Mardi 27 mars 2012 — Dernier ajout jeudi 27 mars 2014

La troublante ascension de l’Opus Dei

Si l’intégrisme musulman fait la « une » des journaux, les activités de la droite chrétienne s’effectuent souvent dans l’ombre, comme en témoigne la troublante ascension de l’Opus Dei. Milice religieuse au comportement de secte, héritière d’un anticommunisme militant, puissance à la fois économique et politique, l’Œuvre exerce une influence multiforme sur l’Église, mais aussi sur les pouvoirs temporels, qu’elle cherche à infiltrer. On retrouve ses proches jusque dans le gouvernement de M. Alain Juppé.Mais cette garde blanche du Vatican, très liée au pape Jean Paul II dont elle a permis l’élection, suscite aussi des résistances. Au nom de leur foi, bien des chrétiens rejettent la « dictature spirituelle » de l’Œuvre et craignent que cette « arme du pape » ne soit à double tranchant et ne se retourne un jour contre lui.

par François Normand, septembre 1995

Par une politique de nominations épiscopales qui ne tient guère compte des souhaits exprimés par les Eglises locales, Jean Paul II mène son entreprise de restauration, utilisant tous les moyens à sa disposition : doctrinal, disciplinaire et surtout autoritaire, avec l’aide d’un certain nombre de mouvements « musclés » traditionalistes, souvent sectaires et politiquement à droite, tout à sa dévotion.

Ils font partie du « renouveau charismatique » ou ont pour noms : Comunione e Liberazione, organisation italienne née dans les années 70 ; les Focolari, mouvement lancé en 1943 à Trente ; le Néocatéchuménat, fondé à Madrid en 1964 ; les Légionnaires du Christ, groupe ultra-secret constitué au Mexique dans les années 40, et surtout l’Opus Dei (l’"Œuvre de Dieu"). Ce dernier mouvement fut créé en 1928 par le Père Escriva de Balaguer.

L’Opus Dei, qui jouit de l’appui inconditionnel de l’évêque de Rome, s’infiltre dans tous les échelons de la hiérarchie catholique. Est-il l’arme secrète du pape dans la reconquista catholique ou Jean Paul II est-il le prisonnier inconscient de cette « mafia blanche » dans sa propre conquête du pouvoir ?

Le président Jacques Chirac a-t-il nommé des membres de l’Opus Dei au gouvernement de M. Alain Juppé ? La question peut paraître saugrenue, sachant le peu d’attrait du fondateur du RPR pour la « chose cléricale », mais la composition du gouvernement devait satisfaire les nombreuses composantes de la droite française qui avaient soutenu la candidature du maire de Paris, dont le puissant lobby catholique conservateur. Si on a souligné la proportion relativement élevée de femmes dans ce cabinet - douze ministres ou secrétaires d’État sur quarante-deux membres -, on a moins relevé la coloration bien-pensante de ces ministres.

Mme Colette Codaccioni, ministre de la solidarité entre les générations, mère de cinq enfants et ancienne sage-femme, se définit comme « chrétienne et pour l’éducation à la vie » ; Mme Elisabeth Dufourcq, secrétaire d’État à la recherche, est l’auteur d’une thèse sur les congrégations religieuses féminines, dont elle a tiré un livre intitulé Les Aventurières de Dieu ; Mme Anne-Marie Idrac, secrétaire d’État aux transports, est la fille de l’un des pères fondateurs du Mouvement républicain populaire (MRP), parti catholique, et militante elle-même de leur héritier : le Centre des démocrates sociaux (CDS) ; et Mme Françoise de Veyrinas (CDS), secrétaire d’État aux quartiers en difficulté, est issue d’une famille toulousaine catholique militante.

On peut s’interroger sur l’entrée au gouvernement et dans les cabinets de deux personnes « proches » sinon membres de l’Opus Dei : M. Hervé Gaymard, secrétaire d’État aux finances, et son épouse, Mme Clara Lejeune-Gaymard, directeur de cabinet de Mme Colette Codaccioni, fille du professeur Jérôme Lejeune (décédé en 1994), fondateur du mouvement antiavortement Laissez-les vivre, nommé par Jean Paul II au Conseil pontifical pour la famille et membre de l’Opus Dei. Un autre gendre du professeur Lejeune, le philosophe Jean-Marie Meyer, ne cache pas son appartenance à l’Œuvre. Il est également membre du Conseil pontifical de la famille. Selon la revue catholique Golias [1], « la fille et le gendre du professeur Lejeune sont à l’Opus Dei », et l’affirmation est reprise par la revue Maintenant : « Jacques Chirac a placé l’opusien Hervé Gaymard [député de la Savoie] dans son équipe de campagne présidentielle. »

