Marie-Laure Janssens : « J’ai été victime d’abus spirituel pendant onze ans »

Lundi 6 novembre 2017

Dans Le Silence de la Vierge, Marie-Laure Janssens témoigne du long processus d’emprise mentale et d’abus spirituel qu’elle a vécu dans la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean.

« J’ai bel et bien passé onze ans dans une secte. » Entrée à 23 ans chez les sœurs contemplatives de Saint-Jean, à Saint-Jodard (Loire), Marie-Laure Janssens y restera onze années. Aujourd’hui, à 42 ans, mariée et mère de famille, elle estime avoir été « victime d’un crime que ni le droit pénal ni le droit de l’Église catholique ne reconnaissent : l’abus spirituel ».

Le cas de Marie-Laure est loin d’être isolé. Les dérives de la communauté Saint-Jean sont aujourd’hui connues. Son fondateur, le père Marie-Dominique Philippe, mort en 2006, a été accusé jusqu’au Vatican de « déviances dans sa vie affective et sexuelle ». Plusieurs frères de Saint-Jean – surnommés les « petits gris » - ont été condamnés pénalement pour abus sexuels.

Marie-Laure Janssens n’a pas été violée. Mais comme beaucoup d’autres, elle a subi une terrible emprise mentale et spirituelle. En 2009, suite à une longue enquête du diocèse de Lyon dont elles dépendaient, les quatre principales responsables des sœurs contemplatives ont été destituées. Suicides de sœurs et dérives sectaires sont pourtant signalées dès 1996 par diverses associations de vigilance face aux sectes.

Dans Le Silence de la Vierge (Bayard, 2017), elle livre au journaliste Mikael Corre un témoignage fort et intime sur l’enfer de l’emprise mentale et de l’abus spirituel.

Vous avez quitté la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean en 2009. Pourquoi avez-vous décidé d’écrire ce livre huit ans plus tard ?

C’est l’aboutissement d’un long cheminement. Quand je suis sortie de la communauté, mon réflexe naturel a été de me tourner vers l’Église. J’ai remis des rapports, en 2010 et en 2012, aux évêques qui avaient repris en charge le gouvernement de la communauté. L’Église a pris des sanctions : dans un premier temps, plusieurs tentatives de refondation du groupe sectaire ont été arrêtées. Cependant, beaucoup de gens rattachés spirituellement à la communauté, même les oblats [laïcs rattachés spirituellement à la « Famille Saint-Jean », ndlr] ne comprenaient rien à la situation et avaient l’impression d’une grande injustice, car l’Église n’avait pas nommé clairement les dysfonctionnements. Une lettre ouverte d’un oblat m’est parvenue.

En 2013, je me suis donc tournée vers l’évêque, Mgr Brincard (aujourd’hui décédé), alors délégué du pape pour la communauté de Saint-Jean, afin de lui demander la permission de raconter mon histoire. Je voulais donner des clés de compréhension à cet homme. Mais Mgr Brincard m’a demandé de garder le silence, ce que je n’ai pas compris.

D’où le titre de votre ouvrage : Le Silence de la Vierge. C’est en effet en invoquant le « silence de la Vierge Marie » que Mgr Brincard vous a demandé de vous taire…

Exactement : il existe toute une spiritualité autour du silence de la Vierge Marie. Avec le recul, je me dis que l’Église a prolongé l’abus spirituel dont j’ai été victime : c’était encore un argument spirituel qui visait, dans le fond, à empêcher de faire la lumière sur ce qui n’allait pas.

En outre, j’ai réalisé que ces rapports internes remis à l’Église n’avaient servi à rien : en juillet 2014, le groupe sectaire auquel j’avais appartenu et qui avait fait plusieurs tentatives de refondation a réussi. Un évêque en Espagne a accepté de le réintégrer, avec les mêmes sœurs, et de lui redonner une existence officielle avec l’aval de Rome. Elles se sont reformées avec un autre nom : Maria Stella Mattutina. Un certain nombre de sœurs sont donc restées dans le piège. En outre, le fait que son existence soit officielle permet à ce groupe de continuer à recruter.

Quelques garde-fous ont été dressés : on a demandé aux sœurs dissidentes de ne pas se référer explicitement au père Philippe, et exclu certaines religieuses. Mais cela montre une grande naïveté de la part de Rome : ces exclusions canoniques n’empêchent probablement pas les anciennes supérieures de maintenir leur influence, et les sœurs continuent à vénérer le père Philippe, leur formateur exclusif.

