Pétition : des anciens de différentes communautés s’adressent au Pape

Mercredi 7 novembre 2018

Un collectif d’anciens membres provenant de différentes communautés nouvelles s’adressent au Pape pour lui faire part de leurs souffrances. Notre amie italienne, Renata Patti, a lancé une pétition sur Change.org pour que vous puissiez apporter votre soutien à cette lettre.

Pour signer la pétition, suivez ce lien

31 août 2018

LETTRE OUVERTE

Cher Pape François,

Forts de votre exemple et de l’encouragement de la lettre que Vous nous avez écrit « LETTRE AU PEUPLE DE DIEU »[1] « Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui » (1 Cor 12,26)…

Nous aussi,

  • Ex-membres de la Prélature de l’« Opus Dei », du Mouvement des Focolari/Œuvre de Marie, des Légionnaires du Christ, et tous ceux qui se reconnaissent victimes d’emprise sectaire au sein de l’Église[2],
  • Nos parents,
  • Nos amis/es et connaissance
  • Ainsi que toutes personnes qui ont étudiés de près certaines structures ecclésiales et leurs dérives de type sectaire ou veulent aider des proches tombés dans leurs filets.

Nous écrivons cette lettre ouverte afin de témoigner que l’appartenance à ces structures et l’obéissance à la doctrine de leurs Fondateurs/Fondatrice ont contribué à ruiner nos vies en nous faisant subir « au nom de Dieu » des abus de pouvoir, abus de conscience, abus sexuels, abus financiers etc…

D’où notre conclusion que dans ces structures dites « Mouvements religieux ou ecclésiaux et Nouvelles Communautés » des personnes ont beaucoup souffert et souffrent encore à cause des dérives sectaires. Nous détenons des témoignages et des récits des souffrances vécues de ce que nous affirmons.

Certains préfèrent garder, par prudence, l’anonymat, et nous comprenons : en effet, nous connaissons trop bien la très grande influence de certains membres hauts placés de ces Mouvements et Nouvelles Communautés, dans tous les domaines : sociaux, politiques, religieux.

Enfin, cette lettre a 5 objectifs :

  1. Libérer notre parole emprisonnée de trop longues années sous le joug de l’omerta spécifique à chacun de ces Mouvements et Communautés qui sont en fait des églises parallèles à l’Église Catholique, mais qui ont la même « maladie du cléricalisme » comme style de fonctionnement et elle est bien clairement affirmé par leurs actions ;
  2. Mettre en garde les actuels adeptes et les autres personnes pouvant être sollicitées par leurs membres actifs contre les dangers physiques, psychiques et spirituels qui peuvent être résumés (sans pouvoir être exhaustifs) dans cet ouvrage à plusieurs mains qui voudrait susciter une approche critique envers ces structures « De l’emprise à la liberté – Dérives sectaires au sein de l’Église - Témoignages et réflexions. » éd. MOLS[3].
  3. Alerter aussi les théologiens intéressés par cette analyse, qui n’est pas la seule à conclure dans ce sens et qui est publiée depuis bien longtemps sur l’Internet dans le Site PNCDS72 (Pastorale Nouvelles Croyances et Dérives Sectaires 72) [4],
  4. Provoquer un vrai discernement dans l’esprit des évêques en route vers le synode des jeunes ; à comprendre mieux le statut des Cardinaux, Évêques et Prêtres « amis » des mouvements.
  5. Appeler toute l’Eglise à renforcer sa prudence et ses dispositifs de vigilance, tant pour le présent et le futur, que pour prendre en compte les souffrances du passé.

En témoignage de foi,

Véronique Duborgel, ex-membro Opus Dei (France) ; Xavier LEGER, ex-Legionario di Cristo (France) ; J. Paul LENNON, ex-Legionario de Cristo (U.S.A.) ; Renata PATTI, ex-membro Focolari (Italia) ; Emanuela PROVERA, ex-membro Opus Dei (Italia) ; Monique van Heynsbergen, ex-membro Focolari (Nederland)

Jolanda TONOLLI, mère d’un ex-membro Focolari (Italia) ;

Sylvie van Hellemont, amie d’un ex-membro Focolari (Belgium) ;

Frère Ignace BERTEN O.P., théologien (Belgique) ; Maître Pascal HUBERT, Avocat du Barreau de Bruxelles (Belgique) ; Père Pierre VIGNON, Juge ecclésiastique (France) ;

