Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire”

Mercredi 11 décembre 2019

Dans un livre publié à L’Harmattan, une ancienne religieuse raconte l’emprise psychologique et spirituelle dont elle estime avoir été victime de la part du fondateur des Fraternités monastiques de Jérusalem. Un récit pris très au sérieux par les « moines et moniales dans la ville », qui lancent un appel à témoignage, annonce à La Vie le prieur général, Frère Jean-Christophe Calmon.

Anne Mardon livre dans son ouvrage, Quand l’Église détruit (L’Harmattan) un accablant témoignage d’emprise psychologique. Elle aurait été victime de votre fondateur, frère Pierre-Marie Delfieux. Comment accueillez-vous sa parole ?

Ce livre est bouleversant ! C’est une lecture difficile, mais importante. J’ai été envahi d’un sentiment de compassion pour elle en le découvrant. Même si c’est un contexte – les années 1979-1987 – que je n’ai pas connu, car je n’étais pas encore Frère de Jérusalem à l’époque, je suis bouleversé qu’une sœur ait pu vivre une telle souffrance dans notre communauté. J’ai sollicité les personnes qu’elles cite dans son récit, pour voir si elles avaient elles-aussi vécu une souffrance jusqu’ici non exprimée. Ce désir d’écoute ne me quitte plus : il nous faut accueillir l’histoire de notre communauté telle qu’elle est.

C’est-à-dire ?

On entend facilement l’aspect lumineux de la période de fondation des Fraternités, l’enthousiasme d’une Église en pleine effervescence. Nous devons faire la vérité en recevant aussi la part sombre de cette histoire, en écoutant ceux et celles qui ont été mis de côté, abimés par notre mouvement. Aujourd’hui, je veux tendre la main à ces personnes pour leur dire qu’elles font partie de notre histoire.

Suite de l’article sur le site de La Vie

Vos réactions

  • Ancienne soeur Un 14 août 2020 17:39

    Concernant les Fraternites monastiques de Jérusalem, je m’aperçois que l’article qui leur est consacré sur Vikepedia conclut que le témoignage d’Anne Mardon est le seul qui parle d’abus spirituel et psychologique concernant leur fondateur : Pierre-Marie Delfieux, après la mise en place de leur « cellule d’écoute « et qu’au contraire, de nombreux autres témoignages lui sont favorables.

    J’ai déjà dit ici qu’en ce qui me concerne, je ne m’adresserai jamais à la cellule d’écoute mise en place par la communauté. Je n’ai pas confiance.J’attends donc la cellule d’écoute indépendante. Et je répète encore une fois qu’Anne Mardon dit bien vrai concernant ce fondateur. Je sais que d’autres ont entrepris des démarches.

    Je m’aperçois aussi que le panegeryque de Pierre-Marie Delfieux fait par une sœur de la communauté a disparu de You Tube. On ne peut que s’en féliciter. Mais il était aussi le témoignage de l’adulation suscitée par ce fondateur et de la légende en train de se construire après son décès. En ce sens je regrette de ne pas l’avoir enregistré.

    Car ainsi on comprend mieux la séduction exercée par certains personnages, le pouvoir immense et sans contrôle que leur donne leur réputation de « sainteté « et la difficulté qu’ont beaucoup de gens à croire leurs victimes.

    L’Eglise a tant d’authentiques saints, non dénués de défauts certes (ce n’est pas le problème ) et tant d’authentiques spirituels que l’on se demande pourquoi on a besoin de « canoniser » à l’excès en si peu de temps, et même de leur vivant, des hommes qui ont « pris la grosse tête « et dont les écrits spirituels sont, a mon avis, bien creux en comparaison.

  • catherine 10 juillet 2020 13:16

    On parle toujours de « procès post-mortem » qui n’a pas de sens. Mais je ne crois en aucun cas que l’Eglise soit irresponsable des agissements de ses prélats , même morts. Quand on accepte une responsabilité on assume la charge. Car il existe une différence énorme entre responsabilité et culpabilité. PMD a été coupable et l’Eglise responsable.De même le nouveau prieur général doit endosser sa responsabilité pour la communauté même s’il n’est pas le coupable. Car aujourd’hui, je peux témoigner que 30 ans après ,l’auteure vit dans une précarité inquiétante à la veille de sa retraite qui va l’exposer à nouveau à la misère. j’apprends avec dégoût qu’on va dépenser des centaines de milliers d’euros pour une sorte de mausolée à la gloire des homélies du grand homme, vraiment les Russes n’ont rien inventés avec Staline ! Je n’ai rien dû comprendre au message évangélique, c’est sans doute pour cela que je ne vais plus écouter leurs conneries !! « j’avais faim, vous m’avez donné à manger, j’avais soif et vous m’avez donné à boire, j’étais nu et vous m’avez habillé. »

  • simple lectrice 9 mai 2020 08:19

    J’ai lu « Quand l’Eglise détruit », le titre n’est peut-être pas très bien choisi, car ce livre n’a rien d’un pamphlet. Il est écrit sobrement, avec le recul des années, et se montre très équilibré sur les responsabilités -et les fragilités-, des uns et des autres. Y compris de l’auteure.

  • marietta 21 décembre 2019 18:42

    J´ai lu un extrait du livre d´Anne Mardon. liseuse.harmattan.fr/978-2-343-18650-4 Anne Mardon a recu la baptême sans catechumenat avec 20 ans. L´êveque était d´accord. Wow ! Sans commentaire en plus de ma part.

  • Ancienne soeur 12 décembre 2019 22:52

    Réponse à l’entretien accordé par le responsable actuel des « Fraternités de Jérusalem « au Journal « La Vie « par une ancienne sœur qui n’est pas Anne Mardon et n’a d’ailleurs pas encore lu son livre.

     Concernant l’histoire des « Fraternités monastiques de Jérusalem « , il serait bon que leur responsable actuel, pour plus de clarté et d’honnêteté , réponde tout simplement à la question suivante : (Et s’il ne le sait pas, qu’il se renseigne auprès des « anciens »)

    Qui a initié les « petites laures » ( composées de sœurs ) sinon le fondateur des « Fraternités « ; Pierre -Marie Delfieux ? Et ce, alors que ce même Pierre- Marie Delfieux avait été mis sur la touche par les frères de la communauté, éloigné un temps de l’église Saint Gervais et que la 1 ère communauté des sœurs avait choisi de se dissoudre, donc, qu’en principe, il n’aurait plus du y avoir aucune sœur dans le chœur de l’eglise au début des années 80. Qui est l’auteur de cette « invention » sinon lui ? aidé en cela, il faut le reconnaître, par la lâcheté ou la naïveté d’autres membres de la communauté et des autorités ecclésiales. Donc, au final, qui est responsable en premier lieu des dégâts et souffrances engendrés, sinon ce createur des « petites laures » ? avec l’avantage pour Pierre - Marie Delfieux que ces « sœurs », en dehors de tout cadre établi, ( sans discernement préalable, sans postulat, sans noviciat etc…mais avec un habit monastique !) étaient directement sous sa direction et tombaient à pic pour suppléer le départ des sœurs de la 1 ère communauté qui, encore une fois, avaient choisi de se dissoudre. La communauté de sœurs actuelle n’est en effet que la seconde.

    Déjà, il est plus que bizarre que des sœurs » soient exclusivement sous la conduite d’un homme, fut-il un prêtre, et qu’elles ne disposent d’aucune autre référence dans leur vie matérielle et spirituelle. Par conséquent, lorsque l’on relate une histoire, pour s’exonérer ou exonérer d’autres d’une quelconque faute, il faut la raconter tout entière.

    Quant à la personnalité de ce fondateur ; Pierre- Marie Delfieux, elle est fort ambiguë, avec une tendance à la mégalomanie. Certes, on peut dire que il était joyeux et « inspiré « , capable d’homélies de haut niveau spirituel, capable de faire illusion, surtout auprès des laïques qui ne le côtoyaient que de loin….Et « pressé « ; certes oui ! C’est à dire soucieux d’embrigader n’importe qui, dans n’importe quelles conditions, dans sa « grande œuvre « , sans aucun discernement préalable… Il fallait, à tout prix, « faire du chiffre », compenser les incessantes sorties par de nouveaux recrutements effectués sans prudence ni bon sens, en fait mettre le plus de coules et de capes blanches dans le chœur, comme faire le plus de fondations possibles, là aussi sans discernement. Tout pour la « grandeur » et l’expansion de la communauté, rien pour le simple respect des personnes. Rien pour les aider, dans la liberté, à trouver et à grandir dans leur vocation propre.

    Pour cela, le fondateur n’hésitait pas à jouer sur la séduction, la vanité ou pire la générosité et le désir de Dieu des personnes et à tisser des liens affectifs parfois bien tordus avec certaines d’entre elles.

    Pour finir, l’important n’est pas la compassion ( brandie ici trop facilement et presque artificiellement ) mais la vérité sur le fondateur, sur l’histoire ( non édulcorée) de la communauté et les actes qui devraient en découler logiquement. Une commission d’enquête, surtout composée de membres de la communauté, ne me parait absolument pas crédible ; alors même que l’on ne cesse d’encenser le fondateur, et de faire référence à sa parole comme « parole d’Evangile ». Quand la confiance a été brisée, on ne s’adresse pas en priorité à ceux qui ont brisé cette confiance.

    Quant aux autorités de l’Eglise, qu’elles fassent leur boulot de surveillance effective, d’écoute et de réparation, si besoin, et ne se contentent pas des « belles apparences ». Et que ceux qui savent dans l’Eglise ( car, dans le cas de cette communauté, il en existe presque depuis le début à différents niveaux) disent clairement les choses, au lieu de se contenter de quelques allusions critiques ou ironiques au tempérament du fondateur, prononcées à l’occasion. Je pense qu’elles n’ont pas pu ou voulu entendre la grande souffrance de celles et de ceux qui s’adressaient à elles. Cela signifiait donc pour les victimes : « Passez votre chemin. Vous nous importunez avec vos récriminations. On a mieux à faire qu’à écouter vos éternelles jérémiades »

  • agapé 12 décembre 2019 11:09

    Je me disais que cette communauté était épargnée…….. Encore un témoignage post mortem. Encore quelqu’un qui ne pourra pas se défendre, ce qui veut dire que d’autres témoignages vont arriver dont certains pourront se sentir tout puissants parce qu’ils ne seront pas contredits…Forcément. Et ceux qui oseront s’interposer pour protester seront traiter d’anathèmes ! Car si la parole doit être libérée pour certains, elle doit être verrouillée pour d’autres sous peine d’être accusé de manquer de compassion pour les victimes ! Encore un mort dont la mémoire va être souillée avec la bénédiction et l’active collaboration des supérieurs actuels.

    • Agape,

      Je viens d’envoyer mon témoignage et je lis votre réponse. Je précise, encore une fois, que je ne suis pas l’auteur de ce livre que je n’ai pas encore lu. Bien entendu j’ai connu son auteur que j’ai perdu de vue depuis longtemps. Et je puis dire, pour avoir côtoyé et « pratique » ce même fondateur, et ayant dit de lui ce que j’en ai dit dans mon précédent message, que ce n’est pas sans raison que la communauté a publié ce communiqué.

      Après la révélation des abus sexuels, vient la révélation des abus spirituels. Il a fallu longtemps, très longtemps, trop longtemps pour que les victimes parlent ou, du moins, soient entendues. Mais, étant donné la gravité des dégâts humains et surtout spirituels engendrés( car ces derniers sont, à mon avis, les plus graves ), leur persistance dans le temps, malgré les années qui passent, je dis, quant à moi,« enfin ! » Et je précise que je ne suis pas la seule à le dire, même si beaucoup d’autres ne se manifesteront jamais publiquement. Pour ma part et, pour des raisons qui ne regardent que moi, je reste d’ailleurs dans l’anonymat.

