Mercredi 19 novembre 2014 — Dernier ajout dimanche 1er février 2015

Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem

Notre collectif publie très volontiers la réponse du frère Silouane, actuel prieur des frères de Bethléem, au document de M. Fabio B. intitulé « Communauté de Bethléem : les révélations accablantes d’un ancien supérieur ». Nous ne pouvons cependant taire notre stupéfaction devant la pauvreté affligeante et l’agressivité de sa réponse.

Nous sommes en effet surpris tant par la vacuité de ce « droit de réponse » (qui ne répond en rien aux graves points soulevés dans le document) que par son ton agressif et violent. Nous aurions pourtant été heureux d’instaurer un dialogue avec la communauté et de mettre éventuellement des nuances sur telle ou telle allégation.

Nous relevons que, pour disculper sa communauté, l’auteur met gravement en faute et sans preuve une tierce personne parfaitement identifiable : nous lui en laissons la responsabilité.

Nous avons demandé à Monsieur Fabio B. de répondre à l’une des accusations du frère Silouane : pourquoi ne pas avoir cité le résultat de l’enquête canonique dans son témoignage ?

Ce dernier nous a affirmé avoir découvert l’information en lisant le droit de réponse (sic).

Autre point, qui en dit long sur le déroulement de l’enquête : Ni M. Fabio B., ni l’autre ancien supérieur cité dans le document - qui sont les principaux accusateurs - n’ont été auditionnés lors de cette fameuse enquête canonique.

Nous continuons à nous étonner qu’une congrégation religieuse, qui prétend vivre à la suite du Christ, et donc dans la lumière de la vérité (Jn 3, 21), dissimule ses propres Constitutions (de 900 pages !).

Depuis la publication du document de Monsieur B., ce dernier a reçu un grand nombre de messages de soutien et de remerciement. Sa prise de parole courageuse a ainsi libéré la parole d’autres victimes, dont nous publierons bientôt les témoignages.

Le collectif de lenversdudecor.org

DROIT DEPONSE

CONGRÉGATION DES MOINES DE BETHLEEM ET DE L’ASSOMPTION DE LA VIERGE
sise à Currière-en-Chartreuse
38380 Saint-Laurent-du-Pont



Paris, le 18 novembre 2014



Réponse à Fabio B., auteur du texte : « Révélations accablantes d’un ancien supérieur », paru sur le site L’envers du décor le 28 octobre 2014, écrite par Frère Silouane, prieur actuel des frères de Bethléem

Le dossier de 48 pages diffusé par Fabio B. sous le titre « Les révélations accablantes d’un ancien supérieur » porte un nom trompeur, car il occulte et manipule plus de choses qu’il ne prétend en révéler. Fabio B. se présente comme une victime courageuse et désintéressée révélant les secrets d’une dérive sectaire. Ce pseudo statut de victime et de lanceur d’alerte est censé garantir la vérité de ses « révélations ». La gravité des accusations nous oblige à répondre pour rétablir les faits, questionner la lucidité et l’objectivité de l’auteur et pour contester radicalement ses affirmations qui relèvent d’un mélange de manipulation et de théorie du complot, qu’elles prétendent par ailleurs dénoncer.

Fabio B. prétend dénoncer une dérive sectaire, reposant sur un système d’emprise sur les consciences encouragé par la Communauté des sœurs et leur prieure générale. Il se plaint d’avoir été manipulé dès son arrivée à Bethléem, durant sa formation, avant de faire ses vœux et avant d’être ordonné prêtre. Mais comment peut-il, sciemment et en conscience, taire que son responsable direct pour toutes ces étapes a été l’ancien prieur de Bethléem (de 1978 à 2001), qui a quitté juste après lui notre communauté ? Lequel ancien prieur a exercé une sorte de tyrannie à l’intérieur de la communauté, l’a fait dévier dans un idéal humain étranger à l’Évangile et s’est ingéré dans le gouvernement des sœurs. Oui, quelle crédibilité accorder à ce texte quand la vérité sur l’accompagnateur principal de Fabio B. est ainsi occultée, pour rejeter la responsabilité sur la communauté des sœurs et sur un charisme approuvé par l’Église ?

Fabio B. présente son texte comme une tentative de briser la loi du silence, imposée par la Communauté des sœurs, mais lui-même occulte les innombrables éléments qui s’opposeraient à sa pseudo démonstration.

Il indique que son texte est une reprise d’un dossier qu’il a déposé en 2009 à la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, parallèlement à un dossier déposé par l’ancien prieur, mais il se garde bien de dire que ces dossiers ont donné lieu à une enquête de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, enquête qui s’est conclue par un non-lieu, les propos de Fabio B. et de l’ancien prieur ayant été reconnus comme une interprétation personnelle et déformante de leur propre histoire. Une autre conséquence de la conclusion de cette enquête a été l’exclaustration de l’ancien prieur, imposée par le Saint-Siège le 23 septembre 2013. Quant à Fabio B., il a été, à sa demande, réduit à l’état laïc.

