Communiqué de presse concernant le père Georges Finet

Lundi 11 mai 2020

Communiqué de presse du Père Modérateur Moïse Ndione et du Conseil International des Foyers de Charité

Publication des conclusions de la Commission de recherches pluridisciplinaire et indépendante sur le père Finet (1898-1990)

Châteauneuf-de-Galaure, le 7 mai 2020.

Après avoir été interpelés à plusieurs reprises au sujet du père Georges Finet, le Père Modérateur et le Conseil international des Foyers de Charité ont décidé de missionner en septembre 2019 une commission de recherches pluridisciplinaire et indépendante sur le père Finet.

Engagée depuis 4 ans dans un travail de réforme, notamment des modes de gouvernement au niveau international et au niveau local, l’Œuvre des Foyers de Charité a entrepris ce travail de vérité comme une étape décisive dans sa lutte et sa prévention contre toutes formes d’abus, dans les Foyers de Charité et dans toutes les activités dont elle a la charge.

Les Foyers de Charité ont donné à la commission les objectifs suivants :

  • établirlavéritésurdesfaitsreprochésaupèreGeorgesFinet ;
  • évaluerlesmesuresprisesparlesFoyersdeCharitécontrelesabussexuelsetdeconscience ;
  • apportertoutespréconisationsutiles.

Présidée par Françoise Gaussen, docteur en théologie catholique, la commission de recherches était composée de 8 personnes indépendantes des Foyers de Charité, présentant des compétences disciplinaires complémentaires. Cette commission a mené ses recherches durant 6 mois, en se fondant notamment sur le recueil de 143 témoignages, entre septembre 2019 et février 2020. Elle a remis son rapport le 16 mars 2020 au Père Modérateur des Foyers de Charité, le père Moïse Ndione.

Les responsables des Foyers de Charité portent les éléments suivants à la connaissance de tous :

1/ Le rapport de la commission révèle et documente les agissements gravement déviants de la part du père Finet. Les témoignages recoupent la période de 1945 à 1983, avec des témoignages plus nombreux à partir de 1961. 26 femmes, principalement des anciennes élèves de Châteauneuf-de- Galaure, alors âgées pour la plupart de 10 à 14 ans, ont dénoncé le comportement du père Finet au cours de confessions. Des témoignages concordants relatent des touchers du corps, parfois à même la peau, sous les vêtements, et des questions intrusives sur leur sexualité. Ces agissements ont constitué de graves intrusions dans la vie intime de ces jeunes filles et jeunes femmes, et leur ont causé des blessures psychologiques et spirituelles. 15 personnes victimes témoignent de souffrances encore vives aujourd’hui. Le fait que ces actes aient été commis au cours de confessions, par un prêtre ayant une autorité spirituelle sur ces jeunes filles, ajoute à leur gravité.

2/ S’adressant aux victimes et à tous les Foyers de Charité, le Père Moïse Ndione déclare :

Ma pensée va d’abord aux personnes victimes. Je les remercie d’avoir eu le courage de témoigner auprès de la commission, ravivant en elles la mémoire douloureuse du traumatisme qu’elles ont subi. Au nom des Foyers de Charité je souhaite leur demander humblement pardon et chercher avec elles la meilleure manière de reconnaître ce qu’elles ont vécu. Il est essentiel de rechercher la vérité, d’abord pour les personnes elles-mêmes et de reconnaître les blessures infligées par le père Finet. Leur témoignage est décisif pour permettre aux Foyers de Charité de faire la vérité sur leur passé et d’avancer dans leur démarche de réforme.

3/ Les Foyers de Charité condamnent sans réserve les agissements du père Finet qui sont gravement contraires au droit et au respect des personnes. Ils reçoivent ces révélations comme une grande douleur, pour les personnes ayant été victimes, pour tous les membres des Foyers de Charité, et pour tous ceux qui ont connu et apprécié le père Finet dans son rôle de fondateur, de prédicateur ou d’éducateur.

4/ Le travail de la commission mentionne également 9 témoignages relatifs à d’autres faits mettant en cause d’autres personnes que le père Finet. En conclusion du document de synthèse qui est publié ce jour, les Foyers de Charité apportent des éléments plus précis sur ces autres cas qui ont eu lieu depuis 1950. Les Foyers de Charité mentionnent notamment le nombre de cas connus, la nature des faits, le traitement dont ces cas ont fait l’objet et les mesures qui ont été prises avec différents degrés de sanctions selon la gravité.

5/ Le rapport de la commission souligne que les mesures de prévention et de traitement des abus prises par les Foyers de Charité dans leurs communautés et différentes branches d’activité sont conformes aux normes instituées par l’Église. La commission relève toutefois la nécessité de renforcer l’efficacité de ces mesures, particulièrement en restructurant la cellule de lutte contre la pédocriminalité et toutes formes d’abus, créée en juin 2017.

6/ Le rapport de la commission évalue également les mesures de lutte et de prévention prises dans les établissements scolaires. Elle souligne que les mesures de lutte et de prévention mises en place dans les établissements de Châteauneuf-de-Galaure sont conformes aux normes instituées par la direction de l’Enseignement Catholique. S’appuyant sur des auditions et la visite d’établissements, la commission évalue favorablement les moyens mis en œuvre dans le cadre d’une éducation globale.

7/ L’œuvre des Foyers de Charité réaffirme son engagement ferme et irrévocable à promouvoir la lutte contre toutes formes d’abus dans ses communautés et dans toutes les activités dont elle a la charge, non seulement en renforçant les dispositifs existants, mais aussi en poursuivant et en intensifiant son travail sur la vie communautaire elle-même, notamment en ajustant l’exercice de l’autorité au sein des communautés.

8/ Les Foyers de Charité ont d’ores et déjà pris trois décisions :

A. Pour compléter le travail de recherches de la commission, les Foyers de Charité vont confier à un organisme professionnel indépendant un audit général des Foyers de Charité et de toutes leurs activités. Cet audit aura pour objet d’identifier les causes, structurelles ou culturelles, des dysfonctionnements, des abus et des déviances qui auront pu être repérés.

B. La cellule de lutte contre la pédocriminalité et toutes formes d’abus va être restructurée,sous la responsabilité d’un coordinateur général externe aux Foyers de Charité, afin de poursuivre le travail de lutte et de prévention, et notamment pour mieux être capable d’accueillir et de traiter les nouveaux témoignages que ces révélations pourraient susciter. Dès à présent, la cellule de lutte peut être contactée à l’adresse email paroledevictime chez lesfoyersdecharite.com.

C. Les Foyers de Charité ont décidé de créer une commission théologique chargée d’étudier les enseignements du père Finet à la lumière de ces révélations. Les Foyers se doivent en effet d’interroger, avec l’aide de compétences extérieures, l’héritage reçu du père Finet et discerner tout ce qui n’est pas ajusté dans la vie communautaire en raison de cet héritage, en particulier concernant la manière dont sont pensés et vécus la mission des prêtres dans les Foyers de Charité et plus largement le positionnement de l’autorité.

Concernant l’avenir des Foyers de Charité, le père Moïse Ndione déclare :

Nous sommes engagés dans un chemin de réforme. J’appelle tous les membres, prêtres et laïcs, à prendre leur part dans un nécessaire travail collectif d’approfondissement de notre vocation et de notre mission. Nous souhaitons poursuivre ce travail en Église, en relation avec les évêques ayant un Foyer de Charité dans leur diocèse et sous l’autorité du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie.

Pour en savoir plus : Synthèse du rapport de la commission de recherches pluridisciplinaire sur l’abbé Georges Finet

Vos réactions

  • Gérard Kedrebéogo 25 mai 2020 21:17

    Je n’ai aucune prétention, j’exprime simplement mon point de vue sur cette affaire d’abus dont le Père Finet serait coupable.

    Quel est l’intérêt de cette dénonciation 30 ans après la mort du Père Finet ? Est-ce un fait du hasard que le Père Peyrous, le postulateur pour la béatification de Marthe Robin, soit lui aussi mis en cause ? C’est très, très bizarre.

    Pour ma part, je garde un vif souvenir de ma confession avec le Père Finet en 1985. C’était à une heure assez tardive le soir. C’est en ce moment qu’il était plus disponible. En donnant l’absolution,, son visage transpirait la bonté et un immense amour. Si je ne m’étais pas retenu, je lui aurais sauté dans les bras, tellement j’étais inondé de joie ! Pour une fois, j’ai eu la conviction que Dieu est vraiment un Père aimant.

    J’émets de sérieuses réserves par rapport aux accusations, même si apparemment les preuves semblent établies. Combien d’innocents ont été condamnés sur la base de preuves apparemment irréfutables ?

    Est-ce que les « victimes » (qui sont ou étaient catholiques au moment des faits) ont juré sur la Croix ou la Bible de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ? Et d’en subir toutes les conséquences en cas de forfaiture ?

    A-t-on oublié que toute cette affaire pouvait être l’œuvre du prince du mensonge ? Il est vrai que certains, même parmi le clergé, ne croient plus en l’existence du démon. Je me souviens du Père Finet qui disait au cours d’une retraite : « Ce n’est pas à moi qu’on viendra dire que le démon n’existe pas ! ». Il aurait essayé en vain de défendre Marthe Robin qui était violentée par le démon. Selon toujours le Père Finet, le démon a violemment attaqué le Foyer dès sa fondation. Qui peut dire aujourd’hui qu’il a renoncé à détruire l’œuvre des Foyers que Dieu a inspirée ?

    Quel avantage moral ou spirituel les accusatrices peuvent-elles tirer de leur dénonciation 30 ans après la mort du Père ? Mais qui dira l’atroce souffrance que ces accusations vont causer aux membres des Foyers et aux milliers de chrétiens qui ont trouvé un supplément d’âme à travers les retraites et/ou au contact avec le Père Finet ?

    Une femme a accusé Saint Gérard Majella d’avoir abusé d’elle. Son évêque n’y croyait guère mais il a dû le suspendre. Le saint ne s’est pas défendu. Plus tard, c’est la femme elle-même qui est revenue pour avouer sa calomnie, disant qu’elle était sous l’emprise du démon.

    Je prie pour que Marhe Robin et le Père Finet interviennent eux-mêmes et rapidement dans cette affaire pour le bien de tous.

    • Bonjour,

      Rien de bizarre dans ce que vous relevez : le père Peyrous a été relevé en octobre 2017, donc deux ans et demi avant que ne sorte le « dossier » Finet. Et on ne peut pas affirmer que, depuis 20 ans, des fondateurs de communauté et abuseurs qui ont eu un contact avec Marthe Robin ont été accusés pour préparer un dossier calomnieux contre le P. Finet : que faites-vous d’Ephraïm en ce cas ? Je suis surtout surpris qu’on ait attendu la mort du P. Finet (comme celle de Jean Vanier) pour que cette affaire sorte : certes, il ne peut plus se défendre… mais il ne peut plus aller non plus en prison. Et entre temps, les foyers ont été fondés, se sont déployés -et de nombreux autres fondateurs d’autres foyers ont été des abuseurs. Si le père Finet avait été taclé dès le début, les foyers ne se seraient pas développés, les autres abuseurs n’auraient pas pu agir dans les Foyers : l’œuvre a prospéré, s’est développée, sur une inertie originelle qui n’est pas rattrapable, dans la mesure où l’on sait bien que l’œuvre d’un fondateur-abuseur lui survit, avec les risques que cela comporte : LC, St Jean, Béatitudes, L’Arche. Reconnaître un abus post-mortem, ça permet de s’acheter un prix de vertu, tout en assurant la pérennité de l’œuvre concernée -même s’il n’est pas prouvé que ce soit l’intention de l’actuel modérateur. Un dénonciation isolée peut être calomnieuse, deux ou trois dénonciations menées par des personnes qui se connaissent, éventuellement. Mais un procédé similaire, décrit par des personnes qui ne se connaissent pas et n’ont pas pu se concerter ? Comment serait-ce possible ? Peut-être avez-vous connu une belle expérience : les abuseurs ont cette face lumineuse et une face sombre. Dans le cas du père Finet, la face sombre était réservée aux petites filles… J’ajoute enfin qu’accuser des victimes présumées de mensonge, de calomnie, c’est les blesser à nouveau. Ces personnes ont souffert, il leur a fallu un immense courage pour parler. Pour que la vérité se fasse, il faut aussi respecter leur témoignage. En mesurer la pertinence, c’est le rôle de la justice, pas des commissions d’écoute interne (qui écoute ? comment ? et dans quel but ? qui est à la tête ou au-dessus de ces commissions ? A l’Emmanuel, par exemple, c’est le modérateur de l’Emmanuel : belle indépendance. Et impossible de savoir qui siège à la commission d’écoute et à la commission des abus : on ne sait pas à qui on s’adresse si on les contacte. Idem chez les jésuites : qui est derrière la commission abus ?). Cette révélation est très triste et je comprends qu’elle ne vous semble pas croyable. Mais le père Finet n’est pas le premier et ne sera pas le dernier.

      • Communiqué de presse concernant le père Georges Finet 26 mai 2020 12:37, par Marie-Christinr

        Merci infiniment pour ces remarques très pertinentes.

        Oui, un abuseur peut avoir une face « bonne » et une face sombre, sinon il n’aurait pu tromper son monde si longtemps et les victimes auraient pu parler bien avant, sans crainte de ne pas être crues ni se voir soupçonnées de mentir ou d’affabuler. Ou encore de se voir recommandées des consignes de silence et des injonctions de pardon quand elles trouvent enfin le courage de le faire. Il y a certainement un clivage dans sa personnalité ou il se dit que ses « œuvres bonnes « rachèteront ses quelques « péchés « sans grande importance. Car tout homme est pécheur.

        Oui, c’est souvent après le décès de l’abuseur que l’emprise se relâche. Car la victime peut être enfermée dans la honte et la culpabilité.

        Oui, un abuseur ne s’attaque pas à toutes les personnes qui s’approchent de lui mais à des cibles « préférentielles » si l’on peut dire selon sa pathologie, les opportunités etc..

        Oui, il faut se poser des questions sur ces commissions d’enquête : leur indépendance par rapport aux communautés en question ? Leur composition ? Et surtout leur but réel ? Même si les personnes sont individuellement de bonne foi ?

        En revanche, que faire quand l’abuseur est décédé, qu’il y a prescription et que l’infraction n’est pas du ressort de la justice, n’étant pas suffisamment caractérisée ( cas d’abus sexuels sur majeurs ou d’abus spirituels ) ?

        • J’ajoute encore que je trouve bien étrange que les deux biographes « attitrés » de Marthe Robin, Ephraïm et Bernard Peyrous, soient tous les deux reconnus coupables (l’un par la justice, l’autre sans dépôt de plainte mais il a reconnu les faits) d’agression sexuelle (un « simple » attouchement est , pénalement, une agression sexuelle). Et que le deuxième ait été si longtemps postulateur de la cause de Marthe Robin. D’ailleurs, sait-on qui est le nouveau postulateur ? Je ne parviens pas à trouver son nom… Autre question : est-il légitime que les ouvrages de spiritualité écrits par les auteurs d’actes pénalement délictueux soient publiés ? C’est légal, certes, mais comme modèle pour les fidèles ?

      • Votre point de vue est très, très partisan. Pour vous, toute accusation provient nécessairement d’une « victime ». C’est faux. En réalité, il y a parfois des vraies victimes et parfois des faux-témoignages. Cf les très nombreux cas d’accusés acquittés trop peu médiatisés. Pour faire le ménage sans tomber dans une chasse au sorcières il faut qu’il y ait procès (enquête + défense de l’accusé). Condamner sans procès c’est un lynchage. Dans le cas ici présent du père Finet, c’est un lynchage puisque sans procès. L’argument de quelques rares « témoignages convergents » n’est pas valide, car il y a aussi des milliers de témoignages qui convergent en faveur du père. Ceci sans compter l’hystérie collective médiatique, et la peur d’être accusée de couvrir des abus, qui poussent toute une partie de la hiérarchie catholique à balancer systématiquement le premier prêtre qui se fera accusé…

  • Renata 25 mai 2020 08:27

    Bonjour, puis-je relever un detail, en italienne que je suis, qui m’a fort touché. Vous dites que les fondateurs allaient chez Marthe Robin pour … Pourriez-vous me donner la source de cela ? … et puisque je pense que Vous tous Vous etes mieux informé que moi, je pose ma question ouvertement : "Est-ce que Chiara Lubich, fondatrice des Focolari, est aussi venue rencontrer Marthe Robin. Ce detail m’interesse très fort. Merci d’avance !

    Autre sujet : Merci à l’intervenant qui pose bien la difference entre Dieu et l’avoir reçu le Baptême et l’Eglise des dérives sectaires avec tous les pervers que nous découvrons avec horreur et qui nous étaient cachés … Oui, Satan est à l’œuvre dans l’Eglise. et nous le dénonçons, mais ce n’est pas pour cela que Dieu n’agit pas à travers son peuple et ses vraies prophètes (pas les faux ou fausse) et les Apôtres de l’APRES Pentecôte qui ont reçu par l’Esprit Saint le Courage de la Vérité. Ils ne sont pas nombreux, mais cela existe ! N’oublions pas que l’Ecriture nous parle encore aujourd’hui et j’aime rappeler ici un Psaume qui souvent m’a trachée la route : « Lampe pour mes pas est ta parole, lumière sur mon chemin » Ps. 119,105 Bon courage à nous tous !!!

    • Il semble que Chiara Lubich n’ait pas rencontré Marthe Robin. En revanche on peut lire sous la plume du P. Peyrous dans son ouvrage Vie de Marthe Robin (2006) les lignes suivantes :

      "Certains de ces mouvements ou communautés ne sont pas nés en France. C’est le cas des Focolarini qui viennent d’Italie. Mais ils prennent contact avec Marthe Robin pour qu’elle prie pour eux. Deux des premières compagnes de Chiara Lubich, la fondatrice, Gabriella de Luca et Aletta Salizzoni, vinrent la voir en 1962 ou 1963 : « Cela a été quelque chose de très fort, et à la fin Marthe Robin a conclu : “Je me sens comme saint Jean-Baptiste qui prépare les chemins du Seigneur, tandis que je vois que votre Œuvre est comme Marie, c’est Marie.” Nous avons eu l’impression qu’il s’agissait d’une sainte, d’une grande sainte, et cela parce que nous avons expérimenté dans notre âme des fruits splendides. »"

      • Merci Damien, J’ai connue personnellement Graziella De Luca e Aletta Salizzoni (deux des premières compagnes de Chiara Lubich) qui croyait fermement que Lubich était la Vicaire de Marie sur terre. Je Vous remercie d’avoir retranscrit le paragraphe qui n’ai pas disponible en lecture on-line. De mémoire j’ai retenu que ce n’ai jamais Marthe Robin qui a fait le recit de ces rencontres mais bien les personnes qui ont été rencontrées par elle… Est-ce que vous pouvez confirmer cela ? Merci d’avance. La facilité dans les interprétation qui sont très fréquentes dans les membres de ce mouvement … il faut vérifier la véridicité d’une telle affirmation dite par Marthe Robin elle meme. Je vais aussi demander à la bibliothèque de me procurer le libre papier. Merci beaucoup pour Votre collaboration.

