Face aux affaires de pédophilie dans l’Eglise, le déni comme système inconscient de défense

Mardi 20 novembre 2018

Pour répondre aux critiques formulées à son endroit, notre ami Pierre Vignon a eu l’idée d’écrire une petite mise au point… décapante. Dans cet article, le prêtre drômois explicite les mêmes raisons qui ont poussé notre collectif à créer lenversdudecor.org. Merci Pierre, encore une fois, pour ton engagement dans cette cause bien ingrate auprès des victimes. Malgré ce que peuvent en penser certains, tu ne fais qu’assumer ta vocation baptismale de prophète. Et tant pis pour ceux qui ne le comprennent pas : toi, tu ne perds pas ta récompense.

Depuis le 21 août 2018, ma lettre ouverte demandant la démission du cardinal Barbarin a fait le tour du monde. Je ne m’attendais pas à cette réaction universelle qui, si elle me vaut le soutien populaire, a suscité des contradictions venant de certaines couches sociales du milieu catholique. Si je n’ai pas répondu aux attaques passionnelles et irréfléchies des extrémistes, j’ai été touché par le désarroi de bonnes personnes dont je sais qu’ils sont de bons chrétiens. J’ai été surpris par l’aveu sidérant de quelques évêques après la rencontre des huit victimes au début novembre à Lourdes. Ils ne connaissaient rien de ces problèmes. Les évêques vivent pourtant normalement dans la société où ils sont en contact avec tout le monde. Comment cela leur est-il possible de dire qu’ils ne sont au courant de rien ?

Une de ces réactions-type peut être résumée de la façon suivante : « Mon Père, vous connaissez ces réalités par votre fonction dans l’Eglise, c’est très bien. Mais vous ne pouvez quand même pas vous en servir pour tout remettre en cause. Vous l’avez dit, c’est bien, mais ça suffit maintenant. On a entendu et on n’a pas besoin de le voir répété sans cesse. Sans vous en rendre compte [parce que je suis quand même un gentil malgré tout], vous vous faites manipuler par les ennemis de l’Eglise qui n’attendaient que ça. Vous êtes le prêtre qui leur permet de démolir l’Eglise. Vous ne voyez pas que les « gens » font des amalgames. Il y a des bons prêtres dans l’Eglise et beaucoup de très belles choses [qui a dit le contraire ?]. Oubliez ce pauvre cardinal à qui vous vous en êtes pris injustement car il est innocent de tout ce dont on l’accuse. Il sert de bouc émissaire à cause de ses positions pour la défense de la vie et de ses prises de position dans les débats éthiques actuels. Bien sûr, les problèmes des victimes sont importants [qui pourrait le nier ?] mais, tout de même, il ne faudrait pas qu’il n’existe plus que ça. »

Voilà en très gros le genre d’arguments qu’on me ressasse de toutes les façons. La première chose qui me vient à l’esprit, c’est cette détestable habitude catholique, depuis le XIX° siècle, de se retirer dans un château fort et de remonter le pont-levis chaque fois qu’on se sent remis en cause. Si quelqu’un remet en cause notre façon de faire, c’est qu’il s’en prend à Dieu. Or, comme ça n’est pas bien de s’en prendre à Dieu, ça n’est pas bien de nous remettre en cause. Il n’est pas nécessaire d’avoir étudié la logique pour constater la fausseté du raisonnement.

L’autre réflexion qui s’empare de moi, face à ce déferlement aigre-doux et faussement pieux, c’est la différence entre la foi chrétienne et son aspect religieux. La religion chrétienne est principalement une foi à laquelle on adhère. En gros, ça revient à dire que le conditionnement sociétal catholique ne peut pas prendre le pas sur l’enseignement et la grâce du Christ. Le conditionnement est nécessaire pour exister mais s’il devient primordial, il tue par là-même sa cause. Si donc la remise en question du conditionnement actuel, comme le fait par exemple le pape François en invitant toute l’Eglise à se réformer et à se purifier du cléricalisme (cet exercice déviant de l’autorité dans l’Eglise), provoque la chute de la foi, cela signifie que la foi était morte depuis déjà bien longtemps mais qu’on continuait à en manifester les coutumes et les habitudes sans plus en avoir l’âme.

Cette attitude peut aussi signifier que la foi chrétienne catholique s’est davantage identifiée à une partie de la bourgeoisie durant ces dernières décennies. Remettre en cause l’ordre bourgeois serait atteindre Dieu lui-même. Et c’est là qu’arrivent les plus excités de mes contradicteurs, ceux qui ont identifié leur Surmoi avec ce système prétendu catholique qu’ils ont conçu. Pour eux, avoir osé demander la démission du cardinal Barbarin pour un prêtre revient à vouloir chasser Dieu le Père du Ciel. Rien que ça ! et de là toutes les mentions de Judas et de l’enfer qui m’ont été faites par ces ultras pour qui la charité est une idée dangereuse et révolutionnaire.

Mais je reviens à mes bons catholiques qui sont d’honnêtes personnes de la vie courante et même à mes bons confrères, même si je les ai blessés en leur disant qu’ils étaient de fait des « planqués ». Ce sont de bons chrétiens qui n’ont rien demandé à personne. Et voilà qu’on les accuse tout d’un coup d’avoir couvert des pédocriminels. Nombre de mes confrères qui sont de bons prêtres se sont fait agresser [pas à cause de moi, je tiens à le leur préciser] parce qu’ils portaient le col romain. C’est ainsi qu’on peut commencer à comprendre la lassitude qui gagne certaines couches de la petite société catholique : « On a déjà été tellement attaqués et voilà maintenant qu’on reçoit l’opprobre final. Nous n’en pouvons plus. Ça n’est plus supportable. » Et ressort le bon vieux principe actif : « Le mal, ça n’est pas celui qui le fait, c’est celui qui en parle. Coupons ce doigt qui ose montrer la lune en plein jour. »

Face à cette attitude passionnelle qui échappe au raisonnement, aucun argument ne vaut. On ne peut que retirer l’échelle. Tout d’un coup, la Justice de la République devient pour ces adeptes de la foi du charbonnier la seule étincelle qui ne saurait être remise en cause : « Mon Père, puisque la Justice fait son travail, laissez-le lui faire ». C’est d’ailleurs bien la première fois qu’on rencontre une telle conviction dans ces milieux. C’est oublier un peu vite que si la Justice déclarait les faits prescrits, « grâce à Dieu », pour le cardinal, cela ne créerait pas le lien qu’il n’a jamais su établir avec les dizaines de victimes de Bernard Preynat.

On peut dire ce qu’on veut, rien ne les atteint, sauf une seule affirmation que je suis désolé pour les intéressés de reprendre et qui m’a été signalée par une ancienne lyonnaise : « Pourquoi le cardinal archevêque de Lyon se fait-il défendre par des avocats réputés appartenir à la franc-maçonnerie ? » Pour cette mentalité obsidionale prompte à expliquer la religion à Dieu le Père (savoureuse expression lyonnaise), c’est le serpent qui se mord la queue. Cet argument qui n’en est pas un est la seule objection capable de faire imploser leurs neurones. Leur éclairage au charbon ne supporte pas la lumière électrique.

Mais reprenons le cours de la raison. Je me suis expliqué sur tous les points qu’on me reproche. L’Eglise n’est pas l’armée ; la hiérarchie catholique n’est pas un commandement militaire ; la parole, même publique, y est libre ; le lien d’un prêtre à son évêque est celui de la collaboration et non celui de la subordination. Qu’y a-t-il donc derrière ce type de comportement de tout un milieu social français ? La psychologie nous fournit la réponse qui tient en un mot : le déni. Le déni est un système personnel de défense psychologique. Transposé au plan social, c’est tout un ensemble de personnes qui se sentent menacées par un danger qu’elles doivent conjurer.

Pour comprendre ce qu’est le déni dont je parle, il faut reprendre la phrase de l’avocat Garabedian dans le film Spotlight : « If it takes a village to raise a child, it takes a village to abuse them. » (S’il faut un village pour élever un enfant, il faut tout un village pour en abuser un.) La première partie est la reprise d’un remarquable proverbe africain. La seconde est une conséquence de la première appliquée aux abus sexuels subis par les enfants. L’ensemble de la phrase est l’expression même du déni.

Parmi les éléments qui favorisent le déni, il y a d’abord la honte ressentie face aux aveux des victimes. Ensuite la fausse croyance que si l’on parle d’une réalité douloureuse, on la fait exister. Pour certains, le motif du déni est la peur de jugement car on se fait considérer ainsi comme une mauvaise personne. Pour d’autres, la perte de l’image idéalisée qu’ils entretiennent d’eux-mêmes et de ceux à qui ils donnent leur confiance. Enfin, la perte du sentiment de contrôle d’une situation. Tout cela plus ou moins combiné selon les situations fait qu’il n’est pas possible d’entendre un discours de vérité sur le sujet de la pédocriminalité et de sa couverture dans l’Eglise. Pour quelques-uns, cela va même bien au-delà. Non seulement ils ne veulent pas entendre, mais ils n’écoutent même plus. « Vous pouvez bien dire ce que vous voulez, ça n’existe pas. Et si ça existe, ça ne me concerne pas. »

Le surgissement du déni dans de larges couches de l’Eglise catholique de France fait des ravages : « Que les lanceurs d’alerte cessent d’alerter ! C’est bien fait pour eux s’ils se font sanctionner. Quel besoin avaient-ils d’aller mettre tout ça sur la place publique ? Que les victimes cessent de se plaindre, comme s’il n’y avait qu’elles. Si tout ce qui vous dites est vrai, vous faites sauter tout ce à quoi nous nous rattachons ! » Et c’est là que le pape François est utile et prophétique avec sa Lettre au Peuple de Dieu du 20 août 2018. L’abus existe. Il n’est pas inventé. Il est le fruit d’un système déviant d’exercice de l’autorité dans l’Eglise. Et la parole de saint Paul (1 Co 12,26) fait un profond écho à celle de l’avocat Garabedian : « Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance. »

La suite en est qu’on ne peut plus demeurer dans le déni. La réforme demandée par le pape François m’atteint dans la partie la plus vitale de mon être. Serais-je donc moi aussi suspect de la déviation cléricale ? La crise mise à jour par la révélation des scandales sexuels des prêtres, couverts par les évêques et les supérieurs religieux, dans toute l’Eglise universelle, est-elle au-delà de la conjoncture et touche-t-elle à la structure même de l’institution de l’Eglise ?

Et s’il s’agit d’un tel renouvellement, surgit timidement une question qui pourrait bien être explosive : ne serait-ce alors pas le Saint-Esprit lui-même qui au travers de ces évènements serait en train de purifier son Eglise ? Dans ces perspectives qui s’ouvrent à nos yeux, la peur ne servira à rien et le déni encore moins. La première lettre de saint Pierre (4,17) établit le constat : « Car voici le temps du jugement : il commence par la famille de Dieu ». Et la fin de la Bible nous donne l’ultime conseil (Ap 22,14) : « Heureux ceux qui lavent leurs vêtements : ils auront droit d’accès à l’arbre de la vie… » Le déni est donc la pire chose qui puisse arriver à l’Eglise. Il s’agit de bien l’identifier et de ne pas s’en servir pour se mettre à l’abri du renouveau préparé par le Seigneur : le moment est bel et bien venu de laver comme il faut notre linge sale, et pas seulement en famille.

Père Pierre Vignon, prêtre du diocèse de Valence, Saint-Martin-en-Vercors, le 20 novembre 2018

Vos réactions

  • lm 28 novembre 2018 17:53

    Il faut un très grand courage pour s’élever seule contre l’opinion général des clercs. Dans le passé, les rares hommes et femmes qui ont exercé ce courage de la vérité l’ont souvent payé de leur vie ou été chassés et bannis… Merci d’avoir ce courage de défendre l’âme et sa liberté !

