Le retour des Turlupins. Le billet du père Vignon

Jeudi 5 mars 2020 — Dernier ajout dimanche 1er mars 2020

On connaissait les turpitudes du frère dominicain Thomas Philippe et le lien jamais démenti qu’entretenait avec lui le célèbre Jean Vanier dont l’œuvre en faveur des handicapés mentaux forçait l’admiration de tous.

A vrai dire, je dois confesser que j’étais depuis longtemps agacé par deux choses le concernant : le ton sirupeux de sa voix et l’atmosphère de prébéatification dont ses dévots l’entouraient. Me reprochant parfois la forme par trop critique de mon esprit, je m’accusais de voir vraiment le mal partout. Qui étais-je pour émettre des doutes sur cette Mère Térésa en pantalons ? Il fallait bien que ce soit mon œil qui soit mauvais et j’étais prêt à faire amende honorable. Je m’abstenais de faire des remarques. Après tout, je n’avais qu’à aller moi-même m’occuper de ces frères et sœurs handicapés mentaux au lieu de chercher à dialoguer avec la culture de mes contemporains. Je n’avais pas cette vocation mais je m’en faisais grief.

Et puis, et puis, le scandale des frères Philipe a éclaté. Le saint homme se révélait incapable, sinon du bout des lèvres et à la suite de très fortes pressions de son entourage, de demander vraiment pardon aux femmes victimes de Thomas Philippe. Personne n’osait s’expliquer ce scandale jusqu’au moment où la lumière se fit grâce à la Commission internationale nommée par l’Arche Internationale et, tout d’un coup, tout prenait sens. L’affaire est plus grave que ce qui commence à en être révélé et il faut d’abord la replacer dans son contexte particulier.

Au départ, donc, un officier de marine très bien fait de sa personne, fils du gouverneur général du Canada, entra dans la mouvance théologique du frère Thomas Philippe avec la fameuse « Eau Vive », œuvre de réflexion et de formation qui s’installa à côté de l’ancien couvent d’études des frères dominicains en France, le Saulchoir. Et là, très vite, des pratiques particulières et douteuses attirèrent l’attention des autorités de l’Eglise. Les intellectuels catholiques qui avaient été démarchés au nom de saint Thomas d’Aquin se retirèrent tous sur la pointe des pieds, conscients qu’il y avait là, sous couvert du néothomisme, la résurgence d’une gnose. C’est du moins le jugement que se fit le grand penseur Claude Tresmontant qui observait ces étrangetés depuis la Sorbonne. Le Maître général des dominicains, alerté par la gravité de ce qui se passait, informa le Saint-Office, qui commença un procès qui dura de 1952 à 1956 où Thomas Philippe fut retiré de la circulation. Son principal soutien, outre son frères Marie-Dominique Philippe à qui cela valut aussi une condamnation qui fut elle aussi bien cachée, fut Jean Vanier. C’est lui qui conduisit le frère Thomas à Rome et qui l’en ramena. Une scène surréaliste se déroula même dans l’ascenseur de la cour Saint-Damase qui monte chez le pape. A l’époque, c’était Pie XII et le fils du gouverneur général qui lui était présenté était introduit par rien moins que le cardinal Angelo Roncalli, le futur Jean XXIII. Roncalli, donc, profita du passage dans l’ascenseur pour demander à Jean Vanier de rompre avec Thomas Philippe puisque le procès devant le Saint-Office sentait fortement le fagot. Roncalli s’attira une réponse négative avec le sourire évasif et indéfinissable de Jean Vanier. C’était au-dessus de ses forces, prétendait-il.

Ce qui est un scandale monumental, ça n’est pas que Jean Vanier, beau garçon, ait eu des rapports sexuels. Qui pourrait les lui reprocher ? Ce qui est une honte, c’est qu’il ait menti toute sa vie et qu’il soit resté sous l’emprise de Thomas Philippe alors qu’il savait tout du début jusqu’à la fin dans cette histoire. il l’a toujours couvert en dépit du bon sens. Si quelqu’un était au courant, c’était lui. Et la logique de l’affaire a fini par apparaître à tous. Jean Vanier avait eu des rapports sexuels et « mystiques » avec Thomas Philippe dont il sortait dans un état d’exaltation qui durait plusieurs jours et qui ne lui laissait aucune forme de sentiment de culpabilité. Il a reconnu à la fin de sa vie avoir tenté de retrouver ces « états » « érotico-mystiques » avec les quelques femmes qu’il a eu lui aussi sous son emprise spirituelle.

(…)

Ces points de suspension entre parenthèses sont là pour donner place au sentiment d’impuissance dont on se sent pris quand on a connaissance de tels faits et qui vous laissent sans voix. Sans voix, mais pas sans réflexion. Me remontent à l’esprit les fameux frères et sœurs du libre-esprit, cette secte du moyen-âge où on libérait ses mœurs en raison d’une gnose. Et cette doctrine, la voici : en suivant le Christ pauvre et nu, on se libèrait du mal et du péché et on entrait dans la conscience libérée qui est la manifestation du Saint-Esprit. En suivant Dieu de cette façon, on participait dès cette terre la jouissance de ce qui sera le bonheur humain dans le paradis. La charité s’exprimait donc de façon charnelle, et surtout au nom de Dieu, dans la communauté des frères et des sœurs. On voit le grand écart : d’un côté une idée très absolue de Dieu, de l’autre la réalisation des désirs les plus basiques de notre libido.

