Père Alfredo Torres, LC : « Je savais tout, mais si je l’avais dit, on ne m’aurait pas cru. »

Samedi 15 décembre 2012 — Dernier ajout dimanche 24 novembre 2019

Le père Torres, octogénaire, prêtre mexicain et Légionnaire du Christ depuis 1946, fondateur du « Front de Madrid », a raconté en différentes occasions qu’il avait eu connaissance des déviances du fondateur depuis toujours, mais qu’il n’a jamais rien dit parce qu’on ne l’aurait pas cru, et parce qu’il craignait que Maciel le réprimande.

D’après le site Desmontando a Marcial Maciel

Avec ces déclarations, le père Torres devient le champion des complices de Maciel. Il n’y a pas de paroles plus hypocrites que les siennes. Ceux qui, comme nous, ont été novices à la Légion l’ont entendu raconter des histoires, comme quoi « Nuestro Padre avait eu des apparitions démoniaques », ou bien qu’il avait eu des visions mystiques ou encore qu’il lui était arrivé de s’évanouir, à cause de toutes les pénitences qu’il s’affligeait.

Au cours de ses récits et de ses conférences, le père Torres fermait les yeux, levait la tête et accentuait ses propos en agitant ses grandes mains. Il racontait ensuite, d’un ton solennel et grave : Nuestro Padre est le plus pauvre des légionnaires, parce qu’il ne garde rien pour lui. Tout ce qu’il obtient, il le met au service de l’Eglise. Quand il vient à Madrid, je m’occupe de lui acheter des vêtements, parce qu’il n’a rien… Avec quelle résignation n’a-t-il pas souffert les médisances qu’on a porté sur lui pendant les années 56 à 59 ! Et il a toujours pardonné à ses accusateurs !

Après avoir avoué ses mensonges, le père Torres n’aurait-il pas dû demander pardon publiquement à tous ceux qui reçurent ses conseils en orientation morale, à tous ceux qui se sont incorporés au Regnum Christi à cause de lui ? Et à la famille Cardenas de Saltillo, de qui il a réussi à soutiré plusieurs millions de pesos ? Il nous a trompé, en nous manipulant de la manière la plus vile.

Et combien de père Torres trouvons-nous dans la Légion ? Plusieurs, sans aucun doute : Mgr Jorge Bernal, le père Mora (+), le père Faustino Pardo (+), les frères Samaniego, le père Cristoforo Fernandez, le père Carlos Skertchly, le père Arumi (+) et le père Lagoa (+), qui en sont même venu à empoisonner avec des laxatifs les visiteurs de 56, afin qu’ils ne puissent pas continuer leur investigation (Arumi racontait cette histoire aux novices, comme un exemple d’obéissance héroïque), le père Penilla, les frères Izquierdo, la saga des Sada Derby… et tous les secrétaires particuliers (Quelle tristesse nous donne le mauvais exemple de John Devlin ! Pouvons nous vraiment croire qu’il n’avait rien dit au père Peter Coates, de qui il était très proche ?), tous les supérieurs majeurs de la Congrégation qui disposaient d’informations et d’une proximité que nous autres, n’avions pas, et à cette liste s’ajoute les dizaines de prêtres légionnaires qui ont été victimes du prédateur sexuel.

Et même si Alvaro Corcuera était vraiment aussi innocent que le père Evaristo Sada Derby, le Secrétaire Général, qui, lui non plus « n’avait pas su voir le mal », il est absolument impossible qu’il n’y ait jamais eu aucun légionnaire qui n’aient raconté la vérité au père Alvaro Corcuera, Supérieur Général depuis janvier 2005. Tous ceux là n’avaient-ils pas l’obligation, pour rester fidèles à leurs « normes », d’informer le Supérieur Général à propos de tout ce qui pourrait faire du mal à la Légion ?

Alvaro Corcuera a menti quand il a déclaré qu’il ne savait rien, jusqu’à peu de temps avant la mort de Maciel. Il est déplorable que des hommes qui ont fait le voeu de ne pas chercher des postes et des honneurs dans la congrégation, continuent de faire autant de mal à leurs frères légionnaires, au Mouvement Regnum Christi et à l’Eglise, seulement pour conserver un pouvoir auquel ils auraient dû renoncer depuis longtemps, par simple hygiène mentale.

Vos réactions

  • Louise 29 décembre 2019 17:49

    Réprimande" !On se croirait dans une cour de récréation ! Cela montre son degré d’implication dans le mensonge englué dans son inconscience. Craignait-il plutôt pour sa vie ? Sait-il que c’est un crime de ne pas dénoncer des abus ? Pourquoi cet homme est resté ? Il aurait du partir le plus vite possible et aurait pu parler après son départ ! Ce monsieur n’a pas la foi dans le Christ sinon il n’aurait pas hésité une seconde de dire la vérité, il aurait fait preuve de bon sens ,de courage , d’une personne animée par une foi inébranlable !