Le combat sans fin de Claire Maximova, ex-carmélite qui veut être reconnue victime de viol par l’Église

Mercredi 21 octobre 2020

Après la publication d’un livre dans lequel elle affirme avoir été violée par un prêtre lorsqu’elle était soeur au Carmel, Claire Maximova a été déboutée aussi bien au pénal que face à la justice canonique en 2019. Récit d’un combat harassant, dont elle dénonce les non-dits et zones d’ombre.

Nous l’avions rencontrée début 2019, à la sortie de son livre, La Tyrannie du Silence*. Dans ce récit poignant, Claire Maximova, ex-soeur carmélite, affirme avoir été violée pendant un an et demi par son prêtre référent, son « Frère », dans un Carmel en Aquitaine, au début des années 2010.

Leur relation de proximité aurait versé dans l’abus spirituel, puis physique. Dans des lettres, le prêtre en question lui demande « pardon » pour « l’avoir faite souffrir ». Il est finalement envoyé au Canada par sa hiérarchie, où il se trouve toujours.

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Vos réactions

  • Françoise 14 novembre 2020 01:40

    Ce qui me paraît évident, c’est que le crime de viol lorsqu’il s’exerce au sein d’une institution religieuse, s’inscrit dans le même profil que l’inceste intrafamilial. Puisque l’institution religieuse via l’ordre religieux, la communauté, se prétend être un espace familial et moral sécurisant tout en étant certainement, du fait de la subordination et de l’exercice extrême de domination qui s’y pratique (sous couvert d’ascèse et de sainteté), et d’autant plus sur les femmes en religion, un espace abusif et totalitaire.

    Si autrefois, il n’était pas possible de dénoncer viols, abus sexuels, tortures, prostitution, traite d’enfants, réduction en esclavage, embrigadement, humiliations, c’est chose possible aujourd’hui, y compris pour des femmes ayant été victimes de crimes et d’abus dans le cadre de leur vie religieuse. Et c’est très bien ainsi. Cela permet de comprendre que les religions en tant qu’institutions cléricales ne sont pas une création divine mais bien humaine, et où s’exercent autant d’abus et de crimes que dans le reste des activités et groupes humains. Que ces institutions cléricales relèvent donc du jugement pénal au même titre que le reste des institutions humaines. Qu’il n’y a pas d’exception.

    C’est difficile à admettre pour certains croyants qui réduisent la foi à une sacralisation cléricale assortie de servilité. Mais la démarche pénale vis à vis des crimes religieux est nécessaire pour que l’humanité puisse comprendre la dimension aliénante, criminelle et totalitaire qui peut se vivre et s’exercer parfois dans le clergé et les ordres religieux. En grande partie dans une perspective de domination et d’exploitation de l’individu (dans le cadre du travail ou d’un service sexuel) avec la justification souvent exaltée que cela est une grâce divine. C’est d’autant plus facile à imposer que la vie communautaire et cléricale prolonge une sorte d’infantilisation de l’individu, complètement dirigé de A à Z dans ce qu’il doit faire, penser, croire, au quotidien. Le clergé comme les communautés s’acharnent à repousser toujours plus les limites physiques, psychiques de leurs personnels. Au nom de Dieu la plupart du temps. Alors qu’il s’agit de justifier un pouvoir autoritaire bien humain et des intérêts particuliers.

    Dans le cas précis de l’institution romaine, le problème est qu’elle prétend se dissocier des criminels qui sévissent, tout en faisant toujours le maximum pour qu’ils ne soient ni dénoncés publiquement ni jugés au pénal. Il y avait eu entre 1947 et 1965, une tentative de créer des centres de traitement pour clercs et religieux criminels, financés par le Vatican (les Serviteurs du Paraclet sous la houlette du père Gerald Fitzgerald qui avait identifié la problématique criminelle et surtout la gravité et l’irréformabilité des clercs violeurs et abuseurs). Mais c’est Paul VI qui arrêtera cette expérience en trouvant plus commode de simplement déplacer d’une région ou d’un pays à l’autre les clercs criminels dénoncés sans pour autant les livrer à la justice ni cléricale ni pénale. Et c’est encore la politique pratiquée aujourd’hui en pareil cas, même si la vitrine vaticane qui s’affiche prétend que cela a changé.