Au départ, qu’est-ce qui vous a attirée dans la communauté des sœurs contemplatives de Saint-Jean ?

Un peu à l’instar des autres communautés fondées à la suite du Concile Vatican II, il y avait un effet « vitrine » : elle attirait par sa jeunesse. Quand on est jeune, en discernement de vocation, avec un désir absolu de donner sa vie à Dieu, quand on a le choix entre les sœurs vieillissantes du Carmel et une jeune communauté qui recrute par dizaines, c’est séduisant. Et puis, comme beaucoup, j’ai été piégée par l’intelligence du père Philippe.

Il vous a fallu onze années pour réaliser que vous étiez victime « d’emprise mentale ». Qu’est-ce qui vous a empêchée, pendant toutes ces années, de prendre conscience de ce phénomène ?

C’est une manipulation mentale qui s’appuie sur l’abus spirituel : on va chercher dans la personne ce désir spirituel, cette soif d’absolu, de vivre un chemin de sainteté, et l’instrumentaliser pour prendre le contrôle sur elle. On est enfermé dans une « bulle spirituelle ». Un langage spirituel contrôle chaque aspect de la vie, du plus anodin au plus profond : la « volonté de Dieu », la « sainteté », la « charité », c’est de faire ceci, ou « cela, c’est contraire à la pureté du cœur », « cela, c’est contraire à l’obéissance », etc. En outre, il existe tout un vocabulaire de culpabilisation. On a du mal à en sortir, car dès que quelque chose ne va pas, on se dit : « c’est ma faute », « c’est moi qui suis trop sensible », « c’est moi qui n’ai pas compris » , etc. On est coupé de soi-même : on perd le droit de penser par soi-même, de questionner les choses car c’est « faire le jeu du démon qui cherche à me perdre et à diviser la communauté ».

Tout cela reposait sur une idée-phare qu’on vous inculquait : ne pas être « dans son vécu ». Vous appreniez, écrivez-vous, à « enfouir tout ressenti personnel et à écouter le réel ». Quel effet cette formation au « réalisme » a-t-elle eu sur vous ?

C’est l’aspect extrêmement pervers de l’enseignement du père Philippe, tel que je l’ai reçu chez les sœurs. Il se servait de cette philosophie dite « réaliste », à l’école du philosophe Aristote, pour nous dire que la vérité était ce qui existait en dehors de nous. C’était un anti-Descartes (« Je pense donc je suis ») : ce qui compte n’est pas ce que je pense, mais ce qui est en dehors de moi. C’était décliné dans chaque aspect de notre vie quotidienne. Par exemple, si à un moment donné, je me sens mal, ce n’est pas grave : ce qui compte est l’enseignement que je reçois, ce que ma supérieure me dit. Tout était un dénigrement de notre intériorité. On perd la capacité à écouter sa conscience, on perd confiance en ce qu’on ressent ! On est coupé de soi-même. C’est une perte d’identité.

Cette emprise mentale est aussi physique : cela passait beaucoup par le corps et la santé, expliquez-vous.

La santé est l’un des domaines où il y a eu beaucoup d’abus. On ne pouvait voir que les médecins faisant partie du réseau de la communauté. Il était hors de question qu’une sœur aille par elle-même consulter qui elle voulait. Dans cette sorte de bulle, tout était pris en charge, sans aucun recul critique. Cette emprise sur le corps fait qu’on était dépossédée de soi-même. Beaucoup de sœurs ont été médicamentées n’importe comment. J’ai eu la charge de l’infirmerie pendant un certain temps et demandé à suivre des formations à la Croix rouge, mais cela m’a été refusé au motif qu’il fallait être « pauvre ». J’ai pourtant donné des médicaments et fait renouveler des ordonnances.

En outre, les souffrances physiques et psychiques étaient totalement niées…

Quand une sœur s’est jetée du haut de sa fenêtre, les responsables de la communauté n’ont pas pris en compte la réalité de cette souffrance et l’horreur de cette mort. Notre fondatrice et le prieur général des frères nous ont annoncé la nouvelle en disant : « Son désir était d’aller au Ciel, suicide ou pas, on ne sait pas, mais peu importe, de toute façon, elle est heureuse. » Puis, on a demandé aux sœurs : « Qui veut être la prochaine à aller au Ciel ? », et tout le monde a levé la main ! On était déconnectées de la réalité et de la souffrance vécue corporellement, psychiquement.