      Je constate simplement que, dans les années 70, 80, sont nées beaucoup de communautés nouvelles faisant fi de la sagesse accumulée par les anciennes communautés, des règles élémentaires du droit canon ou du simple bon sens, et fondées par des personnalités problématiques, les conséquences ne pouvaient être que ce qu’elles sont actuellement.

      Il est dramatique qu’aucun moyen de vigilance réellement efficace n’ait été mis en œuvre par les autorités religieuses et ecclésiales.

      • C’est votre point de vue et vous avez tout à fait le droit de le penser et de l’exprimer.. De même chacun pourra lire ce livre et se faire sa propre idée. Mais entre la relecture de sa propre histoire et du sens qu’on lui donne , et la proclamation de la culpabilité ou la non culpabilité de quelqu’un, il y a un grand écart. Mais aujourd’hui qu’il est décédé il est trop tard pour lui faire un procès post mortem car pour qu’un procès soit équitable il faut que toute personne incriminée puisse au moins s’exprimer et se défendre. Cette commission quelques que soient ceux qui la composent, comment pourrait elle affirmer de manière objective que des faits qui ont eu lieu dans les années 80 sont avérées ou non avérés ? Comment pourra t’elle statuer sur sa culpabilité sans tomber dans l’arbitraire ? C’est une procédure que je trouve très dangereuse et que malheureusement l’Eglise développe de plus en plus : celle de déterrer les morts et leur faire des procès.

        • Rassurez-vous Agape ; les faits, même datant, sont plus qu’objectivement avérés

          Il y a des lettres du fondateur, des archives et beaucoup de témoins encore vivants, à l’extérieur comme à l’intérieur de la communauté. D’où le communiqué … où les choses ne sont pas niées ( car cela est bien évidemment impossible ) mais édulcorées.

          Sans plus de commentaires….

          • Et bien je regrette que cela se fasse après sa mort….pour les mêmes raisons que j’ai déjà développées.

            • Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire” 16 décembre 2019 14:38, par ancienne étudiante dont le père Delfieu était l’aumonier

              Complètement d’accord avec Agapè, il est écœurant d’attaquer le père Delfieu post-mortem, c’est devenu une mode. J’ai lu dans le journal LA CROIX que l’auteur de ce livre à charge avait auparavant été abusée au Centre spirituel des Fontaines par son père Spirituel jésuite, , qui l’avait forcée à avorter…On peut penser qu’on a affaire à une personnalité à tout le moins fragile.

              Je peux témoigner d’un pélerinage inoubliable en terre sainte avec le père Delfieu, notre aumonier à la Sorbonne, en 1977. Il nous a annoncé qu’il partait deux ans dans le désert pour réfléchir avant de fonder cet ordre. J’en garde un très bon souvenir.

              Satan est à l’œuvre au sein de l’église, et favorise l’éclosion des Frédéric Martel et consorts…Calomnier, calomnier, il en restera toujours quelque chose, plus que jamais à l’heure d’internet et des réseaux sociaux !

              • Moi aussi, j’ai connu le Père DELFIEUX (« dédel » ou « delfioso ») lorsqu’il était aumônier d’étudiant dans les années 70 … Je n’ai pas à m’en plaindre.

                Je cherchais ma vocation, il ne m’a pas mal conseillé, sans trop s’avancer non plus. Je l’entends me dire : « faites le tour des popotes … » et aussi : « les vocations contemplatives, c’est très rare », et aussi : « vous avez la vocation de l’accueil … » (ceci, d’après mon comportement). Il ne se prenait pas pour un gourou, non.

                Il s’est aussi bien occupé du petit fiancé qui était dans le circuit à l’époque, et qui en avait gros sur le cœur.

                J’ai perdu de vue le Père DELFIEUX en 1973 : pour moi, c’est cette année-là qu’il est parti au désert sur les traces du Père de Foucault et afin de préparer sa fondation. Moi-même, j’ai alors quitté Paris.

                La suite, je ne sais pas. Je sais qu’il a voulu se rapprocher des Sœurs de Bethléem pour un chemin commun et que la supérieure n’a absolument pas voulu, ayant déjà en tête son idée (ou son rêve, ou son imagination ?) de chemin cartusien. Je sais qu’il y a eu une sorte de rivalité entre les deux communautés et même de la jalousie du côté de Bethléem, à cause du succès de Saint-Gervais : la beauté de la liturgie attirait beaucoup de monde … La Sœur Marie disait : « ils nous ont pris toutes nos mélodies … ». Du côté de Jérusalem, on critiquait la nouvelle orientation et les incessantes constructions … Rien que des choses bien humaines, en somme, et qui, à mon avis, ont toujours dû exister.

                De la période où j’ai été en contact avec le Père DELFIEUX, la seule fausse note dont je me souvienne est le jour où il a donné la communion à un musulman avéré, qui a quitté la Sainte-Table en rigolant. A la sortie de la messe, nous l’attendions de pied ferme, pleins de douloureux reproches. Je me souviens de son mutisme et de son visage fermé. C’est tout.

                Et aussi, le fait qu’il nous faisait avancer autour de l’autel pour dire chacun à notre tour la prière eucharistique qui est normalement réservée au prêtre. Je pense qu’il faut replacer cela dans le contexte de l’époque, les innovations tous azimuts de la période postconciliaire …

                C’est tout.

                • Toutes ces remarques sont très éclairantes sur le cheminement de Pierre-Marie Delfieux, entre autres, sur les contacts et la jalousie entre 2 communautés…

                  Mais en quoi invalident-elles les témoignages ultérieurs des « sœurs » qu’il a embrigadées dans les « petites Laures » dans les années 80 et, aussi toute la suite ?

                  Je ne doute pas que Pierre- Marie Delfieux ait été un très bon aumônier d’étudiants, entraînant pour les jeunes etc…, et multipliant les initiatives. Il avait ce don d’entraîner les personnes. La suite l’a aussi bien montré. Il avait aussi une grande foi que, d’après son propre témoignage, il n’a jamais remise en question et la vocation de la prêtrise depuis l’enfance.

                  Cependant il y a une énorme différence entre un aumônier de jeunes étudiants dont l’avenir n’est pas encore tracé et un guide exclusif ( fondateur, confesseur), animateur et recruteur de femmes et d’hommes déjà engagés dans la vie ( avec un métier, un logement etc.. à abandonner ) et toute une expérience de vie derrière eux à « régler ».

                  A partir du moment de sa fondation, il fallait, à tout prix, pour Pierre-Marie, réussir cette « œuvre » à laquelle il s’identifiait complètement…C’était, pour ainsi dire, plus fort que lui ! ( Et on pourrait se demander pourquoi ?) Il lui fallait donc recruter le plus possible…, sans aucune précaution, en essayant d’influencer et de faire pression….Je l’ai entendu me proposer la « promotion » de maîtresse des novices ( On rêve !), me dire que je ne devais pas rester « laïque « car, les laïcs n’étaient pas grand chose du point de vue « spirituel « ( merci pour eux ! sans cesse sollicités au niveau financier et courtisés pour leurs réseaux d’influence éventuels). Et quel bel exemple de « cléricalisme « !

                  Je sais les dégâts que cet intense recrutement a causés chez beaucoup de personnes, sorties très abîmées de cette expérience menée sans garde fous.

                  Dans n’importe quelle autre institution « laïque « où l’on a des comptes à rendre, ou l’on a conscience de ses responsabilités vis à vis des personnes dont on a la charge ( soignants ou enseignants par exemple) , où les droits et les devoirs de chacun sont clairs, Pierre- Marie n’aurait pu faire illusion. Dans n’importe quel monastère suivant les règles du droit canon, avec élections, visites canoniques ( non truquées), confesseur extraordinaire, de même. Dans n’importe quel monastère, on ne s’improvise pas ermite du jour au lendemain. Au contraire ! Les vocations érémitiques sont extrêmement rares. Les « petites laures « étaient censées regrouper des femmes ( il n’y avait qu’un homme qui s’est d’ailleurs suicide ), vouées à la solitude de leur cellule c’est à dire une chambre de bonne sous les toits, glacée en hiver, étouffante en été.

                  J’ ai connu Pierre- Marie, après son éviction de la communauté des frères ( ce que j’ignorais ; sinon je me serais méfiée ) et au moment où les sœurs de la 1re communautés s’interrogeaient sur leur dissolution ( je l’ignorais aussi) car, entre autres, elles n’arrivaient pas à établir leur indépendance par rapport à lui. Et elles ont fini d’ailleurs par se dissoudre…

                  Pierre-Marie ne connaissait pas la patience nécessaire au discernement d’une vocation, surtout contemplative etc..Il ne connaissait pas la formation spirituelle et théologique nécessaires et, bien d’autres choses, que seuls le temps et l’expérience apprennent. Il eut mieux valu qu’il aille faire un séjour dans un monastère pour apprendre et expérimenté tout cela, plus la vie dans une communauté dont on n’est pas le « chef » incontesté, l’effacement et l’obéissance etc… Ce n’est pas le succès d’une fondation qui fait sa sainteté. Et les chrétiens ne sont-ils pas les disciples d’un homme qui n’a jamais cherché à établir une suprématie sur les âmes et finit dans l’échec le plus total ? Une activité de « lobbying » a toute sa place ds le domaine commercial, aucune ds le domaine spirituel.

                  Au moment de l’établissement des constitutions, qui ne fut pas facile, Monseigneur Rouet,à l’époque évêque auxiliaire de Paris, a demandé à rencontrer d’anciennes « sœurs ». Et j’y suis allée avec d’autres. Il s’est étonné qu’on ait laissé, au fil des années , tant de personnes prendre l’habit monastique et m’a dit qu’il fallait bien maintenant protéger ces dernières par un statut. Sa principale interrogation était le caractère contemplatif ou non de ce statut ?

                  Et encore faut-il que ce statut soit réellement respecte, que les élections ne soient pas « manipulées « etc…

                  Le message le plus horrible et le plus dénué de miséricorde est le premier :

                  Si une personne est fragile, tombe enceinte d’un Jésuite ( vous savez ds qu’elles circonstances exactes ?, vous y étiez ? ) et qu’elle est obligée d’avorter ; c’est exclusivement de sa faute ?! Il me semble qu’il faut être deux pour « faire « un enfant Quant au traumatisme d’un avortement, surtout dans de telles circonstances, n’en parlons pas ! Et en quoi la fragilité réelle ou supposée d’une personne invalide-t-elle son témoignage ? J’aurais encore beaucoup de choses à dire sur les dégâts occasionnés dans cette communauté. Je ne le peux pas car seules, les personnes en cause pourraient parler. Je n’ai pas le droit de le faire à leur place. Je précise aussi qu’il y a des personnes très sincères et entièrement « données » dans cette communauté qui ont vécu et vivent tout cela dans une très grande abnégation.

                  Autre chose : J’ai rencontré aussi 3 ou 4 fois le Père Jacques Marin. Je l’avais connu alors qu’il était encore prêtre ouvrier et qu’il ne s’installe aux Béatitudes. Il ne m’a jamais agressee d’une quelconque manière . Il est vrai qu’il voulait exercer un charisme de guérison en « touchant « les personnes ( gestes sans aucune ambiguïté me concernant ) au moment de la confession. Cela ne m’empêche pas de croire les personnes qui ont eu à souffrir de sa part, bien qu’au 1er abord, j’ai été complètement sidérée par leurs témoignages. Il m’a fallu du temps pour croire que cela ait été possible…Tout le monde n’a pas eu les mêmes relations avec ces prêtres, fondateurs, fondatrices plus ou moins « déviants »

                  Ma conclusion est qu’il faut se méfier des « fondateurs » et « fondatrices « , que l’on ne bâtit rien de valable sous la directive d’une ou de quelques personnes et de leurs complices par naïveté, abnégation ou encore intérêt bien compris. Il faut des années, la maturité apportée par la vie, la fréquentation de communautés plus anciennes , pour en arriver à cette prise de conscience.

