Pédophilie dans l’Église : le diocèse de Lyon se fissure

Mardi 2 octobre 2018

Alors que le procès canonique du père Preynat pour agressions sexuelles a repris, et que le cardinal Barbarin doit comparaître en janvier pour non-dénonciation de ces crimes, l’ambiance est lourde au sein du diocèse de Lyon.

C’est le symbole du climat très pesant qui règne au sein du diocèse de Lyon : aucun prêtre ayant une vision critique (franche ou modérée) de la gestion de l’affaire Preynat, ce prêtre lyonnais aujourd’hui âgé de 72 ans et accusé d’abus sexuels sur des scouts dans les années 1980-1990, n’a accepté de s’exprimer à notre micro. Un seul a bien voulu témoigner à la condition que sa voix soit masquée :

« Il faut renvoyer le cardinal à sa propre conscience. J’ai été choqué, et je ne pense pas être le seul, du fait que, dans la défense qu’il a voulu avoir pour lui-même, il a eu tendance à vouloir se défausser sur nous en disant : ’C’est l’affaire de tous’. Or, ce qui était en cause ici, c’est sa décision de reconduire sans problème le père en question. Cela m’a un peu heurté, parce que, comme le dit clairement le comité La Parole Libérée, c’est UNE décision, d’UN évêque, qui a été inappropriée ».

Les autres prêtres, membres du clergé et laïcs que nous avons contacté, ont préféré s’exprimer hors micro, en demandant de ne pas être cité. Ils craignent de possibles sanctions de la part des autorités diocésaines. Parmi les témoignages, l’autoritarisme de la hiérarchie du diocèse de Lyon est souvent citée. Le manque de compassion et de sincérité dans les excuses aux victimes également. Le dossier de l’affaire Preynat et sa gestion par le cardinal Barbarin « parasitent notre travail au quotidien », explique une source ; « Cela discrédite tout le travail de l’Église. La déprime gagne le diocèse » renchérit un clerc qui connaît bien le diocèse de Lyon. Pourtant, ils ne sont pas forcément d’accord avec la pétition mise en ligne cet été, demandant la démission du cardinal, du moins sur la forme.

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Voir en ligne : https://www.franceinter.fr/emission…

Vos réactions

  • agapé 5 octobre 2018 10:47

    Oui Isabelle, Vous savez que je ne partage pas la relecture spirituelle que vous faites des scandales. Mais je vous rejoins là : « le fond c’est notre cœur » Merci d’avoir souligner cela. Moi aussi je ne me désolidariserai jamais de l’Eglise telle quelle est. Et je ne ferai pas la distinction entre l’Eglise institution et l’Eglise spirituelle car cela serait nier le mystère de l’Incarnation. Si j’ai cette chance d’être chrétienne, c’est grâce au baptême, cet anti- destin, qui m’a donné la liberté des enfants de Dieu. Et cela je l’ai reçu par ce prêtre qui a bien voulu faire de ses mains un instrument de la grâce de Dieu. Par ses mains et grâce à Dieu, je suis libre de toutes les pesanteurs familiales , de toutes les malédictions, j’appartiens à cette magnifique famille de Dieu. Et je l’aime.