Qu’il soit impossible de vérifier n’est guère surprenant : le mouvement cultive le secret depuis ses origines. Dans les constitutions (secrètes) rédigées en 1950, l’article 191 précise : « Que les membres numéraires et surnuméraires sachent bien qu’ils devront toujours observer un silence prudent quant aux noms des autres associés ; et qu’ils ne devront jamais révéler à quiconque qu’ils appartiennent eux-mêmes à l’Opus Dei. » Lorsque les constitutions furent connues [2], devant les critiques répétées, de nouveaux statuts furent rédigés en 1982 où on peut lire (article 89) : « [Les fidèles de la Prélature] ne participeront pas collectivement aux manifestations publiques de culte comme les processions, sans pour autant cacher qu’ils appartiennent à la Prélature. »

Prête-noms et sociétés écrans

Malgré cette apparente concession à la transparence, l’Opus continue de pratiquer le secret, d’utiliser prête-noms et sociétés écrans, sous prétexte d’ « humilité collective » et d’ « efficacité apostolique » ! « Parce qu’il se refuse à toute transparence, l’Opus Dei excite la curiosité et l’hostilité, suscitant même quelquefois des fantasmes de complot. » [3]

Nombreux sont ceux qui sont donnés comme membres ou sympathisants. M. Raymond Barre a témoigné au procès de béatification d’Escriva de Balaguer, attestant les « signes de sainteté » du fondateur de l’œuvre. Dans l’entourage de M. Philippe de Villiers, on désigne Mme Christine Boutin, secrétaire national du CDS et député des Yvelines, le prince Michel Poniatowski, ancien ministre de l’intérieur, et Mme Françoise Seillier, coordinatrice des très réactionnaires associations familiales européennes.

Dans le monde des affaires, on cite les noms de ceux qui ont donné des conférences au Centre Garnelles de l’Opus, à Paris : M. Claude Bébéar, le patron du groupe des assurances AXA, M. Michel Albert, patron des assurances AGF, M. Didier Pineau-Valencienne, PDG du groupe Schneider et M. Louis Schweitzer, patron de Renault. Plusieurs familles royales d’Europe auraient montré de la sympathie pour l’Opus : Otto de Habsbourg en fit la propagande, alors que l’archiduc Lorenz d’Autriche en serait membre. Le roi Juan Carlos de Bourbon fut élevé par des prêtres de l’œuvre tandis que le secrétaire de sa femme Sofia appartenait au mouvement. Le président du Comité international olympique, M. Juan Antonio Samaranch-Torello, ancien ministre de Franco, en fait également partie.

La discrétion, qui sert d’une part à faire du prosélytisme auprès des jeunes à l’insu de leurs familles et d’autre part à tisser une toile invisible dans tous les secteurs de la société, s’explique d’abord par le contexte où est né l’Opus Dei, dans l’Espagne franquiste.

Fondée à Madrid en 1928 par un jeune prêtre, Josemaria Escriva de Balaguer, cette « Œuvre de Dieu » ressemble quant à son but - sanctifier le travail de tous les jours - aux mouvements d’Action catholique qui voient le jour en France et en Belgique à la même époque. Née dans les années précédant la guerre civile espagnole, l’Opus Dei reste fortement marquée par ce contexte, ce qui explique son attachement inconditionnel à l’appareil ecclésiastique préconciliaire, sa haine obsessionnelle du communisme et son goût immodéré pour la clandestinité.

Bien qu’Escriva de Balaguer ait prétendu avoir « découvert » le principe de la sanctification de la vie quotidienne, l’idée est aussi vieille que l’Évangile. Beaucoup de saints l’ont enseigné, comme la carmélite Thérèse de Lisieux. Très vite, l’inspiration première de l’Opus a été pervertie par la personnalité de son fondateur : petit-bourgeois, ambitieux, coléreux et vaniteux [4]. Le secret de son succès ? Une fougue et un charisme personnel qui subjuguaient ses proches.

La première perversion fut la « cléricalisation » de l’Œuvre. Elle se prétend toujours « laïque » mais ce sont les prêtres qui détiennent le vrai pouvoir et occupent tous les postes de commandement. Et les non-clercs, qui représentent 98 % des membres, sont présentés comme « des gens ordinaires, qui vivent dans le monde » mais ressemblent plus à des religieux, par leurs « voeux » (rebaptisés « liens contractuels » ) de pauvreté, chasteté et obéissance, qu’à des laïcs [5]. Beaucoup plus préoccupés de droit canon que de théologie, Escriva et ses disciples ont constamment manœuvré pour faire reconnaître à l’Opus le statut juridique qui lui convient le mieux.

D’abord défini comme « pieuse union » réunissant des laïcs, l’Opus Dei est devenu, en 1947, le premier « institut séculier » de l’Eglise [6] , avant d’arracher à Jean Paul II - bien plus favorable à l’Œuvre que ses prédécesseurs Jean XXIII et Paul VI - le titre convoité de « prélature personnelle » [7]. Ce statut enviable, taillé sur mesure pour l’Opus, lui accorde les attributs d’un véritable diocèse sans la limitation territoriale. L’actuel prélat de l’Opus, Mgr Javier Echevarria Rodriguez, évêque titulaire de Cilibia, relève directement du pape, soustrait à l’autorité des évêques diocésains, malgré la fiction qui veut que les membres laïcs de l’Opus dépendent toujours juridiquement de leur évêque.

