En réponse au message :
Les lapins surnuméraires
@Jeff
Les difficultés que nous rencontrons, mon épouse et moi, concernant son engagement comme surnuméraire (depuis ses 18 ans, soit plus de 20 ans), sont de plusieurs ordres.
Avant notre mariage, l’Opus Dei occupait déjà une place prépondérante dans sa vie, ce qu’elle m’avait signalé avant nos fiançailles sous forme de mise en garde. À l’époque, la perspective de la canonisation de JME représentait pour moi un gage de confiance absolue. Cependant, mes réserves sur certains contenus d’enseignement exprimées à un numéraire (cercle)—qui possédait un solide parcours académique—ont été rapidement évacuées par un « Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas la vocation. ». J’ai souvenir d’un changement de personnalité chez elle lorsqu’elle a découvert un vitrail de JME lors d’un voyage dans une campagne reculée outre-Manche. À plusieurs reprises, elle m’a fait comprendre que son chemin vers la sainteté était fondamentalement distinct du mien. Elle considérait l’Opus Dei comme "sa famille", et les rappels du "centre" prenaient beaucoup de place aux regard des impératifs de la vie familiale, qu’il s’agisse de travaux de la maison ou même de courses dans la même ville.
Au-delà du discours officiel mettant en avant les bénéfices sur la vie conjugale et familiale, je ressens davantage une emprise qui entrave la liberté individuelle et la relation directe avec Dieu. L’Opus Dei semble jouer un rôle de nourrice, comblant supposément les « insuffisances » du Seigneur, agissant parfois comme un intermédiaire exclusif vers le ciel. Certains principes me paraissent même inadaptés jusque dans la vie conjugale, influençant les comportements oscillant entre rigidité et soumission. D’un cratère prononcé et incisif, sa parole fond lorsque l’on ose questionner une personnalité proche de l’OD.
J’en viens à penser que l’Opus Dei a maintenu mon épouse dans un certain immobilisme social et professionnel, nourrissant en elle un manque de confiance en soi, comme si elle avait été « biberonnée » par l’institution. Toutefois, depuis que j’ai exprimé par écrit ma volonté de clarifier cette situation et d’engager un véritable travail sur moi-même, en prenant RDV avec mon diocèse, les choses semblent beaucoup plus saines, j’espère sur la durée. Nous avons renoué une bonne communication malgré le tabou qui demeure. Mon épouse doit me rédiger une lettre, mais cela semble être une étape particulièrement délicate pour elle. Je reste néanmoins à la fois prudent et confiant.