        • Difficile d’exprimer une certitude, d’ailleurs vous remarquerez que dans le passage que j’ai reproduit, le postulateur lui-même, qui a pourtant eu accès aux 17 000 pages du dossier Marthe Robin, se trouve incapable de dater précisément cette rencontre "en 1962 ou 1963". Cela donne effectivement le sentiment que le lien qui unit Marthe Robin aux fondateurs de telle ou telle communauté repose plus sur leurs propres dires que sur des traces écrites fiables.

  • dominque yon 22 mai 2020 11:15

    Les annonces qui se succèdent sur les hypocrisies de prétendus « hommes de Dieu » sont accablantes, car on a l’impression que tous y passent l’un après l’autre. Que reste-t-il que l’on peut regarder avec pleine et entière admiration ? Peut-être très peu de choses. Ceci étant dit, il faudrait revoir ce que les esprits, surtout les retors, comprennent de l’exercice de l’autorité dans l’Eglise et dont ils se servent pour scandaliser les petits et opprimer les consciences. L’autorité, dans l’Eglise, n’est pas un pouvoir sur les autres, mais un service désintéressé du prochain. Il faut le rappeler à la suite de Vatican II, et mettre en garde les détenteurs d’autorité de ne pas se croire tout permis sous prétexte qu’ils détiennent une autorité légitime. La légitimité n’est pas une garantie. La preuve. Ce n’est pas la légitimité canonique qui fait l’autorité, mais la manière de l’exercer en serviteur.

  • Gérard S. 12 mai 2020 18:29

    Trois citations glanées sur internet :

    Le père M.-D. Philippe ne se voyait pas en « fondateur ». Après avoir longtemps hésité, il alla voir la fondatrice des Foyers de Charité, Marthe Robin, à qui il était lié depuis 1946. Il lui soumit son cas de conscience et Marthe Robin lui confirma que cet appel venait bien de Jésus. https://freres-saint-jean.org/qui-sommes-nous/notre-histoire/reperes-historiques/

    Jean Vanier, fondateur de L’Arche Internationale, est parti vers le Père cette nuit. Il avait rencontré Marthe à plusieurs reprises et ne manquait jamais de souligner son rôle essentiel par la prière dans l’essor de l’Arche. http://paroissesaintemarieancenis.over-blog.com/2015/03/interview-de-jean-vanier-fondateur-des-communautes-de-l-arche-sur-ses-rencontres-avec-marthe-robin.html

    "La femme la plus extraordinaire qu’il m’ait été donné de rencontrer" affirment plusieurs personnalités éminentes. Nombreux sont ceux pour qui la rencontre avec Marthe a été décisive : Ephraïm est l’un d’entre eux. Ephraïm "Gérard Croissant" fondateur des Béatitudes Bien plus qu’une ou deux choses qu’il sait d’elle, c’est du fond de son cœur qu’il évoque le souvenir extrêmement vivant de celle que certains tiennent à bonne distance par peur du merveilleux et que d’autres vénèrent sans vraiment connaître sa surprenante mission. https://www.editions-beatitudes.com/catalogue/epuises/marthe-robin/

    Quelle belle âme que cette vénérable Marthe ! Quelle belle lecture elle faisait de ces grandes âmes qui se bousculaient dans la pénombre de sa chambre. La lumière a dû singulièrement lui manquer pour ne pas voir les membres s’agiter égrillards sous les soutanes de ces fondateurs en recherche de reconnaissance et de bénédiction mystique. Quelle mauvaise vue tout de même pour une Voyante ! On imagine la cuisine qui servait de salle d’attente, les vicelards adossés au buffet et se reconnaissants entre eux, tous contents d’avoir des frères en turpitude et de jouer un bon tour à cette bonne Marthe ! Qui n’y voyait que du feu, tout entière dévorée par l’amour divin. Ou par une imagination débordante. Dieu seul, (ou le Père Finet ?) le sait… Que reste-il de nos amours ? De cette bientôt sainte qui ne voyait rien, n’entendait rien des rumeurs du monde, de la souffrance de ces fillettes, ces garçons, ces jeunes hommes et femmes. Marthe qui n’a rien lu dans le cœur des dizaines de personnes abusées au cours des dernières décennies par ces mouvements et congrégations. Toutes bénies par la vénérable ! Et l’on continuera à nier, on effacera comme cela a été fait sur le site internet des foyers de charité, les références aux pervers cités plus haut, on remplacera certaines photos et on invoquera l’Esprit Saint. Qui lui non plus n’a pas été très regardant dans ces affaires ! Il est peut-être confiné depuis longtemps….

    • A moins que Jean Vanier et Marie-Dominique PHILIPPE qui n’ont pas été jugés par des instances qui sont habilitées à cela soient innocents.

      • Bonjour,

        Quelle naïveté ! Jean Vanier et Marie-Dominique PHILIPPE sont coupables !

        Ils n’ont pas été jugés parce que d’une part l’Eglise Catholique Romaine a tout fait pour les protéger et les couvrir. De plus, ils sont décédés, donc on ne peut plus les juger.

        Alors où est la justice ? Les victimes ne devraient-elles pas obtenir réparation ?

        Pourquoi vouloir croire en leur innocence. Remettez-vous en cause les témoignages de victimes que l’Eglise a forcé à se taire ? J’ai moi-même été victime de la Communauté des Béatitudes. Allez-vous me prendre pour un menteur ? Un affabulateur ? Un fabulateur ?

        Je trouve vos propos inadmissibles.

        De toute façon, c’est un pan de l’Eglise Catholique qui s’écroule avec leurs abus et ceux du Père Finet et l’usurpation de Marthe Robin !

        C’est la fin de l’Institution Catholique devenue la Babylone du livre de la Révélation !

        Dieu fait ressurgir les scandales, en révélant enfin la vérité sur toutes ces tromperies, ces pseudo-doctrines, ces pseudo-mystiques, ces pseudo-psychologies, ces pseudo-théologies, que toutes ces sectes (Renouveau Charismatique et ses communautés nouvelles) ont introduit dans l’Eglise, en la noyautant !

        Dieu sort enfin de son confinement afin de faire du nettoyage et de construire sa véritable Ekklêsia qui ne sera plus l’Eglise Catholique ! Il n’y aura enfin plus de fonctionnaires de l’Eglise !

        Bien à vous

        MR DEMARLE

    • Bonjour,

      Je suis tout à fait d’accord avec ce que vous dites.

      Mais, Dieu ne commence-t-il pas à sortir de son confinement pour enfin faire du ménage et détruire un pan de l’Eglise Catholique Romaine ?

      N’est-ce pas d’ailleurs la fin de l’Eglise Catholique Romaine ? Plus de Pape, plus de fonctionnaires de l’Eglise.

      Ce qu’il faudrait c’est que, comme l’Eglise Orthodoxe à l’époque communiste en Russie, les catholiques soient persécutés pour qu’ils soient purifiés.

      Il est tant que la nouvelle Ekklêsia du Christ soit construite. Et ce ne sera pas l’Eglise Catholique Romaine.

      MR DEMARLE

      • Mr Demarle,

        D’accord avec vous, oser mettre en doute les témoignages, cris de détresses des victimes est criminel et c’est se rendre complice de ces cens-là. C’est Notre Seigneur qui le dit Lui-même, nous devons reprendre nos frères avant toutes choses, sinon, nous sommes entièrement consentants et devront rendre compte des mêmes crimes que ces criminels. Oui, le ménage se fait, mais pour l’instant, ce n’est qu’en surface et je ne pense pas que cela vienne directement de Dieu. Et l’Eglise, fondée sur Saint Pierre, ne peut disparaître, tant qu’il restera un fidèle ayant une foi vive, brûlante. Et l’Anti-Christ lui-même n’est pas encore assis sur le trône de Saint Pierre, bien que le pape actuel lui prépare les voies, c’est certain. Aussi, la seule position que nous devions avoir, c’est de combattre de l’intérieur, afin de participer à la sauvegarde d’un maximum d’âmes, car c’est l’enjeu in fine, la perte des âmes, pour tous ces fourbes et menteurs. Oui, tout est noyauté, mais c’est un constat qui est maintenant ancien, énormément de communautés, assemblées religieuses sont les « pâturages d’Asmodée » comme prophétisé à Mélanie de la Salette, mais la TSVM.

  • agapé 11 mai 2020 20:37

    Mr SAUVE président de la commission des abus sexuels dans l’Eglise, déclarait récemment qu’une commission de ce type n’a pas vocation à se prononcer sur la culpabilité de la personne incriminée ni sur la véracité des faits reprochés. Apparemment ce n’est pas ce qui se passe, différentes affaires dont celle ci le prouvent bien. Et bien sur nous n’avons presque pas d’éléments sur les preuves de la culpabilité de ce prêtre. Si je comprends bien c’est encore le caractère concordant qui a été retenu. Excusez moi mais hélas il n’y a rien de moins original que des abus sexuels, alors oui ils se ressemblent beaucoup. Pas difficile de les trouver concordants ! Enfin c’est une bonne conjoncture pour faire passer les réformes d’une nouvelle gouvernance dans les foyers de Charité. Du passé faisons table rase ! Mais en cautionnant cela le modérateur et les responsables des Foyers de Charité sapent les bases de l’édifice. Car comment penser que le Seigneur ait donné à Marthe providentiellement un criminel comme confesseur et cofondateur des foyers de Charité ? Comment penser qu’avec son don de lire dans les cœurs elle n’ait pas su les actes effroyables que le père Finet aurait fait vivre à ces jeunes ? Elle qui a toujours été présentée comme détectant les péchés des personnes et les engageant à se confesser ? N’oublions pas que cette école à Chateau Neuf de Galaure est la première œuvre inspirée par le Seigneur à Marthe ROBIN. Comment se fait il qu’elle ait ignoré ces crimes qui aurait entaché cette fondation d’une manière indélébile ? C’est toute la base des foyers de Charité qui est ainsi remise en cause mais si les nouveaux responsables ont pour objectif de refonder , ils ont ainsi de bons arguments. Mais attention au retour du balancier on ne contriste pas l’Esprit Saint impunément !

    • Bonsoir,

      Je suis d’accord. Si Marthe Robin savait lire le péché dans les cœurs, pourquoi n’a-t-elle rien discernée dans le cœur du Père Finet, ou celui de Gérard et Josette Croissant (Communauté des Béatitudes), ainsi que dans celui d’autres fondateurs de communautés nouvelles ? C’est une blague ?

      L’Eglise savait. Elle n’est plus crédible. Je remets en cause les fondations des Foyers de Charité qui ne sont plus crédibles aussi.

      Marthe Robin est une pseudo-mystique, une psycho-mystique et une usurpatrice !

      Victime de la Communauté des Béatitudes, j’en apprends tous les mois.

      Je suis déçu, déçu, déçu.

      MR DEMARLE

    • Communiqué de presse concernant le père Georges Finet 12 mai 2020 01:36, par Marie-Christine

      Comment savez-vous qu’il n’y a presque pas « de preuves sur la culpabilité de ce prêtre «  ? La commission d’enquête aurait-elle fait preuve de légèreté, de naïveté, voire de partialité ? Dans une affaire aussi grave avec les conséquences possibles que vous soulignez, cela m’étonnerait beaucoup. Et, de plus, vous allez jusqu’à suggérer qu’il s’agit là d’une aubaine pour légitimer des changements dans l’organisation des Foyers. Alors je vous retourne votre questionnement : quelle preuve en avez -vous donc ?

      J’ai sous les yeux l’article de « La Croix « , en date Jeudi 7 Mai. Les faits décrits sont beaucoup plus précis et beaucoup plus graves que ce qui est écrit dans le texte ci-dessus . Les agressions sexuelles commises sur des « gamines « ont toutes lieu dans le même endroit, tard le soir, au cours de la confession, suivant le même mode opératoire. Alors il faudrait aussi en conclure que ces dernières se sont entendues pour décrire exactement ce même mode opératoire, et témoigner, des décennies après, de la même façon, donc pour mentir à l’unisson.

      Quant à l’Esprit saint, il semble bien présomptueux de savoir avec certitude de quel côté, il se situe dans l’histoire. Le mieux est de ne pas l’instrumentaliser, surtout pour accuser et lancer des anathèmes.

      Je ne suis pas plus en accord avec Françoise. Les explications par un même et unique complot sont trop simplistes pour être convaincantes, et, ceci dans tous les domaines, parce qu’elles ne prennent pas en compte les complexités et les contradictions du réel, introduisant, de façon artificielle, pour les besoins de la démonstration, un rapport entre des éléments disparates. J’ai déjà eu l’occasion de le dire.

      • Je ne vois nul complot, Marie-Christine. Je constate seulement une avidité de pouvoir qui pousse certains humains et groupes humains à fabriquer de la mystique où il n’y en a pas. Et à tout faire pour abuser et opprimer les autres tout en se faisant passer pour exemplaires. Pour pouvoir continuer d’établir une domination politique, morale, économique, psychologique sur une majorité de personnes. Ce n’est pas propre à l’institution cléricale, mais à tous les groupes se présentant comme dominants et souhaitant le rester. Depuis que le monde est monde. Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument. Cet adage se vérifie encore aujourd’hui. Je crois malheureusement que nous en avons des exemples tous les jours devant les yeux. Et pas qu’au plan religieux.

        • Communiqué de presse concernant le père Georges Finet 12 mai 2020 18:39, par Marie-Christine

          Françoise Sur ce point, je suis d’accord avec vous. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument. Pas de doute.

          A mon humble avis, l’Eglise a pendant des siècles compris le pouvoir sur le modèle monarchique et fait alliance avec les monarchies absolues. D’où aussi la crise de la Réforme et l’implantation du protestantisme dans des pays où ce modèle perdait de sa légitimité. Or ce modèle n’est plus pertinent depuis très longtemps dans toutes les sociétés développées . Les hommes, ( et les femmes…)avec les progrès de l’éducation et l’instauration du suffrage universel sont habitués à donner leur avis. Et les sociétés démocratiques ont instauré tout un ensemble de contre-pouvoirs.

          L’institution- Eglise s’est arque-boutée sur ce modèle qui ne fait plus consensus. D’où le déphasage avec les mentalités modernes. Et ce qui, autrefois, était admis comme des accrocs sans guère de conséquences sur la sacralite de l’institution devient source de très grands scandales aujourd’hui.
          De même, le caractère « sacré « du prêtre, seul maître à bord, seul guide des consciences, seul apte à enseigner, et seul intermédiaire entre les fidèles et Dieu fait problème. Ou encore l’évêque, seul maître en son diocèse. De même encore le passage obligé par la canonisation de quelques figures emblématiques à donner à vénérer aux fidèles.

          Faut-il pour autant devenir protestant ou donner le pouvoir aux laïcs ? Personnellement je ne le crois pas du tout. Car les fidèles sont aussi responsables de la vénération excessive des prêtres et de la recherche du merveilleux. Il faudrait séparer, en ce domaine, ce qui relève de la fonction purement spirituelle et ce qui relève du pouvoir et de l’administration qui peuvent avoir des formes plus démocratiques.

          En tout cas, quand une forme historique est dépassée, il est vain de vouloir s’y accrocher. Et la panique qui saisit certains devant la perte d’influence de l’Eglise est bien mauvaise conseillère. Dans une période de crise, la réflexion, la prudence sont plus que jamais nécessaires.

          En revanche, je ne suis absolument pas d’accord avec vous quand vous ne proposez qu’une seule grille de lecture bien trop manichéenne à mon sens pour être crédible. L’Eglise , comme toute autre institution, ne se divise pas entre manipulateurs pervers et sectaires et manipulés.
          En ce qui concerne Marthe Robin, jusqu’à enquête plus complète et plus rigoureuse, on ne peut rien décider ni pour, ni contre.. Et c’est aller bien vite en besogne que d’en faire une manipulée par le père Finet. Je ne le dis d’autant plus que sa personne ne m’a jamais attirée : ces histoires de stigmatisation, inédite…me rebutent plutôt. Et je me demande bien pourquoi Dieu aurait besoin qu’une pauvre humaine, déjà bien malade, revive la passion de Son Fils, tous les Vendredi. François d’Assise ne fut stigmatisé qu’à la fin de sa vie et prenait bien soin de cacher ses stigmates.

          _

          • Bonjour Marie-Christine.

            La civilisation des empires s’effondre et avec elle toutes les religions dont le catholicisme romain. Parce que se sont toutes des créations humaines matérialistes. Pas du tout des créations divines. Sortons des romans cléricaux qui ne sont que mythologie et manipulation quelle que soit la religion. Dieu est hors de ces schémas depuis toujours. La foi également. Les religions ont plus massacré, manipulé et exploité de personnes depuis leurs différentes créations qu’elles n’ont émancipé. D’ailleurs, l’émancipation n’a jamais été leur but. C’est pour ça d’ailleurs que Dieu qui émancipe véritablement l’individu, n’est qu’instrumentalisé par les religions comme par les sectes. Les religions, les sectes sont là pour dominer les individus et les soumettre aux pouvoirs des plus riches. Pas du tout pour leur permettre de vivre une spiritualité épanouissante.

            Le jour où l’humain prendra véritablement la mesure de tout cela, je pense que la spiritualité et Dieu auront fait des progrès majeurs chez les humains. Nous nous rapprochons progressivement de ce constat d’observation, que bien des croyants durant longtemps ont pensé n’appartenir qu’à l’athéisme. Mais qui, au gré de la multiplication des crimes et scandales récents comme très anciens (accès aux archives et documentations) de ces institutions religieuses, devient un discours de plus en plus partagé par les croyants.

            Le catholicisme institutionnel va s’éteindre mais avant de s’éteindre, le clergé a choisi les groupes dérivants sectaires pour le diriger. Avec les crimes et dérives que l’on a déjà vu à l’œuvre. Le clergé catholique même en mobilisant les familles intégristes et tentant encore de se placer comme ascenseur social pour certains hommes et femmes dans les pays pauvres, ne parvient plus à recruter. La direction catholique se fera donc désormais par voie essentiellement laïque. Mais cette laïcisation relève du dérivant sectaire. C’est JP2 qui l’a décidé ainsi et déjà Paul VI avait entamé cette mutation qui n’a depuis jamais été remise en question.

            Croyez bien que cette nouvelle direction catholique perpétuera ses crimes autant que le clergé actuel perpétue les siens en totale impunité. Qu’est-ce qui changera si ce n’est la dimension spectacle et affairiste ? C’est ça pour vous un catholicisme d’avenir ? Car clairement, la population des croyants n’aura même pas son mot à dire. Parce que le Vatican est un des derniers bastions totalitaires en Europe. Et que ce n’est surtout pas la démocratie qui domine pour sa gouvernance. Et encore moins dans les groupes dérivants sectaires. Donc les nouvelles directions totalitaires du Vatican, que seront bientôt l’Opus Dei, la Communauté St Martin, la FSSPX, le Renouveau Charismatique n’ont rien à proposer que le fondamentalisme, les crimes et les dérives comme ces sectes l’ont toujours pratiqué.