La deuxième perversion fut politique. Le jeune Escriva de Balaguer vécut la guerre civile en Espagne comme une lutte entre catholiques et communistes, en qui il voyait l’incarnation du mal. Sa vision du monde en fut déformée et, tout comme Pie XII, il minimisa l’horreur du nazisme, et même la gravité de l’holocauste, y voyant un rempart « providentiel » contre le communisme. Vladimir Felzmann, ancien membre de l’Opus, rapporte une conversation avec Escriva qui en dit long. Après avoir maintenu que le christianisme avait été sauvé du communisme par la prise de pouvoir du général Franco avec l’appui du chancelier Hitler, il ajouta : « Hitler contre les juifs, Hitler contre les slaves, c’était Hitler contre le communisme. »

Cette indulgence pour le fascisme mène à l’engagement de l’Opus dans le franquisme. En fait, les sentiments de Franco envers Escriva, qu’il avait connu jeune curé, étaient ambigus. Dans sa biographie romancée de Franco [8], Manuel Vasquez Montalban fait dire au Caudillo : « Ayant fréquenté pendant près de vingt ans des membres de cette institution, j’ai pu constater la diversité de leurs choix concrets ; mais, à l’évidence, ils étaient tous marqués du sceau d’une secte élue pour sauver le monde depuis le haut de l’échelle. »

Pour sortir de la crise économique apparue en 1956, Franco s’entoure progressivement de ministres appartenant à l’Opus. Lorsqu’il songe à rétablir la monarchie, en la personne de Don Juan de Bourbon, pour lui succéder, l’Opus Dei mise sur son fils, Juan Carlos, qui est entre les mains d’un précepteur de l’Œuvre, Anael Lopez Amo. En 1969, Franco proclame Juan Carlos héritier de la Couronne. Quelques mois plus tard, le triomphe de l’Opus est complet : sur 19 ministres du neuvième gouvernement du général Franco, 12 sont membres de l’Opus Dei. Le tournant politique de l’Œuvre est engagé.

La troisième perversion fut théologique. D’abord, l’accent exclusif mis sur « la sanctification par le travail » [9] favorise le culte de la réussite matérielle et le règne du capitalisme libéral. Ensuite, l’Opus est tombé dans le piège de l’intégrisme. Le théologien Urs von Balthasar (un des maîtres à penser de Jean Paul II qui ne saurait être soupçonné de progressisme) a décrit l’Opus Dei comme "la plus forte concentration intégriste dans l’Église [10]". « L’intégrisme, écrit-il, s’efforce pour commencer d’assurer le pouvoir politique et social de l’Église, en recourant à tous les moyens visibles et cachés, publics et secrets. »

Outre un manque de transparence, l’intégrisme se caractérise par la prétention de détenir la vérité. Or l’Opus est décrit dans la revue interne du mouvement, Cronica, comme « le reste saint, immaculé, de la véritable Église », fondé pour « sauver l’Eglise et la papauté ». Quatre ans après la fin du Concile, le Père Escriva déplorait un temps d’erreur dans l’Église : « Le mal vient du dedans et d’en haut. Il y a une réelle pourriture, et actuellement il semble que le Corps mystique du Christ soit un cadavre en décomposition, qui pue. »

Mgr Escriva de Balaguer aurait sans doute mieux fait de s’occuper de ses brebis galeuses. Une série de scandales financiers [11] touchant des membres de l’Opus a révélé au grand public les activités de « la sainte mafia » ou « la franc-maçonnerie blanche », comme l’appelleraient désormais ses détracteurs. Car derrière la fiction d’une association purement spirituelle, « famille pauvre, riche seulement de ses enfants », gravite une nébuleuse de sociétés, de banques et de fondations, dirigées anonymement par des membres de l’Opus.

Dans les années 70, alors qu’Escriva vitupérait l’Église en décomposition, ses amis mettaient en place le réseau financier qui allait permettre à l’Œuvre de jongler avec des millions de dollars. La plus importante de ces institutions est la fondation Limmat, créée à Zurich en 1972, liée à des banques ou fondations en Espagne (la Fundacion General Mediterranea), en Allemagne (la Fondation Rhin-Danube ou encore l’Institut Lidenthal) et en Amérique latine (la Fundacion General Latinoamericana au Venezuela).