Je pense qu’il y avait énormément de souffrances psychiques. Depuis que j’ai écrit le livre, plusieurs anciennes sœurs me contactent et me racontent leurs souffrances.

Vous n’aviez pas le droit de parler aux autres sœurs de votre ressenti. En revanche, tout passait par une seule personne : votre supérieure, sœur Marthe. Une véritable dépendance affective malsaine s’est créée…

On touche bien cette réalité de l’abus spirituel : une personne, parce qu’elle est en position d’autorité spirituelle, fait intrusion dans votre vie et finit par en détenir toutes les clés, et elle seule. Il n’y avait aucun moyen d’équilibrer ce pouvoir absolu qu’elle avait sur moi et d’autres sœurs. Nous étions entrées dans la vie religieuse pour vivre une communion profonde avec Dieu, et finalement, nous avions une unité absolue avec elle, qui nous coupait de tout. Elle m’a coupée de mon père spirituel, de la possibilité de parler avec d’autres prêtres qui venaient pour les confessions. Quand un prêtre médecin a commencé à déceler mes souffrances psychologiques, elle m’a expliqué que je n’avais pas la permission de lui en parler…

J’étais si cadenassée que je ne pouvais m’exprimer avec ma famille en toute liberté. Avec les sœurs, on avait beau vivre toute la journée les unes avec les autres, rien de personnel ne pouvait être partagé sous peine de se faire taper sur les doigts. Or, dans un milieu clos, comme un monastère, chaque détail est vécu avec une grande intensité. Il y avait donc un besoin naturel d’amitié, de pouvoir se confier à quelqu’un. D’un côté on crée un besoin, puis de l’autre on le satisfait : c’est le propre d’une réalité sectaire. Ici, la pauvreté relationnelle qui nous était imposée nourrissait notre dépendance affective à l’égard de sœur Marthe.

Une autre manière de vous soustraire du monde était la coupure de l’actualité. Vous écrivez avoir « manqué onze ans de l’histoire du monde » …

Pour reprendre cette image de bulle, une paroi était dressée, un filtre aussi bien des choses vécues en interne qui ne pouvaient pas sortir à l’extérieur, que des choses vécues dehors ne pouvant entrer à l’intérieur.

Quand il y a eu toutes les attaques de la presse contre la communauté : nous n’avons pas eu accès aux articles. En revanche, on nous a dit ce qu’il fallait en penser et comment réagir, voire embarquer nos familles dans une sorte de « contre-attaque » en leur demandant d’écrire des témoignages de confiance à destination de notre évêque. Mais il y a eu aussi des choses internes à la communauté : j’ai vu des frères débarquer et passer une « année sabbatique ». On nous disait que tel frère était « très fatigué par ses activités apostoliques », qu’il venait « se reposer ». J’ai su des années après, en lisant les articles, que ce frère avait été mis en cause dans des affaires sexuelles.

Puis, il y avait la coupure par rapport aux actualités. Je raconte quel traumatisme ce fut pour moi de prendre, quinze ans après, la mesure de ce qui s’était passé le du 11 septembre 2001, de réaliser à quel point j’avais été, à l’époque, dans une bulle spirituelle et d’égoïsme.

Qu’est-ce qui vous a permis, finalement, de prendre conscience de ces abus et de vous décider à quitter la communauté ?

La grande crise qui a éclaté lorsque le cardinal Barbarin a décidé de prendre des sanctions a joué son rôle. Mais elle est arrivée à un moment où j’étais déjà « préparée » à prendre un autre chemin.

Je commençais à avoir des petites étincelles dans ma vie, des choses plus authentiques. D’abord au niveau spirituel, en intégrant un petit groupe de gens, au Québec où j’avais été envoyée, qui priaient très librement. Je réalisais que des personnes, autour de nous, pouvaient être de grands priants, tout en ayant une vie de famille, une vie professionnelle, et tout en se soutenant les uns les autres. Cela faisait un énorme contraste avec l’aridité de foi que j’éprouvais de plus en plus, et la solitude dans laquelle nous vivions. Ensuite, j’ai eu des liens d’amitié, notamment celui avec mon futur mari.

