Une reconnaissance tardive de faits graves (Livre noir sur la Communauté Saint Jean)

Samedi 25 juillet 2020

Après avoir exposé les dérives observées dans les différentes branches de la communauté Saint Jean, les auteurs du Livre Noir s’intéressent maintenant aux graves manquements de l’Eglise dans la gestion de ce grave dossier.

1.6.1 Les avertissements de l’église sont couverts par l’omerta

La reconnaissance des dérives de la Communauté Saint-Jean par la hiérarchie ecclésiale n’a été que trop tardive. On sait aujourd’hui que Mgr Séguy, évêque d’Autun et donc « ordinaire » de la communauté des frères, a reçu dès 1996 le témoignage détaillé d’une sœur qui incriminait le fondateur et plusieurs frères, pour des agissements hautement abusifs sur une longue durée. A la même époque également, Mgr Séguy balayait d’un revers de main les plaintes que lui faisaient parvenir des parents inquiets, et bientôt regroupés au sein de l’AVREF. Ainsi, au père d’une sœur apostolique de Saint-Jean, il répondait en 1997 : « J’ai bien reçu vos multiples courriers concernant ce que vous estimez être l’indifférence de votre fille par rapport à sa famille. Je ne vais tout de même pas passer mon temps à répondre à votre matraquage épistolaire concernant une affaire qui ne me regarde que très indirectement »

Il a fallu attendre l’année 2000 pour que Mgr Séguy réagisse enfin, bien que de manière encore toute officieuse.

Mgr Raymond Seguy
Mgr Raymond Seguy

En effet, le 28 juin 2000, il adressait aux frères une « monition canonique et pastorale ». Dans ce blâme, l’évêque reconnaissait avoir eu connaissance d’une trentaine de « cas lourds », et il listait de nombreux lieux de dérives :

J’observe depuis quelque temps, et plusieurs d’entre vous me le confirment ainsi que certains évêques, des signes graves d’un certain essoufflement, désarroi, fatigues physiques ou morales, épuisements, conduites non conformes à la vie chrétienne ou religieuse, demandes de dispenses de vie commune, d’ex-claustrations, de sortie, de retour à l’état laïc, voire de nullités de professions ou d’ordinations pour contrainte morale, etc., bref après cette période exaltante arrive un passage plus difficile. Cela nécessite, de votre part à tous, réflexion, large bilan, reprise en vue d’un nouvel élan à partir des solides fondations posées.

Le religieux ne fait pas à sa congrégation le même type de remise inconditionnelle de lui-même que celle qu’il fait à Dieu. Pouvez-vous éviter, à l’avenir, toute accusation de confusion à cet égard ? Des discours ou attitudes d’obéissance aveugle et absolue à l’autorité comme si c’était au Seigneur lui-même (« le Seigneur lui-même le demande », « c’est le père qui le dit et qui le demande » etc.) peuvent être extrêmement dangereux de nos jours pour l’authentique sens de l’obéissance religieuse.

La liberté de conscience. Pour protéger celle-ci, l’Église distingue normalement le for interne de la confession, du for externe du gouvernement religieux (CDC 630) Je vous conseille une prudence vigilante en ce domaine. Peut-on considérer que les membres de l’institut se confessent spontanément à leurs supérieurs, quand l’usage de l’institut incite fortement à se confesser en son sein et quand, par ailleurs, un petit couvent n’a pas d’autres prêtres que son supérieur ou qu’un couvent de formation n’a pas suffisamment de prêtres formateurs, à cause des abus qui vous ont été reprochés. À cet égard, je déconseille vivement aux supérieurs d’entendre les confessions de leurs frères et je les invite, d’autre part, à ce que, pour les petits couvents, le supérieur se soucie de solliciter des confesseurs extérieurs, voire le passage régulier d’un confesseur extraordinaire.