Aujourd’hui, l’Opus est tout-puissant à Rome. Son ascension a été couronnée par la béatification de Mgr Escriva de Balaguer par Jean Paul II - un ami de longue date de l’Œuvre - en 1992, dix-sept ans seulement après sa mort, à l’issue d’un procès expéditif, où seuls les témoignages positifs ont été retenus. Déjà évêque de Cracovie, Mgr Karol Wojtyla venait à Rome à l’invitation de l’Opus, qui l’hébergeait au 73, viale Bruno-Bozzi, dans une belle résidence de la banlieue cossue de Rome. L’Opus a continué à se montrer généreux envers le pape polonais, par exemple en participant au financement de Solidarnosc.

Le cardinal Wojtyla était le candidat de l’Opus à la papauté. C’est le cardinal König, archevêque de Vienne et proche de l’Œuvre, qui a joué un rôle déterminant dans son élection. Outre le changement de statut et la béatification d’Escriva - deux décisions qui ont soulevé une vague de critiques à travers le monde -, le pape s’est entouré de membres de l’Opus. Parmi ses proches collaborateurs, on peut citer ses quatre chapelains, Joachim Pacheco, Klaus Becker, Fernando Ocariz et Felipe Rodriguez, son porte-parole laïque, numéraire de l’Opus, M. Joaquin Navarro Valls, et le cardinal Martinez Somalo, ancien substitut proche de l’Opus. M. Alberto Michelini, député national de l’ex-Démocratie chrétienne et membre de l’Opus, est conseiller du Vatican pour les questions de télévision et M. Gianmario Rovero, lui aussi membre, est conseiller financier.

Les congrégations romaines ont également de nombreux membres « opusiens », et celle chargée de la cause des saints, qui a statué sur la béatification d’Escriva, en a trois, dont Rafaello Cortesini, chef de bureau. Le cardinal Palazzini, ami de l’Œuvre, en était le préfet lorsque la cause d’Escriva fut introduite en 1981, et Mgr Javier Echevarria Rodriguez, l’actuel prélat de l’Opus et successeur d’Escriva, était consultant !

Mieux, le pape a nommé de nombreux membres de l’Opus évêques en Amérique latine (sept au Pérou, quatre au Chili, deux en Equateur, un en Colombie, un au Venezuela, un en Argentine et un au Brésil). Le Pérou a été choisi comme tête de pont de l’offensive de l’Opus en Amérique latine à cause du rayonnement du théologien péruvien Gustavo Guttierez, « père » de la théologie de la libération, honnie par Escriva et ses disciples. Le président Alberto Fujimori, proche de l’Opus, est un ami de Mgr Luis Cipriani, archevêque d’Ayacucho, qui dirige l’Opus au Pérou.

En Europe, le cas le plus contesté fut l’imposition de l’opusien Klaus Küng à Feldkirch, en Autriche. Mais la récente nomination de Mgr Fernando Saenz Lacalle comme archevêque de San Salvador a choqué encore davantage, puisque c’est l’ancien siège du martyr Mgr Oscar Romero, assassiné par l’extrême droite, alors que le nouvel évêque - un Espagnol de surcroît ! - appartient non seulement à l’Opus, mais était l’évêque des armées…

A part l’Italie, l’Espagne et l’Amérique latine (y compris le Mexique) sont les régions où l’Opus Dei rencontre le plus grand succès. En Espagne, si l’Œuvre a dû rester dans l’ombre sur le plan politique depuis l’arrivée au pouvoir des socialistes, elle attend son heure. Avec le retour prochain plus que probable de la droite du Parti popular de José Maria Aznar, un ami de l’Opus, celui-ci aura quatre ou cinq ministres, dont les députés Juan Trillo, Loyola de Palacio et Isabel Tocino. En outre, l’armée est commandée par plusieurs numéraires.

Bien que l’Opus ait trouvé plus de résistance dans les pays non latins, surtout anglo-saxons, il s’implante progressivement aux États-Unis où l’on compte plus de 3 000 membres répartis dans soixante-quatre centres, la plupart situés près des campus universitaires. Plusieurs aumôniers universitaires se sont plaints des « méthodes clandestines » utilisées par le mouvement, ainsi que de son « comportement sectaire » [12].

En Grande-Bretagne, l’Opus maintient un profil bas depuis les révélations, en 1981, de M. John Roche, ancien directeur du mouvement, aujourd’hui professeur à Oxford qui publia dans The Times un sévère réquisitoire contre l’Opus, documents secrets à l’appui. Qualifiant l’Œuvre d’ « Église dans l’Église », et « psychologiquement dangereuse pour ses propres membres », il cite des articles de Cronica proclamant que « l’Église catholique s’est écartée de son chemin originel, et que le devoir de l’Opus Dei est de s’étendre dans le monde par tous les moyens. Il n’existe pas d’autre voie de salut ».

En France, le succès de l’Opus est plus mitigé. Malgré les sympathies de plusieurs hommes politiques, l’Œuvre n’a jamais réussi à trouver un parti à sa dévotion, même s’il existe de nombreux centres et associations qui lui sont liés [13].