A supposer qu’il y ait eu des erreurs dans l’accueil et la formation de Fabio B., qui en est le premier responsable ? Faut-il généraliser et faire la théorie de ses problèmes et de ses difficultés personnelles pour affirmer des faits qui sortent complètement de la réalité ou qui la déforment gravement ? L’affirmation que ce texte est écrit sans passion, pour l’utilité de plusieurs, est toujours démentie par l’amalgame malhonnête de faits et de pure fiction déformés par une interprétation tendancieuse et par une confusion qui paraît calculée. Qui plus est, on a scrupule à rappeler cette simple évidence : Fabio B. ne connaît plus la vie des monastères depuis plus de cinq ans.

Je peux attester personnellement que la réalité actuelle de Bethléem ne correspond pas à ce qui est dit et affirmé dans ce dossier mensonger et à charge.

Il ne s’agit pas de dire que la communauté de Bethléem est une réalité parfaite. Certes non.

Mais la stigmatiser bassement comme il est fait dans ce texte est honteux et malhonnête.

La communauté des frères existe de façon autonome par rapport aux sœurs, elle ne correspond en rien à ce qui est dit dans ce texte, elle a son identité propre, et le respect des personnes et de la vraie liberté est au cœur de notre recherche continuelle, pour les frères et pour les sœurs. Ce que Fabio B. décrit comme le « marché des vocations » à Bethléem est ignoble et blessant pour ceux qui ont trouvé leur vocation. En outre cela est démenti par les faits car un nombre significatif de postulants choisissent une autre voie à la suite d’un processus de discernement respectueux. Le texte de Fabio B. profane de façon perfide et habile ce qui concerne une communauté entière, frères et sœurs, pour y jeter un discrédit total et lui faire le plus de mal possible, en occultant les éléments cités au début, ce qui est inadmissible.

C’est dire si ce texte infamant est mensonger. C’est dire si son auteur occulte sciemment une partie des faits pour porter ses accusations infondées. Je ne pouvais, en conscience, les laisser sans réponse.

Qui souhaiterait mieux connaître notre Famille monastique peut visiter notre site internet ou l’un de nos monastères. Qui souhaiterait un complément de réponse au texte publié par Fabio B. peut écrire à l’adresse suivante :

Frère Silouane - complément de réponse
Currière-en-Chartreuse
38380 Saint Laurent du Pont

Pour la Congrégation des Moines de Bethléem et de l’Assomption de la Vierge
Frère Silouane

Voir en ligne : http://www.lenversdudecor.org/Commu…

Vos réactions

  • frère longin 4 décembre 2014 00:14

    ton agressif et violent du droit de réponse du frère Silouane ????

    un peu d’objectivité ferait du bien à tout ce site.

    je me pose la question d’ailleurs des raisons qui poussent les auteurs de ce site à publier les témoignages tels quels ? si je témoigne de mon expérience, comment savoir si je dis la vérité ? ou si c’est mon interprétation personnelle et subjective de ce que j’ai vécu ?

    on avu dans d’autres domaines, le témoignage d’une certaine Valérie concernant son compagnon François … comment savoir si la personne est telle qu’elle est décrite dans le livre ? a t-il parler des « sans-dents » ?

    je ne suis pas sûr que ce genre de témoignages invérifiables puissent combattre les dérives sectaires … il vaudrait mieux recevoir ces personnes et les accompagner, puis monter un dossier objectif et vérifiable et se battre aux niveau des responsables de l’Eglise.

    sur le web, on peut tout lire et son contraire, … la plupart du temps, sous couvert d’anonymat. cela ne joue pas en la faveur du sérieux de ces témoignages. (d’autant plus s’ils semblent caricaturaux)

  • veronica 26 novembre 2014 21:29

    La fonction du déni est d’amortir le choc. Dans l’annonce de la maladie, ce qui fait trauma, c’est la soudaineté : d’un seul coup, on apprend que l’on est malade, que l’on va subir des traitements lourds, voire une amputation, avec en toile de fond, l’angoisse de la mort. « Le déni donne le temps de métaboliser ces informations, de les intégrer dans son histoire

    Le psychiatre anonyme

  • Maylis 24 novembre 2014 16:05

    Bonjour,

    Je viens de parcourir tous vos articles sur Bethléem, et cela confirme de nombreux témoignages que j’ai reçus par ailleurs.

    C’est très courageux de la part des victimes d’oser parler, dans la mesure où l’institution ecclésiale semble préfèrer protéger la communauté, avec sa spiritualité fumeuse et ses modes de fonctionnement pervers, plutôt que de régler le problème.

    J’espère et je prie pour que votre combat serve à quelque chose et que les membres actuels de cette communauté ouvrent leurs cœurs et comprennent la gravité de leurs dysfonctionnements.

    En même temps, je ne me fais pas beaucoup d’illusions : Bethléem ne se laissera pas faire ainsi. Les soeurs prêchent l’amour et le pardon la larme à l’œil, mais dès qu’on les critique ouvertement, elles sortent le couteau.