                  • "Ma conclusion est qu’il faut se méfier des « fondateurs » et « fondatrices " Pourquoi se méfier d’eux en particulier ? Et croire les autres sur parole, et surtout celle des plaignants qui est sacrée….? Vous êtes choquée que l’on s’interroge sur la personnalité de l’auteur de ce livre mais cela vous parait tout à fait normal de décrire le père Pierre-Marie DELFIEU comme mégalomane, tyrannique, mu par le seul désir de "recruter"…. Ma conclusion en vous écoutant( vous et d’autres) c’est qu’il vaut mieux ne rien fonder aujourd’hui. Il vaut mieux pour un prêtre ou un religieux ne pas rayonner pour ne pas être accusé d’avoir une emprise sur les autres. Il vaut mieux d’ailleurs, ne pas être prêtre ou religieux aujourd’hui.. Bref, mettons la lampe sous le boisseau……et allons nous coucher !

                    • Ma chère Agape.

                      Quelle motivation vous anime pour toujours venir remettre en doute la parole des autres sur ce site ? Chercher toujours « la petite bête « pour vous opposer coûte que coûte ? Car je viens de lire d’autres interventions de votre part qui vont toujours et toujours dans le même sens… Bizarre ! Ce qui est beaucoup plus grave ; c’est que vous en rajoutez une couche sur la douleur de ceux et de celles qui ont souffert et qui commencent enfin, après des années, voire des décennies, à être entendues.. ( voir la réunion récente de la COREF)

                      Vous êtes tellement en colère que vous ne prenez pas la peine de lire et « mélanger tour «  Je décris la personnalité de Pierre-Marie Delfieux d’après des faits objectifs constatés par beaucoup d’autres. L’âge -vous connu ? Et surtout de près ? Car on peut donner le change. Dommage que je me sente pas le droit de citer d’autres personnes qu’il a bien abîmées. Et il avait aussi ses bons cotés, de grandes aspirations spirituelles… Bref, une personnalité complexe.

                      Je m’insurgeais contre le fait qu’une personne qui ne connaît absolument pas l’auteur du livre, la qualifiait de fragile pour disqualifier d’emblée son témoignage. Et quand bien même ? En quoi cela excuserait-il une emprise sur cette personne ? Au contraire !

                      Par ailleurs, je maintiens : oui ! D’après la révélation de tas de dégâts dans différentes communautés, il faut se méfier des fondateurs et fondatrices qui veulent recruter à tout prix, en s’affranchissant allègrement des règles du droit canon ( qui n’existe pas pour rien !) Oui ! Il faut être vigilants et attentifs et faire preuve de bon sens.

                      Et je n’ai jamais dit qu’il fallait se méfier de tout prêtre, de tout religieux etc…J’ai connu des religieuses et religieux vraiment saints et j’en connais d’autres tout à fait sains. Ce ne sont généralement pas ceux qui font le plus de bruit. Et qu’est-ce que le « rayonnement » de quelqu’un ? Qui peut être, dans certains cas, le masque d’une séduction narcissique ?

                      Comme critère, je ne connais que la sainteté où l’on s’efforce de mettre ses capacités au service de la charité.  Le reste ne vaut rien ( St Paul )

                      P.S. Sans doute n’aurais je pas du vous répondre. Je ne le ferai plus.

                      • J’ai rencontré des personnes qui sont entrées et sorties de la communauté de Jérusalem, qui n’ont pas du tout la m^me appréhension de leur parcours ( c’est à dire qui ne le relisent pas comme un itinéraire d’emprise) ni de la personnalité du père DELFIEUX ( qui ne le voient pas comme un gourou qui aurait abuser de leur naïveté). Elles ont pourtant été elles aussi été déchirées après leur sortie. Mais la question n’est pas de savoir qui a tort ou qui a raison. Ce qui me choque c’est cette manière de médiatiser des propos discriminants sur une personne post mortem, sans qu’elle puisse faire valoir son droit à la contradiction. Je dois dire que je suis bien plus effarée de la réaction des supérieurs de la communauté avec cette proposition de commission d’enquête que du livre en lui même. Remarquez que toute l’Eglise réagit ainsi aujourd’hui, on va faire la même chose pour le père FINET, suite à une plainte pour des faits qui auraient eu lieu dans les années 80, sans possibilité de contradiction et sans avocat de la défense !…..L’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris est un peu comme l’allégorie de ce que devient l’Eglise de France aujourd’hui ! Je dis qu’il vaut mieux ne pas être prêtre ou religieux, car on devient très vite l’enjeu de désirs contradictoires parmi le peuple de Dieu et une cible facile. Et ce que la hiérarchie catholique, se permet avec eux dans le cas de plaintes serait considéré pour d’autres personnes, comme une atteinte aux droits les plus élémentaires de justiciable. Plusieurs prêtres se sont suicidés ses dernières années. Et rappeler ces drames, ce n’est pas mépriser le droit des victimes d’abus, car je ne vois pas en quoi l’injustice est une source de réconfort pour elles. Les saints sont des personnes très différentes : il y en a qui sont connues d’autres inconnues. Mais toutes rayonnent , toutes attirent à elles et comme elles sont configurées au Christ, attirent à Lui. Elles sont nos modèles. Mais cette notion de modèle comme celle de père spirituel, est suspecte aujourd’hui, car selon l’idéologie du monde, elle est ressentie comme une dépendance très éloignée d’un individualisme où l’on « se fait par soi même ».

                        • Merci de votre témoignage suite au livre d Anne. Je suis passée 1anet demi à St Gervais 1978/1979. Je confirme le forcing de Pierre Marie et son obsession à faire nombre… je le re etends nous dire que nous etions l avenir de la vie monastique…que les monasteres s effondraient….heureusement que nous étions là !!!! Votre analyse est juste. Je vous rejoins quand vous dites que il faut se méfier des fondateurs et fondatrices. Ils ont une intuition…

                          Mais elle ne doit pas faire force de loi. Elle doit être purifiée vérifiée authentifiee. Les moines et les moniales ont mis beaucoup de temps â considerer St Gervais comme un groupe de vie monastique et je ne suis pas sûre que certains aujourd’hui donnent leur aval…. En quittant St Gervais je suis rentrée dans un monastère normand bien classique. J y suis restee 25 ans. Ne vous faite pas d illusion…on ne respecte pas plus le droit canon qu à St Gervais. Chacun interprète et dire quelque chose est de l ordre du parcours du combattant

                          • Chère Chantal,

                            Merci pour votre message. Je ne crois pas que nous nous soyons côtoyées à St Gervais car je suis arrivée après. En tout cas, je suppose que nous connaissons les mêmes personnes dont Anne ; l’auteur du livre , et certainement d’autres aussi.

                            Je viens de lire le livre d’Anne. Tout ce qu’elle dit est effarant et éclaire beaucoup de choses sur la psychologie assez « tordue « du fondateur, et l’histoire de la communauté que je savais déjà par expérience ou « pressentais ». Mais il me manquait des éléments bien concrets pour le comprendre tout à fait.

                            Je me doute bien que les moines et les moniales ont eu bien du mal à admettre le statut monastique de « Jérusalem « Et, à juste raison, selon moi. D’ailleurs, le statut officiel n’est que « d’inspiration monastique » ; ce qui est beaucoup plus exact.

                            Par ailleurs, si vous dites que dans les communautés classiques aussi, on ne respecte pas le droit canon ; alors où va-t- on ? Et que d’irresponsabilités doublées d’inconscience ou de naïveté…nous faudra-t-il encore admettre.

                            Je me demande s’il ne faut pas revoir la notion de « péché « : se taire ou faire semblant de ne pas voir, pour ne pas manquer à la charité est un beau prétexte pour, en définitive, manquer totalement de charité. Être dans la vérité c’est à dire avoir le courage de voir et de dire réellement ce qui se passe et de prendre ses responsabilités en conséquence, est non seulement un devoir moral mais aussi un précepte évangélique, me semble-t-il.

                            Malgré tout, j’ai assez bien connu deux communautés monastiques ( il est vrai, de l’extérieur) , l’une de femmes, l’autre d’hommes , qui me semblaient tout à fait honnêtes et droites. Et puis d’autres apostoliques, de même.

                            Cordialement

                            • Ce message touche à une question qui me tracasse depuis un moment. Que les déboires actuels ne concernent que notre époque n’est pas certain : peut-être y sommes-nous à présent plus sensibles que les générations qui nous ont précédés. C’est tout …

                              Je pense par exemple à Sainte Marguerite-Marie, allergique au fromage (c’était de famille), et que l’on contraignait à en manger, voire à ravaler ce qu’elle avait vomi …

                              J’ai bien connu une sœur d’une communauté apostolique tout à fait classique : au noviciat, on devait dormir sur le côté gauche. Aucune autre position n’était permise. Des sœurs anciennes circulaient dans le dortoir pour contrôler que l’on était en bonne position jusqu’à ce que l’on s’endorme …

                              Cela choque aujourd’hui, en tout cas moi … Quel rapport avec l’Evangile ? Ne pourrait-on parler ici d’abus d’autorité ? Je ne parle pas, bien sûr, des graves abus passibles des tribunaux. Mais je parle d’un mode de fonctionnement qui - en vase clos - passe vite de l’abus d’autorité à l’abus de conscience …

                              Je pense aussi au désir de réussite de certains fondateurs, chose si humaine. Et plus que le désir, le recours aux moyens pour y arriver … Sommes-nous bien sûrs que les fondateurs d’autrefois, même canonisés, aient été exempts de ces difficultés ? La légende dorée est si vite forgée …

                              Autrefois, il n’y avait pas les redoutables moyens de communication dont nous disposons … C’est peut-être seulement cela qui est nouveau dans toute cette histoire …

                              • Oui vous avez complètement raison. Je viens de lire la biographie de Louise-Marguerite Claret de la Touche, où elle raconte ses déboires dans sa communauté : elle se faisait gifler par sa maîtresse des novices, et c’était sa prieure qui devait décider de la fréquence de ses communions eucharistiques, et qui l’en empêchait quand elle avait des tentations… On lui a même refusé un viatique à un moment où on a cru qu’elle allait mourir, parce qu’elle avait déjà communier une fois dans la semaine…. etc..bref, ambiance sépulcrale… de quoi vous refroidir d’entrer en vie religieuse… j’ai été effarée à la lecture du manuscrit et je me suis fait cette réflexion comme quoi les abus spirituels étaient bien pires aux époques précédentes !

                              • Bonjour mesdames

                                Ne pas oublier de recontextualiser. Ces atrocités, ces maltraitances dont vous parlez des siècles passés, s’inscrivent dans le fait que la plupart des responsables communautaires du passé, hommes comme femmes, ont été placés là contre leur désir dans 98% des cas. Se sont à la base leurs familles qui les offraient à l’institution cléricale catholique pour ne pas trop éparpiller, disperser l’héritage familial.

                                On ne se préoccupe pas durant des siècles des désirs, aspirations des enfants, des jeunes, on les place en religion le plus tôt possible (vers l’âge de 9 ans environ) et on leur annonce au cours de leur formation qu’ils n’en sortiront pas puisque le père de famille l’a décidé ainsi. Ce placement arbitraire et unilatéral génère chez l’enfant, le jeune concerné, des frustrations, des comportements d’auto-mutilation, une révolte, une colère immense, des comportements abusifs de vengeance, de représailles sur autrui du moment que ces personnes, une fois adultes, accèdent à un peu de pouvoir. Comme cela peut générer aussi des suicides, des pathologies psy graves, une forme d’illuminisme, refuge pour échapper à une réalité quotidienne sordide.