            Le protestantisme ? Il est pareillement gangréné par les sectes qui aujourd’hui dominent largement et multiplient crimes et scandales. Qu’on parle des évangéliques, des adventistes, des pentecôtistes, des darbistes et autres scientistes…c’est pas franchement la Réforme qui domine, mais l’intégrisme, les violences, les dérives et la manipulation mentale. Super résultat.

            Les autres religions ? C’est intégrisme et sectes aussi à tous les étages. Massacres et génocides à tour de bras. Dans le genre super formidable,ça se pose là…

            Les courants spirituels ? Gangrénés par le New Age, l’occultisme et autres joyeusetés délirantes.

            D’où qu’on regarde franchement, y a pas une religion, une institution religieuse qui soit fiable.

            Qui est fiable alors ? Dieu seul. Et Il l’a toujours été. Et Il n’a besoin d’aucun intermédiaire pour nous aimer et nous aider à avancer dans cette vie.

            Vous vous rappelez de ce chant d’église, plus largement repris à Pâques et à la Pentecôte : pourquoi restez-vous là, à regarder le ciel, celui que vous cherchez n’est pas dans les nuages. Il vous a devancé, au fond de votre cœur, c’est là qu’Il vous attend, car Il est le Seigneur.

            Il me semble qu’il est plus que temps de le mettre en application pratique. Sans esprit religieux, de façon responsable, adulte, libre et émancipée. La spiritualité, Dieu, la foi ne sont pas transmissibles. Mais relèvent du privé, de l’intime. Personne n’a à nous diriger dans cette relation privée. Sinon, c’est comme un mariage forcé. Il n’y a pas d’amour, pas de confiance, pas d’épanouissement. Juste un rapport de domination et de soumission chargé de manipulation. Qui, en tout cas de mon point de vue, n’a rien à voir avec Dieu et encore moins avec l’Amour tel que l’a annoncé Jésus.

            Je trouve très facile et surtout extrêmement culpabilisant de prétendre que les populations ont bien mérité crimes et dérives cléricales et sectaires par excès de vénération des clercs et passion du merveilleux.

            Savez-vous au moins comment cette vénération cléricale s’est ancrée dans les populations ? Par la peur, par des massacres et par des tueries pour l’exemple de femmes et d’enfants sur des lieux de culte païen, investis en force par l’institution avec recours à des moines soldats qui ne faisaient pas dans la dentelle en terme de massacres. Et ils agissaient non seulement pour le compte de l’institution mais pour le compte des rois. Ils en étaient le prolongement armé et autoritaire. La conversion à marche forcée, stigmatisation, enlèvements, tortures et massacres pour l’exemple.

            Et le premier embrigadement religieux démarre avec l’achat sonnant et trébuchant d’enfants pour alimenter en domestiques couvents et abbayes, séminaires. Ce qui permettra l’exploitation et l’abus criminel sans limite de ces mêmes enfants. Etonnez-vous de la persistance de la pédophilie cléricale encore aujourd’hui et de la difficulté de l’institution à punir ces crimes. Mais elle est aussi vieille que l’institution et l’institution la considère cette pédophilie comme un privilège et un droit attaché à son pouvoir. Donc qui n’a pas à être punie au pénal et qui ne relève pas du crime.

            Vous croyez sincèrement qu’un pape aura la volonté de faire cesser cela ? Moi je n’y crois pas. Pas plus qu’aucun pape n’a fait et ne fera cesser l’escroquerie financière à l’IOR, les investissements et la corruption mafieuse ni l’exploitation des individus et des femmes et enfants les plus pauvres en particulier. Parce que tous ces crimes, l’institution considère que se sont ses privilèges et que personne n’a s’opposer à son pouvoir y compris en ces domaines.

            Beaucoup de croyants ignorent largement l’histoire réelle de l’institution et les conditions d’implantations du catholicisme à partir du 4e siècle. La plupart ont seulement une version édulcorée venant du clergé lui-même. Alors quand le clergé dit : mais c’est aussi la faute des croyants qui aiment le merveilleux et qui vénèrent le clergé. Aussitôt, comme des bons petits élèves qui ont bien appris leur leçon, les croyants répètent le même adage. Sans du tout s’interroger sur le bien-fondé de telles affirmations au regard de la réalité historique d’implantation du catholicisme. L’inversion des responsabilités, c’est toujours la tactique pour tenter de justifier n’importe quel régime autoritaire. Le Vatican n’a cessé de culpabiliser les victimes de ces atrocités criminelles, d’acheter leur silence, de les balader, de les déclarer folles, délirantes. C’est un comportement tellement classique…et encore aujourd’hui. Combien n’osent même pas porter plainte par peur de ces pressions, menaces…

            Marthe Robin n’a pas été seulement manipulée par le père Finet mais par une organisation politico-religieuse qui sévissait dans la région et dans le pays depuis un moment et qui n’attendait qu’une opportunité de ce genre pour justifier ses projets et ses ambitions politiques et religieuses. Lisez le livre de Véronique Auzépy sur le groupe de Jean de Fabrègues. Vous verrez comment Guitton, Finet et toute la clique qui gravitait autour de Marthe Robin se sont trouvés et ont flairé la bonne affaire. Comment une personne handicapée, dans un état de dépendance et de sujétion comme l’était Marthe, pouvait se défendre ? Aujourd’hui on parlerait d’abus de faiblesse et manipulation mentale sur personne en situation de handicap et de détresse. Et ça relèverait du pénal. A l’époque où ça a démarré, dans les années 30, l’institution disposait encore d’un pouvoir très important au plan judiciaire (gestions de bagnes et couvents prisons pour adultes et enfants dans chaque ville de France et même d’Europe), au plan éducatif et sanitaire(nombre d’écoles, orphelinats, hôpitaux gérés par des congrégations religieuses), au plan religieux et au plan politique (vous aviez encore des religieux qui disposaient de mandats de députés). Il n’était donc pas possible de dénoncer ce type d’emprise ou très très difficilement. Il faudra attendre les années 70 pour que la séparation de l’Eglise et de l’Etat soit réelle et effective dans les structures sociales. Et que justement, plus aucun personnel hospitalier ou enseignant, judiciaire, politique ne relève du clergé. Et ça arrive après les scandales et crimes révélés des couvents prisons, des bagnes, des colonies pénitentiaires religieuses. Ca arrive après les suicides et des morts suspectes de certains patients internés dans des hôpitaux psychiatriques suite à un proxénétisme et à des tortures infligées par ces mêmes congrégations religieuses exerçants comme soignants. Il faut souvent malheureusement des crimes très graves, très impressionnants et très nombreux pour qu’enfin, dans un sursaut, les gens mesurent la gravité de l’emprise religieuse quand elle s’exerce dans tous les aspects de la vie sociale et politique. Et pour qu’ils y mettent fin politiquement sans regret ni culpabilité.

            Le souci, c’est que la capacité d’oubli de ce qui a conduit à ces mesures et l’ignorance des croyants en la matière, demeurent. Et c’est sur ce déni et cette ignorance de l’histoire sociale, de l’Histoire tout court (pas du roman national ou clérical) que perdurent des crimes, des situations abusives, l’exploitation et la manipulation des individus. Parce que tout ça va ensemble.

            Vous savez bien qu’un pédophile ne se découvre pas pédophile dans sa vieillesse mais qu’il l’est depuis sa jeunesse et a un profil d’abuseur et de manipulateur qui ne peut jamais s’amender ni se réformer (le père Gérald Fitzgerald l’avait bien constaté et l’avait d’ailleurs expliqué en long en large et en travers à Paul VI quand il avait traité ces prêtres criminels à Jemez Springs). Comment, au regard des faits criminels révélés désignant Finet comme agresseur de jeunes filles et fillettes, ne pas penser qu’il a aussi sévi dans les mêmes proportions sur Marthe Robin ? Ca paraît difficile de penser qu’il l’aurait épargnée par charité, par pitié. Il avait sur elle un tel ascendant, une telle emprise et un tel contrôle. Et pas des plus sympathiques selon les dires de beaucoup.

            Quand une personnalité a une telle emprise psychologique, affective et religieuse sur la vie d’une personne handicapée, ça vous semble pas bizarre ? Quand on vous révèle que cette personnalité a abusé et violé des jeunes à très jeunes filles, que c’est avéré, ça vous met pas la puce à l’oreille ?

            A moi, si. Peut-être parce qu’en tant que femme ayant subi un double inceste, je connais bien pour les avoir enduré enfant et adolescente ces comportements toxiques et abusifs d’adultes. Que je sais identifier ce type de profil.

            Il y a quelques années, j’avais dit ici même qu’à la base des crimes des frères Philippe, il y avait une emprise incestueuse de leur oncle maternel, révélée d’ailleurs à mots couverts par Marie Dominique dans le livre d’entretien biographique publié et rédigé par Marie-Christine Lafon. J’avais fait bondir combien ici, hurlant et protestant au blasphème, à l’accusation gratuite et sans fondement contre un saint homme si formidable. Sauf que, ce que j’avais identifié lors de ma lecture dans les propos et le vocabulaire du sieur Philippe, s’est révélé exact. Aujourd’hui, on sait que l’empire de l’oncle sur la famille était total et ne s’était pas arrêté aux deux neveux et à sa soeur mais s’était étendu à d’autres enfants. Et que ces neveux avait reproduit le système abusif et criminel de l’oncle sous forme sectaire et criminelle pour en quelque sorte perpétuer sa domination de façon extensive.

            Chez Finet, on est sur le même profil abusif et manipulateur. A la différence que nous ne disposons pas d’une biographie qui permette d’identifier comment et quand il est passé à l’acte les premières fois et sur qui. Mais ne considérer que les faits criminels sur ces fillettes en excluant la possibilité de mêmes pratiques criminelles sur Marthe Robin me paraît relever davantage du déni que de la prudence.

            Surtout quand on sait le degré d’emprise psychospirituelle et affective de Finet sur Marthe. Et comment il a présenté à Marthe le suicide de son frère et comment il a orchestré et mis en scène l’agonie et la mort de Marthe elle-même.

            Personnellement, au regard de ce que je connais de ce type de personnalité criminelle, de ce que j’ai lu sur Finet et sur Marthe Robin, sur l’arrière-cour politico-religieuse et les enjeux du groupe fondé par Jean de Fabrègues avec Guitton et Cie, je n’ai pas beaucoup d’illusions sur la situation.

            Maintenant, l’avenir et l’enquête nous le diront. L’eau a suffisamment coulé sous le pont, l’argent aussi pour que l’institution et le Renouveau Charismatique osent assumer la réalité criminelle et l’instrumentalisation mystique alors que les principaux protagonistes sont tous morts et enterrés. Et qu’ils ont été suffisamment exploités pour l’ascension politique et religieuse du Renouveau Charismatique et de nombre de communautés dérivantes sectaires. Sans parler de l’institution elle-même qui a bien profité du système.

            • Réponse à Françoise 13 mai 2020 17:52, par Marie-Christine

              Françoise

              Je ne suis pas plus convaincue par votre message autant sur le fond que sur la forme

              Sur le fond, c’est beaucoup trop réducteur et manichéen. Faire de l’Eglise tout entière et ce, depuis le 4e siècle, sans aucune nuance, et sans tenir compte des mœurs du temps, ni d’aucune autre considération historique ou spirituelle, une organisation mafieuse et criminelle fondée et gouvernée exclusivement dans le but de promouvoir et légitimer les crimes les plus horribles et les plus abjects, me paraît totalement irrationnel. Excusez - moi. Mais c’est plus proche de « Dan Brown » que d’une véritable analyse historique.

              Que l’Eglise ait légitimité des crimes, des structures d’exploitation et de domination, et soutenu dans sa peur du communisme, des régimes d’extrême droite, se soit alliée, pour la presque totalité de l’Episcopat, à la « révolution nationale « , personne ne le nie.

              Mais, pour les besoins de votre démonstration, vous ne tenez aucun compte de ce que le Christianisme, qui n’aurait pas été transmis à l’ Occident sans l’Eglise, a apporté à la civilisation humaine. Autrement, le message de l’Evangile ( que le Christ ait existe ou non, que son message ait été transformé ou non) ne serait pas parvenu jusqu’à nous.

              La foi ( je ne sais trop ce que vous mettez sous ce mot dans cette démolition systématique et peu importe ) a besoin de structures et de modes de transmission. Une idee de Dieu vient d’une culture particulière basée jusqu’à présent sur une religion (même si on n’appartient plus à cette religion ) et ne surgit pas à partir de rien.

              Vous ne tenez aussi aucun compte des aspirations spirituelles et des réalisations humaines authentiques des croyants qu’elles soient humanitaires, artistiques, philosophiques, scientifiques. . Pour ce qui est de la psychologie des croyants, la foi ne se transmet pas uniquement par la violence mais rejoint une aspiration très profonde du cœur humain qui peut, hélas, dériver en besoin d’adulation et de vénération excessive d’une personne ou d’un groupe. ( voir Nietzsche et sa description du « besoin de vénération » ou Freud et « le désir inconscient d’un Père protecteur tout puissant ) Si on regarde les régimes totalitaires ou les sectes, on voit bien ce processus à l’œuvre. Il ne s’agit absolument pas de condamner les croyants ou d’inverser les responsabilités mais d’en tenir compte. Ce n’était pas mon propos que d’accuser les croyants.

              Et il ne me parait pas non plus que les hommes soient aliénés aujourd’hui et empêchés de se réaliser uniquement par le Catholicisme. Au contraire, ce serait plutôt l’aliénation matérialiste qui les entrave. Et le succès des sectes ou autres mouvements évangéliques, new age etc…ne vient-il pas du fait que leurs aspirations spirituelles ne sont pas comblées.

              Sur le fond, on sent ce qui tient à votre histoire personnelle et qui vous fait tout voir à travers un prisme préétabli, vous rendant insensible à tout autre discours ou perspective, y compris la propre sensibilité des croyants et leur propre expérience spirituelle à laquelle vous déniez toute valeur en quelque sorte.

              En ce qui concerne Marthe Robin et ses relations avec le Père Finet ( qui d’ailleurs n’est pas accusé de viols mais d’attouchements ),comme déjà dit, avant des informations plus précises, on ne peut raisonnablement se prononcer ni présenter des hypothèses personnelles comme des certitudes absolues.

              Ceci dit, je n’ai absolument aucune idée de l’avenir de l’ Eglise ou du Catholicisme. Ce qui est important, de mon point de vue, est la vérité et la justice et tout ce qui va dans ce sens.

              • Réponse à Marie-Christine 15 mai 2020 02:28, par Françoise

                C’est curieux mais j’ai l’impression qu’il y a confusion. J’ai dit que les religions ont toujours été les collaborateurs zélés des rois, des empereurs, des puissants, donc d’un pouvoir matériel qui vise la domination totalitaire des individus. Et c’est toujours le cas.

                Si cette réalité que chacun peut constater au quotidien en ouvrant un simple livre d’Histoire, vous paraît similaire à la littérature de gare…y a vraiment du souci à se faire pour vous en terme de compréhension.

                Au 4e siècle, il s’agissait pour le christianisme de créer une organisation puissante et autoritaire, qui fasse obéir toute une population au roi, qui créée une uniformisation des cultes propre à un meilleur contrôle des individus, des régions, des territoires. Et il s’agissait de disposer d’une autorité matérielle et spirituelle qui exploite cette population pour ses propres besoins matériels et pour assurer sa propre survie et son enrichissement.

                On est également dans un projet très hiérarchisé, de très codifié au plan social et politique. On est pas là pour un partage égalitaire,une mise en commun, on est là pour reproduire une hiérarchie sociale de classe et un système d’emprise totalitaire. Ca c’est le but principal des religions. Et pas seulement du christianisme. Ca se retrouve chez tous les clergés. C’est la base. Après, pour faire passer la pilule, on prétend que c’est Dieu qui demande cette soumission cléricale, mais en réalité c’est une affirmation qui n’est fondée que sur l’intérêt clérical. Pas sur une réalité.

                La foi n’est pas quelque chose de transmissible. Mais se découvre et se vit dans l’intimité. C’est un dialogue intérieur entre notre âme et Dieu seul (que chacun nomme à sa sauce). C’est un cadeau qui ne vient pas du clergé, mais qui vient de Dieu lui-même. Et la foi passe non par voie religieuse, mais par un émerveillement, une compréhension intérieure de quelque chose qui nous dépasse, nous aime profondément de façon inconditionnelle et nous permet de nous projeter en avant dans la vie dans la joie. Chacun en fait l’expérience dans son existence au moment où il est prêt à recevoir ce cadeau, à l’accueillir. Y a pas d’âge pour ça.Après, il ou elle le fait vivre ou non, selon les modalités qu’il ou elle désire, mais c’est un moment complètement indépendant du religieux ou du contexte social.

                Les clergés ont imposé des rituels, des sacrements et des conduites forcées pour parler à et parler de Dieu et ce dès le plus jeune âge. Ce qui fait que les gens n’ont plus l’espace et le temps de découvrir leur intériorité, donc de découvrir Dieu en eux. Mais ils vont rapidement réduire Dieu à la seule chose qu’ils connaissent, c’est à dire assimiler Dieu au clergé. D’où la dépendance et la révérence extrême de beaucoup de croyants au clergé. Et la difficulté à envisager Dieu hors religion.

                A la Préhistoire, pas de religion. Mais des hommes qui dans leur milieu naturel, découvrent ce quelque chose en plus, en eux, dans les rencontres qu’ils font, dans les paysages qu’ils contemplent, dans les animaux qu’ils chassent, dans les intempéries, les changements de saison. Et déjà, c’est Dieu. Vous en trouvez la trace sur certaines gravures des cavernes. Et ces hommes enterrent leurs morts avec des égards, avec des amulettes pour pouvoir rejoindre ce que déjà ils comprennent comme étant Dieu même s’ils n’ont pas les mots pour le dire. Dieu prenait-il moins soin d’eux parce qu’ils étaient sans religion ? Bien sûr que non. Dieu n’a pas attendu les religions pour aimer tout ce qui vit sur terre. Et pour guider chacun vers un épanouissement.

                Beaucoup de gens encore aujourd’hui découvrent Dieu hors de tout contexte religieux. Au détour d’une lecture, d’un paysage, d’une rencontre amicale, amoureuse, d’un métier, d’un sport, d’un loisir, d’une pratique artistique. Dieu passe partout et n’a pas besoin du clergé pour se dire.

                Mais dans son orgueil, dans son fantasme de toute-puissance, chaque clergé pense qu’il est le seul et unique passeur de Dieu. Ce qui est une illusion égotique immense.

