L’ostracisme légionnaire ou l’élimination des dissidents : l’affaire Juan Pedro Oriol

Vendredi 17 juin 2011 — Dernier ajout mercredi 20 novembre 2019

Le père Juan Pedro Oriol était une figure extrêmement importante, et quasi emblématique de la Légion au Mexique. Un homme charismatique, chaleureux, à l’enthousiasme contagieux… si bien qu’il était même devenu, au Mexique, la fétiche d’un certain nombre de médias (journaux et télévision). On ne compte pas le nombre de jeunes qui sont entrés dans la Légion du Christ par son intermédiaire. L’annonce de sa sortie est donc un traumatisme retentissant. Et peut-être un signal qu’il serait intéressant d’analyser et de comprendre, plutôt que d’essayer d’étouffer par tous les moyens et d’expliquer par quelques arguments maladroits.

Je publie donc aujourd’hui deux documents :

  • La lettre du père Juan Pedro adressée au père Alvaro, afin de lui demander l’exclaustration, en expliquant les raisons de sa décision.
  • Une autre lettre adressée au père Alvaro, où le père Juan Pedro Oriol dénonce l’ostracisme et les méthodes de contrôle de la pensée utilisée encore aujourd’hui dans la congrégation.

Il faut, en lisant ces deux documents, prendre en compte le fait que le père Juan Pedro Oriol n’est qu’au tout début d’un long cheminement de désintoxication. Son langage reflète une tristesse sans fond, un certain nombre de phobies et d’inhibitions, et les signes d’une emprise encore prégnante… Ce sont des contradictions assez habituelles que l’on retrouve chez la plupart de ceux qui quittent : d’un côté, on ose enfin affirmer quelques critiques, de l’autre, on demande pardon de s’excuser. D’un côté, on ouvre les yeux sur l’immoralité de certaines méthodes, de l’autre, on regrette le temps d’avant, quand on ne savait pas et que tout était merveilleux dans le meilleur des mondes. D’un côté, on arrive enfin à s’extraire, non sans souffrance, de la Matrix, de l’autre, on aimerait y revenir. Etc.

Merci pour votre témoignage, mon père, qui manifeste la réaction saine et naturelle de la conscience devant un système totalitaire et répressif qui est aux antipodes des fondements de la charité évangélique. Bonne route ! Vous êtes dans nos prières !

Lettre de demande d’exclaustration du père Juan Pedro Oriol

Que ton Règne vienne !

28 mai 2011

Père Alvaro Corcuera, LC Directeur Général de la Légion du Christ

Très cher père Alvaro,

Je vous écris une lettre que j’aurais aimé ne jamais avoir à vous écrire… Mais je ne peux plus continuer à attendre. Je sais que Jésus se trouve à ma porte et qu’il appelle (Act 3, 20).

Je vous écris sans presque réussir à croire ce que je vous demande et ce que je vois que Dieu me demande. Et je désire vous informer, à vous en premier lieu et avant quiconque, qui êtes le Directeur Général de la Légion, que j’ai décidé de m’exclaustrer et de quitter ce qui a été ma congrégation, que j’ai tellement aimé depuis l’âge de 17 ans.

Je ne tiens pas à raconter ce que le fait d’en arriver là m’a coûté et me coûte encore, les larmes versées devant le tabernacle et dans la solitude, les moments intimes au cours desquels je me suis jeté aux pieds de Jésus sur la croix et dans les bras de Marie, leur demandant de m’accorder suffisamment de lumière pour les aimer avec fidélité, pour ne pas leur déplaire par ma décision et pour accomplir la Volonté du Père.

Je suis arrivé à cette décision, après avoir parcouru un cheminement intérieur très personnel. Je sais également que ce n’est pas un choix facile ou agréable, et je demande à Notre Seigneur de m’aider à rester disposé à faire ce qu’il me demandera, et de me garder à son service.

Voilà que deux années et neuf mois se sont écoulés depuis que j’ai commencé ce cheminement spirituel inattendu. Vers la fin du mois d’août 2008, vous m’avez informé, avec une grande charité et d’une façon personnelle, que certaines accusations sur la vie du père Maciel étaient avérées et que, en plus, il avait eu une fille avec une maîtresse.

Ma première réaction a été de la surprise et de la déception, et, en même temps, j’ai continué à défendre la Légion et ma propre vocation avec acharnement. Vous souvenez-vous de nos échanges au cours des mois qui ont suivi ? Je les conserve chaleureusement, et je les relis même de temps en temps.

Vous nous avez donné l’autorisation de nous rendre en Terre Sainte avec ma famille. Je m’y suis donc rendu avec huit de mes neufs frères et soeurs, étant donné que ma soeur Piedy ne pouvait pas se joindre à nous. Un jour, alors que nous étions à Jérusalem, nous avons parlé avec vous au téléphone, et je me souviens encore de notre joie d’avoir la grâce de pouvoir communiquer avec notre Directeur Général…

Après la Terre Sainte, et au cours des mois qui ont suivi, j’ai essayé de vous soutenir, ainsi que les autres supérieurs, autant que j’ai pu. Je suis resté fidèle à la prière et à mon travail apostolique, sans relâcher mes efforts. Vous en êtes témoin, père Alvaro.