Droit à recevoir une formation religieuse adéquate, telle qu’elle est prévue par les dispositions de l’Église et les constitutions de l’institut. Beaucoup de frères se sont plaints d’avoir eu une formation décousue et souvent incomplète, surtout en théologie, faute aux impératifs en vue des multiples fondations, faute de volonté, faute de temps, faute de trop grandes occupations annexes.

Pouvez-vous dans votre gouvernement, éviter que des frères soient poussés jusqu’au bout de leurs forces humaines par des conditions de vie religieuse irréalistes ?

Ne cédez pas à la tentation de « fuite en avant ». Ne vous laissez pas égarer par la possible illusion que votre institut, « fondé au dernier temps de l’Église pour préparer l’avènement glorieux du christ, aurait une grâce plus parfaite que les autres et une mission eschatologique qui le dispenserait de fait de s’embarrasser du droit commun ».

Que des prêtres, voire des supérieurs, soient déplacés avec une fréquence telle que leur vie religieuse et celle des couvents s’en trouve gravement compromise de même que peut l’être la mission pastorale reçue des évêques. Beaucoup d’évêques et de chrétiens se plaignent de cette instabilité. Celle-ci ne peut que favoriser chez les membres qui la subissent un dilettantisme apostolique, voire constituer pour certains un alibi favorisant parfois une vie religieuse relâchée et non contrôlée.

Veillez au temps nécessaire et indispensable pour qu’une personnalité et une vocation puissent s’affermir. Dans quelques cas, n’allez-vous pas trop vite ? Conversion au Christ… rencontre de St Jean… candidature… admission au postulat… noviciat… prise d’habit… vœux temporaires et définitifs… ordres sacrés… toutes ces perles enfilées à vive allure, c’est beau, ça peut être bon mais il arrive que ça manque un peu de cuisson et de sagesse.

Veillez au respect et à la culture de la liberté des enfants de Dieu dans ces cheminements. Je me permets de mettre très sérieusement en garde contre toute forme de pression ou de contrainte psychologique, affective ou « spirituelle », qui pourrait vous être reprochée par la suite. Autre est la soumission d’obéissance dans la foi, autre la soumission psychologique derrière quelqu’un qui fascine.

Pauvreté. Vous disposez de beaucoup d’argent. Quelle utilisation en faites-vous ? Quels conseils prenez-vous auprès de gens compétents et ayant un authentique sens de l’Église ? Quelles références à l’autorité supérieure lorsqu’il s’agit de dépenses importantes ? Quel discernement pour l’utilisation des facilités modernes : Voitures, avions, téléphones, portables, e- mails, Internet. Quel respect de l’argent ainsi dépensé ? Versez-vous les deniers de l’Église diocésaine et de Saint-Pierre ?

Chasteté. Qu’est-ce qui est utile, bénéfique ou néfaste dans les relations d’un religieux avec les Sœurs et les femmes ? Quel respect, quelle discrétion vis-à-vis des prieurés de Sœurs ou des « familles amies » ou des personnes qui font appel à votre ministère ? Quelle attitude face aux mondanités envahissantes ? Quelle détente ? Quelle place à l’ascèse ? Méfiez-vous de certaines théories mystico-gélatineuses sur « l’amour d’amitié ». Ce domaine délicat et soumis aujourd’hui à de nouvelles fragilités, mérite une vigilance et une compétence soutenue de la part des formateurs et des conseillers spirituels.

L’apostolat. Demandez-vous si les œuvres de St Jean sont bien de L’Église Catholique, si l’apostolat des frères de St Jean est bien en prise avec les églises locales qui vous confient une mission, consultez à ce sujet vos évêques.

Il est à noter que ce document d’une exceptionnelle gravité ne devait être porté à la connaissance que des frères engagés définitivement dans la communauté. Les postulants, novices et profès temporaires n’en seront pas informés. Les remontrances de Mgr Séguy ont été couvertes par l’omerta habituelle, tandis que les victimes ou leurs proches se heurtaient encore à une porte fermée.