                Le message de Jésus aurait pu aussi bien passer par l’oralité, sans clergé. Et c’est ce qui s’est passé durant 4 siècles avec les apôtres hommes et femmes (qui n’étaient pas prêtres et ne formaient pas du tout un clergé) mais qui parlaient en assemblées à tout un tas de gens. Jésus lui-même n’a pas fait autre chose. Il n’a rien écrit, il a tout passé par l’oral, parce que c’est comme ça que le message passe le mieux. C’est ainsi que fait la culture populaire depuis des siècles et des siècles et des siècles. C’est ainsi qu’on enseigne toujours les mythes grecs, les contes, les légendes. Le théâtre, la danse, la chanson de geste, la palabre, les contes des veillées, la poésie, la musique, le mime, la littérature passent aussi par l’oralité. Tout cela nourrit la culture, la civilisation comme vous dites. Et pourtant, ça n’est pas religieux. Mais drôlement spirituel et d’une richesse incroyable dans la diversité des expressions.

                Appartenir à une religion ne veut pas du tout dire avoir la foi. Et la foi n’est pas à confondre avec la pratique religieuse. La foi est une rencontre personnelle avec soi et avec le divin. Aucun clergé d’aucune religion ne donne accès à ça. Ca se passe ailleurs, hors contrôle, hors espace religieux.

                Le clergé certes va apporter une certaine culture spirituelle. Mais il va surtout organiser un culte de la personnalité non de Jésus ni de Dieu mais du clergé, de l’institution. Sa vocation, c’est de comptabiliser le plus possible de personnes puis de conditionner les croyants à l’obéissance au chef, au pape, au prêtre, à l’évêque, au cardinal, à l’autorité dans le sens large du terme (civile, militaire) et disposer d’un contrôle moral, psychologique tout au long de la vie de ces personnes. De la naissance à la mort. Il n’est pas là pour épanouir l’individu. Mais le formater selon ses intérêts et ceux qu’il estime que l’humanité doit servir.

                Or dans la foi, il y a du bonheur, du bien-être, une complicité et une liberté totale avec Dieu. Un amour inconditionnel qui rend vraiment heureux. Dieu ne nous conditionne pas, Il n’est pas là pour ça. On est complètement dans un autre espace et dans une autre relation.

                Mais qui souvent hélas, reste un espace et une relation inconnus de la plupart des croyants. Qui croient au clergé bien plus qu’en Dieu.

                Pour ça sans doute que ce formatage religieux va déboucher sur d’autres formatages encore plus poussés dans les formes sectaires. Parce qu’il y a l’illusion que le clergé est Dieu et que la seule façon d’atteindre Dieu c’est aller encore plus loin dans la soumission, dans le sacrifice, dans le renoncement, dans l’adhésion à certains rites, à certains gourous…

                Ce qui me terrifie quand je vois cela, c’est de voir à quel point certains croyants sont conditionnés religieusement, jusqu’au piétinement de leur intégrité, de leur intimité, de leur intériorité. Et qu’ils pensent mordicus que c’est ça vivre la foi. Je trouve ça effrayant et très grave aussi.

                Car c’est ce conditionnement qui permet toutes les manipulations, tous les abus, toutes les violences. Et je suis vraiment très triste quand je vois que même après avoir vécu des expériences terribles dans des communautés sectaires, certains sont toujours dépendants d’un clergé qui doit leur dire quoi croire et quoi penser et comment.

                Rencontrer Dieu en eux-même, rentrer vraiment dans leur intériorité, s’accepter dans leur intégralité, dans leur richesse comme leur pauvreté, ça ne les effleure pas. Penser qu’ils peuvent tout à fait vivre la foi hors religion, hors contrôle religieux, ça ne les effleure pas non plus. Pire, ça leur fait peur. Ils sont persuadés d’être dans l’incapacité de vivre ce lien à Dieu de façon autonome. Qu’il leur faut encore et toujours un guide, une béquille pour les diriger. Que sans, ils ne savent pas marcher. Ca vous rappelle pas quelque chose ? Qu’est-ce qui permet au paralytique de marcher : c’est sa foi. Pas un système clérical. Jésus le dit bien. Mais apparemment, ça n’a toujours pas été compris spirituellement.

                Mais ce comportement de dépendance n’est pas exclusif aux croyants car je constate cela même chez des personnes non croyantes. La passion de la soumission à une autorité quelle qu’elle soit, c’est vraiment un truc qui me sidère.

                Et c’est là que vous voyez à quel point la société pas plus que la religion n’apprend l’autonomie ni n’émancipe les individus, mais cherche seulement à les contrôler et les diriger selon les intérêts de quelques uns et au détriment de l’intérêt commun.

                Je crois que la recherche spirituelle des gens ne vient pas seulement d’un excès de matérialité et d’un désir profond à un moment de leur vie, mais aussi et surtout d’une extrême dépendance à un conditionnement qui leur fait croire qu’ils ne sont pas capables tout seuls de trouver Dieu en eux. Et une peur panique de leur propre intériorité, une peur de la mort aussi.

                Tout est fait dans notre vie pour nous détourner de nous-mêmes, de notre âme et donc d’une intimité avec Dieu. Tout est fait pour, dès le plus jeune âge, nous orienter à tous les niveaux vers des autorités extérieures (comme si nous ne savions pas réfléchir par nous-mêmes ni avoir un peu de bon sens), nous culpabiliser, freiner nos élans, nous infantiliser. Tout est fait pour nous faire honte de nous, de notre corps, de notre esprit, tout est fait pour avoir peur de nos émotions, de nos ressentis, de nos pensées, et finalement tout est fait seulement pour nous maintenir dans nos peurs primordiales. Cette immaturité psycho-affective, cultivée aussi bien par l’école que l’entreprise, l’armée, le clergé, les médias, les instances politiques, financières, sanitaires, permet un contrôle social, physique, psychologique, moral de plus en plus étroit et qui peut aboutir à un contrôle de type totalitaire dans certains pays.

                Comment se construire positivement et avoir confiance en soi quand chaque jour, nous recevons tous 8 injonctions négatives sur notre personne ? Etonnez-vous après de la dépendance des gens à l’autorité quelle qu’elle soit dans ce genre de conditionnement. Et de la déception, de l’immense quête spirituelle jamais comblée des individus. Alors que chacun a les moyens en lui-même de vivre sa foi simplement. Et de rencontrer Dieu sans intermédiaire.

                Je suis au regret de vous dire que le Vatican nie ses alliances avec l’extrême droite. Et n’assume toujours pas ses projets totalitaires ni d’exploitation et d’oppression des croyants et des personnes les plus faibles. Non plus que l’institution n’assume ses crimes, ses contradictions, sa violence. Que ces crimes, délits, oppressions, exploitations soient présents ou passés. Le verrouillage du St Office le prouve assez. Et pas plus qu’il n’admet de travailler main dans la main avec les groupes dérivants sectaires pour ensuite leur confier les clés de la direction vaticane, spirituelle et religieuse alors que c’est exactement ce qui se passe.

                L’institution prétend être sainte et incarner le message christique quand en réalité elle brille par son opacité, ses mensonges, mais aussi sa trahison complète du message christique, dans les actes.

                A partir du moment où l’humanité dans son ensemble (et pas juste les plus riches) a commencé à s’instruire au plan scolaire et informatif, elle a cherché à comprendre l’envers du décor de ses dirigeants civils, militaires et religieux.

                Aujourd’hui, elle n’a plus d’illusion quant au mépris de l’humanité et à la gestion opportuniste, abusive et violente des puissants de ce monde ; qu’ils soient dirigeants politiques, économiques, militaires, industriels ou sociaux comme religieux. C’est pourquoi la mayonnaise ne prend plus et qu’il y a une crise de confiance généralisée vis à vis de toutes les formes de pouvoir.

                Ce n’est pas le message de Jésus qui ne passe plus (ce message continue d’être porté, vécu hors même toute guidance et transmission religieuse), se sont les mensonges, les manipulations, les oppressions et les crimes cléricaux qui ne sont plus supportables maintenant que n’importe quel croyant, citoyen a accès à l’information et aux archives historiques numérisées. Le ras-le-bol est complet et général. Parce qu’il s’agit d’une haute trahison. Et dont chaque croyant peut aujourd’hui mesurer l’étendue. Du démarrage institutionnel à aujourd’hui.

                Et c’est pareil vis à vis d’autres autorités politiques, sociales, économiques, financières, militaires. Nous vivons un moment de dégagisme général de tout ce qui comptait jusque là comme autorités. Parce que nous avons accès à l’information et sommes suffisamment éduqués pour comprendre au moins dans les grandes lignes ce qui se passe et s’est passé.

                C’est pourquoi nous voyons cet ancien monde des empires s’effondrer et une autre société émerger. Très différente dans ses valeurs, codes. Avec une toute autre organisation, davantage horizontale que verticale. Et on en voit les prémices avec différents mouvements citoyens, associatifs qui comprennent bien que la société ne se raisonne pas en profits matériels, mais en respect de soi, de l’environnement, des autres, simplement pour assurer la survie de la planète, la survie humaine, animale, végétale et environnementale.

                Et les religions ne sont pour rien dans cette émergence sociétale, dans cette prise de conscience. C’est seulement un constat qui a fini par s’imposer dans la population, de par la gravité des conséquences que la folie du pouvoir absolu et de l’argent génère.

                Et actuellement, au regard de l’épidémie mondiale que nous vivons et de l’inconséquence des autorités politiques, économiques, financières, sanitaires et religieuses, la prise de conscience de cette nécessité d’un autre monde, d’une autre société fondée sur d’autres valeurs, est encore plus accélérée dans la population. Et tant mieux. A présent ce que l’on peut espérer, c’est que l’humain aura compris qu’il peut, avec ses congénères sans grade, enclencher ce changement de société. Et qu’il n’a pas besoin de hiérarchie ou d’attendre l’homme providentiel pour ça.

                Concernant Finet, comme je le disais à Christophe, je doute que l’enquête aille au bout du bout de la réalité criminelle. Un attouchement est un crime sexuel. Ce n’est pas moins grave qu’un viol. Et quand il se répète sur différentes victimes sur un espace temps assez court, on peut raisonnablement sans beaucoup se mouiller, comprendre que ça relève d’une pratique plus étendue et régulière. Quand on connait la dépendance, la longévité et la réalité de la relation quasi quotidienne Marthe Robin-Finet, on est en droit de s’interroger sur la nature exacte de cette relation compte tenu de l’emprise psycho-affective et religieuse de Finet avec Marthe.

                Pour ce qui concerne mon discours, je n’ai pas de prisme préétabli. J’observe attentivement gens, choses, nature et se sont les observations attentives qui motivent mon analyse. L’étude de la réalité des comportements humains m’intéresse énormément. Le vôtre aussi. On comprend tout de suite en vous lisant que vous êtes proche du clergé ou membre, à relativiser ses nuisances, à tenter de minimiser ses crimes, à inverser les responsabilités. Vous parlez de justice mais comment peut s’établir la justice si déjà, face aux crimes et abus avérés de l’institution et de certains de ses représentants, vous les minimisez et les relativisez ?

                Dernière chose : j’ai remarqué en vous lisant que finalement, vous ne saviez pas ce qu’est la foi. Vous en parlez mais uniquement dans le cadre clérical. Le rapport à Dieu vous est donc étranger hors du prisme institutionnel. Et vous ne parvenez pas à le voir chez autrui à partir du moment où votre interlocuteur est critique du clergé. Je trouve ça triste.

                Donc quand vous me dites je cite « Sur le fond, on sent ce qui tient à votre histoire personnelle et qui vous fait tout voir à travers un prisme préétabli, vous rendant insensible à tout autre discours ou perspective, y compris la propre sensibilité des croyants et leur propre expérience spirituelle à laquelle vous déniez toute valeur en quelque sorte. »

                Je crois en réalité que vous parlez de votre propre attitude, de votre propre grille de lecture analytique. Parce que personnellement, je pense que tout parcours de vie a de la valeur, contrairement à ce que la société, les religions nous enseignent. Et que la valeur spirituelle de quelqu’un ne se mesure pas à son appartenance religieuse. Qu’elle se situe ailleurs. Sur un autre espace. Mais qu’hélas, vous semblez ignorer.

                • Réponse à Françoise 15 mai 2020 18:09, par Marie-Christine

                  Françoise

                  Je réponds, je l’espère plus brièvement, à votre long message.

                  Il y aurait beaucoup de points à relever car vous « brassez » beaucoup de choses à la fois.

                  Je commence par la fin. Je n’ai jamais dit que la valeur morale ou spirituelle de quelqu’un dépendait de son appartenance au clergé ou à une quelconque religion mais que vous sembliez dénier toute valeur à l’expérience spirituelle des croyants. Jugement pour le coup bien péremptoire sur la foi d’autrui.

                  Ensuite, je n’appartiens à aucun clergé, ne suis membre d’aucune organisation etc… Je ne minimise ni n’excuse aucun crime, injustice etc… ni ne les relativise, d’autant plus que j’ai moi-même été victime d’abus spirituel : ce qui explique ma présence ici. Je ne permets pas plus de juger la foi d’autrui qu’il appartienne à une religion ou pas. Je ne minimise pas la gravité d’attouchements sexuels sur des enfants ou des jeunes filles.

                  Je remarque simplement que, que nous le voulions ou non, nous sommes, en Occident, héritiers d’une culture judéo-chrétienne et que l’essentiel de nos valeurs morales et spirituelles en découle, même si nous sommes devenus athées, ou agnostiques, ou non- pratiquants.ou anticléricaux et que l’Eglise a joué un rôle important dans cette transmission. Aucun historien ne le niera. Par ailleurs, il est faux d’affirmer que l’ Église ne se soit jamais repentie de la légitimation de certains crimes, méme si vous pensez qu’il s’agit d’un stratagème. Il est simpliste de ne pas prendre en compte les courants divers, antagonistes, les ruptures, crises. retours en arrière etc…qui ont pu la traverser au cours de 2000 ans d’histoire.

                  L’idée d’un Dieu d’Amour infini ( tel que l’on résume l’essentiel de l’Evangile et auquel vous semblez adhérer ?) a mis du temps à émerger dans l’histoire de l’humanité et elle est a purifier tous les jours, tant il y a dans notre inconscient de tendances à l’agressivité et à la culpabilité dont profitent effectivement abuseurs de toutes sortes et courants religieux d’Eglise ou non ( voir le « Dieu pervers « auquel quelqu’un a fait allusion sur ce blog) Elle n’est pas partagée d’ailleurs par toutes les religions. Certaines sont animistes, polythéistes etc…. Et, même dans les monothéismes, il y a de grandes différences. Il est impensable par exemple pour un musulman d’appeler Dieu « notre Père « . Ce serait de l’anthropomorphisme. Et il y a des tendances très différentes dans une même religion.

                  La aussi, faire référence aux historiens des religions. Je sais que vous allez me dire que je ne sépare pas foi et religion. Mais , encore une fois, une idée de Dieu et de ses relations avec l’homme, s’il y en a ? et de quelle nature au juste ? ne naît pas à partir de rien mais d’une culture préexistante. Car il y a plusieurs idées du divin différentes et même contradictoires.

                  De même l’idée d’intériorite individuelle à laquelle vous faites référence, de liberté personnelle etc…, jusqu’à devenir maintenant un individualisme exacerbé, sont nées en Occident de cette façon.

                  De même, je ne vois pas trop comment la pensée grecque dont vous n’ignorez pas qu’elle est un des fondements de la théologie chrétienne, qu’on le déplore ou non, nous aurait été transmise sans l’écrit. Et encore moins la Bible. . Et il me semble que les premiers chrétiens ont mis très tôt par écrit les enseignements du Christ ( ce qui format ultérieurement la base des Évangiles d’où vous vient votre idée de Dieu ?), qu’ils se réunirent pour prier en commun et célébrer. Et qu’ils se donnèrent aussi très tôt des chefs de communautés différents, selon là encore, leur appartenance culturelle et religieuse antérieures. Et qu’il y eut querelles et débats. Tout cela est connu.

                  Donc il ne s’agit pas de dédouaner à tout prix l’Eglise mais de ne pas caricaturer ni reviser l’histoire aussi bien de l’Eglise que de l’humanité tout entière pour les besoins de sa démonstration. Quant à la réflexion sur notre temps, l’avenir des sociétés, de l’Eglise etc.. nous manquons, à mon avis, de recul pour l’analyser et nous pouvons encore moins prédire l’avenir dont justement l’histoire nous montre qu’il contient beaucoup d’imprévisible.

                  _

                  • Réponse à Marie-Christine 30 mai 2020 16:57, par Françoise

                    Bonjour Marie-Christine

                    Je découvre votre réponse aujourd’hui. Je lis et je constate que le fond de votre message rejoint ce que je vous ai dit à la fin à savoir que la valeur que vous accordez à une personne dépend de l’appartenance à la religion. Relisez-vous car c’est un plaidoyer complet que vous faites à la dimension exclusivement religieuse. Nulle part je lis quelque chose sur la dimension réellement spirituelle. Uniquement sur la religion. Avec en plus et là ça me fait vraiment rire, l’idée que l’Histoire a été réécrite après 1789 donc contre la religion selon vous. Sauf que, l’Histoire est toujours enseignée comme un partenariat des rois, des princes avec les religions et avec le christianisme catholique pour ce qui concerne notre pays. Comme elle l’était avant 1789. On apprend toujours pas aux enfants dans les écoles comment véritablement s’est implanté le christianisme. Ca c’est réservé à l’Histoire des Religions. Donc aux universitaires qui s’y penchent. Pas aux enfants. Pas au péquin moyen et même pas au croyant. Parce que si l’école faisait cet enseignement en disant les choses telles qu’elles se sont réellement passées, avec les massacres, la terreur, la mise en esclavage, les tortures et tout ce qui s’en suit, ça donnerait tout de suite beaucoup moins envie d’adhérer au catholicisme. Et pourquoi alors le pouvoir laïc que vous pensez opposé aux religions ne le fait pas ? Eh bien parce que au sein du pouvoir politique laïc, vous avez nombre de familles qui sont très liées à la religion catholique. Et qui sont encore à vouloir lier religion et politique. Si on commence à enseigner l’Histoire des religions en classe élémentaire, secondaire, vous imaginez le bazar ? Plus moyen de tenir le peuple qui commencerait à réfléchir et à sortir encore plus d’une domination religieuse morale, politique, etc.

                    Ca a été d’ailleurs la grande déception des historiens des religions après les attentats du Bataclan. Où il y avait eu la promesse d’un enseignement du fait religieux à l’école. Mais qui n’a pas été suivi d’effet, malheureusement. Et quand on lit les textes et qu’on y trouve des énormités au plan historique, on se dit…faudra encore attendre pour que ça puisse être véritablement enseigné sur des bases exactes et non encore imprégnées de roman clérical.