Lorsque la nouvelle a été rendue publique au début du mois de février 2009, j’ai été surpris et blessé de découvrir que l’on ne disait pas la vérité aux religieux, et qu’on exerçait un contrôle sur les informations.

J’ai écrit un article pour le journal MURAL, dans lequel j’ai demandé pardon pour avoir étouffer, de si nombreuses fois, les voix de ceux qui avaient dénoncé le père Maciel. Un article que vous m’avez personnellement autorisé à publier, la veille au soir, avec des mots qui me sont restés gravés dans la mémoire.

Au cours des derniers mois, j’ai pu maintenir une communication fréquente avec vous. Nous avons même eu deux fois l’occasion de nous rencontrer : une fois à Guadalajara, et une autre fois à Mexico.

J’ai continué mon apostolat parmi les jeunes, mais j’ai recommandé aux jeunes en discernement de ne pas entrer à la candidature, les invitant à faire plutôt l’expérience d’être collaborateurs du Regnum Christi, et cela a permit à quatre braves jeunes garçons d’entrer dans la congrégation. Trois d’entre eux sont d’ailleurs en train de faire leur noviciat.

L’annonce de la Visite Apostolique a fait renaître en moi l’espérance de voir les légionnaires accepter la vérité et toutes ses conséquences. Je rends grâce à Dieu pour la relation tellement proche et surnaturelle que j’ai eu avec Don Ricardo Watty, le Visiteur Apostolique pour le Mexique, et cela a été une grande grâce pour moi de le connaître. Cependant, j’ai été surpris par certains commentaires négatifs provenant de quelques supérieurs, à propos de ce dernier.

Le communiqué du Saint Siège du 1er mai 2010 a été une bénédiction pour de nombreux légionnaires. Et pour moi également. Pourtant, tous ne l’ont pas accueilli ainsi, et surtout certains supérieurs. En raison de cela, j’ai été surpris de voir que nous ne prenions pas le temps, entre nous, d’analyser ce communiqué, et qu’on ne nous ait pas encouragé à réfléchir sur son contenu, ni en communauté, ni de façon personnelle.

Deux mois plus tard est arrivée la nomination du Délégué Apostolique, et les décisions qu’il a prises par la suite afin de purifier la congrégation.

Je suis revenu en Espagne pour faire le Chemin de Compostelle, pour la deuxième année consécutive, et je vous remercie sincèrement de m’en avoir donné l’autorisation.

Des légionnaires exemplaires continuaient à quitter la Légion. C’est ainsi que le 7 octobre de l’année dernière, le père Santiago a pris la décision de quitter la Légion. Les faits qui l’ont conduit à son ex-claustration m’ont amené à intensifier ma prière… Il n’y a pas de mot, mon père. Il n’y a pas de mot.

Afin de ne pas trop m’étendre sur le récit de mon itinéraire personnel parcouru depuis que j’ai pris connaissance de la vérité sur la vie fausse et trompeuse de celui que je pensais être notre saint fondateur jusque là, je voudrais vous dire, cher père Alvaro, qu’au cours de cette période, la tristesse et la méfiance ont pénétré dans ma vie, de telle façon qu’il m’est devenu impossible de me réadapter à une vie religieuse que je ne parviens pas à identifier avec celle que j’ai choisi, librement et entièrement.

I) Je sais que l’Eglise est en train d’agir, mais je vois que la congrégation reste pratiquement indifférente dans cette étape consistant à chercher la « nouvelle structure afin de ne pas tomber dans le vide ». Je ne crois pas qu’on puisse trouver un moyen terme réel et juste parmi les positions existantes, et je ne trouve rien qui m’anime à participer à ce processus, bien que je comprends et j’apprécie le fait que d’autres s’investissent dans celui-ci.

II) Je ne vois pas – et c’est quelque chose de très important pour moi – comment on peut envisager une spiritualité qui viendrait intégralement du fondateur, comme on nous l’a toujours inculqué, alors que maintenant on nous dit qu’elle ne vient en fait pas de lui et que de toute façon elle est là. Ce n’est pas faute d’avoir essayé, mon père, depuis des mois. Je vous dis tout cela avec le cœur serré, et je ne peux m’empêcher de pleurer alors que j’écris ces quelques lignes… Mais le fait est que je n’y arrive pas.

III) Je n’identifie pas la Volonté de Dieu avec l’idée de passer les prochaines et meilleurs années de ma vie de prêtre, à essayer de sauver une congrégation qui, à cause de tant de faits et de situations, n’est tout simplement pas celle que j’avais choisi, bien qu’elle porte le même nom. La Légion que j’ai aimé n’existe plus. Ce n’est plus la congrégation que j’aimais, avec son saint fondateur, un modèle à suivre, le fidèle témoin d’un charisme reçu de Dieu. Comment un homme défini par Sa Sainteté le Pape comme « un faux prophète » et « une énigme dans l’Eglise » pourrait recevoir ou transmettre un quelconque charisme ? Je ne le vois pas, mon père, et pardonnez-moi, mais ce n’est pas parce que je ne peux pas le voir. Le charisme est un don que Dieu donne à une personne pour la partager à d’autres. Quel charisme le père Maciel a-t-il reçu ? L’Eglise nous dit à travers le communiqué que « le charisme doit être redéfini ». Et l’Eglise nous a également dit « qu’il faut reconstruire le futur personnel et celui de la Légion à partir de l’appel et de l’amour du Christ ». Mon futur personnel, je ne le vois pas coïncider avec celui d’une congrégation qui prétend se redéfinir en préservant des principes dont on connait aujourd’hui les mauvaises intentions.