  • Françoise 22 novembre 2018 13:49

    Bonjour Pierre

    Merci pour ce message, même si je pense personnellement que vous n’avez pas à vous justifier. Le déni, vous savez, c’est toujours la première réaction face au choc que représente la révélation de crimes touchant en tant qu’auteurs des personnes ayant fonction d’autorité quelle qu’elle soit. C’est un stade normal, banal face à la violence. C’est le premier niveau de réaction. Celles et ceux qui comme moi ont vécu l’inceste, en sont devenus blasés tellement nous devons composer avec très régulièrement, confrontés très souvent à des inversions de culpabilité, et malgré tout, malgré la violence que ce type de réflexion engendre, il faut continuer de tracer la route. Bien sûr, c’est blessant ce déni, c’est violent, c’est culpabilisant. Mais vous n’êtes coupable de rien du tout, Pierre ! Donc hauts les cœurs ! Fallait-il dans le contexte que vous connaissez et entendez et rencontrez avec les victimes, mettre votre mouchoir par dessus, une pince à linge sur votre nez et faire comme si de rien n’était ? Non, en conscience, c’était pas possible ! Sinon vous auriez trahi à la fois ce que vous êtes profondément, votre engagement religieux, votre approche humaniste et aussi l’Eglise ! Qui ne dit mot consent. Vous ne pouviez pas cautionner un système qui piétine les victimes et protège les coupables. Vous n’êtes pas le premier à dénoncer ce type de problème au sein de l’institution. Vous vous rappelez sans doute des interventions de Jean-Claude Barrault, même si ça date, lui aussi évoquait des blocages, des fermetures, des manquements au plan institutionnel. Un peu plus tard, deuxième coup de trompette, celui d’Eugen Drewermann avec son bouquin « Fonctionnaires de Dieu » et là aussi face à ses critiques du système, sanction et éviction. Gaillot prit aussi sa part du fardeau et écopa d’un isolement, d’un ostracisme assez particulier. Plus près de nous, le fameux cardinal anonyme d’Olivier Le Gendre dénonçait les mêmes problématiques. Je ne sais s’il en reçut des sanctions de quelque manière mais en tout cas, il choisit l’anonymat pour les éviter tout en parlant clairement. Près de chez moi le père Léon Laclau fut lui aussi inquiété et invité à partir. On vit aussi un polonais dans le même cas il y a deux ans. Et spécifiquement sur le sujet pédophilie dans l’Eglise, pensez à Gerald Fitzgerald, qui le premier fut le lanceur d’alerte sur le problème et a considérablement tenté tout ce qu’il pouvait pour faire bouger l’institution et P6 à ce sujet…en vain. Et c’est pas tout jeune cette démarche avortée, ça remonte aux années 50-60. Quand il démarre l’expérience des centres de traitement pour prêtres pédophiles à Jemez Springs aux US, c’est 1947. Et faut pas nous la raconter, la plupart des hauts-clercs sont au courant de son travail, de sa démarche, parfois ont eu recours aux centres du Paraclet pour y envoyer des prêtres pédophiles dans tous les pays où il y avait au moins un centre (dont un en France parait-il mais dont on ne nous dit toujours pas où il était). Donc Barbarin, sur ce coup-là, il pouvait être inquiété sur le sujet et ses collègues aussi pour complicité et protection de criminels depuis le début. Fallait juste rappeler cette histoire et la démarche de Fitzgerald connue de tous. Et les utilisateurs et comment l’ensemble des épiscopats a utilisé ces centres du Paraclet au fil du temps jusqu’au début des années 2000. Tout le haut clergé était au courant. Mais personne n’a rien dit pour protéger l’institution. Il faut que ce soit à nous les croyants de découvrir par nous-même cette histoire, par le biais d’enquêtes, de recoupements, de documentaires, pour enfin pouvoir un peu acculer et mettre face à leur responsabilité dans le déni, le silence et la complicité, tous ces hauts clercs… C’est toujours le même problème. Ca fait depuis 2016 que j’avais signalé ça à Daphné Gastaldi de We report. Vous croyez pas que ce rappel historique aurait pu servir pour faire condamner Barbarin et dévoiler vraiment le rapport de l’institution via ses hauts clercs à la pédophilie cléricale ? Eh ben non. Surtout, ne pas parler de tout ça aux fidèles, comme à la société civile. Entretenons l’ignorance. On ne sait jamais, ça pourra continuer de permettre d’abuser combien d’autres enfants et de prolonger l’injustice et les crimes qui, de fait, finissent par avoir un aspect quasi structurel au plan institutionnel.

    Tout ça pour dire, Pierre, que vous n’êtes pas le premier à avoir tenté de dénoncer un système de secrets à tiroirs qui protège et entretient depuis toujours des crimes, des situations de manipulation, d’abus sur enfants, ados, adultes dans différentes situations.

    Et que le changement ne viendra malheureusement pas de l’institution mais de l’édification et de l’information sur ces questions de la société civile et au premier chef, des croyants.

    Vous trouverez toujours des croyants qui vont dire que vous allez trop loin. Parce qu’ils préfèrent ignorer ces crimes et continuer de cautionner le système dans lequel ils se sentent bien. Mais ça concerne de moins en moins de croyants, je vous rassure. Parce qu’il y a des limites à tout. Et l’institution les a largement dépassées les limites en matière de crimes divers et d’abus. Et ça ne peut plus continuer comme ça. C’est pas comme si la pédophilie cléricale était le seul crime commis. Mais si vous faites le tour, entre le soutien à des dictatures et génocides, entre les violences et crimes contre les femmes et leurs droits fondamentaux avec les couvents prisons, les bagnes religieux, les vols et ventes de bébés, la réduction à l’esclavage, l’internement d’enfants sur des critères sociaux, ethniques, les meurtres ciblés avec milices religieuses…on peut dire que l’institution a chargé la mule, non ?

    Comment voulez-vous que nous les simples croyants en apprenant tout ça, on puisse conserver une confiance vis à vis de l’institution dans sa globalité ? Faut pas rêver ! Il est fini ce temps-là. L’institution à force de crimes, s’est complètement grillée vis à vis des croyants. Même en essayant de cacher tous ses forfaits, en achetant des complicités dans la société civile, dans les médias pour que rien de tout ça ne transpire.

    Au fil du temps, sortent des témoignages, des infos et certaines archives s’ouvrent et l’on finit par découvrir toutes ces violences, tous ces crimes et comment s’est mis en place un système de loi du silence et aussi de crimes renforcés sous un vernis de sainteté et d’exemplarité morale. A partir du moment où l’on ignore plus les choses, comment l’institution peut-elle conserver deux sous de crédibilité ? Ce n’est raisonnablement plus possible.

    Alors certes, c’est triste. Vous pouvez vous dire que c’est un immense gâchis. Et je suis bien d’accord avec ça. Mais l’institution a eu maintes fois l’occasion de rectifier son attitude et de traiter ces problématiques criminelles en son sein. Elle ne l’a pas fait, parce qu’elle considère via ses hauts-clercs qu’elle peut tout se permettre et qu’elle n’a de compte à rendre à personne. Ce qui vaut pour la société civile ne vaut pas pour elle. Elle se veut au-dessus des lois et se garder telle. Y compris dans le crime.

    Comment voulez-vous pouvoir changer autant d’immobilisme et d’entêtement criminel au plan institutionnel ? Il me semble que c’est s’illusionner et dépenser de l’énergie en pure perte.

    Aujourd’hui ce qui compte, c’est de protéger jeunes et moins jeunes d’une institution qui refuse de changer ses habitudes en matière de crimes, d’abus, de manipulation. Qui pratique allègrement les effets d’annonce sans que ça s’incarne réellement en terme d’approche judiciaire et qui en plus nargue les victimes, s’arrange pour ne pas les dédommager, joue la provocation.

    Et donc ça oblige prêtres, religieux, religieuses qui se sentent concernés comme vous par ces atrocités commises par des clercs à adopter des comportements et des paroles et des attitudes en phase avec cette nécessité de protection des victimes : ce qui veut dire sortir de la réserve et dire clairement ce qui se passe et qui n’est moralement plus possible d’accepter. Et c’est tout à votre honneur.

    Mais n’attendez rien de l’institution. Ou plutôt le pire que le meilleur. C’est moche à dire, mais ça va avec la nuque raide qui la caractérise. L’essentiel il me semble, c’est d’avancer, de protéger les personnes autant que nous pouvons. D’alerter aussi, de dire les choses.

    Et puis, je crois quand même qu’il serait temps d’alerter les croyants sur les moyens et les acteurs dérivants sectaires que se donne l’institution depuis l’ère JP2, pour maintenir la situation criminelle et abusive en l’état. Et maintenir aussi sous cloche et emprise, l’ensemble des épiscopats sur ces questions et bien d’autres. Et les croyants pour celles et ceux qui ont été le plus formaté dans un moule traditionnel.

    Quand donc sera dénoncée l’influence de l’Opus Dei et la façon dont cette organisation dérivante sectaire est utilisée par l’institution vaticane comme un garde chiourme, comme une milice à sa solde, comme un dissimulateur de crimes, de cadavres dans le placard (Emmanuela Orlandi entre autre), comme des instruments politiques pour imposer politiquement des idéologies plutôt fachos que généreuses et de partage ?

    Comment ce silence peut-il perdurer alors que de plus en plus de croyants se rendent compte à quel point l’institution s’appuie sur les communautés dérivantes sectaires dont l’Opus Dei la première, pour maintenir sa politique et son étau autant sur les clercs, religieux que sur les croyants et la société civile en général ?

    Combien faudra-t-il encore de meurtres, déguisés ou pas en suicide, combien faudra-t-il de victimes, de manipulation mentale, de dérives pour que la pastille valda soit crachée sur ce sujet ?

    Pourquoi pour le moment personne en dehors d’une poignée de croyants, d’historiens, de sociologues, de journalistes, ne disent rien sur tout ça ? Personnellement, ce silence me scandalise.

    Parce que ça explique aussi l’intensité du blocage et de la fermeture institutionnelle. C’est un secret de polichinelle à ce stade. Si certains hauts-clercs n’avaient pas recours à l’Opus Dei pour intimider et faire taire des collègues sur certains sujets, ça ferait longtemps que la parole se serait libérée dans le monde religieux catholique.

    Alors c’est peut-être le moment de dire les choses aussi à ce sujet. Vous croyez pas ? Parce que si on ne la dit pas la réalité concrète qui pèse comme un couvercle sur l’ensemble des clercs, épiscopat à épiscopat et le nôtre il est plutôt gratiné depuis un bon moment sous ce genre de régime, ben forcément, faudra pas s’étonner si on retrouve un clergé de plus en plus muselé, suicidaire, dérivant et autres joyeusetés du genre.

    Faut faire péter le bouchon jusqu’au bout comme qui dirait. Et là, je suis persuadée que ça permettra à quelques clercs au moins, de pouvoir verbaliser des souffrances dont ils s’interdisent de parler, d’évoquer, de formuler et qui les travaillent depuis plusieurs décennies, et qu’enfin, ils vont pouvoir déposer au grand jour. Et ça, ça fera du bien à tout le monde dans le milieu clérical. Ca videra un abcès qui est de plus en plus gros et qui handicape considérablement l’ensemble de l’institution.

    Parce que ça fait un sacré moment que ça mijote, mine de rien et que ça sent pas la rose ni le lilas. C’est peut-être le bon moment pour sortir tout ce poison qui maltraite les uns et les autres et les mettent à la botte des plus violents, des plus abusifs et d’une coterie dont les intérêts et intentions n’ont strictement rien à voir avec le message de l’Evangile.