    D’ailleurs, j’espère qu’elles en attaqueront pas… Ne craignez vous pas qu’elles vous trainent devant les tribunaux ?

    En tout cas, je pense que vous faites un travail salutaire pour l’Eglise. Bravo. Une communauté qui vit dans le mensonge, et qui tient des double discours… cela ne vient pas de Dieu, c’est aussi simple que ça.

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 16:21, par Ex frêre

      « D’ailleurs, j’espère qu’elles en attaqueront pas… Ne craignez vous pas qu’elles vous trainent devant les tribunaux ? »

      Il est fort probable qu’elles songent à attaquer le site en justice pour diffamation même si je ne sais pas si c’est possible, je ne m’y connait pas trop en droit. Elles ont la réputation d’être redoutable quand on s’attaque à leur image et sont très bien entourées au niveau juridique. Cela ne m’étonnerai pas de les voir agir sur ce terrain. En même temps cela leur ferait une mauvaise pub. elles doivent être en train de peser le pour et le contre.

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 16:23, par Jérôme G.

      Quelque part, j’aimerais bien qu’elles vous attaquent : elles seraient obligées de s’expliquer ! Mais sérieusement : je pense que vous n’avez rien à craindre.

      Elles vont simplement jouer aux martyrs, pleurnicher et expliquer à leurs proches qu’elles subissent la vengeance de quelques Judas.

      Mais elles ne vous attaqueront pas : ce serait du suicide. Elles confirmeraient tout ce que vous dénoncez. Non, elles ne sont pas bêtes à ce point là.

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 16:33, par veronica

        Attention…Les femmes peuvent être redoutables, surtout avec un capuchon blanc sur la tête.

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 16:35, par Anonymous

        Avec tout ce qui est sorti ces dernières années sur le véritable fonctionnement des communautés nouvelles, il y a beaucoup de prêtres et d’évêques qui ne se laissent plus berner.

        Si les soeurs attaquent, elles perdront le peu de crédibilité qu’il leur reste.

        • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 17:43, par alexandre

          c’est bien le problème : c’est la hiérarchie catho (donc tous des hommes, je précise !!) qui entretient et soutient cette communauté déviante. Il y a même un cardinal qui a deux sœurs en son sein m’a-t-on dit…..

          C’est bien l’Eglise (et non les sœurs elles même) qui sont responsables car les évêques, les prêtres (cf le jésuite dans le témoignage d’une des anciennes sœurs) et le Vatican (qui a toutes les preuves des déviances graves en main) qui non seulement ne font RIEN mais en plus PROTEGE.. c’est ça le vrai problème…

          Il faut reconnaître les vraies responsabilités et non taper sur les « victimes » toutes et tous complètement engluer dans un marasme sectaro-mystico mariale.

          Sans compter les pauvres sœurs et frères complètement à bout mais qui ne pourront jamais sortir vue l’emprise que la com exerce sur eux…

          Des anciennes sœurs disent toutes qu’elles étaient rassurées d’y rentrer car l’Eglise leur conseillait… elles ont fait confiance à l’Eglise…(un prêtre, un évêque…)

          Donc si il y a des attaques judiciaires c’est à L’Eglise (Vatican) de les lancer : ils sont les seuls responsables in fine

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 16:39, par Félicia

      Si elles attaquent en justice ce site, je suis prête à venir vous défendre devant les tribunaux, et sous serment, témoigner que tout ce qui est dit ici est vrai.

  • Maria 24 novembre 2014 14:27

    Frère Silouane invite à rejoindre leur site internet ou les monastères. À quoi bon ?

    Le problème intrinsèque de la communauté de Bethleém c’est la duplicité, la façade éblouissante et l’intérieur cancéreux.

    Une chose c’est la beauté des lieux et des soeurs, celle de l’artisanat et la chaleur de l’accueil dans les parvis des monastères.

    Autre chose c’est ce que les soeurs vivent absolument seules dans le creux de leur cellule, livrées à elles mêmes. Ou dans le reservé de la communauté ou personne d’autre jamais est rentrée et la supérieure est un demi dieu.

    C’est dans ce lieu strict et fermé sur soi-même que les soeurs sont manipulées psicologiquement et afectivement. C’est dans cette sacrée clôture que les soeurs sont oubliées, usées, controlées, leur dignité humaine piétinée.C’est dans le plus secret de la communauté que les larmes du désespoir sont versées.

    Le délicat c’est que même á l’intérieur la beauté est aussi présente et elle anesthésie les consciences et donc on est soi-même double.

    Consciement ou non, plus à l’intérieur la chose va mal, plus la façade resplendit.

    On ne voit pas cela ni sur le site internet ni à l’accueil des monastères. Double visage. L’un on le voit sur le site internet et aux porteries des monastèeres. L’autre on le voit dans las revelations de Fabio B. et d’autres ex-frères et soeurs.

    Qui délivrera la Communauté de Béthléem de cette situation ?