Et la Légion d’aujourd’hui m’étouffe et me déçoit de plus en plus. Tout cela ne m’a pas seulement fait perdre ma force et mon entrain, mais également la joie et la paix de ma vocation. Cette Légion d’aujourd’hui, mon père, me laisse indifférent. Qui l’aurait cru ? Après l’avoir tant aimé, l’avoir défendu bec et oncle, l’avoir tellement admiré…

IV) J’ai de la peine à vous dire cela, père Alvaro, mais c’est ainsi : nous ne vivons plus dans la Légion les exigences de la charité. La charité a été séparée de la vérité. Par exemple, vous souvenez-vous de ce que je vous avais demandé, l’un de ces jours, quand je nous avons parlé de la vérité sur notre histoire ? Je ne crois pas qu’on puisse construire un futur solide sans connaître la vérité du passé. Même si je peux comprendre les raisons de cette détermination, je ne peux pas les partager.

V) Comme nous nous aimions avant ce qui est arrivé ! Nous nous comprenions, nous nous défendions mutuellement… on ne disait jamais du mal des autres… Maintenant, bien que les formes soient maintenues dans une sorte de respect apparent et qu’on ne s’insulte pas, les relations ne sont plus sincères. On parle dans le dos ; on exclue les mécontents ; on dénonce ceux qui posent des questions ; on continue à justifier la délation comme étant « la Volonté de Dieu », au lieu d’encourager le dialogue fraternel.

On a mis et on continue à mettre à l’écart tous ceux qui voudraient connaitre la vérité. Cela me fait de la peine de voir comment on fait courir des rumeurs internes à propos de ces derniers, en les accusant d’être « angoissé » ou « blessé », ou bien qu’on dise à leur sujet « qu’ils n’ont pas réussi à surmonter l’épreuve ». Je suis témoin de la souffrance injuste qui a été causé aux « pauvres qui souffrent de tout cela ». Pardonnez-moi, mon père, mais je m’identifie à ces derniers, et c’est à leur côté que je désire rester. Oui, je veux maintenant m’assoir à côté de ces « pauvres », de tous ceux qu’on a oublié, alors qu’ils n’avaient rien fait de mal, ni d’injuste, ni de faux.

Je suis profondément attristé de voir comment ceux qui ont décidé de quitter la congrégation ont, du jour au lendemain, cessé d’exister, même si ces derniers ont donné d’une façon exemplaire de nombreuses années de leur vie à la congrégation. Je pense notamment au père Manuel Torre, au père Richard Gill, au père Douglas Barry, au père Santiago Oriol, et à tant d’autres… Je sais que ce n’est pas mal en soi, et peut-être que pour certains c’est une chose normale, mais je ne veux pas faire partie de cette façon de vivre la charité.

VI) La Légion n’est plus unie, comme elle l’a toujours été. Les différences dans les attitudes ont rompu notre cohésion. Le Délégué nous demande de respecter les différentes positions, mais dans la culture de la Légion, c’est une chose bien difficile. La critique, les commentaires par derrière, les rapports si souvent injustes que l’on continue à faire sans se soucier du mal qu’ils produisent… enfin, toutes ces choses que l’on continue à pratiquer dans la Légion me font perdre ma sérénité.

Je ne veux pas cacher ma reconnaissance à l’égard de ces légionnaires qui ont pris ma défense, ou celle d’autres légionnaires, quand ils ont entendu des critiques ou des jugements faits dans le dos. Que de mal a été fait et continue d’être fait à cause de ça ! Puissions-nous épargner les autres prêtres et religieux de tout cela, et en particulier de ces rapports que l’on continue de faire et d’envoyer. Et je remercie le Seigneur, maintenant plus que jamais, et je continue de lui offrir la blessure que m’a provoqué le fait d’avoir été dénoncé pour avoir simplement défendu ce que je voyais, en conscience, et l’avoir dit avec sincérité et sans vouloir blesser qui que se soit.

VII) La Légion n’est plus un lieu dans lequel on peut avoir confiance en son prochain. La confiance mutuelle s’est effondrée. Vous souvenez vous de ce que je vous ai dit il y a deux ans à Monterrey ? Je vous disais que je me rendais compte que nous perdions notre confiance mutuelle et que cela avait tendance à s’accentuer dans le cas des supérieurs majeurs. Eh bien, mon père, maintenant, en qui pouvons-nous avoir confiance ? En ceux qui nous ont menti ? En ceux qui nous saluent respectueusement, mais font autre chose dans le dos ? En ceux qui n’admettent toujours pas ce qu’il y a derrière les faits ? En ceux avec qui on partage quelque chose et se précipite pour nous dénoncer ? Peut-on vivre sans confiance ? Moi, je ne le peux pas. Et pour être tout à fait sincère : je ne peux pas avoir confiance dans le système de gouvernement actuel, même si je sais et j’accepte qu’il ait été approuvé par l’Eglise.