[1] http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/letters/2018/documents/papa-francesco_20180820_lettera-popolo-didio.html [2] https://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/documents-temoignages-et-essais-d-actualite/moi-ancien-legionnaire-du-christ ; http://www.chiarelettere.it/libro/reverse/dentro-lopus-dei.php - http://www.albin-michel.fr/ouvrages/dans-lenfer-de-lopus-dei-9782226180568 - https://www.qlibri.it/saggistica/religione-e-spiritualit%C3%A0/in-fuga-dall’opus-dei/ https://www.goodreads.com/book/show/8695060-le-armate-del-papa-focolarini-neocatecumenali-comunione-e-liberazione ; http://pncds72.free.fr/319_focolari.php - http://pncds72.free.fr/319_2_focolari_patti.php [3] http://www.editions-mols.eu/publication.php?id_pub=173 http://www.lenversdudecor.org/De-l-emprise-a-la-liberte-Conference-du-pere-Pierre-Vignon.html [4] http://pncds72.free.fr/319_focolari/319_42_7_hennaux_fr.pdf

Voir en ligne : https://www.change.org/p/papa-franc…

Vos réactions

  • en réponse à Sebastien et Françoise 21 novembre 2018 09:49, par Ana Azanza

    Le condamné n’est pas un prêtre, est un laïc, un numéraire de l’Opus Dei qui n’a pas fait de voeux publics de son engagement mais qui est tenu aux 3 traditionels des communautés religieuses. En effet, il y a l’appel maintenant. On a dit en catimini qu’il est le neveu d’un homme politique espagnol président d’une region, mais je ne sais pas laquelle. L’affaire semble assez artificielle et prise par les cheveux, si on fait la comparaison avec le cas du monde entier : normalement les abus ont eu lieu il y a 20 ou 30 ans, les délinquants ont abusé pendant des années, les victimes ont fait un long parcours jusqu’au moment où justice est faite dans les tribunaux….ici tout est rapide et neuf. Et puis il y a « un pas avant et 2 en arrière » comme j’ai déjà expliqué. Le tout est étrange, et puis OD est dans les 2 camps. Et puis chose bizarre l’école de l’Opus Dei n’est pas poursuivie par la justice, pas d’amendes, rien du tout, dans l’arrêt on nomme pas Opus Dei, même si c’est bien la direction opusienne de l’école qui a voulu etouffer l’affaire et continuent dans le déni et l’appui au prof. Ils ont même fait un site web https://casogaztelueta.com/

    On a mélé le Pape François dans l’affaire, et ça a l’air d’un piège opusien.

    C’est cela aussi qui est arrivé dans l’affaire de Grenade connu comme l’affaire Romanones, et dont Françoise mette un lien. Daniel, nom fictif de la personne qui a porté plainte a écrit au Pape et a eu le Pape au téléphone. Il se trouve que ce Daniel est surnuméraire ou du moins un proche opusien. Il se trouve qu’on a fait grand fracas dans les médias espagnols quand l’affaire est sortie, car l’evêque de Grenade, proche de CetL était visé. On a même parlé de lui faire demisionner pour avoir permis les abus du groupe de prêtres et laïcs « Romanones ». Et bien après tout, acquittement, pas d’affaire et il n’y a plus rien. Un autre piège pour François ?

    Et en effet, l’affaire qui ressemble être comme toutes les affaires autres est celle de La Bañeza (Léon) un seminaire, il y a 40 ans, et un prêtre qui se prévaut de son autorité pour abuser des garçons. Mais ce cas n’a pas fait autant de bruit médiatique et je ne sais pas où ils en sont du point de vue justice canonique et pénal.

  • Françoise 19 novembre 2018 17:41

    Bonjour Sébastien

    Le problème spécifique de l’Espagne est que l’Eglise domine largement l’ensemble des pouvoirs et notamment grâce à son alliance avec l’Opus Dei, la politique, l’économie, la finance, la dimension sociale et éducative du pays. Tout passe par l’OD, donc passe aussi via l’Eglise d’Espagne.

    On retrouvait jusqu’à une période récente le même problème en Irlande et dans une moindre mesure en Pologne.

    Le problème d’un tel niveau d’emprise et donc aussi de crimes étouffés, c’est qu’il finit par faire imploser totalement la crédibilité religieuse catholique et de façon brutale. On l’a vu en Irlande. J’allais dire que ça commence aussi à sentir le roussi en Pologne. En Espagne, ça met plus de temps parce qu’il y a encore une main-mise énorme religieuse dans tous les rouages de pouvoir.