Ainsi, en mars 2001, Mgr Séguy répondait au père d’une sœur mariale :

Vous avez le toupet de me harceler à propos des dérives de la congrégation Saint-Jean, en produisant les amalgames coutumiers aux journalistes qui racontent un peu n’importe quoi et dont vous louez la perspicacité. De ces amalgames honteux, il vous faudra rendre compte au moment de la justice et de la vérité.

Cette reconnaissance en catimini des dérives à Saint-Jean va néanmoins aboutir en 2001 à la mise à l’écart de Marie-Dominique Philippe du gouvernement de la communauté (déjà suggérée par le Vatican en 1996), avec l’élection d’un successeur au poste de Prieur Général.

En 2002, lorsque le chapitre général décide d’ériger le père M-D Philippe en « Maître des trois sagesses et source vitale dans la formation des frères », une douzaine de frères, dont plusieurs enseignants de Rimont (notamment le renommé père Jean-Miguel Garrigues) dénoncent un système exclusif de pensée, et claquent les portes pour rejoindre l’ordre dominicain. Plusieurs sœurs apostoliques leur emboiteront le pas.

En 2003, l’église restreint le ministère d’enseignement du père Philippe, en prétextant son âge avancé et le besoin de renouveler le corps professoral. Plus exactement, les cours du père fondateur ne sont plus officiellement crédités à la formation des frères futurs prêtres. D’autre part, Rome nomme des « assistants religieux » (Mgr Madec et Mgr Poulain) pour accompagner la communauté.

En 2004 commence à circuler, sur internet, auprès des aumôneries catholiques et dans la presse, un document anonyme qui se présente comme une « mise en garde contre la Communauté Saint-Jean ». On lit en introduction de ce document (cf. Annexe) :

Ce n’est pas tant le souci de l’image de l’église abîmée par la communauté Saint-Jean qui nous pousse à sortir de notre silence, mais le spectacle odieux de nombreux jeunes laminés dans leur humanité, dans leur psychologie, et parfois dans leur corps, après qu’ils s’y soient engagés.

Malgré tout cela, les dérives johanniques ont continué à faire des victimes, tandis que continuaient aussi à résonner les louanges ecclésiales.

26 août 2006, le père M-D Philippe décède à Saint-Jodard à la veille de ses 94 ans. Le pape Benoit XVI envoie un message de condoléances, en forme d’hommage à

Celui qui, durant de longues années, guida et forma de nombreuses personnes à l’école du Christ, dans l’esprit du "disciple bien-aimé", les enracinant dans un amour profond de l’Église et dans la fidélité au successeur de Pierre. Sa Sainteté rend grâce pour la vie du Père Marie- Dominique, entièrement donnée au Seigneur et à ses frères, enracinée dans la méditation de la Parole de Dieu, dans la recherche et dans la contemplation passionnée de la vérité ».

Ces propos sont en parfaite harmonie avec ceux du Cardinal Barbarin le jour des obsèques, lorsqu’il fait sien le regard porté par Marthe Robin sur le père Philippe :

C’est un homme qui vit profondément l’Évangile .

Il faudra attendre 2013 pour entendre un autre son de cloche : la Communauté commence alors à lever le voile sur le côté sombre de son histoire, à travers un exercice de communication quand même très maitrisé.

1.6.2 Avril 2013, première mention sur des dérives du fondateur

Le Chapitre Général des Frères de Saint-Jean qui s’est tenu du 9 au 29 avril 2013, a reconnu les faits suivants :

Le Chapitre Général a appris l’existence de quelques témoignages convergents et jugés crédibles par ceux qui y ont eu accès (des autorités d’Église et de notre Congrégation), faisant état chez notre fondateur de gestes contraires à la chasteté, posés à l’égard de femmes adultes qu’il accompagnait. Le Chapitre a reçu avec gravité cette annonce.

Notre commentaire : Le père Thomas Joachim, prieur général, a indiqué que les premiers témoignages ne lui étaient parvenus qu’en 2010, et à son prédécesseur fin 2009. Quand bien même on se fierait à ces dates, on ne peut que regretter la lenteur avec laquelle la communauté a décidé de communiquer sur ces abus, ainsi que l’euphémisme employé qui ne rend absolument pas compte de la gravité des abus.