                                Ne pas oublier que ce type d’engagement était principalement lié à un diktat familial et lié à la nécessité de survie économique dans la grande majorité des cas.

                                Intégrer un couvent, un monastère, la prêtrise, c’était un moyen de survie économique, physique, mais aussi de promotion sociale. Ca le reste encore pour des jeunes issus de pays en voie de développement.

                                La vocation religieuse libre est très récente. Même quand on nous dit que différents saints ont choisi cette profession librement, si vous sortez un peu du roman clérical et que vous allez voir de près le contexte familial, social de ces saints, l’époque à laquelle ils vivent, vous comprendrez vite que dans bien des cas, le choix n’en était pas forcément un. Mais découlait de problématiques personnelles, de fidélités familiales, de diktat familial, social, d’incitations poussées du clergé ou de familles bien comme il faut.

                                Plus on remonte dans le temps, aux débuts de l’institution cléricale, plus on découvre que beaucoup de jeunes saints ont été carrément achetés physiquement par le clergé pour fournir de la main-d’œuvre aux abbayes, couvents. Il n’est pas besoin d’être devin pour comprendre ce qui pouvait se passer dans de telles situations d’assujettissement, l’enfant sachant que ses nouveaux maîtres avaient pouvoir de vie et de mort sur lui ou elle. Aujourd’hui on s’étonne presque de découvrir un clergé en partie pédophile, maltraitant, abusif. Mais il y a toujours eu ces dérives criminelles depuis les débuts de l’institution. De la maltraitance, de l’exploitation, de l’humiliation des jeunes et moins jeunes par celles et ceux qui dirigeaient ces couvents, abbayes, monastères, séminaires.

                                Parce que le contexte de départ est dicté non par un élan d’amour de l’âme vers Dieu, mais dicté par des contraintes, par des violences, par de l’assujettissement, de la mise sous tutelle, de l’enfermement arbitraire, des atteintes à la dignité, à l’intégrité.

                                Pour comprendre réellement les tenants et les aboutissants, il faut sortir du registre des apparences, pour analyser la situation de façon historique, sociologique, psychologique. Vous verrez qu’alors, des situations présentées soit disant comme idéales, le sont beaucoup moins.

                        • Je suis largement d’accord avec vous, agapè.

                          J’ai été aux côtés puis au sein de la Fraternité des frères pendant une dizaine d’années, dans les années 90. Je l’ai quittée par ce que je me suis rendu compte que mon appel était plus apostolique que monastique, et je suis devenu prêtre diocésain. Mon départ s’est effectué sans conflit et sans souffrance. Les FMJ, et notamment Pierre Marie, m’ont formé spirituellement et je leur en suis reconnaissant. J’y ai bénéficié de souplesses que j’ai appréciées. Je n’ai jamais ressenti de pressions psychologiques ou d’entraves à ma liberté spirituelle au delà d’une obéissance normale dans la vie monastique.

                          Je sais la propension de Pierre Marie a accueillir sans beaucoup de discernement des candidat(e)s, pour remplir le chœur de blanc, mais aussi par esprit d’ouverture. Cela l’a parfois conduit à accepter des profils psychologiquement fragiles, et il me semble à lire son livre que c’était le cas d’Anne Mardon, que je n’ai pas connue, je suis arrivé peu après son départ. Cela a aussi conduit à des entrées suivies de sorties assez nombreuses au détriment de la stabilité de la communauté. Mais, dans ses premiers textes fondateurs, je crois me souvenir que Pierre Marie envisageait explicitement la possibilité de ne passer qu’un temps dans les FMJ.

                          Alors, oui, des départs ont pu être douloureux, mais il me semble qu’Anne Mardon porte en elle une souffrance que les FMJ n’ont pu apaiser et dont elle fait injustement porter la responsabilité à Pierre Marie qui n’est plus là pour se défendre. Le titre de son livre est scandaleusement provocateur, mais c’est dans l’air du temps de cogner sur l’Eglise et d’étaler sans pudeur sa souffrance… est-ce le meilleur moyen de la guérir ?

                          • A vous lire, je me dis que le frère Pierre-Marie a peut être comme de nombreux fondateurs de communautés nouvelles senti la fragilité de la jeunesse et en l’accueillant a cherché à lui donner un milieu où elle pourrait se former spirituellement et se fonder dans la Foi. Et m^me les véritables vocations religieuses s’inscrivent dans une bien plus grande fragilité que celles des générations précédentes. C’est notre société qui produit cela, mais le Seigneur appelle quand même. Faut il faire un procès à ces fondateurs de ne pas avoir refusé dans leur monastère l’entrée de personnes fragiles ? Certains le pensent. C’est une vrai question. C’est une question que nous pose le monde d’aujourd’hui et il me semble que l’Eglise ne doit pas fuir le Réel.

                          • Merci pour votre témoignage. Je ne suis qu’une fidèle qui a beaucoup vécu aux côtés de la Communauté SAINT GERVAIS. Je suis évidemment choquée du livre d’Anne MARDON, car je comprends que son mal être, sa souffrance viennent de très loin notamment des abus sexuels subis dans d’autres structures religieuses. Je vois son ressentiment comme une demande d’indemnisation financière, inquiète qu’elle est de sa précarité (crainte compréhensible, la solution choisie est plus étonnante, voire critiquable) et le reproche que le Père DELFIEUX ne l’ait pas sauvée de toute sa vie passée… Mais, précisément, il n’était pas un gourou, et je l’ai vu accueillir des personnes étranges, décalées, visiblement très fragiles qu’il emmenait et incluait dans la Communauté, ; libre à elles de s’en nourrir et de réussir elles-mêmes leur salut… Ce n’est pas le Père DELFIEUX qui a échoué, c’est elle qui n’a pas réussi. Je suis désolée pour ce qu’elle a vécu, et qu’elle porte encore en elle, mais je ne crois vraiment pas que ce Père fondateur soit coupable de ce dont elle l’accuse, qui sert plutôt à justifier le versement d’indemnités qu’elle réclame au titre de substitut de future pension de retraite…. Surf sur la vague de la remise en cause tous azimuts de tout et rien… le temps fera son œuvre de tri… Mais la bonne démarche n’était pas celle-là : la place publique ne lui permettra pas de réparer quoi que ce soit, Son intervention sur YOUTUBE (https://www.youtube.com/watch?v=jDWS0UXMAbc) est un modèle du genre pour une juriste : on y voit le raisonnement qui aboutit (ou est censé aboutir) à un chèque… sans contradictoire, puisque, évidemment, cela se passe post mortem de l’accusé… Que Dieu lui pardonne !!

                            • Je vous réponds Et je ne suis toujours pas Anne Mardon. Mais j’interviens sur ce blog car je partage sa lutte pour le rétablissement de la vérité.

                              Si, hélas, Anne Mardon dit bien vrai et ne ment absolument pas, aussi insensé et invraisemblable que cela puisse paraître à quelqu’un qui, de l’extérieur, n’a vu que le bon côté des choses. Comme le dit très justement l’ancienne sœur ( deux ), il faut avoir vécu à l’intérieur pour connnaître vraiment la réalité de ce qui s’y passe.

                              J’ai vécu en même temps qu’elle dans la communauté. Et je pourrais en rajouter sur des faits qu’elle n’a pas mentionnés car ils tiennent à ma propre expérience. Non seulement Pierre Marie ne l’a pas sauvée d’un « abus » antérieur qui n’en était d’ailleurs pas vraiment un ( si du moins vous avez bien lu le livre ) mais l’a fait entrer dans un véritable abus beaucoup plus pernicieux et destructeur (si vous avez lu le livre )

                              Elle ne recherche pas de compensation financière ( bien qu’elle soit démunie de ce point de vue ) puisqu’elle l’a déjà obtenue de la communauté (si vous lisez le livre) mais le rétablissement de la vérité. Elle ne cache rien de ses faiblesses, défauts et propres responsabilités et de son doute permanent sur une « vocation « suscitée et quasiment imposée par Pierre - Marie.

                              Quant à moi, je suis heureuse que la vérité commence enfin à être dite. Et je ne recherche aucune compensation financière étant à l’abri du besoin, bien que j’ai aussi énormément souffert à St Gervais ( du fait des multiples pressions excercees par ce même Pierre - Marie pour trouver immédiatement une vocation dans sa communauté à toute jeune femme libre, ou femme même plus âgée, divorcée et mariée uniquement civilement et ayant encore charge d’enfants, ou veuve dans le même cas etc…) et j’y ai bien vécu les choses qu´ Anne decrit. Libre à vous de juger qu’Anne, moi, et d’autres mentent.

                              Votre expression « libres ( aux personnes « décalées «  que Pierre - Marie enrôlait ) de s’en nourrir et de réussir elles - mémes leur salut « est bien étrange.

                              On n’entre pas dans une communauté religieuse « pour réussir soi-même son salut « ? Comme si le salut était uniquement une affaire de volontarisme et de « réussite » individuelle. Il est avant tout accueil de la grâce divine. Reponse à l’Amour infini qui toujours nous devance et nous attend, aussi pêcheurs que nous soyons ( parabole du fils prodigue) D’ailleurs le salut est déjà donné à tous, quelque soit son état de vie, par le Christ et la « réussite « n’est guère une donnée spirituelle. Aucune vie, même la moins « réussie » selon des critères humains, n’est gâchée aux yeux de Dieu.( même parabole )

                              Plus grave ; on y entre encore moins pour guérir de blessures antérieures qui diminuent la liberté propre du sujet ( au risque au contraire que ces blessures s’aggravent fortement ! !!! Et qu’elles empêchent toute adhésion libre ) même si certaines fragilités ne sont pas nécessairement des obstacles : ( à discerner.) La guérison et l’accroissement de la liberté sont l’affaire des psychologues, psychiatres etc..Et il ne faut pas mélanger ce qui relève du psychique et du spirituel qui ne sont pas du même ordre ; mélange qui peut se révéler extrêmement nocif à la longue.

                              Je regrette : certains gourous, même d’église, se servent de ces fragilités pour, soit disant ,les guérir en asservissant plus encore les personnes et en les empêchant de grandir dans la liberté : but de toute thérapie véritable.

                              On entre dans une communauté parce que l’on vous a vraiment aidé à discerner que votre réponse à l’amour de Dieu (/qui est pour tous sans exception ) passait, pour vous, par cette vocation particulière ( mais chacun a sa vocation propre ) Et que votre santé physique comme psychique, votre condition familiale et…, vous le permettaient. Sinon on court vraiment à la catastrophe !

                              On y poursuit postulat et noviciat (avec maître ou maîtresse des novice expérimentés et honnêtes, ayant déjà parcouru ce chemin eux mêmes) avant de s’engager définitivement. C’est un cheminement qui demande, encore une fois, l’aide de personnes mûres, équilibrées et de bon sens, et non la décision immédiate d’un seul homme qui gouverne tout, tout seul. Autrement dit une vocation , de plus contemplative, de plus dans cette communauté la et pas une autre, avec telle règle de vie, telles conditions concrètes etc…se discerne et se murit et ne se décide ainsi à la légère.

                              Renseignez vous sur les règles canoniques précises qui encadrent le recrutement et la vie dans une communauté religieuse, pour éviter, autant que faire se peut ( mais ce n’est pas absolument garanti bien sûr) toute dérive et préserver la liberté des personnes. L’experience millénaire des anciens est toujours nécessaire à prendre en compte.

                              Je ne recherche ni vengeance ni compensation financière ou autre. Seulement que la vérité tout entière soit dite et reconnue, au-delà des belles apparences …

                              Est-ce trop demander ?