Face à ces déviances, je pense à cette chère marquise dauphinoise que j’ai eu l’honneur de connaître et qui, pour ne pas blesser les bonnes manières alors que nous évoquions une histoire qui n’est pas racontable me sortit tout à trac cette réflexion qui venait du fond de l’expérience des siècles : « Ô, vous savez, mon Père, c’est tout simple. Il lui a montré son chapelet et il lui en a fait baiser la médaille ! ». Comme on savait dire les choses en ces temps-là ! Nos ancêtres ne s’y étaient pas trompés non plus et ils avaient donné le nom de Turlupins à ces sectaires illuminés. Il faut préciser qu’ils ont sévi à la fin du XIVe siècle et qu’ils ont été combattus sous le règne de Charles V. On en a plus tard la trace dans le grand Testament que François Villon a fait en 1461, à la strophe 106 :

"Item, aux Frères mendians, Aux Devotes et aux Beguines, Tant de Paris que d’Orléans, Tant Turlupins que Turlupines, De grasses souppes jacobines Et flans leurs fais oblation ; Et puis après, soubz les courtines, Parler de contemplation."

C’est délicieux. Il s’agit d’offrir du flan aux femmes et puis ensuite de leur parler de contemplation sous les courtines. Pour ceux qui ne verraient pas totalement la situation, les courtines étaient les rideaux qui servaient à décorer et à cacher un lit à cette époque. Nous avons là tout le programme de ces grands inspirés. D’abord le chapelet, ensuite la médaille !

On en rirait si ça n’était pas aussi tragique et grave. Car il reste à évoquer deux graves difficultés. La première concerne les courtines, la seconde celle des héritiers de ces pratiques érotico-mystiques. Tous les évêques de Beauvais ont été au courant de la condamnation de Thomas Philippe par le Saint-Office. Malgré une lettre que ce dernier lui a écrite en 1977, Mgr Desmazières a permis au Père Thomas de confesser et d’être l’aumônier de l’Arche. Jean Vanier savait et a toujours laissé faire. Que savait exactement Mgr d’Ornellas, accompagnateur du mouvement de l’Arche, qui ne peut être pris pour quelqu’un d’inintelligent ? Ça devrait lui coûter la succession du cardinal Barbarin à Lyon. La chaîne de couverture ecclésiastique devra être mise en évidence et les sanctions devront être prononcées. Mais ça ne s’arrête pas là. Il y a les épigones de cette doctrine érotico-gnostique. On a déjà identifié le père Gilbert Adam, qui se disait supervisé par Thomas Philippe, et qui pratiquait si bien. Thierry de Roucy, ancien supérieur général des frères d’Ourscamp, fondateur de l’œuvre internationale Points-Cœur toujours soutenue par certains évêques français, révoqué de l’était clérical et déchu de la Légion d’honneur pour les mêmes motifs. il avait donné le nom de Thomas Philippe à son Institut d’études théologiques. Il va falloir établir la liste de tous ceux qui sont passés par là, comme l’ancien modérateur de la Fraternité Marie Reine Immaculée, le père Marie-Pierre Faye, suspendu a divinis. Les frères et les sœurs de la Communauté Saint-Jean fréquentaient assidûment l’endroit, tout comme Ephraïm, le judas de Lyon qui se présente comme l’agneau immolé et qui fut fondateur des Béatitudes. La liste risque d’être longue et il faudra bien l’établir en entier.

Leur doctrine secrète est la même pour tous. Nous portons un secret que l’Eglise ne peut pas encore comprendre, disent-ils à leurs adeptes, et ce secret, c’est la réalisation (sexuelle) sur terre de l’union mystique. C’est une hérésie, c’est une gnose. C’est une énorme et grotesque supercherie dans laquelle notre Eglise est en train de s’enfoncer. Il nous faut en prendre conscience et purifier notre Eglise de ce chancre. Quand je vous disais que les Turlupins étaient de retour …

Père Pierre Vignon

Vos réactions

  • suricate 12 mars 2020 13:18

    Père Vignon. J’ai écrit un petit mot ce matin qui semble est parti dans oubliettes. En deux mots, je vous demandais des précisions sur la FMRI de Bois-le-Roi que j’ai fréquentée quelques temps. De grandes questions sur l’origine et le fonctionnement de ce groupement me taraudent depuis ce temps. Par ailleurs, je vous remerciais (et je réitère) pour votre grand courage.

  • Vincent Beroff 8 mars 2020 02:01

    Je crois qu’il ne faut pas trop vouloir tout simplifier.

    Il faut laisser à Dieu et à l’être humain une part de mystère qui nous dépasse.

    Thomas Philippe a lui-même sûrement du être abusé et sous emprise depuis petit. Il a d’ailleurs fait un ou plusieurs séjours en psychiatrie lors de sa condamnation. Il devait lui-même être blessé, tordu, et perverti, mais il a été sensible aux personnes en situation de handicap et a proposé à Jean Vanier de faire quelque chose avec ces personnes.

    Aujourd’hui je n’ai rencontré personne qui conteste l’œuvre de l’Arche (dans son ensemble) et pourtant, il y a des jeunes et moins jeunes, stagiaires, bénévoles, volontaires du services civiques qui en grand nombre fond l’expérience de l’Arche quelques semaines, mois ou années et en repartent touchés positivement. Les personnes accueillies elles-mêmes expriment souvent leur joie d’être à l’Arche.

    Il y a toujours l’ivraie et le bon grain. C’est le mystère de la vie et de l’être humain. La bonne nouvelle semble être que Dieu arrive à tourner en bien un mal. Je citerais juste l’exemple de Joseph dans le premier testament.

  • Françoise 7 mars 2020 14:36

    Bonjour Pierre

    Cette doctrine est surtout une escroquerie que vous retrouvez présente non seulement dans les sectes New Age (et le Renouveau Charismatique et ses différents gourous sont liés au New Age), mais présente depuis très longtemps au sein de l’institution cléricale lorsque différents clercs vont justifier abus et crimes sexuels sur enfants d’abord, mais aussi rapidement sur religieux, religieuses inférieurs hiérarchiquement, en parlant d’union mystique réalisée sexuellement.