    Les victimes de clercs violeurs sont donc en droit de mettre au pénal non seulement leur agresseur, mais aussi l’institution cléricale, partie prenante dans la dissimulation et la protection des agresseurs sexuels, tout autant que dans l’intimidation des victimes et de leur famille.

    Porter plainte contre une institution n’est pas facile. D’autant plus contre une institution dans laquelle on a cru et où l’on avait placé ses espoirs, ses idéaux. Mais c’est une démarche saine de justice, pour que le crime subi ne se perpétue pas sur d’autres. Car tant que l’institution ne sera pas inquiétée au plan pénal, elle continuera à protéger clercs et religieux criminels comme elle l’a toujours fait depuis les débuts de l’institution.

    Le viol, l’abus sexuel ont toujours fait partie des logiques de domination pour mieux soumettre les individus, d’autant plus jeunes, handicapés, en situation de dépendance et d’isolement. Pire, certains religieux et clercs considèrent ces crimes comme des privilèges liés à la fonction d’autorité religieuse et cléricale. Il est donc d’autant plus compliqué pour le Vatican d’attaquer ce que beaucoup de ses membres masculins principalement, considèrent comme des acquis et pas du tout comme des crimes.

    Claire Maximova ne pourra gagner sa lutte judiciaire qu’avec l’association internationale des victimes de clergés et religions. C’est une démarche globale citoyenne et internationale qu’il faut engager. Qui dépasse l’affaire criminelle la concernant.

    Ce n’est qu’ainsi qu’il pourra y avoir réussite et véritable changement politique sur ce chapitre précisément.

  • « C’est la honte au cœur que je reconnais le poids des souffrances inscrites à jamais dans le corps et le cœur de personnes victimes de violences sexuelles dans leur enfance au sein de notre Église », a déclaré Mgr François Jacolin dans ce long texte, qu’il a lu vendredi lors d’une conférence de presse vendredi, après avoir laissé la parole à plusieurs victimes.

    Ces vingt dernières années, des témoignages de victimes, évoquant des faits de pédophilie de grande ampleur au petit séminaire de Chavagnes-en-Pailler (Vendée), sont arrivés au diocèse, particulièrement après la parution en 2018 du livre de Jean-Pierre Sautreau « Une croix sur l’enfance ». Lors de cet acte de repentance, l’évêque a dénombré 65 victimes de violences sexuelles des années 1940 à aujourd’hui, dont 12 femmes. Trente-deux victimes ont été agressées au petit séminaire de Chavagnes ou lors de journées préparatoires de rentrée, entre les années 1956 et 1975. 43 agresseurs connus du diocèse

    Le diocèse fait état de 43 agresseurs connus du diocèse, dont 36 prêtres, 5 frères issus de congrégations religieuses et 2 laïcs (un instituteur et un moniteur). « Ces faits se déroulaient très souvent lorsque les enfants venaient se confesser, ce qui rend plus abominable encore l’abus sexuel », a déclaré l’évêque.

    Une plaque portant une longue déclaration de repentance à l’égard des victimes de pédophilie, formulée vendredi 23 octobre par l’évêque de Luçon (Vendée), sera posée dans la cathédrale de Luçon le 22 novembre lors d’une cérémonie religieuse, a annoncé le prélat à La Roche-sur-Yon.

    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pedophilie-une-declaration-de-repentance-figurera-dans-la-cathedrale-de-lucon-20201023

    Une somme de cinq millions d’euros a été provisionnée, mais un appel aux dons est prévu pour alimenter le fonds.

