle version du catéchisme interne. La liste des changements entre la nouvelle et l’ancienne version du document prouve que ces corrections tentent de masquer les liens d’obéissance qui existent entre les membres de l’Opus Dei et leurs directeurs laïques. Ce qui ne l’a pas ensuite empêché, dans sa lettre du 2 octobre 2011, d’expliquer aux membres de l’Opus Dei que rien n’a vraiment changé et que l’Opus Dei n’a rien à corriger…

Aujourd’hui, l’Opus Dei s’attaque au site internet opuslibros.org de plusieurs manières. D’abord en l’ayant attaqué en justice pour lui faire retirer les documents internes de l’Opus Dei, puis en lui ordonnant de retirer toute référence à Fernando Ocariz, alors que ce dernier est le numéro 2 de l’Opus Dei, et que son parcours est publié sur le site officiel de l’œuvre. Enfin, l’Opus Dei a commandité une récente attaque informatique contre le site opuslibros.org. En conséquence de cette attaque, le site a été inaccessible pendant 3 jours. Sans commentaire !

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Source : Golias Magazine n°140 - septembre / octobre 2011