    Cette doctrine devient très rapidement un véritable dogme secret sans l’être vraiment, qui permet à l’institution cléricale de pouvoir disposer de façon permanente, sans vergogne et de façon totalitaire, d’un grand nombre de personnes des deux sexes (généralement jeunes) comme objets sexuels, via une emprise psychologique, hiérarchique religieuse et affective.

    Ce qui explique d’ailleurs la tradition de l’abus, l’exploitation sexuelle des religieuses, des séminaristes, des novices, des orphelins, des jeunes en situation de détresse qui remonte au début de l’institution cléricale et qui n’a pas attendu le 20e siècle pour se vivre.

    Ce qui explique d’ailleurs l’immense problème pour l’institution cléricale y compris pour la papauté, de reconnaître et de définir clairement comme crime, ce qui constitue pour beaucoup en réalité, une tradition et un privilège. Jamais réellement puni au pénal.

    Je me souviens d’une conférence d’un historien italien qui précisait (en lien avec la consultation d’archives très très anciennes au Vatican), qu’à aucun moment de l’histoire de l’institution cléricale, il n’y a eu de réelle condamnation de ce type d’exploitation sexuelle, doublée souvent d’une exploitation par le travail.

    Retrouver cela dans les groupes dérivants sectaires actuels, mais aussi dans les comportements dérivants d’instituts, de couvents, d’abbayes du passé (je pense en écrivant cela aux colonies pénitentiaires, aux bagnes religieux, aux orphelinats, aux couvents prisons, aux instituts éducatifs, aux petits séminaires) ne devrait surprendre aucun croyant ni aucun clerc. C’est un secret de polichinelle en réalité.

    Il me semble que si on reste figé historiquement uniquement sur la secte des Turlupins et leur gnose, on ne va pas au bout de l’origine de ce type d’idéologie. Qui démarre au tout début de l’institution. Qui est donc structurelle. Et pas juste le fait d’une secte à un moment donné de son histoire.

    Doctrine qui sans doute s’appuie sur le paganisme (on sait à quel point le catholicisme a récupéré et revisité à sa sauce les traditions païennes -la plupart des fêtes religieuses correspondent à des dates de fêtes païennes et si l’on reprend différents lieux mystiques catholiques, ils ont supplanté des lieux mystiques païens) mais aussi sur la certitude que pour endoctriner et dominer complètement un individu, le soumettre en tout, il faut aussi le dominer sexuellement. Et quoi de mieux que de justifier par la mystique des abus et crimes sexuels ?

    Ainsi ils deviennent moralement acceptables et ne peuvent plus être contestés. Ni par les victimes, ni par la société.

    C’est une manipulation mentale complète, qu’on retrouve dans tout ce qui relève du totalitarisme et des exercices de domination. Ou comment justifier l’injustifiable, l’inacceptable. C’est aussi une instrumentalisation extrêmement perverse de Dieu qui, en divinisant l’agresseur (qui est aussi le dominant), prétend, par l’abus et le crime sexuel, diviniser ses victimes (les dominés). Ce qui ne permet plus aux victimes de pouvoir protester, s’opposer à cette domination, puisqu’elles participent au sein de l’abus et du crime perpétré contre elles, à une élévation soit disant spirituelle et une divinisation par l’intermédiaire de leur agresseur. Elles ne vivent plus idéologiquement parlant un crime, mais une initiation spirituelle élitiste. La sexualité sacrée dans le cadre religieux, sectaire, c’est cela. Et l’institution va trouver tout un tas de textes religieux pour appuyer cette thèse.

    Les frères Philippe et leur oncle Dehau et tous les autres gourous religieux ou laïcs se réclamant de ce type de doctrine, n’ont fait que réactualiser une perversion religieuse qui en réalité, est présente depuis les débuts de l’institution et a participé depuis toujours à fanatiser, soumettre et empêcher la révolte des personnes victimes. Tout en empêchant aussi une sanction pénale et morale de la société en général.

    Aujourd’hui les masques tombent. Principalement parce que les femmes qui constituent depuis toujours l’essentiel des victimes de ce type d’emprise, sortent du silence, de la peur et osent porter plainte, témoigner de ces atrocités subies soit disant au nom de Dieu et d’une élévation spirituelle.

    Il était temps. On sait aujourd’hui que l’institution exploite sexuellement et par le travail depuis très longtemps enfants, femmes et jeunes. Que ce type d’exploitation se retrouve de façon quasi systématique et ostensible dans les groupes dérivants sectaires.

    Il y a sans doute quelque chose à réfléchir tous ensemble avec le clergé le plus conscient de cette problématique dérivante et criminelle, sur pourquoi cette exploitation criminelle. Sur le fait que cette doctrine détourne une sexualité destinée à être vécue de façon épanouie et heureuse dans l’égalité, le partage et l’amour entre des adultes consentants et libres, en un rapport de domination à tous les niveaux sous couvert de mystique.

    Et puis aussi, peut-être, assumer qu’un rapport sexuel vécu dans le cadre amoureux et non pas dans un rapport de manipulation, de domination et de perversion, constitue, dans le plaisir partagé qu’il apporte aux deux protagonistes et partenaires, une forme d’élévation et d’édification spirituelle.

    Le fameux septième ciel n’est pas juste un terme fantasmatique. Il faut le sortir de ce registre. Mais admettre que le plaisir partagé entre adultes consentants dans le respect et l’amour, constitue un rapprochement d’avec Dieu. Ce qui se comprend très bien quand on l’expérimente par la plénitude, la réassurance, la sécurité et l’épanouissement personnel et relationnel que le plaisir partagé procure. Et qui donne de l’élan, de la joie et une ouverture au monde dans le quotidien.

    Il faudrait sortir d’une espèce de peur de la sexualité et du plaisir, de tabou aussi, comme si la sexualité était quelque chose de sale, de dégradant, de suspect.