Aujourd’hui, avez-vous encore la foi ? Et avez-vous toujours foi en l’Église catholique ?

J’ai la foi, plus que jamais. Et j’ai quitté l’Église catholique, mais pas à cause de mon expérience à Saint-Jean. En sortant de la communauté, je suis restée profondément catholique, je me suis mariée à l’église, je suis restée engagée dans une paroisse catholique. Mais ensuite, mon cheminement spirituel m’a conduite à me plonger dans une étude de la Bible. J’ai constaté un décalage avec un certain nombre d’enseignements de l’Église catholique. Alors j’ai fait un choix : aujourd’hui, je fréquente une église évangélique. Mais je n’appartiens plus à une Église, j’appartiens au Christ.

Quelles mesures pourrait prendre l’Église catholique pour prévenir davantage ces abus spirituels et dérives sectaires ?

Dans le droit canon, il est clairement dit qu’on distingue le for intérieur et le for extérieur. Donc, au sein d’une communauté religieuse, la direction spirituelle et le gouvernement politique doivent être exercés par des personnes différentes. L’institution a laissé se développer des situations où des personnalités très charismatiques se retrouvaient avec tous les pouvoirs entre les mains. Dans mon cas, cette fameuse sœur Marthe avait un rôle tentaculaire. Elle était à la fois maîtresse des novices, mère spirituelle de presque toutes les sœurs, enseignante, maîtresse des études, assistante de la prieure générale, référente d’un certain nombre de prieurés, etc.

Des mesures assez simples pourraient être mises en place au moment du recrutement. Nous, on a eu aucun discernement. J’ai eu ma propre responsabilité. Mais l’Église aurait pu dire que « toute personne qui souhaite entrer dans une communauté doit prendre l’avis de plusieurs personnes, y compris de celles extérieures à la communauté, et pouvoir se confesser en dehors de la communauté, être suivie spirituellement par un accompagnateur extérieur ».

Lorsqu’il reçoit en audience des communautés religieuses, le pape François évoque souvent l’importance de ce discernement. Il vaut mieux manquer de vocations, dit-il, plutôt que de vouloir « faire du chiffre », et recruter des personnes trop fragiles.

Je salue ses propos. Le problème de l’Église, c’est de vouloir protéger son image par rapport à ce qui pourrait la salir et de prioriser ses intérêts institutionnels. C’est pour cela qu’en général, on fait taire les victimes. Face à toutes les communautés vieillissantes et au manque de prêtres diocésains, c’est une aubaine pour l’Église d’avoir des jeunes prêtres qui reprennent en charge une paroisse. L’Église doit choisir entre son intérêt propre et la vérité sur la souffrance des victimes. On dit qu’il faut se taire par miséricorde pour les personnes. Mais c’est faire fi des souffrances vécues par les victimes ! Il faut pardonner aux coupables, mais les victimes devraient offrir en silence leurs souffrances ? L’Église doit choisir la vérité et le véritable sens de la miséricorde.

La communauté Saint-Jean a-t-elle été capable de faire ce travail de vérité ?

Il y a sûrement encore beaucoup de travail à faire. La plupart des frères sont sortis du déni dans lequel ils étaient par rapport à leur fondateur – un travail similaire doit d’ailleurs être fait par rapport à sœur Alix, fondatrice des sœurs, dont Rome a reconnu aussi les défaillances graves en matière de chasteté. Mais le problème ne venait pas que du fondateur. Il y avait aussi beaucoup de frères qu’il a fragilisés ou pervertis. Un système pervers s’est créé. Il ne s’agit pas seulement de quelques cas assez médiatisés de pédophilie, mais d’une énorme réalité d’abus internes à la communauté, et cela, on ne l’a pas encore assez dit et reconnu : des abus spirituels et sexuels de frères en responsabilité par rapport à d’autres frères, des frères qui sous la forme d’accompagnement spirituel ont abusé de sœurs, et des frères prêtres ayant abusé de jeunes proches de la communauté.