                    Je trouve facile de prétendre que le seul héritage culturel, civilisationnel est lié à la religion chrétienne et juive et grecque. Car bien avant, dès la Préhistoire, l’humain a des rites, croit en Dieu. Il n’a pas eu besoin de religion instituée pour ça. Et nous sommes héritiers déjà de ces hommes préhistoriques. C’est ça le fondement de l’humanité. C’est ça aussi le creuset de la foi. Et ce n’est pas rien du tout. C’est une réelle culture spirituelle et sociale. C’est en soi une civilisation. Avec son art, ses rites, sa façon d’envisager le monde. Même si c’est par l’oralité, la sculpture, la peinture, la danse, la musique. Ca constitue une civilisation commune à toute l’humanité.

                    L’anthropologie le sait bien puisque les organisations sociales, familiales de départ, qu’on appelle nucléaires, viennent de l’organisation préhistorique. Et changent avec l’apparition des religions institutionnelles pour devenir patrilinéaires. Nous revenons depuis les années 50 à des organisations nucléaires. Non modernes mais au contraire ancestrales. Avec aussi un retour vers les sagesses ancestrales pour la défense de la planète. Ce que nos civilisations modernes avec tout leur arsenal ne savent plus et ne veulent plus faire. C’est bien ça le drame (religions comprises, d’ailleurs).

                    Les peuples premiers en voie de disparition aujourd’hui ont gardé ces rites, ces gestes spirituels préhistoriques. Quelques pratiques aussi. Des pratiques de préservation de l’environnement, de guérison par les plantes, de soins divers en lien avec leur relation à Dieu. Curieusement, ces peuples emplis de foi ont été beaucoup moins génocidaires, criminogènes. Encore aujourd’hui, ces peuples essaient de préserver l’environnement, la paix, l’harmonie entre tous. Quand la plupart des peuples liés à des religions institutionnelles passent le plus clair de leur temps à se faire la guerre et à vouloir exterminer, dominer les autres et le territoire. Curieuse façon de défendre un Dieu Amour Infini, non ?

                    Les religions ont récupéré cette spiritualité préhistorique pour la faire passer à un système de pouvoir temporel et d’emprise sur les individus. Mais aussi pour que la spiritualité soit un commerce rentable qui profite à une coterie : les plus riches.

                    L’association, le partenariat des dirigeants politiques avec les religions va avec le totalitarisme, l’esprit de conquête et d’emprise sur les individus. Et non, relisez l’Histoire, beaucoup de dirigeants se sont convertis essentiellement pour disposer d’appuis financiers, idéologiques et d’un pouvoir encore plus totalitaire. C’est un arrangement entre grandes familles qui permet de concentrer les pouvoirs pour une classe sociale riche et de justifier ces pouvoirs au nom de Dieu. L’opportunisme domine encore en politique. C’est même sa caractéristique principale. Qui prévaut aussi en religions (et pour toutes).

                    Où est Dieu là-dedans ? Nulle part. Où est la foi si ce n’est dans l’argent, le pouvoir, la domination dans un tel cadre. Pas de quoi s’extasier.

                    Là où je suis d’accord avec vous, c’est que les religions ont amené des traces écrites que n’avaient pas les spiritualités préhistoriques. Ecrits qui ont participé à asseoir les religions effectivement et aussi le pouvoir des empires qu’on remonte à l’Egypte, à la Grèce Antique. Le pouvoir de nos pays repose sur l’écrit. Qui peut être falsifié, changé, manipulé. Ce qu’il est d’ailleurs la plupart du temps. Comme l’a été la Bible et comme elle l’est encore avec tout un tas de variations utilisées par les sectes et les groupes dérivants sectaires. Le judaïsme a été créé pour faire contrepoids à l’hellénisme, à la culture grecque. Au départ, le judaïsme est polythéiste comme l’hellénisme. On en voit encore des traces dans les lettres d’Elephantine. Vous pourrez aller voir ce que c’est si vous ne connaissez pas. Et on en trouve trace dans la Bible notamment dans l’épisode de la Samaritaine qui est liée à ce judaïsme polythéiste. Mais on en trouve aussi la trace dans l’Ancien Testament où les fameux égyptiens sont en réalité des grecs. Pourquoi ? Eh bien, les Egyptiens étaient circoncis comme les juifs. Or les grecs ne l’étaient pas. Donc les fameux égyptiens qui poursuivent Moïse et le peuple juif sont en réalité des grecs. Mais qui osera le dire au sein du clergé et des théologiens ? Personne. Ca démonterait la légende.

                    Le passage au monothéisme pur jus n’était même pas encore fait à l’époque de Jésus puisque nombre de communautés juives adoraient plusieurs dieux dont le dieu bélier à qui il fallait sacrifier un agneau (la Pâque vient de là). Le christianisme a été comme le judaïsme un récupérateur de rites païens polythéistes. D’où les dates de correspondance entre les fêtes païennes et les fêtes religieuses. De la même façon, le christianisme a récupéré par la force et la terreur, nombre de sites cultuels païens pour y construire des chapelles et un culte chrétien. Ca ne s’est pas fait dans la joie et la bonne humeur et la fraternité mais le sang et la terreur. Rien à voir avec les directives de Jésus, ni son message de paix, ni l’approche du Divin qu’il avait.

                    La morale s’est établie par la terreur, la violence. Notamment à l’encontre des femmes, torturées, violées, assassinées, brûlées. Le fondement de l’établissement chrétien est bâti sur le sang, les larmes, la mort violente de millions de femmes…Pourquoi un bon nombre de femmes ? Parce qu’elles étaient les principales passeuses des rituels païens dans les familles. Je veux vous faire un peu réaliser ça parce que vous semblez voir l’établissement religieux chrétien comme si c’était formidable. Mais la réalité concrète est autre. Même en tant que croyante, il me semble quand même important de saisir ce qu’est concrètement cet établissement religieux et sur quoi il repose exactement. Pas sur le message christique en tout cas. Mais sur la mort violente de femmes surtout, mais aussi d’hommes, d’enfants.Et sur le mensonge avec tout ce qui relève du commerce des fausses reliques, des faux restes de saints. Là encore on est sur une entreprise commerciale de la superstition. Pas sur de la spiritualité ni un message de paix et d’amour christique.

                    Message christique qui serait passé à l’oral j’en suis sûre car Dieu trouve toujours un moyen de se dire. Il continue de parler aux peuples premiers sans Bible. Comment fait-Il en ce cas ? Il leur parle autrement. Et ça ne les a pas empêché de cultiver un lien fort et puissant avec Dieu qui se passe de génération en génération (quand ces peuples ne sont pas convertis de force ou exterminés). La plupart du temps, pas d’écrit mais des gestes, le travail de l’intuition, l’écoute du milieu naturel et environnemental, le lien avec la terre, l’eau, le feu, les vents, la lune. Savoirs ancestraux qui ont perduré et perdurent parfois encore chez certains agriculteurs.

                    C’est cette culture spirituelle là qui est le fondement culturel de notre humanité. Et de votre foi comme de la mienne et de n’importe quelle personne sur cette terre, athée, comme agnostique ou croyante.

                    Pourquoi les religions s’acharnent à se penser seules détentrices de la culture et de la morale et de la civilisation ? Pourquoi ce gommage, ce déni des fondements de la culture réelle liée à la Préhistoire et aux peuples premiers ?

                    La civilisation comme vous dites, elle s’ancre dans les gestes des premiers hommes, des premières femmes. Toutes nos activités humaines y compris la prière sont liées à cette Préhistoire. Pourquoi l’oublier ?

                    Pourquoi encore aujourd’hui, personne ou presque (surtout chez les croyants) ne sait que le chapelet était un collier de plantes, d’os, de graines que portaient les femmes préhistoriques pour soigner leur tribu et que ce chapelet a été transmis aux femmes guérisseuses, accoucheuses de génération en génération. Que ce n’est pas à la base un outil rituel chrétien mais de soin médical préhistorique. Détourné bien bien plus tard pour en faire un objet non plus de soin médical mais de prière. Par toutes les religions d’ailleurs. Le christianisme n’a pas le monopole du chapelet. Là encore, il est facile de se rendre compte que ces savoirs, il est de première importance religieuse que personne ne les sache. Pour ne croire que la formule religieuse, qu’elle se présente pour le compte de n’importe quelle religion.

                    Pourtant, comprendre les fondements de notre société humaine, c’est le propre de l’Histoire. La civilisation comme la culture si on ne la considère que par le bout de la lorgnette religieuse, on se coupe de nos véritables racines qui ne sont pas religieuses, mais simplement humaines et spirituelles. Ce fondement préhistorique spirituel, c’est ça la culture préexistante. C’est cette racine préhistorique spirituelle humaine mais non religieuse. Qu’ont gardé les peuples premiers, souvent au prix d’exterminations et d’isolements, de persécutions et qu’ont perdu la plupart des autres humains. Soit disant au nom d’une civilisation, qui en réalité n’a été qu’une suite de crimes tous plus horribles les uns que les autres. Tout cela soit disant au nom de Dieu. Contre exemple s’il en est.

                    Vous n’êtes pas membre du clergé ? Mais alors pourquoi cette défense, ce panégyrique clérical et religieux ? Vous avez subi un abus spirituel mais on dirait que cela ne vous a pas pour autant donné envie de comprendre comment et pourquoi et où prend racine ce type d’abus. Vous semblez ne pas pouvoir aller jusqu’à réfléchir à la responsabilité religieuse en terme de système et encore moins en terme de système d’emprise et de domination. Pour vous, ça semble normal et même valorisant. Je trouve ça très surprenant ce manque de curiosité. Cette perpétuelle révérence au système qui vous a pourtant abîmée.

                    Personnellement, je ne suis pas du tout fière de ces racines religieuses qui ont fait tant de mal à tant d’humains que ce soit par l’oppression, l’esclavage, les violences de toutes sortes, la terreur, une morale hypocrite la plupart du temps. Je ne pense pas du tout qu’il y a à en tirer gloire ni satisfaction.

                    Mais je suis heureuse d’avoir la foi. La foi me relie à l’humanité, à l’environnement comme à Dieu. C’est ce qui fait l’unité entre tout ce qui vit sur cette terre. Et là est Dieu véritablement.

                    Le polythéisme va incarner différents dieux dont des dieux agressifs. L’hindouisme dit qu’actuellement nous vivons sous le régime de Kali qui incarne la déesse de la destruction en même temps que la déesse du foyer. Ce qui paraît contradictoire mais qui en réalité montre toute la complexité humaine également. L’union des contraires, si peu considérée d’ailleurs par nos civilisations religieuses, qui séparent au lieu de réunir.

                    L’intériorité est préhistorique. Elle est à la base des premiers gestes spirituels humains. Elle est gommée par les religions parce que cette intériorité suppose de faire une place à l’intuition en soi et à l’observation analytique et contemplative. Or les religions qui reposent sur l’écrit et sur le dogme rejettent massivement l’intuition, l’observation personnelles (que Jésus pratiquait si vous relisez bien les paraboles). C’est quelque chose qui est présenté comme hérétique puisque libre et non inféodé à un diktat clérical et religieux.

                    Quelle idée d’associer l’intériorité à l’individualisme ??? C’est démentiel. Ca n’a rien de rien à voir. L’individualisme ne repose en aucun cas sur la spiritualité et encore moins en lien avec de l’intuition et de l’observation. Mais sur un système politique, moral. Ce que ne sera jamais l’intériorité. L’intériorité, c’est l’âme. Rien à voir avec un système quelconque.

                    Quand je vous lis, j’ai l’impression que vous répétez plus un discours que vous ne le vivez et ne l’avez appris en terme d’expérience concrète personnelle. Ca me sidère. C’est pourquoi j’ai plus l’impression d’avoir en face de moi une croyante dans le clergé qu’une croyante en Dieu.

                    Les premiers chrétiens ont surtout partagé à l’oral en groupe. On est dans la palabre beaucoup, avec des hommes et des femmes comme orateurs. Jésus n’a rien écrit. Les apôtres qui lui ont survécu, quelques lettres, pas plus. L’écrit se met en place plus tard pour travailler la mythologie autrement et pour être aussi exportable au loin, laisser des directives. Mais cet écrit n’a cessé d’être remanié, corrigé, annoté, contredit. Encore aujourd’hui. Même chose pour le judaïsme dont c’est le plus joyeux passe-temps que de se quereller sur les versets et leur sens chez les religieux. A partir du moment où le christianisme devient une religion d’état, donc un outil politique temporel, il est important qu’il dispose d’un outil écrit. Du quatrième siècle au 15e, c’est une transmission par psaumes et quelques textes épars. Mais surtout un investissement oral, un travail sur les superstitions, sur la conquête armée territoriale. Les croisades sont en recherche d’une justification de pouvoir temporel et spirituel. Pour accroître le pouvoir des empires.

                    Et ce qui a donné la Bible (tardivement puisqu’il faut attendre le 15e siècle de Gutenberg et l’autorisation à la lecture de tous et non pas du seul clergé remonte aux années 60 et au Concile Vatican 2) est une somme de textes choisis pour entrer en correspondance avec les ambitions politiques temporelles des institutions religieuses. Et ces textes ont évolué suivant l’évolution politique. Ce qui aussi a fait évoluer les rites. C’est très intéressant de comprendre comment tout est lié. Et aujourd’hui, même les théologiens s’accordent avec les historiens des religions pour dire que la Bible dans son ensemble n’est pas historique dans son contenu mais essentiellement mythologique. Evoluant avec les besoins cléricaux politiques.

                    Ca a pris du temps, mais peu à peu, la population commence à avoir accès à ces informations via l’université. Notamment celles et ceux qui vont s’intéresser à l’Histoire des religions. Ce qui permet de ramener la religion à sa dimension politique et totalitaire et de pouvoir la séparer de la foi. Qui elle, est hors de cette dimension politique temporelle.

                    Maintenant, je vous rejoins pour dire que nous ne savons pas ce que sera demain. Mais ce qui est observable depuis déjà un certain temps, c’est la chute massive des religions et leur radicalisation à mesure que la chute s’accélère. Parce que les gens sont suffisamment instruits scolairement pour commencer à réaliser cette dimension d’emprise, d’abus, de mensonge aussi et de manipulation. Et que ça n’a rien à voir avec Dieu ou pas grand-chose. Et que la spiritualité repose sur de toutes autres bases.

                    Même chose pour ce qui relève du politique et de l’organisation de type impérial. Quant à notre catholicisme spécifiquement, voir le clergé confier les clés à un groupe d’opportunistes abuseurs et criminels, montre bien que le système clérical pour perdurer est prêt à toutes les forfaitures et les crimes. Le clergé avait déjà brillé dans le système criminel depuis ses débuts. Mais là, je dois dire qu’on arrive à la crème de la crème. Ca devrait faire un peu tilt sur ce qui mobilise réellement le clergé. Non pas le message christique. Mais une survie économique dans un système totalitaire par tous les moyens possibles et imaginales.

                    Ce qui n’a strictement rien à voir avec Dieu et encore moins avec le message de Jésus.

                    Précision concernant l’islam. Il me semble que Moulana se rapproche bien du Dieu Père. C’est le Dieu providentiel chez les musulmans. Celui qui veille et protège et assiste. Donc on a aussi cette figure même si le terme spécifique de père n’est pas utilisé.

                    Cette image du dieu père ou mère est lié au paganisme. Au départ on est sur une déesse mère, la terre. Là où nous marchons. La terre nourrit, elle permet de construire un abri, un four pour cuire les aliments, dans ses failles, il y a de l’eau qui désaltère. Le dieu père est lié au ciel à la foudre, au tonnerre, à la pluie, au vent, au soleil. C’est cette alliance qu’on va retrouver bien plus tard dans les religions polythéistes et monothéistes aussi. Ce qui est logique. Nous vivons sur terre et ne sommes pas de purs esprits.

                • Réponse à Marie-Christine 15 mai 2020 20:19

                  Prose par trop prolixe, Françoise, mais je réagis sur les deux premiers paragraphes, car vous faites vraiment fausse route. 1er - "C’est curieux mais j’ai l’impression qu’il y a confusion. J’ai dit que les religions ont toujours été les collaborateurs zélés des rois, des empereurs, des puissants, donc d’un pouvoir matériel qui vise la domination totalitaire des individus. Et c’est toujours le cas. 2e - Si cette réalité que chacun peut constater au quotidien en ouvrant un simple livre d’Histoire, vous paraît similaire à la littérature de gare…y a vraiment du souci à se faire pour vous en terme de compréhension."

                  Le 1er point : la religion catholique n’a jamais été collaboratrice zélée des rois and Co. C’est très exactement l’inverse qui s’est passé, les rois ont toujours été au service de Dieu et donc protecteur de l’Eglise Une Sainte Catholique et Apostolique.

                  L 2e point : les livres d’histoire ont tous été réécris après 1789, par les protestants, les FM et tous ces républicains qui haïssent Dieu au plus au point. Alors, révisez vos sources. Cela n’est donc pas étonnant que vous racontiez tout et son contraire si là sont vos sources. D’où le non intérêt de votre « littérature » de hall de gare.

                  • Réponse à Marie-Christine 30 mai 2020 17:20, par Françoise

                    Non, les rois se sont convertis par opportunisme pour des raisons politiques et territoriales. Toujours. Les abbayes disposaient de larges propriétés et territoires et dominaient parfois toute une région en terme de pouvoir et d’établissement. Il était donc important pour en disposer de se convertir religieusement au moins de façade. Les religions ont servi les rois la plupart du temps et leurs appétits pour disposer d’une part de pouvoir temporel. Le clergé justifie le roi et le roi justifie le clergé. La création cléricale (dès les religions d’état comme la religion grecque) n’est motivée que par l’envie d’un pouvoir matériel sur les consciences et les corps. Le christianisme n’échappe pas à cette ambition. La protection court dans les deux sens : le roi protège le clergé et le clergé protège le roi. C’est un système de dépendance et d’échange de services durant de longs siècles. Se sont de toute façon des amis puisque le haut clergé comme la royauté appartiennent à la même classe sociale donc aux mêmes intérêts politiques et sociaux. Il est donc naturel qu’ils se protègent l’un l’autre. Ils appartiennent au même clan.

                    On est dans une trilogie dans certains pays en terme de pouvoir : roi en terme de représentation, armée au pouvoir et religion d’état. Là aussi mêmes intérêts, même classe sociale de départ, même fonctionnement et idéologie totalitaire.Et on rajoute un quatrième avec la propriété privée étendue, grands propriétaires terriens.

                    C’est pas un hasard que les nobles familles mettaient l’aîné propriétaire des biens, puis le second ou à l’armée ou au clergé. Se sont des pouvoirs temporels importants. Un moyen de contrôle social global. Qui doit être reproduit. D’où la puissance patriarcale et l’absence de choix. Et la reproduction du système. Qu’on retrouve encore aujourd’hui mais déportée sur la grande bourgeoisie. Avec encore trois dynamiques de pouvoir supplémentaire : le contrôle média, le contrôle judiciaire et le contrôle financier. Regardez qui travaille à la Cour des Comptes, dans les tribunaux, les grands journaux ? C’est pas le fils ou la fille d’ouvrier ou le fils ou la fille d’agriculteur la plupart du temps…

                    Faites le tour des grandes familles : vous allez retrouver ce type d’organisation de façon quasi systématique. C’est un grand classique de la sociologie et là encore, ça ne tient en rien du hasard.