    On sait que dans le cadre clérical et institutionnel, il y a un rapport complètement tronqué à la sexualité, vécue dans le secret, l’hypocrisie, la honte et l’idée d’emprise et de domination. Pas seulement du fait de courants ascétiques, qui certes peuvent expliquer un peu cette problématique, mais sans complètement la résoudre. Mais pour des raisons de pouvoir religieux et politique uniquement masculin. Les femmes étant celles qui portent les enfants, qui dispensent l’éducation, dominer leur corps, leur sexualité par la manipulation, la violence, le contrôle et la domination, permet de contrôler l’ensemble de la société.

    En quoi faudrait-il diaboliser la sexualité entre adultes consentants et amoureux ? Parce qu’elle libère justement de toute idée de domination, de contrôle, d’emprise. Donc rejette l’idée du pouvoir d’un genre sur l’autre. Et travaille sur l’idée d’égalité des sexes refusée par l’ensemble des religions monothéistes comme des institutions religieuses.

    Est-ce que, si cette sexualité égalitaire avait été simplement admise, comprise sans idée de diabolisation, de domination, d’emprise, de secret, ça n’aurait pas évité toutes ces déviances et ces crimes sous couvert de mystique ? Très certainement.

    C’est peut-être quelque chose que nous autres femmes (dans la mesure où nous avons un vécu épanouissant en ce domaine) pouvons apprendre aux hommes y compris aux hommes du clergé. C’est notre apport à toutes (simples croyantes, religieuses, compagnes de prêtres) pour réparer, guérir de cette espèce de déviation complète de la sexualité, de l’affectivité qui n’étaient jusqu’à présent vécues par pas mal d’ hommes et encore plus d’hommes religieux, que dans une perspective de diabolisation, de contrôle et de domination.

    Je pense aussi qu’il faut réellement raconter l’histoire des religions pour comprendre comment le monothéisme (essentiellement masculin) et l’ère des empires vont, pour asseoir leur suprématie, utiliser le contrôle et la domination des femmes et donc aussi la diabolisation de la sexualité (et d’autant plus de la sexualité des femmes). Ce qui forcément a eu et a encore des conséquences immenses dans la culture et l’éducation en ce domaine que nous avons toutes et tous.

    Mettre tout ça en pleine lumière dans des discussions simples tous et toutes ensemble avec des historiens spécialisés, des sociologues, des anthropologues, me paraîtrait une bonne base pour sortir de toutes ces horreurs criminelles et poisseuses et remettre de la confiance et de la sérénité dans ce chaos et cette succession de scandales.

  • Dominique Yon 6 mars 2020 18:11

    Excellent article de Pierre Vignon. Tout est exact dans ce qui est avancé. C’était une gnose qui liait ces sinistres comparses, autrement dit un secret sectaire avec pratiques perverses cachées. Un travail de secte dissimulé. L’ Eglise a couvé en son sein une véritable immondice qui a largement diffusé, dans l’Arche, dans la communauté St Jean, chez Thierry de Roucy et chez d’autres en nombre (tant sont passés par l’Arche en n’y voyant que du feu). C’est vrai, Jean Vanier se parait d’un ton douceâtre et sirupeux qui faisait illusion et aurait pu alerter sur sa duplicité.Quand on parle, on doit parler franchement et nettement, et non de façon enveloppante et captieuse. Il savait captiver, c’est-à-dire embobiner. On le prenait pour un agneau, alors qu’il était en réalité, derrière son apparence bonasse un peu délabrée, il faut le dire, un redoutable prédateur. Le drame, c’est que tant se soient laissé prendre par ces apparences attendrissantes alors qu’une enquête sur le passé de Jean Vanier et de Thomas Philippe, liés l’un à l’autre de façon que l’on aurait dû déceler comme anormale (fusionnelle) et suspecte, les aurait empêchés de créer l’Arche. Comment se fait-il que personne n’ait pu rappeler à Thomas Philippe et à Jean Vanier, en temps voulu, au moment de la fondation de l’Arche qu’il y avait un grave empêchement à se lancer dans cette fondation vus les antécédents de l’un et l’autre, de leur mettre sous le nez la condamnation du Saint-Siège. Ce n’était pas à nous, la piétaille, de fouiner là-dedans. On aimerait en rire comme le fait Pierre Vignon. Aprés tout pourquoi pas ? Le vilain et sa grimace ont montré la figure qu’ils cachaient sous des affublements mystico-spirituels délayés,dissimulés comme tels, en de multiples livres, il faut le dire, débordants de sentimentalisme lassant à la longue. Il vont être mis à la poubelle et on pourra respirer un air plus pur, débarrassé de scories. La thèse était tirée d’Aristote. Jean Vanier avait fait sa thèse (publiée il y a quelques années….sur Aristote, sans intérêt). Marie-Dominique Philippe tenait à ce que Thomas d’Aquin soit rattaché à Aristote. Vous savez pourquoi ? Parce que Aristote, païen, prônait l’amour d’amitié, l’amour homosexuel, l’amour sans contrainte, ignoré évidemment par l’évangile qui y a apporté des règles. Ils voulaient ressusciter le paganisme en se voulant des chrétiens soucieux d’orthodoxie. Thomas Philippe avait été nommé par le Saint-Siège (poussé par le rigoriste Garrigou-Lagrange) visiteur apostolique pour rétablir la saine doctrine ébranlée par les accents de la « nouvelle théologie » qui lui portait des coups de boutoir sous la régence du P. Chenu, devenu la bête noire. En fait, ce n’était pas bien méchant, ce qu’avançait la nouvelle théologie, mais le visiteur apostolique ne s’y prit pas de main-morte et déposa tous les prieurs et les auteurs dominicains de cette soi-disant nouvelle doctrine, lui, représentant la sûre et saine doctrine. Il a bloqué une évolution légitime et aussi a manqué un tant soit peu de charité fraternelle en ôtant à ses propres frères leur office. Quels pharisiens ! Merci à Pierre Vignon dont l’art de la plume est réjouissant !