                            • Je connais Anne depuis 1974. Ce n’est pas une fille intéressée par l’argent. C’est une fille authentique. À sa sortie de la FMJ elle était dévastée, sidérée comme une sortie de prison. Oui elle a subi l’emprise de JM Delfieux c’est un fait. Lisez Marie-France Hirogoyen vous comprendrez ce qu’est une relation d’emprise qui place l’autre en position d’objet non de personne. Les faits sont têtus ce n’est pas sa mort qui va changer ce qui s’est passé. De même pour le jésuite des Fontaines, il avait 58 ans, elle en avait 20. Elle ne nie pas ne pas être responsable de ses actes mais tout de même entre 58 et 20 ans qui est le plus mûr ? Ben faut croire que la sexualité d’un type de 58 ans est aussi immature qu’une jeune de 20 ans ! Détresse affective, solitude on désire un amour absolu et la personne qui vous parle de Dieu manifeste son désir pour son propre plaisir , un classique ! Personnellement j’étais présente à cette période, j’avais 20 ans moi aussi sauf que moi j’ai su me défendre !

          • Déjà, lorsqu’on écrit « Si ces faits sembles avérés » le Si est en trop ! cela indique de la part des frères qu’ils doutent de la véracité de ce récit d’Anne, c’est grave ! Anne ne peut pas inventer des choses pareils, elle souffre et encore vous doutez. Votre père spirituel avait un regard différent envers vous et envers les « femmes » avec qui il a du avoir de gros griefs ! Il a puni Anne certainement , quelle honte. Et vous le vénérez comme vous l’avez toujours vénéré et idolâtré, il vous a toujours manipulé………..vous devez y réfléchir…..

            • On a le droit de douter et le doute dans le droit français doit toujours profiter à l’accusé. Dans de telles affaires, la capacité de douter est un gage de discernement. Votre discours confirme ce que je dis à savoir qu’il s’agit d’une nouvelle religion ,, celle des victimes dont la parole est intouchable donc sacrée. Celui qui en doute est un apostat. L’accusé est coupable parce qu’on ne peut pas imaginer que l’accusateur ne dise pas la vérité est la preuve de la véracité de ses propos est sa souffrance. Dans ce cas l’enquête se bornera au recueil du ou des témoignages : c’est ce que l’on fait très souvent aujourd’hui , témoignages qui, si l’accusé est décédé, risquent encore moins d’être contredits. Je suis désolée mais tout le monde est capable de mentir , tout le monde est capable de ne pas dire la vérité( ce qui ne revient pas forcément à un mensonge). Ce n’est pas parce que nous ne sommes pas en capacité d’imaginer les raisons qui pourraient pousser quelqu’un à faire à tort ce type d’accusation, que ces accusations sont vraies d’emblée. Moi, je ne crois qu’au Dieu de Jésus Christ et pour le reste nul ne me retirera ma capacité de douter.

              • Si le doute doit être la base pour la justice en matière de droit, il ne vous appartient pas, à vous religieux de le suggérer. En tant que personne le doute vous appartient « personnellement », ce n’est pas a vous de le diffuser d’autant plus que toute votre vie religieuse est construite sur un doute. Je comprends que vous soyez très affectés par ces accusations envers une personne qui représentait votre « père ». Mais ce que vous écrivez est grave, combien de personnes n’ont pas osé porter plainte contre des religieux par peur du doute ? La justice va trouver des faits alors le doute n’aura plus sa place. Il faut penser également que votre « père » était son « supérieur » il avait autorité sur elle, c’est lui qui gérait sa vie, ses sentiments, ses doutes, orientait son esprit, tout comme il l’a fait pour chacun d’entre vous, sous couvert de Dieu !

                • Bonsoir Luce, Je pense qu’il y a un malentendu. Je ne suis pas l’ancien frère de la fraternité de Jérusalem qui a écrit précédemment. Je pense cependant qu’un religieux chrétien ne base pas sa vie sur le doute mais sur sa Foi au Christ. Sinon il serait le plus malheureux des hommes….. Mais la recherche de la vérité sur la culpabilité d’une personne, ne peut pas faire l’impasse du doute, de la vérification, de la confrontation : : la démarche d’investigation judiciaire n’est pas une démarche religieuse avec ses dogmes et son Credo et fait donc place au doute. Si la police croyait d’emblée sur parole tout plaignant, sans la questionner elle ne serait plus impartiale. Et nous serions dans l’arbitraire du plaignant dont on n’a pas le droit de vérifier la parole, Le père Pierre-Marie n’était pas le supérieur de l’auteur de ce livre. Et même s’il l’avait été , je n’adhère pas à votre définition de l’autorité religieuse. L’autorité pour les chretiens et notamment dans la vie religieuse n’est pas un pouvoir mais un service qui renvoie à la paternité divine. Et ce Père fait tout sauf « gérer notre vie, nos doutes et orienter les esprits ».

                  • Je me permets de vous répondre

                    Vous vous basez sur ce que devrait être une véritable communauté religieuse et ce que devrait être un véritable père spirituel, Mais a St Gervais, il en allait tout autrement hélas. Je pense que vous n’avez pas lu le livre d’Anne Mardon en fait.

                    Et oui ! Je peux le confirmer. Et c’est facile à vérifier objectivement, pour le coup, sans enquête judiciaire…

                    Dans les « petites Laures », Pierre - Marie était tout à la fois notre fondateur, pere spirituel, confesseur et supérieur auquel on devait obéissance qu’il obtenait par séduction, flatterie, dépendance affective qu’il avait su obtenir de certaines, sens de l’abnégation d’autres ( ça dépendait des profils) et toutes sortes de pressions se basant souvent hélas sur la parole divine…Et il savait relâcher aussi son emprise lorsque la révolte menaçait quelqu’une etc..ou faire jouer des intermédiaires.

                    Et oui ! Il gouvernait tout aussi dans notre vie du plus matériel au plus spirituel en passant par les sentiments, surtout quand la personne était dans sa dépendance affective. De quel droit, je n’en sais rien ? Mais personne ne semblait s’en étonner…

            • A ancien frère, prêtre diocésain.

              Votre message m’apparaît proprement scandaleux pour plusieurs raisons :

              D’abord, vous n’hésitez pas à inverser le sens des responsabilités en utilisant le sempiternel argument de la fragilité des victimes ; argument qui finit par perdre de sa validité a force d’être ressassé comme un mantra. Puisque c’est bien évidemment parce qu’une personne comporte des fragilités et des failles que l’on peut la mettre plus totalement sous emprise. Il y a, en ce moment, des tas de livres et de témoignages sur l’emprise. Renseignez-vous.

              Ensuite, votre expérience à vous, d’HOMME parvenu à là prêtrise, et ayant donc « réussi « votre passage à St Gervais, n’est pas la même- bien évidemment !, que celle d’une jeune FEMME éprise d’absolu, face à un HOMME plus âgé, de surcroît PRÊTRE et « fondateur » d’une communauté monastique. Mais, à partir de cette évidence qui semble pourtant vous échapper ! mettez- vous en doute le témoignage d’Anne Mardon ? Je ne comprends pas bien car vous exonérez Pierre - Marie de toute responsabilité dans l’histoire. Comment le savez - vous donc ? Il vous a fait des confidences ? Etiez- vous là lors de ses tête à tête avec Anne Mardon ?

              En définitive, Anne Mardon ment-elle ou pas ? Tout le problème est là. Il n’y a pas à en sortir, quelque biais que l’on prenne.

              Pour avoir connu Anne Mardon, ayant fait moi- même partie des « petites laures », à la même époque, je sais qu’elle ne ment pas. Elle dit bien qu’il n’y a pas eu de relations sexuelles à proprement dit mais une très grande proximité physique amoureuse.

              Le plus grave est que Pierre - Marie s’est octroyé le droit avec Anne, et peut-être avec d’autres, je ne sais, mais, je pense, surtout avec elle, parce qu’il en était amoureux, disons le clairement !, de jouer le rôle de père ( elle l’appelait Papa ) et d’amant, tout en n’etant rellement ni un véritable père ni un véritable amant. Quelle relation « tordue » qu’ une femme attend, bien entendu, d’un homme et, plus encore, d’un prêtre, fondateur ( il tenait à ce titre comme à la prunelle de ses yeux ) aspirant à mener une vie monastique dans une communauté… Vous trouvez cela normal ? Vous trouvez cela légitime toutes ces confusions sur tous les plans ? Et il n’y a pas besoin de faire de longues études de psychologie pour se rendre compte que cette relation incestueuse ne peut qu’ engendrer des ravages dans le psychisme …et, à la longue, des souffrances encore plus grandes, tout en empêchant de prendre les moyens d’une véritable guérison possible de ses « fragilités « .

              Anne encore ment-elle lorsque Pierre - Marie l’envoie à une « illuminée « croyant à la réincarnation et lui ouvrant ses « chakras » ou encore à un exorciste orthodoxe bien bizarre, au mépris de toutes les règles régissant l’exorcisme ? Encore une fois, Pierre - Marie n’a donc aucune responsabilité dans l’ histoire ? Et si la personnalité est « fragile « , la responsabilité est encore plus grande. Car, il n’est pas besoin là non plus de longues études de psychologie, pour se rendre compte des ravages psychiques que de tels procedes peuvent occasionner.

              Si Anne ne ment pas, Pierre- Marie, quoique vous en disiez, ne peut être exonéré de toute responsabilité et a bien joué sur tous les tableaux qui le servaient. Utilisant son statut de prêtre ( qui lui donnait une supériorité sur les laïcs qui, selon lui, n’étaient pas grand chose) et sa position d’autorité spirituelle et de « père fondateur » pour combler ses impérieux besoins affectifs. C’est grave ! Et quel modèle de droiture et d’honnêteté !

              Pour finir, Anne Mardon, après avoir attendu plus de trente ans, y compris de la part de plusieurs autorités ecclésiales , un peu de justice et de vérité et moins de lâcheté, a bien le droit d’écrire ce livre et de lui donner ( ou d’accepter qu’il ait ?) ce titre…Ce n’est pas à la victime qui a beaucoup souffert de « prendre des gants » …Et si elle n’avait pas écrit ce livre, croyez- vous que la communauté aurait fait ce communiqué ou elle dit les choses tout en ne les disant pas… Decidement, que les gens d’église ont du mal à parler clairement et honnêtement de faits que, par ailleurs, ils ne peuvent nier.

              Encore un point ; je n’ai jamais lu nulle part ou entendu dire de la part de plus anciens que moi que Pierre- Marie ait pu concevoir les fraternites comme des « lieux de passage » ? S’il s’agit d’ecrits, vos références SVP ?

              A Agape

              • Si des saints ont eu des personnalités problématiques ( et il y en a certainement eu) surtout lorsqu’on canonise trop rapidement ; ce n’est pas une raison pour continuer à le faire.

              - S’il y a eu dans le passé des maltraitantes physiques et psychologiques, est- ce une raison pour légitimer les abus récents et les trouver normaux ? On a fait de grands progrès dans le respect du aux personnes. Et tant mieux ! Il s’agit d’un progrès moral qui devrait être aussi considéré comme un progrès spirituel.

              • De même si une vérité qui est aussi une grande souffrance se fait jour sur les réseaux sociaux, faute d’avoir reçu une écoute légitime ailleurs, tant mieux…La vérité peut faire mal mais elle vaut mieux en définitive que l’illusion ou le mensonge,
              • À Agape

                Je reviens vers vous, Agape, à cause de vos messages ultérieurs.

                Désolée ! Vous ne doutez absolument pas de tout. Vous doutez de ce qui vous arrange consciemment ou inconsciemment…Donc vous partez de l’a priori ( car c’en est un ) que les victimes mentent carrément ou affabulent ou se sont trompées etc….Bref, tous les arguments que vous pouvez trouver en ce sens vous sont bons. Je n’appelle pas ça un doute total !