    En tout cas, tenez bon. Continuez ! Soutien total auprès de vous et prières pour que vous teniez le coup malgré attaques et réflexions mesquines. Face à ça faut tracer deux fois plus vite la route , pas essayer de batailler parce qu’à ce moment-là, vous rentrez dans le jeu de ceux qui cherchent à vous culpabiliser et à vous ostraciser. Foncez ! Allez-y !

    Et puis, on est là. Vous n’êtes pas tout seul, hein ? On peut mutualiser nos savoirs, nos infos sur ces sujets. Ca me paraît primordial pour qu’on puisse avancer au mieux tous ensemble. Chacun de nous dispose d’infos spécifiques sur tel ou tel domaine, a creusé telle ou telle enquête sur telle dérive. Si on met tout ça en commun, on va pouvoir avancer deux fois plus vite et pas seulement sur le sujet pédophilie cléricale, mais sur les dérives sectaires, sur la formation sacerdotale, religieuse, sur les blocages sur tout un tas de sujets entre croyants et clergé.

    Et ça, ça va retisser une confiance, une légitimité. Sans ce travail d’échanges et de partage, d’analyse collective des problématiques, on laisse le champ libre aux plus retors. Et ça c’est plus possible !

    Je me permets de vous faire la bise ! De vous envoyer un max d’énergie positive pour tout. Et puis vous rappeler ce chant :

    Si tu dénoues les liens de servitude, si tu libères ton frère enchaîné, la nuit de ton chemin sera lumière de midi.

  • claire poujol 22 novembre 2018 09:11

    Cher frère Pierre, je suis âgée de 70 ans, protestante , et je vous soutiens de tout mon cœur. Que Dieu vous garde dans sa paix.

  • Daniel 21 novembre 2018 20:13

    Cher père Vignon,

    Merci pour ces paroles éclairantes et tout évangéliques. Jésus nous l’a pourtant dit : c’est la vérité qui nous rend libres. Un OUI qui soit oui, un NON qui soit non. Une bouche qui parle de l’abondance du cœur.

    Grande union fraternelle à votre ministère.

  • LA LIBERATION PAR LA PAROLE 21 novembre 2018 13:22, par Jean-Yves Jézéquel

    A propos de cette réalité dérangeante, j’invite les lecteurs de cet article écrit par Pierre Vignon, à revoir le documentaire réalisé par M.-C. Javoy, « dans le secret des nonnes » diffusé sur France 3 chaîne publique, le 5 juin 2004. Ce documentaire enquêtait sur les abus sexuels et sévices sexuels endurés par des religieuses de la part d’hommes et de femmes d’Eglise hiérarchiquement supérieurs. La journaliste M.C.Javoy était venue me voir dans mon cabinet à Paris, après avoir subit des menaces de mort en plus de s’être fait voler 4 mois d’enquêtes sur support vidéo. Elle recommença tout son travail à zéro, et avec l’entrainement des 4 premiers mois d’enquêtes précédents, elle parvint à trouver encore plus de choses inavouables, mais qu’il était salutaire de dévoiler, non seulement en tout premier lieu pour le bien des victimes, mais aussi pour l’Eglise elle-même. Il existe encore bien d’autres témoignages accessibles sur toutes ces questions scrupuleusement protégées par la hiérarchie ecclésiastique. Le principe majeur du traitement psychothérapeutique s’appuie sur la prise de conscience : il est déterminant de faire remonter à la vie consciente ce qui a été refoulé par le trauma, dans la vie inconsciente. Le refoulement est un mécanisme de défense, mais ce mécanisme de défense, pour la personne concernée, devient avec le temps une pathologie (névrose ou parfois même psychose) si ce trauma n’a toujours pas été assimilé par la vie consciente. Le vécu d’une personne doit finalement trouver sa place dans ce qui de déstructurant doit devenir structurant : l’expérience de la vie qui est initiatique… Ce qui est caché à la vie consciente doit se révéler à la vie consciente si l’on veut la guérison ou une vie saine. Pour cela il faut donc faire une démarche de clarification mentale, dire les choses, les verbaliser, parler pour qu’elles deviennent, non plus des causes de perturbations, mais des éléments structurant pour un psychisme sain. Il est nécessaire de parler, il est nécessaire de sortir de tout déni. "S’ils se taisent les pierres crieront" (Lc 19,40) (Si Barbarin se tait, Pierre criera !) Il est en effet, très nécessaire de sortir du déni et d’avoir le courage de la réforme. Si une personne malade, sous prétexte qu’elle ne veut pas risquer les conséquences dérangeantes d’une remise en cause de sa manière de vivre, préfère demeurer dans sa maladie sans rien changer de ses pratiques qui l’ont rendue malade, le résultat final sera inévitablement son élimination pure et simple de la vie ! Le raisonnement peut être fait concernant l’Eglise et son mode de fonctionnement. Elle doit donc accepter ce qui est dérangeant et poursuivre sa route dans une plus grande vérité… C’est pourquoi, j’approuve et soutiens totalement le père Pierre Vignon pour le courage de sa conscience et la générosité de son action salutaire…

  • Sébastien 21 novembre 2018 11:34

    Un texte décapant, courageux et une analyse très fine du P. Vignon. Ce texte fera date, j’en suis certain. A faire suivre à ces catholiques qui sont dans le déni.

    Os habent et non loquentur, oculos habent et non videbunt
    Aures et non audient, nares habent et non odorabunt

    • Bref, je ne m’en fais pas trop pour le père VIGNON, qui a la possibilité de publier un tel texte. Ce qui n’est pas le cas des condamnés par l’Eglise que je connais, dont la parole n’est pas relayée par les réseaux sociaux……

      • Et qu’on muselle dans l’indifférence générale…..

          • Hélas, pas d’article sur des prêtres condamnés et qui veulent proclamer leur innocence, ou « les petites soeurs de Marie et du Rédempteur persécutées pour avoir dit »non"à leur évêque. Au fait, savez vous qu’elles ont demandé à être relevées de leurs voeux afin de préserver leur établissement et éviter une fusion qui risquerait de mettre en difficulté financière l’institution ? Apres 30 ou 40 années de vie religieuse……Mais elles savent en qui elles ont mis leur Espérance….

            • Vous en connaissez beaucoup de prêtres condamnés à tort ?

              D’ailleurs, si la cause de ces pauvres prêtres « innocents » vous tienne tant à cœur, qui vous empêche de contacter des journalistes chrétiens ; il y aura bien quelqu’un qui pourrait remédier à cette injustice scandaleuse, non ? Ne vous en faites pas trop, Agapè, pour ces prêtres innocents ! En général, l’opinion et la justice humaines, ils n’en ont rien à battre. Seule volonté divine compte pour eux. Donc, s’ils ont vraiment mis leur Esperance là où il faut, alors ni vous ni eux mêmes vous n’avez aucune crainte à avoir de toutes ces langes impures et méchantes qui les accusent à tort. Histoire tragique d’un point de vue humain, histoire sacré dans le monde intemporel !

              L’Eglise et les hommes de cette église, à force de vouloir se préserver de tout, sont devenus insensibles, durs et indifférant à tout ce qui ne vient pas de leurs egos. Ils n’ont toujours pas compris que la vérité qui décape valle tous leurs mensonges réconfortants. Et le Père Vignon a raison sur le déni. C’est quelque chose d’absolument terrible pour tout le monde, car les personnes inconscientes ne sont jamais préparées à une autre vue ni même interrogées sur sa possibilité.

              • Oui, je connais des prêtres innocents injustement condamnés.

                • C’est rare la fumée sans feu et c’est très malheureux quand cela arrive. De là,comparer le destin de ces quelques adultes malheureux à cette marée noire provoquée par un nombre certain de leurs confrères et qui avale tout sur son passage…c’est indécent.

                  Faites d’abord un peu de ménage chez vos braves dignitaires. Croyez moi, c’est par là que que vous devriez commencer avant de dénoncer l’injustice envers qui que ce soit dans cette institution. Je ne sais pas ce que j’éprouve en face de la religion catholique - de la colère,de la tristesse,de la honte ou simplement le besoin d’oublier qu’elle existe. Un point d’interrogation humain.

                  C’est comme si elle ne comprenait toujours pas, ne savait toujours pas pourquoi toute cette agitation autour d’elle : « On regrette mais ca va,c’est bon maintenant,c’est du passé. Laissez nous tranquille… »

                  Le mépris généralise envers les représentants de cette institution,c’est parce qu’ils refusent de comprendre, parce qu’ils ont craché aux pieds des victimes comme si elles avaient été pire que des porcs. Mais les porcs ce ne sont pas les enfants abusés, mais bien ces « prêtres innocents » à l’age mur où les actes font la rencontre avec le paiement de leur prix . Prendre au sérieux leurs propres blessures profondes serait déjà une façon de se connaitre soi même et de se mettre en route … Leurs blessures (comme celles de victimes) n’ont pas besoin d’un remède immédiat qui les ferait taire, mais d’abord une réponse juste, et avant-une question juste.

                  La miséricorde sans la vérité est une miséricorde aveugle.

                  • Les proverbes ne disent pas toujours la Vérité….. Et oui, la fumée sans feu, cela existe, grâce aux diffuseurs de fumée artificielle, de fausses rumeurs et grâce aux menteurs….

                    • Soit. Mais les calomnies et les erreurs judicaires ont toujours existées, et les prêtres accusés à tort sont les uns parmi d’autres dans ces cas, ni meilleurs ni pires. Il me semble qu’aujourd’hui l’essentiel dans toute cette histoire se trouve plutôt dans notre désir de sortir (ou pas) de l’ignorance et de la passivité. De se confronter à la réalité brutale d’une existence superficielle et pas belle à voir dont nous étions longtemps et soigneusement tenus à l’écart ou bien rester dans cette tranquillité provisoire du déni. L’Eglise catholique a toutes les clefs en mains pour disposer de son propre destin, et est entièrement responsable de ce que lui arrive. Cette blessure qui est train de s’envenimer l’aurait du réveiller et l’amener à une vrai interrogation sur le vrai sens de la vie.

                      Vous, qui aimez tant Simone Weil ,connaissez surement ses paroles : « Seul un être prédestiné a la capacité de demander à un autre » Quel est donc ton tourment ? « Et il ne l’a pas en entrant dans la vie. Il lui faut passer par des années de nuit obscure où il erre dans le malheur, loin de tout ce qu’il aime et avec le sentiment d’être maudit. Mais au bout de tout cela il reçoit la capacité de poser une telle question, et du même coup la pierre de vie est à lui. Et il guérit la souffrance d’autrui… »

                      Est ce cette image que l’Eglise nous fait voir aujourd’hui ?

                      • Simone WEIL décrit la perfection de la relation. Elle y tendait mais elle était suffisamment humble et réaliste pour savoir qu’elle ne pourrait jamais totalement l’atteindre…Si vous, vous vivez totalement cette perfection, vous pouvez jeter la première pierre à l’Eglise…..

                        • Vous avez la réponse à tout. C’est bien.

                          Quant à la humilité, occupez vous d’abord de la votre avant de fustiger celle des autres et de vous appelez Agapè, ce serait pas mal aussi. Même si vous même vous voyez pure, vous vous sentez supérieure…en tout cas c’est ce que je vois dans vos commentaires ,d’où ma réactivité.

                          Quant à vos amis prêtres condamnés à tort, étiez vous dans leurs têtes pour connaitre leur degré d’innocence ? Avez vous des dons particuliers pour accéder à la conscience de ces gens ?

                        • P.S. Je veux être franche avec vous, Agapé. Si vous aviez choisi un autre nom, plus neutre que celui d’agapè, peutetre que je n’aurais pas eu se sentiment désagréable en vous lisant. Pour moi vous ne reflétez pas cet Amour. En prenant systématiquement la défense que d’une partie des victimes, celle qui appartiennes à la même catégorie que vous même, c’est à dire à la catégorie de consacrés, cela ne correspond à ce que l’agapè représente pour moi . Si vous étiez vraiment une agapé vous vous sentirez responsable non seulement de vos actes et paroles, des actes et des paroles des bonnes sœurs et des prêtres … mais de l’humanité entière à travers ses errances et ses clartés.