    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/la-roche-sur-yon-85000/abus-sexuels-dans-l-eglise-en-vendee-un-collectif-de-victimes-reagit-aux-annonces-6600535

  • Sébastien 31 octobre 2020 20:54

    @Suricate : vous ne le réalisez peut-être pas mais vos remarques confinent à l’odieux. Je vous conseillerais d’écouter ce que Jean-Marc Sauvé, qui connaît quand même le sujet, a à dire dans son interview à La Croix « L’abus sexuel sur des personnes majeures a sa perversité propre ». Il explique bien que ces abus sexuels sont toujours mêlés à des abus spirituels, souvent en confession. C’est comme ça que se développe une relation d’emprise qui fait que toutes les défenses tombent. De plus, beaucoup de ces religieuses sont entrées jeunes et naïves au couvent. Les clercs pervers ne sont pas fous, ils choisissent leurs victimes et les emprisonnent. Echapper devient ensuite très difficile. Surtout quand on s’expose de surcroît à des réactions comme les vôtres.

  • benoite 24 octobre 2020 15:25

    « Violée par l’Eglise » le terme est involontairement bien choisi. J’ai lu son livre. Le carme est tombé amoureux et il a cru que c’était réciproque. Ca ne l’était pas mais sa victime n’osait pas le dire car elle avait peur de « représailles », ayant tout abandonné pour le Carmel. Il l’a plaquée finalement, comme bien des religieux plaquent leurs conquêtes, torturés eux-mêmes par leurs voeux intenables, dégoûtés par tout ce qui peut leur rappeler leurs « chutes » (avant de rechuter, encore et encore, jusqu’à ce que jeunesse se passe complètement). C’est bien l’Eglise qui viole la conscience des religieuses, les empêche de parler, car elle les met sous sujétion. Pourquoi les religieuses se retrouvent-elles dans cette galère ? Parce qu’elles croient, en entrant dans une communauté, qu’elles y trouveront les valeurs évangéliques. Le décalage entre ce qu’on leur fait miroiter et la réalité, les sidère et les tétanise. Le flirt, le sexe entre un « frère et une soeur », d’aucuns pourraient le lire comme un inceste en plus d’une transgression des voeux (ceux-là qui croiraient en l’existence de sentiments fraternels entre religieux, ce qui n’est pas toujours évident). Et les religieuses ont perdu en « entrant » dans leur communauté les quelques appuis qui pourraient exister à l’extérieur. Pour dire qu’on part de loin, le prêtre dans cette affaire ne doit pas se remettre d’avoir appris que c’est la sidération et non pas sa séduction, qui avait opéré !

    • Je ne mets pas en doute le témoignage de cette dame (je ne lis pas ce genre de livres étalant sa vie privée), mais à sa place qu’aurions-nous fait ? Aurions laissé une seconde quelqu’un nous « entreprendre » sans notre consentement ? Et durant plus d’un an ?? En tout cas, jamais je n’aurais laissé ce type (ou autre) poser une seule patte sur moi. Cela ne tient pas la route, c’est évident.

      • Bien ! Mais si vous ne voulez pas lire ce livre ( donc aucune autobiographie dans laquelle quelqu’un étale nécessairement sa « vie privée « ), comment pouvez - vous donc juger, de façon aussi expéditive, que cela « ne tient pas la route « ?

        Que savez- vous alors des circonstances qui peuvent conduire quelqu’un seul, démuni, en grande détresse psychologique et spirituelle à accepter que l’on mette la main sur lui, d’abord psychologiquement puis physiquement ?

        L’emprise décrite par tant de livres et de témoignages que vous ne voulez pas lire existe pourtant. Et vous oubliez qu’il ne s’agit pas d’une relation égalitaire mais d’une relation ou l’un, en fonction de son statut de prêtre et de guide spirituel, a plus de responsabilités que l’autre…et ne doit pas se servir de ce statut pour faire de l’autre un objet à sa disposition, surtout en prétextant des motifs spirituels.