    • Oui, le message du Père VIGNON est très intéressant, notamment en ce qu’il établit un lien entre les anciennes gnoses et les nouvelles … Les anciennes ont été dépassées et oubliées, et l’on se dit qu’il en sera bien de même pour les nouvelles !

      Par contre et si je comprends bien, le Saint-Siège qui avait durement condamné le Père Thomas PHILIPPE, l’a ensuite nommé visiteur apostolique ? Là, j’ai du mal à suivre …

      • Le retour des Turlupins. Le billet du père Vignon 7 mars 2020 17:15, par Françoise

        Pour comprendre le paradoxe, il faut je pense resituer le contexte.

        Années 70-80 : l’Arche est devenue une affaire qui marche et qui draine de l’argent, une image que le catholicisme institutionnel souhaite récupérer pour sa propre publicité. Et pour générer des bénéfices financiers, religieux directs et indirects. L’image sectaire et dévoyée des frères Philippe passe donc à la trappe pour devenir respectable et largement diffusée.

        Et ça correspond aussi à un abandon des poursuites et condamnations des clercs pédophiles et déviants sous Paul VI, qui sera ensuite définitivement adoptée sous JP2.

        Ce qui, sous JXX23 principalement (même si un peu sous Pie XII) a été condamné et sanctionné (dont la pédophilie cléricale avec la création et le fonctionnement des centres de traitements des Serviteurs du Paraclet pour prêtres et clercs déviants, pédophiles) va être progressivement abandonné, puis relégitimé sous Paul VI à partir de 1965.

        Pourquoi ?

        1/Parce que pour un haut clergé plus conservateur que progressiste, il est hors de question que ces pratiques déviantes et criminelles soient sanctionnées par l’institution puisque ce haut-clergé considère que ça fait partie de ses privilèges et d’une certaine tradition.

        2/ Parce que le clergé qui est concerné par ces agissements dérivants est aussi assez conservateur idéologiquement et socialement. Il apparaît donc pour Paul VI et encore plus pour JP2 qui sont dans une dynamique plus conservatrice idéologiquement que progressiste, qu’il serait malvenu et contreproductif de sanctionner ces clercs dérivants. Qui sont issus de bonnes familles, de cercles religieux et intellectuels qui ont un certain poids social, politique, financier. Donc présentent un intérêt matériel conséquent à ne pas négliger pour une institution qui a décidé d’abandonner l’ouverture progressiste voulue par J23.

        3/ Les mouvances ultraconservatrices alliées à l’extrême droite politique (mouvance avec laquelle le Vatican a toujours frayé depuis le 19e siècle quand le système monarchique s’est progressivement effondré) ont en partie fondé ce qui s’appellera le Renouveau Charismatique, c’est à dire en réalité, une sorte d’expérience sectaire et fondamentaliste, assez proche de la contre-révolution catholique mais mélangée avec l’anthroposophie, le New-Age. Ces mêmes ultra conservateurs ont fondé en 1965 la FSSPX (via Mgr Lebfèvre, grand ami de Marie-Dominique Philippe) qui elle, va aller jusqu’au schisme et qui propose une variante issue là aussi de la Contre-Révolution catholique. Mais dans un principe de conquête politique et de retour de la monarchie ou au moins d’une dictature militaire. Son organe politique sera Civitas.

        Parallèlement mais fin des années 20, les ultra conservateurs non schismatiques issus des grands propriétaires terriens de noble naissance vont aider à fonder l’Opus Dei, dans le même but de revenir à un principe de gouvernance monarchique ou au moins à une dictature militaire pour contenir voire empêcher une gouvernance pleinement démocratique et refondé une société de privilèges pour la classe sociale la plus riche et ultra hiérarchisée. Les expériences politiques du franquisme, du pinochetisme sont l’application directe du système idéologique opusien. Et qui ensuite investira les positions politiques ultra libérales de Tatcher, Reagan avant de fusionner avec les grandes organisations patronales, les ligues religieuses d’extrême droite et infiltrer les grands groupes industriels internationaux et les verrouiller les instances internationales.

        Fin des années 60, l’Opus Dei qui travaille à l’internationalisation après avoir aidé le Vatican à déplacer et sauver nazis, collabos et oustachis, ce qui deviendra le Renouveau Charismatique mais qui s’appelle les Non Alignés liés à Jean de Fabrègues, qui constituent la base des mouvements dérivants sectaires qui ont déjà des points communs et des alliés communs avec l’extrême droite politique, retrouvent avec Paul VI un allié. Idéologiquement et financièrement et socialement, ils vont présenter des garanties qui vont permettre ensuite sous JP2, lui aussi conservateur, de disposer d’une respectabilité et d’une médiatisation très importantes.

        JP2 décide que ces mouvements issus de la Contre-Révolution catholique qui a échoué début du 20e siècle, sera le fer de lance de la destruction de Vatican 2, mais aussi le contrepoids à une société qui a des aspirations de plus en plus égalitaires, de plus en plus libres et hors religion. Il va donc laisser faire ces différents gourous en pensant que ce sera pour la plus grande gloire de Dieu et qu’il va ainsi sauver l’institution cléricale qui déjà est en train de s’effondrer, tant au plan des vocations que de la crédibilité, que de l’influence politique et culturelle. Et puis il y a l’argent que rapportent ces groupes. La ferveur, l’emprise que ces groupes ont sur une jeunesse catholique pratiquante. Ca représente un poids, une aura dont l’institution cléricale ne voulait pas se passer.

