Mgr Charles Scicluna : le pape a manifesté « colère et frustration » devant les cas d’abus sexuels

Mercredi 25 août 2010 — Dernier ajout dimanche 24 novembre 2019

Lors d’une longue interview avec Fox News, le promoteur de la justice de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, Monseigneur Charles Scicluna, a dit avoir vu le Cardinal Joseph Ratzinger dans un état de « compassion, de colère et de frustration » lorsque le futur pape a pris connaissance des centaines de cas d’abus qui s’étaient produits entre 2002 et 2005.

Quand on lui a demandé si ces trois dernières années avait changé la position de Ratzinger sur le scandale, Scicluna a répondu qu’une telle expérience changerait n’importe qui.

« Je pense que cela lui a ouvert les yeux sur la gravité de la situation et sur la grande tristesse de la trahison des prêtres et sur leurs échecs, » a-t-il dit. « Je pense que n’importe qui ayant pris connaissance de tant de cas aurait certainement changé ses opinions sur ces choses, sur les faiblesses humaines, mais également sur les souffrances qu’elles provoquent. »

Alors que Benoît XVI a été accusé d’avoir mal su gérer les cas d’abus, alors qu’il était archevêque en Allemagne, mais également quand il était le chef de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi à Rome, Scicluna a rejeté ces accusations.

Le prêtre, qui a grandit sur l’île de Malte, a témoigné que ceux qui travaillait avec le futur Pape, à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, était plein d’admiration pour lui, et pour « son courage et sa détermination » face à la crise.

« Je suis un témoin direct de la compassion, de la frustration et de la colère que ces cas ont provoqué chez le Cardinal Ratzinger, l’homme, Joseph Ratzinger, » a dit Scicluna.

Alors que Scicluna semble déterminé à éviter d’utiliser le terme de « crise », il insiste sur le fait d’appeler un péché par son nom, et un crime également.

« Les gens disent que c’est une crise », dit-il. « C’est certainement un défi pour l’Eglise, mais c’est aussi une opportunité. C’est une opportunité d’appeler un péché un péché, en face, et de faire quelque chose pour ça. C’est une opportunité pour l’Eglise de se montrer déterminé dans son combat contre le péché, contre le crime. »

Alors que les abus sexuels sur des mineurs n’ont pas uniquement lieu dans les milieux d’église, Fox a demandé à Scicluna s’il pensait que l’Eglise Catholique avait une plus grande responsabilité.

« Je pense que oui, » a répondu Scicluna. « Parce que nous nous battons pour un message qui devrait être un lumière pour le monde. Alors, c’est vrai, nous nous plaignons parfois des titres des journaux… mais les titres sont le signe que le monde reçoit ce que nous disons au sérieux, et qu’il est scandalisé quand nous ne correspondons pas à ce que nous disons. »

Scicluna, dont le titre officiel est le Promoteur de la justice pour la Congrégation de la Doctrine de la Foi, a affirmé qu’un prêtre qui commet des abus « se moque » de sa vocation.

« Il y a une confiance sacrée qui a été violée, » a-t-il ajouté. « Le prêtre a été ordonné pour être une icône, une image vivante de Jésus Christ. Il est un autre Christ à l’autel, et lorsqu’il prêche. Maintenant, lorsqu’il commet des abus, il brise cette icône. »

Il a dit que l’Eglise devait faire face à la vérité, même quand celle-ci n’est pas très belle : « Il n’y a pas d’autres issues que celle d’accepter la vérité. »

Scicluna a dit que l’Eglise devait se montre sévère avec les prêtres qui commettent des abus, comme le Christ l’a été : « Il avait des mots enflammés contre les gens qui scandalisent les jeunes. Et si nous nous attachons à ses paroles, et que nous sommes loyaux à ses enseignements, nous sommes dans la bonne direction, nous ne sommes pas seuls. »

Voir en ligne : https://video.foxnews.com/v/4318142…