    (Excusez-moi les fautes je ne suis pas française.)

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 20:32, par Maurizio

      Bonjour Madame,

      Qui êtes vous pour pouvoir affirmer ce que vous dites ? Quelles sont vos sources ? Etes vous une ancienne sœur ?

      Tous ces témoignages semblent subtilement orchestrés et j’ai l’intuition que vous n’êtes pas étrangère à tout cela, en dépit du fait que vous n’êtes pas française :)

      J’ai recueilli moi aussi quelques témoignages ces derniers jours mais l’architecture brouillonne de ce site web et la difficulté à identifier qui publie quoi et dans quel ordre les contributions sont postées ne m’encourage pas à en faire état.

      Maurizio

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 20:44, par veronica

        Hercule Poirot est de retour :)

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 20:57, par Marie-Bernadette

        Moi Monsieur , je suis une ex..mais pas la personne à qui vous répondez. Vous ne me croirez pas, mais je peux vous certifier que tout ce que j’ai lu jusqu’à maintenant est rigoureusement vrai. Et vous ne pouvez pas savoir ce que cela représente pour nous qui en avons tant bavé sans pouvoir parler, de pouvoir nous exprimer.. Sans compter que des messages sont trop drôles… et réels, cf le saint frère qui se faisait masser la cuisse par la sœur médecin ! Il n’y a rien d’orchestré , Fabio nous a seulement donné l’occasion de parler Quel bol d’air !!

        • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 22:12, par Desiderius

          Il faut avoir vécu en communauté et avoir été sous emprise pour comprendre la souffrance endurée. Ça a été mon cas, dans une petite secte catholique. Je suis littéralement descendu dans mes enfers, ça a été atroce. Ça s’est soldé par une fugue, une bouffée délirante. Et après des années de souffrances, de pleurs, d’envies de mourir… Oui, on est bien seuls quand on a vécu tout ça… l’Église souvent n’en sait rien, elle ne veut pas le savoir…. Alors oui, je sais ce que vous avez vécu.

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 26 novembre 2014 00:42, par Maria

        Monsieur,

        pour mieux vous faire comprendre ce que j’ai dit antérieurement je présente la chose autrement.

        Comment soeur Myriah est entrée à Bethléem ? Je réponds : après avoir visité un monastère. Cela ne l’a pas délivrée d’une détresse sans retour.

        Comment Fabio est entré à Bethléem ? Je réponds : après avoir visité un monastère. Cela ne l’a pas délivré d’être manipulé pendant des décénies.

        Comment tant de frères et soeurs sont entrés à Bethléem ? Je réponds : après avoir visité un monastère. Cela ne les a pas délivrès de boire la coupe amère jusqu’à la lie.

        Eux tous ont reçu, en visitant les monastères, la bonté des soeurs, sa joie et délicatesse ; la beauté des lieux et une harmonie sans égal

        Donc je reafirme : la perversité elle est toute au dedans, pas lors des visites aux monastéres.

        A propos de vos soupçons… Qui je suis ? Un enfant de Dieu qui a vécu en 5 monastères de Bethléem de 4 pays et 2 continents. Je vous laisse deviner combien d’années cela fera. Je vis à une pointe de l’Europe. Je ne dis pas laquelle car il est bon de garder un peu de mystère. Je n’ai aucun rapport d’aucune espèce avec les autres personnes qui y écrivent.Mais, comme vous, je suis admirée de l’unisson qu’on y trouve.

        Pardonnez-moi les fautes.

        Bonsoir à vous.

        • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 26 novembre 2014 00:59, par Bruno

          Les moines répondent à l’appel du Christ au point d’anticiper dès à présent la gloire et la transfiguration futures qui seront les nôtres. Les moines vivent le renoncement à l’amour humain en sa fécondité et aussi en sa joie pour être, dès à présent, le signe de l’Absolu de Dieu qui partage à ceux qui L’aiment l’Absolu de la Vie. Dans cette mort apparente d’une dimension de l’existence humaine, ils deviennent des signes donnés par Dieu de la Résurrection des morts. Ils acceptent cette mort apparente de leur puissance humaine pour que resplendissent la fécondité et la puissance de l’Amour qui vient de Dieu. En ce temps du relatif, les moines sont les témoins de l’absolu. En ce temps de l’histoire, les moines sont les témoins de l’achèvement de l’histoire. En ce temps de l’engendrement de la mort, les moines sont les témoins de la Résurrection.

          Cardinal Lustiger

          • Réponse à Bruno. Merci de la lettre de Mgr Lustiger. J’amenais des cadeaux de la part du Monastère de Paris. JE crois que Monseigneur Lustiger ne savait pas tout, car étant donné son temperament entier, il aurait mis de la lumière. J’ai été à une visite de Monseigneur Lustiger à Paris chez les soeurs. J’étais « ecole de vie » Ne parlez pour les personnes qui sont déjà parties. ana

        • Bonsoir Maria, je lis vos lignes au retour du travail et .. je me précipite sur ma plume, façon de parler ! car ce que vous écrivez trouve un écho en moi..