                    Pour ce qui est de la réécriture des livres d’Histoire après 1789, je crois que j’ai répondu dans le message précédent. Je crois que là, c’est sans doute ce qui dans votre message m’a fait le plus rire. Je me suis crue chez les extrémistes de St Nicolas du Chardonnet et dans les écoles intégristes hors contrat. Je ne sais pas qui vous a enseigné l’Histoire à l’école, mais les profs devaient être uniquement intégristes. Parce que le discours que vous me tenez, franchement, en relève. Je comprends mieux votre révérence au roman clérical. Ouvrez les fenêtres, Marie-Christine. Je vous promets, le monde réel laïc et non religieux ne mord pas ! 😉

                    • Réponse à Marie-Christine 31 mai 2020 22:09, par Marie- Christine

                      Bonsoir Françoise, Ce message anonyme n’était pas de moi. Donc merci de ne pas me considérer comme une adepte de St Nicolas du Chardonnet etc…etc…etc…

                  • Réponse à Marie-Christine 31 mai 2020 15:04, par volubilis

                    madame Françoise n’oubliez pas parmi l’angélisme des primitifs les papous cannibales . amicalement vautre .

              • Réponse à Françoise 31 mai 2020 19:24, par Daniel

                Je vous cite « Un attouchement est un crime sexuel. Ce n’est pas moins grave qu’un viol. » Je me demande quel genre de sévices vous avez subis dans votre enfance pour écrire pareille ineptie. J’ai subi des actes de barbarie de la part de ma mère ( je ne vous parle pas de la famille « Bidochon » , je vous parle de ruralité française dans les années 1970 : ma mère ne buvait pas d’alccol et nous menions grand train de vie) Cétait une femme autoritaire avec juste ce qu’il faut d’autoritarisme « protestant » à la sauce de flamande pour devenir une parfaite sadique ( pour plus d’explications sur ce sujet voir Adorno et la question de l’autoritarisme allemand ). N’ayant trouvé aucune aide dans ma famille et incapable de dénoncer ma mère à la police ( dans les années 70 il n’y a pas que dans l’Eglise qu’on se voilait la face………), je suis resté très sensible aux témoignages d"enfants violentés. Le lieu de ces violences était le foyer familial et le local professionnel de ma mère (et non le confessionnal). Vous me faites bien rire avec vos attouchements. Je ne voudrais pas entrer dans une concurrence victimaire sordide mais vous êtes vous déjà figuré ce que représente au plan émotionnel un tabassage d’un enfant par un de ses parents qui n’a pas l’excuse de boire ? Ou pire encore des actes de torture ? J’ai eu la chance de trouver une consolation temporaire dans le christianisme. Freud aurait répondu que je reportais sur la Vierge tout l’amour qu’il m’était impossible de donner à ma mère et il est probable qu’il en fut ainsi. Personnellement j’aurais adoré un peu plus de marques d’affection et d’amour ( paedo -philia = amour des enfants ) de la part de ma mère à mon égard. Dernière remarque : votre critique des institutions laisse étrangement de côté l’institution de la famille, que le Christ ne portait pas particulièrement dans son cœur (contrairement à l’Eglise qui l’a portée au pinacle à partir du IIIe siècle ). C’est pourtant votre famille qui est la première responsable de votre évident mal-être. Dommage que vos expériences ne vous ait pas ouvert les yeux sur ce sujet.

      • La commission ne possède pas la vérité en affirmant cela. Ces membres n’ont ni les compétences et le mandat pour mener une procédure judiciaire( théologienne, membres de foyer de Charité). Et ce n’est pas la première fois ni la dernière que des enquêtes auront été faites de manière légère et partiale, malgré la gravité de l’enjeu. Si vous lisez les nombreux témoignages qui évoquent les abus sexuels commis par des prêtres, ils vous diront que c’est dans le cadre de confessions, quant au mode opératoire, il n’y a pas 36.000 modes opératoires possibles malheureusement dans ce type d’agressions sexuelles. D’autre part, on ne sait pas comment on été mené les entretiens par des personnes inexpérimentées, ce qui a été induit dans les questions posées. Les professionnels qui sont chargés des enquêtes lors des plaintes d’abus sexuels , à la brigade des mœurs , sont des agents déjà expérimentés formés à ce type d’entretien particuliers et délicats. Le communiqué de l’institution dit lui m^me que les responsables étaient dans une logique de réforme depuis quelques temps déjà et effectivement cette enquête vient à point nommé.

      • Dans les longs paragraphes qui restituent l’enquête je ne vois pas de preuves. Vous en voyez, vous ? Vous dites qu’il est présomptueux d’affirmer où se situe l’Esprit Saint ; Mais en présentant ces accusations comme des faits avérés cette commission se situe comme ayant la Vérité sur le bien fondé de ses accusations. Et dans faisant cela elle contriste l’Esprit Saint ;

    • Il faut également rajouter le rôle qu’a joué Jean Guiton (parmi tant d’autres) dans toute cette affaire !! Et, semble-t-il très fortement, son rôle d’intermédiaire entre Marthe Robin et le Vatican, pour être plus précis, avec Paul VI et Jean Paul II. Tout ceci est vertigineux, mais hors de l’Eglise, point de Salut !!

      Cela signifie également que les cahiers de Marthe Robin (je n’ai lu que le premier tome) sont faux, il ne faut pas oublier qu’avant sa mise en quarantaine dans sa chambre elle a dévoré tous les mystiques qui lui tombaient sous la main… et avait donc matière à acquérir un langage à vernis mystique.

      • Jean Guitton est en effet central dans cette affaire. Et ce qui est très intéressant, c’est comment son implication a rapporté tant à lui permettre de survivre politiquement, matériellement, intellectuellement après sa condamnation pour intelligence avec l’ennemi durant la seconde guerre mondiale, même si l’on sait que l’épuration en France n’a pas eu lieu (les archives ouvertes nous le démontrent depuis quelques années). Mais aussi comment cette affaire a permis une certaine coordination entre les différents groupes ultra conservateurs et dérivants sectaires (en pôle position aujourd’hui au sein du catholicisme romain) pour faire pression et alliance avec les ultras conservateurs du Vatican à partir de l’époque Paul VI. Guitton a été une sorte de diplomate-relais-propagandiste, comme il l’avait fait d’une certaine façon sous Pétain et pour les intérêts nazis et miliciens. Et comme il avait appris à le devenir lorsqu’il était au côté de Jean de Fabrègues. Beaucoup de croyants n’ont de Guitton qu’une image très édulcorée, très paternaliste et bon enfant : le gentil intellectuel catho si dévoué. En lien avec les adaptations des ouvrages d’Agnès Richomme abondamment illustrés sur les vies de saints et saintes. Je le dis avec d’autant plus d’ironie que j’ai longtemps eu cette image très idéale de Guitton. Avant de découvrir qui réellement était ce monsieur et d’où il parlait concrètement. La plupart d’entre nous n’avons pas du tout la dimension réelle du personnage, beaucoup moins sympathique et beaucoup plus cynique et opportuniste. Au moins, avec ces révélations, les masques tombent. Mais c’est terrible que ça arrive si tard. Par contre, c’est là que vous voyez l’importance de la « propagande »mystique et combien de temps il a fallu pour qu’enfin, cette mythologie s’effondre. Parce que le Vatican a aussi largement contribué et pas que sous l’ère JP2 mais déjà avant, à entretenir cette mythologie. Et médiatiquement aussi. On se souvient de Guitton invité en radio comme en télévision, comme dans les grands journaux comme référence absolue du catholicisme bon teint et comme intellectuel sérieux… Ca en dit long sur le déni, le mensonge, la manipulation et l’ignorance aussi.

        L’aspect positif de ces découvertes, c’est que ça apprendra peut-être un peu, un tout petit peu aux croyants à sortir du mysticisme et du roman clérical. C’est du moins mon espérance.

        Concernant les cahiers, vous avez eu au 19e siècle une affaire mystique semblable dont les cahiers étaient pur produit poétique, non de la mystique mais d’un poète nommé Clemens Brentano qui, fasciné par les délires mystiques de cette religieuse et gouvernante personnelle d’un prêtre français (Anne Catherine Emmerick), ira, sous couvert de prendre en note ses visions, lui fabriquer une légende qui pendant un temps, servira aussi bien le poète pour faire connaître son œuvre et le faire manger mais aussi contribuera à servir les intérêts cléricaux du moment. Dans ces affaires, c’est avant tout l’argent qui compte. Et de l’argent, il y en eut grâce à la diffusion des cahiers de Brentano.

        Cependant, ces écrits étaient tellement dans le style romantique échevelé c’est à dire lyrique noir et gothique, propre au 19e siècle et au romantisme allemand appelé Sturm und Dran (alors que Anne Catherine Emmerick n’avait pas deux sous d’instruction (4 mois en tout d’école dans toute sa vie), que la plupart des papes renoncèrent à béatifier la mystique puisque les dits carnets n’étaient en rien authentiques.

        Mais JP2 le fit. Pourquoi ? Eh bien, ça faisait les affaires de tous les passionnés de mysticisme au sein du Renouveau Charismatique en Europe qui lui avaient promis en échange des conversions, de l’argent et des vocations sacerdotales en pagaille. Est-il besoin de souligner la récupération de pas mal de sanctuaires et personnalités mystiques catholiques par les groupes charismatiques, en appui des évêques conservateurs et de JP2 également ?

        Vous savez bien que les JMJ sont un pur produit des groupes dérivants sectaires avec une majorité d’animation et de promotion issues du Renouveau Charismatique. Et avec les pèlerinages jeunes, les JMJ sont un moyen de promotion, de propagande et d’embrigadement-recrutement des jeunes pour ces groupes dérivants sectaires.

        Mais comme ça ne suffit pas et qu’il faut encore plus d’argent et de nouveautés pour séduire et embrigader la jeunesse, le Renouveau a rajouté des camps de redressement pour homosexuels, des camps masculinistes, des retraites psycho-spirituelles, et tout récemment des ralliements avec des mouvances sectaires non chrétiennes de type New Age mais aussi liées aux sectes antivaccins (notamment la Biologie Totale qui prétend que les cancers ne se soignent qu’en résolvant ses conflits intérieurs) et aux sectes proches des milieux végans (Crudivorisme).

        Comme disait le sapeur Camembert, quand les limites sont franchies, il n’y a plus de limites. Et effectivement, au nom de l’argent et pour profiter à fond des peurs et des angoisses, ces sectes ne reculent devant aucune énormité.

        Prochainement, vous verrez ces groupes faire alliance avec les Enfants de Dieu, secte qui a le plus prostitué les enfants et fait d’inceste dans les familles, la secte Moon ou les adeptes du respirianisme. Du moment que ça peut rapporter des espèces sonnantes et trébuchantes et berner un maximum de gens, tout est bon. Et encore plus en période de crise sanitaire, politique, économique et religieuse.

        • A Françoise,

          Vous jouez un drôle de jeu, à chaque fois que vous intervenez. Vous partez d’éléments troublants réels, pour faire un amalgame nauséabond, sulfureux à toutes les sauces. Votre but est où ? Tout détruire de l’œuvre de Dieu ? Vous mettez quoi à la place ? Le monde de satan ? Alors, stop, plus un mot sur cette si chère Anne-Catherine Emmerich, ma sœur en Notre Seigneur Jésus-Christ !!! Touchez pas à notre Famille !!

          • Mon but est d’informer et de vous permettre de comprendre que ce genre de méthode et d’emprise, de supercherie mystique et spirituelle n’est pas quelque chose de récent et moderne mais s’est déjà opérée dans le passé.

            Alors forcément, ça déplaît quand on a cru en tous ces débordements mystiques et dans le roman clérical. Et qu’on a adhéré voire qu’on adhère encore à toute cette mythologie. C’est dur de prendre conscience que l’on s’est fait avoir dans les grandes largeurs et manipuler. Mais c’est le cas. Anne Catherine Emmerick a été elle aussi bien instrumentalisée autant par Brentano que par le clergé qu’elle servait comme gouvernante. Vous avez suffisamment d’ouvrages sérieux documentés à ce sujet.

            Beaucoup de femmes et de jeunes filles ont vécu ce type d’emprise et de manipulation tout au long de l’Histoire. Pour justifier des projets politiques, des affaires commerciales juteuses, des orientations religieuses. Les femmes et les enfants ont été exploités jusqu’au trognon pour asseoir le pouvoir politique et religieux. Toutes religions confondues et à toutes les époques jusqu’à aujourd’hui. Ca vous pose pas question de voir des religions, des institutions cléricales agir comme ça soit disant au nom de Dieu ? Le Dieu d’Amour Inconditionnel dans lequel nous croyons tous et toutes, vous pensez vraiment qu’Il est d’accord avec cette manipulation, cette instrumentalisation, cette exploitation des individus et à fortiori des femmes et des enfants, des personnes malades et handicapées ? Personnellement je ne le pense pas.

            Maintenant, peut-être que pour vous, cette exploitation, cette instrumentalisation, cet abus de faiblesse est quelque chose de normal et de positif. Pour moi, cette exploitation, cette instrumentalisation, cette manipulation sont des crimes. Qui relèvent de l’escroquerie, de l’abus de faiblesse, de la manipulation mentale et donc du pénal et des tribunaux. Et qui n’ont rien à voir avec Dieu.

          • Françoise est cohérente avec sa pensée ; Vous dites « pas touche à ma famille ! »mais, vous,en cautionnant comme vous le faites avec tant d’autres, des simulacres de procès et des dénis de justice contre des prêtres et des consacrés vous ne faites que lui donner raison. Pas besoin ensuite de prendre des airs outrés parce qu’on s’en prend à une mystique que vous aimez ! On s’en prendra à elle comme on s’en est pris au père Finet et à Marthe Robin. On va s’en prendre à tous les saints, et à la notion même de sainteté. Et les vocations sacerdotales vont s’éteindre ; Qui encouragerait son fils à être prêtre aujourd’hui ? Pour être l’objet du soupçon des fidèles. Pour ne pas avoir droit à la présomption d’innocence comme tout autre justiciable.

            • A Françoise, Agapé, Demarle etc,

              C’est Dieu que j’aime qui nous parle à travers ses mystiques !! Vous prenez des prétextes d’horreurs de personnages infiltrés dans notre Eglise pour casser tout, aux ordres de satan, pour justifier votre haine de la Foi catholique. Car ce que font ces ordures dans Notre Eglise (et en dehors c’est bien pire) ce n’est qu’aux ordres de satan en personne. Cela est un constat facile à faire.. Vous me prêtez des idées que je n’ai pas, je ne cautionne aucune de ces crapules diaboliques, bien au contraire, je vous ai même écrit que dès le début, il y a 30/40 ans, je savais qu’ils étaient des pions infiltrés dans l’Eglise. Mais beaucoup de personnes (dont vous semble-t-il) se sont laissées avoir par leurs « beaux discours ». Vous vous êtes fait avoir, mais ne rendez pas responsable Dieu et Son Eglise et ses membres intègres, et ses porte-paroles (les vraies mystiques, c’est à dire ceux avec qui Dieu communique et se communique).

              Vous n’êtes donc pas très honnête et ne cherchez pas à aimer Dieu mais à détruire les œuvres de Dieu. Ce n’est qu’en restant avec Dieu, dans Son Eglise que l’on peut combattre et non en dehors, au sein de ce monde aux mains du prince de ce monde.

              • Bonjour,

                Oui, j’ai été trompé. Mais ce n’est pas Dieu qui m’a trompé, c’est l’Eglise !

                Vous parlez de ne pas détruire les œuvres de Dieu. Une Eglise qui couve et protège des prêtres pédophiles, qui cautionne des abus sexuels et des abus spirituels est une œuvre de Dieu pour vous ? PAS POUR MOI !

                Contrairement à ce que vous dites, je cherche à aimer Dieu. Mais, certainement pas l’Eglise qui est devenue l’œuvre du Diable !

                MR DEMARLE

    • Avez vous déjà envisagé que Marthe ait pu subir le même type d’emprise et d’abus que ces jeunes filles ? Comment une personne, de surcroit handicapée, sous emprise d’un agresseur et manipulateur peut de façon clairvoyante comprendre la gravité de l’emprise et la dimension criminelle des violences subies, présentées la plupart du temps comme des actes d’amour et d’étreinte divine ? Vous savez déjà que sans handicap, la victime sous emprise d’un agresseur sexuel est comme anesthésiée dans ses ressentis et sa compréhension. Elle n’a pas accès à la compréhension de ce qui se passe réellement et de la gravité des gestes de son agresseur. Sans doute pour se protéger de l’implosion totale.

      Le seul qui semble avoir réalisé l’horreur et la dimension criminelle de cette emprise, c’est le frère. Et vous savez ce qu’il a fait. Dans ce genre de famille, quand l’honneur est à ce point bafoué, le geste est à la hauteur de l’affront, si je puis dire. Et c’est ce geste fatal, qui a troublé fortement Marthe, qui a presque eu un déclic et a coupé un moment le contact avec Finet, avant de replonger. Parce que simplement pour sa survie, elle n’avait pas d’autre choix et la machine était déjà tellement enclenchée…

      Quand je disais il y a deux ans je crois, que Marthe a été complètement instrumentalisée à différents niveaux, je le maintiens. Et je constate via ces révélations que ce que j’ai compris il y a longtemps de cette emprise, s’est aussi déporté sur d’autres, toujours avec le même agresseur.

      Et ceci n’est que la partie émergée. Parce que derrière cette emprise, il y avait aussi tout un projet politico-religieux né au début des années 20, autour de Jean de Fabrègues et des frères Guitton, en lien avec la contre-révolution catho ultraconservatrice des années 1900 et le fantasme d’instaurer un gouvernement assez proche du modèle franquiste. J’en avais je crois évoqué les contours en citant l’excellent livre de Véronique Auzepy Chavagnac « Jean de Fabrègues et la Jeune Droite Catholique. Aux sources de la Révolution nationale ». Il y a dedans énormément d’informations qui permettent de comprendre pourquoi la zone géographique où vivait Marthe, au regard des organisations politico-religieuses présentes et actives, était stratégique. Et aussi comment des groupes similaires politiques en Europe, ont eu recours au même type d’emprise mystique pour justifier leur projet.

      Après, c’est sûr que ça demande d’envisager la question sous des aspects complètement différents de la dimension spirituelle. Aspects qui en réalité, pèsent d’un poids conséquent dans l’établissement économique, politique et religieux du Renouveau Charismatique au sein du catholicisme français. Et quand on additionne cette documentation avec ce qui progressivement est révélé, avec ce qui a été présenté en façade, on s’aperçoit que la dimension mystique est surtout là pour fasciner les foules quand la réalité du projet est essentiellement matérialiste sous couvert de spirituel. Ce qui est le propre de toute organisation sectaire.

