Le Vatican : Enzo Bianchi mis à l’écart de la Communauté de Bose

Mercredi 27 mai 2020

Telle est la décision du Saint-Siège suite à l’inspection menée par trois délégués du Pape. Les problèmes qui ont surgi concerne l’exercice de l’autorité et dans des relations compliquée avec le successeur.

Le Vatican a établi qu’Enzo Bianchi devait quitter la communauté monastique de Bose, qu’il a lui-même fondée en 1965. La décision du Saint-Siège a été prise après une inspection menée par trois délégués du Pape, au cours de laquelle de « graves problèmes » seraient apparus concernant « l’exercice de l’autorité ». Bianchi - et avec lui deux frères et une soeur - a été invité à quitter la communauté parce qu’il n’acceptait pas de renoncer à la gestion des affaires du monastère après sa démission en tant que prieur en 2017. Par conséquent, inévitablement, des tensions et des désaccords auraient surgi avec son successeur, le frère Luciano Manicardi, et avec d’autres moines.

Cependant, ces informations, qui ont fuité à travers les réseaux sociaux pendant quelques heures, ne sont pas encore officielles. Et un règlement à l’amiable entre Bianchi et Manicardi n’est pas exclus.

La communauté monastique de Bose avait annoncé qu’elle avait reçu la visite apostolique « au moment d’un passage de relais, qui ne pouvait qu’être délicat et sous certains aspects problématique en termes d’exercice de l’autorité, de gestion du gouvernement et de climat fraternel ». La demande d’intervention du Vatican est venue des moines de Bose eux-mêmes, qui ont exprimé « une sincère gratitude au Saint-Père François pour ce signe de proximité et de sollicitude paternelle ».

Source : La Stampa

Vos réactions

  • yon dominique 29 mai 2020 10:18

    C’est une histoire fort banale. Enzo Bianchi, fondateur génial d’une communauté monastique d’un type nouveau,avait un charisme affirmé et fécond. Mais il devait passer la main, et, comme le font les anciens supérieurs avisés, s’éloigner pour laisser son successeur agir en toute liberté. En fait, il n’a pas voulu lâcher ce qu’il considérait comme « son œuvre ». Il a commis le péché d’appropriation de l’œuvre de Dieu en œuvre personnelle. Il doit faire comme Abraham, consentant au sacrifice d’Isaac, et c’est un sacrifice humainement si difficile à faire qu’en vieillissant, on s’y refuse ; on veut garder la main. Ça arrive souvent (hélas !). Je pense qu’il ne faut pas majorer l’importance d’une telle affaire, mais espérer que le retournement escompté d’Enzo Bianchi se fasse en bonne intelligence avec son successeur. Il n’ a qu’à lâcher, ce que l’Eglise en général demande à des fondateurs agrippés à leur création. Il a commencé à créer sa communauté vers les années 65. Il est en responsabilité de celle-ci , soit, si je ne m’abuse, depuis 65 ans ! Il est âgé probablement de plus de 85 ans. Il est temps de dételer mon gaillard ! Voilà tout. Il n’est peut-être plus assez lucide pour en faire le constat.

    • triste remerciement que lui fait l’Eglise……. On aurait quand même pu le laisser terminer sa vie dans sa fondation.

      • Non ! Il est normal et sain de savoir se retirer de soi-même pour laisser toute la place à son successeur. Ce qui évite dissensions et conflits inévitables dans ce genre de situation que l’on a vus dans nombre de communautés. Et il faut savoir le faire bien avant qu’une autorité exterieure se trouve dans la nécessité de l’imposer pour le bien de la communauté et de ses membres : bien supérieur à toute autre considération.

    • Le Vatican : Enzo Bianchi mis à l’écart de la Communauté de Bose 14 novembre 2020 22:22, par Clémence de l’Isle

      Réponse à Yon Dominique. Depuis le 29 mai le temps a passé … et je découvre à présent votre message et j’en suis abasourdie de la forme - les mots restent.. qui blessent ! Quelques précisions donc :

      • D’abord , Fr Enzo Bianchi n’a pas 86 ans , il en a 77 - comme le nouveau Président des Etats- Unis..
      • Il est vrai que dans les ordres traditionnels monastiques - et je pense aux bénédictins - la coutume veut que l’abbé précédent , démissionnaire, s’éloigne pendant un an de la Communauté pour laisser au nouvel abbé la possibilité de « prendre ses marques »
      • Enzo Bianchi ne l’a pas fait certes ; et ce qui est paradoxal, c’est bien à cause de ses problèmes de santé , après avoir donné sa démission , qu’il a été bien plus présent à son monastère qu’il ne l’était auparavant - d’où les ingérences , qui lui paraissaient « normales » à lui puisque c’est lui en fait, quoiqu’en collégialité qui avait proposé le fonctionnement de tous les « corps de métier » .. et à Bose il y a de tout : de l’agriculture « bio » jusqu’à la maison d’édition en passant par l’atelier des icônes ( la cuisine assez extraordinaire..) et surtout pendant toute l’année un enseignement biblique exceptionnel en italien et en français.
      • Sans nul doute l’auteur de cet article n’en a suivi aucun ! Il aurait appris le respect de l’autre, quel qu’il soit..
      • Pour son information, ce serait bien qu’il lise au moins le livre de Alexis Jenni et Nathalie Sarthon- Lajus : « Une vie simple » ( Albin- Michel 2017) avant d’émettre des propos - même justifiés pour lui- mais très vulgaires et irrespectueux tels que « Il est temps de dételer mon gaillard ! »
      • La trivialité n’a jamais fait avancer les débats…