Dimanche 5 janvier 2014 — Dernier ajout mardi 25 mars 2014

L’Agapè : le point de vue des responsables

Lors de l’émission du mardi 6 mars 2012 sur RCF du Puy-en-Velay, des responsables de l’association Anne-Peggy Agapè présentent la « Retraite Anne Peggy Agapé », en répondant aux questions de Stéphane Longin : Elisabeth Couturier, laïque consacrée, ancienne présidente de l’association ; Père Xavier Géron, prêtre en paroisse, membre de la commission formation ; Philippe Coumau, président de l’association ; Louis Masquin, médecin neuro-psychiatre, accompagnant bénévole. Quelques points méritent d’être confrontés à des documents.

Elisaberh Couturier rappelle que l’inspiration de départ est née à Château Saint-Luc, Communauté des Béatitudes, où un groupe de médecins accueillait des personnes en souffrance. Bernard Dubois était l’un d’eux ; pour approfondir cette question, il a suivi deux sessions à Cacouna. A son retour, il a travaillé une année avec Daniel Desbois, psychologue et thérapeute, et en octobre 2001 les sessions Agapè ont commencé.

Ce qu’elle oublie de dire :

« Le Cénacle de Cacouna devient le berceau de l’Agapè-thérapie en 1980. Des personnes dans le besoin venaient dans ce Centre de Prière de foi catholique ouvert à toutes croyances religieuses. C’est alors que s’est développée une démarche d’aide au cours de laquelle on demandait au Seigneur d’enlever les racines des blessures à partir de la conception, du sein maternel, de la naissance et même de la tendre enfance. (…) A qui s’adresse cette démarche ? (…) à toutes personnes désireuses de vivre une expérience enrichissante de mieux-être, c’est-à-dire de libération en vue d’un épanouissement humain, moral, psychologique et spirituel. »
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Place de la guérison

D’après Elisabeth Couturier, l’Agapè n’a jamais eu un objectif de guérison.

Ce qu’elle oublie de dire : Dans le livret des retraitants 2005-2010 :

« Quelle sera ta part ? 1. Te centrer sur le Seigneur Jésus. 2. Croire qu’il veut te rencontrer et te guérir parce qu’il t’aime. »

Dans le livret des retraitants 2011 :

« Il est indéniable que nous ne pouvons pas rester prisonniers du passé ; on a besoin d’une sorte de guérison des souvenirs afin que les maux passés ne reviennent pas. »
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La prière de guérison

A la question : « On ne peut pas promettre une guérison par la prière ? », Louis Masquin répond JAMAIS. Ce serait bien audacieux.

Ce qu’il oublie de dire : Dans la formation à la Libération intérieure (2011-2012) « La prière de guérison spirituelle. » cette prière ecclésiale demande au Seigneur de guérir une blessure et les réactions qui en dépendent, afin que la personne puisse vivre et assumer librement ses choix, qu’elle puisse aimer et pardonner. Comment se manifeste la guérison spirituelle ? Elle consiste à mettre sous le regard du Christ, les blessures du passé. La personne va comprendre progressivement quelle est l’origine spirituelle de sa perte de confiance et du doute à l’amour qui l’habite dans la relation, amenant ainsi la rupture du lien filial. Elle se manifeste par une visitation du Christ qui vient rejoindre « l’enfant blessé ». En effet, une des finalités de la libération est la guérison spirituelle des blessures, là où elles empêchent la personne d’être fille de ses parents el filles de Dieu. La prière de guérison rétablit et rend effectif ce lien filial dans l’histoire familiale de la personne et dans la grâce de son baptême.

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La relecture

Question : Comment se passe cette relecture ? On vous reproche notamment d’utiliser les nouvelles techniques, les nouveaux courants notamment le reborn : se replonger dans l’utérus de sa mère pour re­vivre sa naissance et l’accouchement ? Est-ce que ce sont des pratiques usitées au sein des retraites ?

Louis Masquin : NON, vraiment non. La relecture, c’est pouvoir reprendre avec l’accompagné ce qu’il sait de ce moment-là.

Question : Y a-t-il des souvenirs ?

– Non, ce qu’il en sait. Peut-être qu’il n’en sait rien. S’il n’y a rien à dire, merci Seigneur.