  • Françoise 11 mai 2020 15:39

    Dramatique pour ces jeunes filles traumatisées. Qui se sont retrouvées abusées à plusieurs niveaux et sans pouvoir désormais faire confiance à un prêtre. Et qui resteront marquées à vie par ces violences. Dramatique aussi le silence persistant autour de ces actes criminels, qui ne sont dévoilés que très tard, sans doute trop tard pour la plupart des victimes.

    Ces révélations posent aussi des questions sur le comportement de Finet avant les Foyers de Charité. Et déjà dans le cadre de sa relation particulière avec Marthe Robin. Dans ce genre d’affaire malheureusement, quand on découvre un élément criminel comme celui-là en périphérie d’une situation d’emprise psycho-mystique, on en découvre d’autres puisque la personnalité pédocriminelle et abusive ne se matérialise pas brutalement sur le tard, mais se vit très tôt.

    Maintenant, est-ce que l’enquête sur Finet ira au bout, sachant que cela ferait s’effondrer non seulement les Foyers de Charité mais tout un pan du catholicisme dérivant sectaire en France, à savoir tout ce qui relève du Renouveau Charismatique. J’ai bien peur que l’enquête se cantonne au minimum comme pour la plupart des cas criminels similaires, pour préserver autant que faire se peut le fonds de commerce. Ce qu’on appelle sauver les meubles.

    Ce qui est quand même assez troublant si on rassemble les différentes enquêtes criminelles de ces dernières années, c’est de constater que tout ce versant dérivant sectaire charismatique est à sa base constitué de personnalités pour le moins inquiétantes, manipulatrices et abusives, présentées quasi comme saintes et dont la légende a été entretenue durant des décennies pour pouvoir asseoir et justifier le versant dérivant sectaire catho le temps qu’il ait une assise solide au Vatican, dans les diocèses et les paroisses. Maintenant que l’emprise est suffisante et a suffisamment rapporté, on peut démonter les mythes, non par égard pour les victimes ni par souci de faire la lumière sur les crimes commis, mais parce que quoi qu’il arrive désormais, la mouvance a suffisamment de ressources et d’appuis matériels, politiques, économiques et religieux pour continuer. C’est ce cynisme auquel l’institution participe, qui peut-être est le plus affligeant.

    Même si ça reste un comportement déjà vu concernant d’autres affaires criminelles « religieuses ». On l’a vu pour les bagnes pour adultes et enfants tenus pour des religieux et religieuses, certains instituts et orphelinats, les fameuses écoles industrielles irlandaises, les couvents-prisons européens et canadiens, dont les scandales n’ont été révélés qu’il y a une vingtaine d’années, quand ces établissements avaient déjà cessé leurs activités depuis longtemps et réinvesti d’autres secteurs plus rentables (sans indemnisation des victimes pour la plupart). On le constate encore tout récemment pour ce qui concerne les réseaux de protections vaticans des criminels nazis, oustachis et les silences coupables de Pie XII (confirmés par les archives ouvertes). Et on le voit aussi pour ce qui concerne la réduction en esclavage prostitutionnel et domestique de religieuses, signalée il y a 20 ans par une religieuse, documentée en 2010 une première fois par Serge Bilé et seulement admise au plan institutionnel il y a 1 an.

    La question que je me pose c’est jusqu’à quand certains croyants vont-ils accepter ce genre de comportement cynique et jusqu’à quand vont-ils passer l’éponge ? Parce que l’addition des actes criminels commence à peser un poids considérable. Comment continuer à accorder sa confiance à l’institution cléricale dans ces conditions ?

    • Bonjour Françoise,

      Je suis assez d’accord avec vous : pourquoi si tard ? D’autres fondateurs de Foyers de charité (la plupart en fait) sont également les auteurs d’actes d’agression sexuelle fondés sur un abus de pouvoir et d’autorité. Et comment interpréter que les deux rédacteurs d’une biographie de Marthe Robin soient eux aussi les auteurs de tels actes ? Même si, dans le cas du père Peyrous, les actes ne sont pas (encore) qualifiés car les victimes, majeures au moment des faits, ne souhaitent pas porter plainte (paraît-il). Il faudrait également, dans les enquêtes, tenir compte du lien entre les Foyers de Charité et les mouvements qui s’implantent à ses côtés, d’autant que le postulateur de sa cause était jusqu’en 2017 le père Peyrous. Et elle a reçu de nombreux « fondateurs » de communautés qui, curieusement, figurent en bonne place sur la liste de l’AVREF. Là encore, il n’y a pas une personnalité isolée, mais bien toute une toile d’araignée dont le tissage doit être mis au jour. j’ai de plus en plus mal à mon Eglise : faut-il la quitter pour que la douleur cesse ?

      • Oui, cela fait longtemps que nous avons compris cette toile d’araignée dans notre Eglise (et nous ne voyons qu’un milliardième des choses) , mais il s’agit plus du filet de Satan qu’il a tissé sur le monde entier. Hors de l’Eglise existe la même toile et encore bien plus virulente. Quitter Notre Eglise, c’est se mettre pieds et poings liés sous la coupe directe du prince de ce monde. Nous soufrons énormément dans Notre Eglise, mais souffrons en Dieu et avec Dieu ; Lui souffre bien plus que nous. Aujourd’hui où tous les clercs nous abandonnent, à quasi 100% cela est plus qu’infernal, mais il nous faut tenir bon, nous avons Dieu Trine en nous, il faut tenir jusqu’au bout, qu’elle qu’en soient les conséquences pour nos misérables vies (charnelles).

        • Bonjour,

          Je crois justement que la toile tissée au sein de l’Eglise est dangereuse dans la mesure où nous voyons l’Eglise comme le lieu du Salut. Certes, le Mal est à l’œuvre dans la monde, mais les abus ont justement lieu dans l’Eglise parce que la garde y est baissée par les victimes : s’il y a bien un lieu où on est en sûreté, c’est l’Eglise ! c’est sur cette croyance, qui a longtemps été la mienne, que peuvent prospérer les prédateurs. Le pire ensuite, c’est quand l’Eglise comme institution se mobilise pour dissimuler les prédations et faire taire les victimes. Lorsque c’est l’institution qui réagit ainsi, et non pas des moutons noirs isolés, en quoi est-elle « moins pire » que le monde ? Lequel ferait bien, en effet, de se pencher sur ce qui se passe dans les milieux de jeunesse non confessionnels. Mais encore ne nous sert-il pas de leçons de morale sexuelle sur un plateau. (Re)lisez Le Dieu pervers : pour moi tout s’y trouve très bien décrit, alors même qu’on en savait beaucoup moins il y a 40 ou 50 ans.

        • Bonjour,

          Bla bla bla. Quel baratinage !

          L’Eglise Catholique Romaine nous a tous trompé et trahi. J’ai moi-même été victime de la Communauté des Béatitudes qui n’est qu’une secte.

          Oui, le Renouveau Charismatique est une secte qui a noyauté l’Eglise. Et celle-ci a cautionné.

          Concernant Marthe Robin, elle est une usurpatrice ! Beaucoup de fondateurs de communauté nouvelles, comme Gérard et Josette Croissant, se sont référés à Marthe Robin afin de justifier leurs perversions et leur dérives sectaires et sexuels !

          Je trouve donc inadmissible votre légèreté.

          Quant à moi, je pense sérieusement à renoncer de nouveau à mon baptême. L’Eglise n’est plus crédible. Elle n’apporte plus de repères. Elle est en faillite doctrinale mais aussi spirituel et financière. Elle est devenue la Babylone du livre de la Révélation.

          Vous dites que quitter l’Eglise s’est se mettre sous la coupe de Satan prince de ce monde. Vous parlez comme un charismatique ! Le monde n’est pas parfait ! Mais, c’est l’Eglise qui fait perdre la Foi car elle est habitée par Satan et par le seconde bête du livre de la Révélation : le Renouveau Charismatique !

          Je suis en colère et révolté. Mais surtout, je suis déçu, déçu, déçu.

          MR DEMARLE

          • Oui, Mr Demarle, je suis entièrement d’accord avec vous, l’Eglise fait perdre la Foi à beaucoup, à énormément de personnes. Mais vous savez aussi que notre combat à tous est contre des esprits maléfiques et non des êtres de chaire, qu’ils soient introduits dans Notre Eglise ou hors de Notre Eglise. Cela fait plus de 30, 40 ans que je sais qui sont ces charismatiques que je n’ai jamais fréquenté d’ailleurs sachant très que le malin était derrière ces mouvements, permis par Vatican II et bien d’autres personnages « illustres ». Je m’efforce de fuir les œuvres de Satan en toutes circonstances. Mais comme vous le savez le bon grain pousse au milieu de toute cette saleté, le bon grain pousse au milieu de l’ivraie, et seul Dieu Lui-même peut y faire un tri. Mais l’humanité est totalement libre, et de cela Dieu ne dérogera pas, aussi, il n’intervient jamais définitivement. (bien qu’il le fasse de temps à autres, mais jamais définitivement) car du moment qu’il reste une âme à sauver, cela vaut le coup de continuer. Nous devons donc vivre au milieu de toute cette saleté, nous n’avons pas le choix, sauf à se révolter contre Dieu. Et c’est aussi (et surtout) cela a voie de la sainteté. C’est une torture continuelle, c’est un martyre, mais pour un but final si magnifique ! Renoncer à son baptême (même si cela est de l’ordre de l’impossible au regard de Dieu et justement à cause de cela), c’est être parjure, apostat et donc risquer l’enfer. Ce n’est donc pas la bonne solution. Il faut combattre le MAL de l’intérieur c’est le seul moyen pouvant être d’une quelconque efficacité. Et puis avoir la Foi, cela ne vient pas de nous, c’est un don gratuit de Dieu. Nous ne pouvons refuser ce don de Dieu.

            • Bonjour,

              Vous dites que renoncer à son baptême, c’est aller directement en enfer.

              Mais Monsieur, ou Madame, c’est l’Eglise qui m’a damné ! Elle m’a fermé la Porte du ciel ! Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui, pour aller au Paradis il faut être un pédophile, un pervers sexuel, un pervers narcissique, un manipulateur, un psycho-mystique, un pseudo-mystique, une personne corrompue par le Pouvoir l’argent et le sexe ! C’est cela le Concile Vatican II. C’est cela la Nouvelle Evangélisation. C’est cela la théologie de l’Eglise Catholique Romaine ! Car l’Eglise est prête, pour avoir des saints à tout prix, à canoniser les plus pervers et les fous !

              CHOSE QUE JE NE SUIS PAS ! Donc j’irai en enfer. Mais, je vous rassure ! Je ne serai pas seul à y aller. Tous ces prêtres de pacotilles qui ne sont que des clowns autour d’un autel, tous ces religieux et religieuses, moines et moniales mais aussi laïcs et laïques pédophiles ou non, et qui ont couvert toutes ces corruptions et perversions, se retrouveront aussi en enfer !

              Alors, garder vos réflexions. Ancienne victime de la Communauté des Béatitudes, je ne me fais plus d’illusions.

              Pour moi, c’est la fin d’un système perverti. C’est la fin de la Papauté voir même de l’Institution Catholique devenue la Babylone du livre de la Révélation !

              Alors, oui, je suis prêt à renoncer une seconde fois et de manière définitive à mon baptême !

              MR DEMARLE

              • Je crois que vous ne m’avez pas compris. Refuser son baptême est refuser Dieu, tout simplement. Et comme vous le savez, l’enfer est peuplé des âmes ayant refusé Dieu, c’est aussi simple que cela. Alors éloignez-vous de l’Eglise, certes, mais ne reniez pas Dieu. Vous êtes une victime et non un criminel. Vous êtes comme un martyre, digne du Ciel et on de l’enfer, alors ne perdez pas cet avantages énorme que vous avez sur tous ces criminels.

                Ce n’est pas parce que satan a mis ses pions dans l’Eglise que tout est fichu, loin de là. Et ce n’est pas la première que cela arrive dans l’histoire religieuse en 2000 ans.

                • on ne peut renier son baptême , mais en causer permet de briser le silence , ce silence que l’on devait suivre sous peine d’excommunication . Refuser son baptême Dieu le sait = cracher sur l’excomunnication = bonne action qui fait avancer LA Vérité

                  http://www.aquarelles-expert.be/ledeni266-267.pdf

                  3. Cardinal Ottaviani, Crimen sollicitationis, Lettre à tous les Patriarches, Archevêques, Evêques et autres Ordinateurs locaux, dont ceux de rite oriental, « Instruction sur la manière de procéder dans les causes impliquant les crimes de sollicitation », 16 mars 1962.Extrait du livre Le Déni -Enquête sur l’Eglise et l’égalité des sexes de Maud Amandier et Alice Chablis Préface de Joseph Moingt (édit. Bayard, 2014, p. 266-267)LE SECRET IMPOSÉAUX VICTIMESL’Eglise se préoccupe pourtant des crimes de pédophilie en son sein depuis le début du XXe siècle, mais toujours dans le secret. En 1922, un document est adressé confidentiellement aux évêques.Il s’agit du code de droit canonique de 1917, qui condamnetout abus sexuel sur mineurs. Quarante ans plus tard, le code canonique est complété par le rapport du cardinal Ottaviani, publié en 1962, Crimen sollicitationis, qui établit les procédures à suivre contre les clercs en cas d’homosexualité, de zoophilie et de pédophilie. S’il y a procès, le coupable comme la victime doivent « promettre d’observer sans faute le secret sous peine d’excommunication3 ». Les évêques doivent mener leurs enquêtes « avec le plus grand secret » et « dans un silence perpétuel ». Unserment de silence éternel doit être tenu par tous les participants au procès, les membres du tribunal, les dénonciateurs du prêtre, les témoins éventuels et le prêtre accusé lui-même : « Je promets, fais vœu et jure que je maintiendrai inviolé le secret pour tout ce qui viendra à ma connaissance dans l’exercice de mes fonctions, excepté seulement ce qui pourrait être légalement publié et exécuté lorsque ce procès sera terminé. » Ce document, utilisé jusqu’en 2002, promettait l’excommunication, c’est-à-dire la plus grande des peines, aux personnes qui violeraient le secret –les coupables comme les victimes. Violer le secret, sortir du silence, accéder à la vérité était donc beaucoup plus grave que les abus eux-mêmes, car de telles peines d’excommunication n’étaient pas prévues pour les pédoph

                • Bonjour,

                  Refuser son baptême, ce n’est pas refuser Dieu.

                  C’est refuser une Institution religieuse qui est corrompue par le Pouvoir (abus spirituels) l’Argent (trafic de drogue, blanchiment d’argent) et le sexe (pédophie, prostitution, abus sexuels) !

                  J’ai longtemps cru que l’Eglise Catholique Romaine était la Vraie Eglise du Christ, l’Epouse du Christ. Aujourd’hui, je m’aperçois qu’elle est devenue la Grande Prostituée !

                  J’ai été victime de la Communauté des Béatitudes il y a 21 ans. Elle m’a même poursuivi en diffamation, il y a 8 ans, à cause de mon témoignage à la TV et dans les journaux régionaux ! L’Eglise m’a-t-elle aidée ? NON ! M’a-t-elle tendu la main ? NON ! Aujourd’hui, maintenant que l’Eglise, par le Pape François, se veut transparente, me reconnaît-elle comme victime ? NON ! On parle de réparer l’Eglise. L’Eglise me répare-t-elle ? NON ! Me reconstruit-elle ? NON !

                  Dans ce cas pourquoi rester dans une telle Eglise inhumaine, obscurantiste, intégriste et corrompue ?

                  C’est l’Eglise qui me mène vers l’enfer ! Donc oui, je pense à renoncer une seconde fois à mon baptême de manière définive ! Il n’y a pas besoin d’être baptisé pour être sauvé par Jésus. Seul la Foi en Christ sauve !

                  MR DEMARLE

                  • Mr Demarle,

                    Ce n’est pas l’Eglise qui vous baptise, mais Dieu Lui-même ; Ce n’est pas l’Eglise qui vous choisit come son enfant, mais Dieu Lui-même. Les Béatitudes et compagnie, cela ce n’est ni l’Eglise du Christ, di de Dieu. Je ne voie pas ce que Dieu vient faire là-dedans et donc son institutions spirituelle voulue par Lui-même en personne.

                    « Il n’y a pas besoin d’être baptisé pour être sauvé par Jésus. Seul la Foi en Christ sauve ! » Ce sont les protestants qui prétendent cela et comme vous le savez, Luther n’était rien d’autre qu’un pourvoyeur d’âmes pour l’enfer.

                    • Bonjour,

                      Je suis d’accord sur un point : Dieu n’y est pour rien.

                      Je n’ai rien contre Dieu. Je suis même convaincu du Christ.

                      D’ailleurs, ce qui est paradoxal, je suis très marial (NON MARIOLÄTRE). Je considère en effet Marie comme la Nouvelle Ève, l’Immaculée Conception, Médiatrice, Avocate, Reine de tous les peuples, et même Co-rédemptrice (Marie ne sauve pas mais participe au Salut. Elle est la mère du Salut c’est-à-dire du Christ).

                      Mais, le problème est que l’Eglise est criminelle. Elle cautionne la pédophilie, la prostitution, les abus sexuels sur des religieux et des laïcs, le blanchiment d’argent, le trafic de drogues, les abus spirituels et le Nouvel Âge qui s’est infiltré dans l’Eglise.

                      De plus, je trouve que l’Eglise n’écoute plus Dieu. Exemple : la demande de consécration de la Russie par la Vierge Marie. Certe, la Russie a été consacrée mais trop tardivement. Le communisme a eu le temps de répandre ses erreurs. Et les nazis auraient fait beaucoup moins de dégâts !

                      Le troisième secret de Fatima n’est pas l’attentat de Jean-Paul II. Il faut l’interpréter non pas littéralement mais symboliquement. C’est la fin d’un système. La fin de l’Institut Catholique. Comme disait Teilhard de Chardin, l’Eglise devrait être le moteur de l’humanité. Elle ne l’est pas.

                      Ce qui est paradoxale est que l’Eglise condamne à tort des mystiques comme Teilhard de Chardin, Marguerite Porete (qui a commis des maladresses dans son œuvre mais qui a été condamnée plus pour des raisons politiques), ou encore Maître Eckhart (qui lui aussi a commis des maladresses). Par contre, elle cautionne, en plus des abus, des pseudo-doctrines comme l’Ennéagramme, la psychogénéalogie chrétienne, le développement personnel chrétien (mélange entre le spirituel et le psychologique), ainsi que la dictature de l’émotionnel et du délire psycho-mystique (comme Marthe Robin) ! Ce n’est pas sérieux. L’Eglise a perdu la Raison.

                      Alors, où est la Vrai Eglise ? Comment voulez-vous que l’on trouve nos repères puisqu’elle n’est plus crédible ? L’Eglise ne devrait-elle pas me reconnaître comme victime ? Ne devrait-elle pas me réparer ?

                      Je crois sincèrement que Dieu sort de son confinement pour faire du ménage.