                Il est fort regrettable en effet que la parole se libère ou plutôt soit réellement entendue ( ce qui n’est pas la même chose !) alors que les personnes mises en cause sont décédées. Mais un mal est un mal. Et on ne peut pas faire comme s’il ne s’était rien passé du tout… . Un criminel décédé ne peut être jugé par la justice civile. Cela n’empêche pas une condamnation morale…quand on a la forte conviction que la victime ne ment pas. Et on sait qu’elle ne ment pas d’autant plus qu’on a vécu peu ou prou la même chose, que l’on s’est heurte au même et lancinant doute que vous reflétez, qu’elle n’enjolive absolument pas son propre rôle etc…

                Pour prendre un autre exemple plus probant, un procès en canonisation a bien lieu quand la personne est décédée et on examine tous les témoignages pour et contre. Disons que les victimes de « pères spirituels » et fondateurs abusifs font partie des contre . Cela contrebalance, pour ainsi dire, la vénération d’ autres qui les voient déjà sur les autels…et se lancent dans la publication tout azimuts de leurs admirables écrits spirituels…

                Deuxièmement, les fondateurs et fondatrices dont nous parlons ne recrutent pas des personnes « fragiles » avec des intentions honnêtes, pour leur permettre d’accomplir un cheminement spirituel mais au contraire profitent de leurs fragilités pour les recruter et faire du chiffre. On n’a pas besoin de vous faire croire, par tous les moyens possibles, à une vocation ( et dans cette communauté, et surtout pas ailleurs !) et de vous mettre un habit monastique sur le dos pour un cheminement spirituel veritable ?

                Enfin, les victimes ne cherchent pas à tout prix la compassion, comme vous le pensez, qui ne coûte pas grand chose en définitive ( Cette compassion, elles l’ont déjà eue, et parfois abondamment, de diverses autorités d’Eglise qui les ont cru d’ailleurs ; en tout cas en ce qui concerne St Gervais ) mais des actes bien concrets qui manifestent la reconnaissance de la vérité de ce qu’elles ont vécu.

                • Je n’ai jamais dit que je doutais de tout. Mais que j’ai le droit de douter de tout. Nuance ! Et que la seule personne en qui je me fie en toute certitude est celle du Dieu de Jésus Christ. C’est mon choix et mon droit. Et je ne dis pas que les « victimes mentent » Je dis qu’on ne peut pas déclarer coupable quelqu’un parce qu’il y a accusation sans enquête équitable. Et la moindre des choses pour qu’une enquête soit équitable et l’entretien contradictoire. Vous dites« Un criminel décédé ne peut être jugé par la justice civile. Cela n’empêche pas une condamnation morale ». Mais encore faut il qu’il soit criminel. Il est criminel parce que vous le dites ou parce que d’autres l’affirment ? Cela vous parait donc suffisant pour salir la mémoire de quelqu’un ? L’enquête de canonisation n’est pas là pour salir quelqu’un donc effectivement cela me semble plus acceptable moralement. Et dans toute enquête de canonisation, il y a celui que l’on appelle « l’avocat du diable » c’est à dire celui qui doit chercher des arguments contraires ; les failles et les atteintes à la vertu commis par la personne durant sa vie qui feraient obstacle à sa canonisation….. Tandis que par rapport à ces accusations post mortem, il n’y a pas d’avocat de la défense qui pourrait être entendu.

                  • L’enquête pour canonisation est équitable ? Allons donc…on sait comment ça se passe et la corruption financière, politique, religieuse que ça suppose : et qui fait remonter le dossier, quel type d’historien se retrouve à faire le panégyrique, qui harcèle les autorités ecclésiastiques pour avoir la canonisation qui mettra le plus souvent à l’abri de poursuites judiciaires, soit une organisation dérivante sectaire, soit un établissement ou plusieurs d’éducation religieuse où il s’est passé des crimes (concernant les couvents prisons, les colonies pénitentiaires, les instituts spécialisés par exemple), soit le futur saint ou la future sainte qui était en réalité criminel(le) et à qui l’on a construit une légende dorée qui ne correspond que très peu à la réalité.

                    L’opportunisme d’une telle démarche, elle n’a aucune forme d’authenticité et d’édification. Elle remplit un objectif matériel d’intéressement financier, politique et elle a un rôle de protection d’un réseau d’influence ou de paravent glorieux institutionnel, pour compenser d’avec quelques crimes crapuleux et dérives, justifier un dogme. Et ça ne date pas d’hier, ce type de manœuvre.

                    Le fameux avocat du diable comme vous dites, il est la plupart du temps rétribué par le groupe qui souhaite la canonisation. Alors comme avocat du diable, il se pose là !

                    Demandez aux ex-opusiens comme ça se passe et comment l’Opus Dei s’organise pour faire canoniser tel ou telle et comment s’est passé la fameuse canonisation d’Escriva de Balaguer, le pipotage complet de A à Z.

                    Et ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres dossiers.

                    J’étais tombée sur un dossier de demande de canonisation d’un fondateur de colonie pénitentiaire, établissement religieux qui a martyrisé des gamins entre l’âge de 5 ans et 21 ans durant plus de 25 ans avant un procès retentissant judiciaire en 1888 pour tortures, réduction en esclavage sur adolescents et enfants et pédophilie, avec fermeture définitive de la dite colonie, inculpation de 30 religieux dont le fondateur reconnus coupables, et perte de l’utilité publique. Et bien, l’historien chargé du dossier de canonisation, alors que le procès est détaillé et disponible aux archives judiciaires, prétend qu’il ne s’agit que d’une rumeur…Ben voyons…C’est tellement plus commode !

                    • Je voulais seulement dire, Françoise, que la contradiction y est représentée . Mais de toute manière cela n’a rien de comparable, c’est le mot « procès » qui prête à confusion.

                      • C’est une fausse contradiction, Agapé, puisque la contradiction est organisée pour ne pas fonctionner et la personne chargée de l’action, payée par ceux qui demandent la canonisation. C’est du pipotage total. Et à chaque fois c’est comme ça. Parce qu’à la base, on est dans une gouvernance monarchique totalitaire, qui fonctionne comme une mafia. L’idée de justice cléricale est surtout une histoire de corruption.

                        C’est tout le paradoxe et aussi l’insupportable au regard de tout ce que les croyants et celles et ceux s’intéressant au système clérical dans sa gestion et son fonctionnement opaque, découvrent et constatent. Les grands discours cléricaux contre la mafia, ça fait sourire dans la mesure où la gestion vaticane est mafieuse. Il y a un aspect totalement surréaliste quand on s’y penche de façon précise.

                        Qui donc ne permet aucun parallèle, aucune comparaison d’avec le système judiciaire et de gouvernance civile dès lors que démocratique.

              • Merci pour cette réponse très pertinente. Tout est dit.

                Des études américaines ont montré qu’il est extrêmement rare qu’une victime d’abus mente quand elle dénonce son agresseur. En fait, une victime n’a jamais rien à gagner à parler.

                • Si ces études le disent, donc c’est vrai ! Donc plus besoin d’enquête ! A partir du moment où quelqu’un est accusé d’abus il est coupable. Cela fera faire des économies à l’Etat par contre il faudra construire un peu plus de prisons.

                • Je crois que tout n’est pas dit ! et j’espère que toutes les personnes abusées par ce père fondateur vont parler sans se retrancher derrière Dieu. Il faut dire les choses et exprimer sa souffrance trop souvent masquée, le chemin est au bout du tunnel, il est celui qui nous libère et nous fait avancer dans ces méandres de la vie. Et aujourd’hui , il faut dénoncer l’inacceptable.

                  • Luce,

                    Je suis d’accord. Il faut parler.

                    Je viens de tomber sur le net, sur un véritable panégyrique du Père Delfieux, par une sœur de la communauté qui a écrit ou va écrire ? sa biographie, je n’arrive pas à le savoir. En tout cas, elle donne des conférences ou elle vante toutes ses grandes qualités humaines et spirituelles. L’écriture de la légende est en route comme il faut s’y attendre après le décès de tout fondateur.

                    Dans son historique de la communauté, elle parle de la communauté des frères, des sœurs et passe carrément sous silence « les petites Laures « initiées et gouvernées entièrement par Pierre- Marie ( soit-disant pour vivre en solitude) et qui furent en réalité bien utiles pour pallier la dissolution de la 1re communauté des sœurs, en « camouflant » leur disparition soudaine du chœur. Sympa. de savoir, qu’en tant que membre des « petites Laures », on n’a pas existé et donc pas été utilisé à un moment critique …ça fait un choc quand-même…

                    Ce manque de vérité est insupportable.

                    Heureusement que le livre d’Anne Mardon rétablit les choses et oblige la communauté à les reconnaître même du bout des lèvres.

                    • Message par ancienne sœur (deux) Depuis quelques temps, je lis les différents articles parus dans cette chronique des fraternités de Jérusalem. L’envers du décor.

                      J’ai vécu près de 12 années dans les fraternités de Jérusalem et j’ai connu Anne. J’ai quitté la fraternité mais ce qui causait le plus de mal, c’est l’incompréhension des autres, qui y voyait une incompatibilité de caractère avec Pierre Marie mais qui ne retenaient pas la souffrance de celui ou de celle qui devait s’en éloigner pour se protéger. On se retrouvait alors isolée, incomprise, et donc en souffrance. J’entendais des laïcs me critiquer et ne pas comprendre ce que je vivais comme c’est le cas dans les messages que je peux lire encore aujourd’hui. J’ai eu la chance d’avoir des responsables de l’Église ou je me trouvais, qui a pu comprendre la personnalité de Pierre Marie et qui m’ont aidée.

                      Il faut d’abord reconnaitre que tous ceux et celles qui rentraient dans les fraternités (et ceux qui y sont encore aujourd’hui) faisaient (font) une démarche qui concordait avec leur projet de vie en Église, communautaire, de prière, d’inspiration monastique ou monastique (selon les avis) et peu importe, mais qui correspondait à leur recherche. Nous étions jeunes donc sans repère pour nous guider et on faisait confiance. J’y étais heureuse et épanouie. Aujourd’hui, je garde encore des contacts avec les uns et les autres. Ils restent et resteront des amis(es).

                      J’ai aimé cette vie au cœur des cités et j’y crois.

                      Depuis quelques temps et précédemment à la sortie du livre d’Anne, les responsables actuels nous ont demandé de nous prononcer, sur les problèmes ou les situations que nous avions vécues et qui nous avaient éloignées ou exclues des fraternités. Je trouve cette démarche très positive et importante et à eux, d’en tirer les conclusions pour l’avenir et le bien-être de tous.

                      Il ne faudrait pas mettre en cause tous ceux qui y vivent aujourd’hui. La responsabilité d’une arrivée ou d’un départ aurait du faire l’objet d’une approbation d’un comité et non d’une seule personne comme ce fut le cas autrefois. On s’est trouvé sans aucun doute devant les problèmes des débuts mais je forme le souhait pour que tout s’apaise aujourd’hui et évolue de façon positive.

                      A chacun de se poser, est-ce que j’ai fait ce qu’il fallait pour que cela change ! Les statuts ont pu remettre un peu d’ordre et les jeunes qui rentrent actuellement dans les fraternités ne sont pas responsables des incohérences d’autrefois.

                      Je ne reviendrai pas sur la personnalité de Pierre Marie décrite dans les articles précédents et qui correspondent à la réalité. Il y a eu des erreurs en effet mais personne n’aurait osé lui faire des reproches sous peine de se faire mettre à la porte sur le champ comme ce fut le cas pour moi, accompagné des tas de mensonges pour faire accepter la situation aux autres sœurs ou frères et à d’autres encore. A l’époque, nous n’avions personne pour nous écouter ou nous entendre…

                      Je suis plus perplexe par rapport aux avis qui vont un peu dans tous les sens aujourd’hui. On ne peut comprendre la situation que si on l’a vécue. Ne jugeons pas. Accueillons la souffrance de l’autre, écoutons-le. De l’extérieur, on ne peut mesurer ce qui se vit à l’intérieur. Les laïcs et même des frères et sœurs ignoraient parfois ce qui existait.