        B16, malgré les premiers scandales des groupes dérivants sectaires, perpétue cette mise en valeur sectaire et celle de leurs gourous, en soutien à la politique de JP2 et malgré sa connaissance de leur gravité criminelle lorsqu’il dirigeait le St Office (il a accès à tous les dossiers criminels sans pour autant sortir ces documents et taper du poing sur la table).

        Entre temps, l’Opus Dei est rentrée à l’IOR, tient le Vatican en laisse financièrement, travaille main dans la main avec différentes mafias et ligues terroristes d’extrême droite, a sa propre milice armée qui opère à la fois pour ses intérêts et ceux du Vatican. Et le Renouveau Charismatique qui s’est allié aux sectes protestantes et aux sectes New Age brasse énormément d’argent, prend du poids au plan des congrégations et devient un poids lourds financier en capacité de peser idéologiquement et financièrement.

        De plus en plus d’évêques opportunistes vont utiliser ces groupes pour progresser dans la hiérarchie cléricale, obtenir de l’argent et tenter de capter le plus possible de jeunes pour des vocations sacerdotales et religieuses.

        Ces groupes veulent formater la jeunesse selon leurs intérêts et dans le sens des gourous. Ce qui implique bien sûr, toutes les dérives et crimes, que ces groupes considèrent comme des privilèges d’une élite sociale spirituelle, économique et religieuse.

        Voilà la raison qui a conduit le Vatican à fermer les yeux et à réhabiliter les frères Philippe et à laisser faire plus généralement les groupes dérivants sectaires.

        Se sont des intérêts matériels, financiers, politiques qui ont guidé le Vatican. Derrière il y a le fantasme d’un retour en Europe de la monarchie de droit divin, la cessation de la démocratie, la restauration d’une institution cléricale dominant tout le corps social et politique comme au 19e siècle et le maintien d’un train de vie princier pour les hauts-clercs jusqu’à leur mort et en toute impunité en terme d’action. Ce qui veut dire pas de sanction pour crimes, abus, manipulation mentale, emprises, exploitation, tortures, etc.

        Les dangers pour les croyants sont minorés, voire niés. C’est le principe du « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». Et puis, il ne faut pas oublier que priment les intérêts du clergé. La population des croyants a toujours dû supporter ce qui lui est imposé par le clergé. Il n’y a pas dans la tête du clergé de possibilité de discussion, d’aménagement. C’est une relation de domination.

        Quand le clergé et le Vatican ont utilisé les couvents prisons, les bagnes, les colonies pénitentiaires et les instituts spécialisés pour soit-disant réformer une jeunesse en perdition, vous croyez qu’ils se sont préoccupés des tortures, de l’exploitation par le travail, de l’exploitation sexuelle et de la traite d’enfants dans ces établissements ? En aucune façon. Ce n’était pas un problème. Ce qui était un problème : c’était que ces horreurs soient connues du grand public et soient dénoncées au pénal et socialement.

        Aujourd’hui, toutes ces atrocités sont progressivement découvertes par les croyants et divulguées au grand public. Les masques tombent. Les croyants prennent la mesure de la dimension criminelle que peut aussi prendre l’institution cléricale, qui les a mis en danger et qui en a détruits énormément. Et pas seulement durant ces dernières décennies via les groupes dérivants sectaires. Mais depuis en réalité dès ses débuts en tant qu’institution totalitaire.

        C’est LA grosse prise de conscience du siècle… Et ça fait l’effet d’une bombe parce que du coup, ça modifie complètement l’approche idéaliste et naïve que les croyants pouvaient avoir jusqu’à présent vis à vis des institutions cléricales et de la religion en général. Le cynisme, l’opportunisme, le matérialisme apparaissent clairement derrière des arguments mystiques et charitables.

        Et ça correspond à la fin de l’ère des empires au plan politique et économique. Parce qu’on est en train de s’apercevoir que ce modèle politique et religieux est néfaste et détruit l’individu et son environnement plus qu’il ne construit. Nous changeons par ces prises de conscience successives, de paradigme, ce qui veut dire que nous changeons progressivement de modèle de société. Par le rejet de ces concepts abusifs, totalitaires, manipulateurs et criminels.

        • Le retour des Turlupins. Le billet du père Vignon 7 mars 2020 19:59, par Marie-Christine

          Tout ce que vous dites a un intérêt, en particulier par les informations que vous apportez.

          Cependant il me semble que vous faites beaucoup trop de raccourcis et d’amalgames pour être réellement crédible , en particulier je ne vois guère le rapport entre « l’Opus Dei » née dans les milieux très traditionalistes de l’Espagne des années 20 et le « Renouveau charismatique « née aux USA et au Canada donc dans des sociétés très libérales.

          A force de n’avoir qu’une seule grille de lecture pour des phénomènes très différents dans le temps et dans l’espace, et de nature distincte, on risque de passer à côté de la complexité des choses, de verser dans l’idéologie ( sans intérêt pour la recherche du vrai ) et même dans le type de raisonnement propre aux théories du complot. Dommage !

          • Le retour des Turlupins. Le billet du père Vignon 9 mars 2020 15:18, par Françoise

            J’aborde ces groupes sous l’angle sociologique, politique. Ce que la plupart des croyants ne font pas, parce qu’ils ne se sont pas interrogés sur ces questions. Ils voient ces groupes uniquement par le prisme de leurs rites religieux spécifiques, de leurs idéologies, pas sous l’angle de leurs origines, de leur histoire réelle et d’où parlent réellement ces groupes. Ni les visées matérielles, politiques, sociales qu’ont ces communautés.

            Pensez si vous voulez que je suis dans l’idéologie. Ce qui m’intéresse est tout autre chose. Ce qui m’intéresse et ce que je vous explique, c’est ce qui à la fois rassemble ces groupes, les fédère à différents niveaux, pourquoi ils sont nés, à quelle période de l’histoire, à quoi ils aspirent et quels sont leurs alliés, leurs méthodes spécifiques pour rallier à leurs causes.