        • Ce que vous décrivez, n’est pas un appel de Dieu à être épouse du Christ. Mais ce sont des personnes ayant des problèmes psy, comme on les appelle, qui n’ont rien à faire dans une communauté religieuse. Bien entendu, ceux qui sont pervers et en profitent sont les pires crapules, surtout vis à vis de Dieu ; c’est l’enfer assuré pour eux s’ils ne font pas de profonds actes de repentance pour toutes leurs vies. Mais ce témoignage montre, que d’une fausse vocation lié à un pervers, on fait un amalgame de l’Eglise de Notre Seigneur, Eglise de la TSVM. Cette personne s’est donc laissée tripotée durant plus d’un an !! Vous vous seriez laissé faire ? Cela m’étonnerait.

          • A Suricate,

            En vous lisant, on comprend pourquoi les victimes de l’Eglise hésitent tant à témoigner.

            Vous faites un discernement à l’emporte piêces, vous posez un diagnostic arbitraire. Ce faisant, vous cataloguez, vous jugez et c’est plié. La vie est simple.

            Vraiment, l’Eglise et ses fidèles ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour commencer à sortir de leurs a priori et certitudes. Seule façon pourtant de se pencher enfin sur l’humain. Toutes ces réactions stéréotypées sont malheureusement un contre témoignage formidable de l’Evangile.

          • Il y aurait beaucoup de points à relever dans votre message.

            - d’abord la notion d’épouse du Christ, même si elle est traditionnelle, peut être discutée Car, alors, que sont les religieux ? Des époux de la Vierge Marie ?, comme l’ont cru certains pervers qui, eux n’ont plus, n’avaient rien à faire dans une communauté religieuse et y ont quand même prospéré pendant des décennies…

            • ensuite, si quelqu’un a des problèmes psy, comme vous dites, c’est à la communauté qui l’a accueillie de faire son travail de discernement et pas à la personne elle-même, qui en est bien incapable, surtout si elle a des « problèmes psy« .

            Par ailleurs, vous mettez les gens en enfer bien facilement ! Laissez donc Dieu juger ! C’est le culte à lui rendre si on est croyant : ne pas se mettre à sa place !

            - troisièmement, quand on n’est pas l’autre avec son passé, ses failles, ses blessures dues à son histoire personnelle, il est donc très facile de juger. C’est à mon avis, du pharisaïsme et non du christianisme ! Vous voyez le Christ accueillir, comme vous le faites, une personne malheureuse, sans même l’écouter ? Moi, je ne vois pas.

            Et la question ne se pose même pas de savoir si on se serait laissée faire ou non car justement on n’est pas l’autre. La même fin de non recevoir à été faite pendant très longtemps aux femmes violees ou battues :« A sa place, je ne me serais pas laissée faire.« 

            Enfin, comme chacun le sait, l’Eglise est composée de pêcheurs, et parfois de grands pecheurs. Alors si cette dernière, malgré les péchés ou délits ou crimes commis par les siens, n’est pas capable de les reconnaître, elle n’est plus digne de transmettre le message dont elle se revendique…et a à se convertir.

      • Chère intervenante (car vous êtes une femme semble-t-il) anonyme,

        Quant à vous, vous n’auriez jamais laissé ce type mettre la patte sur vous. CQFD : l’histoire de Claire Maximova ne tient pas la route.

        Mais qu’en savez-vous ?? D’une part vous dites vous-même n’avoir pas pris la peine de lire son témoignage. D’autre part, vous ne vous êtes pas trouvée à sa place. Vous n’avez certainement pas quitté votre famille, vos amis, votre pays, pour vous retrouver seule, sans aucun appui, avec au bout du compte pour unique repère un prêtre - car l’auteure croyait en Dieu et faisait confiance à ceux qui étaient chargés de la guider vers lui - incapable de la respecter autant que de se respecter lui-même.

        Documentez-vous avant d’assener vos certitudes et de poser un jugement aussi péremptoire. C’est beau d’avoir des certitudes telles que les vôtres ! Vous avez de la chance si votre vie se résume à : à moi ça n’arriverait jamais, je suis tranquille.

        Ce ne serait pas si grave au fond si le penser et l’écrire noir sur blanc comme vous le faites ne venait renforcer la souffrance de celle, de toutes celles qui ont peut-être déjà assez souffert sans que vous en rajoutiez avec votre mépris absolument gratuit.

