Une opération Walkyrie au sein de la Légion du Christ ?

Mardi 15 décembre 2009 — Dernier ajout dimanche 24 novembre 2019

Voici une lettre que nous avons reçu aujourd’hui. Le style de la lettre et les informations qu’elle contient nous laisse penser qu’elle est authentique. Nous ne savons pas qui sont les auteurs de cette lettre, mais il semble qu’il s’agisse de membres actuels de la Congrégation des Légionnaires du Christ et du Regnum Christi.

Version originale en espagnol ajoutée à la fin.

Que ton Règne vienne !

VINCE IN BONO MALUM

A TOUS LES LEGIONNAIRES DU CHRIST ET MEMBRES CONSACRES DU MOUVEMENT REGNUM CHRISTI

Introduction

Vaincre le mal par le bien et le mensonge par la vérité est le but de cette lettre qui a pour seul but de mettre de la lumière sur les questions que de nombreux légionnaires du Christ et membres du Regnum Christi portent dans leur tête et dans leur cœur. Vous trouverez ici les réponses que vos supérieurs et directeurs ne veulent pas vous donner.

Ceux qui ont écrit ces lignes ne sont ni des francs-maçons, ni des jésuites, ni des marxistes, ni des juifs, ni de membres de l’Opus Dei, ni toutes ces puissances que le P. Marcial Maciel présentait comme ses ennemis ou des ennemis de la Légion du Christ. Nous sommes de tes frères et nous désirons t’apporter notre soutien, parce que nous croyons qu’il est nécessaire de vivre dans le bien et dans la vérité.

Nous ne désirons pas te tromper : tous les faits qui apparaissent ici sont absolument avérés et certifiés, bien que nous ne puissions pas toujours en donner les sources pour des raisons évidentes.

Les supérieurs, que se soit à cause de leur bonté et de leur pusillanimité, comme le P. Alvaro Corcuera, et d’autres, ou parce qu’ils sont impliqués et cherchent à cacher les problèmes, ne sont pas capables d’assumer ces réalités et de les expliquer. L’institution les préoccupe plus que toi, mais, en ce qui nous concerne, nous sommes plus préoccupés par toi et ton bonheur dans cette vocation à laquelle Dieu nous a appelés.

Questions et réponses

1. Le fondateur.

Le P. Marcial Maciel était-il un saint ?

Le premier point pour juger de la sainteté d’une personne, avant même de reconnaître le fait qu’il ait vécu les vertus de façon héroïque, est la probité de vie, à savoir s’il n’a pas eu de vices ou des comportement éloigné à l’Evangile, ou à la morale naturelle. Dans le cas du P. Marcial Maciel, il est évident que cela n’a pas été le cas.

Le P. Marcial Maciel a-t-il toujours vécu en accord avec sa condition de prêtre et de religieux ?

Non. Depuis les années où il a été étudiant au séminaire de Montézuma, il a eu des relations homosexuelles. A cause de cela, il a été expulsé du séminaire à deux reprises. Après, il a eu des relations pédophiles avec des séminaristes, dont certains continuent encore dans la Congrégation des Légionnaires du Christ ; Il a trompé le Saint Siège lors de la visite apostolique entre 1956 et 1958, année de la mort de Pie XII ; Il a eu plusieurs enfants avec différentes femmes ; Il a vécu dans le luxe et le faste, et a fait du mensonge et de la calomnie son arme de gouvernement. Ainsi, par exemple, lorsque quelque prêtre n’était pas d’accord avec ce qu’il lui demandait, le P. Marcial Maciel répendait des « rumeurs » sur lui. De nombreux prêtres et membres du Regnum Christi ont été victimes de ce système.

Le P. Marcial Maciel était-il un homme de prière ?

Non, il ne priait pas le bréviaire, qui est une obligation pour tous les prêtres, et ne faisait pratiquait aucun des actes de piété prévus dans le manuel de prières de la congrégation.

Comment savons-nous que tout cela est vrai, étant donné que nous ne pouvons croire que le mal que l’on voit et le bien que l’on entend ?