                      Je pense aux frères et aux sœurs qui y vivent aujourd’hui et je les encourage à poursuivre leur vocation. À leurs responsables, de tenir compte des remarques que des frères et des sœurs leurs ont communiquées. Il ne s’agit pas de faire le procès à quelqu’un de décédé. Cela n’apportera rien. Je ne le vois pas comme cela.

                      Personnellement, j’ai tourné la page et vécu d’autres choses ce qui n’a pas enlevé mon désir de prière aux cœurs de villes et aux cœurs de Dieu. La vie nous ouvre d’autres formes de vie et si cela rejoint notre personnalité, elles sont aussi épanouissantes. Comme quelqu’un nous disait lors d’une retraite, chaque jour, il faut savoir ouvrir une nouvelle page blanche de notre vie et la remplir. Une autre personne me dit souvent qu’il faut regarder vers le soleil et laisser l’ombre se dessiner derrière nous.

                      Je comprends la souffrance vécue par les uns ou les autres. Mais on ne vit pas « pour » Pierre Marie. Ce n’est pas nécessaire de lui donner plus d’importance qu’il ne faut. L’impulsion d’une communauté au cœur des villes était d’ailleurs, l’inspiration de Mgr Marty et il avait demandé à d’autres communautés religieuses de la créer. Mais il n’a reçu aucune réponse positive en ce sens. Pierre Marie a repris l’idée en créant les fraternités de Jérusalem.

                      Nous pouvons reconnaître que l’idée était géniale et de forme nouvelle. Les chants principalement d’André Gouzes nous portaient ainsi que nos moments de prière personnelle et communautaire, les formations, les retraites etc.… La vie des Laures y était rude …. Avant de passer à une vie communautaire. Il est et restera malgré tout, le fondateur de cette nouvelle forme de vie.

                      Écrire un livre le concernant, oui, cela me semble évident pour l’avenir mais sans mettre le fondateur sur un piédestal, mais pour expliquer son parcours, les modifications et le déroulement des fraternités avec ses richesses et ses difficultés, ses rebondissements. Un fameux travail !

                      Les fraternités de Jérusalem sont une forme de vie comme il en existe d’autres et toutes font parties de l’Église d’aujourd’hui. Il n’y a pas d’échelle de valeurs à y mettre. Mais ce livre est à écrire avec réalité, simplicité et sans orgueil. Sinon, celui-ci risque de faire aussi débat.

                      • A ancienne sœur ( deux)

                        Merci de votre message apaise et qui se veut apaisant.

                        Je ne remets pas du tout en cause les frères et sœurs actuels ( sauf les anciens qui ont été complices de mensonges et des souffrances en résultant par lâcheté, naïveté,ou autres motifs ) Et je suis très heureuse que les Fraternites aient commencé un travail de « reajustement « , avant même le livre d’ Anne.

                        En revanche, les écrits qui sont parus et à paraître sur Pierre-Marie le « canonisent » presque. Une construction intitulée « Centre Pierre- Marie Delfieux », et qui a coûté une fortune payée par les laïcs, pour recueillir les archives du fondateur, est en cours à Magdala . La communauté actuelle donne bien son aval à ce panégyrique, me semble-t-il ? Il ne s’agit donc pas de s’acharner sur un homme ou de faire son procès post mortel mais de dire le vrai sur les souffrances engendrées chez un très grand nombre de personnes et passées jusqu’à présent par pertes et profits.

                        Et il est bien difficile de distinguer le charisme d’une communauté de son fondateur et supérieur général pendant de si longues années et auquel on est nécessairement amené à faire référence. Sinon dans quoi s’enracine t on ?

                        Je trouve donc la position de la communauté actuelle très ambigüe. Et peut-il en être autrement ?

                        Vous avez eu la chance de trouver des responsables d’Eglise prêts à vous écouter et à vous accompagner dans votre vocation de prière au cœur des villes. Et ainsi vous avez pu vous tourner vers l’avenir. Ce ne fut pas hélas le cas de tout le monde.

                        Et, pour se réconcilier avec l’Eglise , qui m’a certes écoutée à travers ses représentants, sans se préoccuper plus avant de mon sort matériel ou spirituel et n’a rien fait de concret ( un prêtre m’a même dit qu’il fallait, à tout prix, pardonner !), ni pour moi, ni pour d’autres très abîmées ( dont le souvenir me crève le cœur), ni pour les « recrues « futures, il me faudrait une reconnaissance de la vérité de ce qui a existé et des torts commis. Ma confiance en l’Eglise comme ma foi en ont été fortement ébranlées et le sont paradoxalement de plus en plus au fur et à mesure que je vieillis.

                        J’ai compris en effet que, depuis le début, il y avait des autorités ecclésiales qui savaient bien des choses. Le Cardinal Lustiger avait pris des mesures fermes ( éloignement des Pierre - Marie de St Gervais, abandon de son priorat dans la communauté des frères, non reconnaissance des « petites Laures » etc…) Pourquoi cela n’a t il pas été vérifié sérieusement ?

                        Donc, selon moi, la responsabilité est partagée entre la personnalité de Pierre- Marie ( que le communiqué de la communauté ne semble guère d’ailleurs mettre en question ) et les autorités ecclésiales qui n’ont pas exercé la vigilance requise.

                        Un historique vrai et honnête de la communauté sera en effet bien difficile à établir.

                        • Dans ce message, je retrouve bien des choses correspondant à mon propre vécu, même si dans un tout autre contexte.

                          Cette phrase entre autres : … « Ma confiance en l’Eglise comme ma foi en ont été fortement ébranlées et le sont paradoxalement de plus en plus au fur et à mesure que je vieillis ».

                          Pour ma part, j’ai fini par refluer vers ce qui a précédé mon entrée dans la vie religieuse et qui a fait basculer ma vie. Ces moments forts à l’intime du cœur qui ne sont qu’entre Dieu et moi et qui me tiennent debout malgré tout …

                    • bonjour Ancienne Soeur,

                      pourriez vous indiquer le lien vers l’article que vous citez s’il vous plaît ?

                      « Je viens de tomber sur le net, sur un véritable panégyrique du Père Delfieux, par une sœur de la communauté qui a écrit ou va écrire ? sa biographie »

                      je vous en remercie par avance,

                      jacques

                      • Tapez sur YouTube Pierre - Marie Delfieux et allés à conférence du 4 Décembre 2016

                        • je viens de terminer la lecture du livre d’Anne Mardon… et… je ne suis pas surprise… en effet, j’ai connu les fraternités de Jérusalem à l’époque où Anne s’y trouvait ; j’ y ai connu le père Delfieux également.

                          J’admirais cette belle église de st Gervais, sa liturgie, nouvelle alors, et son style de vie religieuse qui me semblait nettement rafraîchir celui des ordres anciens.

                          Mais très vite j’ ai commencé, plus ou moins consciemment à me poser des questions : le père Delfieux ne voyait la vie de tout(e) candidat(e) à la vie religieuse qu’à travers l’entrée dans sa fondation : lé discernement d’un Appel, d’une vocation, n’entraient en aucun cas en compte !!!

                          Il me semblait également que pour lui, qui prônait la vie cachée au cœur des villes, le paraître des frères et des sœurs dans le chœur de la cathédrale Notre Dame, lors des grandes fêtes, était très important, je me demandais alors : « pourquoi eux, et par les autres Ordres ? »

                          Des contacts que j’ai pu avoir, moi-même et que d’autres jeunes à cette époque m’avaient rapportés, j’ai eu l’impression que ce qui importait pour lui ce n’était pas le discernement de notre vocation mais d’entrer,aveuglément ; se poser des questions c’était faire affront à Dieu, c’était quasiment l’assurance de perdre notre vie… pour éviter ce grand mal il suffisait de lui obéir aveuglément : il appelait obéissance à Dieu ce qui était essentiellement soumission à sa personne : « fais cela pour me faire plaisir » disait-il.

                          j’ai eu alors la chance d’entreprendre, ailleurs, un vrai chemin de discernement, dans un lieu où j’ai pu comprendre que la vie religieuse se vivait dans l’épanouissement et « la liberté des enfants de Dieu » et non dans la soumission aux vues captatrices d’un homme établissant son emprise sur les jeunes qui s’adressaient à lui.

                          Pour avoir connu Anne à cette époque je peux ajouter que tout ce qu’elle a dit, non seulement est vrai, mais encore est dit avec simplicité et mesure ; je trouve remarquable qu’il n’y ait aucun sentiment de haine ni de vengeance mais son livre manifeste l’immense dégoût, lassitude, épuisement physique, psychique, moral et spirituel de la la terrible aventure qu’elle a traversée.

                          Marie-Agnès.

                          • J’ai bien connu Pierre Marie,J’ai bien connu Anne,je n’ai pas lu son livre, mais,étant Frère de la communauté,à cette période,j’ai entendu,certains propos,relatés,dans les messages,auxquels je réponds,Anne était une soeur, très gentille,plutôt,douée,en apparence pour la vie religieuse,mais l’austérité semblait lui être,difficile,à vivre,comme elle me le disait.Jamais,elle ne m’a fait de confidences,donc,les propos,relatés,dans les messages,ci dessus,je n’y croyais pas,il y a toujours,des pardons difficiles à accorder,c’est humain. Dans la prière,Jésus nous dispense,ces grâces,il faut lui demander.Pierre-Marie,prie pour nous,là-haut,maintenant.Il ne faut pas faire l’œuvre du malin,du diviseur,il faut prier sans cesse.

                            • Cher ancien frère,

                              Et maintenant vous croyez ses propos ou non ?

                              Et le pardon n’appartient qu’aux personnes en question. D’abord le rétablissement de la vérité s’impose. Après chacun décide librement de ce qu’il lui convient de faire sans conseil « pieux » qui ne sont vraiment plus de mise tant ils ont déjà servi pour cacher mensonges et abus.

                              • j’ai déjà répondu,on ne dialogue pas avec Satan.

                                • Ah bon ? Vous savez bien entendu , et, avec une absolue certitude, quelles sont les « voies » prioritaires de Satan ? Bienheureux homme que vous êtes en contact direct avec le « ciel »….donc….

                                  • C’est vous qui croyez être en contact direct avec le Ciel puisque vous pensez détenir la Vérité sur cet homme. C’est vous qui affirmez avec certitude que ce prêtre était un gourou et un pervers , c’est vous qui le diabolisez…..

                                    • Chère Agape ( que l’on n’avait pas lue depuis longtemps ?)

                                      Vous ne manquez pas d’air, si je puis me permettre…en intervenant à propos ( et surtout hors de propos) de situations bien concrètes et de personnes bien réelles sur lesquelles vous ne connaissez rien. .Vous faites des erreurs bien concrètes et bien vérifiables quant à elles, lorsque vous affirmez ( ce qui est faux !) que la personne en question n’était pas le supérieur de l’auteur du livre. Vous abstenir serait plus malin. Mais, pour sûr, on ne peut vous accuser de faire preuve de malignité.