Mais il y a plus que les turpitudes du fondateur. La Communauté commence à avouer un phénomène de contamination. Le Chapitre Général consacre le chapitre III de ses conclusions à : « des comportements désordonnés parmi nous » :

Des manquements à la chasteté avec des justifications doctrinales ont malheureusement concerné des frères. De tels manquements ont eu lieu entre des frères et des personnes adultes, notamment des personnes qu’ils accompagnaient ; et, dans le passé, entre des frères ayant autorité de formation et de jeunes frères.

Notre commentaire : Le Chapitre prend bien soin à chaque fois d’insister sur le fait que ces abus concernaient des personnes adultes. Il omet donc toutes les affaires concernant des mineurs. Il dédouane aussi le processus d’emprise développé sur des jeunes filles pour aboutir à des abus sexuels à l’aube de leurs 18 ans. On reviendra sur ce dernier point dans un témoignage publié infra en seconde partie.

La communauté est depuis très longtemps au courant des abus commis par des frères, et notamment par des formateurs, sur des jeunes frères et sœurs. Il faudra bien un jour que les autorités de la Communauté rendent des comptes pour l’impunité laissée à ces prédateurs.

Nous souhaitons reconnaître avec lucidité ces faits, les dénoncer fermement comme inacceptables, d’autant plus qu’ils sont contraires à ce que l’on peut attendre d’un consacré.

Notre commentaire : La dénonciation reste verbale et tient lieu en fait de couverture si elle n’est pas effectuée auprès des autorités civiles et de gendarmerie. D’une manière générale, comment la communauté compte-telle coopérer avec les autorités civiles dans la gestion des dossiers d’abus ?

Conscients des conséquences graves de ces actes dans la vie des personnes, nous souhaitons exprimer notre sollicitude à l’égard de ceux qui ont pu en être atteints. Déjà des sanctions ont été prises, et des pardons ont été demandés. La demande de pardon et l’accompagnement des personnes blessées constituent pour nous une priorité. Notre sollicitude va aussi à l’égard de ceux qui pourront être éprouvés en apprenant ces nouvelles.

Notre commentaire : Combien de personnes blessées ont-elles été accompagnées ? De quelle façon ? Les demandes de pardon ne sauraient se substituer à une coopération avec la justice, à une aide psychologique et à une réparation financière.

Les Chapitres généraux de 2019, « Refondation » de la Communauté »

Le Chapitre général de mai 2019 a nommé François Xavier Cazali comme nouveau prieur général, dans un contexte de révélations médiatiques18 qui jetaient un coup de projecteur sur les déviances du fondateur, le Père Marie-Dominique Philippe, et d’autres frères.

En octobre 2019, alors que se déroulait la deuxième session de ce chapitre général, frère François- Xavier a entrainé la communauté dans une nouvelle étape marquée par un positionnement nettement critique vis-à-vis du fondateur :

Si le charisme est une vie selon l’Esprit Saint, le P. M.-D. Philippe, en raison des graves abus qu’il a commis, ne peut pas être un modèle de cette vie. En conséquence, les Frères ne se réfèrent plus à lui comme à une norme pour actualiser leur charisme aujourd’hui.

Les Frères veulent aujourd’hui opérer à son égard un décentrement et condamnent sans ambiguïté ses agissements abusifs (abus de conscience, de pouvoir et sexuels), ainsi que les dysfonctionnements engendrés.