VIII) Vous savez, mon père, je me rends bien compte que le type de sacerdoce qui avait jadis séduit mon cœur au moment de mon entrée, et même de mon ordination, a changé : ce modèle de prêtre simple, appelé cependant à être un leader, avec un engagement et une capacité pour s’occuper d’œuvres et d’apostolats au service de Dieu. La réalité, c’est qu’on continue tellement à tout institutionnaliser qu’on ne voit plus très bien ce qui reste de la valeur des personnes. Et puis le simple fait d’émettre un désaccord vis-à-vis des Supérieurs, c’est comme signer sa propre condamnation et accepter d’en finir avec sa réputation personnelle, pourvu qu’on sauve l’image de l’institution. Pardonnez-moi, mon père, si mes paroles vous font de la peine, ce qui n’est pas mon intention.

IX) Je n’arrive pas m’identifier avec toutes ces normes que l’on continue à appliquer dans l’apostolat, où ce sont les chiffres, l’efficacité et les résultats qui importent. J’admets avoir accepté ces façons de faire pendant des années, mais depuis que je sais ce qu’il y avait derrière, je ne peux plus les partager, ni m’identifier à ce qu’ils impliquent.

Je suis conscient du bien que font tant de bons religieux, de prêtres légionnaires et de membres du Regnum Christi. C’est là « l’énigme » dont parle Sa Sainteté Benoît XVI. Et je comprends, j’apprécie et je remercie le Saint Père et l’Eglise de ne pas avoir voulu que tout ce bien se perde.

X) Je ne peux pas accepter la façon par laquelle les biens de la Légion sont gérés, et la concentration de tous ces biens dans les mains de quelques-uns, de ceux qui s’alignent avec ces derniers et de quelques laïcs employés au service du groupe Integer, mettant de côté les prêtres, les directeurs d’œuvres et les supérieurs locaux. Je vois que malheureusement on ne veut pas changer ce système, mais qu’au contraire on continue de procéder avec des méthodes d’institutionnalisation, lesquels veulent former « un système de gestion qui réussisse à intégrer toutes les dimensions d’une entreprise : planification, production, ventes, administration et finances » (19 décembre 2010). Je ne veux pas porter un jugement sur cette façon de gérer nos ressources comme une entreprise, mais je ne veux pas participer à cela, sachant que ces biens sont gérés à l’envie par quelques personnes dont nous ne savons ni ce qu’ils ont fait ni ce qu’ils font. Par conséquent, j’ai passé plusieurs mois dans une grande absence de paix intérieure, jusqu’à accepter enfin ce que Dieu me demandait. Car sans la paix intérieur, est-il possible de faire le bien dans la vie sacerdotale ? Méditant sur l’histoire de ma vocation, je me suis rendu compte que ma vocation légionnaire était en train de s’éteindre petit à petit. C’est pourquoi, avant que ma vocation sacerdotale ne s’éteigne également, je préfère prendre la décision de m’en aller.

Maintenant, il m’appartient de vous prévenir et de présenter ma vie, ma vocation et ma décision devant l’Eglise, à travers les autorités compétentes.

Cette décision, qui ne supprime pas ma douleur ni n’atténue ma tristesse, m’apporte la paix relative à l’essence de mon sacerdoce : donner ma vie pour le Christ et pour mon prochain.

Je ne veux pas regarder en arrière. Cela me fait très mal d’abandonner ce que j’ai tellement aimé, mais j’ai décidé de renoncer à ma vie dans la Légion, afin de pouvoir continuer à vivre ma vocation sacerdotale.

La seule chose que je désire, c’est accomplir la Volonté de Dieu. La seule chose que je désire, c’est pouvoir lui rendre grâce et le servir, et Il sait mieux que personne que je n’ai pas d’autre intention.

Malgré tout ce que j’ai fait pour rechercher une nouvelle raison d’espérer, je ne vois plus rien qui me retienne de faire ce pas, qui me conduit à me lancer à marcher dans le désert dans l’espoir d’arriver un jour à la terre promise dans laquelle Lui, qui est toujours fidèle, me conduira.

Ce que je veux faire, c’est me mettre en chemin. Et faire cela sur la route qu’Il m’a indiqué, et que j’ai reçu dans la prière, aidé par les sages conseils de prêtres vertueux et valeureux, ainsi que du conseil du Cardinal Don Juan Sandoval Iñiguez, Archevêque de Guadalajara.

Je note, mon père, qu’ainsi renaît en moi un nouvel espoir de pouvoir servir l’Eglise à travers mon ministère sacerdotale. Oui, cet espoir tellement important dans la vie de tout homme, et encore plus dans la vie d’un prêtre, est en train de renaître en moi. Je le vois revivre quand je pense à faire cheminer des jeunes, dans les milieux que je connais, non seulement vers Jésus, mais également vers l’Eglise et également vers le Séminaire diocésain. Aujourd’hui, il y a 11 jeunes universitaires provenant des milieux que je fréquente qui se préparent ainsi à entrer au Séminaire de Guadalajara et de Queretaro.