            Pour répondre à votre question sur les proximités entre l’Opus Dei et le Renouveau Charismatique :

            L’Opus Dei (comme le Renouveau Charismatique) fait partie des mêmes groupes dérivants sectaires catholiques, mais dans le versant ultraconservateur au plan des rites. Par contre les deux dépendent des mêmes cercles sociaux à l’origine. Et professent des idéologies politiques semblables et donc militent dans les mêmes cercles d’extrême droite et de droite dite dure.

            Se sont des personnes qui sont issues de milieux très aisés, très catholiques, que la république a partiellement dépouillé de leurs privilèges, souvent aussi d’une partie de leur fortune et qui veulent revenir à une société, une gouvernance totalitaire qui les avantage comme par le passé, qui leur redonne des privilèges essentiellement matériels. Pour ça aussi qu’on les retrouve dans des think thanks ultra libéraux, c’est sous leur influence en grande partie que l’extrême droite a adopté une ligne ultra libérale dans les années 80.

            Le Renouveau Charismatique lui se donne une image plus moderniste et plus babacool, mais en réalité, quand il naît en France, avant même d’être rallié aux évangélistes américains protestants (sectes là aussi), il démarre dès les années 20-30 au travers de cercles à la fois très catholiques, très politiques et très intellectuels, issus là aussi de la contre-révolution catholique. Le fondateur de ce groupe s’appelle Jean de Fabrègues et on y retrouve Jean Guitton et son frère, Jean Guitton qu’on retrouvera comme idéologue par la suite dans ce qui s’appellera le Renouveau Charismatique dans les années 60. Et qui va enclencher le phénomène Marthe Robin (qui démarre dans les années 30) qui va être instrumentalisée pour incarner la mystique du Renouveau Charismatique. Le creuset originel du Renouveau Charismatique en France se situe donc bien avant sa naissance officielle. Soit 30 ans avant.

            Le rapprochement qui va s’opérer entre les futurs gourous des différentes communautés du Renouveau Charismatique et les sectes protestantes évangéliques, correspond à des voyages de jeunesse aux US de ces gourous et des rencontres qui amèneront une récupération des rites, des structures de sectes évangéliques pour ensuite les adapter au catholicisme. C’est visible par exemple aux Béatitudes chez Ephraïm avec le pasteur Thomas Roberts. Et qui va aussi aller se gargariser près de Guitton et Marthe Robin, dans les années 60.

            Mais le fondement du Renouveau démarre bien avant en réalité au plan idéologique. Il démarre presque aussi tôt que l’Opus Dei.

            Et c’est historiquement, ce que la plupart des croyants ne savent pas. Parce qu’ils ne font pas les liens entre différentes structures qui fonctionnent sur énormément de points communs et qui aspirent au même contrôle totalitaire social et politique.

            Et ce fondement du Renouveau Charismatique démarre pour les mêmes raisons que l’Opus dei,et avec le même type de familles riches qui se constituent en groupes de protestation, de lutte idéologique, politique et religieuse.

            Les contextes politiques ne sont pas les mêmes certes entre l’Espagne des années 20-30 et la France de ces mêmes années, mais au sein des deux factions, c’est la même opposition, le même rejet démocratique, le même rejet républicain, le même regret vis à vis d’une perte d’emprise religieuse sociale et politique. Et le même fantasme de restaurer une forme de gouvernance totalitaire qui ramènerait un système théocratique ou presque.

            C’est pourquoi aussi on retrouve ces mouvements aujourd’hui dans les mêmes idéologies politiques d’extrême droite, dans les mêmes rassemblements.

            Mais cependant, le Renouveau Charismatique reste en deça de l’Opus Dei puisque l’Opus Dei dispose d’une milice privée et de privilèges religieux au Vatican et d’appuis conséquents du haut-clergé, choses qui ne sont pas encore à l’ordre du jour pour le Renouveau Charismatique.

            Aujourd’hui le Renouveau Charismatique, pour actionner plus de puissance, a fusionné complètement avec les sectes protestantes et dispose d’un organe puissant l’ICCRS qui a reçu toutes latitudes du Vatican ou presque. Mais, il a le gros problème d’être très éclaté au plan idéologique. La mixture charismatique mélange tellement différents rites sous une bannière New Age, que finalement le risque sectaire est aussi démultiplié. Et beaucoup plus rapidement identifié également que le risque sectaire opusien (qui travaille énormément le secret, notamment sur sa milice privée et ses actions militaires, et qui dispose de tout un bataillon de pseudos historiens qui sont en réalité des adeptes qui racontent une fausse histoire du mouvement et du fondateur).

            Du coup, le Renouveau Charismatique risque rapidement, soit de devoir rallier du pur New Age, ce qui serait assez logique idéologiquement et au plan du fonctionnement sectaire et financier. Il y a en effet un boom exponentiel dans tout ce qui relève du développement personnel, des conférences « bien-être » qui brasse énormément d’argent et sans doute plus encore que le Renouveau Charismatique dans son ensemble.

            Soit continuer à se faire passer pour catholique, avec une validation vaticane, ce qui veut dire aussi continuer à devoir plier face à l’Opus Dei et à ses consoeurs (FSSPX, Civitas) au plan hiérarchique et stratégique. Ce qui ne fera pas ses affaires. Et puis, c’est une situation qui est bancale dans la mesure où le Vatican est de plus en plus désavoué lui-même par ses propres dérives internes.

