Le pape François dit sa « volonté » de lutter contre les abus sexuels sur les religieuses

Jeudi 7 février 2019

Largement consacrée au dialogue avec l’islam, la conférence de presse du vol papal, de retour d’Abu Dhabi, mardi 5 février, a aussi porté sur les abus sexuels dont sont victimes les religieuses.

Interrogé, au cours de sa conférence de presse dans l’avion qui le ramenait d’Abu Dhabi à Rome, sur les abus sexuels dont sont victimes les religieuses, le pape François s’est dit déterminé, mardi 5 février, à « aller de l’avant » sur cette question récemment mise en avant par le supplément féminin de L’Osservatore romano, après une enquête de La Croix.

« Dans l’Église, il y a des prêtres, mais aussi des évêques » qui se sont rendus coupables d’abus sexuels sur des religieuses, a reconnu le pape, soulignant que cela était « plus fort dans certaines civilisations que dans d’autres ». « Cela fait longtemps que nous travaillons sur ce dossier », a-t-il expliqué, annonçant que « plusieurs prêtres ont été renvoyés en raison de cela ».

« On doit faire quelque chose de plus »

« Nous avons aussi dissout des congrégations religieuses féminines très liées à cette corruption », a-t-il ajouté, rendant hommage à Benoît XVI qui « a eu le courage de dissoudre une congrégation féminine où sévissait cet esclavage des femmes, allant jusqu’à l’esclavage sexuel de la part des prêtres et du fondateur ». Le pape a précisé à la journaliste d’Associated press, qui lui posait la question, qu’il s’agissait d’anciennes sœurs contemplatives de la communauté Saint-Jean qui avaient par la suite reconstitué une congrégation en Espagne.

« Parfois le fondateur s’empare de la liberté des religieuses, vide cette liberté et alors ce genre de choses peut se produire », s’est inquiété le pape. « Je ne peux pas dire qu’il ne se passe rien de tel chez moi, car c’est oui, c’est vrai, cela arrive », a-t-il admis, reconnaissant qu’« on doit faire quelque chose de plus » mais qu’il en avait « la volonté ».

Contre la maltraitance des femmes et le féminicide

« Prions pour que nous puissions encore aller de l’avant, moi, je veux avancer », a-t-il affirmé. Juste avant, François avait replacé cette question des abus sexuels contre les religieuses dans la problématique plus large de la maltraitance contre les femmes.

« J’oserais même dire que l’humanité n’est pas encore mûre : la femme y est comme en seconde classe, a-t-il dénoncé. C’est un problème culturel qui, dans certains pays, peut aller jusqu’au féminicide. »

Nicolas Senèze, sur le vol papal Abou Dhabi-Rome

Vos réactions

  • Françoise 9 février 2019 16:03

    F1 aurait dû dire que c’était les hommes et notamment les religieux qui ne sont pas mûrs. Parce que la société civile et les femmes plus particulièrement, religieuses ou pas, sont mûres pour dénoncer, lutter, sortir de ces violences. Et ça fait déjà plus d’un siècle que nous avons démarré concrètement ces luttes et dénonciations. Donc qu’il télécharge la mise à jour sur ces questions, qu’il s’informe, parce que franchement, s’il y a bien des personnes qui se démènent sur ces sujets depuis plus d’un siècle et dans différents domaines et secteurs d’activité, luttes, engagements, c’est bien nous les femmes.