Mercredi 12 novembre 2014

Un supérieur de la Légion du Christ condamné pour des abus sexuels à 4 ans de prison avec sursis

Le Troisième Tribunal pénal de première instance de Santiago a condamné le père John O’Reilly à une peine de quatre ans et un jour d’emprisonnement avec sursis, et liberté surveillée, pour des crimes d’abus sexuel.

Le père O’Reilly, qui n’a pas comparu à l’audience, échappe ainsi à une peine effective de prison, châtiment réservé seulement pour les peines supérieures à cinq ans et un jour.

En plus de cette peine, le tribunal a interdit au religieux d’occuper des fonctions publiques et des responsabilités en lien avec des enfants et des jeunes. En outre, son nom sera inscrit sur le registre des personnes interdites de travailler avec des mineurs (le « registre national des pédophiles »).

Mardi, dans l’anti-chambre du Tribunal, alors que le procès était en cours, a été diffusé un rapport de gendarmerie qui recommandait un emprisonnement effectif compte-tenu des risques de récidive : il n’y a en effet aucune procédure permettant d’éviter que l’agresseur ne commette d’autres délits similaires.

L’abus sexuel

Le 15 octobre dernier, l’ancien Directeur Territorial de la Légion du Christ au Chili a été reconnu coupable d’abus sexuel sur une élève, aujourd’hui âgé de 9 ans, de l’école Cumbres de Las Condes.

En revanche, les accusations d’abus sexuels sur la sœur aînée de la jeune fille ont été rejetées.

La justice a indiqué qu’ « il n’a pas été possible de déterminer la nature » de la transgression sexuelle dont l’aînée aurait été victime, et que, par conséquent, « n’ayant pas réussi à établir l’existence d’un délit particulier », le prêtre a été acquitté de cette accusation.

Possibilité de faire appel du jugement

A compter depuis la lecture du verdict, le père John O’Reilly a 10 jours pour faire appel du jugement et essayer d’annuler sa condamnation.

Cette possibilité sera étudiée, « mais pour cela, nous devons d’abord lire et comprendre la décision », a déclaré Maître Luis Hermosilla, l’avocat du prêtre.

« Nous avons beaucoup de travail devant nous si nous devons prendre une telle décision et rédiger un recours pour une affaire aussi complexe », a-t-il ajouté.

A ce même égard, Maître Lorena Parra, l’avocate de la partie civile, dit attendre de voir le texte. « Mais je tiens à dire que nous sommes déjà très satisfaits du procès », a-t-elle ajouté.

« Nous sommes satisfaits de la sentence (…) C’est une sentence qui vient sanctionner non pas un seul abus, mais une succession d’abus sexuels commis sur une jeune fille, dans une école de la capitale », a déclaré l’avocate.

Elle a ajouté que « d’autre part, il s’agit d’une sentence qui impose également des sanctions supplémentaires importantes, notamment l’interdiction pour le père O’Reilly d’être en contact avec des enfants, et c’est ce point là qui, à nos yeux, est le plus important ».

Voir en ligne : http://www.biobiochile.cl/2014/11/1…