Mais la nouvelle stratégie de l’Œuvre est d’infiltrer les organisations internationales, comme les Nations unies, l’Unesco ou l’OCDE. Le Parlement européen à Strasbourg et la Commission à Bruxelles sont ses lieux de prédilection, et le nouveau président de la Commission, M. Jacques Santer, un ami. Des parlementaires européens, comme M. Ignacio Salafranca du Parti populaire espagnol, sont membres de l’Opus, tout comme le Portugais Fernando Perreau de Pininck, membre du cabinet du très libéral Britannique Leon Brittan. A Bruxelles, l’Opus agit clandestinement, comme à son habitude. Exemple : le bulletin hebdomadaire Europe Today, en espagnol, français et anglais, envoyé depuis Bruxelles dans le tiers-monde, et notamment en Amérique latine, où il est distribué gratuitement. Se présentant comme « une agence de presse internationale, spécialisée dans la santé, les problèmes de société et l’éducation », il défend les positions les plus réactionnaires de la droite catholique. Le numéro 124, du 2 août 1994, par exemple, titre à la une : « Les méthodes naturelles du contrôle des naissances sont efficaces à 99  tandis que les méthodes « artificielles » ne sont sûres qu’à 50 %. Le label Opus Dei n’apparaît nulle part sur cette publication, qui reçoit une subvention de la Commission de Bruxelles. Or le rédacteur en chef appartient à l’Opus tout comme d’autres journalistes accrédités à la Commission.

Autres points stratégiques en Belgique que l’Opus a tenté d’investir : l’Institut Robert-Schuman et l’Université catholique de Louvain. Le premier est une école de journalisme fondée par l’homme d’affaires néerlandais Piet Derksen, proche de l’extrême droite catholique, pour fournir des « journalistes catholiques sûrs » à l’Europe de l’Est et au tiers-monde. Parmi les professeurs on retrouve l’opusien Andres Garrigo, directeur de Europe Today

A Louvain, en revanche, la bataille menée par l’Opus fut perdue grâce à la ténacité du vice-recteur, le Père Gabriel Ringlet. Il a refusé de renouveler le bail de deux résidences pour étudiants ouvertes sur le campus par l’Opus, en interdisant à celui-ci de distribuer sa littérature aux étudiants aussi longtemps qu’il triche sur son identité. Cette décision a été prise à l’unanimité par le conseil d’administration de l’université. « L’Opus ne vise que l’élite de la société, explique le Père Ringlet, ce qui est inacceptable pour notre université. Je ne peux pas voir ma foi là-dedans. La quête de la perfection a quelque chose de très orgueilleux et de malsain. Je ne peux accepter une religion qui lave plus blanc que blanc… la couleur des sépulcres ! Car, au bout du chemin, on trouve toujours l’exclusion, le racisme. En ces temps de montée de l’extrême droite, on ne se prémunit peut-être pas assez contre les dictatures spirituelles. »

C’est bien d’une dictature qu’il s’agit, qui risque de prendre la papauté en otage. Cette « arme du Pape » est à double tranchant et pourrait se retourner contre lui.

François Normand Journaliste

Source : Le Monde diplomatique, septembre 1995

[1Golias, n° 30, été 1992, « Le monde secret de l’Opus Dei ». BP 4034, 69615 Villeurbanne Cedex. Lire aussi le livre de Gordon Urquhart, The Pope’s Armada, Bantam Press, New York, 1995, qui décrit l’essor des mouvements sectaires à l’intérieur de l’Eglise catholique.

[2Après des fuites venues des ex-membres de l’Opus, les éditions espagnoles Tiempo S. A. publièrent les constitutions de 1950 dans leur intégralité (en latin et en espagnol), en juillet 1986.

[3Alain Vircondelet, Jean Paul II, Julliard, Paris, 1994.

[4La médiocrité de la pensée d’Escriva de Balaguer ressort de son recueil de maximes, El Camino (le Chemin), où la bêtise le dispute au manichéisme. Sa vanité ? A la fin des années 60, il acheta un titre de noblesse : marquis de Peralta.

[5L’Opus Dei comprend quatre catégories de membres : les numéraires (clercs ou laïcs célibataires, qui s’engagent à la pauvreté, la chasteté, l’obéissance et la vie commune), les agrégés (mêmes engagements, sauf la vie commune), les surnuméraires (laïcs qui vivent « dans le monde » mais contribuent financièrement), les coopérateurs (sympathisants, chrétiens ou non). Selon l’Annuaire pontifical de 1994, l’Opus Dei compte quelque 80 000 membres (1 500 en France) appartenant à 90 nationalités.

[6Créé en 1947 par Pie XII, l’institut séculier est « une association de clercs ou de laïcs dont les membres, en vue d’atteindre la perfection chrétienne et d’exercer pleinement l’apostolat, pratiquent dans le siècle les conseils évangéliques ».