          Il se trouve que je sais quelque chose de l’entrée de Myriah à Bethléem , car la sœur chargée de l’accueil dans le monastère où elle s’est arrêtée en repartant à Cracovie ( en fait elle n’est jamais repartie en Pologne à ma connaissance ), la sœur X a elle aussi quitté la communauté et m’en a parlé. Donc Magda, c’était son nom était venue en vacances en France avec une amie..L’amie est repartie seule.. J’ai toujours entendu que la petite sœur était fille unique et que sa mère vivait seule.. Si des mères lisent ceci … votre fille part à l’étranger et y reste au couvent. 5 ans plus tard elle décède et dans quelles conditions.

          Je connais plusieurs sœurs entrées par le monastère de Paris. Étudiantes, loin de leur famille parfois, orpheline récemment, le cœur en bandoulière que sais-je .. elles étaient vulnérables et ont été vite « embarquées ». Je me souviens de Y me disant combien elle avait été flattée le jour où la prieure lui a dit qu’elle devait rencontrer sœur Marie. Elle a été très rapidement « aspirée », Currière, école de vie , prise d’habit.. Je crois me souvenir que sa mère a gardé longtemps sa chambre en l’état.

          Personnellement, quand je pensais consacrer ma vie à Dieu, je m’étais déjà documentée sur l’une ou l’autre communauté. Le jour où un prêtre m’a parlé de Bethléem tout a été« balayé. » elles n’avaient rien à voir avec les religieuses que je connaissais jusqu’alors..J’ai été séduite à un point difficilement imaginable..

          Je pense aussi à G qui au bout de 2 ans avait pris 20 kg et fait 2 TS ..Quand je l’ai revue dans une communauté où elle va très bien d’ailleurs, je lui ai dit « mais je ne comprends pas, tu allais si souvent et pour de longs séjours, pendant 4 ou 5 ans dans tel monastère.. ça se passait bien ? » Elle a répondu « on ne voit rien tant qu’on n’est pas à l’intérieur.. »

          Je me souviens également d’une rencontre avec de nombreuses jeunes sœurs, c’était dans las années 90 , donc St Bruno était déjà passé par là. C’était une fête et on disait justement comment on était arrivé là..Et j’avais été TRÈS étonnée car pas une sœur n’avait parlé de la solitude.. Ces novices avaient été attirées par ce qui m’avait attirée moi même des années auparavant , du temps où Bethléem était dominicain. , par ce je ne sais quoi de pauvre , authentique, joyeux etc même si à ce moment là on n’était déjà plus très pauvre .

  • alexandre 24 novembre 2014 11:04

    Bon, en même temps, ex-frère, ce qu’il faut rétablir aussi c’est que les femmes sont entièrement gouvernées pas les hommes dans l’Eglise alors pour une fois que c’est le contraire, il n’y a pas mort d’hommes :) ! Cette personne n’était peut-être pas adéquate mais elle aurait pu l’être (enfin pas dans ce contexte vu ce que l’on entend sur les dérives sectaires de cette communauté.

    Vous voyez donc ce que subissent les femmes dans l’Eglise de manière général ? cela vous donne donc un bon aperçu pour comprendre le problème.

    Vous vous rendez compte si toutes les communautés de sœurs qui sont gouvernés par des prêtres ( conseil psy, confession, décision, les carmes qui s’occupent des sœurs carmélites, prêtres dans les paroisses qui gouvernent les femmes qui font tourner effectivement la paroisse. etc.etc…) se mettaient à dire « c’est pas normal » !!! Alors le « machisme inversé » dans l’Eglise : une seule exception en fait : c’est pas beaucoup … !!

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 11:14, par Ex frêre

      Oui mais dans les constitutions de Béthléem, il est bien stipulé que la branche masculine et feminine sont bien distinctes et chacune autonomes dans leur gouvernement. Là est le noeud du problème. Après les relations hommes-femmes je laisse chacun à sa propre apréciation mais pour ma part cette situation ne me convenait pas.

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 12:05, par alexandre

        j’espère que dans votre entreprise votre chef n’est pas une femme…. (et oui, il y en a maintenant des femmes avec des responsabilités : ) !(je vous taquine :) ! ) mais bon, cet anachronisme des relations hommes /femmes dans l’Eglise (mais ds bp de religions autres aussi) ne valorise absolument pas le message de Jésus aux yeux des non-croyants…

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 12:57, par Paul

      Cette approche se comprend du point de vue sociologique : de fait, des femmes dans l’Eglise ont été et sont peu écoutées. Ont peu ou pas de postes de responsabilité décisionnelle.

      Cependant, cette approche sur un « machisme inversé » biaise des problèmes de fond : pressions majeures pour l’entrée dans cette communauté ou pour empêcher d’en sortir, confusion entre soi -prieure- et la Vierge, pour ne donner que deux exemples évidents à la lecture des témoignages.