            S’il y a chez tous les groupes dérivants sectaires, le fantasme de supplanter le Vatican et devenir pape à la place du pape (ce qui arrivera de toutes les façons car JP2 a mis en orbite les groupes dérivants sectaires pour à terme, que ceux-ci prennent la relève d’un clergé de plus en plus âgé et sans suffisamment de candidats pour assurer la continuité), est-ce que c’est encore pour ces groupes, le bon cheval pour leurs appétits de pouvoir et d’argent ??? Là est la question.

            La plupart des groupes dérivants sectaires catholiques (Opus Dei en tête) diversifient de plus en plus leurs activités, leur entrisme politique, économique, social. Et ils doivent faire face aussi au dévoilement de plus en plus rapide, de leurs turpitudes sectaires. Ils sont donc contraints de retourner à une certaine invisibilité pour continuer à prospérer sans être trop identifiés.

            Je suis frappée personnellement par la démultiplication de sociétés écran, d’associations fictives, de changements de noms qu’opèrent différentes structures liées à ces communautés dérivantes sectaires.

            Ce brouillage montre aussi bien leurs appétits que leur désarroi face à la mise en lumière de leurs activités sectaires.

      • Le retour des Turlupins. Le billet du père Vignon 7 mars 2020 19:38, par Marie-Christine

        Non ! C’est le contraire. Thomas Philippe a été visiteur apostolique avant d’être condamné.

        En ce qui concerne la philosophie aristotélicienne, on ne peut quand même pas la résumer au paganisme, ni à l’apologie du « plaisir sans contrainte « puisqu’elle en est tout le contraire, même si évidemment née en milieu culturellement païen.Mais j’ai peut-être mal compris le sens de l’intervention.

        Selon moi, il est heureux au contraire que la théologie catholique de St Thomas d’Aquin ait pu prendre appui sur un si grand penseur de la raison humaine et de la sagesse du « juste milieu » ( pour aller très vite )

        Bien évidemment, on peut se servir d’un grand penseur et le « trahir « pour lui faire dire ce qui nous arrange en le camouflant par un langage « alambiqué « , inutilement répétitif, inutilement « impressionnant », tel qu’on le voit dans les écrits bien « obscurs » de Marie-Dominique Philippe. C’est une grande perversion de l’intelligence que de se servir des apparences du raisonnement juste pour en réalité raisonner faux.

    • « Parce que Aristote, païen, prônait l’amour d’amitié, l’amour homosexuel, l’amour sans contrainte, ignoré évidemment par l’évangile qui y a apporté des règles. » Ouaouh le super raccourci : l’amour d’amitié selon Aristote, c’est l’homosexualité ! Et vous voudriez que les chrétiens ne se référent qu’à des philosophes de l’ère chrétienne et chrétiens eux mêmes ! En cela vous vous situez davantage dans la mouvance de MGR Lefebvre que de Vatican II .

  • agapé 5 mars 2020 23:43

    Vous avez quoi contre mère Térésa avec ou sans pantalon ?. Gageons que si elle avait été un homme, on aurait pour elle aussi trouvé un moyen de l’accuser d’abus sexuel ! Il n’y a pas à dire mais pour être élevé sur les autels , il vaut quand même mieux être une femme aujourd’hui. C’est moins risqué ! Allons quelles faces cachées de turlupins , restent t’il encore à découvrir ?Dans quel cimetières les déterrer ; l’abbé Pierre, Pierre Goursat, frère Roger, Jean Paul II, Pierre Ceyrac, le père Brotier, Charles de Foucault, Maximilien Kolbe, les pères Jacquard, ……Et vous qui sait peut être un jour père Vignon !.

    • J’ai entendu dire que l’abbé Pierre avait fait des révélations avant sa mort, ce qui dispensera d’entamer un procès de canonisation…

      • Deux éléments factuels.

        D’abord l’avis de Y. Congar sur son confrère et un temps ami Thomas Philippe pages 52 à 54 du « Journal d’un théologien ». En résumé : peu travailleur, peu fiable, servile.

        Ensuite, l’extrait d’une lettre du 20 juin 1956 de Paul Philippe, alors secrétaire de la congrégation romaine des réguliers, au provincial de France des dominicains qui est reproduit en Page 10 du résumé du rapport demandé par l’Arche, selon lequel Thomas Philippe peut être considéré comme irresponsable (disciple), il n’en est pas de même pour Jean Vanier, l’abbesse de Bouvines (Cécile, sœur des frères Philippe) et Marie-Dominique Philippe qu’il qualifie, tous les trois, de maîtres.

        Voilà qui renverse l’idée défendue par les dominicains et J. Vannier d’une emprise de Thomas sur les autres (du moins à cette époque) et qui motive l’article de la voix du Nord https://www.lavoixdunord.fr/703661/article/2020-02-01/quatre-religieux-d-une-meme-famille-de-bouvines-sanctionnes-par-rome-pour-abus

        • Le retour des Turlupins. Le billet du père Vignon 10 mars 2020 04:05, par Anonyme

          Chez Jean Vanier, y a un problème de mœurs fondé sur une doctrine déviante, mais il y a aussi une spiritualité déviante. Comment les catholiques ont-ils pu porter aux nues les livres de Jean Vanier ? C’est de la psycho-spiritualité et non de la spiritualité chrétienne. La communauté, pour lui, est le lieu où la vulnérabilité trouve son compte ; elle n’a aucun enracinement ecclésial et trinitaire. Si la doctrine spirituelle de Jean Vanier a connu tant de succès, c’est qu’il y a un problème chez ceux qui l’ont admirée et pas seulement chez lui. Il satisfait les déviances spirituelles qui sont chez les chrétiens : il suffit de voir comment la psycho-spiritualité est en vogue. Il ne faut pas oublier non plus que l’argent et la doctrine vont avec les mœurs. Il faudrait peut-être que Mgr d’Ornellas, avant de dire qu’il faut distinguer l’Arche et le fondateur, regarde un peu de près la question d’argent et la question de la psycho-spiritualité.