[7La prélature « nullius » (d’aucun lieu), ou personnelle, est l’équivalent d’un diocèse extraterritorial.

[8Manuel Vazquez Montalban, Moi, Franco, Le Seuil, Paris, 1994.

[9La phrase citée constamment par Escriva : « Dieu a créé l’homme pour travailler » est une interprétation erronée du verset de la Genèse, qui dit en réalité : « Dieu prit l’homme et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver » (et non pour « travailler »).

[10Hans Urs von Balthasar, l’article « Integralismus » in Wort und Wahrheit, 1963.

[11En 1969, dans l’affaire Matesa, plusieurs centaines de millions de francs ont été détournés vers une société luxembourgeoise, la Sodetex, présidée par le prince Jean de Broglie, trésorier des Républicains indépendants de M. Valéry Giscard d’Estaing et proche de l’Opus. Il fut assassiné peu après, dans des circonstances jamais élucidées.En 1982, un des hommes les plus riches d’Espagne, José Maria Ruiz Mateos, à la tête du consortium multinational Rumasa, est inculpé de fraude fiscale et d’infraction à la réglementation des changes. L’enquête révèle qu’il finançait les activités de l’Opus Dei. Il avoue leur avoir versé 300 millions de pesetas.Le plus grand actionnaire minoritaire de la Banco Ambrosiano, qui connut une banqueroute retentissante en 1982 et dont le directeur Roberto Calvi fut trouvé pendu sous un pont de la Tamise, à Londres était la banque du Vatican, l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), dirigée par l’archevêque Paul Marcinkus, garde du corps du pape. Déclarée « coresponsable » du krach par le contrôle italien des banques, l’IOR accepta de rembourser les créanciers de l’Ambrosiano à hauteur de 260 millions de dollars qui auraient été versés par les banquiers de l’Opus, avant d’obtenir de Jean Paul II la prélature personnelle, en novembre de la même année.

[12Mme Dianne DiNicola, dont la fille Tammy est une « rescapée » de l’Opus, a créé une association Opus Dei Awareness Network (ODAN, réseau pour connaître l’Opus Dei), afin de conseiller les parents désemparés.

[13Une trentaine, à Paris, Lyon, Marseille, Aix-en-Provence, Toulouse, Grenoble et Strasbourg, une école technique hôtelière, ainsi qu’un centre international de rencontres au Château de Couvrelles, une maison d’édition (Editions du Laurier) et un dédale de sociétés anonymes qui servent d’écrans aux activités de l’Œuvre (Saidec, Socofina, Acut, Sofico, Trifep…)

Vos réactions

  • 16 février 2016 17:00

    Genèse et création de l’OD

    Difficile de parler de son fondateur dont la biographie n’a cessé d’être réécrite jusqu’à ce jour par ses plus zélés collaborateurs. Sa sanctification par JP2 a encore plus rendu difficile une biographie réelle du personnage. Mais l’on peut aborder la naissance et la création de l’organisation, par le biais de l’Histoire espagnole et de l’histoire contemporaine de l’Église espagnole qui permet de comprendre pourquoi, dans quel contexte politique, religieux, social, Balaguer a créé l’OD et a pu aussi bien l’implanter d’abord en Espagne, puis ailleurs dans le monde.

    Un ouvrage m’a servi en plus de différentes recherches sur internet :

    Guerres mondiales et totalitarismes (1914-1958) : Histoire du christianisme Par Luce Pietri,André Vauchez,Jean-Marie Mayeur,Marc Venard

    L’OD qui naît en 1928 à Madrid, voit le jour sous la dictature de Primo de Ribera. L’Église espagnole a adhéré dès 1923 à la dictature du général , parce que cette dictature est liée au pouvoir royal espagnol d’Alphonse 3 (qu’elle a toujours soutenu) et qu’elle répond au maintien d’un pouvoir autoritaire d’essence divine. L’Église dans ce partenariat, verra l’occasion d’y appliquer un peu plus une domination déjà considérable en Espagne sous couvert d’un catholicisme social.

    Plus l’Église dispose de pouvoir au sein de la société civile, plus elle peut contrôler et opérer de répression sur les plus pauvres. Et c’est ce qu’elle fait déjà dans certains instituts depuis le 19 ème siècle. Certaines congrégations ont même été créées dans le but de réformer le peuple, de le maintenir soumis aux classes dirigeantes. Tandis que l’Église Espagnole va proposer aux classes les plus riches des formations, des partenariats dont elle tirera argent et profits divers, dans lesquels elle placera aussi de hauts prélats.