        • J’assume ce que j’ai écrit malgré vos étonnements intempestifs, car il est écrit en tête de ce fil et donc, que vous approuvez tous : « Violée par l’Eglise » le terme est involontairement bien choisi."

          Vous assumez donc cette prétention qui affirme que l’Eglise a violé cette personne, donc en clair que Notre Seigneur Jésus-Christ et si Sainte Mère, la TSVM ont également violé cette dame. Point barre, c’est clair il me semble !! Oui des membres de l’Eglise sont responsables, mais cette dame n’est pas innocente non plus, car il faut tout de même une certaine volonté pour se laisser livrer à ces jeux pervers., dignes d’Asmodée.

          • Décidément, vous êtes expert en enfer et en démons. Pourquoi pas, si ça vous rassure d’y faire ainsi appel…

            L’Eglise n’est pas le Christ. C’est à force de sacraliser l’Eglise qu’on en oublie peu à peu le message du Christ, pour ne plus s’attacher qu’à la morale. Et que nous finissons par nous trouver devant une coquille vide.

            Marie n’est pas l’Eglise. L’Eglise est constituée de pécheurs appelés à devenir saints.

            Peut-être êtes-vous déjà dans la Jérusalem céleste, mais tout montre que ce n’est pas encore le cas. Espérons en tout cas que vous y trouverez un juge plus indulgent que vous ne l’êtes aujourd’hui.

            Pour ma part, je n’ai pas dû comprendre grand-chose aux paroles du Christ : « Aimez-vous comme je vous ai aimés ». C’est évidemment très difficile. C’est même impossible. Et c’est pourtant le seul enjeu qui vaille dans le christianisme.

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          • En fait, j’ai écrit « involontairement bien choisi » car ce titre m’a choquée comme vous, Suricate. Je l’ai rejeté d’abord. Puis j’ai réfléchi et, j’ai pris sur moi de l’assumer (bien qu’il ne soit pas de moi), d’assumer en tant que catholique ce qu’il implique.

            • Je vous remercie de votre éclaircissement, Benoite. Mais cela ne peut être laissé passer et encore approuvé par qui que que ce soit. C’est certes de la provocation (que je conçois et comprends face à ces scélératesses dans Notre Eglise), mais….on ne provoque jamais Dieu impunément, et surtout par sa Mère, Epouse et Fille, la TSVM. Car au final, c’est Notre Seigneur et sa Mère qui sont accusés dans cette provocation, mais vous aurez compris ma réaction outrée. S’il ne doit rester qu’une poignée de croyants à la Foi vive, brûlante, cela ne sera que l’accomplissement des prophéties données par NSJC Lui-même, mais demeurons fidèles à Dieu Trine, nos lampes toujours allumées en bon veilleurs.

            • Je me suis d’abord demandée d’où venait cette idée d’être violée par l’Eglise avant de comprendre qu’il s’agissait d’une lecture erronée du titre : être reconnue, par l’Eglise, victime de viol.

              Mais sous une forme ou sous une autre ce libellé reste inexact, parce qu’il repose sur une mauvaise compréhension de ce qu’est une Eglise.

              Eglise est un mot qui nous vient du grec, par le latin, et qui veut dire « assemblée ». Une Eglise est l’ensemble de ses fidèles, elle ne se limite pas à son clergé. L’Eglise n’est pas le Christ est sa mère, pas plus qu’elle se limite au pape, aux évêques et aux curés. Dire « Eglise » pour désigner des instances ecclésiales est un abus de langage, courant mais inexact, non pertinent.

              Maxima n’a pas été violée par l’ensemble des catholiques. Maxima est reconnue comme victime par certains catholiques. Ce qu’elle désire, c’est être reconnue de viol par les instances officielles de l’Eglise catholique romaine.

            • Erratum : j’ai écrit Maxima pour Claire Maximova !

              • En effet, il serait dommage de rajouter un abus de langage aux abus de pouvoir, de conscience et sexuels.