                      En tous les cas, je n’ai rien contre Dieu ni contre la Vierge Marie. Mais aujourd’hui, je ne peux plus continuer à aller à la messe. Je me détourne des sacrements. J’ai cru pouvoir trouver le Christ dans l’Eglise et j’y ai trouve Satan !

                      MR DEMARLE

                      • Mr Demarle,

                        D’accord avec sur bien des points, y compris sur Fatima et ce rôle plus qu’étrange de ces membres de l’Eglise. (mais il était de même pour La Salette, par exemple, alors que les papes de l’époque approuvaient à pleine main). Mais tout cela vient de membres de l’Eglise et non de l’Eglise elle-même, déjà du temps de Saint Paul tout ceci existait déjà ; ce n’est pas nouveau. Satan fait tout, depuis le tout départ, pour tout diviser, tout détruire afin de récolter ses propres fruits (et donc ces criminels au sein de Notre Eglise sont ses fruits). Par contre je ne puis être d’accord avec ce que vous écrivez sur ce théoricien de l’évolution ; « Ce qui est paradoxale est que l’Eglise condamne à tort des mystiques comme Teilhard de Chardin, ». De plus ce personne plus que trouble n’a jamais été mystique, loin s’en faut.

                        Quant à Marguerite Porete, je ne connais pas cette béguine, je n’ai rien lu elle. Je ne peux donc me prononcer.

                        • Bonjour,

                          Vous dites cela car vous êtes membre d’une Eglise lefebriste !

                          L’œuvre de Teilhard de Chardin peut en effet être lue et interprétée n’importe comment ! Comme la Bible !

                          Il est vrai aussi que l’œuvre de Teilhard de Chardin est compliquée à lire !

                          Cela dit oui, il était un mystique. Il était capable de faire preuve d’intuition et de raison. C’était un homme d’expérience et de grande foi qui a su réconcilier la Foi et la Raison ! Il était très humain et un prêtre authentique ! Je suis même convaincu que Teilhard de Chardin peut apporter un renouveau théologique.

                          Teilhard de Chardin n’est donc pas une personne trouble. S’il l’est pour vous c’est parce qu’il a été beaucoup instrumentalisé par les mouvement du New Age. Il est une personne mal comprise encore aujourd’hui. Il n’était ni un gnostique ni un ésotériste, mais un chrétien authentique. On peut le voir pas ses écrits à la condition qu’ils soient lus à la lumière de la Foi Chrétienne et de la Raison.

                          MR DEMARLE

                • Bonjour,

                  J’ai oublié de dire aussi que Jésus-Christ a pris ses distances avec le clergé du peuple juif.

                  Donc, on peut croire en Jésus-Christ Sauveur et même être marial (Marie est bien vénérée dans les autres religions) sans Eglise !

                  MR DEMARLE

      • La plupart du temps, Christophe, quand vous constatez une emprise psycho-mystique, vous découvrez autour tout un tas de personnes avec le même profil abusif et criminel qui vont agir de la même façon. Ce n’est pas surprenant. C’est au contraire classique. C’est comme les mouches sur un pot de confiture. Quand il y en a pour une, vous avez toute une bande de copines qui débarquent et veulent profiter aussi de la même gourmandise au même endroit.

        Mais dans le cas précis du Renouveau et de l’instrumentalisation mystique de Marthe Robin, il y a derrière aussi non seulement des fondateurs d’autres communautés pareillement criminels (avec un profil psychopathologique assez proche sinon identique), mais qui ont aussi un même projet politique et religieux totalitaire laïc (constitué principalement d’hommes issus de grands patrons, banquiers, industriels et officiers de l’armée) animé et soutenu par le clergé le plus ultra conservateur et réactionnaire. Un projet politico-religieux totalitaire qui remonte à la Contre-Révolution catholique des années 1900.

        Et vous retrouvez la même stratégie un peu plus tôt en Allemagne avec le même type de groupe laïc catho réac, les mêmes acteurs issus de la même classe sociale, et le même objectif de projet politique totalitaire avec l’instrumentalisation d’une personne handicapée qui a des délires mystiques, à savoir Thérèse Neumann . Moi, c’est cette similitude qui m’interpelle aussi. Et j’ai pu constater qu’on retrouvait aussi cette même stratégie en Italie, en Suisse. Avec des spécificités propres aux territoires italiens et suisses.

        Alors pourquoi si le projet charismatique était déjà en préparation dans les années 30 et pas qu’en France, que les visions de Marthe et l’emprise Finet démarrent dans ces années là, pourquoi le Renouveau Charismatique dans sa forme communautaire ne démarre réellement que dans les années 60 ?

        Eh bien ces groupes laïcs politico-religieux au moins en France, ont soutenu largement militairement et politiquement Pétain avant la seconde guerre mondiale et ont soutenu la collaboration et l’idéologie pétainiste durant la seconde guerre mondiale. Ils espéraient donc que le gouvernement Pétain réaliserait complètement et de façon permanente leurs espérances politiques et religieuses.

        Sauf que, Pétain échoue, que la guerre est gagnée par les opposants au nazisme. Donc l’espoir de voir leur projet politique et religieux vainqueur s’éteint. Et leur guide intellectuel Guitton, formé par Jean de Fabrègues, est condamné pour intelligence avec l’ennemi, collaboration.

        Le groupe se fait donc oublier jusqu’à la remise en selle de Guitton en 1954. Et ne va véritablement acter la création communautaire générale charismatique qu’en réaction à Vatican 2 (donc dans les années 60), concile qui là aussi, menace selon eux leurs idées d’emprise religieuse et politique totalitaire et l’idée d’un catholicisme politique et militaire triomphant et pas seulement au Vatican mais dans tous les pays de culture catholique. Et pour achever son projet, ces personnalités vont en grande partie importer de leurs voyages aux US les techniques sectaires des sectes protestantes évangéliques et pentecôtistes. Qui ont les mêmes idéologies totalitaires, le même fantasme d’une dictature religieuse chrétienne, dans le versant protestant US.

        Je l’ai déjà dit je crois ici même. Tous ces groupes dérivants sectaires sont majoritairement opposés à Vatican 2. C’est pourquoi on voit fleurir et démarrer tous ces groupes au moment du Concile. En réaction. Et pour ratisser large, différents gourous vont fabriquer une vitrine très hippie, sympathique et bon enfant avant d’opérer une mutation ultra réactionnaire dans les années 80-90.Ce qui d’ailleurs amènera les premiers départs, les scandales, les dérives, etc, etc.

        La désillusion, je n’attends pas aujourd’hui pour l’avoir. Je l’ai depuis longtemps en me renseignant sur ces groupes autrement qu’avec les outils promotionnels des librairies religieuses. Mais avec des documentations historiques et sociologiques sur des bases numériques sérieuses telles Cairn, Persée, le centre de ressources documentaires judiciaires de Philippe Poisson, des documentaires spécialisés d’Arte, des consultations d’archives ouvertes Hals. mais aussi des analyses documentées sur des projets politico-religieux réactionnaires dans toute l’Europe depuis la fin du 19e siècle jusqu’à nos jours. Toute cette documentation mise bout à bout permet de comprendre de quoi il retourne vraiment et de démasquer ces communautés. Qui de toute façon ne se cachent même plus. Et qui s’affichent politiquement sans complexe depuis les années 2000 dans les rassemblements d’extrême droite et de droite dite dure. Et qui maintenant ont leur presse, une audience sur pas mal de médias mainstream et des relais actifs, une main mise sur toute la pastorale dans chaque paroisse et chaque diocèse. Avec la bénédiction du Vatican. Alors penser pouvoir continuer de vivre la foi en Eglise dans une telle configuration me paraît plus dangereux que réjouissant.

        Pour conclure sur votre dernière question, je vous réponds ceci : vous êtes un adulte, Christophe, plus un enfant. Spirituellement vous savez que Dieu vous aime et vous accompagne chaque jour sur le chemin existentiel. Ca vous suffit pas comme certitude pour avancer spirituellement et vous sentir bien avec vous-mêmes et les autres ?

        L’institution de toute façon n’a pour projet que de placer ces groupes dérivants sectaires à la direction vaticane. C’est le dernier coup de poker d’une institution (projet décidé et mis en place par JP2 et que F1 comme B16 ont continué d’appliquer scrupuleusement) qui sait qu’elle n’a plus les moyens de renouveler son personnel ni de faire entendre son discours, et qui s’est couverte de scandales et de crimes depuis ses débuts sans jamais s’être amendée d’une quelconque façon. Qui a soutenu les pires dictatures et qui continue de le faire du moment que ça lui rapporte. Qui pour de l’argent et du pouvoir et de l’emprise,est prête à toutes les compromissions, toutes les corruptions, tous les parjures et tous les crimes. Et qui se prétend malgré tout l’exemple à suivre spirituel.

        Personnellement, je n’ai pas envie d’être dirigée spirituellement par ce genre d’institution ou de groupe communautaire. Je préfère vivre ma foi tranquille à la maison dans la prière personnelle, le lien convivial fraternel familial, professionnel et amical plutôt que de me soumettre à une direction religieuse que je considère complètement dévoyée, criminelle, immature, manipulatrice, opportuniste, fasciste et sectaire. Il y a certes des exceptions et j’en connais, les apprécie énormément. Mais ça ne suffit pas à racheter l’institution.

        Je pense qu’il y a matière à vivre sa foi bien plus sereinement et joyeusement dans une certaine autonomie (hors tout ralliement sectaire ou religieux). Autonomie spirituelle qui de toute façon était souhaitée pour chacun par Jésus lui-même (et on peut dire qu’il avait pris ses distances d’avec le clergé juif de son temps).

        Dieu n’a pas attendu les religions institutionnelles ni les clergés pour se révéler à chacun depuis la Préhistoire. Alors en avant !

        • On ne peut exclure que sous le terme de « nouvelle pentecôte d’amour », que le Père Finet a utilisée, se cache le travestissement spirituel d’une volonté politique de restauration de la part d’une certaine droite catholique. Le lien que vous établissez avec Jean de Fabrègues est à cet égard intéressant. Que des fondateurs de communautés déviantes, déviants eux-mêmes, aient pu instrumentaliser leur relation à Marthe Robin pour se donner une aura de sainteté n’est guère douteux.

          Mais on sait que Marthe Robin, bien avant de rencontrer le P. Finet en 1936, a connu une transfiguration intérieure de sa souffrance physique et morale de handicapée après s’être confessée à un père capucin lors d’une « mission » dans son village en 1928. Elle écrit dans son journal :

          « Lundi, je me suis confessée au père Marie-Bernard puis entre ma confession et ma communion, ma page restera blanche et l’on ne saura qu’au Ciel ce qui s’est passé. »

          D’elle, Jean Guitton a pu écrire : « Marthe disait que les souffrances d’ordre physique ne pouvaient se comparer à sa souffrance d’ordre moral. Elle avait l’impression d’être réprouvée. Elle était désolée, au sens le plus fort de ce mot. Elle participait à la grande ténèbre. Elle se croyait rejetée. L’épître aux Hébreux, qui est une méditation sur la Passion, dit que le Christ s’est fait péché, et qu’il a pris sur lui non la culpabilité mais la peine des péchés. Marthe se sentait devenue péché. »

          Nous le comprenons mieux maintenant qu’elle a été faite péché à nos yeux au contact d’hommes que l’on a cru saints à cause d’elle, mais qui étaient gravement pécheurs. Elle nous apparaîtrait même comme leur instrument dans le mal, voire leur complice.

          Mais on ne peut écarter si facilement l’idée, chrétienne au fond, qu’elle a aussi souffert par avance et tout au long de sa vie en se chargeant devant Dieu d’une partie des fautes de ces hommes et du poids de souffrance de leurs victimes. Ainsi son espérance initiale n’aura-t-elle pas été trompée :

          « Plus ma vie sera soumise à Dieu et conforme avec celle du Rédempteur, plus je participerai à l’achèvement de son œuvre. Ainsi, unissant à l’oblation de la victime infinie mon travail obscur, mes pauvres petites actions, mes prières inconnues des hommes, tous mes sacrifices, toutes mes souffrances et toutes mes immolations, et même la stérilité apparente de ma vie, je suis sûre, non seulement de travailler à ma propre sanctification, mais de donner à Dieu une immense couronne d’élus. »

          • Communiqué de presse concernant le père Georges Finet 27 mai 2020 16:30, par Marchal cecile

            La lecture de tous ces commentaires m’a donné le vertige. la seule chose que je demande pour savoir si le père Finet est coupable de faits qui s’il était vivant seraient qualifiés « d’agressions sexuelles » au sens pénal du terme c’est que le rapport soit rendu public dans son intégralité ou a défaut qu’il puisse être examiné par des personnes dont c’est le métier et que ces dernières confirment la culpabilité du père Finet. Des juges d’instruction réputés pour leur sagacité et leur impartialité seraient tout désignés. Tant que cela ne sera pas fait j’aurai des doutes sur sa culpabilité et je serai profondément choquée que l’on puisse détruire l’honneur d’un homme décédé depuis 30 ans qui ne peut donc pas se défendre et que ni ses héritiers tant biologiques que spirituels ne pourrons jamais défendre car tout peut être dit sur un mort y compris les pires mensonges. Je ne cherche pas à défendre le père Finet mais à connaître la vérité Cécile

            • Bonjour Cécile, Des juges ne peuvent juger un mort ni donc instruire un dossier. En revanche, vous pouvez lire la synthèse du rapport : https://www.lesfoyersdecharite.com/custom/uploads/2020/05/2-FR-Synthe%CC%80se-rapport-commission-FDC.pdf Croyez-vous que le modérateur des Foyers aurait intérêt à relayer des propos calomnieux ? Quel intérêt des victimes présumées ont-elles à parler plus de 30 ans après les faits ? C’est l’effet de la parole qui se libère… Et elles aussi ont un honneur, une dignité. Ce qui me porte à accorder du crédit à ce rapport c’est que 1) on peut penser que, comme pour l’affaire Preynat (et St Jean, et les LC…) c’est la médiatisation et la prise de parole des victimes qui ont obligé l’Eglise à bouger. Donc si cela ressort 30 ans après la mort du père Finet, c’est peut-être que « ça » se savait depuis longtemps mais que les responsables (je parle de ceux qui savaient et se sont tus) n’ont plus le choix et ont préféré prendre les devants face au scandale annoncé. Et 2) comment des victimes ayant connu le père Finet à des années voire des périodes différentes auraient-elles pu se concerter, sans se connaître, pour décrire un même mode opératoire ? Je comprends que vous soyez triste et choquée : tout cela n’est pas croyable, alors si on nous dit que c’est factuellement vrai, cela secoue. Je vous souhaite de ne jamais, jamais avoir affaire à l’inertie d’une congrégation (ou des autorités diocésaines) qui sait par exemple que votre enfant (si ce n’est pas vous-même) a subi un acte pénalement répréhensible sous sa responsabilité mais préfère se taire. On ne s’en relève pas comme ça.

              • Communiqué de presse concernant le père Georges Finet 28 mai 2020 15:58, par Cecile Marchal

                Je ne suis pas peinée, je ne vois aucun inconvénient à ce que le père Finet soit coupable des faits qu’on lui reprochent mais à condition que ces faits soient prouvés selon les règles du droit pénal et que la présomption d’innocence soit respectée et j’estime que ce qui est rapporté dans la Presse ne m’apporte aucune certitude.

          • Damien

            Pour avoir été moi-même abusée sexuellement et violée aussi, je trouve particulièrement odieux l’idée que le viol, l’abus sexuel pourrait être une épreuve voulue et envoyée par Dieu et que certains, certaines auraient à vivre et à subir sans rien dire pour Sa Gloire, donc comme des sacrifiés perpétuels. C’est même révoltant de pouvoir une seconde adhérer à ce genre d’horreur. Dieu tel que je le connais et le pratique tous les jours n’est pas sadique. Les humains le sont parfois. Comme certains peuvent être masochistes. Mais pas Dieu. Marthe handicapée n’avait pas les mots ni la réflexion suffisante pour pouvoir se défendre de ce type d’attaque. Et déjà quelqu’un qui subit cela non handicapé ne trouve pas les mots tellement la destruction est totale. Instrumentaliser, violer, abuser de personnes handicapées est quelque chose de facile car ces personnes peuvent moins se défendre que les autres. Et se sont toujours les victimes les plus classiques avec les enfants et les vieillards aussi. Les plus petits, les plus faibles, les moins en capacité de se défendre sont systématiquement attaqués. Parce qu’ainsi leurs tourmenteurs ne seront jamais identifiés comme criminels.

            Ce que j’ai pu remarquer, c’est qu’il y a toujours des choix particuliers en terme de victimes, sauf cas très particuliers où la pulsion l’a emporté sur le calcul. Je pense en écrivant cela par exemple à Melle Kampusch en Autriche qui a pu échapper à son agresseur. Mais la plupart du temps, l’agresseur sait qu’il sera impuni et qu’il peut profiter de sa victime et de son crime en toute impunité. Sa jouissance est dans la domination de façon totalitaire et impunie. La victime est persuadée de ça très rapidement durant l’acte sexuel imposé. Même toute enfant, la victime se rend compte de cela. Même sans mots. Ce qui rend la rébellion d’autant plus lente et complexe et la sortie d’emprise d’avec le ou les agresseurs d’autant plus difficile aussi.

            Et dans le cadre d’un handicap physique et mental, c’est plus facile de transformer cela en mysticisme doloriste (ce qui permet de s’évader hors de la réalité sordide) plutôt que d’affronter l’horreur du quotidien. Au départ, tout croyant qui vit ça, a tendance à rentrer dans ce schéma. Avant de comprendre que cela sert uniquement les intérêts de son ou ses agresseurs. Ce que ne pouvait que très peu réaliser Marthe.

            On peut espérer pour elle que maintenant que la vérité de ce qu’elle a souffert apparaît au fil du temps, elle ait enfin raison de ses tourmenteurs et manipulateurs. Et nous savons que Dieu heureusement l’a assistée toute sa vie. Mais n’en faisons pas une martyre volontaire. Non. Je vous en prie…Je peux comprendre qu’on soit tenté de le faire, mais personnellement en sachant la réalité de ce qu’est un abus sexuel et un viol commis de façon répétée durant des années et des années, je ne peux pas envisager cela sous cet angle. Ca me donne envie de vomir. Parce que pour moi, cette croyance fait le jeu précisément de ces prédateurs sexuels et manipulateurs. C’est encore une fois leur donner raison et encore plus de façon spirituelle, d’avoir violé et abusé ces personnes. Et ça…c’est particulièrement atroce et pervers. Dieu n’a jamais voulu que nous subissions ces horreurs. Il est hors de ces schémas destructeurs et violents. Définitivement.

            Je vous le dis en toute cordialité. Je ne dis pas ça contre vous personnellement. Mais contre l’idée générale qui pourrait faire croire à ça. Et qui est particulièrement odieuse au regard du calvaire que représentent les crimes sexuels pour les victimes.