    Après la première guerre mondiale (l’Espagne est neutre et ne participe pas au conflit) mais aussi après la révolution russe, les espagnols les plus pauvres disposent pour une bonne part d’un socle d’instruction scolaire primaire. Le simple fait de savoir lire permet à tous de pouvoir comprendre petit à petit, ce qui se joue politiquement, religieusement en Espagne et de commencer à contester la main mise des classes dirigeantes et des différents clergés. La présence anarchiste dans le milieu ouvrier espagnol, qui diffuse tracts et journaux, fait tout un travail d’éducation populaire auprès du peuple espagnol, l’initiant à la vie publique, politique et à une critique du pouvoir royal, du pouvoir politique comme du pouvoir du haut patronat, des institutions religieuses. Ce qui est jugé par l’Église et les pouvoirs en place, comme très dangereux.

    L’Église (et les hauts prélats) ayant encore un immense pouvoir direct par sa présence et son contrôle dans les écoles, les hôpitaux, les asiles, les orphelinats, elle est la meilleure alliée des classes dominantes, le bras armé préférentiel pour dresser et réprimer ces masses populaires indociles.

    Le clergé catholique de l’époque (pas seulement espagnol) est convaincu que cette coercition, cette oppression des plus pauvres est une œuvre divine et nécessaire, rédemptrice. Qui doit être menée par les élites de la nation et l’Église. L’institution cléricale espagnole financera et recrutera des individus pour différents projets de destruction et d’intimidation des syndicats, des ouvriers et des groupes anarchistes (les pistoleros, les syndicats jaunes),mais aussi différents projets d’exploitation par le travail forcé des plus pauvres, notamment des enfants et des ados via différentes institutions. Pratique qui se retrouve dans les autres épiscopats européens catholiques à la même époque.

    Balaguer en créant l’OD en 1928, dans le contexte de la dictature de Ribera, pense pouvoir créer une bonne partie de cette élite religieuse et laïque qui va maintenir le pouvoir entre les mains de l’Église, du roi et des partis fascistes.

    Il pense qu’en formant intellectuellement, religieusement une élite sociale, elle ne pourra que maintenir l’ordre tel que lui le comprend au travers de la dictature de Ribera comme de la royauté. Il sait aussi de par ses études de droit, qu’il faut se donner les moyens juridiques, financiers pour agir. Marqué par l’assassinat de différents prélats catholiques par des organisations anarchistes durant sa formation au séminaire, notamment par l’assassinat du cardinal de Saragosse Soldevilla en 1923 (assassiné pour avoir financé et recruté les pistoleros du patronat espagnol local, hommes de main qui exécutaient les ouvriers et les militants syndicalistes dans différentes usines) , admirateur de l’Action Française, il souhaite mettre en place un équivalent en Espagne.

    La création de l’OD est aussi un moyen pour lui de sortir de la dépendance institutionnelle de l’Église. D’être leader de son propre mouvement avec le soutien de l’Église espagnole. Une liberté importante qu’il désire et n’aura de cesse d’augmenter.

    Ayant fait de longues études théologiques et juridiques, employé comme aumônier au sein d’une congrégation madrilène accueillant indigents et malades, il est cependant en tant que simple prêtre, n’ayant même pas de paroisse à lui, toujours sous la coupe d’une institution cléricale catholique qui rentabilise ses troupes au maximum. Il lui faut donc s’émanciper, trouver le moyen d’avoir sa propre congrégation pour sortir un peu de l’exploitation cléricale qui l’épuise nerveusement, physiquement. Ordonné prêtre en 1925 sans même une paroisse, il aspire à être plus leader que simple employé de l’Église espagnole.

    Enfin, la création de l’OD, c’est aussi pour Balaguer un moyen de reconquérir un statut social perdu durant son adolescence avec la faillite de l’entreprise paternelle de tissu. Le papa étant passé de patron à employé, Balaguer vivra mal le déclassement social de la famille. Avec tout ce que cela comporte de ressenti d’humiliation, de sentiment de régression.

    Si le fait d’entrer en religion est un moyen de promotion sociale certain pour l’époque, devenir chef de son propre mouvement religieux donne encore plus de moyens et de pouvoir, de liberté d’action également.

    Les moyens sont très modestes au début, avec seulement une poignée de prêtres et de jeunes hommes appartenant aux classes dirigeantes espagnoles. Balaguer se fait surtout un carnet d’adresses durant deux ans, cherche l’approbation de l’épiscopat. Et bat le rappel de ses anciens camarades de séminaire pour soutenir son projet.

    La proclamation de la République post élections au début des années 30, la prise de pouvoir socialiste et communiste, l’exil du roi, la chute de la royauté, vont marquer un coup d’arrêt à ce début de projet communautaire. Tout en justifiant complètement l’idée d’une communauté catholique espagnole élitiste, formée dans un but de reconquête politique, économique et religieuse de l’Espagne sous couvert d’apostolat par le travail et de sainteté quotidienne.

    Les classes dirigeantes voyant le gouvernement républicain entamer des réformes qui mettent à mal leur main-mise, leur pouvoir, s’affolent.

    Elles vont chercher des appuis du côté d’une partie de l’armée pour organiser un coup d’état. Or l’armée se divise à l’époque en deux camps : le camp républicain qui ne veut plus de la dictature ni de la royauté, et le camp phalangiste qui lui regrette la dictature et la monarchie.