Parmi les « principales conséquences concrètes » de ce positionnement, les frères indiquent :

Nous ne voulons plus faire du père Marie Dominique Philippe le référent de notre formation. Nous ne voulons plus le considérer comme maître de vie spirituelle L’étude de ses écrits sera faite avec liberté, sens critique et ouverture d’esprit. (…). La Règle de Vie et notre droit propre (Constitutions et Directoire) seront révisés. A l’intérieur de nos prieurés, les photographies du P. M.-D. Philippe seront retirées des endroits publics, ainsi que des lieux communs en clôture. De même, pour le moment, ses livres ne seront plus mis en vente dans nos couvents, et ses enseignements audios ne seront plus diffusés à l’extérieur, en attendant qu’un discernement soit fait.

Dans une interview au journal La Croix19, frère François-Xavier précisait :

Nous avons connaissance de l’enseignement extérieur, la doctrine publique, du père Marie Dominique Philippe. Mais à travers les témoignages des victimes, nous avons découvert un deuxième niveau de discours choquant dont nous n’avions pas idée, qu’il distillait dans le cadre de la direction spirituelle et qui a paralysé la conscience et autorisé une autojustification des abuseurs. Ils se sont crus au-dessus de la morale commune. C’est quand on découvre les témoignages des abus et ce qu’ils révèlent de doctrine cachée du père Philippe qu’on voit apparaître les défauts de sa doctrine publique.

La communauté a par ailleurs révélé le fait que le père Marie-Dominique Philippe avait été sanctionné par le Vatican dès 1957 pour avoir couvert les abus sexuels commis par son frère, le père Thomas Philippe, fondateur de l’Eau Vive :

Nous avons appris qu’en 1957, le Saint-Siège a infligé des sanctions au P. M.-D. Philippe : interdiction de confesser, de diriger spirituellement des religieuses, de séjourner et de prêcher dans des monastères et d’enseigner la spiritualité. Ces sanctions ont duré deux ans. Le P. M.- D. Philippe avait été jugé gravement complice des agissements de son frère. Le P. Thomas Philippe avait été condamné en 1956 par le Saint-Office à ne plus avoir aucun ministère sacerdotal, car il avait entraîné des femmes vers des moments d’intimité sexuelle par des justifications mystiques et théologiques, allant parfois jusqu’à fausser leur conscience.

Les Frères ont indiqué leur désir de poursuivre un travail sur la recherche des causes :

Au vu de ces révélations, le Chapitre général demande au Prieur général de constituer une commission interdisciplinaire. Cette commission aura pour mission d’établir précisément le lien entre ces faits anciens et les abus sexuels commis par le fondateur de la Famille Saint- Jean et par certains de ses membres. Ce travail historique, théologique et psychologique, qui devra impliquer des experts, semble être une condition nécessaire pour que soit mis un terme à une dérive d’au moins 70 ans, qui outre les souffrances indicibles et les graves scandales qu’elle a provoqués, a aussi causé un obscurcissement de la foi chez nombre de victimes, trahies par des représentants du Christ.

En mars 2015 la « Commission SOS Abus » a été mise en place dans le cadre de nouvelles procédures internes. Elle est composée de frères, d’un psychologue et d’un avocat. Elle peut être saisie directement par chacun, membre de la communauté ou pas, sans passer par le prieur général. Le Rapport d’activité 2019 est disponible sur le site de L’AVREF.

En ce qui concerne l’accompagnement des victimes, mis en œuvre depuis quelques années par la commission, les frères admettent des manquements :

Nous regrettons aujourd’hui – à la lumière d’une prise de conscience progressive depuis 2013 – que certaines personnes, victimes ou témoins, frères ou sœurs, n’aient pas été écoutés et accueillis alors qu’ils confiaient leur crainte, blessure ou scandale.

Ils soulignent aussi « le devoir de prière et de réparation pour les victimes ».

L’AVREF prend acte de cette étape de refondation. L’accumulation des témoignages la rendait sans doute inéluctable, mais nous saluons la quête de vérité entreprise par le nouveau prieur général et son conseil. Nous mesurons le chemin accompli, sans doute aidé par le renouvellement des autorités de la communauté : comment imaginer possible une réforme par ceux-même qui ont participé aux dérives, à la préservation des abuseurs, et ont été les premiers participants du mode pervers à réformer ?