Pourquoi les consacrées s’en vont

Mercredi 4 avril 2012 — Dernier ajout mardi 19 novembre 2019

Au cours des trois dernières années, 340 consacrées ont quitté le Regnum Christi. Je possède leurs noms, car chacune est une personne. Beaucoup de gens se demandent : pourquoi ?

Il serait simpliste de dire que cela a été provoqué par le scandale Maciel. Cela a peut-être été le détonateur, mais il y a d’autres causes.

Certaines ont découvert qu’elles n’avaient pas la vocation, tout simplement parce qu’il n’y a pas de discernement pour entrer, et quand elles ont pu faire ce discernement avec une personne externe, elles se sont rendues compte qu’elles avaient confondu la générosité avec la vocation. Merci d’avoir été généreuses.

D’autres ont commencé à avoir des problèmes de santé, physiques et psychologiques, parce que les exigences de la vie consacrée sont contraires à l’équilibre, et blessent les personnes. Les femmes ne peuvent ni ne doivent vivre comme des hommes, ou sinon elles finissent par s’écrouler. Et c’est ce qui est arrivé. Merci pour toutes les souffrances que vous avez offert en silence et avec amour.

D’autres ont commencé à demander d’entendre la vérité complète, et elles n’ont reçu que des demi-vérités ou des mensonges. Quand elles ont découvert cela, elles se sont souvenues que la vérité nous rend libres, et elles ont choisi la vérité.

Beaucoup ont espéré et espèrent l’aide de l’Eglise pour une véritable rénovation de leur façon de vivre la consécration. Elles ont étudié les enseignements de l’Eglise, elles ont fait des propositions, mais cela n’a servi à rien. Alors, elles ont décidé d’être fidèles à ce que l’Eglise exige de la vie consacrée. Merci pour votre courage.

Les premières ne sont pas parties parce qu’elles le voulaient, mais parce qu’on leur a dit :

  • "Vous êtes dispensée de vos engagements.
  • Mais je n’ai jamais demandé à être dispensée !
  • Peu importe, le père Alvaro a signé votre dispense"

Il ne leur restait plus qu’à prendre leurs valises et à retourner dans le monde, après 30 ans de vie consacrée… en conservant cependant la main confiante dans la fidélité de Dieu. Merci pour votre intégrité et pour votre foi.

Chaque soeur qui souffre et tombe sur le chemin est une invitation de Dieu, pour penser à ce qu’il faudrait changer, afin que la charité dont se vante le mouvement ne reste pas lettre morte, mais se traduise par des faits.

Merci à toutes celles qui ont lutté pour rendre l’amour plus authentique, et à toutes celles qui ont choisi de prendre un autre chemin pour continuer à aimer.

Nieves García