LES SECRETS DES HÉRAUTS : 5- Qui est Clá Dias, le leader des Hérauts ?

Dimanche 27 octobre 2019 — Dernier ajout lundi 28 octobre 2019

João Scognamiglio Clá Dias est appelé par ses disciples « Monseigneur », « Papito » (petit père) ou « JCD ». Il est né en 1939 à São Paulo. Il est le fondateur des Hérauts de l’Évangile.

Par Mirelle Pinheiro et David Ágape

Article publié en portugais, sur le site metropoles.com, le 23 août 2019

Pendant des décennies, il a fait parti de la Société brésilienne pour la défense de la Tradition, de la Famille et Propriété (TFP), une organisation civique ultra conservatrice d’inspiration catholique. La TFP a combattu le communisme au Brésil et s’est répandue dans le monde entier sous la direction intellectuelle d’un laïc : Plinio Corrêa de Oliveira. Ce dernier avait été le député le plus plébiscité par la ligue des électeurs catholique, lors de la Constitution de 1934. Pendant la dictature, l’influence de la droite favorisait les gouvernements militaires. Le pouvoir politique a nourri son leadership religieux.

João Clá Dias est devenu l’un des plus proches disciples de Plinio et a même été qualifié par lui de “disciple parfait".

La rencontre entre les deux hommes est le fruit d’une pure coïncidence. Clá Dias fréquentait les cours d’Orlando Fedeli, un historien catholique. Un jour, ce dernier l’a invité à une réunion de la TFP. Là, il a rencontré Plinio, et s’en est immédiatement approché.

Sur le site Web dédié à Clá Dias se trouve une biographie du chef religieux. Selon cette source, Clá Dias aurait été formé en droit à la faculté du Largo de São Francisco, à São Paulo. Mais, après sa rencontre avec le Dr Pinio, il aurait réorienté ses études sur les questions religieuses.

Les deux hommes partagent avec ferveur la thèse selon laquelle il existe seulement deux courants historiques dans le monde : le courant révolutionnaire (protestantisme, révolution française, communisme, libéralisme) et le courant catholique. Après le Concile Vatican II, qui a ouvert l’Église à la modernité, la TFP a commencé à être mal vue par les autorités de l’Église.

Après la mort de Plino Corrêa, en 1995, il y a eu une grande division dans le groupe. La faction dirigée par João Clá Dias voulait se consacrer davantage à l’activité religieuse. L’autre mettait la priorité sur la politique.

Après une longue bataille judiciaire, Clá Dias a obtenu le droit de continuer à utiliser la marque TFP. Cependant, il a choisi de créer un nouveau groupe. En 1999, il a fondé les Hérauts de l’Évangile. Le 15 juin 2005, six ans plus tard, il a été ordonné prêtre. Plus tard, il a obtenu le titre de Monseigneur. En 2001, le groupe a reçu la reconnaissance du pape Jean-Paul II.

Juste après la diffusion des vidéos des exorcismes présumés en 2017, João Clá Dias a démissionné du commandement des Hérauts de l’Évangile. Si officiellement son remplaçant est le père Alex Barbosa de Brito, dans les fait, Clá Dias continue à exercer seul le commandement des Hérauts d’une main de fer.

ADORATION DES MÈCHES DE CHEVEUX ET DES ONGLES DU MONSEIGNEUR

Les Hérauts voue un véritable culte envers leur chef Clá Dias. Dès leur entrée dans le mouvement, les enfants sont invités à se consacrer comme "esclaves" du religieux et commencent à recevoir comme récompense des reliques de leur chef. Ce sont des morceaux de vêtement et des parties de son corps, telles que des mèches de cheveux et des morceaux d’ongles. Même l’eau utilisée pour laver les vêtements du monseigneur est traitée comme si elle était bénite et utilisée lors de cérémonies pour "chasser les démons".

LE RITUEL SECRET DU CHAPITRE

L’une des cérémonies les plus secrètes des Hérauts est un héritage de la TFP : le chapitre. C’est comme un rituel de passage. Des anciens membres racontent que les nouveaux membres défilent lentement, en chantant une prière à l’Esprit-Saint, vers la chapelle de la communauté. Après quoi, portes et fenêtres se referment.

« Malgré le fait que tous les Hérauts veulent participer de cette cérémonie, il y a une certaine peur parmi les jeunes », raconte un ancien élève qui n’a pas voulu s’identifier. Quand tous les Hérauts se sont assis, on commence la lecture d’une prière sur l’esclavage à monseigneur João, au docteur Plinio et à Dona Lucilia. La prière dit que nous ne valons rien et que nous ne sommes rien sans les fondateurs. En accord avec ce texte, il n’y a que péchés et ruines dans le monde. « C’est pour cela que nous devions nous détacher de nos familles et du monde », relate le jeune homme.

Lorsque ce rituel est terminé, le responsable appelle quelqu’un par son nom pour se prosterner devant tous. Celui qui est choisi reste couché avec la figure touchant le sol et les bras ouverts, sans bouger. Lorsque le Héraut est étendu par terre, c’est alors que commence les jugements : tous ceux qui participent de l’acte peuvent dire ce qu’ils veulent de négatif sur celui qui est couché. Humiliée, cette personne ne peut se lever ni se défendre. La cérémonie peut durer jusqu’à douze heures. Dans ces situations, il y a presque toujours des intervalles : celui qui est accusé peut manger et se reposer seulement si le supérieur qui dirige l’acte solonel le lui permet. Durant le chapitre, ceux qui sont présents incriminent le Héraut de fautes diverses. Les dénonciations sont répétitives et très souvent mensongères. Après les accusations, le « coupable » reçoit une pénitence.

LES SECRETS DES HÉRAUTS : Introduction

1- Comment les enfants arrivent-ils dans les châteaux ?

2- Lavage de cerveau et séparation d’avec la famille

3- La mort mystérieuse de la jeune femme que les Hérauts ont déclaré sainte

4- J’ai été victime d’abus, mais on m’a convaincu que c’était de ma faute.

5- Qui est Clá Dias, le leader des Hérauts ?

6- D’où vient leur argent ?

7- Les doutes qui planent sur la tête des Hérauts

8- Mouvement catholique ou secte religieuse ?

Voir en ligne : https://www.metropoles.com/materias…