      Le 25 novembre, sera présenté à Paris le rapport sur les violences, même insidieuses, faites aux femmes. Nous sommes bien avec Bethléem dans ce cas de figure.

      Invoquer, comme la prieure le fait dans un document de consécration à la Vierge, « la Femme » pour parler de Marie ne ferait d’ailleurs pas très plaisir aux féministes chrétiennes.

      En tout état de cause, ce n’est pas agréable pour une femme d’accueillir la réalité que des femmes peuvent contribuer à des violences insidieuses faites à d’autres femmes. Pourtant, pour prendre un exemple autre, on sait bien que, dans le cas de l’excision, ce sont des femmes qui contribuent à des violences faites à d’autres femmes.

      Certaines femmes avaient déjà dénoncé en haut lieu, ou à des responsables ecclésiaux ce qui se passait à Bethléem. Ils sont restés jusqu’alors collectivement silencieux.

      Visiblement, les vannes de la parole partagée sur des dysfonctionnements communautaires sont ainsi ouvertes, sans distinction de sexe. N’est-ce pas ce qui mérite d’être prioritairement entendu ?

      Si un humain maltraite un animal, on ne dira pas : quelle importance, c’est un chien ! Ou quelle importance, c’est un chat ! On retiendra qu’un animal a été maltraité. Pourquoi ne ferait-on pas de même pour les humains ?

  • Ex frêre 24 novembre 2014 10:42

    Je suis un ex frêre. Moi aussi je voudrai dire que j’ai passé les plus belles années de ma vie à Béthléem. Du moins au début. Et je comprend que cela puisse paraitre contradictoire. On est déchiré à Béthléem car il y a ces 2 extrêmes, Une sorte d’amour répulsion qui vous écartèle. Je voudrai souligner un point sur la lettre de fr Silouane quand il affirme que les frêres ne sont pas gouvernés par les soeurs. A un moment donné il a été décidé par sr Isabelle la prieure générale de déléguer une vieille soeur ancienne prieure à la tête de la communauté des frêres ( à partir de 2006 il me semble) pour soit disant transmettre le charisme dont vivaient les soeurs et qui était absent chez les frêres. Cette soeur a fini par tout régenter chez les frêres, cela allait des réservations de trains ou billets d’avions, aux choix des menus à la cuisine etc… elle était la staretz et la gardienne de la communauté masculine. Elle mangeait au réfectoire, s’installait dans les stalles à la liturgie au milieu des frêres, participait à la recordation. Elle était tellement omniprèsente que personnellement je ne pouvais plus la voir et Dieu me pardonne si j’ai pu être plusieurs fois volontairement désagréable avec elle. A mon avis on ne doit voir cela nul part ailleurs dans le monde religieux. Cela juste pour dire que les soeurs sont bien toutes puissantes à Béthléem, n’en déplaise à fr Silouane. Ce qui explique probablement leur nombre si petit (à peine une cinquantaine depuis 40 ans à partir de leur création)

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 23:03, par Monoeil

      Cher ex-frère, Tout a fait exact, ce dont tu témoignes. C’est vrai que, pour les soeurs, « on avait pas le charisme » et ça les désespérait. Alors LA prieure a désigné la soeur âgée dont tu parles pour nous transmettre la vie de la Vierge et nous apprendre à vivre sur la terre comme au ciel. Pourtant pas compliqué ! Elle passait ses journées au téléphone à diriger les trois monastères. Elle était aussi chargée de la basse besogne comme de virer les deux frères prieurs de France et d’Italie et de les mettre au placard sans autre forme de procès. Très concrète, elle donnait par exemple de son temps pour montrer aux jeunes frères comment décrasser leurs slips avant de les donner à la buanderie. Formation très complète. Bref, c’était le bon temps. Monœil

      • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 25 novembre 2014 00:07, par Ex frêre

        Cher Monœil, paix à toi !

        Concernant la vie de la vierge effectivement on n’étaient pas très doués. Mais on avait d’autres qualités !

        Ce n’était pas une raison pour nous envoyer une soeur matrone. Moi ça m’a limite traumatisé mais au moins les slips étaient impeccables tu me diras !

        Ahlala… ces soeurs

  • Desiderius 24 novembre 2014 08:51

    De passage pour une retraite à Currière il y a quelques années, j’avais été disons édifié par le témoignage des sœurs lors des offices. Deux choses avaient retenu mon attention : une sœur allait très souvent embrasser l’icône du Christ pendant les Laudes. Je me suis dit : voici une sœur qui mène une lutte intense contre des tentations et qui peut-être souffre mais de quoi ? Autre point, lors d’une liturgie étaient présent les frères. J’avais été très étonné. Alors que les sœurs se tenaient correctement dans les stalles, certains frères étaient relâchés dans leurs posture, avec des pieds qui dépassent un peu comme quelqu’un chez lui devant la télé. Je me suis dit que quelque chose n’allait pas. Je ressentais un malaise. Visiblement, ils n’aimaient pas être là. En tout cas, pas tous. Ensuite, sur la notion de « communauté de pointe », c’est tout à fait déplacé dans le christianisme.