                          Il ne suffit pas d’être bon pour être garant de l’avancer du Bien,( les exemples ne sont pas loin à chercher) et donner des leçons de morales de cette façon hautaine.

                          Si vous incarniez vraiment de l’agapé, en vous lisant je serais heureuse, je voudrais vous ressembler, ce n’est pas le cas. Vous lisant, je me sens dans le même registre pervers qu’avec la communauté Saint Jean. La même malaise, le même sentiment d’humiliation. Aucun autre intervenant ne me donne cette impression oppressante, même pas Isabelle. Du coup,je préfère ne pas prolonger ce fil de conversation avec vous ni maintenant, ni dans l’avenir. Dessolée d’avoir été si franche, et merci de votre compréhension. Mais pour une agapè cela ne se doit pas poser de problèmes, pour vous ,qui êtes saisie d’un amour véritable, un amour qui veut le bien de l’autre au lieu de l’accaparer, un amour qui veille et qui préfère la vie e l’autre à sa propre vie, n’est ce pas ?

                          • Moi, aussi j’ai toujours été franche avec vous et je n’en suis pas « désolée ». Pourquoi choisissons nous un pseudo ? « Agapé » m’est venu spontanément. Non parce que je pense « l’incarner » (Le seul à l’incarner c’est le Christ.) Je l’ai choisi tout simplement parce que j’aime ce mot. Le choix de ce pseudo était plutôt un cri du cœur et celle qui me l’a fait aimer, c’est justement Simone Weil. Le pseudo dit quelque chose de nous, par rapport à nos goûts à nos choix philosophiques, mais ( en tout cas dans mon cas) je ne l’ai pas choisi pour me qualifier. Si j’en choisissais un pour me qualifier se serait « pauvre pécheresse »ce qui pourrait encore être interprété comme de l’orgueil travesti en humilité. Et je ne répondrai pas à vos attaques personnelles, procès d’intention et à votre jugement à mon égard, car vous n’attendez pas de réponse et certainement pas de contradiction à ce sujet.

                        • Agapé, on est pas dans le bisque bisque rage. L’institution s’est mise toute seule dans une situation criminelle durable qu’elle continue à justifier en ne la traitant pas. Tout en prétendant la traiter (par le déni, le mépris, le silence, l’évitement, la pression psychologique, les menaces, l’intimidation et la perpétuation des crimes, la protection des criminels). Ce que les croyants lui demandent, ce n’est pas la perfection, mais d’être suffisamment bonne…Ce n’est pas du tout la même chose.

                          On ne pourra pas faire avancer l’Eglise en général quand le clergé viole femmes et enfants pour asseoir une domination masculine que ce même clergé sacralise et essentialise. Cela est juste insupportable et inacceptable. Indigne du message de Jésus.

                          Si l’on veut sortir de ces atrocités, il faut refuser le viol. Empêcher des hommes, clercs, religieux de violer femmes et enfants. Ne pas les laisser au contact de leurs victimes potentielles, dénoncer aux autorités judiciaires leurs crimes, leur problématique criminelle et qu’une prise en charge tant de ces hommes pédophiles, criminels sexuels que de leurs victimes se mette en place. Deuxièmement, il faut ouvrir les archives vaticanes qui concernent les documents faisant état ou signalement de ces viols. Que les archives datent du 4e siècle comme du 21e siècle. Il faut que toutes ces violences soient mises à jour, façon cartes sur table. Et que les victimes, leurs descendants aient les moyens de comprendre pourquoi l’institution cléricale romaine utilise depuis toujours le viol et considère le viol comme un moyen de domination indispensable. Que les victimes aient les moyens de pouvoir être indemnisées et soient prises en considération en tant que victimes au plan judiciaire, média.

                          Ensuite il faut faire un travail de déconstruction de la violence et du viol. En quoi la culture du viol imprègne le clergé catholique romain et pourquoi ? Ces questions se travaillent avec des sociologues, des théologiens, des psy, des philosophes, des anthropologues.

                          Et vient ensuite un vrai travail de formation et d’éducation sur ce sujet. Au séminaire, dans les congrégations, dans les aumôneries de lycées, de collèges, de grandes écoles, dans les centres de formation religieuse universitaires, pontificales.

                          Le viol n’est ni naturel ni inévitable. Une société humaine digne de ce nom et encore plus une société religieuse qui soit disant représente Dieu et respecte l’humain avant même sa naissance, peut et doit sortir de cette culture du viol.

                          Car qui dit viol dit placer dans la terreur permanente une partie des humains et auquel cas, femmes et enfants. Est-ce que cette terreur permanente d’un possible viol que vivent femmes et enfants partout dans le monde c’est selon l’Evangile, une situation acceptable ? Non, bien sûr.

                          Est-ce que tous ces clercs qui violent ou qui protègent des violeurs pourraient supporter de vivre avec la peur permanente d’être violés eux aussi, un toutes les trois minutes comme c’est le cas pour les femmes et les enfants ? Non bien sûr.

                          Alors il faut réellement changer tout ça. Si vraiment le clergé prétend être du côté des victimes, il faut que le clergé passe aux actes en faveur des victimes et en dénonciation, traitement et jugement pénal clair des violeurs criminels. Que le clergé reprenne le projet Fitzgerald, en parle enfin, dénonce ensuite la politique de P6 et sa perpétuation appliquée jusqu’à aujourd’hui dans tous les épiscopats sur ordre du Vatican et travaille en collaboration avec la justice pénale à changer complètement la donne. Au plan international.

                          C’est la base même de la restauration de la confiance entre clergé et croyants. Le clergé ne peut pas demander la confiance des fidèles si parallèlement à cette demande de confiance, le clergé viole femmes et enfants. Et considère ces viols comme indispensables au pouvoir religieux.

                          Si véritablement, l’intégrité affective, physique, sexuelle, morale des femmes et des enfants a de l’importance pour le clergé, alors le clergé ne doit plus accepter que certains clercs violent ni accepter de les laisser continuer à violer en toute impunité. A partir du moment où le clergé refusera le viol sur femmes et enfants et manifestera et agira avec le reste de la société pour enrayer, faire pression, dénoncer les violences sexuelles sur femmes et enfants, alors beaucoup d’autres blocages (homophobie, sexisme, violences psychologiques, tortures) pourront se défaire et la société commencera à vivre un tout petit début d’égalité.

                          J’étais samedi à la manif #Noustoutes contre les violences faites aux femmes. Il y avait des femmes et des hommes à cette manif, des ados et même quelques enfants. Mais aucun prêtre, aucune religieuse, aucun membre du clergé. Je l’ai beaucoup regretté. Car le changement, ça passe aussi par une union entre la société civile et la société religieuse sur ce type de question qui concerne réellement tout le monde.

                          Pourquoi fut-il si facile de réunir clergé et société civile pour empêcher l’accès à l’égalité en droits fondamentaux, sociaux des homosexuels et des femmes, alors qu’il est impossible au clergé de manifester au côté de la société civile quand il s’agit de s’opposer aux violences et crimes sexuels ?

                          C’est quoi l’empêchement ? J’aimerais comprendre…

                          • @ Françoise,

                            « C’est quoi l’empêchement ? J’aimerais comprendre… »

                            Je crois intrinsèquement que vous ne pouvez pas comprendre car vous êtes tellement imbue de vos certitudes - liées à vos blessures personnelles et dépourvues d’une relecture spirituelle -, que le simple fait d’être une féministe prônant l’égalitarisme (voir la théorie du genre) est rédhibitoire. De plus, votre approche intellectuelle et sociologique parasite votre analyse.

                            Non, le clergé ne viole ni les femmes et enfants pour asseoir « une domination masculine que ce même clergé sacralise et essentialise ». C’est faux, réducteur et malsain. Bref, sans modération et nuances. L’Eglise infiltrée est la proie de prédateurs implantés depuis longtemps, ce que vous semblez occulter soigneusement.

                            « Ces questions se travaillent avec des sociologues, des théologiens, des psy, des philosophes, des anthropologues ». C’est tronqué encore une fois. Ils peuvent certes apporter d’une aide précieuse pour les victimes et leurs proches mais si l’on occulte la dimension spirituelle on omet l’essentiel.

                            Votre approche légaliste et continuellement à charge contre l’institution est prévisible car votre parcours personnel prends le pas sur l’objectivité. « L’institution s’est mise toute seule dans une situation criminelle durable qu’elle continue à justifier en ne la traitant pas », écrivez-vous. Encore partiellement faux. Elle a failli mais que faites-vous des autres institutions où la pédophilie et le viol règnent en toute impunité, aux plus aux sommets de l’Etat et dans l’éducation nationale notamment ?

                            Bref, votre charge permanente contre le clergé ne sert qu’à une seule cause : celle de vouloir affaiblir et détruire l’Eglise Catholique infiltrée et affaiblie de l’intérieur depuis des décennies.

                            Une certitude : Vous n’œuvrez certainement pas par Amour du Christ et de sa Justice.

                            • Je n’ai aucune certitude, Isabelle. Si j’en avais, je ne chercherais pas à comprendre les situations et le pourquoi du comment certains groupes dérivants sectaires autant que l’institution pratiquent abus et violences de toutes sortes sur femmes et enfants.

                              Si vous pensez que je me trompe, expliquez moi pourquoi selon vous l’institution pratique, protège régulièrement via certains clercs le viol d’enfants, de femmes, pourquoi les groupes dérivants sectaires cathos pratiquent le viol sur femmes et enfants adeptes.

                              Je suis vivement intéressée par votre explication.

                              Expliquez moi pourquoi aucun pape n’explique la démarche engagée par les Serviteurs du Paraclet pour lutter contre la pédophilie cléricale ?

                              Expliquez moi pourquoi aucun haut-clerc n’a contesté ni dénoncé la politique décidée par P6 alors même que Fitzgerald l’avait alerté personnellement avec des dossiers épais comme le bras et preuves à l’appui, plus une rencontre personnelle, de la dangerosité et du risque majeur qu’en déplaçant et recasant en paroisses les prêtres pédophiles, ils démultiplient les victimes ?

                              Expliquez moi pourquoi P6 l’a viré pour mettre à sa place Joseph Mac Namara qui a aussitôt appliqué le désir de P6 de simplement déplacer et mettre au vert quelque temps les prêtres pédophiles avant de les remettre en service en paroisse ?

                              Expliquez-moi pourquoi à aucun moment le Vatican n’a ouvert ses archives sur ces dossiers liés au St Office (actuellement Congrégation pour la Doctrine de la Foi) ?

                              Expliquez-moi pourquoi il faut des enquêtes de croyants et de journalistes et de documentaristes civils, non religieux pour découvrir toutes ces horreurs et mettre l’institution face à ses crimes ?

                              Pourquoi à aucun moment, il n’y a de haut-clerc suffisamment courageux pour dénoncer ces situations criminelles et abusives ?

                              Vous avez certainement des réponses très intéressantes à m’apporter puisque selon vous, je ne comprends rien à rien parce que féministe, intellectuelle…

                              Allez-y ! J’attends avec impatience vos réponses.

                              • @ Francoise,

                                Je ne tomberai pas dans votre panneau « Expliquez-moi » ! Désolée mais il est trop grossier pour être honnête. ^^

                                Vous n’êtes nullement intéressée par mon explication car vous condamnez - sans aucune relecture spirituelle - le clergé et l’Eglise. Un vrai melting-pot fait d’amalgames simplistes et caricaturaux. C’est un fait.

                                Alors inutile d’épiloguer plus avant.

                                Je vous ai déjà maintes fois répondu sur ceux qui œuvrent en coulisse (et maintenant ouvertement) à la destruction programmée de l’Eglise Catholique.