Je sais que ce n’est pas moi, mais que c’est Lui qui peut toucher les âmes, et que c’est Lui qui doit me dire, à travers l’Autorité de l’Eglise, si je dois faire cela ou non. Si oui, alors j’aimerais travailler avec une totale pureté d’intention, étant donné que celle-ci m’a tellement fait défaut dans la Légion, par ma faute sans aucun doute.

Après vous avoir exposé tout cela, je soumets à votre considération les choses suivantes :

1) Par cette lettre, je vous demande, comme Directeur Général, de m’accorder l’ex-claustration de la Légion, comme l’indique le canon 686 du Droit Canonique.

2) Suivant le conseil et l’invitation du Cardinal Juan Sandoval Iñiguez, je demande à être incardiné dans l’Archidiocèse de Guadalajara. A partir de ce moment, je me mets au service du Cardinal, pour les tâches qu’il me donnera, où il voudra et comme il décidera.

3) Donnant ma pleine adhésion aux informations que le cardinal m’a transmis, je dois vous informer de la responsabilité que je ressens, en conscience, de collaborer avec le diocèse de Queretaro, tant au niveau de la pastorale des jeunes (En m’occupant du groupe « le bon chemin ») que de la pastorale vocationnelle, en soutenant le Séminaire diocésain et son évêque respectif, Don Faustino Armendariz.

4) Au cours de la première année, ou des deux premières années, suivant le conseil et les orientations du Cardinal de Guadalajara, je déciderai du lieu dans lequel je déciderai finalement de me fixer, soit à Guadalajara, soit à Queretaro. Là où Dieu voudra.

5) A propos de mes responsabilités apostoliques actuelles, j’aimerais vous proposer ce qui me semble être le plus convenable pour le bien des jeunes et des autres personnes qui sont liées à ces responsabilités :

La section des jeunes de Queretaro : Nous avons fait tellement de choses ensemble que nous formons une véritable famille ! Au cours de ces années, 32 jeunes sont entrés dans la Légion, et 8 sont déjà prêtres. Quel cadeau du ciel ! Je propose que ce soit le père Isidro Ramirez, actuel assistant de l’ECYD, ou le père Luis Miguel Garcia, actuel aumônier du Cumbres, qui s’occupe de la section. La section des jeunes de Irapuato : berceau de tant de collaborateurs du Regnum Christi et d’une poignée de vocations. Je propose que le père Jesus Hernandez, actuel directeur spirituel, prêtre leader et proche des jeunes, soit le directeur de cette section.

La section des jeunes de Celaya : Je propose que le père Raul Rodriguez, actuel Assistant de l’ECYD, prenne les rennes de cette jeune section.

La section de Los Altos de Jalisco : Je propose que le père Benjamin Clarion voit avec Everardo Martinez, actuel Assistant, qui pourrait s’occuper de ce groupe de jeunes, toujours en lien avec les curés de paroisse. Le centre de Spiritualité de Santa Maria en Chapala. Je propose que la Section des dames de Guadalajara, à travers mesdames Paty Michel et Conchita Covarrubias, au côté du père Miguel Viso, s’occupent de ce centre, sans perdre de vue l’intention pour laquelle il a été construit. Ces dames veilleront à ce que le centre continue à servir, et que les prix n’augmente pas afin d’éviter que le centre ne devienne trop élitiste. Avec joie, je propose d’offrir mes services pour les aider dans les tâches qu’on leur confiera au cours des prochains mois, afin qu’ils puissent accomplir cette tâche, non seulement au service du Regnum Christi, mais aussi de l’Eglise.

De tout ce que j’ai pu donner à la Légion au Mexique, pendant ces 24 dernières années, aussi bien d’un point de vue matériel que spirituel, je ne demande strictement rien en retour. Et à travers vous, père Alvaro, j’aimerais en profiter pour demander pardon pour ne pas avoir fait plus et pour ne pas m’être engagé plus pleinement. Dans ce que viens de dire, j’inclue les centres que j’ai personnellement construit à Querétaro, Guadalajara et Irapuato, et surtout, comme vous le savez bien, le Centre de Santa Maria del Lago, grâce à l’aide de bienfaiteurs. Avec quel enthousiasme, j’ai pu réaliser toutes ces œuvres, surtout la maison de Querétaro et le centre de Santa Maria del Lago en Chapala, accomplissant ainsi la dernière volonté du père Mora.

A propos de la situation des biens que mes parents nous ont donné en héritage en Espagne, je ferai tout en accord avec mes frères, sous la conduite des Evêques qui s’interrogent déjà sur ce qu’il convient de faire, pour le bien de l’Eglise.

Rien d’autre, cher père Alvaro. Si je pouvais me permettre de demander une seule chose en ce moment, c’est seulement du respect et des prières. Je n’ai aucune prétention avec ce que je suis en train de faire, et je n’ai qu’un seul désir : servir Jésus et mes frères comme Il me l’enseigne, à travers l’Eglise. J’accepte avec résignation que certains n’approuvent pas mon choix et critiquent ma décision. Je peux le comprendre. Mon cœur est prêt (Psaume 57). Et si je reçois des affronts ou des commentaires qui, je l’imagine, me feront beaucoup souffrir, non seulement j’espère ne pas y répondre, mais je ferai en sorte de les offrir au Seigneur avec tout mon cœur, afin d’arriver à purifier mon âme et à être un meilleur prêtre selon son cœur.