  • Maurizio 23 novembre 2014 22:03

    De quel droit le « collectif » qui dirige ce blog se permet il de publier une introduction contenant un jugement aussi sévère à la réponse du Prieur des Frères de Bethléem ?

    Le lire biaise instantanément la perception que le commun des mortels pourrait en faire. Si ça ce n’est pas de la manipulation et de la malhonnêteté !

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 23 novembre 2014 22:14, par veronica

      Tiens… la communauté de Béthléem commencent à réagir.

    • Droit de réponse du prieur des frères de Bethléem 24 novembre 2014 06:56, par Marie-Bernadette

      Jugement sévère ? oui peut-être.. Mais franchement on ne peut qu’être très étonné de ce texte où effectivement on ne trouve rien qui ressemblerait de près ou de loin à « Jésus doux et humble de cœur » Pourtant, combien les supérieurs de Bethléem sont doués pour les homélies sur le thème « le moine ne se défend pas » . J’en ai entendu des dizaines !! Et puis j’ai un peu de compassion pour frère Silouane, quand on l’a tant soit peu connu on devine qu’à part sa signature , il n’y a pas grand chose de lui dans ces lignes. Lui aussi est manipulé…

  • Marie-Bernadette 22 novembre 2014 08:05

    J’ai également vécu et … souffert plus de 20 ans à Bethléem, et je voudrais apporter quelques précisions que Frère Silouane semble ignorer , mais il est vrai qu’il est arrivé après l’ex prieur général qui l’ a accueilli et lui a donné son beau et nouveau nom.

    Il faut savoir que la fondatrice ne s’est jamais cachée de vouloir des frères « parce que c’était nécessaire pour être reconnu à Rome » . Elle était bien consciente du grand cas que le Vatican fait des femmes et elle le disait sans détour.

    Frère Silouane, ignorez-vous que « l’ex prieur despote et tyrannique » a été propulsé, nommé prieur général par la sœur Marie alors qu’il n’avait pas 2 ans de noviciat ? Dans la foulée il a fait profession perpétuelle .. Droit canon où es-tu ?

    Mais il y avait urgence ! Le premier prieur avait fais son sac la nuit de Noël au bout de 2 ans. A une ex sœur croisée dans le monastère bénédictin où il a passé les 30 dernières années de sa vie, il a expliqué qu’il n’en pouvait plus du « despotisme » de sœur Marie , d’être réveillé à minuit pour aller travailler avec elle lors de ses insomnies et elles étaient fréquentes . J’ai toujours entendu dire par des personnes le connaissant que c’était un moine, un ascète même.. Après sa fugue on a dit qu’il était alcoolique , car si on quitte Bethléem on est souvent sali.

    Il faut également savoir que le prieur ex claustré avait été pressenti depuis longtemps :il était de bonne famille, présentait bien, avait fait de bonnes études.

    J’ignore comment il a été traité par sœur Marie, mais je peux affirmer qu’elle avait beaucoup d’estime pour lui, qu’elle le respectait, qu’elle en parlait en bien , même si elle ne pouvait s’empêcher de souhaiter le dominer c’était dans sa nature, elle devait mettre sa marque partout mais cela est un autre sujet.

    Mais lui faisait partie des rares vrais hommes de la communauté, pardon aux autres frères ! mais c’est vrai qu’à Bethléem les femmes dominaient les hommes avec les conséquences à la clé . Donc il résistait.. Ainsi elle espérait qu’il accepterait un jour que les frères aient la couronne de cheveux comme les moines des années 50, elle n’a jamais obtenu gain de cause !

    Par ailleurs j’ai entendu à diverses reprises la fondatrice dire qu’après sa mort ce serait frère P. qui serait le prieur général de tout Bethléem frères et sœurs. Personnellement cette perspective ne me plaisait pas du tout , mais on ne nous demandait pas notre avis.

    2 ou 3 ans avant sa mort elle l’ a de nouveau affirmé devant les sœurs du conseil , moi même j’étais dans le circuit pour préparer un repas. Je peux affirmer que l’actuelle prieure générale a littéralement changé de couleur , ce qui explique peut être certaines mises au placard peu de temps après les obsèques de sœur Marie.

    L’ancien prieur avait sans doute des défauts mais il est injuste et mensonger de l’accabler ainsi. « Il n’avait rien demandé ». Un frère, aumônier dans un monastère où je vivais, a eu l’occasion de me dire « que si quelqu’un voulait faire un noviciat c’était bien lui » Or, il en a été privé et s’est retrouvé avec des responsabilités pour lesquelles il n’avait pas été préparé. Et, quand on a connu le fondatrice on peut se demander quelle tyrannie il a lui même vécue.

