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En réponse au message :

Yves Hamant : « Je ne crois pas que les choses aient beaucoup changé »

Le mardi 7 juin 2016

Bonsoir Monsieur,

je vous remercie de votre réponse. Je vous invite à lire mon Mémoire de fin d’études de philosophie que j’ai soutenu à l’Université Catholique de Lyon, en 2014. Vous pouvez aussi lire les questions / réponses (FAQ) de ce site, qui vous expliqueront le sens de notre démarche.

Rapidement :

1) Vous fondez votre argumentation sur des procès d’intention : Qui vous permet de penser que nous sommes des gens aigris et que nous généralisons nos problématiques en transposant notre expérience personnelle sur d’autres cas, et que c’est la raison pour laquelle nous avons fondé ce site ? Qui êtes vous pour affirmer cela ? Le devoir de conscience, vous connaissez ? Le baptême nous configure pourtant au Christ, et partant à sa mission prophétique, qui est loin d’être une partie de plaisir. Chaque fois que des personnes nous font connaitre un nouveau cas, un nouvelle plainte, nous étudions en détail le dossier, nous en discutons, nous recueillons des témoignages concordants, jusqu’à avoir un dossier suffisamment solide pour pouvoir le publier. (D’ailleurs, ce site n’est que la partie émergée de l’iceberg !) Croyez-vous vraiment qu’on prendrait le risque de publier quoi que ce soit sur la toile, sachant toutes les représailles judiciaires que nous encourons, si nous n’avions pas des dossiers extrêmement solides ?

2) Vous dites : « Communautés Nouvelles ? communautés controversées ? Contrairement à vous, je m’en tiendrai avec fierté au nom que leur donne l’Eglise, et donc à la première proposition. »

Cette affirmation est intéressante. Vous associez vous-même les « communautés nouvelles » aux communautés que nous nous dénonçons. En ce qui me concerne, ce n’est absolument pas le cas : si les communautés dont nous dénonçons certaines pratiques font partie des communautés dites « nouvelles », c’est simplement parce que les communautés auxquelles nous sommes le plus confronté actuellement sont plutôt de jeunes communautés. Mais nous savons qu’il y a eu, au cours de l’histoire, de nombreux cas de communautés perverties. Et nous savons qu’il y a aussi des communautés nouvelles qui n’ont absolument pas de dérives sectaires, grâce à Dieu.

3) Vous dites que plein de personnes, dont vous même, avez retrouvé le goût de la vie grâce à ces « communautés nouvelles » et qu’il faut donc qu’on apprenne à être miséricordieux à leur égard.

Je trouve cet argument extrêmement égoïste : manière de dire : « Moi, ça me plait, donc si cela vous fait souffrir, tant pis, taisez vous ». C’est l’argument de l’omelette : « on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs ». (Désolé pour vous, les œufs cassés ! Pas chance !) Et c’est d’ailleurs ce qu’on a à peu près dit, ou laisser entendre aux victimes du père Maciel : « Vous avez été violé, trompé, abusé, volé, manipulé, escroqué… mais c’était mystérieusement la volonté de Dieu. ».

Alors, enfin quoi, soyez une bonne victimes : Taisez-vous !

En ce qui me concerne, j’ai eu aussi un cheminement de foi grâce aux « communautés nouvelles ». Mais cela a déclenché curieusement l’effet inverse chez moi : ma foi en Jésus-Christ m’oblige justement à me battre et à dénoncer sans ambages les « loups déguisés en agneaux ».

Je suis très heureux d’apprendre que vous avez retrouvé le goût de la vie grâce à une communauté nouvelle, mais ne réduisez pas tout à votre propre expérience personnelle. Les communautés que nous dénonçons ont fait beaucoup de dégâts. Il y a eu des vies détruites, des suicides, des personnes qui n’ont jamais réussi ensuite à reconstruire leur vie…

4) Concernant le cas de la personne que vous accusez d’avoir eu des activités contraires à la vie consacrée : Je ne sais pas quel est le cas en question, ni la gravité des actes. Je vous serais reconnaissant de m’envoyer des éléments plus circonstanciés de manière privée, afin que nous puissions en parler avec notre collectif.

Cependant, je tiens à préciser d’emblée que si ces « actes » sont d’ordre sexuel (comme par exemple une relation homosexuelle au sein de la communauté), je ne vois pas pourquoi le fait que cette personne ait eu des difficulté à vivre la chasteté la priverait pour autant de tout droit… en particulier celui de dénoncer les dysfonctionnements qui l’ont fragilisé ? Un raisonnement consistant à dire « untel n’a pas su supporter la chasteté, donc donc son témoignage n’est pas recevable », me semble bien faible. Les communautés controversées ont souvent tendance à fragiliser les gens dans leur équilibre psycho-affectif. Le témoignage de ces personnes est donc souvent au contraire très précieux.

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