J’espère que je ma décision ne fera souffrir personne, et surtout pas vous, père Alvaro, que j’estime beaucoup, comme vous le savez bien. Et si je cause quelque tristesse ou malheur à quelqu’un, c’est sans mauvaise intention de ma part, et je demande pardon pour cela.

Le noviciat, les années de formation et, surtout, ces 24 années d’apostolat ont été un don non mérité et une bénédiction incessante.

Combien de moments partagés avec les membres du Regnum Christi resteront à tout jamais gravé dans mon cœur ! Combien de fois j’ai senti le Christ présent dans ces jeunes avec qui et pour qui j’ai donné toute ma vie ! Notre Seigneur m’a offert un second père à travers le père Carlos Mora, et j’ai essayé de lui manifesté autant d’affection qu’il a su m’en offrir. Il restera à jamais l’un de mes modèles de vie sacerdotale. Merci, Seigneur ! Dieu sait certainement pourquoi il est mort avant que n’éclate toute cette histoire…

Je ne voudrais pas cesser de remercier mes compagnons légionnaires pour toute cette vie et ces efforts partagés ensemble : Tant d’années vécus ensemble ! Je laisse derrière moi de nombreux frères dans la Légion qui ne cesseront jamais de l’être dans mon cœur, et avec qui j’ai été très heureux. Mais un jour, un jour triste et terrible, j’ai perdu la candeur de l’innocence de ma vocation légionnaire quand j’ai découvert la vérité sur le fondateur, et, derrière celle-ci, la vérité sur la congrégation. A partir de ce jour, tout a commencé à changer petit à petit en moi, à s’effondrer, même si je essayé d’éviter cela.

Pour la Légion, avec la plus grande nostalgie, je lui donne mon amour et mes remerciements. Et je ne peux lui souhaiter que le meilleur pour l’avenir.

Je voudrais également remercier le témoignage et l’engagement des consacrées du Regnum Christi. Elles ont été une véritable bénédiction pour moi, avec leur fraîcheur et leur pureté. En les voyant, je me souvenais toujours de ma très chère soeur Malen, à qui je n’ai jamais cessé de penser au cours de ce cheminement et à qui je demande pardon à genoux pour la douleur que cette décision lui causera.

J’aimerais être, à partir de maintenant, un peu plus frère de tous les prêtres. De tous. Et partager la fraternité que je ressens aujourd’hui avec mes frères Ignacio, Alfonso et Santiago.

Je ne peux achever cette lettre sans remercier de tout mon cœur ma famille et mes meilleurs amis pour leur compagnie, leur soutien inconditionnel et leur compréhension dans tout ce processus personnel par lequel Dieu m’a conduit, surtout au cours des derniers mois. Je ne pourrais jamais les remercier comme ils le mériteraient.

Là où je suis arrivé importe peu. Ce qui est important, c’est là où je vais, là où je suis en train d’arriver. Plusieurs resteront sur l’idée qu’aujourd’hui s’achève un chemin. Pour moi, ce qui compte, c’est qu’un autre commence. Voilà ce qui me touche aujourd’hui. Je fais ce qui, à mes yeux, est nécessaire de faire, et j’assume les conséquences. Le terrain du lendemain est trop incertain pour commencer à faire des plans. Et si je le faisais, je risquerais de tomber dans le vide. L’Evangile nous le dit clairement : « A chaque jour suffit sa peine » (Mt 6, 34) et l’interprétation de la petite Thérèse de l’Enfant Jésus m’aide aussi : « Je serai fidèle aujourd’hui ».

Je sais que ce qui compte, ce n’est pas tant ce qu’on possède dans la vie, mais plutôt ce qu’on est dans celle-ci. Aujourd’hui, je laisse ce que j’ai porté pendant des années. Je quitte ma maison de la Légion, et reste ce que je suis : Juan Pedro, prêtre au service de mon épouse l’Eglise et de la famille des enfants de Dieu. Avant de terminer, j’aimerais dire que j’ai découvert au cours de ce chemin qu’il y a beaucoup plus de mes parents en moi que je ne l’imaginais…

Je laisse ma vie dans les mains de ma Reine de l’Espérance et de la Paix, Cause de notre Joie, notre bonne Mère Marie. Et sous son manteau, je m’accroche à la Volonté de mon seul Amour, de mon Dieu et Seigneur, qui est aujourd’hui à ma porte, et qui m’appelle.

Merci, père Alvaro. Soyons toujours unis dans le Christ, Marie et l’Eglise.

Adieu, mon père, je vous porte dans mon cœur,

Juan Pedro Oriol Muñoz

Lettre du père Juan Pedro Oriol au père Alvaro Corcuera, au sujet du système de contrôle interne

Cher père Alvaro,

J’espère que vous allez bien, avec la grâce de Dieu. Sachez, mon père, que je vous porte quotidiennement dans mes prières.