Ce qu’il oublie de dire : Dans le livret des retraitants 2011 :

« Je m’imagine dans l’utérus maternel, prêt(e) à entrer dans un monde nouveau. Tous ont hâte de me voir : ma mère, mon père, la sage-femme, Moi-aussi, j’ai hâte de naître. Le passage est étroit ; je me sens poussé(e) vers l’extérieur, dépendant(e) des efforts de ma mère. Inquiet(e), j’éprouve dans mon petit être des manœuvres employées pour m’aider à entrer dans une vie nouvelle. Si l’accouchement se prolonge, je reste là sans pouvoir avancer ni reculer : J’ai peur d’être pris(e). De là vient peut-être que je souffre aujourd’hui de claustrophobie. Au contraire, si l’accouchement est rapide ou déclenché médicalement, je ne me sens pas respecté(e) dans mon rythme. Et je le vis comme un rejet, comme si maman me mettait dehors. Si je suis né(e) avant terme. je me sens mal accueilli(e). De là vient peut-être que j’ai encore maintenant l’impression d’être de trop. Je crains de déranger ; je n ’arrive pas à trouver ma place dans un groupe. Si on utilise les forceps, je me sens forcé(e) et violenté(e) : de là vient peut-être que je ne supporte pas la contrainte. Si je nais par césarienne, je me sens saisi(e) et retiré(e) de force, hors de ce lieu où j’étais si bien. De là vient peut-être que je ne supporte pas l’imprévu et le changement.

Je ressens la peur parce que le froid, la lumière crue et le bruit de la salle d’accouchement me saisissent. Je ressens un grand vide parce qu’on me laisse seul(e), maman ayant besoin de soins. Et, aujourd’hui encore, la peur de la séparation rend, peut-être, mes comportements volontiers fusionnels. Si le cordon ombilical est enroulé autour de mon cou, je me sens pris(e) à la gorge, étranglé(e). De là vient peut-être que je bride aujourd’hui mon élan de vie jusqu’à penser « On ne veut pas que je vive ! » Si mon Père est absent, je ressens la tristesse de ma mère comme si j’en étais la cause et cela me culpabilise. »

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La prière de délivrance

Question : Ou parle de la prière de délivrance où des personnes seraient invitées à imaginer qu’elles sont possédées par des démons.

Xavier Géron : On peut vivre une prière de libération. L’objectif est de se rappeler que la prière de l’Église est une prière d’intercession.

Question : Ce n’est pas un pseudo-exorcisme ?

Elisabeth Couturier : II n’est pas question d’exorcisme.

Ce qu’ils oublient de dire : dans la Formation à la Libération intérieure (2011-2012) :

Le ministère de délivrance « se situe dans le combat spirituel pour libérer l’homme de l’emprise de Satan », « Si la prière de libération a lieu devant d’autres personnes que l’accompagnateur, celui-ci ne fait qu’effleurer la problématique… Il y a donc une discrétion nécessaire, même si l’on n’hésite pas à nommer clairement ce pour quoi l’on prie (et sur quels esprits porte une délivrance). »
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Les accompagnateurs

Louis Mesquin : Nous n’intervenons pas comme des accompagnateurs psychologiques, ni accompagnateurs spirituels d’ailleurs.

Ce qu’il oublie de dire : – Dans la Formation à la Libération intérieure (2011-2012) :

« L’anamnèse est une manière bien codifiée de mener un accompagnement lors d’une libération intérieure… L’accompagnateur pose quelques questions bien ciblées et guide l’entretien… L’accompagnateur oriente le dialogue vers l’un ou l’autre parent. en posant quelques questions ayant trait à leurs qualités ou à leurs défauts… li est bon de demander aussi… On peut poursuivre l’échange en demandant… On peut compléter l’anamnèse en recherchant… On demande à la personne… On précise en demandant comment s’est passé la grossesse… On recherche si l’enfant est né prématuré… Il est parfois nécessaire d’explorer l’adolescence… »
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Conseiller une psychothérapie

Question : Pour le suivi des personnes qui ont participé à une session, Vous dites que ces documents ne sont pas les vôtres. On y voit dedans une notion : Est-ce qu’il faut oui ou non une psychothérapie qui pourra être déterminée au cours de la semaine ? Si oui, avec qui ? A aucun moment ces questions-là ne sont ne sont pas abordées ? Vous n’invitez pas les gens à partir en psychothérapie ? Vous ne désignez pas un spécialiste ?

Elisabeth Couturier : Oh non ! On n’a pas le droit.

Ce qu’elle oublie de dire : dans la formation à la Libération intérieure (2011-2012) :

« Conclusion de l’accompagnement.

Discernement de l’accompagnant.
Détailler au besoin (blessures, portes d’entrée à l’infestation, réactions aux blessures, vécu quotidien).
Diagnostic psychiatrique si nécessaire ? Personnalité-limite ?
Conclusion
Décisions

1. Prière de consolation (oui/non), prière de guérison (oui/non), prière de délivrance (oui/non).
Si non, pourquoi ?
Paroles de connaissance
Texte reçu

2. Soutien thérapeutique
Psychothérapie (oui/non), avec qui ?
Traitement médical (oui/non)
3. Ordonnance spirituelle
Conseils donnés »

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Source : Golias Magazine N°149/150 - Mai 2013

Dossier réalisé en partenariat avec le Centre Contre les Manipulations Mentales.

« Agapè : les thérapies chrétiennes en question » Enquête.