Nous aimerions tous que cela ne soit pas vrai, mais les preuves sont accablantes. Malgré tous les efforts pour supprimer les documents, nous disposons d’éléments irréfutables, y compris une enquête détaillée établie par les services secrets de certains pays, qui ont informé le Pape, avec toutes les informations détaillées provenant d’enquêteurs privés, engagés pour découvrir la vérité. Des tests de paternité ont été effectués sur les enfants du fondateur, qui ont été déclarés positifs, on a retrouvé quatre passeports en sa possession, lesquels ont permis de reconstituer ses voyages et séjours dans des hôtels, des maisons closes et des lieux de prostitution en Thaïlande et dans d’autres pays. Enfin, il y a des centaines de témoignages avérés au sujet de toutes ces informations, qui seront certainement de plus en plus nombreux, au fil du temps, parce qu’il y a encore plusieurs enquêtes en cours qui étudient les comptes bancaires et l’utilisation de cartes de crédit.

Le P. Marcial Maciel a-t-il écrit toutes les lettres et les livres de spiritualité que possèdent les légionnaires et les membres du Regnum Christi ?

Non. Le P. Marcial Maciel en a seulement écrit une petite partie, et une certaine partie sont de simples plagias, comme le « Psautier de mes jours », qui est une copie de l’œuvre « le Psautier de mes heures », de Luis Lucia Lucia, édité en 1956 à Valence, bien que l’on ait voulu nous expliquer avec des arguments alambiqués qu’il s’en est seulement servi comme source d’inspiration.

Combien de fils biologique a eu le P. Marcial Maciel ?

En réalité, on ne sait pas. Aujourd’hui, pour le moment, il y en a trois officiellement reconnus, mais on pense qu’il y en a trois ou quatre de plus.

Peut-on dire que le P. Marcial Maciel était malade psychologiquement et, à cause de cela, il avait ce genre de comportements immoraux ?

Bien que certains affirment qu’il souffrait d’un dédoublement de personnalité, en réalité il n’y a aucun diagnostique sûr. Dans tous les cas, bien que cela puisse diminuer sa responsabilité morale, cela ne peut pas constituer une excuse suffisante pour continuer à maintenir sa figure comme celle d’un saint, puisque, d’après le diagnostique des médecins qui ont étudié le cas, ses perversions étaient pleinement conscientes, consenties et en pleine connaissance des causes.

2. La vie religieuse dans la Légion et dans le Mouvement Regnum Christi

Les vœux privés des Légionnaires du Christ correspondaient-ils vraiment à des vertus chrétiennes ?

Les deux vœux obligeaient à dénoncer les personnes qui les auraient enfreinte, et l’on ne peut pas considérer cela comme une vertu chrétienne. Le Saint Siège a supprimé les vœux privés par le biais d’une lettre rédigée par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, à l’attention de toutes les légionnaires et membres consacrés du mouvement Regnum Christi, qui ne nous a jamais été transmise.

D’où proviennent les normes de séparation de la famille ?

Lorsque le P. Marcial Maciel a commencé à commettre des abus sexuels avec ses séminaristes – les premières accusations remontent à 1944 – il a compris qu’il lui fallait les éloigner de leurs familles pour qu’ils ne le dénoncent pas. Pour cette raison, il a envoyé les mexicains en Europe, et vice-versa, et pour la même raison il contrôlait toute leur correspondance, afin de se protéger. C’est également pour la même raison qu’il a mis en place les normes d’incommunication entre les communautés.

Dans la Légion du Christ et dans le mouvement Regnum Christi, respecte-t-on le for interne de la conscience morale, comme l’a toujours demandé l’Eglise ?

Il n’a jamais été respecté, et ne l’est toujours pas. Les supérieurs sont en même temps directeurs spirituels (bien que la direction spirituelle puisse être appelée également « dialogue de formation ») et confesseurs. En plus, entre les supérieurs, des informations concernant le for interne sont communiquées, surtout lors des réunions où se décident les lieux d’apostolat (où sont envoyés les religieux en pratique apostolique) et où des décisions sont prises en fonctions d’éléments entendus en confessions. De la même manière, les légionnaires qui confessent les consacrées reçoivent des indications concernant l’état de chacune d’entre elles.

Est-il vrai que le Pape Jean-Paul II aurait approuvé les Statuts du Regnum Christi et les Constitutions de la Légion du Christ ?