    Mais ça finira par arriver. Les dévoilements criminels (pédophiles mais pas que) ont démarré début des années 2000 et continueront en parallèle avec le vol et la vente des bébés sous le franquisme et après, opération politique criminelle de terreur où l’Eglise et l’Opus Dei ont été très impliquées. Mais ça passera par une progressive rébellion des espagnols contre l’OD et le système que l’organisation dérivante sectaire impose. La muselière opusienne trouve ses limites de plus en plus. Je lisais tout à l’heure quelques messages de jeunes anarchistes espagnols qui n’hésitent pas à rentrer dans le lard de l’OD. Ca fait plaisir ! Si on pouvait trouver l’équivalent ailleurs…

  • Françoise 19 novembre 2018 13:10

    Bonjour Ana

    Merci pour ces précisions. Concernant la pédophilie cléricale en Espagne, elle avait déjà été évoquée il y a une quinzaine d’années. J’ai retrouvé cet article français du journal l’Express, daté de 2004. Si ça peut vous servir pour votre blog :

    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/l-eglise-espagnole-face-a-ses-pedophiles_489804.html

    L’affaire de 2016 en lien avec l’OD, article du Monde :

    https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/02/16/affaire-des-pretres-pedophiles-en-espagne-onze-inculpes-echappent-aux-poursuites_4577561_3214.html

    Autre affaire de prêtres pédophiles espagnols sur la presse suisse :

    https://www.tdg.ch/monde/europe/Onze-pretres-presumes-pedophiles-sont-epargnes/story/17662587

    Donc il y a eu déjà des affaires de scandales pédophiles en Espagne, mais plus étouffées peut-être qu’ailleurs. Il faut sans doute voir une omerta beaucoup plus grande en raison du contrôle encore immense de l’Eglise sur l’ensemble des pouvoirs espagnols et leur alliance concrète avec l’OD laïque pour disposer de relais et d’appuis dans tous les rouages économiques et politiques, sociaux, éducatifs espagnols. Personne n’ose peut-être en parler, en dehors de vous et quelques courageux, mais c’est un secret de polichinelle. Qui finira par tomber. Même si les espagnols ont sans doute encore peur des prélats, de l’OD, des conséquences s’ils révèlent abus sexuels, viols, maltraitances diverses, il y aura comme dans chaque pays catholique, une espèce de mise à jour brutale comme ça s’est déjà passé en Irlande ou comme c’est en train de se produire en Pologne. Je remarque que quasiment tous les pays qui se sont définis comme les plus rigoristes au plan pratique religieuse et implication politico-économique des intérêts et idéologies religieuses, finissent par révéler des abus et des crimes en cascades lorsque le verrou saute (généralement plus brutalement que dans d’autres pays). Vous avez déjà l’affaire des bébés volés qui est sortie en 2011 à peu près, et où l’Eglise d’Espagne a joué avec l’OD et le pouvoir franquiste, un rôle majeur…vous aurez aussi les scandales pédophiles.

    Je constate que le quotidien El Pais a noté ceci dernièrement à ce sujet :

    https://elpais.com/elpais/2018/10/15/inenglish/1539606784_753230.html

    Un bon début, même s’il faudrait gratter davantage pour montrer comme vous le faites déjà très bien, les petits arrangements et dénonciations et bagarres entre factions religieuses ou rivales dans le même clan ou ennemies…

    Sur l’affaire dont vous parlez, il n’y a rien qui a filtré ici en France. J’ai l’impression que depuis qu’Ocariz a fait transférer les ossements d’Alvaro del Portillo et de Balaguer à Longpont sur Orge chez les Assomptionnistes propriétaires de La Croix, c’est motus et bouche cousue sur le sujet Espagne et pédophilie cléricale. Et tant que Barbarin sera à chapeauter l’épiscopat, sachant ses liens plus qu’amicaux (parentaux) avec l’OD, m’étonnerait beaucoup qu’il accepte que la presse catho parle de tout ça. En dehors de la presse catho indépendante, la plupart des titres iront dans le sens souhaité par le Vatican et le chef de l’épiscopat et ses amis opusiens.

  • Sébastien 18 novembre 2018 17:54

    @Ana : merci pour ces informations. Si je comprends bien, avec mes notions rudimentaires d’espagnol, ce prêtre OD a finalement été condamné à 11 ans. C’est définitif ou bien il va en appel ? En tout cas, c’est suffisamment rare en Espagne pour le souligner. Il y a bien eu récemment une histoire dans un petit séminaire en Castille-Léon mais je ne sais pas où ça en est.

    Quant à l’implication de l’institution, c’est toujours la même chose, ce n’est pas propre à l’OD ou à l’Espagne, je pense. Il est extrêmement difficile de mettre en cause l’institution, qui parle alors de cas isolé et de pomme pourrie. De plus, il ne me semble pas que l’obligation de dénoncer existe dans la code pénal espagnol. Il serait par contre peut-être possible d’attaquer le directeur de l’école pour « mise en danger » ou « non-assistance à personne en danger » s’il est démontré/démontrable qu’il savait et n’a rien fait.