Avec une grande joie, au milieu d’une quantité innombrable de messages auxquels je n’ai pas encore réussi à répondre, et avec une reconnaissance certaine à l’égard de tant de personnes si bonnes, je vous écris ce message.

Il m’est apparu que ce que je me suis toujours refusé de croire… était effectivement vrai.

Grâce à Dieu, tout cela apparaît aujourd’hui et ne peut plus influencer en rien mon discernement, mais le fait est qu’après 31 ans passés dans la Légion, avec toutes mes faiblesses et mes erreurs, dont je sais qu’ils ont été et sont encore nombreux, j’ai reçu par un frère de Rome la copie d’un rapport de vie religieuse me concernant, réalisé par l’Assistant de Monterrey et les Directeurs Territoriaux, en 2010. D’après ce que j’ai compris, un frère a fait des recherches sur l’un des ordinateurs de la DG, et parmi différent document, il a découvert ces rapports que vous, père Alvaro, connaissez parfaitement.

Je ne prétends pas me défendre, non, mon père, car cela ne vaut pas la peine. Et encore moins maintenant que j’ai quitté la Légion.

Seulement, permettez-moi de faire quelques commentaires en marge de ces rapports, et si cela vous semble inadéquat, j’espère que vous me pardonnerez. J’aimerais également partager certaines choses avec mes anciens compagnons de communauté, avec lesquels j’ai toujours fait ce que j’ai pu pour me montrer loyal, jusqu’aux derniers moments vécus à leurs côtés, et ces derniers savent bien qu’ils pourront toujours compter sur moi.

Je ne suis pas préoccupé par ce qu’on raconte sur moi. Plus maintenant. Et du reste, ce qu’on raconte là-bas est bien peu de choses par rapport à ce que je mérite. Ce qui me fait souffrir, c’est qu’on continue à faire ce genre de choses à d’autres légionnaires. Pourquoi ?

Je vous remercie, mon père, et je vous demande pardon d’avoir été un si « mauvais exemple », comme le mentionnent les rapports. Aussi, je vous demande de bien vouloir prier pour moi, qui en ai tellement besoin.

Avec une grande joie et avec tout mon cœur, je vous offre ma prière, ma solitude et mon souvenir, depuis cet endroit où Notre Seigneur me redonne l’amour, la paix, la force, la fraternité et la joie.

Votre frère prêtre en Jésus et Marie,

Juan Pedro Oriol Muñoz

Extrait des rapports d’information sur le père Juan Pedro Oriol Muñoz, LC :

Janvier – Février 2010 : Le père Juan Pedro Oriol : comme toujours ; malheureusement, il n’a pas participé à la convivence intercommunautaire de Noël, ni à la semaine d’études. Il n’a donc pas pu inquiéter quiconque avec ses commentaires. Certainement, pour le supérieur et pour toute la communauté, ce serait un grand soulagement si le père Juan Pedro Oriol pouvait quitter cette communauté et aller vivre d’une façon permanente à Queretaro.

Je n’ai jamais imaginé que j’étais une charge aussi pesante pour le père Óscar Pérez, parce qu’il me disait toujours le contraire.

Mars – Avril 2010 : Le père Juan Pedro Oriol : Rien de nouveau. Nous avions reçu un protocole indiquant que le père allait rejoindre la communauté de Querétaro, mais maintenant, on nous a dit qu’il ne fallait pas procéder de cette façon, qui ne serait pas prudente, et qu’il fallait laisser les choses comme elles sont.

Mai – Juin 2010 : Le père Juan Pedro Oriol : Rien de nouveau, par rapport aux rapports précédents. Il passe peu de temps à Guadalajara, mais, quand il est là, il continue à faire du mal avec ses commentaires et ses attitudes. Pour le supérieur, c’est une poids très lourd à porter.

Je suis profondément attristé de constater que le père Óscar Pérez n’était pas sincère, en me disant exactement le contraire de ce qui est écrit ici.

Juillet – Août 2010 : Le père Juan Pedro Oriol : Le père est encore très perturbé. Il fait des commentaires qui rendent nerveux et ennuient les autres membres de la communauté. Il parle avec tout le monde des choses qui ne lui plaisent pas : critères, normes, supérieurs, etc. Certains pères sont exaspérés et nous demandent quand les supérieurs majeurs se décideront à intervenir.

Ce rapport affirme que certains de mes frères prêtres de ma communauté auraient affirmé être « exaspérés par moi ».

En conscience, je dois vous demander qui sont ceux qui étaient exaspérés, s’il vous plait. A moins que l’Assistant ait menti, avec l’aval de la Direction Territoriale à ce moment là ? Ainsi, je saurais à qui je dois présenter mes excuses, et je le ferai sans réserve.

Je m’adresse donc à ceux qui étaient membres de ma communauté d’alors, et non aux rédacteurs de ces rapports, parce que ça ne servirait à rien et qu’en plus ils me répèteraient toujours la même chose : qu’on ne peut pas rompre la confidentialité.