    L’Église espagnole soutient fortement le camp phalangiste qui amènera bien plus tard le général Franco au pouvoir. Parce qu’elle voit le pouvoir républicain comme un pouvoir anticlérical et marxiste. Donc opposé à son emprise.

    Le gouvernement républicain va contribuer à alimenter cette opposition cléricale en expulsant différents prélats catholiques, dès ses premiers mois de gouvernance et va s’avancer dans un projet de mise en place d’une certaine laïcité (l’équivalent de la loi de 1905 en France) avec l’arrêt du financement d’état des religions, mais aussi la séparation des pouvoirs religieux et politiques, qui prévoyait l’instauration d’établissements d’état, distincts des établissements religieux. Ce qui était absolument inacceptable pour l’Église espagnole qui avait du personnel et du pouvoir dans le secteur scolaire, médical, sanitaire. Et qui ne voulait pas le perdre ni perdre l’argent public qui finançait en grande partie son train de vie. Pire, l’état républicain prévoyait d’interdire les congrégations religieuses et de faire comme sous la Révolution Française, passer les biens cléricaux en biens nationaux. Ce qui démarra dès la fin de l’année 1931. En outre, la République donna par le biais de lois constitutionnelles, des droits égaux aux hommes et aux femmes, accueillit les premières femmes au gouvernement, mit en place le droit au divorce pour tous, le droit de vote des femmes, l’accès sans distinction de genre à différents secteurs d’activité et d’emploi.

    Devant la mise en place progressive de ce plan républicain qui lui paraît abominable, l’Église espagnole va entrer en résistance et mobiliser les catholiques aussi bien conservateurs que libéraux. Le haut patronat, les banquiers, les grands propriétaires terriens seront ses principaux alliés.

    Vous comprenez donc que Escriva de Balaguer avec son projet opusien s’inscrit complètement dans son époque et dans la réaction cléricale espagnole à la république. Il devient l’équivalent religieux de Angel Herrera Oria, fondateur de Accion National, un groupe politique rassemblant les élites conservatrices catholiques espagnoles (royalistes, patrons industriels, grands bourgeois), qui donnera naissance à la CEDA, le seul grand parti catholique politique de l’Espagne.

    Vous comprenez aussi pourquoi l’on peut rapprocher l’Église Espagnole et Balaguer du mouvement de contre-révolution catholique français. Pourquoi par la suite, Balaguer pourra d’autant mieux implanter son mouvement en France en s’appuyant sur les organisations patronales, politiques qui relèvent déjà de ces idéologies. A noter que Primo de Ribera était très ami avec le maréchal Pétain. Et que différentes organisations patronales françaises (dont le Comité des Forges, aujourd’hui l’IUMM, qui dispose du maximum de pouvoir au MEDEF et finance toujours l’extrême droite française) rêvaient depuis 1926, du même coup d’état contre la république française qu’en Espagne, avec Pétain comme dictateur. Malgré l’aide de l’Action Française, de la Cagoule, de quelques religieux catholiques réactionnaires, d’attentats, d’intimidations diverses tout au long des années 30, ce projet de dictature échoua, la République Française resta en place et le mouvement ouvrier français de l’époque put obtenir des droits supplémentaires avec le Front Populaire.

    Vous pouvez aller consulter deux ouvrages alimentés et documentés par différentes archives, de l’historienne Annie Lacroix Riz :

    « Le choix de la défaite », « de Munich à Vichy » pour avoir plus de détails sur la situation française.

    L’Église espagnole de son côté va mettre en place toute une politique de communication contre la république et mettre en avant un catholicisme pur, un catholicisme du martyr pour la cause de Dieu, relayée par le cardinal Goma, communication dans laquelle on retrouvera de nombreux points idéologiques communs avec l’idéologie communautaire opusienne d’Escriva de Balaguer.

    La guerre civile est prête à s’enclencher. Elle se terminera par une boucherie, la défaite des républicains et par la prise de pouvoir du général Franco. Ce qui idéologiquement, politiquement et religieusement avait été mis en place sous la dictature de Primo de Ribera, sera de nouveau exalté dans un fascisme qui se veut clairement religieux et d’obédience catholique. On retrouvera dans les grands principes opusiens de nombreuses idéologies franquistes.

  • 10 février 2016 11:54

    Un très bon documentaire complémentaire, avec une enquête sur les activités de l’OD en Amérique Latine, notamment au Chili :

    Opus Dei, une croisade silencieuse : documentaire de Marcela Said Cares et Jean de Certeau, un couple franco chilien de documentaristes.

    Le documentaire a été diffusé il y a déjà quelques années, mais reste intéressant pour comprendre le système opusien, ses objectifs et ses ramifications dans nos sociétés :

    Bon visionnage !

    Cordialement

    Françoise