  • Ana Azanza 18 novembre 2018 14:39

    Concernant l’Opus Dei dont il est question aussi dans cette pétition : jeudi 15 novembre, un numéraire de l’Opus Dei qui a été prof dans l’école Gaztelueta à Bilbao, une des premières écoles opusiennes espagnoles, a été condamné à 11 ans de prison par un delit d’abus sexuel sur un de ses élèves, aujourd’hui dans la vingtaine. Les faits ont eu lieu dans l’année scolaire 2008-09. En 2014 la famille a écrit au Pape Francisco. Celui ci a fait envoyer visiter cette famille un émissaire de la part des evêques espagnol. Il se trouve que cet émissaire Don Silverio Nieto Nuñez appartient aussi à OD, confesseur du pieux ministre de l’Interieur opusien Jorge Fernández Díaz. Le père de la victime Juan Cuatrecasas s’est plaint du fait que ce prêtre voulait étendre le feu et qu’il n’y ait pas de vagues.

    https://www.elperiodico.com/es/sociedad/20181017/otro-cura-de-la-oficina-antiabusos-echo-tierra-sobre-un-caso-vasco-7094902

    Ce prêtre est une vocation tardive, qui a été policier et juge et qui est devenu prêtre dans l’entourage opusien. Aujourd’hui il fait partie des services juridiques des Evêques espagnols et aussi de la commission chargée des abus sexuels. Cuatrecasas pense que c’est honteux que cette personne fasse partie de cette commission.

    Du coup l’investigation canonique s’est fermée manque de preuves.

    Le procureur a demandé 3 ans de prison pour avoir abusé d’un élève et d’après le nouveau code pénal espagnol a demandé 20 mois de prison, de cette façon l’accusé ne rentrerait pas en prison car la peine est inferieur à 2 ans. L’avocat de la victime demandait 10 ans de prison et la défense demandait l’acquittement.

    Ce cas est vraiment étrange car en Espagne il n’y a pas eu de gros scandale pédophile cléricale comme aux EEUU, en Allemagne ou en Irlande. Tout en étant un pays où l’église catholique a une partie importante de l’éducation dans ses mains sous la Dictature de Franco et aujourd’hui, nous nous demandons quel est le motif, pourquoi il y a eu peu de plaintes concernant la pédophilie éclessiale, dont on sait qui est un problème systémique de l’église catholique.

    En plus, l’école opusienne n’a aucune responsabilité d’après les juges qui signent l’arrêt, http://www.opuslibros.org/PDF/Sentencia%2079-2018.pdf

    alors que le directeur monsieur Goyarrola et même des parents d’élèves ont toujours appuyé la personne accussée et aujoud’hui condamnée dans les JT basques et dans d’autres émissions de l’ETB, la chaîne publique basque.

    https://www.deia.eus/2018/11/15/bizkaia/condenado-a-once-anos-de-prision-el-exprofesor-de-gaztelueta-por-abusar-de-un-alumno

    Il n’est pas exclu que le père de la victime appartienne aussi à l’OD comme quoi toute l’affaire serait un opus contre opus. Surréaliste mais possible, car comme on peut voir l’OD c’est l’atmosphère dans laquelle nous vivons en Espagne, partout présente mais dont on ne parle que très peu.

    Nous sommes assez certains de la présence opusienne et de leur capacitcé lobbyste chez les juges et procureurs espagnols.

    L’historique de l’affaire, archive du Procureur en 2013, archive du procès canonique en 2015, pour arriver aujourd’hui à cet arrêt, promet encore de nouvelles surprises

    http://www.opuslibros.org/nuevaweb/modules.php?name=News&file=article&sid=25539

    Il y a du fil à retordre dans cette affaire…. Ana Azanza

  • Véronique Lauliac 12 novembre 2018 20:17

    J’ai vécu 14 ans dans la communauté des « Moniales de Bethléem, de St Bruno et de l’Assomption de la Vierge ». Au bout de 7 ans, j’ai manifesté mon désir de quitter la communauté car j’avais des doutes sur ma vocation. Les responsables de la communauté n’ont rien fait pour m’aider à discerner quel était mon chemin. J’avais demandé à pouvoir consulter un père jésuite, cela m’a été refusé. Après ma sortie, j’ai perdu la foi. Ce que vivait cette communauté était un puissant et violent contre témoignage qui m’a éloignée de l’église.