    Enfin je voudrais dire à Frère Silouane que j’ai cherché en vain dans son droit de réponse

    ne serait-ce qu’un peu de bienveillance

    un peu de douceur évangélique

    un peu de « si on te frappe sur la joue tends l’autre »

    un peu du parfum des Béatitudes , alors qu’il écrit au moment de la Toussaint …

    Mais c’est aussi cela Bethléem,

    il faut voir l’envers du décor,

    les coulisses du théâtre ,

    et on ne les connait que lorsqu’on a vécu à l’intérieur de cette communauté qui, c’est vrai nous a séduits et que pour mon compte j’ai même « adorée » , trop d’ailleurs.

    Oui , que les bonnes âmes qui prennent fait et cause pour cette communauté sans savoir de quoi elles parlent , entendent, écoutent ceux et celles qui y ont perdu leurs plus belles années , car c’est bien de cela qu’il s’agit .

  • veronica 21 novembre 2014 21:32

    Béthléem, un univers impitoyable où les femmes sont des hommes et les hommes sont des femmes. La théorie du genre avant l’heure !

  • veronica 21 novembre 2014 20:29

    1 minute de silence pour l’ex prieur général tyran despote des frêres de Bethléem qui met son nez dans les affaires des soeurs (c’est le monde à l’envers). Fr silouane a oublié de dire qu’il souffrirait de troubles psychiatriques (une rumeur véhiculée par la garde rapprochée de la sainte vierge). Sans doute par charité chrétienne…

  • Josy 21 novembre 2014 12:05

    J’ai passé moi aussi à Bethléem ce que l’on a coutume d’appeler les meilleures années d’une vie. La réponse du Frère Silouane me paraît être dans la droite ligne de ce que j’y ai toujours connu : La défense du « projet de la Sainte Vierge », soit la communauté et son mode de fonctionnement, est un absolu devant lequel s’efface toute autre considération.

    A ce que d’autres ont déjà dit, je voudrais juste ajouter ceci : C’est l’ancien prieur des Frères de Bethléem, si bien traité par le Frère Silouane en l’espace de deux lignes, qui l’a accueilli dans la vie monastique.

    D’autre part, j’ai tendance à penser que la coïncidence des dates entre le décès de la fondatrice, en 1999, et la fin du long mandat de l’ancien prieur, en 2001, n’est pas anodine. La fondatrice, avait la main sur la communauté des frères, comme sur tout le reste à Bethléem. Il me paraît indéniable que, de son vivant, la communauté des frères n’était qu’un appendice de la communauté des sœurs.

    En ce qui concerne le témoignage de Fabio B., voici mon avis : Le texte me paraît très construit et systématique. C’est une réflexion menée à partir d’une expérience personnelle et elle comporte sa part d’interprétation. Par ailleurs, peut-être aurait-on pu faire l’économie de quelques détails un peu secondaires (par exemple et parmi d’autres choses, l’évocation de la préférence, réelle mais malgré tout très relative, accordée aux personnes de belle apparence physique). Et pourtant, il est très frappant que ce témoignage rejoigne fortement l’expérience de beaucoup d’anciens de Bethléem, dont moi. (Et je dois aussi dire que j’aurais été bien incapable de mener à terme un tel travail).

    Le Frère Silouane parle quelque part de « vraie » liberté. Redoutable terminologie qui me rappelle de bien mauvais souvenirs : La « vraie » liberté à Bethléem, c’était l’obligation de se taire, de plier devant tout et n’importe quoi, et de se nier soi-même pour entrer dans le nébuleux « projet de la Sainte Vierge ». La vraie liberté a été pour beaucoup la destruction d’une vie. (Mais qu’est-ce que la vie de quelques personnes au regard de la réussite du « projet de la Sainte-Vierge » ?). Je pense qu’il faudrait arriver à confronter valablement ce qui précède à ce que dit Jésus : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même … ».

    J’ai tendance à penser que le chemin sur lequel la fondatrice a conduit la communauté, est le même que celui sur lequel elle-même a été engagée, et/ou s’est engagée dans une totale obéissance (…), au prix de beaucoup de tourments (manifestement mal digérés), et peut-être jusqu’à s’y égarer en égarant de bonne foi quelques autres … Ceux qui l’ont entendu raconter ses premiers pas dans la vie monastique et comment s’est faite la fondation de la communauté, comprendront sans doute de quoi je veux parler.

    Il y aurait tant à dire ! Alors, je voudrais seulement encore indiquer que je me suis reportée au document intitulé « Une grille d’identification des dérives sectaires à l’intérieur même d’institutions d’Eglise » que l’on trouvera sur le site de l’« Envers du décors » : C’est un document officiel et totalement neutre dans la mesure où il ne se réfère pas particulièrement à Bethléem. Et bien, je suis frappée de constater les extraordinaires coïncidences de ce document avec mon propre vécu à Bethléem, sur 90% des sujets abordés.

    Le Frère Silouane semble dire que tout a complètement changé depuis cinq ans … Est-ce bien possible ? … Et pour ceux qui endurent, complètement seuls, les conséquences de ces longs errements, que fera-t-on ? Il est vrai que ce qui compte avant tout, c’est le projet de la Sainte-Vierge …