                                Or, votre enfermement dans un schéma d’analyse et de pensée abscons et biaisé occulte toute honnêteté intellectuelle ou lucidité sur la causalité première des dérives actuelles que je condamne fermement.

                                Argumenter avec vous s’apparente à verser de l’eau dans le tonneau des danaïdes.

                                Une chose est sûre : l’Eglise, fondée sur la pierre angulaire qui est le Christ, prévaudra et aura la victoire contre les forces qui veulent salir et détruire l’œuvre de Dieu. En particulier les officines de la judéo-maçonnerie, ne vous en déplaise.

                                Bye-bye ! ;-)

                                • Donc en fait, votre intervention se résume à du bottage en touche… Et reprendre le refrain de l’extrême droite d’Alain Soral ! Quelle drôle d’explication ! En réalité, Isabelle, vous ignorez tout de ce dossier pédophilie cléricale, n’est-ce pas ? Ce qui vous importait ; c’était juste de vous en prendre à moi, gratuitement, simplement pour le plaisir de vous défouler. Sans aucunement argumenter, comme d’hab ! Je ne sais pas comment vous pouvez prétendre aimer l’institution et la sauvegarder avec de pareilles attitudes et propos. Parce qu’en réalité, la seule chose que vous faites, c’est jouer les trolls et montrer à l’exemple de l’institution à quel point vous êtes sourde totalement à la violence institutionnelle cléricale sur les croyants enfants comme adultes. Ce qui est effroyable dans votre positionnement, c’est que vous-même avez souffert de ça. Mais à croire que les abus et violence subis ne vous ont strictement rien appris. Et hardi tiens bon, vous continuez dans le même délire charismatique avec une autre communauté dans les idéologies fachos qui vont bien (ah la théorie du complot judéo maçonnique chère à l’extrême droite). Doit y avoir de sacrés blocages et peurs d’abandon chez vous pour continuer dans ce type de parcours. Je vous plains, vraiment.

                                  • Je ne vous plains pas Françoise. Je prie pour vous.

                                    Ceux qui ont un minimum de bon sens (ou du jugeote) feront le trie sur ce forum où vous déversez des contre-vérités flagrantes et une attaque systématique de l’institution sans rien connaître de l’intérieur. C’est répétitif, redondant et lassant.

                                    Ps : évitez les relectures accusatoires et pseudo-psychologiques bas de gamme du type « Il doit y avoir chez vous de sacrées idéologies fachos liées à l’extrême droite » ou encore « vous accréditez le complot judéo-maçonnique ».

                                    Pathétique.Vous vous enfoncez et vous discréditez de facto. ^^

                                    • Jusqu’à présent, c’est essentiellement vous qui vous décrédibilisez en déposant régulièrement sur le forum, de la propagande antisémite et complotiste issue de chez Egalité et Réconciliation de Soral, Isabelle.

                                      Les termes choisis de vocabulaire complotiste, le parcours décrit qui montre bien que vous n’avez jamais remis en cause ni en question les dérives sectaires du Renouveau Charismatique, puisque vous replongez dans les mêmes marigots version Béatitudes après Verbe de Vie. Tout ce contexte dont vous déposez des extraits, montre bien hélas votre enfermement et l’incapacité de sortir du registre sectaire. Pour ne pas pouvoir le faire, nul n’a besoin d’un diplôme psy ou socio pour comprendre les blocages qui sont les vôtres et l’angoisse de l’abandon pour passer d’un gourou à un autre. Un peu de vécu suffit pour comprendre la situation.

                                      Je vous pose des questions précises sur des faits précis, des personnalités cléricales précises et vous êtes dans l’incapacité d’y répondre. Ce n’est pas la première fois, c’est régulier et sur différents sujets, c’est la même chose. Vous bottez en touche systématiquement. Et c’est moi qui ne comprend rien au sujet ? Arrêtez l’inversion des comportements, s’il vous plaît. Parce que c’est vous qui êtes pathétique sur ce coup-là. Si vraiment vous maîtrisez le dossier et le sujet pédophilie cléricale, vous pouvez y répondre comme une adulte, clairement. Jouer le registre de la puérilité comme vous le faites, ne fait pas avancer la discussion. Mais continue de montrer votre côté troll.

                                      Vous parlez de redondance dans mon propos ? Mais la pédophilie cléricale ne l’est-elle pas depuis des siècles ? Pourquoi ce crime persiste-t-il dans une institution sensée combattre les atteintes à l’intégrité et à la dignité des personnes ? Pourquoi les papes en dehors un peu de J23 n’ont quasiment rien traité à ce sujet pour en finir avec ces crimes, mais au contraire ont tout fait pour les perpétuer ? L’enfant est-il pour eux un objet sexuel indispensable à leur vie religieuse ? Pourquoi femmes et enfants dans l’Eglise doivent-ils vivre sous la terreur permanente d’être un jour violés, abusés par des clercs ou des dirigeants de mouvements religieux sectaires ? Cela n’a rien à voir ni avec la franc-maçonnerie, ni avec le diable ni avec le judaïsme. Jésus était juif et n’avait pas pour habitude de violer ni abuser les enfants et les femmes.Il a au contraire dénoncé ces agissements de façon on ne peut plus claire. Le viol, l’abus sexuel ne fait pas partie de la culture juive non plus. Alors il est où le problème ?

                          • Merci Françoise, de porter le message aussi pour touts ceux qui ,comme moi, ont du mal à le porter correctement. Vous avez raison, je n’aspire pas à la perfection dans cette église, je lui demande juste une chose :quand quelqu’un se noie ne pas lui enfoncer la tête sous l’eau et quand quelqu’un est un train de glisser, ne pas le pousser dans le vide…

                            Mais j’avais bien compris que cette église noble ,responsable, capable de redresser les torts qu’elle a commis, qui assume ses paroles et actes, qui tente de réparer l’injustice qu’elle a causée et cause toujours, n’existe pas. Celle qui existe aujourd’hui, qui sépare les victimes dans « les bonnes »et dans « les mauvaises » m’est inacceptable. Si je ne vivais pas depuis deux ans toute cette humiliations dans ma propre chaire et ans mon amé encore à l’heure actuelle, il y aurait longtemps que je serais passée à autre chose.

                            D’ailleurs, qu’est ce que tous ses bons pensants croient, qu’il faut du courage pour virer le père Vignon de son poste de juge et puis crier « très humblement » à la radio :oh lala, encore tous ces méchants qui m’accusent à tort moi, le cardinal qui suis si bon, si innocent ! Non, cette haine est la sienne à l’égard de tous ceux qui ne pensent pas comme eux et qui refusent cette soumission de part de son institution pourrie jusqu’à la moelle qui n’attende qu’une chose : que tous les survivants de sa violence referment leurs plaies au plus vite et que tout redevienne comme avant ! C’est un cauchemar ! Les représentants de cette institution nous recouvrent de leurs propres ténèbres et vont ensuite clamer que ce ne sont pas eux mais les enfants et les femmes les mouvais, les chiens, possédés de démons ? Ca aussi je vis dans ma chair parce que j’ai osé de m’exprimer publiquement dans un journal local et sur un forum. Mon Dieu quel tragédie, quel diffamation ! D’ailleurs, si je n’avais pas eu des preuves écrites et des certificats médicaux, personne ne m’aurais cru. Malgré cela, j’avais quand même le droit au statut de salle harceleuse, pute, avec un comportement et un style vestimentaire indécent, etc de la part ces prêtres innocents. Apres tout cela, ca vous étonne, agapè, que je jette des pierres sur votre Eglise chérie et que je pète les plombs quand vous défendez vos prêtres innocents ? Je ne m’inquiète pas pour eux, ils survivrons. Moi ? Je ne sais pas. Ca dépend, si l’Eglise continue de cracher sur son peuple et de créer des commissions bidon, où vraiment change son comportement, y compris à l’égard des ses propres membres comme ces prêtres maltraités.

                            • LM, Oui, je défendrai toujours les prêtes innocents, et je ne vois pas en quoi cette défense fait obstacle à celle des victimes d’abus……. Vous dites « ils survivront » ce que je ne me permettrai jamais de dire pour une personne victime d’abus…. D’ailleurs certains prêtres n’ont pas survécu, ils se sont suicidés.

                              • C’est juste incroyable ! Pourquoi vous contentez- vous de lire cette partie dans mes commentaires, celle qui dérange vos perceptions ordinaires, vos repères familiers, mais pas celle en parallèle ainsi défigurant le véritable sens de mon message ? Je comprends mieux maintenant pourquoi il y a si peu de victimes qui osent prendre la parole en publique. Même sur des forums dédiés à notre cause, on est culpabilisés en permanence, traités d’impudiques ou même des menteurs comme c’était mon cas récemment sur golias..

                                Les prêtres accusés à tort ce n’est pas le sujet du jour. Et même… ce sont des adultes matures qui peuvent se défendre tous seuls comme n’importe quelle autre personne- victime d’injustice. En aucun cas ce ne sont des enfants abusés qui eux, par contre, ne peuvent pas prendre leurs décisions tous seuls et choisir la route à suivre.

                                Vous les défendez autant que vous voulez, mais ne les réduisez pas à des enfants sans défense ou plutôt à des robots conditionnés pour qui le chemin a déjà été tracé par d’autres ,sans aucune possibilité de se choisir la vie qu’ils veulent. En tant que victime, je n’ai pas la même responsabilité que mon abuseur, cependant, oui, moi aussi je suis responsable en partie de ce qui m’arrive et comme chaque être humain, j’ai avec moi et en moi de quoi faire surgir la lumière et apprendre à vivre avec cette blessure. Le chemin est long. Et tout le monde n’a pas la même force d’ame, c’est sûr.

                                Quant à cette discussion , elle devient vraiment pénible pour moi. En plus,vous le savez très bien qu’il y ait beaucoup plus de victimes d’abus qui s’est suicident ou des prêtres coupables, que les innocents. Inutile de jouer sur ces actes tragiques qui sont telles pour tout le monde.

                                • Vous me me prêtez des comparaisons que je ne fais pas.et une fois de plus je ne vois pas en quoi prendre en compte la souffrance d’un innocent condamné diminue celle de celui qui a été abusé.

                                  • Est ce qu’ils sont muets qui ou incapable de se défendre tous seuls comme le reste du monde ? Que faites vous réelle à part parler pour eux ici sur l’envers du decor ? Avez vous crée une association pour leur cause, soutenez-les vous autrement ? Sinon, je ne vois pas à quoi ca sert ce pipelettage sans les actes concrets derrière !

                                    Mon interprétation de vos postes est aussi souveraine que la votre…

                                    Je vous laisse, cette mascarade a déjà assez durée.

                                    • Ils sont muets parce que le droit canon leur interdit de parler publiquement du contenu d’un dossier judiciaire , ce qui rend très difficile de faire appel à l’opinion publique en alertant les journalistes par exemple.

                                      • Bonjour Agapé, vous souvenez-vous de moi ? Nous avons déjà discuté sur ce forum il y a quelques temps. Je fais partie des sales menteuses, calomnieuses et traitres qui a répandu de fausses rumeurs pour trainer un prêtre dans la boue et le faire condamner, mais fort heureusement, il a été réhabilité par le Vatican in extremis et est proclamé martyr et saint par son entourage. Peut-être parlons-nous de la même personne ?

                                        • Bonsoir Sérénité, oui, je me souviens de vous. Je ne peux pas répondre à votre question puisque je ne connais pas le prêtre dont vous parlez. Mais s’il est coupable ce ne doit pas être lui. Vous ai je dis que vous êtes menteuse et calomnieuse ? pourquoi me prêtez vous cette pensée ? Les deux réalités : des abus sexuels et des innocents condamnés ne peuvent ils pas coexister ? Se soucier des uns, implique t’il forcément qu’on méprise les autres ?