Oui, mais c’est une vérité partielle. Les copies qu’il a approuvé ne sont pas celles que possèdent les Légionnaires et les membres consacrés du Mouvement Regnum Christi. Par exemple, les status du Mouvement Regnum Christi, que le Pape a approuvé, contiennent seulement 128 numéros, alors que ceux que possèdent les consacrées en contiennent 1057, et ceux des Légionnaires plus de 500. De la même manière, l’édition des Constitutions que le Pape Jean Paul II a approuvé n’est pas celle que nous autres, légionnaires du Christ, possédont sur nos étagères. A propos de l’approbation des statuts, il y a de nombreux doutes sur le fait que le Pape ait vraiment signé cette approbation, étant donné qu’ils ont été approuvés au moment où le Saint Père était dans un état critique de santé.

De fait, en 2007, lors d’une rencontre de Jeunesse et Famille à Atlanta, le Cardinal Franck Rodé, préfet de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, se trouvant devant un stand sur la vie consacrée dans le Mouvement Regnum Christi, a affirmé ne pas savoir que cela existait. Et cependant, il est supposé en avoir approuvé les statuts.

Jusqu’à quel point peut-on considérer le P. Marcial Maciel comme fondateur de la Légion du Christ et du Mouvement Regnum Christi ?

En tant qu’organisateur matériel, oui, mais en tant qu’inspirateur spirituel, il y a des doutes sérieux. Il apparaît que la spiritualité, dans son ensemble, a été généralement plagiée de différentes sources, ou synthétisée par d’autres personnes à partir des textes sacrés et d’auteurs ecclésiastiques. Ses paroles en public étaient prononcées, de façon habituelle, sous l’effet de drogues. Et une bonne partie des normes disciplinaires, qui ont également été synthétisées par d’autres personnes, semblent clairement être des moyens pour maintenir l’impunité devant les abus du fondateur et d’autres supérieurs.

Comment est-il possible que l’on voit autant de fruits saints sur un arbre qui ne l’est pas ?

Bien que le travail apostolique de la Légion et du mouvement soit admirable sous de nombreux aspects, les fruits apostoliques ne peuvent être attribués uniquement au P. Marcial Maciel, étant donné que la plus grande partie du travail provient d’autres personnes qui ont agit de bonne foi, et qui ont été trompé très souvent. Ces fruits ne doivent pas non plus être considérés comme absolument sains, dans la mesure où ils servaient d’abord à cultiver une bonne image et à tromper les gens.

Pouvons nous considérer authentique l’histoire de la Légion du Christ et du Mouvement Regnum Christi, telle que nous la connaissons jusqu’à présent ?

Absolument pas. Il y a des faits accessoires qui sont vrais, mais la vérité a été déformée par le P. Marcial Maciel. Il est possible de citer quelques exemples, comme le fait que les pères Ferreira et Esparza étaient toujours décriés, comme des personnes obscures, quand en fait ils ont essayé de défendre les petits séminaristes des abus sexuels du fondateur. C’est pour cela que le P. Esparza essayait de regrouper les apostoliques dans le même bâtiment, lorsque le P. Marcial Maciel était présent dans le séminaire. De la même façon, c’est le père Ferreira qui a rédigé les premières constitutions et également qui a présenté aux autorités ecclésiastiques les premières dénonciations à propos des abus sexuels du fondateur. Les attentats contre sa vie n’ont pas été l’œuvre de mauvaises personnes, mais de pères de famille d’enfants qui avaient été abusés voulaient se venger ou simplement lui faire peur. De la même façon, le P. Esparza s’est affronté à lui parce que de nombreux frères apostoliques lui avaient raconté les aberrations auxquelles le P. Marcial Maciel les avait soumis. Au cours de cette période, le fondateur a obligé de nombreux frères à mentir sur le fait qu’ils avaient été abusés sexuellement. Il a également réussi à tromper plusieurs cardinaux. De toute façon, la mort de Pie XII a interrompu l’investigation.

3. La situation actuelle.

Est-il licite et convenable de taire les péchés du Père Maciel par charité ?

Cela dépend des circonstances. Certaines personnes ont le droit de connaître ce qu’il a fait, en particulier sa nature criminelle, spécialement ceux qui doivent prendre des décisions importantes concernant leur état de vie, comme se consacrer, émettre des vœux, recevoir l’ordination. Leurs supérieurs, s’ils ne le leur manifestent pas de façon claire et les convainquent qu’il n’est pas nécessaire de le savoir, manquent à un devoir de justice, étant donné qui les empêchent de prendre une décision vraiment libre et mûre, car ils ignoreraient un aspect important de l’endroit concret où ils consacrent leur vie et s’exposeraient à de nouvelles tromperies et abus. Si pour donner des organes il faut un consentement libre et informé du donneur, il en faut tout autant pour donner sa propre vie. Le Pape nous enseigne dans sa dernière encyclique que la charité ne peut subsister si elle est privée de la vérité (cf. Caritas in Veritate 3).