Propos recueillis par Bénédicte Lutaud - publié le 26/10/2017 http://www.lemondedesreligions.fr/une/marie-laure-janssens-j-ai-ete-victime-d-abus-spirituel-pendant-onze-ans-26-10-2017-6726_115.php

Vos réactions

  • AM 13 septembre 2019 20:30

    Je me demande quel âge avait le père Philippe à ce moment là. Sachant qu’il a enseigné jusqu’à 91 ans et est mort d’un AVC, je me demande s’il n’avait pas déjà une démence vasculaire à ce moment là. Il me semble que bien souvent, les religieux fréquentent peu les médecins et travaillent jusqu’à des âges très avancés. J’ai vu le cas avec un prêtre connu qui paraissait normal en général mais avait des moments de démence évidents au confessionnal. Ce prêtre se cramponnait pour confesser et le manque de prêtres disponibles, son réseau social étendu lui ont permis de continuer très longtemps. Il était encore assez malin pour donner le change mais sa personnalité était devenue anormale et inquiétante. Ce genre de pathologie peut passer inaperçue chez quelqu’un de brillant intellectuellement comme cela a été le cas chez le président Chirac qui aurait du prendre sa retraite.

    • Offre d’emploi : Vous êtes entré dans une congrégation religieuse, si possible estampillée « communauté nouvelle », vous en êtes sorti, cette communauté avait un fondateur décédé aujourd’hui et dont on s’emploie à médiatiser « la part d’ombre »…..Libérez votre parole, envoyez nous votre témoignage, nous vous promettons une médiatisation rapide : journaux, émissions télévisées, , réseaux sociaux……..Et l’assurance de n’être pas attaqué en diffamation par ce fondateur déjà décédé et par la congrégation en question tellement occupée à laver « plus blanc que blanc » en sacrifiant les siens sur l’autel de l’Opinion non de la Vérité. Personne n’osera vous contredire car se serait blasphémer contre la religion des victimes , une atteinte contre le Sacré. Venez donc rejoindre ceux qui ont déjà très brillamment commencé la carrière !

      • Cher Agape,

        « Amour et vérité se rencontrent. Justice et pax s’embrassent » comme dit le psaume 85. agapê et aletheia

        Les frères de saint Jean font la vérité avec humilité. C’est pourquoi après des années de déni, une espérance est possible. Je trouve leur chemin actuel plutôt exemplaire.

        Merci de lire le rapport SOS abus ainsi que la lettre de l’ancien prieur général https://freres-saint-jean.org/wp-content/uploads/sites/2/2019/05/rapport-activite-commission-sos-abus.pdf https://freres-saint-jean.org/wp-content/uploads/sites/2/2019/02/2019-02-20-lettre-aux-frres.pdf

        Lorsque l’on voit qu’il y 26 frères prêtres mis en cause, fermer les yeux est un péché grave.

        En ce temps d’apostasie assez généralisée, les frères de saint Jean comme toute l’Eglise, doivent passer par la croix pour ressusciter. « L’Église n’entrera dans la gloire du Royaume qu’à travers cette ultime Pâque où elle suivra son Seigneur dans sa mort et sa résurrection. Le Royaume ne s’accomplira donc pas par un triomphe historique de l’Église selon un progrès ascendant mais par une victoire de Dieu sur le déchaînement ultime du mal qui fera descendre du Ciel son Épouse » CEC 675-677

        Bertrand

        • Cher Bertrand, C’est un copié collé du même discours de certains frères de St Jean que vous me tenez là….que je connais par cœur…..Et ce n’est pas parce qu’ils disent « faire la vérité avec humilité » qu’ils le font et surtout que la version officielle qu’il déversent avec d’autres est la Vérité. Et puis excusez moi, mais quelle humilité y a t’il à accuser quelqu’un d’autre que soi ? D’autres frères tiennent un autre discours, d’autres laïcs, d’autres religieuses, qui ont connu le père PHILIPPE,mais ceux là ne sont jamais médiatisés, jamais repris par « La Croix » ou « Famille chrétienne » Pourquoi ? Je suis très nulle en informatique( donc je ne peux pas vous envoyer le lien), mais il y a le site de Marie Philippe, qui a constitué tout un dossier sur cette affaire. Elle n’est jamais interviewée , jamais citée par ces frères ou d’autres. Pourquoi ? Et ce n’est pas parce que certains n’ont pas la même vision que celle qui est actuellement et officiellement médiatisée , qu’ils commettent un grave péché de déni. La liberté de pensée et de conscience n’est pas un péché, ne pas se laisser glisser sur le fleuve de l’opinion ( actuelle) n’est pas un péché.