                Ceci dit « hiérarchie ecclésiale » signifiant « ordre sacré de l’Eglise », il y a vraiment du pain sur la planche….

                • J’avoue que par moment L’Envers du décor me donne des boutons. Jamais les victimes qui s’expriment - même si j’ai des réserves ici ou là -, mais celles et ceux qui leur font la leçon, ou leur façon de la faire. Là on critique l’expression « violée par l’Eglise » et on finit par ajouter, c’est incroyable de mettre ça sur le même plan, qu’il ne faudrait pas ajouter des « abus de langage » aux abus réels (de pouvoir et sexuels) ! On croit franchement rêver. L’expression en question (« violée par l’Eglise ») n’est pas abusive du tout, elle se comprend parfaitement. Tout le monde comprend que ce n’est pas le pape, ni l’archevêque de Paris, ni le Supérieur général des Carmes qui ont violé ou tenté de violer Claire M. . Mais quand c’est par un Père carme qui est aussi son confesseur (circonstance aggravante !), c’est bien à l’Eglise qui l’a accueillie, qui a accueilli son engagement à travers son représentant (ou la supérieure déléguée) qu’elle a donnée sa confiance, et par qui elle est en droit de se sentir trahie. C’est trop facile de mettre au début de la chaîne l’ Eglise avec un grand E qui vous a accueillie « avec joie » et d’attribuer le désastre au bout, quand il arrive, uniquement à ses mauvais serviteurs et servantes indignes. Qui les a nommés ? Au non de qui exercent-ils leurs fonctions et leurs responsabilités, sinon au nom de l’Eglise, pas seulement hiérarchique mais « mystique » ? Les mêmes qui sacralisent les prêtres sont prêts à tout pour faire oublier que c’est l’Eglise qui les « consacrés ».

                  Là, hier, on apprend les ignominies d’un cardinal McQuarrie, déjà renvoyé à l’état laïc, et le rapport du Vatican, courageux pourtant, ne trouve pas de vrai responsable de ses turpitudes pendant des décennies : CQFD !

                  Au sujet de CQFD, je voudrais dire aussi que je souris en lisant Mme ou Monsieur Suricate, avec ses sigles admirables qu’il me faut toujours retraduire pour les comprendre : le NSJC et la TSVM font partie de quelle marque de bagnoles (BMW ?) , de quelle chaîne de télé (BFM TV ou LCI ?), de quelle marque d’appareils ménagers ? Le nouveau Testament parle d’un certain Jésus et d’une certaine Marie, des noms qui parlent à tout le monde. Pas besoin de traduire. Mme ou Monsieur Suricate parle aussi de l’enfer. Mais c’est toujours de l’enfer pour les autres, bien sûr. Le grand théologien H. U. von Balthasar, qui n’était pas un furieux progressiste, a écrit naguère un joli petit livre à ce sujet…

                  Bon, j’arrête. On va croire que je médis, alors que je suis surtout fatigué.

                  • Merci monsieur Schlegel. Je n’aurais pu mieux exprimer ma pensée et mon indignation.

                    C’est moi qui ai écrit, en réponse aux messages précédents, qu’il serait en effet dommage de rajouter un abus de langage aux autres abus. Mais c’était ironique, tant je trouvais que ce pinaillage a propos de la définition exacte de l’Eglise était vain et éludait le vrai sujet : les abus dans l’Eglise. Sujet dramatique s’il en est et qu’on ne peut balayer à coups de discours mystico-gazeux. J’ai sans doute eu tort d’ailleurs d’ironiser, tout cela est si triste et si lamentable.

                    Je voulais rajouter qu’il se trouve que j’ai lu le livre de Claire Maximova et que je la connais personnellement. Ce n’est en aucun cas quelqu’un qui inspire la pitié. Elle est en colère et veut qu’on lui fasse justice. Elle a le courage de se battre pour elle-même et pour celles que des petits malins « pieux » passent leur temps à discréditer. Ça ne les grandit pas et ça ne grandit pas l’image de l’Eglise.