                                      • Vous voyez vos propos confirment ce que je dis par rapport à votre prétention à posséder la Vérité. Vous vous savez, vous vous avez la connaissance sur la personne que vous accusez. Et ceux qui osent interroger vos dires et ne pas les prendre pour la Vérité incarnée n’ont qu’à se taire car elles n’y connaissent rien ! Si vos paroles ne consistaient pas à salir la mémoire de quelqu’un et si la personne en question était à égalité avec vous pour se défendre je crois que je fermerai ma gueule.. Encore une fois je n’ai pas la prétention de connaitre mieux que vous l’auteur de cet ouvrage ni le frère Pierre-Marie, je dis qu’en l’absence de la parole de celui qui est incriminé, ces propos sont invérifiables. Chacun d’entre nous a le droit de penser ce qu’il veut sur cette affaire mais en dehors d’une enquête judiciaire ( impossible ici car l’accusé est mort) il ne me semble pas possible de présenter comme vérité attestée ce que l’on pense de cette situation.

                                        • Agape ,

                                          Parfaitement je maintiens ! ce qui est de l’ordre du bon sens tout simplement. Nous sommes effectivement plus à même ( car il ne s’agit pas seulement de moi : voir les autres témoignages concordants ci-dessus) de savoir ce que nous avons vécu que vous ! qui faites plein d’erreurs et de suppositions « en l’air « pour disculper, dédouaner à tout prix, du style « ce père fondateur a peut-être voulu… » Risible !

                                          Et ce n’est « pas ce que l’on pense de la situation !!!!? » comme vous vous acharnez à le répéter, mais ce que l’on a constaté. Certains faits précis dénoncés sont des faits indéniables, objectivement vérifiables, même si caches au public. Point barre.

                                          Et je maintiens que vous ne manquez pas d’air…après la lecture des très nombreux messages assez ahurissants que vous avez laissé sur ce blogue fonctionnant toujours selon le même principe. Vous doutez de la culpabilité des personnes mises en cause, vous donnant ainsi, à bon compte, les apparences de l’impartialité « vertueuse « et de la redresseuse de torts, malgré tous les témoignages, les procès canoniques, les reconnaissances officielles etc.. ( par exemple sur les frères Philippe ) Bizarre….et assez pervers en fait.

                                          Car, à l’inverse, vous ne vous demandez jamais, et dans n’importe quel cas où vous intervenez ; « Et si c’était vrai ? Et si les souffrances engendrées avaient quelque raison d’être ? « Et faut-il rester dans le silence maintenu si longtemps parce que la personne est décédée, alors que se profile enfin une occasion de parler ? Faut-il faire comme si cela n’avait jamais existé, alors que ces torts ont vraiment eu lieu avec souvent de terribles conséquences sur toute une vie ? Jamais ces questions n’effleurent réellement votre esprit…Car, sinon, vous ne réagiriez pas ainsi.

                                          Pour vous, il s’agit d’un jeu « abstrait « qui heurte sans doute quelque conviction ( ou obsession) bien ancrée dont vous avez besoin pour vivre ( d’où vos incessantes interventions toujours dans le même sens ). Mais la souffrance des autres, vous n’en avez en fait rien à f….

                                          Arrêtons là ce petit jeu en effet bien pervers.

                                          • Je n’ai rien à dire sur votre vécu. Mais la relecture de ce vécu est votre interprétation personnelle, ce qui est tout à fait respectable. Cependant lorsque vous incriminez une personne en la traitant de gourou et de pervers, pardon de commettre l’affreux blasphème de douter : car votre parole si elle est digne de foi, n’est pas plus sacrée qu’une autre. Et il y a d’autres témoignages de personnes l’ayant connu de prés qui ne font pas votre lecture… Et j’ai donc le droit de ne pas prendre ce que vous dites pour argent comptant, surtout lorsque la personne concernée n’est plus de ce monde pour répondre…

                                          • Bravo ! Toujours le même discours ! Je m’explique : j’ai donné 20 années de ma vie professionnelle à la Protection de l’Enfance. Les parents maltraitants ont toujours le même comportement : ils ne parlent que du préjudice que la parole de l’enfant ou les hématomes leur ont fait. JAMAIS un mot sur la souffrance de ces victimes, JAMAIS ils ne les reconnaissent comme personnes. TOUJOURS ces enfants paraissent persécuteurs et accusateurs.
                                            l’Eglise fait de même, elle ne se préoccupe que de son image et du préjudice que lui cause la victime !

                                        • Fraternités monastiques de Jérusalem : “Nous devons faire la vérité sur la part sombre de notre histoire” 7 mars 2020 10:48, par Anne Laure Wasnaire ( mais signé l’article avec une ancienne soeur (deux)

                                          « Ancienne sœur deux » A agapé et aux autres. Je remarque que vos articles que ce soit concernant les fraternités de Jérusalem ou autres, vont toujours dans le même sens ! Contredire pour contredire. En ce qui nous concerne, nous parlons en connaissance de cause. Nous ne cherchons pas à critiquer l’un ou l’autre mais nous parlons de ce que nous avons vécu et nous ne mettons pas des personnes au piquet….Ce n’est pas notre intention. Mais ce que nous écrivons redit notre vécu et notre souffrance. Il ne s’agit pas d’idées….farfelues. Votre langage est vraiment scandaleux.

                                          • ( Aux 2 anciennes sœurs) Le droit à la contradiction cela existe même si vous le trouvez scandaleux. Si les personnes incriminées avaient la possibilité d’exercer ce droit je ne m’exprimerais pas autant ici. Le vécu c’est la manière dont le sujet interprète son histoire( et ici )son itinéraire spirituel : dans la relecture de votre histoire je ne remets pas en question votre sincérité. Mais il y a une différence entre le fait d’être sincère et celui d’affirmer une vérité.

                                            • Bof ! Pensez ce que vous voulez et attribuez-vous, sans rire, le rôle « glorieux » de « redresseuse de torts « , et ce, dans absolument tous les cas cités ! ( même dans ceux officiellement reconnus ), si ça peut vous faire plaisir… Ridicule et pas crédible… Mais bon…

                                            • Je reviens parce que je ne veux pas laisser passe ces « subtilités « psychologisantes ou issues de connaissances psychanalytiques mal maîtrisées sur le « vécu « qui aboutissent à des raisonnements faussés.

                                              Il ne s’agit pas d’une « interprétation ou d’une relecture personnelle « ? de son histoire à laquelle on pourrait opposer une autre interprétation tout aussi personnelle. On ne relit rien, on n’interprète rien. On dit ce qui a eu lieu. Et c’est comme si vous disiez qu’une victime d’inceste, de viol ou autre abus « interprete « son vécu. Elle a été victime ou elle n’a pas été victime. Il n’y a pas d’autre solution.

                                              Donc ici soit les faits incriminés ont eu lieu et on dit la vérité. (Certains faits sont vérifiables, comme déjà dit. D’autres n’ont pas eu lieu au grand jour bien évidemment.) Soit ces faits secrets ou pas connus de tous n’ont pas eu lieu et on ment. Il n’est aucunement question ici d’une « relecture » ? ( même sincère ) de son histoire. Un point : c’est tout !

                                              Pour le reste : pensez ce que vous voulez. Aucune importance…

                                              • Ce n’est pas moi qui ai parlé de « vécu ». Mais lorsque l’on parle de « vécu » on est forcément dans une dimension psychologique et de subjectivité.

                                                • Voici mon dernier message dans cette rubrique. (Fraternités de Jérusalem – l’envers du décor) Comment mettre fin à cette bagarre de mots ou de pensées ? Soit ! Actuellement, un combat qui ne mène à rien.

                                                  Chacun et chacune qui a « vécu » une situation difficile (a pu) ou peut prendre contact avec les responsables actuels des fraternités de Jérusalem. Une équipe est mise en place pour ce faire. Voir les coordonnées sur leur site. C’est à mon avis, la seule démarche qui apportera du fruit. C’est déjà fait pour la majorité d’entre nous. Personnellement, je fais confiance aux responsables actuels et à ceux qui les accompagnent pour faire la part des choses et pour en tirer les conclusions.

                                                  Ceci étant fait, il faut pouvoir tourner la page. Ma vie ne s’est pas arrêtée et j’ai poursuivi mon parcours de vie avec mes activités professionnelles et des insertions en paroisses, et pour certains dans d’autres communautés ou isolé. Mais peu importe.

                                                  J’ai toujours beaucoup de respect et d’amitié pour les membres des fraternités et pour ceux avec qui j’ai partagé quelques années de ma vie. J’ai pu me retrouver à Marseille, Ganagobie, Paris, Vézelay, Conques, l’Aubrac, Magdala en Sologne et un passage à Aix en Provence. Tout un vécu que je ne peux négliger. Sans oublier, Bruxelles mon lieu de vie et ou j’ai mené durant des années une propédeutique et la recherche avec l’Eglise locale pour une implantation des fraternités et accompagner le groupe de laïcs assez important.

                                                  Comme j’en parlais dans mon message du 20/1/2020, j’ai gardé des contacts avec les uns et les autres, ils sont et resteront de vrais amis (es). Si l’occasion se présente, je les rencontre ici ou là mais je ne m’engage plus aujourd’hui pour de longs voyages. Nous avons la possibilité de nous connecter avec les réseaux sociaux ce qui nous permet de rester en communication et de suivre les offices.

                                                  Je souhaite à tous, le meilleur pour l’avenir surtout dans la sérénité et la paix que ce soit au niveau des fraternités qu’au niveau des personnes qui ont pu vivre un passage difficile. A tous les anciens et aux nouveaux membres des fraternités, bonne continuation et à ceux qui ont quitté, je leur souhaite aussi le meilleur. Je prie avec vous et pour vous.

                                                  • Il n’est évidemment pas question de remettre en cause votre réaction et votre cheminement personnels.

                                                    Cependant chaque personne a aussi le droit d’avoir une tout autre réaction, ayant eu un tout autre cheminement que celui que vous décrivez. En la matière, il n’y a pas de règle et de modèle obligatoires à suivre. Et si l’on ne veut pas s’adresser à « cellule d’écoute « mise en place, surtout avec des personnes appartenant à la communauté, et uniquement après la publication du livre d’Anne Mardon, ( seule, en effet, et hélas, la médiatisation semble vraiment faire réagir !) on en a aussi le droit.

                                                    Et je ne suis pas certaine - mais, bien entendu, je ne puis le savoir avec certitude-( comment peut-on le savoir avec exactitude d’ailleurs ? ), que la « majorité « des personnes ayant eu à souffrir dans cette communauté se soient adressés à cette cellule d’écoute.

                                                    Pour ma part, l’avenir et la « sauvegarde » de la communauté, comme de l’Eglise, ne me concernent guère, voire pas du tout, tant que, d’abord et avant tout, la reconnaissance pleine et entière des torts commis ne sont pas à l’ordre du jour.

                                                    Or, comme déjà dit, la vénération dont le Père Delfieux continue à être l’objet va à l’encontre de cette exigence de vérité et me rend tout à fait suspecte la démarche entreprise. D’abord la reconnaissance de la vérité. Et après… on voit.

                                                    • Un ancien frère,de la fraternité de Jérusalem. 29 mars 2020 23:31, par Jean-Pierre Gressin

                                                      Extrait,du livre bleu,du MSM (qui a reçu l’imprimature ) « A la fin mon Cœur Immaculé triomphera. Celui-ci arrivera dans le plus grand triomphe de Jésus,qui fera venir dans le monde son glorieux Règne d’Amour,de Justice et de Paix et qui fera toutes choses nouvelles. Ouvrez vos cœurs à l’espérance.Ouvrez tout grand les portes au Christ,qui vient à vous dans la gloire. Vivez l’heure anxieuse de son second Avent. Devenez ainsi les courageux annonciateurs de son triomphe,parce que vous mes petits enfants consacrés à moi,qui vivez de mon esprit-même,vous êtes les Apôtres de ces derniers temps.Vivez comme de fidèles disciples de Jésus,dans le mépris du monde et de vous même,dans la pauvreté,dans l’humilité,dans le silence,dans la prière,dans la mortification,dans la charité et dans l’union à Dieu,tandis que vous serez méconnus et méprisés du monde. »