Les Légionnaires du Christ ne savaient-ils rien de ce que faisait le P. Marcial Maciel ?

Beaucoup d’entre eux, non. Les Légionnaires n’ont pas d’accès libre à Internet, et ne peuvent envoyer et recevoir de messages librement, et toutes leurs communications doivent passer par les supérieurs. Ce blindage fait qu’ils ne peuvent recevoir de nouvelles depuis l’extérieur. Par ailleurs, au niveau interne, les supérieurs ont un régime de vie secret que leurs subordonnés ne connaissent pas. D’autre part, le vœu de ne pas critiquer les supérieurs empêchait toute suspicion. Il n’y a aucune transparence. En plus, le fondateur était protégé par le vœu de fidélité de certains collaborateurs, lesquels, s’ils savaient, s’engageaient à garder le secret.

Le Pape Jean Paul II savait-il tout ce que faisait le P. Marcial Maciel ?

Il disposait de l’information, mais il a toujours cru que c’étaient des mensonges. Certains prétendent qu’il avait rencontré la fille du Père Marciel Maciel, et qu’il la connaissait comme telle, mais ce n’est pas vrai.

Comment est-il possible que les supérieurs cachent la vérité, alors qu’il apparaît clairement que ce sont des personnes entièrement données, pleines de bonne foi et du désir d’aider ?

Il s’agit probablement d’une déformation de conscience. Il est avéré que le Père Marcial Maciel avait une grande capacité pour manipuler la conscience de ses collaborateurs directs, à qui il faisait faire des actes immoraux en croyant qu’ils faisaient la volonté de Dieu. Certaines de ces déformations subsistent aujourd’hui et ont été transmises dans une certaine mesure à de nombreux légionnaires et membres du Regnum Christi.

Comment est-il possible que de nombreux légionnaires et membres du Regnum Christi soient encore désinformés par rapport à la vérité du Père Marcial Maciel ?

Parce que les supérieurs n’ont pas cru en général convenable de manifester cette vérité, mettant en avant de multiples excuses, en particulier celle de préserver la charité et de ne pas nuire à la vocation et au don des personnes à Dieu. En réalité, étant donné que connaître ladite vérité et un droit et un devoir, c’est un manque à la charité et lorsque l’on maintient les personnes dans l’erreur, on nuit à leur vocation. L’expérience que nous avons vécue est que cette détermination à défendre le fondateur et l’institution à tout prix a coûté la perte de nombreuses vocations, et c’était ces vocations qu’il aurait fallu vraiment essayer de sauver.

Pourquoi certains légionnaires ont-ils cessé d’appeler le Père Marcial Maciel « Nuestro Padre » ?

Si un père biologique continue d’être père malgré les déviations morales qu’il puisse avoir, car sa relation avec son enfant ne peut pas être effacée, de la même façon que l’on appelle « père » un prêtre, en raison de l’onction sacerdotale, également indélébile, en revanche, on peut ne plus appeler un père spirituel « père » quand sa vie morale ou spirituelle ne répond pas à l’idéal chrétien qu’il devrait représenter.

Doit-on conserver le Père Marcial Maciel comme référence dans la Légion et le Regnum Christi ?

Certainement pas dans le sens où toute ordre ou congrégation religieuse possède dans la personne de son fondateur un point de référence (cf. Concile Vatican II, LG 45-46 et PC 2b), car on ne peut pas considérer qu’il a été un « homme de Dieu », mais plutôt un génie de la tromperie. De la même façon, il serait contre-productif de le donner en exemple aux élèves de nos collèges, car la vérité sur sa vie, c’est l’histoire d’un homme plein de perversions.

Quelles sont les principales déformations présentes aujourd’hui dans la Légion et le Regnum Christi ?

