La difficulté de briser le silence

Vendredi 3 janvier 2020

« Matières à penser », une émission animée par Antoine Garapon et diffusée sur France Culture le 23 décembre 2019 : Réflexion ce soir sur le silence, la difficulté d’en sortir, et la solution dans l’écriture d’un cri réclamant justice de la part de Sophie Ducrey, auteure de “Etouffée. Récit d’un abus spirituel et sexuel” (Taillandier, 2019).

Pour écouter l’émission, suivre ce lien.

Chaque milieu impose l’obligation de ne pas rompre la solidarité de ses membres pour le meilleur ou pour le pire. Ainsi lorsque qu’un membre du groupe prend la parole pour dénoncer ce qu’il voit ou qu’on lui fait faire, on imagine sa solitude. Celle-ci sera encore plus grande lorsque la communauté se fonde sur le sacré. Retour sur l’itinéraire d’une libération par la parole avec le témoignage de Sophie Ducrey.

J’ai découvert cette communauté religieuse à 16 ans. J’en ai 46 aujourd’hui. Il m’aura fallu 30 ans pour pouvoir parler publiquement de ce qui m’est arrivé.

Le propre de la Communauté Saint-Jean est qu’il faut rester « un », ce qui revient à suivre la volonté du « fondateur » et à ne pas le contester.

On nous demandait énormément de discrétion. On ne parlait de sa vie intérieure et personnelle qu’avec son père spirituel : il y a déjà là une parole cadenassée. Un silence.

Extrait musical choisi par l’invitée : « Les mots bleus » de Christophe | Archive INA