                                          • Ca fait au moins trois fois que vous exprimez votre étonnement sur cette soit disant non -cohabitations des innocents et des abusés. Personne n’a jamais dit ca ici. En outre ,en quoi Sérénité serait concernée par ce sujet qui est une victime d’une double injustice ? Il faut l’avoir vraiment vécu soi-même pour comprendre cette souffrance qui tourne dans le cœur et la tète de l’aube au crépuscule. D’ailleurs, souvent ces sont les pires ceux qui ont été relâchés faute de preuves ou parce qu’ il y a la prescription. Apres voir ces coques arrogants continuer de tourner autour de leur propre nombril dans leur basse cour en ricanant, c’est inexplicable.

                                            Lorsque vous venez défendre un prêtre victime d’injustice et quand en face de vous est une victime d’injustice qui vit tout cela dans son corps et son âme et que vous passez encore une fois la souffrance de votre prêtre avant la personne en face, c’est extrêmement blessant. Pour vous il est apparemment impossible de comprendre cela pour qui, déjà à la basse, les prêtres sont tous des héros sacrés entièrement dévoués au salut du monde, et ceux qui sont accusés à tort, alors là, ces sont des martyrs par excellence ! Tout mérite soin et attention, mais ENCORE UNE FOIS,CE N’EST PAS DE CETTE MANIERE LA QUE VOUS ET L’EGLISE ARRIVEREZ à CHANGER LES CHOSES ET ECHAPPER à VOTRE PROPRE HONTE ET CULPABIITé ,surtout en ignorant les victimes des pédophiles et autres violences spirituels, psychiques et physiques faites aux fidèles et en plus, en mettant an avant les prêtres. Plus l’Eglise abaisse et rejette ses victimes ,plus elle aggrave sa propre blessure.

                                            Je n’ai aucun prétention de croire que mes paroles vous touches, tout ce que j’écris depuis trois jours, sont des paroles inaudibles comme d’habitude et en vérité peut être résumées en une seule phrase : le seul reproche que je fais à l’Eglise et à ses haut représentants ce de ne pas assez aimer les personnes en souffrances et les laisser mourir, y compris leurs propres prêtres. Point.

                                            C’était ma dernier intervention, je ne crois pas pouvoir apporter davantage.

                                • Sur les suicides, je voulais écrire qu’il y ai beaucoup plus de victimes d’abus et de prêtres rongés par la culpabilité qui se suicident que les prêtres accusés à tort. Mais oui,ca arrive est mon cœur saigne pour eux.

                                  Prendre soin de moi, ca reste toujours très difficile.

                                  Agapè a failli perdre la vie, elle sait donc ce que c’est de se battre pour sa vie physique. Mais ce qu’elle et ces prêtres ne savent pas, ce c’est que se battre pour sa vie tout en s’occupant des trois enfants à base âge, dans un isolement totale depuis deux ans, sans famille autour, parce que la famille, les amis sont loin, en bouffant ce qui donne la croix rouge, sans aucun issue en perspective, en voyant un psy de CIDFF une fois par mois, faute de moyens pour avoir une psychothérapie adéquate. Beaucoup de victimes sont dans des détresses similaires, que nous ne pouvons pas dire des ces prêtres délinquants, ni même pas de ceux qui sont accusés à tort. Et ils n’ont jamais eu faim, ils n’ont jamais vécu dans la rue, moi si. Je m’arrête là, me dévoiler ainsi sur la place publique est une profanation supplémentaire et cette fois causée par moi-même.

                                  • Liene

                                    Si vous avez besoin, on peut se coordonner tous ensemble pour vous soutenir à différents niveaux (colis, bonnes adresses, etc). Le forum peut aussi servir à ça, non ? En terme de prise en charge psy, si vous êtes en ville, vous devez pouvoir accéder à un Centre Médical Psy gratuit, sans rien payer et plus régulier qu’une fois par mois via le CIDFF. Cela pourrait peut-être vous donner un complément thérapeutique supplémentaire plus adapté à vos besoins actuellement, non ?

                                    Maman aussi, je me doute que ce n’est pas facile, seule avec 3 enfants à charge en bas âge. C’est une lourde tâche éducative et d’investissement, dévorante quand on se retrouve seule à la barre parentale. L’assistante sociale qui vous suit, peut-elle vous envoyer au moins une aide ménagère pour vous soulager un peu ou voir s’il y a une place en crèche pour l’un ou l’autre enfant pour que cela soit moins dur en semaine pour vous ? C’est important que vous gardiez un peu de temps à vous, pour vous, histoire de reprendre pied, faire une activité qui vous fasse du bien et qui puisse vous permettre de garder de l’énergie, de l’espoir, vous apaise aussi.

                                    Si je peux plus concrètement vous aider, Liene, je le ferai avec plaisir. Vous pouvez me contacter par mail en passant par Xavier.

                                    En attendant, je vous passe les coordonnées d’une structure nationale qui a des bureaux dans toute la France et qui peut vous aider en complément tant au plan psy que juridique ou social. Souvent quand on vit une détresse extrême, on ne pense pas forcément à cette structure mais qui est vraiment très très bien et qui pourra certainement vous aider près de chez vous. Vous avez la carte depuis leur page d’accueil de tous les relais de l’association département par département. J’espère qu’une de ces assos est installée à proximité de votre domicile. Ils disposent d’un numéro pour les contacter 7 jours sur 7. Ca peut toujours servir.

                                    Au plaisir de vous lire.

                                    http://www.france-victimes.fr/

                                    PS : Il n’y a pas de profanation à dire les choses telles qu’elles sont. Si on partage pas simplement nos situations, que ce soit des choses dures comme plus douces, à quoi servirait la vie en société et les forums ?

                                    Agapé d’après ce qu’elle m’avait dit sur Golias, s’occupe professionnellement de femmes en grande détresse en parallèle à son engagement religieux. Elle devrait je pense comprendre les difficultés que vous traversez. Quant aux prêtres, si certains effectivement sont complètement déconnectés des dures réalités de la vie, d’autres ont connu faim, difficultés diverses et variées et sont réellement conscients des difficultés traversées par les victimes de dérives sectaires comme de pédophilie (cf Pierre Vignon, Charles Morerod, Gabriel Ringlet par exemple). On ne peut pas mettre tout le monde dans le même panier.

                                    Courage, Liene ! Et n’hésitez pas à me contacter par mail.

                                    • Chère Françoise, je suis trop émue pour vous donner une réponse plus construite. Juste deux mots. J’ai craqué hier mais ce n’est pas dans ma petite misère personnelle qui est importante. Le problème est ailleurs, vous le savez. La position d’agapè est noble, mais ce n’était ni lieu ni le moment pour aborder ce sujet. D’autant plus qu’ internet est plein d’articles sur ces fausses accusations,( contrairement à ce qu’elle dit, ) sur des prêtres innocents, Et beaucoup de forums catholiques avec une autre sensibilité en parlent énormément. Si les victimes de pédophilie est des femmes abusées ne peuvent même plus s’exprimer sereinement sur ce seul forum crée pour leur cause, sans être piétinés il faut faire quoi, faire un suicide collectif pour être pris au sérieux ? Non seulement nous devons vivre avec les séquelles dramatiques physiques, psychiques et autres suite a ses abus, mais en plus de subir la présomption de mensonges des victimes. Pan…

                                      • Bonjour Liene

                                        Parler des vraies situations, des vraies choses de tous les jours, de l’impact que ces violences ont dans le moindre geste, dans toutes nos relations, dans notre intimité, c’est faire avancer tout le monde. Pas juste soi. Le parler vrai manque. C’est ce que nous constatons partout. Donc vous avez le droit de craquer, de dire ce qui ne va pas pour vous seule et votre famille. C’est normal et c’est bien. Et on a aussi le droit de vous aider à notre petite mesure, autant qu’on peut. C’est ça la solidarité, la fraternité de plein pied. Personnellement, je peux pas envisager de rester sans rien faire, quand j’entends que vous êtes acculée aux difficultés. C’est pas possible pour moi. Parce que c’est dans ma façon de fonctionner et qu’en plus, j’ai vécu des choses similaires sans qu’elles relèvent des mêmes agresseurs. La survie physique, je connais, et le surmenage aussi face à la précarité, aux difficultés qui s’empilent. Donc forcément, ce que vous dites, me parle au plus profond. Ca rejoint du vécu concret que j’ai traversé par le passé.

                                        Et les mains tendues, dans ces cas-là, on en a tous besoin. Donc y a pas à vous culpabiliser de quoi que ce soit. C’est essentiel pour vous d’aller bien, pas seulement pour vous mais pour vos enfants, pour pouvoir surnager, simplement vivre dignement. Donc tout ce qu’on peut activer comme idées, comme aide directe ou indirecte, on le fait simplement.

                                        Parce que vous êtes notre soeur. C’est tout.

                                        Vous ne pourrez pas traiter le problème de fond lié à l’institution qui vous a humiliée, salie, abîmée, si vous allez mal. Pour le traiter ce problème de fond, il vous faut toutes vos forces. Et la solidarité, la cohésion de tous ceux et celles qui peuvent. Penser à vous est donc primordial. Quand vous allez bien, vous pouvez mieux gérer le quotidien, vos petits et le reste aussi. Et vous pouvez libérer une énergie plus vive pour traiter les problèmes qui vous préoccupent.

                                        Essayez de voir avec France-victimes ce qu’ils peuvent faire pour vous soutenir, ce qu’ils peuvent vous proposer. Ce sera sans doute pas des miracles. Mais tout positif et aide sont bons à prendre dans le contexte, non ?

                                        Je vous embrasse bien fort. Et comme nous nous le disons souvent avec Ana, on continue ! ;-))

                                  • Bonsoir, LM, Je sais que vous ne voulez pas me parler , mais par rapport à la souffrance que vous évoquez il y a des possibilités d’aide…. Vous pouvez trouver une assistante sociale de votre quartier ( beaucoup moins perverse que moi) et qui vous proposera aussi le soutien d’une écoute psychologique au CMP, ce qui est totalement gratuit… Bien à vous

                                    • Je crois que vous n’avez toujours pas compris mon problème, Agapé. Pourtant, en défendant vos prêtres innocents, vous auriez du voir que ce n’est pas d’une assistant social dont j’ai besoin mais d’une justice morale, d’une réparation morale. Vous ne connaissez pas ma vraie histoire, juste ce que j’ai voulu vous raconter ici même. Ce qui s’était passé avec le prêtre c’est une chose, c’est qui s’était passé avec ses supérieures, c’en est une autre. Et c’est sans doute parce qu’on voulait si ouvertement m’anéantir que j’ai trouvé la force de leur résister et commencé ce combat insensé depuis deux ans maintenant. En faite, j’ai mis ma vie en parenthèse pour jouer le justicier, pour jouer à cette guerre sans la connaitre, ni connaitre mon adversaire. Mon le plus grand défaut, c’est de me battre comme un animal blessé. Aujourd’hui ,je paie le prix de ce combat inégal où je représente plus le mouvais objet persécuteur , porteur de la haine qu’autre chose. Je n’ai pas de santé ni la parole facile comme Françoise ni de carrure de Xavier , François D ou Marie - Laure pour pouvoir efficacement réveiller l’opinion commune, basculer les naïfs qui répètent ce qu’on leur dit sans vérifier et préfèrent leurs chimères à la vérité. Et je suis vraiment dégoutée qu’il y ait si peu de victimes qui osent entreprendre quelque chose pour que cette justice puisse être rendue un jour. J’ai très honte d’avoir été, moi même trop naïve, d’avoir cru qu’un mouvement collectif puisse être possible, une sorte des gilets jeunes des chrétiens indignés. Quelque fois je dis des choses trop violement , mais j’ai vraiment perdu tout estime pour cette Eglise et leurs représentants où le clivage et la projection sont toujours à l’œuvre et engendre pour ses membres un sentiment de supériorité narcissique extraordinaire (due certainement à une identité précaire ce qui empêche la croissance). Le Père Vignon, e Mgr X, et les autres rares battants, c’est juste merveilleux , ca redonne de l’espoir, mais malheureusement ce n’est pas suffisant.