Je commence donc avec les cinq religieux. Ces derniers parlaient de temps à autre avec moi dans un climat de confiance absolue, de respect et d’attention. Quatre d’entre eux sont retournés vivre chez eux, et il me semble que le frère Miguel A. Carranco ne parlerait jamais ainsi de moi, parce que je sais qu’il m’appréciait beaucoup. De la même façon, le frère Ricardo Esponda, avec qui j’ai eu des rapports très fraternels, serait incapables de dire de moi ce qui est affirmé dans le rapport.

Aux 9 prêtres, je leur demande : Père Oscar Perez : Je ne sais pas si c’est vous qui avez dit cela, et je veux seulement en avoir le cœur net. Mon père, s’il vous plait, ne me mentez pas ! Dites la vérité ! Père Tomas Guerrero : je préfère ne pas croire qu’il s’agisse de vous. Et si c’est effectivement le cas, je préfère que vous ne me disiez pas et qu’on en reste là, parce que vous savez combien je vous apprécie. Père Miguel Viso : Je ne doute pas, et je ne peux pas douter de vous. Tout ce que je peux faire, c’est vous remercier. Père Carlos Macias : Vous m’avez confié personnellement ce que vous aviez noté en moi, et je ne peux que vous remercier. Je sais que vous êtes quelqu’un d’authentique. Père Francisco Grisanti : Je sais qui vous êtes, et je vous remercie pour votre sourire, malgré tant de souffrances. Père Enrique Flores : Merci pour tout, père ! Je ne vous oublierai pas. Comment pourrais-je douter de vous ? Père Ricardo Rodriguez : Je ne peux douter de vos paroles. Je sais ce que vous avez souffert, et je vous apprécie beaucoup. Père Ignacio Santacruz : Nous avons parlé à plusieurs reprises, avec une attitude d’ouverture et de confiance. Je sais que vous n’auriez jamais dit une telle chose. Père Benjamin Clariond : Salut, père ! J’aimerais juste vous demander de me dire si vous avez dit cela, ou non.

Bien sûr, au cours de ces deux mois, je me trouvais en Espagne (faisant le chemin de Compostelle avec ma famille). En tout, je n’ai passé que deux jours avec la communauté !

Septembre – Octobre 2010 : Père Juan Pedro Oriol : il est devenu extrêmement tendu (c’est-à-dire encore plus que d’habitude) à cause de la sortie de son frère Santiago. Il a parlé à plein de personnes, de l’intérieur comme de l’extérieur, pour donner sa version des faits, essayant de faire croire que la Légion et les supérieurs majeurs avaient traité son frère de façon injuste. Je sais qu’il n’est pas facile de décider ce qu’il convient de faire avec ce genre de personne, mais je vais prier l’Esprit Saint afin qu’il inspire le Délégué et le père Alvaro la solution la plus prudente, prenant en compte l’influence négative que ce prêtre exerce dans la communauté.

Le rapport indique : « Donnant sa version des faits, essayant de faire croire… ». Pardon, père Alvaro, mais ce que je n’ai fait qu’une chose : donner les faits, les faits tels quels, raconter la vérité. J’ai raconté les 4 faits qui s’étaient produit, sans donner « ma version » :

Le père Santiago écrit sa lettre le 7 octobre, et n’a reçu de réponse que le 21, soit 14 jours plus tard. Le père Delgado est allé voir l’évêque de Getafe, le jour suivant la conférence du père Santiago, et dans le dos de ce dernier, afin de lui demander que le père Santiago ne revienne plus au collège Everest. Le père Santiago, en conséquence, a dû récupérer passer par l’intermédiaire de certains religieux pour récupérer ses effets personnels.

Le porte-parole officiel de la Congrégation a écrit un article sur Internet, avec une chanson de Julio Iglesias « La vie continue pareil », parce que « les bons restent, et les autres s’en vont ». Un jour après, le même porte-parole, après avoir reçu tellement de messages, a écrit un article pour présenter ses excuses.

Novembre – Décembre 2010 : En novembre, nous avons vécu une période de trouble, étant donné que le père Juan Pedro Oriol était très nerveux à cause de la sortie de son frère Santiago, et a transmis son angoisse aux légionnaires et aux laïcs qui étaient à sa portée. Le père Juan Pedro continue comme avant, mais un peu plus tranquille, au moins à l’extérieur. Voilà l’influence tellement négative produite par le père Juan Pedro Oriol et par le père xxxx. Tous les deux ont une personnalité particulière (qui, occasionnellement, peuvent indiquer un problème d’ordre psychologique)…

Et encore une fois apparaît cette stratégie dont je peine à croire qu’elle est encore utilisée dans le gouvernement de la Légion : déclarer que celui qui parle, qui n’est pas d’accord ou simplement constate les faits… a un problème psychologique. Pourquoi ?

Je vous demande pardon si je me suis un peu étendu, mais je ne pouvais pas laisser passer cela sans défendre la vérité. C’était ma seule intention.

Je vous demande une seule chose : cessez de traiter les prêtres et les religieux de cette façon. Je ne vous demande rien de plus.

Recevez mes salutations, mon père. Prenez soin de vous, et prions l’un pour l’autre.

Votre frère dans le sacerdoce,

Juan Pedro Oriol Muñoz, LC