Elles sont nombreuses, et voici les principales :

  • On se méfie à priori de tout ce qui est externe à la congrégation et l’on juge tout depuis l’institution, sans la juger elle-même. Les normes et les traditions de la Légion et du Regnum Christi se convertissent en règle absolue. Par exemple, les évêques qui nous soutiennent sont bien, ce qui ne le font pas sont mauvais.
  • On place l’institution avant les personnes au moment de prendre des décisions sur celles-ci. Ainsi, par exemple, on demande à une personne qu’elle se rende à un nouveau poste tout en sachant qu’une fois là-bas, elle sera changé de poste de nouveau, et bien que cela ait été prévu, elle n’est pas tenu au courant, jusqu’à une deuxième temps, ou bien encore on lui parle d’un voyage de quelques jours et, à l’arrivée, on lui donne un nouveau poste.
  • On justifie des moyens illicites –comme la tromperie– avec un but qui convient, comme le bien de l’institution, son unité et son développement.
  • Dans la pratique, on considère que la tromperie n’est pas un péché et l’on agit avec des mensonges, des demi-vérités ou des silences. Il suffit de voir les statistiques annuelles.
  • On croit que l’on obéit au Saint-Siège lorsque l’on suit seulement « à la lettre » ses indications, mais sans en respecter l’esprit, bien que de nombreuses fois on ne connaisse ce que dit le Saint-Siège que d’une façon indirecte, à travers les supérieurs. Par exemple, quand la Congrégation pour la Doctrine de la Foi a émis le document sur l’annulation du vote privé destiné à tous les Légionnaires et membres consacrés du Regnum Christi, que l’on ne nous a jamais remis.
  • On maintient un double langage divergent : celui des paroles et celui des gestes. Dans les paroles, tout est bonté et amour, tandis que dans les faits on isole et on manipule les personnes, surtout si celles-ci ne sont pas d’accord avec leurs supérieurs.
  • On soumet de façon absolue la conscience, noyaux le plus secret et sacré de l’homme, où celui-ci se sent seul avec Dieu (Concile Vatican II, GS 16), au critère et à la volonté des supérieurs et à des normes scrupuleusement concrètes pour la contrôler. L’abnégation du jugement et de la volonté a créé des personnes sans capacité de discernement propre, soumises à un système.
  • On continue à défendre que le supérieur est au-dessus des règles, que le législateur le Père Marcial Maciel était au dessus de la loi.
  • On ne reconnaît pas humblement le péché dans la vie des personnes et de l’institution.
  • On dit que l’on travaille pour l’Église, mais l’on ne s’en approche que lorsque cela nous convient et pour atteindre nos propres objectifs.
  • On crée une ambiance de méfiance mutuelle fondée sur la possible délation des erreurs certaines ou inventées, ce qui est très différent de l’esprit de famille dont on parle toujours.

Y-a-t-il de la transparence dans l’administration de la Légion du Christ et le Mouvement Regnum Christi ?

Nous disons tous qu’il y en a, mais très peu de personnes ont eu l’occasion de voir un bilan des comptes. Dans la majorité des congrégations religieuses, tous les prêtres et les religieux avec des vœux perpétuels ont accès à ces données. Certaines les rendent ouvertement publiques, comme la Congrégation des Steyler Missionare ou la Congrégation du Verbe Divin (SOCIETAS VERBI DIVINI), qui les publient même sur Internet.

Pourquoi les laïcs qui travaillent dans nos œuvres ne disent rien sur les irrégularités dont ils s’aperçoivent ?

Parce nombre d’entre eux dépendent économiquement des œuvres et ne veulent pas prendre de risque par rapport à leur travail. Pour cela, bien qu’ils signalent des erreurs, des déformations ou des abus graves en privé, surtout du point de vue administratif et de l’abus de pouvoir, ils n’ont pas pu aller voir les visiteurs ou leur exprimer d’une autre façon leurs doléances. Ils savent que cela pourrait leur coûter leur place, comme cela est déjà arrivé dans certains cas. Cela se produit aussi avec de nombreux Légionnaires du Christ et des membres consacrés du Regnum Christi, qui savent que leur témoignage ne peuvent peut-être pas apporter de grandes informations, mais par contre peuvent mettre en danger leur situation personnelle. Pensez, par exemple, à ce que ferait un membre consacré qui aurait entre 50 et 60 ans qui devrait laisser la vie consacrée pour devoir s’affronter au système dans lequel nous vivons. Ou plus simplement, pensez à ce que vous feriez et pourquoi vous ne voulez rien faire après avoir lu ceci.

Rome, le 12 décembre 2009

Solennité du Notre Dame de Guadeloupe

Caritas in Veritate

P.R.C. A.G.D.