                                      Vous avez votre combat, Agapé. Moi j’ai le mien, finalement pas si différant du votre. Et même dans une situation compliquée aujourd’hui, je ne suis pas une petite chose à plaindre. Garder votre compassion agapèiste s’il vous plait pour celles et ceux qui en ont vraiment besoin.

                                      • Je crois en vos capacités LM et je n’ai pas pour habitude d’enfermer les personnes dans un statut de victime. Je n’ai fait que répondre à ce que vous avez exprimé dans votre post. D’ailleurs depuis le début de cette discussion , j’ai surtout répondu aux questions que vous m’avez posées. Je n’ai toujours pas compris en quoi mon combat piétine le votre et fait entrave à votre désir de justice morale car je suis animée par ce même désir.

                                        • Pourtant c’est simple, ma haine de moi même, ma culpabilité depuis 16 ans se sont transformées en haine envers lui et tout ce qu’il représente. quand j’ai compris que ce n’était pas moi le monstre mais le prêtre et sa congrégation, et même toute l’Eglise catholique qui prétendez toujours vouloir mon bien, sauf que les humiliations et l’autorité , avec laquelle ils prétendaient m ’aider ne contribuaient qu’à m’isoler et à me détruire chaque jour un peu plus, j’ai peté les plombs..L ’an dernier c’était l’horreur,presque tous les jours je me disais qu’il vaut mieux mourir que vivre surtout si ma mort pouvait les nuire- ça ne fait jamais très bon genre d’avoir une victime suicidée. Apres j’ai compris, qu’ils n’ont rien à foutre si les victimes meurent, au contraire, ca les arrangerait. Aujourd’hui ,je vois même que l’Eglise n’a rien à foutre non plus lorsque ses prêtres se suicides. Meme si je ne porte pas les prêtres dans mon cœur, je sais que ce ne sont pas eux le problème. C’est juste qu’en ce moment je suis trop épuisée pour pouvoir ressentir de la compassion envers qui que ce soit.

                                          Si vous me le permettez , je vais m’arrêtez là. Je ne me sens pas du tout à l’aise avec ce genre de conversation.

                            • Bonjour Lienne

                              Ne me remerciez pas. J’essaie juste de comprendre les motivations, les raisons qui portent l’institution dans ces types de comportements criminels. Ce qui me choque profondément, c’est ce maintien des crimes et abus sexuels comme s’ils étaient indispensables. S’ils sont indispensables réellement, cela veut dire qu’ils permettent d’asseoir le pouvoir du clergé et essentiellement du haut clergé. On est donc en ce cas dans un exercice de domination totalitaire. Quand les principales victimes sont des femmes et des enfants et que les principaux auteurs sont majoritairement des hommes, il y a quand même un vrai problème dans le rapport qu’entretiennent de nombreux clercs masculins avec femmes et enfants. S’ils considèrent qu’en tant que clercs et hommes, ils peuvent disposer des femmes et des enfants comme objets sexuels, c’est très très grave. Qu’est-ce qui dans leur éducation, dans leur formation religieuse, les a poussés à croire cela et à le faire subir aux femmes et aux enfants dans l’exercice de leur ministère religieux ? Comment prétendre suivre Jésus et considérer que femmes et enfants sont des défouloirs sexuels ?

                              J’attends les explications d’Isabelle qui pense que je me trompe sur toute la ligne.

                              Dans ce que j’en comprends au fil des enquêtes et découvertes, je constate qu’exactement comme dans le patriarcat de la société civile, la culture du viol et la protection des violeurs sévit dans les mêmes proportions majeures au sein de l’institution cléricale romaine, jusqu’à son plus haut niveau.

                              Ce qui a de la valeur, ce qui soude croyants et institution, c’est la possibilité de se faire confiance. Cette confiance est complètement rompue. Et elle est rompue parce que d’un côté le discours institutionnel prétend protéger les victimes, les croyants, les accompagner pour parvenir à une spiritualité heureuse, épanouie, mais en réalité dans les faits, l’institution cléricale protège les violeurs et abuseurs et soutient des organisations, des clercs, des engagés religieux qui manipulent, blessent, sèment la confusion et le désespoir chez les croyants. Ca ne peut plus continuer.

                              Et quand un prêtre dénonce ce système comme l’a fait Pierre Vignon, il est viré. Signe encore plus flagrant envoyé aux croyants et aux victimes que les violences sexuelles n’ont pas pour l’institution d’importance ni de gravité criminelle. Ce qui est criminel aux yeux de l’institution, c’est qu’on la dénonce comme actrice et protectrice de ces crimes. C’est son image qui importe plus que les faits criminels.

                              On se retrouve donc exactement dans la même configuration d’inversion des responsabilités et des crimes qu’on retrouve dans la société civile face à l’inceste et à la pédophilie, qu’elle relève d’institutions scolaires, sportives ou de familles.

                              Et c’est cela le plus insupportable. Et ça ne s’applique pas qu’en France.

                              On observe cela partout. Je lisais récemment sur des sites canadiens francophones que pour les Orphelins de Duplessis, l’Eglise comme les psys impliqués dans ces crimes d’internement forcé attendaient impatiemment que la plupart des contestataires meurent pour avoir la paix. On entend sensiblement aussi ce type de discours en Irlande dans les congrégations qui ont violenté, abusé par le travail forcé, le trafic d’enfants, des enfants et adolescentes et jeunes femmes. En Suisse, jusqu’à ce que les différents types d’internements et d’oppressions des populations pauvres et yéniches dans des institutions religieuses abusives soient réellement dénoncées par l’Etat puis par l’Eglise, avec en plus tout un travail de réparation et d’action éducative, d’aveu de responsabilité criminelle en parallèle, on pouvait entendre le même type de discours. Même chose en Australie. En fait si on fait le tour du monde des problématiques criminelles et abusives conjointement réalisées par état et religion catho, et que ces crimes n’ont toujours pas été réellement traités et réparés, le discours est toujours une pratique d’inversion des responsabilités et du déni. C’est le classique du classique !

                              Il y a eu pourtant des lanceurs d’alerte engagés religieux. Richard Sipe dont j’avais parlé ici, Gerald Fitzgerald bien sûr, Eugen Drewermann, Patrick J. Wall, le père Vignon maintenant. Mais non…surtout ne pas écouter ces clercs. Les virer, les diaboliser…mais surtout continuer comme avant à protéger et cacher crimes et criminels. On croit rêver…façon cauchemar.

                              J’écoutais récemment l’interview de Gianluigi Nuzzi interrogé à ce sujet et voilà ce qu’il en dit actuellement au regard de toutes les affaires qui sortent sans qu’elles soient réellement traitées par l’institution :

                              https://www.arte.tv/fr/videos/080266-001-A/entretien-avec-gian-luigi-nuzzi/

                              Et lui est au plus près de ce qui se passe au Vatican puisqu’il est régulièrement sollicité par clercs, hauts-clercs, religieux, religieuses qui se confient sur des affaires criminelles vaticanes et institutionnelles.

                              Alors je pense que nous ne pourrons compter pour avancer sur ces dossiers que sur quelques clercs comme Pierre Vignon, Charles Morerod, Gabriel Ringlet et sur nous-mêmes et la société civile, quelques journalistes. Encore que, même les journalistes indépendants ne sont pas toujours enclins à dévoiler toute l’étendue des crimes. J’avais monté un dossier assez complet pour Daphné Gastaldi début 2016, avec liens, références bibliographiques, vidéos, qui auraient pu contribuer à dévoiler la responsabilité institutionnelle depuis 1965 sur les dossiers pédophilie cléricale et elle n’a jamais osé publier. Quand je lui ai demandé pourquoi, elle m’a dit qu’elle n’avait pas trop le temps, que c’était long…alors même que ces documentations auraient permis de pouvoir mieux traiter l’affaire Preynat et rappeler à Barbarin qu’il fallait qu’il arrête de prétendre qu’il ne savait rien et que l’institution n’avait rien à voir avec ces crimes et leur protection. Que ça passe par We report, Mediapart, Cash Investigation, il y avait de quoi pouvoir faire un reportage intéressant et instructif sur le sujet. Qui permettrait que Barbarin soit jugé au pénal et pas que lui sur ces sujets, autant que Preynat. Le fait que rien ne soit sorti (même s’il y a quand même eu quelques reportages intéressants et des interventions utiles et pédagogiques sur le sujet) permet de maintenir les citoyens dans l’ignorance et donc de facto, justifier les clercs impliqués et l’institution dans le déni et la perpétuation criminelle. Et ça, ça m’énerve vraiment. Parce que je pense aux femmes, aux enfants qui continuent à l’heure où nous échangeons de subir violences, abus sexuels de la part de clercs, religieux et qui comprennent bien que l’institution n’est toujours pas réellement inquiétée ni poursuivie pour ces crimes et qu’elle ne traitera pas le problème réellement, sauf de façon marginale ou plus généralement pour continuer de dissimuler crimes et criminels le plus longtemps possible, et les soustraire à la justice pénale.

                              Je n’ai pourtant rien à eu à subir en terme de violences sexuelles de la part du clergé, mais peut-être parce que je sais en tant que victime d’inceste, ce qu’est ce type de violence et d’oppression et comment le déni blesse et participe au traumatisme, je ne peux pas envisager que femmes et enfants continuent de vivre ces horreurs. C’est pourquoi aussi j’ai participé à la manif #Noustoutes également. Les crimes sexuels, les violences que subissent femmes et enfants que ce soit de la part du clergé comme du reste des institutions et individus doivent cesser et doivent être réellement combattus, dénoncés, traités. Une société humaine ne peut pas avancer sans rejeter le viol et les violences criminelles en général. Car le viol fait obstacle à toutes les avancées de liberté, d’égalité, de fraternité, de paix, d’intégrité, de respect. Tant que les centres de pouvoir et les individus en général n’auront pas compris cela (en dehors des victimes), on ne pourra pas progresser sur ces sujets, il me semble.

                              Prenez soin de vous, Liene ! Tout mon soutien !

                          • « Mais aucun prêtre, aucune religieuse, aucun membre du clergé. »Je l’ai beaucoup regretté

                            Qu’en savez vous ?

  • Pierronne la Bretonne 21 novembre 2018 11:14

    Pierre, frère en Christ, « Une petite mise au point… décapante » et essentielle ! En effet, votre article, analyse très lucide, est d’un poids non négligeable face à l’effrayante réalité qui ébranle l’institution. La Communion dans l’Esprit-Saint et l’avenir de l’Eglise ne peuvent tolérer un tel déni. Dans l’Amour du Christ, soyez assuré de mon soutien et de ma prière.

    • Hier soir [23.11.2018] à Milan, avec deux amis, je suis allée écouter la présentation du livre GIUSTIZIA DIVINA de Emanuela Provera et Federico Tulli par Prof. Marco Marzano et les auteurs qui étaient présents. Grand intérêt à retenu le débat fort passionnant sur le sujet des abus sur mineurs dans l’Eglise … « VOICI OU ET COMMENT L’EGLISE CACHE DES PRETRES PEDOPHILE ».

      Maitre Pascal Hubert a inséré dans son blog - parmi d’autres sujets - une brève présentation du livre en français.

      https://laveritesijemens242355175.blog/2018/11/17/voici-ou-et-comment-leglise-cache-des-pretres-pedophile/

      En final de l’échange j’ai aussi relaté en très bref Votre expérience, Père Vignon. Professeur Marco Marzano - sociologue du Nord d’Italie - était au courant par la « LA CROIX » et pas surprit de l’événement en soi, mais très heurté du fait que la hiérarchie ne donne pas suite positive à votre réhentégration.