  • AURORE 27 février 2019 14:46

    Bonjour,

    Je vous crois sans problème. Vous avez très courageuse d’écrire ce livre. Cette communauté est une vraie secte.

  • Livre intéressant mais… 19 juillet 2018 16:42, par A

    il me semble que pour le commun des non-initiés au fonctionnement d’une communauté religieuse, l’exposé aurait gagné en clarté en explicitant davantage les points problématiques dans la règle de vie : confusion for interne/externe, etc.

  • Louise 13 novembre 2017 15:09

    Un grand « Merci » Marie-Laure qui a écrit ce livre avec courage et détermination car elle est allé jusqu’au bout de sa démarche "sortir de cet enfer jonché d’obstacles , de douleurs , un monde sans pitié qui ose puiser ses racines dans le christianisme.

    Reconnaissons que son livre est impressionnant et éclairant sur sa situation .Elle est la seule jeune femme a avoir écrit sur les abus de cette communauté. Son témoignage est déterminant , elle a vécu pendant onze ans , ce n’est pas rien et tout à fait véridique.

    On se rend compte à quel point il est difficile de sortir de ce piège d’enfermement. Toutefois, Marie-Laure n’a de cesse d’analyser les comportements sur ses attitudes en réciprocités avec des situations affectives , psychologiques misent en place sous l’emprise de soeur Marthe.

    D’une part on trouve la perversité du système « l’amour d’amitié » instauré par le père MDP et par voie de conséquence se répercute sur les dirigeantes , les soeurs . La gravité de la réponse de Mgr Bringard n’a pas eu les effets escomptés sur Marie-Laure, mais l’ont plutôt encouragée dans sa détermination à écrire son livre pour témoigner de sa vie criblée d’abus spirituels.

    "Le silence de l’Eglise est à sa manière un acte de miséricorde à l’égard des personnes. Ce n’est pas avoir peur de la vérité que de garder le silence lorsque celui-ci est le langage du service comme la Vierge Marie vous le fait comprendre"

    Excellent discernement de Marie -Laure qui a compris qu’on voulait la faire taire ! Ah ! L’omerta de l’Eglise et sa chape de plomb ! Je note cette phrase qui en dit long sur le silence de l’Eglise : « témoigner auprès d’un évêque , c’est comme hurler dans une pièce insonorisée ».

    Marie -Laure a échappé à cette emprise grâce à tous les voyages entrepris à l’étranger qui lui ont permis d’analyser et de prendre conscience de sa situation dans laquelle elle vivait et qui devenait insoutenable. C’est une personne très calme , équilibrée avec une grande force intérieure et qui a donné le meilleure d’elle même jusqu’à une certaine limite d’épuisement.

    Saluons sa grande conviction et sa détermination indéflectible avec lesquelles elle a pu obtenir la fermeture d’un prieuré de campagne à Croutoy où résidaient certaines soeurs dissidentes de Saint Jean ainsi que soeur Alix .

    Elle n’a plus voulu être une « victime » face au silence criminel de l’institution et à l’aveuglement de « mes soeurs ».

    Merci Marie-Laure pour cette vérité tant attendue par vous au nom de la « liberté » de conscience , de la réappropriation de votre esprit, de votre corps et votre grande Foi dans le Christ. Que ce témoignage puisse encourager d’autres victimes qui n’osent pas « sauter » dans la vraie vie !

    Soyez heureuse dans votre chemin de vie « libre » en Christ !

    En union de prières.

  • Isabelle 9 novembre 2017 16:55

    Et bien, avec toute cette polémique au sujet de Marthe Robin et consorts, on en oublie un peu le livre de Marie-Laure Janssens, qui présente de nombreux intérêts concernant "l’abus spirituel’.

    Personnellement, je serais plus radicale en le nommant « Viol spirituel ». La nuance est significative et mériterait bien évidement développement et témoignages mais, compte-tenu du contexte actuel - et des diatribes contre l’Eglise Catholique- , inutile à mon sens de faire une relecture purement humaniste et nihiliste qui ajouterait de l’huile sur le feu.

    A tous ceux qui aiment Marthe Robin, voir ce magnifique documentaire en intégralité sur sa vie cachée https://videotheque.cfrt.tv/nouveau-site-decouvrir-marthe-robin-documentaire-integralite-vie-cachee/

    Bonne soirée à tous.