      Pour le public l’étonnement était totale qu’il y a eu une réaction tellement ouverte des victimes qui veulent briser le silence après votre sanction injuste et signent une pétition en très grand nombre.

      Le clerc italien est dans l’omerta la plus totale. Une OMERTA bien instituée par les règles ecclésiastiques. Et les victimes tout à fait écrasées par cela.

      MAIS, par absurde, des intervenants très cultivés qui expliquaient cela parlaient du « cléricalisme » comme si s’était eux à avoir signalé cette racine du problème. Ils n’arrivaient pas à entendre que la « LETTRE AU PEUPLE DE DIEU » c’est le Pape François qui nous l’a écrite à nous tous.

      Pour certains, l’EGLISE est une Institution sans nuances comme si dans l’Eglise tous devaient penser et ils pensent de la même façon. (sic) Parfois c’est vrai… !!!

      Dans l’ensemble de la soirée, la présentation du livre italien se présentait très dure et surprenante … Mais pendant le débat - après la citation de l’affaire Spotlight - l’exemple du courage du Père Vignon, de sa Liberté face à l’Institution comme LANCEUR D’ALLERT a redonné espoir et enthousiasme dans la lutte contre les abus.

      La clef de lecture qui commence par l’abus spirituel a étée retenu et le fait de savoir que l’écoute des victimes est primordiale pour arriver à faire une vraie prévention des abus de pouvoir, de conscience et sexuels a été relevé comme défi. Un même temps il a été dit qu’il estégualement primordiale protéger les victimes des prédateurs/prédatrices et des structures à dérives sectaires dès maintenant.

      Le discours général était abordé sur base de la réalité de l’Eglise et de l’Etat italiens. Intéressante à rétenir est l’opinion d’Emanuela Provera – l’Autrice du livre avec Federico Tulli - qui pense être essentielle la mise au point du Concordat entre l’Eglise et l’Etat qui pourra - à son avis - porter à la résolution du problème (à approfondir !!!).

      Merci Père Vignon, votre exemple devrait se multiplier et cela va se faire, j’en suis certaine. Merci d’avoir fait ce que vous avez fait en conscience et de ne pas abandonner le combat. J’attends votre livre qui sortira prochainement et vous soutiens 100%.

      Votre texte ici publié est un témoignage tellement soufert qu’il portera du fruit, "un fruit qui demeure". Encor grand MERCI !!!

      En communion et bien cordialement, Renata (Italie)

      • Bonjour Renata

        Quel type de concordat pourrait-il se mettre en place avec un état italien fasciste ou peu s’en faut ? On sait où le concordat des années 30 avec Mussolini a amené le Vatican…Alors je ne sais pas si l’idée d’Emmanuela est si judicieuse que cela dans le contexte actuel…Il me semble qu’un concordat arrangerait plutôt les réseaux les plus criminels et les plus fachos présents au Vatican et les groupes dérivants sectaires catholiques romains tous les premiers.

        Aujourd’hui ce qui domine est un Vatican de plus en plus radicalisé avec l’Institut pour la Dignité Humaine et Steve Bannon proche du KKK américain, comme conseiller spécial. Donc proche des idées extrême droite. Donc proche des idéologues extrême droite de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 étoiles. Alors certes le pape a fait cet appel à nous tous. Mais il me paraît plus urgent de travailler hors institution qu’avec étant donné le positionnement majoritaire et la radicalisation que nous pouvons observer ces dernières décennies au plan institutionnel et qui a commencé en réalité dès l’époque de Paul VI. J’allais dire que nous croyants et victimes directes ou collatérales, et les quelques clercs, religieux, religieuses, comme Pierre Vignon qui font ce travail d’information, d’alerte, sommes dans l’obligation de travailler et enquêter et médiatiser hors institution. Patrick J. Wall l’avait compris très tôt aux US quand il était prêtre et envoyé pour jouer le contre feu dans les révélations des crimes cléricaux pédophiles. Peter Saunders et Marie Collins le disent aussi concernant la pédophilie cléricale. Et pourtant eux aussi ont tenté l’aventure avec l’institution via la Commission spéciale créée par le pape F1. Commission qui s’est révélée être une coquille vide !

        Chez vous en Italie, vous voyez bien que Gianluigi Nuzzi s’il peut être informé par des institutionnels du Vatican, médiatise hors institution et sans son accord. Et c’est justement là qu’il permet une prise de conscience et une mobilisation citoyenne. Prenez Carmelo Abbate, prenez Emiliano Fittipaldi, c’est pareil. Ce qui serait vraiment bien, déjà chez vous en Italie, c’est peut-être une coordination d’enquêtes et d’infos entre Nuzzi, Abbate, vous, Emmanuela, Fittipaldi, Tulli et d’autres qui font ce même travail de dévoilement. Une rencontre et mise à plat de tout ce que tous vous avez découvert et savez, ce serait déjà magnifique,énorme pas en avant.

        Et puis après, que nous ayons tous une plate-forme numérique pour déposer nos informations, documents, savoirs respectifs sur dérives sectaires, pédophilie cléricale, dérives diverses. Après, on fait un travail de tri, de mise en lien et un vrai gros livre d’information globale traduit en plusieurs langues. On peut le faire. Il y a des gens partout en Europe et aux US qui travaillent ces questions. En Espagne, en France, en Italie, en Suisse, en Allemagne, en Angleterre, en Irlande, au Portugal. On a simplement besoin de se coordonner tous ensemble, de rassembler nos informations et nos enquêtes, confronter nos documentations, faire un pot commun.

        Je trouve dommage que chacun reste dans sa petite chapelle alors que comme pour les victimes de pédophilie cléricale, il faut faire un groupe international. C’est comme ça qu’on avancera le mieux. Et qu’on pourra aussi le mieux aider, et obliger le Vatican et l’institution en général à juger et à changer sa politique et lâcher ses appuis dérivants sectaires.

        Après, je vous donne mon ressenti personnel. Juste ça. Mais du fait du contexte politique italien et vatican actuel, je trouve particulièrement malvenue l’idée de concordat qui moi me rappelle des périodes plutôt sinistres et noires.

        Merci en tout cas des relais. Au plaisir de vous lire.

        • Bonjour Françoise, j’ai lu seulement maintenant votre intervention.

          Vu l’heure je réponds brièvement :

          1. L’idée de Emanuela Provera concerne le Concordat qui existe déjà entre le Vatican et l’Etat italien. Une modification serait souhaitable pour – à son avis – résoudre certains problèmes…

          2. Donc pour elle il y a un problème majeur et c’est au niveau politique (en Italie) … [lire le livre pour mieux comprendre].

          3. L’enquête de Provera e Tulli est précise, bien documenté avec Nom et Prénom pour arriver à des plainte concrète.

          4. Entre temps leur livre à fait du chemin et a été présenté par RETE L’ABUSO siège à Savona qui représente en Italie l’ECA Ending Clergy Abuse – Directeur Francesco Zanardi [collaborateur aussi de LA PAROLE LIBEREE – Paris] https://www.youtube.com/watch?time_continue=51&v=3qrbZG5ZFFE . Le livre est parmi les sources des preuves des accusation dont le Gouvernement italien devra répondre en Janvier 2019 devant le Comité ONU pour les Droits de l’Enfance.

          5. Voici le lien du REPORT publié sur le site des Nations Unies : https://bit.ly/2U1xkl3 version FR et EN.

          6. Le livre GIUSTIZIA DIVINA [Justice divine] est en italien en format papier. Le focus est sur l’Eglise et l’Etat italien.

          • Bonsoir Renata !

            Merci pour votre réponse.

            Le concordat de 1984 qui a modifié les accords de Latran de 1929, si c’est toujours le même, c’est pas du tout une modification qu’il lui faudrait, c’est une complète destitution.

            Car en Italie, si vous observez bien, ce fameux concordat révisé en 1984, même s’il n’a plus son caractère fasciste, continue de porter atteinte énormément aux droits des femmes, des enfants. Et il a été fait au départ concernant les accords de Latran par le fascisme. Donc il enferme aussi le Vatican dans une logique fasciste qui n’a jamais été dénoncée réellement puisqu’il y avait des intérêts territoriaux et politiques et statutaires en jeu.

            Je vois mal personnellement comment le groupe international contre les abus sexuels pourra s’en sortir face à un état italien fasciste et une institution cléricale qui prend le même chemin avec sa cohorte de hauts-clercs sous la bannière du Klu Klux Klan et de Steve Bannon.

            Il faudrait un réseau citoyen autour du groupe Rete l’abuso. Ca obligerait et l’état et le Vatican à considérer que les citoyens italiens ne veulent plus de cette situation abusive au plan législatif. Manifeste, manifestation, marche blanche…il doit y avoir quelque chose à faire publiquement sur place. L’idée qui me vient, si évidemment la sculpture de Maurizio Cattelan est toujours présente à Milan devant la Bourse, ce serait un grand rassemblement autour, de tous les membres de Rete Abuso, lâcher de ballons, de colombes…Il faut un signe fort, je pense, envoyé à la fois au Vatican et à l’état italien pour un peu marquer les esprits médiatiquement et politiquement aussi.

            Pour ceux et celles qui ne connaissent pas la sculpture dont je parle, je vous mets un clip de chanson de Stephan Eicher, qui la montre : le sourire. La sculpture s’appelle LOVE.

            Et en remplacement du concordat, une sorte d’équivalent de laïcité et de séparation réelle Eglise/ Etat comme en France ? Est-ce que l’ONU peut exiger ça au regard des infractions ?

            Ce qui me paraîtrait important, c’est de rappeler le refus du Vatican à partir de 1965 d’entendre les demandes ni les alertes de Gerald Fitzgerald sur la gravité de la pédophilie cléricale et la nécessité d’internement et destitution des clercs criminels, et de parler de l’abandon de Paul VI de toute politique de répression contre les prêtres pédophiles. Cela placerait le Vatican comme pleinement responsable et acteur majeur au plan politique (car Paul VI a donné des directives pour tous les pays et épiscopats concernant le déplacement et le maintien en fonction et en paroisse des prêtres pédophiles). Et là, ça serait un procès véritablement contre le Vatican qui pourrait s’opérer au plan international et contre le Saint Office où toutes ces informations sont consignées.

            Sur ce sujet, même s’il n’est pas italien, il faudrait dire à Emanuela de contacter Patrick J. Wall aux US, qui a tout un dossier et un témoignage qu’il pourrait donner sur le sujet devant un tribunal international comme italien.

            Je vous mets son blog en lien (Emanuela peut lui écrire en anglais) :

            https://patrickjwall.wordpress.com/about/

            Si je lis un peu l’italien, je ne comprends pas toutes les subtilités. J’aimerais beaucoup qu’on puisse avoir des extraits en français du livre d’Emanuela. Ce serait génial !

            Pensez-vous que dans le contexte politique italien, ce type de mise en accusation de l’état italien par l’ONU pourra avoir lieu ? J’ai quelques doutes…

            Je vous avoue que j’ai un peu peur pour les italiens, pour les italiennes encore plus, car je pense qu’avec ce type de gouvernance, se seront elles qui seront les première victimes des politiques fascistes ainsi que les enfants. Et ça me fait beaucoup de peine.

            Courage à Emanuela si vous l’avez au téléphone ou si vous la voyez. Courage à vous et à tout le groupe. Soutien à Pierre Vignon si vous le contactez. Et merci pour les mises à jour de la pétition.

            Pour ceux que ça intéresse, voici le texte du concordat état italien St Siège, révisé en 1984 et en français :

            https://www.persee.fr/doc/afdi_0066-3085_1984_num_30_1_2600